On approche de la fin ! (et ça me rends un peu triste d'ailleurs) vous êtes toujours des amours et vos reviews me font chaud au cœur (que je ne saurais pas quoi répondre à part merci, en fait). Comme d'habitude j'espère que la suite vous plaira… et que vous n'aurez pas trop envie de me tuer :3
/-/
J'ouvre les yeux. Je ne sais pas où je suis. Est-ce que je rêve ? Je suis allongée, dans de l'herbe. Elle est humide. Je suis en pyjama.
Je rêve.
Je le sens. Cette odeur. Je me relève. Je la vois. Ma maison. En feu. Des flammes. Maman ?
C'est un cauchemar, je vais me réveiller.
Pourquoi je ne me réveille pas ?
Ma maison. Ma maison brûle. Maman elle... non ! Je sens les larmes, je pleure. Je n'entends plus rien. Je suis perdu. Je veux mourir.
-Debout, m'ordonne une voix.
Je connais cette voix. Elle me semble lointaine. Je tourne tête. Je croise son regard bleu.
Mathieu ?
Ses yeux me disent que c'est vrai. Tout est vrai. Il me parle d'une guerre, je ne comprends pas. Je ne comprends plus. Il ne me laissera pas mourir. Mais je veux mourir.
-Nous sommes seuls, toi et moi Antoine.
J'entends sa voix, ses mots. Je ne veux pas comprendre.
C'est impossible.
Non.
Je rêve. Je vais me réveiller, bientôt...
Antoine était à l'écart, observant ce petit groupe qui discutait de lui. Ces alter-egos, qui ressemblaient tant à ses collègues youtubeurs.
-OK, mais ça sera sans nous, finit par trancher l'un d'eux.
Son double, Daniel, se tourna vers lui. Il avait accepté son marché quelques minutes plus tôt, celui de sauver Mathieu.
Mathieu... Antoine se demanda un instant si ce Mathieu était différent de celui qu'il connaissait.
D'ailleurs, s'il ne rêvait pas, est-ce que ses proches se rendraient compte de son absence ? Peut-être même qu'ils le cherchaient... ou pensaient-ils qu'il était mort !
Il devait vraiment rentrer chez lui, le plus vite possible. Antoine ne voulait pas les inquiéter.
-OK, finit par faire Daniel, nous irons tout les deux seuls à la prison des patates.
-Quoi ?
Antoine avait peur de comprendre. Rien que lui et son double ? Seuls ? Alors que tous les gens dehors semblaient vouloir le tuer !
-C'est pas dangereux ?
-Si, confirma Daniel, mais avec tes pouvoirs one ne devrait rien risquer.
Ses pouvoirs... c'est vrai. Il avait des pouvoirs apparemment dans ce monde. Et on ne lui disait même pas comment. Mais surtout, une chose un peu plus importante :
-Je ne sais pas m'en servir !
-Si tu veux retourner chez toi il va falloir apprendre.
Il grimaça. Antoine n'aimait pas trop le ton de son double. Depuis qu'il l'avait rejoint, celui-ci était comme devenu froid, distant.
Bon, Daniel l'était déjà avant ! Seulement, maintenant, dans sa voix, il sentait comme de... l'amertume ? Mais pourquoi ?
Avait-il fait quelque chose de mal ? Ou ces alter-egos lui cachaient quelque chose... il n'était pas complètement stupide, il le voyait bien ! Après tout, le double de son ami Links l'avait accusé d'avoir tué leur famille. Ce qui avait un rapport avec les patates et la sainte pelle... et Antoine ne voyait vraiment pas quoi. En tout cas, il ne leur faisait pas confiance, à aucun d'eux. Sauf à Daniel.
Daniel et lui restaient la même personne ! Et on pouvait faire confiance à soi-même, non ?
Ce dernier lui donna justement un sac de provision, et salua ses camarades avant de le forcer à sortir. Et à marcher devant lui.
Quand il ferma la porte de cet abri, Daniel le regarda, toujours avec cette froideur nouvelle dans les yeux :
-Il faudrait entrainer ton... truc orange, mais on n'a pas le temps.
