Chapitre 4 : Comtesse

« POURQUOI ?! Pourquoi est-ce que tu fais ça ?! »

« Oh ? J'ai besoin d'une raison pour trouver cela amusant et divertissant maintenant ? »

« Tu sais parfaitement de quoi je veux parler ! Pourquoi est-ce que tu as fait ça hein ? Pourquoi ? Qu'est-ce que tout ça t'apporte dans le fond ? Je veux savoir ! » dis-je avec une petite pointe d'énervement.

Elle se moque de moi et je n'aime pas ça ! On ne se moque pas de moi ! Je ne veux pas que l'on se moque de moi ! Surtout pas ! Surtout pour ce genre de choses ! Qu'elle ne me prenne pas pour un idiot ! Je ne suis pas stupide ! Elle veut quelque chose !

« Qu'est-ce que tu veux en échange ? »

« Ton corps, ça serait possible ? Mais il est chasse gardé. Non, non, je ne veux rien mon petit loup. Seulement, j'espère que tu deviendras bien plus fort. Ca sera plus drôle … hahaha ! Mais la prochaine fois que nous nous verrons, cela sera sur un terrain de combat ! Surement au palais de Giréléna. Bonne chance ! Hahaha ! »

« Attends un peu ! Qu'est-ce que … »

Je tente de l'arrêter mais c'est inutile. Elle saute pour atteindre des gradins, me surprenant et surprenant aussi les personnes dans ceux-ci. Elle me fait un petit sourire, m'envoyant un petit baiser avant de sauter une nouvelle fois … pour quitter le bâtiment d'une façon des plus surprenantes. J'ai gagné ? Mais je me sens … sale.

« Je ferai mieux de retourner au vestiaire, on dirait bien. »

J'ai perdu pas mal de motivation là. Je ne suis pas très fier de moi. Bon, j'ai réussi à lui tenir tête mais c'est pas pour ça que je peux considérer que j'ai réussi à la battre. Pas du tout même. Pas du tout … oui. Je n'ai rien réussi.

« Et Giréléna qui n'est même plus dans les gradins … »

Je ne sais pas où elle est passée. Je ne sais pas si c'est une bonne ou mauvaise nouvelle. Je suis juste perplexe et complètement perdu, je dois le reconnaître. Pfff … dans les vestiaires, j'attends juste que les minutes passent, inlassablement. Puis soudainement, un soldat pénètre à l'intérieur de la pièce et me dit :

« Nev, c'est bien ça ? Faudrait que tu reviennes dans l'arène. Tu sais, la victoire, tout ça. Comment qu'un adolescent a pu vaincre des femmes-pokémons ? J'en sais rien. »

« Je suis un héros de la déesse Harsia. Je ne peux pas perdre face à elles ! »

« Héros ? C'est vrai que t'as été capable de trucs que j'ai jamais vu. Rien à voir avec les imbéciles vantards que l'on voient dans les tavernes. Tu viens ? »

« J'arrive tout de suite. Je pensais que quelqu'un serait là. »

Il me demande qui mais j'hoche la tête en disant que non. Ce n'est pas besoin d'y penser. Je n'ai pas à y penser maintenant. Je ne dois pas y penser. Non et non ! Je quitte les vestiaires, accompagnant le soldat.

Je suis au beau milieu de l'arène, comme auparavant mais j'entends les discours et toutes ces choses. Je n'écoute qu'à moitié, vivement la récompense. On m'applaudit, on me félicite et puis ensuite, finalement quelques mots résonnent à mes oreilles :

« Messire Nev, vous allez être accueilli par le comtesse de notre ville. Veuillez montrer votre respect envers elle, je vous prie. C'est elle qui vous donnera votre récompense. »

« Hein ? Quoi ? Comment ? Euh, d'accord, je suis d'accord. Il faut juste m'indiquer où je dois me rendre, voilà tout. Je ne connais pas encore tout ça. »

« Ca ne fait rien, soyez agréable. La comtesse est une jeune femme très respectée, sachez-le. »

« Elle est issue d'une noble famille ? »

« Non ! Mieux que ça. Elle est devenue la fortune la plus importante de notre ville en trois années et a acquiert son titre sans que nul ne tente de lui prendre. Elle est aimée par tout le monde et beaucoup de prétendants cherchent à obtenir ses faveurs. Difficile d'y accéder actuellement même si son cœur semble avoir été pris récemment. »

« Pourquoi est-ce que vous me dites ça ? Je ne suis pas intéressé ! »

Je ne comprends pas vraiment mais je pense que je ferai mieux juste de suivre le garde. Je quitte maintenant cet endroit, cherchant du regard Giréléna. Qu'est-ce que ça veut dire alors ? J'ai du mal à comprendre, vraiment beaucoup de mal.

Mais voilà que l'on m'emmène jusqu'à une magnifique demeure, avec jardin et tout. Je n'ai pas vraiment la possibilité de m'y intéresser, loin de là même. Je ne sais pas … pas du tout. C'est juste énorme et imposant, rien de plus.

