Et c'est la fin. J'ai pris looongtemps avant de me décider, sur quelle version prendre, mais finalement... j'espère que ça vous plaira, et que vous ne serez pas déçus.
Et merci encore pour touuutes vos reviews ! Je vous aime ! Et j'ai beaucoup aimé à faire cette fiction... elle me manquera.
Bonne lecture !

Ils le regardaient. Daniel. Daniel qui l'avait entraîné dans cette cellule et n'avait pas trouvé son ami. Et quand Antoine s'était retourné, il avait une arme pointée sur lui.
Et Mathieu. Le Mathieu de ce monde, qui était finalement arrivé, après qu'il ait tiré. D'ailleurs... il l'avait raté !
Le youtubeur sentit quelque chose sur son nez, comme un liquide. Il y posa ses doigts... c'était du sang. Son sang.
Non. Justement, Daniel ne l'avait pas raté. Et c'est pour cette raison que les deux le regardaient ainsi.
Il avait une balle dans le crâne. Et il n'avait rien senti. Il recula, assis, contre le mur de la prison, effrayé par lui-même.
-C'est quoi ce bordel ?! Je suis quoi putain !
-Dieu, répondit simplement une voix face à lui.
Il leva la tête. Mathieu. L'autre Mathieu, qui le fixait toujours, des... larmes dans les yeux ?
-Merci mais... voulut plaisanter Antoine avant de se faire interrompre.
-Non, tu es vraiment Dieu. Ce n'est pas une blague.
Il fronça les sourcils. Ce Mathieu se droguait ou... ? mais il ne put pas lui poser plus de question.
Un coup de feu -encore- retentit. Et le schizophrène tomba à terre... révélant un autre homme, derrière lui.
-Bob, reconnut son double avant lui.
Bob ? Comme... Bob Lennon ?
C'était effectivement lui, vêtu de son fameux rouge. Et justement, à propos de rouge, une flaque de cette couleur se formait sous la tête de Mathieu.
-Il... il est... ! s'horrifia Antoine.
Daniel, lui, était parfaitement calme. Comme si voir son ami mourir devant ses yeux était... normal ?
-Ils l'ont tué, déclara d'une voix sombre Bob, quand ils ont vu qu'il était parti... ils l'ont tué. Fanta, mon ami.
Des larmes sur son visage, le pyromane pointa son arme sur Daniel. Ce dernier qui avait essayé de -et qui aurait dû- le tuer... donc, personnellement, même s'ils étaient la même personne, Antoine s'en fichait de son sort.
-Je leur ai dit où se trouvait votre cachette, continua l'homme en rouge, aux patates et à la sainte pelle. Ils sont en chemin.
-Ils vont s'entretuer ! réagit enfin Daniel. Tu te rends pas compte du génocide que tu vas créer !
Bob allait répliquer quelque chose, mais dut brusquement projeté au mur par une lumière orangeâtre.
Debout, Antoine fixait cet homme, cet inconnu, qui avait l'apparence d'un ami. Et il sentait quelque chose, en lui, comme de la rage. Il avait tué Mathieu ! Ce Mathieu qu'il n'avait vu quelques secondes, pourtant...
-Fils de... allait jurer le pyromane quand il le fit disparaître d'un claquement de doigt.
Littéralement. Il venait de faire disparaître ce Bob en claquant des doigts. Antoine ignorait tout à fait comment c'était possible... c'est comme si tout ce qu'il imaginait devenait réel.
Le Mathieu de ce monde ne pouvait pas avoir eu raison ! Il n'était pas... Dieu. C'était ridicule.
Une bruit brusque près de lui le fit sursauter. Un bruit d'inspiration, comme quand on ressort de l'eau... sauf que ce bruit venait de Mathieu.
Oui, le Mathieu qui était mort il y a quelques secondes. À croire que les balles dans ce monde, si elles étaient tirés dans la tête, n'avaient aucun effet. Mais ça ne l'empêcha pas de s'exclamer :
-un zombie !
Mathieu roula des yeux, et se releva, l'air de rien.
-Pas le temps d'expliquer, dit juste le schizophrène avant de... d'essayer de frapper Daniel.
Seulement, son double eut l'air de le voir venir, et attrapa le poing de Mathieu avant qu'il n'atteigne son visage.
-Sale con, le traita le schizophrène.
-Si tu savais ce qu'il a fait tu... commença à se défendre Daniel, avant de se faire interrompre.
-Je le sais, je sais tout. Je le connais mieux qu'il ne se connait lui-même.
Antoine fronça les sourcils. Mathieu-de-ce-monde était bien en train de parler de lui ?
-Vous vous trompez, répliqua-t-il, c'est vrai que je ressemble à votre Daniel et vous à mon Mathieu mais...
-C'est moi ton Mathieu.
Son regard bleu le fixa, et un étrange silence s'installa. Comme s'il venait de faire une énorme révélation.
