Chapitre 9 : Ce sentiment

« Titonée, c'est vraiment moi ? »

« C'est vraiment toi, Nev. Je ne sais pas comment. »

Ben moi non plus. Je me mets debout, un peu blessé mais elle … elle n'a rien. Rien du tout. Cette femme-pokémon, qui était au bord de la mort … est en parfait état maintenant. Elle pourrait danser si elle le désirait.

« Danser ? Pourquoi … pas ? Mais je n'ai pas la motivation pour, je suis désolée. Pas pour ce moment … je suis vraiment désolée. »

« Hein ? Mais non, mais non, ce n'est pas de ta faute. Tu ne pouvais pas prévoir et … »

Je me tais tout simplement. Il vaut mieux que je ne parle pas. J'ai honte d'être arrivé aussi tardivement. Elle me regarde et me fait un petit sourire, me disant :

« On ferait mieux de rentrer maintenant. Cette femme-Foretress ne fera plus aucun mal. »

« Elle ne voulait pas en faire … enfin … pas comme ça. Elle était comme manipulée je crois. C'était à la base une femme-Pomdepik, elle m'a dit. »

« Je vois, je vois. Mais sinon, où est ton amie ? Giréléna ? Je ne la vois pas. »

« Je suis là, tu comptais te débarrasser de moi ? » rétorque une voix féminine dans notre dos, me faisant me retourner. Giréléna est bien présente, le regard froncé alors que je hausse les épaules. Mais je me reprends aussitôt, disant :

« Je t'interdis de l'agresser, cette fois, Giréléna. »

« Je fais ce que je veux, compris ? » réplique-t-elle. Sauf que cette fois, je n'ai pas envie de me laisser faire. Je me place devant elle, reprenant :

« Pas maintenant. Après, tu pourras. Mais là, non. Tu ne l'agresses pas. Elle a vécu quelque chose d'éprouvant. Ce n'est pourtant pas compliqué. »

« Tout ce que je veux, hein ? »

Elle me sourit et se lèche les lèvres. Soudainement, elle m'attrape avec sa queue, l'enroulant autour de moi avant de me ramener jusqu'à elle. Elle reprend :

« Vraiment tout … n'est-ce pas ? »

« NON ! Pas ce que tu veux ! Je le sais parfaitement ! Il en est hors de question ! »

Il faut que je bloque mes pensées. Il faut que je bloque mes pensées ! Sinon, Titonée va savoir que ce n'est pas la première fois que Giréléna agit de la sorte ! D'ailleurs, elle me libère avant de pousser un soupir de dédain. Elle dit que de toute façon, si elle a faim, elle ira se servir à manger, que je le veuille ou non. Sauf que je ne le veux pas.

« Si vous avez tellement faim, je veux bien cuisiner pour vous remercier. Mais aussi, je veux vous offrir de quoi dormir pour la nuit. Cela doit faire longtemps que vous n'avez pas dormi dans un lit, n'est-ce pas ? »

« C'est très gentille de votre part, mademoiselle Titonée mais je ne suis pas sûr que ça soit une bonne chose. Enfin, je ne voudrai pas vous importuner. »

« Tu n'as pas besoin de me vouvoyer, je t'ai pourtant déjà dit, n'est-ce pas ? »

« Oui mais quand même, c'est juste une habitude. Je ne veux pas causer plus de problèmes. Enfin, je … bon, d'accord. »

« Tant mieux, c'est ma façon à moi de vous remercier tous les deux. Giréléna a quand même tout fait pour que je ne meure pas jusqu'à ce que tu reviennes. »

Ah bon ? On parle de la même Giréléna ? Je me tourne vers elle, la fixant pendant quelques secondes. Elle me regarde avec insistance, comme pour voir si j'en doute ou pas. J'hausse les épaules pour bien montrer que j'en ai rien à faire.

« Titonée, on peut y aller maintenant alors. Ne perdons pas plus de temps. »

« Bien entendu. Vous êtes mes deux invités et je vous donnerai votre récompense … à tous les deux. » me dit-elle avec tendresse alors que je déglutis. Elle a perdu quelqu'un de très proche, je pense qu'elle est encore un peu chamboulée.

Après une bonne heure de marche, nous arrivons finalement à sa demeure. Je n'avais pas remarqué auparavant mais en fait, elle est assez éloignée des autres quand même. Mais bon, peut-être qu'elle veut se montrer discrète ?