-Pour ton Mathieu ? devina-t-il.
Antoine crut presque voir une seconde un rictus... de colère ? Comme si le Mathieu de ce monde était enfermé par sa faute ! Mais c'était ridicule, il avait sûrement dû l'imaginer.
-Et dès qu'il sera libre je pourrais partir ? Retourner chez moi ?
-Oui, dit justement Daniel sobrement, tu partiras.
Sans inquiétude, cette idée le motiva. Bientôt il allait revoir ses proches, Mathieu, sa mère... et son quotidien.
Le chemin lui parut long. Et le décor ne changeait jamais. Toujours aussi gris, et sinistre. Mais rien ne fut comparable quand ils arrivèrent devant la fameuse prison.
Elle était noire, sombre, et ornait de quelques blasons avec une patate. Il avait l'air de n'avoir aucunes fenêtres. Quelques gardes patrouillaient près de l'entrée, une simple porte en bois.
Eux, étaient assis non loin, cachés derrière un mur en ruine.
-Vas-y, lui chuchota son double.
Il fronça les sourcils. Ce Daniel était fou ?
-Ils sont au moins 5 !
-Montre ce que tu sais faire, conseilla juste Daniel presque comme un défi.
Il n'allait quand même pas faire ça ! C'était idiot. Ces hommes avaient des armes eux ! Il l'avait vu. Il ne pouvait pas aller se faire tuer aussi bêtement.
Seulement, son double ne lui laissa pas le choix. Daniel se leva rapidement, l'attrapa par les épaules, et le poussa. Ce qui n'aurait pas été très grave... s'ils n'étaient pas justes devant une colline.
Antoine dévala la pente, sans pouvoir s'arrêter, et atterrit... au pied d'un garde. Couvert de poussière, il massa son cou, et leva la tête, où son front rencontra le canon d'une arme.
-Antoine ou Daniel ?
Les autres gardes approchèrent, c'est là qu'Antoine aurait aimé que son pouvoir se manifeste. Quelque chose, n'importe quoi ! Mais non, bien sûr, il ne se passa rien.
-Antoine, répondit-il priant de ne pas avoir donné la mauvaise réponse.
C'était apparemment la bonne, puisque le garde écarta son arme de sa tête.
-Prouve-le.
Et merde, pensa Antoine. Voilà, il allait mourir. Il le savait, c'était trop facile.
À genoux, les yeux fermés, il essaya de se concentrer sur son pouvoir... au bout de quelques secondes, qui lui parurent interminables, il finit par sentir quelque chose. Comme une lumière, dans sa tête, mais qui était encore tellement loin...
Un bruit l'interrompit, et ouvrant les yeux, il se figea devant cette scène : tel un super-héros dans les films, Daniel avait profité que les gardes soient distraits pour tirer sur eux.
Tout se passa tellement vite qu'Antoine n'était pas sûr d'avoir tout bien suivi : son double frappa un garde, qui fut déboussolé, tira sur un autre derrière lui, donna un coup de pied encore à un autre en lui tirant dessus... s'il avait pu le voir au ralenti, ça aurait fait une très belle scène d'action.
Dire qu'ils étaient la même personne.
Mais évidemment, à 5 contre 1, c'était peine perdu... Daniel en avait quand même eu 4 ! Il n'en restait qu'un, que son double ne l'avait pas vu, et qui allait l'attaquer par derrière... quand la main d'Antoine le démangea soudain, et, instinctivement il leva le poing.
Une rayon orange s'en dégagea et... transforma le garde en fleur.
Daniel se tourna vers lui, tout deux aussi surprit l'un que l'autre. Il haussa simplement les épaules. Antoine ne savait vraiment pas comment marcher ses pouvoirs. Et quelle était leur limite. Il avait juste... pensé à la paix ? Alors pourquoi une fleur ? Il n'en savait rien.
Sans question, et oubliant vite ce détail, Daniel se dirigea vers la porte en bois. Il allait le suivre quand il sentit une main s'accrocher à sa cheville.