-hein ? fut cependant sa seule réaction.
-Qu'est-ce que tu racontes ? le questionna Daniel, aussi perdu que lui, pour une fois.
Mathieu les regarda tour à tour, ses yeux remplis d'une certaine tristesse.
-Matt dis-le, exigea Daniel qui avait l'air de se douter de la réponse.
-Tu le sais déjà, fit simplement Mathieu à son partenaire, tu t'es toujours demandé comment tu t'étais retrouvé dehors, dans le jardin, cette nuit là...
Daniel resta silencieux. Ses yeux s'agrandirent. Il avait compris, contrairement à Antoine qui était de nouveau perdu.
-C'est toi qui... j'aurais dû mourir dans cette maison !
-Oui, tu aurais dû, dit juste Mathieu d'un ton neutre.
-Mais c'est impossible... réalisa Daniel. Si j'étais mort dans cette maison, la guerre n'aurait jamais existé, c'est impossible que...
-Effectivement c'est impossible, confirma l'autre Mathieu, la faute d'Antoine... son scénario n'est pas crédible.
-Hein ? firent les deux Antoine.
-On a pas le temps ! répliqua-t-il changeant de sujet. Prenez vous les mains.
Ce que disait ce Mathieu n'avait vraiment aucun sens ! Antoine avait l'impression de devenir fou.
-Obéissez c'est tout, insista cependant le plus petit, ça sera plus rapide.
Daniel n'avait pas l'air de comprendre plus que lui. Cependant, il semblait faire confiance à son Mathieu, il tendit donc la main vers Antoine.
Dès que leurs doigts s'approchèrent, cette lueur orangée qui commençait à être habituelle apparurent. Mais, cette fois, quand leurs paumes se touchèrent... elles fusionnèrent.
-What the fuck ?! s'affola Antoine en s'écartant.
Il regarda sa main : elle était redevenue normale. Ce monde était vraiment trop... trop.
-Dépêchez-vous, les pressa Mathieu.
-C'est quoi ce bordel ? ignora Daniel.
-Je ne peux pas encore le dire, on est pas encore la fin.
Cette réponse ne les aidait pas. Elle était juste bizarre.
-N'ai pas peur, rassura Mathieu s'adressant à son ami, tu te sentiras enfin bien.
Daniel resta sans bouger, essayant de comprendre les mots de son camarade. Si ce dernier ne pouvait pas lui expliquer... tant pis. Il perdait trop de temps.
Sans qu'Antoine ne l'ait vu, son double se mit à l'enlacer... une seconde, avant de disparaître en lueur orange. Les étincelles traversèrent la peau du youtubeur, ses vêtements se mirent à s'illuminer... pour finir par être changé, par ceux de Daniel.
-Dépêche Antoine, lui dit l'alter-ego de son ami sans attendre, téléporte nous là-bas.
-Hein ?! finit par faire Antoine, s'énervant. Tu vas m'expliquer ce qui se passe ?!
-Non, répondit clairement le jeune homme, téléporte nous.
-Et comment je fais ça ?!
-Imagine, répliqua simplement Mathieu.
"Imagine", juste ce mot. Rien avant, rien après. Ça ne voulait rien dire !
-Imaginez quoi ? J'imagine qu'on est téléporté là-bas et on...
Il ne put même finir sa phrase que le décor changea brusquement. Antoine resta muet : la "base" était bien juste là, en face d'eux, à plusieurs mètres. Les armées se battaient entre elles, et il reconnut certains youtubeurs qui se défendaient comme ils pouvaient. Eux étaient trop loin pour être vus.
-Vas-y, l'encouragea Mathieu près de lui.
-Comment ? ignora Antoine. Comment c'est possible ?
Le schizophrène de ce monde sourit, et se pencha vers lui. Chuchota à son oreille ce secret, tellement évident quand on y pensait... Antoine se mit à sourire à son tour, ému par les mots qui venaient de prononcer son "ami".
-J'aurai dû y penser.
-Tu y as pensé justement, lui fit remarquer Mathieu.
Antoine regarda le spectacle face à lui. Cette bataille. Il y était temps d'y mettre un terme.
Maintenant qu'il savait la vérité, tout lui semblait si simple. Cependant, il ne bougea pas.
Il leva les bras au ciel, un rayon orange partit de ses mains jusqu'au ciel. Mathieu s'écarta, le rayon devenant de plus en plus puissant. Puis, Antoine ferma les mains, des étincelles y crépitant, et s'agenouilla, plaçant ses paumes sur le sol. Le rayon s'y propagea, il ferma les yeux, lui semblait-il une seconde, et se laissa tomber... dans l'herbe ?
Il rouvrit les yeux, et regarda autour de lui. Il n'avait pas bougé, mais le paysage était différent. Il n'y avait plus rien de gris : le sol était vert, le ciel était bleu et le soleil éclairait le monde.