« Je cache toujours un peu … ce que je suis, c'est aussi simple que ça, et oui. »

« Je comprends parfaitement, Titonée. Même si tu es la femme-pokémon la plus douce et gentille que j'ai connue, tout le monde n'est pas forcément prêt à accepter ça. »

« C'est exactement cela le problème, merci d'en parler. Mais avant … Bon appétit ! Ou plutôt, si vous voulez bien attendre quelques minutes. »

Je la regarde avec étonnement. Elle semble avoir repris goût à la vie mais quand même … c'est assez étonnant. Enfin, il faut dire que je ne fais rien et que je me sens un peu inutile. Elle nous demande de nous asseoir alors que Giréléna a gardé sa forme de femme-pokémon. Quelques secondes plus tard, lorsque nous sommes seuls, elle murmure :

« Tu as envie de te la faire hein ? Ca se lit parfaitement sur ton visage. »

« Hein ? Mais qu'est-ce que tu racontes, même si elle est humaine physiquement, elle reste une femme-pokémon ! Arrête de penser à des idioties de la sorte ! Je ne suis pas comme toi ! Je ne suis pas comme ça, je ne pense pas qu'à ça ! »

« Quoi ? Tu insinues que je ne pense qu'au sexe ?! C'est pourtant toi qui n'arrêtes pas de la mater ! Tu crois que je suis aveugle ou quoi ? »

« Non, je crois surtout que tu es stupide. »

BAM ! Ça c'est fait. Elle me regarde avec une petite pointe d'étonnement alors que je mets une main devant ma bouche. C'est juste que j'en ait assez. Mais avant qu'elle ne puisse me répondre, Titonée arrive, disant :

« Voilà, voilà, le repas est prêt. Et en même temps, j'ai préparé votre chambre à tous les deux. Vous dormez ensembles, non ? »

« Non merci. Si tu as une chambre en trop, je la prendrai. »

« D'accord, d'accord. Mais tout d'abord, on part manger, n'est-ce pas ? »

Je lui réponds par l'affirmatif avant de me mettre à table. Giréléna reprend sa forme humaine, faisant de même avant de se placer en face de moi. Pendant que nous mangeons, je sens ses petits coups de pied sous la table.

« Très intelligent et adulte de ta part, Giréléna. »

« Qu'est-ce que tu racontes encore ? Tu ne vois pas que je mange ? »

Ah oui ? Je ne me laisserai pas avoir de la sorte ! Je commence à lui donner de légers coups de pied puis soudainement, je sens ses pieds qui me caressent. Qu'est-ce que … Qu'est-ce que ça veut dire ? Je les retire aussitôt, la fixant avec étonnement.

« Qu'est-ce que tu es en train de faire ? »

« C'est plutôt toi, tu commences sérieusement à me fatiguer ! »

« Tu me donnes mal au crâne avec tes idioties. »

Je me tourne vers Titonée, celle-ci continuant de me sourire tout en mangeant. Ca ne serait quand même pas elle ? Pourtant, comme pour répondre à la question, je sens un pied nu qui caresse le mien avec tendresse. Qu'est-ce que …

« Ne t'en fait pas, Nev. Je te donnerai ta récompense dans la soirée, je te le promets. Je suis sûre que tu l'apprécieras. Je pensais que Giréléna ne voudrait pas mais visiblement … »

Qu'est-ce que … de la télépathie ? Ça ne me plait pas vraiment. Mais je crois qu'il faut que je me laisse faire. Le repas se termine et Giréléna part et fonce dans la chambre, disant :

« Je vais me coucher maintenant, j'en ai assez entendu et vu. »

« Bonne nuit, Giréléna. » dis-je avec appréhension alors que je regarde Titonée. Celle-ci continue de me sourire tendrement avant de se lever :

« Je vais aller prendre les assiettes et les laver. Si tu veux bien m'attendre. »

L'attendre, l'attendre. Je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée mais je m'assois sur le fauteuil, patiemment docilement. Je ne dois pas m'imaginer des choses, je ne dois pas m'imaginer des choses. Je vais juste récupérer de l'argent, une grosse somme, qui devrait me mettre à l'abri du besoin pour plusieurs mois au moins.

« Voilà, Nev. Ta récompense. »

Je ne sais pas si je dois la regarder mais … je le fais quand même. Ah ? Elle est normale. Elle a juste son apparence de femme-pokémon, avec sa peau laiteuse et blanche. Elle a aussi une bourse rebondie et abondante. Elle la dépose devant moi.

« Comptes donc cet argent, tu verras que la somme est plus que suffisante. Tiens, il y a une petite table-là. Tu devrais pouvoir compter tranquillement. »

Je ne sais pas pourquoi elle veut que je fasse ça mais contrairement aux autres femmes-pokémons, je lui fais confiance. Je m'installe correctement et fais mon travail en fixant bien les pièces. C'est vrai, la somme est vraiment importante, très importante.