-Pardonnez-nous... lui chuchota un des gardes à terre, et ce fut sans doute ses derniers mots.
Antoine le regarda, perplexe. Peut-être avait-il juste mal comprit. Ou cet homme se sentait-il coupable ? Mais le youtubeur n'avait pas le temps d'y réfléchir, Daniel entrait déjà dans la prison. Et, n'attendant pas, il s'y engouffra, lui aussi.
Il arriva dans un fracas, le reste de son « clan » était là. Et le regardait comme s'il venait de revenir des morts. À vrai dire, quelque part, Mathieu avait cette impression aussi. Il n'en revenait pas d'avoir survécu.
-Salut les gars, fit-il pourtant d'un air naturel.
-Qu'est-ce que tu fais ici ?
-J'y retourne si vous voulez, répliqua Mathieu pas très heureux de cet accueil.
-Daniel est allé te chercher, lui expliqua Links.
Il dévisagea le breton, et après avoir reprit son souffle, articula un :
-Quoi ?
Pourquoi cet idiot était allé le libérer ? Crétin ! Il allait mourir là-bas et pour rien !
-Quand il verra que tu n'es plus là il tuera l'autre Antoine, continua Links qui semblait presque heureux de ceci.
Ses yeux s'agrandirent. Non. Daniel ne devait pas le tuer ! Surtout pas !
Sans rien dire Mathieu repartit aussitôt d'où il venait. Le trajet jusqu'à la prison était d'au moins une heure. Mais ici tout était possible. Et il était bien le seul à le savoir.
S'il le souhaitait assez fort, il arriverait en 5 minutes. Il ne pouvait pas échouer, c'était sa mission. Protéger Antoine. Son meilleur ami.
Le vrai Antoine.
Il lui ressemble vraiment. Je vérifie si je n'ai pas simplement remonté le temps, mais non. Je suis bien dans ce monde parallèle, et cet homme est Antoine Daniel. Un autre Antoine Daniel. Celui qui publiera cette foutue vidéo, dans des années. Qui n'a peut-être même pas encore pensé à inventer cette émission.
Il ne me reste qu'à le faire. Je sors mon arme, je le regarde. Il dort. Si paisible. Il lui ressemble tellement...
Non. Ce n'est pas Antoine. Je dois le tuer. Je ne peux pas rester longtemps dans le passé. Trop dangereux.
Appuie. Vas-y. Il faut que je le tue. Maintenant.
Mes mains tremblent. Je n'y arriverai pas. Il doit avoir une autre solution.
Une idée. Le Mathieu de ce monde est si différent... peut-être...
Je prends cette décision. Je range mon arme, et je m'approche de cet autre Antoine. J'attrape son bras, il va falloir être rapide. Mes doigts tapent sur la machine, et je disparais avec lui.
5 secondes plus tard pour ce monde, je reviens, et te dépose, toi, mon ami, dans ce lit. Toi mon ami, d'avant la guerre, d'avant les pouvoirs. Tu ne sauras jamais que tu es orphelin, tu auras une mère, et une vie meilleure.
Et un autre Mathieu, qui ne sera pas moi. J'espère de mon coeur que tu seras différent de l'autre Antoine. Et que tu n'inventeras jamais cette émission à la con.
Je disparais. J'arrive devant sa maison. Une autre maison, la tienne, qui brûle. L'autre Antoine dort encore. La guerre a commencé. Les choses n'ont pas changé. Peut-être faut-il du temps ? Ou ai-je échoué ?
Je l'entends. Il se réveille.
Mais toi tu dors toujours.
Mathieu entendait ses pas qui résonnaient dans la prison. Les gardes avaient comme tous disparus, hormis ceux morts devant l'entrée. Ça ne faisait que rendre l'endroit plus effrayant. Mais il ne s'en préoccupait pas.
Il courait. Plus vite. Il était si près. Sa main atteignit la porte de sa cellule... et ses oreilles entendirent un coup de feu.
Non !
Il ouvrit violement la porte, et resta figer.
Du sang coulait de son front.