« Euh … comment est-ce que je dois la saluer ? »

« Ce n'est pas à moi de te le dire. Tu verras par toi-même. »

Et je ne suis pas censé être anxieux ? Pourtant, j'ai le droit non ? Je ne sais pas, je ne sais pas ! Je suis maintenant devant la double porte et je dois toquer non ? Le garde me laisse seul alors que je toque à la porte.

Il y a surement des servantes et des majordomes. Enfin, tout plein de personnes qui sont présentes mais … bizarrement, personne ne vient m'ouvrir. Est-ce que j'ai mal toqué ? Peut-être, ça se pourrait. C'est surement de ma faute.

« Pardon, est-ce qu'il y a quelqu'un ? Il y a quelqu'un ? S'il vous plaît. Je suis Nev. J'ai gagné le tournoi. Je suis là pour toucher la récompense. »

« Tu es bien … le petit adolescent, n'est-ce pas ? Tu étais vraiment à croquer. »

Vraiment à croquer ? L'imposante double porte s'ouvre en une partie, laissant paraître deux yeux rubis. Cette femme est grande … mais surtout très belle. Elle est magnifique même ! C'est peut-être la première fois que je vois une personne aussi superbe.

« Si tu veux bien rentrer, jeune Nev. »

« O… oui, bien entendu. »

Je ne sais pas pourquoi je suis tout intimidé. La personne qui vient de m'ouvrir a vraiment tout d'une grande noblesse. Elle doit avoir la vingtaine d'années mais je note surtout un corps … qui semble avoir été taillé dans du marbre tellement il est parfait. Ohla, qu'est-ce qui me prend ? Je la vois qui se retourne vers moi, me souriant tendrement.

Pfiou … je suis vraiment gêné là, je sais plus quoi dire. Je baisse la tête, rougissant comme un adolescent, comme ce que je suis en fait. J'ai vraiment l'air ridicule. Je sais pas trop quoi dire. Mais cette demoiselle est vraiment très belle.

« Vous êtes la com … »

« Est-ce que tu as faim ? Après tous ces combats, ça ne m'étonnerait pas. »

« Hein ? N'appelez pas vos servantes pour ça ! Je … »

« Mes servantes ? Oh mais nul besoin, je vais cuisiner. Installes-toi donc. Tu es mon invité, Nev. Tu es encore plus mignon vue de près, vraiment. »

Pourquoi est-ce qu'elle me complimente comme ça ? Elle me demande de la suivre jusqu'à emmener à une imposante salle à manger. Enfin, elle doit être aussi grande que ma maison avant que je ne parte. J'entends quelques mots et je … qu'est-ce que …

Maintenant qu'elle est de dos, je peux remarquer … que ses fesses sont à l'air ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Je tourne ma tête à gauche puis à droite, pour être sûr que c'est pas un canular, que c'est bien elle la comtesse ! Mais elle porte quand même une belle robe blanche qui s'ouvre en plusieurs parties.

Je ne comprends pas, je comprends vraiment rien, rien du tout. J'ai besoin de souffler, de respirer. Mais bon, elle va vraiment cuisiner ? Où sont les servants ? Et les servantes ? Enfin, elle n'habite quand même pas toute seule ici, non ? Et puis, pourquoi est-ce qu'elle avait les fesses à l'air ?! Je ne comprends pas !

« Oh ! Ca toque à la porte, je vais aller voir ! Reste donc ici, Nev. »

« Euh … oui madame. » bredouille-je, ne sachant pas où me mettre.

« Mademoiselle, s'il te plaît. Je ne suis pas si vieille que ça non ? » me demande-t-elle alors que j'hoche la tête négativement, bredouillant :

« Non non ! Vous êtes vraiment très très belle, mademoiselle la comtesse ! Vous êtes vraiment très très très belle ! Vraiment ! »

Elle a un petit rire avant de quitter la pièce. Elle a de ces fesses … non mais pourquoi est-ce que je pense ainsi ? C'est vraiment horrible ! Vraiment plus qu'horrible ! Enfin, non, je n'ai pas à m'en vouloir ! Je suis un adolescent normal ! Quand je vois une jolie femme, je n'ai pas à m'en priver ! Je suis parfaitement sain.

« Nev ? Qui êtes-vous ? Vous connaissez le héros ? » Hum … il est ici mais je ne sais pas trop. Vous pourriez être une fane. »

« Laissez-moi rentrer ou je risque de… »

« Giréléna ! » crie-je avant de me lever. Je quitte la pièce pour retourner devant l'entrée. Hein ? Mais j'ai rêvé ou quoi ? Elle a maintenant une belle robe blanche et je ne vois pas ses fesses. Vraiment, c'est surprenant.

J'ai surement rêvé, je suis un imbécile et un pervers, je devrai avoir honte de moi de penser à de telles choses. Je vois Giréléna, sous sa forme humaine, qui me regarde avec colère. Qu'est-ce que ça veut dire ?