Il était entouré de fleurs, et se mit à rire, bêtement.
-Antoine ?
La voix de Mathieu le ramena sur terre, il n'était pas tout seul. Pas vraiment. Il se releva, et vit que ses vêtements avaient de nouveau changé : il portait sa chemise et son jeans préféré. Et les chaussures dont il avait dû se débarrasser il y a de cela des années.
-Antoine ça va ?
Il observa cette fois Mathieu : il était vêtu comme dans l'un de ses plus beaux souvenirs à deux, avec son t-shirt "Je préfère What the cut...".
-Ouais, c'est un peu chelou mais...
-Il va bien ? s'inquiéta une autre voix.
Tout le groupe de youtubeurs les avait rejoint comme par magie. Links, les Greniers... même Bob et Fanta. Qui lui souriaient. Comme ça.
-Ça va Alex, le rassura Antoine.
Ce n'était pas vraiment Linksthesun mais... peu importait.
-Mais je ne comprends pas, vous...
-J'étais le seul au courant, s'expliqua enfin Mathieu, qui avait l'air de lire dans ses pensées.
Ce qui était sûrement le cas, d'ailleurs. Tout ça était tellement... magique. Un endroit où tout était possible ! Mais son imagination avait quand même eu un scénario d'histoire assez... spécial.
-Tu dois te réveiller maintenant Antoine, l'histoire est finie.
Cette phrase le laissa muet quelques secondes. Non ! ça ne pouvait pas être la fin ! Il ne voulait pas retourner dans l'autre monde !
-Mais... j'ai pas envie !
-N'ai pas peur nous serons toujours là, tu pourras venir quand tu le souhaites.
Mathieu le réconfortait un peu, alors qu'il se sentait attiré, par quelque chose, loin. Il avait un peu peur. Lui qui avait tant souhaité partir... il sentait une étrange affection pour ce Mathieu, qu'il connaissait sans connaitre.
Mais il était une partie de lui, après tout. Comme tout ceux qui avaient joué un rôle dans cette histoire. Son histoire.
-La fin d'une histoire est le début d'une autre.
Il n'aurait su dire qui avait prononcé cette phrase, mais il semblait lire dans sa tête.
Ses yeux se fermaient comme d'eux-mêmes. Il ne pouvait pas lutter. Antoine ne put qu'apercevoir les yeux bleus de son ami qu'avait pris sa conscience lui disant simplement :
-Merci.
Il sourit. Et bascula.

Il bascula la tête, sa perte d'équilibre lui faisant ouvrir les yeux. La pièce était dans le noir, assit sur un canapé orange -son canapé- et seule la lueur d'une télé l'éclairait.
"Si vous reprenez vos missions vous devenez un criminel pour nous.
aah mais faut pas me dire ça, parce que j'adore faire ce qui m'est interdit."
Antoine reconnut aussitôt la websérie de son ami François. Et les souvenirs lui revinrent d'un coup. Il avait eu envie de la revoir cette série, maintenant qu'elle était terminée. Mais pas tout seul.
-hé tu te réveilles pour la fin marmotte !
Il sourit quand Mathieu lui donna un coup de coude. Mais, étrangement, Antoine avait cette impression que c'était aussi la fin d'autre chose. D'une autre histoire.
Évidemment, son rêve lui revint en mémoire. Mais il devenait de plus en plus flou, comme tous les rêves.
Pourtant, en se tournant vers Mathieu, il se souvint d'une chose :
-Si j'étais Dieu, tu serais mon ange gardien.
Silence de quelques secondes, le temps que son ami comprenne sa phrase... et éclate de rire.
-T'as à peine le melon mec.
Et sans lui laisser le temps de s'expliquer, Mathieu rajouta :
-Bon ça y est c'est fini. J'vais aller me coucher moi. T'éteins la télé ?
C'était formulé sous une question mais c'était plutôt un ordre. Il chuchota un "oui", lui aussi était fatigué. Il avait l'impression d'avoir couru, bizarrement.
Se levant, il rejoignit sa chambre, oubliant d'éteindre la télévision. S'imaginant le faire, il retourna dans le salon... où l'écran était déjà éteint.
Bizarre. Mais il n'y fit pas attention.
Il se coucha, retournant sans le savoir dans son monde. Ce monde qu'il avait créé, un véritable monde parallèle, fabriqué par son esprit et son imagination.
Et il s'endormit, paisiblement, partant dans une nouvelle histoire.
Sans voir que, dans son sommeil, quelques étincelles orangées dépassaient encore de ses doigts.

-Les histoires ont toutes une fin Antoine, lui chuchota comme au creux de l'oreille sa conscience déguisée en Mathieu, mais tant que quelqu'un les fera vivre, le mot fin n'aura pas importance. Les histoires finissent, mais elles ne meurent jamais.