« Le compte a l'air plutôt bon. Enfin, le compte, je ne savais même pas combien j'allais gagner. Heureusement, je ne suis pas déçu, je suis même plutôt très content. »

« De ta récompense ? Je m'en doutais. Même si tu n'es pas intéressé par l'argent, Giréléna mange énormément et tu en as besoin pour pouvoir la nourrir. Mais tu sais, les femmes-pokémons ne nourrissent aussi d'autre chose. Mais ce n'est pas le sujet. Nev ? »

Oui ? Qu'est-ce qu'il y a ? Elle semble souci … … …

« Surprise. Voilà ton autre récompense. »

Je déglutis, bouche bée alors que je ne peux que regarder ce qui se trouve en face de moi. C'est ça une femme-pokémon ? Non, c'est une humaine ? Non. Elle a la peau blanche sur la globalité de son corps et ses oreilles aussi sont bien différentes des humains. Mais elle a bel et bien un corps humain. De haut en bas.

Ce corps est taillé dans le marbre, ce n'est pas possible qu'il soit aussi beau. J'ai déjà vu des femmes dans ma vie, dans mon village. Elles étaient belles, elles avaient des poitrines plus ou moins imposantes. Certaines étaient belles mais ce statut de belle … c'est autre chose là. C'est autre chose. Gloups.

« Comment est-ce que je suis, Nev ? »

« Non, non et non. Je ne peux pas, je ne peux pas ! » dis-je en cherchant à me relever mais je ne me sens pas le courage. Mes yeux sont rivés sur ses tétons couleur rubis. Ce n'est pas un rouge flamboyant mais un mélange de rouge et de rose. Et lorsque je descends, je peux aussi apercevoir … gloups … ses lèvres vaginales ainsi qu'une petite pilosité verte.

« Tu sais, je me suis posé des tas de questions sur le chemin du retour. Je me demandais, c'est quoi l'amour, est-ce que j'étais vraiment amoureuse d'un homme dont je ne connaissais rien ? Qui n'a jamais rien fait pour moi ? Est-ce que je n'étais pas stupide de penser ça ? »

« Je ne sais pas, je ne suis pas dans ta tête, je suis vraiment désolé. »

« Ca ne fait rien. Je pense juste qu'il est normal que je sois redevable envers la personne qui m'a sauvé la vie, non ? Et puis, quand je la vois, avec ses beaux cheveux roses, puis son grand maul, je sais parfaitement qu'elle est bien équipée, non ? »

Hein ? De quoi est-ce qu'elle … Je vois où elle est en train de regarder mais non ! Non ! Et non ! Pourtant, elle parcoure son propre corps de ses mains, faisant rouler le téton droit entre deux doigts alors que son autre main ouvre ses lèvres vaginales pour bien me les présenter. Elle me dit d'une voix douce :

« Je crois que je suis prête à aimer quelqu'un d'autre maintenant. Quelqu'un dont je suis sûre de mes sentiments et mes émotions. »

« Je suis vraiment très flatté mais la déesse Harsia m'interdit tout acte sexuel avec une femme-pokémon. Même si elle est aussi belle que toi. »

« Est-ce que je ressemble à une femme-pokémon, Nev ? Je suis bien plus femme que pokémon, non ? Ca ne devrait pas te gêner. Ne t'en fait pas pour le fait que tu sois un peu jeune et que tu ne sois pas encore adulte, c'est encore mieux. Tu as tout à apprendre et moi aussi. Tu le sais bien non ? »

Je suis vraiment très très flatté et mon sexe se durcit rien qu'en la regardant. Je suis dur, plus que dur. J'en ai mal au pantalon mais je ne peux pas ! Je ne peux vraiment pas ! Je ne peux pas ! Je ne peux pas du tout ! Je ne peux pas ! Je me relève subitement.

« Tu penses à Giréléna, n'est-ce pas ? »

« Qu'est-ce que tu racontes, Titonée ? S'il y a bien une personne dont tu n'as pas à t'inquiéter, c'est bien d'elle. Mais … je ne peux pas. »

« Alors pourquoi est-ce que tu penses à tout ce qu'elle t'a fait ? Je commence à comprendre votre relation à tous les deux, oui, je comprends parfaitement. »

« Non, justement, tu ne peux pas comprendre comme ça en lisant dans mes pensées. Car ce que tu penses est totalement faux, totalement erroné. »

« Je n'en suis pas si sûre … pas sûre du tout. Dire que je voulais tellement m'occuper de ton plaisir car oui, maintenant, c'est gâché, n'est-ce pas ? »

« Gâché ? Qu'est-ce que … »

« NEV ! On se barre maintenant ! T'as l'argent non ? ON S'EN VA ! ON NE DORT PAS ICI ! » hurle subitement Giréléna de l'autre côté de la porte.

Je regarde Titonée avec étonnement. Est-ce que … est-ce que Giréléna a entendu cela ? Est-ce qu'elle a vu ? Je ne sais pas mais Titonée me sourit alors que ses habits sont déjà revenus sur son corps. Elle murmure qu'elle est heureuse de m'avoir connu et qu'elle espère que nous nous reverrons. Je ne sais pas quoi dire … alors je m'enfuis.