Chapitre 6 :o Merci toujours à vous de suivre cette histoire, je vous aime ! J'espère que vous aimerez ce chapitre :3
Bonne lecture !
-Merde !
Bob dépoussiéra ses épaulettes, et regarda les soldats qui avaient atterri au même endroit que lui. Dans les prisons de la sainte patate.
Il avait été si près du but. Si près. Juste un coup de feu, et c'en était fini de Daniel. Puis il y avait eu cette lueur orange bizarre, et ils avaient disparu. L'autre Antoine était plus puissant que ce qu'ils pensaient. Mais si les supérieurs apprenaient qui les avaient laissés s'échapper aussi facilement... Fanta...
Il ferma les yeux et inspira. Il fallait qu'il se venge sur quelqu'un, et Bob savait très bien sur qui.
Mathieu devait être presque être mort, de toute façon.
-dégagez !
Le pyrobarbare écarta les soldats d'un coup, il accéléra le pas jusqu'à la cellule de ce nain schizophrène.
En cet instant il haïssait Mathieu, il haïssait tout le monde. Personne ne pouvait se mettre entre lui et Fanta. Évidemment que ce petit idiot devait être au courant des pouvoirs de l'autre Antoine, c'était son plan depuis le début. Il allait le payer.
Bob était presque arrivé à la bonne cellule, quand quelque chose l'interrompit. Une voix.
Impossible.
-Retourne-toi, gamin. Je veux voir tes yeux de fils de pute.
Le pyromane obéit, mais en souriant, il n'allait pas se laisser faire. Il leva ses poings enflammés, et lança son regard de pyrobarbare à cet homme en noir.
-Je ne sais pas comment tu t'es échappé, mais tu vas y retourner. En feu.
Sa menace fit rire le double de Mathieu.
-Très drôle gamin. Tu crois tout savoir sur nous, mais il y a une chose que tu ne sais pas.
Le Patron leva le bras jusqu'à lui. Sa main traversa Bob, comme un fantôme. Faisant sourire le criminel.
Le temps que le pyromane comprenne, un air affolé sur son visage, l'homme à lunettes s'avança un peu plus en lui. Jusqu'à disparaitre.
-On ne s'en prends pas à Mathieu, termina le Patron, avec la voix de Bob.
Il observa quelques secondes ce nouveau corps : grand et rouge. Le Patron n'aimait pas le rouge, sauf sur les autres. Mais il n'avait pas le temps de s'attarder sur ce détail. Il sentait déjà l'esprit de Bob qui tentait de reprendre le dessus.
Vite.
Il connaissait les bonnes cellules, et grâce au pouvoir du pyromane, le Patron brûla les cadenas. Ouvrant la porte à toutes les autres personnalités.
-putain gamin ! C'est moi petit con !
Le Geek, effrayé et pleurant comme d'habitude, l'avait frappé. Ne voyant que l'image de Bob.
-ouuh j'en ai trop pris gros ! commenta le Hippie à ce propos.
-Vos gueules et dépêchez-vous.
Les gardes pouvaient arriver à tout moment. Et celui dont il avait prit possession le corps pour s'échapper allait sûrement bientôt se réveiller.
Ils n'avaient qu'une chance. Les gardes n'étaient pas si stupides, et comprendraient que bien qu'ils pouvaient prendre possession des autres, ils n'étaient pas immatériels. Quand l'un d'eux, une personnalité était enfermée dans une pièce, il ne pouvait pas s'enfuir. Ils n'étaient pas des fantômes.
Il fallait donc agir rapidement.
Sa cellule était à côté et comme pour les autres, il fit fondre le verrou. Le pouvoir de ce Bob était vraiment efficace.
Toutes les personnalités s'engouffrèrent à l'intérieur, refermant la porte derrière eux. Puisqu'ils n'allaient pas en ressortir. Pas de cette façon, en tout cas.
-Mathieu, l'appela le Patron, toujours sous les traits de Bob.
-Antoine... protéger... marmonna leur créateur, comme s'il ne voyait et n'entendait plus rien.
Il gifla Mathieu. Encore, et encore. Jusqu'à que celui-ci fronce les sourcils, comprenant qu'il ne s'agissait pas réellement de Bob en face de lui.
-Vous avez réussi ?
Ce plan était un véritable défi... et dangereux. Si eux, ses doubles, avaient dû mourir plusieurs fois à répétition avant de réussir enfin à prendre possession d'un garde, Mathieu, lui, avait senti des morceaux de son âme mourir. Tout en restant vivant.
Il ne devait pas avoir pire torture au monde.
-Ouais gamin, affirma le Patron de sa voix grave et sûr, maintenant faut qu'on sorte d'ici.
Toujours comme les serrures, il fit fondre les menottes de Mathieu. Ce dernier les regarda tour à tour.
Il aurait aimer dire que les moments émotions, c'étaient pour les fillettes, et ils en avaient encore moins le temps, mais Mathieu en avait besoin.