« Je peux savoir ce que tu fais ici, Nev ? Tu t'invites chez les gens maintenant ? »

« Hein ? Mais non ! Mais non ! Je suis juste venu chercher ma récompense, rien de plus. »

« Et c'est quoi ? C'est elle ? » rétorque t-elle tout en désignant la femme aux cheveux verts. Tiens ? Elle a détaché ses cheveux ? Et je n'avais pas remarqué le petit châle sur ses oreilles et le sommet de son crâne. Elle se retourne et je la vois rougir avant de dire :

« Il est adolescent mais bientôt adulte, n'est-ce pas, Nev ? Tu as quel âge maintenant ? »

« J'ai bientôt dix-sept ans. Je suis presque un adulte mais pourquoi cette question ? »

« Pour rien. Mademoiselle Giréléna, venez aussi, je vais vous faire aussi à manger. »

« Manger ? Manger ? J'ai vraiment faim. Mouais. Mais je te surveille. »

Pourquoi est-ce qu'elle irait la surveiller ? La comtesse est vraiment une femme délicieuse ! Je suis … quand même sous le charme, je le reconnais parfaitement. Enfin, oui, je crois. Je ne sais pas trop … enfin, je suis sous le charme.

« Giréléna, arrête de menacer la comtesse ! Elle n'a rien fait de mal ! Rien du tout ! Pardonnez-moi là s'il vous plaît. »

« Mais pourquoi devrais-je te pardonner, Nev ? Ce n'est pas de ta faute mais celle de ton amie, si elle est bien ton amie, n'est-ce pas ? Venez donc. »

Je ne sais pas vraiment ce que je suis comme relation avec Giréléna. Il faut dire que c'est plus que compliqué à cause d'elle. Comme si tout cette histoire était pas déjà assez compliquée. Mais quand même, la comtesse … avec ses cheveux vert ses yeux rubis. Est-ce que vraiment … Je ne sais pas. Je pose une main sur mon cœur et je le sens battre à toute allure. C'est peut-être la première fois que je ressens une telle chose.

« Et bon appétit à tous les deux. »

Voilà que je suis installé sur une chaise et l'odeur qui émane de mon assiette. Oh ! Elle a vraiment cuisiné ! Vraiment ! Vraiment ! Elle cuisine encore mieux que moi ! Elle est vraiment remarquable comme femme ! Et puis, elle est assise à côté de moi, ses coudes posés sur la table, sa tête tournée vers moi. Elle me sourit tendrement.

« J'espère que cela est convenable. Le repas te convient ? »

« Oui, oui, mademoiselle ! Mademoiselle la comtesse, c'est encore plus délicieux qu'avec moi quand je cuisine, vraiment ! »

« Tant mieux alors, hihihi. » dit-elle tout en poussant un petit rire cristallin. J'arrête de manger, m'essuyant les lèvres avec la serviette alors que je ne sais plus où me mettre. Elle est vraiment spéciale, vraiment très spéciale.

Je me tourne vers Giréléna et je vois qu'elle a déjà terminé son repas. D'ailleurs, elle a mangé plus que correctement, un peu comme une princesse, la serviette pour tapoter ses lèvres, les couverts, toutes ces choses. Quand c'est avec moi, c'est souvent un carnage.

« Visiblement, cela vous convenait à tous les deux. »

Elle récupère les assiettes alors que je ne sais pas trop quoi faire. Enfin, je ne sais pas trop quoi dire non plus. Je dois parler de la récompense non ? Alors, j'aimerai plutôt qu'on en discute rapidement et que je la récupère.

« Mademoiselle la comtesse, est-ce que nous pourrions parler de la récompense ? »

Je pose finalement la question alors que les minutes s'écoulent. Elle est revenue et elle continue de me sourire tendrement. Mais aussitôt, Giréléna pousse un grognement, croisant ses bras au niveau de sa poitrine généreuse, incomparable par rapport à celle de la comtesse. Même si ceux de la comtesse sont d'une belle forme.

Qu'est-ce que je fais ? Je n'ai pas à penser ça ! Ca ne se fait pas ! Surtout devant une belle dame ! Je suis vraiment confus maintenant ! Vraiment ! J'ai presque un peu honte de ma demande. Pourtant, Giréléna pousse un autre grognement, me regardant avant de dire :

« Bon, fini les conneries, qu'est-ce qu'une femme-pokémon veut à Nev ?! »

« Une femme-pokémon, Giréléna ? Qu'est-ce que tu racontes là ? La comtesse n'est pas une femme-pokémon ! Pas du tout ! La jalousie te … »

« Je pensais que … je n'aurai pas besoin de me montrer réellement mai visiblement, ce n'est pas possible. Je suis un peu triste, je dois l'avouer. »

J'entends un petit soupir de la part de la comtesse alors que je me lève aussitôt. Je fais apparaître mon maul, prêt à me défendre. Qu'est-ce que ça veut dire ? Je suis déjà en train d'être répugné alors qu'il y a encore quelques minutes, je n'étais même pas sûr de … enfin de … La comtesse était vraiment une femme-pokémon ?