Leur créateur écarta légèrement les bras, levant la tête, il ferma les yeux. Une lueur orangée apparut, liant Mathieu et ses personnalités, comme par un fil. Et comme si on avait tiré dessus, les autres furent attirés et leur créateur les "absorba".
Sauf une personnalité. Lui.
-Bob sera inconscient dès que je partirais, lui dit le Patron toujours avec la voix du pyromane, t'inquiète gamin.
-Merci, chuchota simplement Mathieu.
Il n'eut pas de « de rien », il n'allait quand même pas offrir ce cadeau à son créateur. Quittant le corps du pyromane, qui tomba effectivement inconscient, il s'approcha de lui-même de Mathieu, et lui serra la main. Il lui sourit, et le Patron disparut, en lui.
Il était enfin lui-même. Complet.
Mais il n'avait pas le temps de se réjouir, comme lui informa les souvenirs des autres dans sa tête, les gardes n'allaient pas tarder à arriver. Il partit, le plus discrètement possible. Et le plus loin.
-Comment ?
C'est la question que répétait Daniel, les mains posés sur la table. Regardant ses collègues d'infortunes, ses camarades. Les Greniers qui étaient restés là et qui s'étaient interrompit dès leur arrivé. Et Alexis, qui était soudainement devenu impassible.
-Comment bordel ? Il est moi ! Et je n'aurai jamais créé cette putain de guerre !
-Ce n'est pas réellement toi, rectifia Links, il est issu d'un monde parallèle qui...
Le pauvre se reçut aussitôt un regard noir de l'autre homme, le forçant à s'interrompre de lui-même.
-Montrez-lui, finit juste par faire Links.
Et les Greniers le firent. Ils le firent s'approcher d'une vieille machine, qu'il reconnut comme étant un ordinateur.
La page affichait une vidéo sur pause, une vidéo de lui. De l'autre lui. Fred appuya sur play, et observa ce double.
Cet Antoine avait l'air fou. Mais heureux. Fou et heureux. Il semblait commenter d'autres vidéos, tout en y mettant son humour, qui l'aurait fait rire dans d'autres circonstances. Puis, il y vint. L'autre Antoine des saintes patates, puis de la sainte pelle, comme d'une blague, comme toutes celles qui avaient précédé. Daniel avait peur de comprendre. Et la vidéo finit par se terminer, et il ne put retenir la terrible question lui démangeait les lèvres :
-Des milliers de morts, juste pour... ça ?
C'était idiot. Et stupide. Pour une blague. Des rires. Juste... ça.
-Et comment c'est possible ?
-On pense avec les Greniers que ce site, « youtube », vient en vérité du monde parallèle. Et qu'internet aurait permit de connecter nos deux mondes.
De la science-fiction ! Surréaliste. Et idiot. Tellement. Ça n'expliquait pas réellement comment les armées des patates et de la sainte pelle s'étaient formées, mais ça leur disait une chose :
-C'est nôtre ennemi.
Tout ça. Tout ça juste à cause d'une vidéo absurde. Ses proches, ses amis... sa mère. Morts.
Maman..., s'entendit-il chuchoter.
Les autres eurent l'air d'apprécier qu'il soit revenu « à la raison ».
-L'autre Antoine doit être déjà mort, annonça Links avec neutralité qui ne lui allait pas, et s'il meurt, les deux armées n'ont plus de raison de se battre. Plus de roi, plus d'armées. Et on n'échappe pas à mes mines, rajouta-t-il pour lui, presque avec fierté.
C'est pourtant sur cette phrase que la porte s'ouvrit dans un claquement. Links et les Greniers n'attendirent pas de voir qui était leur visiteur, ils dégainèrent leurs armes. Tandis que Daniel ne fit que se retourner.
-Ne me tuez pas s'il vous plais... implora leur ennemi. Je veux juste rentrer chez moi...
Daniel observa cet homme, si semblable à lui, qui avait l'air si pathétique en cet instant. Mais il ne devait ressentir aucune compassion.
-Comment es-tu échappé ? demanda Links, son arme toujours sur l'autre Antoine.
-Je... La mine n'a pas explosé.
-Impossible, répliqua Links sûr de lui.
-Mais je vous jure !
-Attends, les arrêta Daniel, Antoine tu... veux vraiment rentrer chez toi ?
C'était toujours étrange... de s'adresser à "soi-même". Mais c'était un leurre. Ce faux Antoine cachait bien son jeu. Il était leur ennemi. Daniel se le répétait, comme pour s'en convaincre.
-Évidemment, affirma son double.
-Si tu m'aides à sauver Mathieu je te ramènerai.
Les trois autres lui lancèrent des regards, ne comprenant pas. Il ne pouvait leur dire l'intégralité de son plan devant le faux-Antoine. Qu'après avoir sauvé Mathieu, il ne le ramènerait pas.
Mais le tuerait.
-D'accord, accepta naïvement leur ennemi.
Et Daniel sourit. Juste, sourit.
