Chapitre 11 : Satisfaite ou non

« Hum ? Encore endormi ? »

Je suis la première debout ou plutôt, allongée alors que je remarque qu'il est dans mes bras. J'essaie de me remémorer rapidement ce qui s'est passé hier soir et je m'en rappelle aussitôt. Tsss, rien qu'à cette idée, j'ai le bas du corps en feu. Je crois que ça devient vraiment problématique dans ce genre de cas précis.

« Et il compte en profiter combien de temps encore ? »

Surtout qu'il a la bave aux lèvres, la tête avachie contre mes seins. Je passe un doigt sur la bave, la récupérant avant de la lécher. Tsss … qu'est-ce que ça veut dire ? Je voudrais le déposer correctement dans un coin et le laisser dormir mais il est à poil. Je peux pas faire ça sinon il risquerait de se choper je ne sais quelle maladie louche. Et puis, grâce à lui, je vais pouvoir obtenir de la nourriture en quantité considérable pendant plusieurs semaines voire mois. D'ailleurs, il va avoir dix-sept ans non ? D'après ce que j'ai cru comprendre.

« Pourquoi je me poses ces questions ? »

« Hmmm … hmmm … un peu froid. Chaud. »

Quoi ? Qu'est-ce qu'il marmonne encore ? Je le vois qui se recroqueville dans ma queue, plaçant ses mains autour de ma taille avant de serrer avec plus d'insistance contre moi. Il me prend pour quoi ? Un édredon ? Je commence à faire bouger le sommet de ma queue.

« Hmm … et si je le réveillais d'une manière brutale ? »

Un bon coup sur le sommet du crâne et boum ! Ca lui fera un choc non ? Hahaha ! Je souris assez bêtement en m'imaginant la surprise que ça serait. Mais bon, je perds mon sourire quand je repense à cette Titonée. Hier, je lui ai montré à Nev qui était la plus douée mais ça ne change rien … ça ne change rien du tout. Tsss ! Il préfère les humaines ou les femmes-pokémons qui ressemblent fortement à ces dernières. Me faudrait une femme-Mackogneur pour lui montrer qu'avoir une forme humanoïde n'est pas forcément la meilleure chose.

« Hahaha ! Je te jure, ça serait vraiment … violent. »

Mais il n'y a pas que les Mackogneurs. Ca peut être si drôle. Tellement drôle … ah ... Je passe une main dans le dos nu de Nev, le caressant pendant quelques secondes avant de regarder son sac. J'ai faim. Il se réveille quand ?

« Bon bordel, tu bouges un peu ton petit cul ? »

« Hein que quoi ? Ou que j'suis ? »

Il bredouille et bafouille, ouvrant ses yeux alors que je place mon visage à quelques centimètres du sien. Il m'observe pendant plusieurs secondes alors que j'ai le sourire aux lèvres. Puis je le vois qui baisse les yeux vers mon bustier et aussitôt, je sens un petit choc électrique qui me parcoure. Il est d'aplomb pour me nourrir une nouvelle fois de la sorte ? Hahaha ! Je ne dis pas non ! Mais il continue son chemin jusqu'à se regarder et …

« HEIN ?! Mais pourquoi je suis complètement nu moi ?! »

« Oh qu'il est mignon. Il ne se rappelle de ce qu'il a subi hier ? »

Je lui tapote le sommet du crâne alors que je le vois rougir légèrement. Il tente de se débattre mais je l'en empêche, approchant mes lèvres de son oreille avant de lui chuchoter :

« Alors, hier, il semblerait que … ce fut divin ? »

« Je … ,je … ne raconte pas n'importe ! Je … »

« Je ne fais que répéter ta phrase, mot pour mot ou presque. Déifique. »

Il est maintenant rouge comme une pivoine et c'est peut-être la première fois que je le vois autant confus après un acte sexuel de ma part. Je le libère finalement, lui envoyant ses vêtements en plein visage bien que je me lèche les lèvres en regardant le bas de son corps. J'ai faim … il a intérêt à me contenter de ce côté même si ce n'est pas avec son corps.

« J'ai faim sinon. Alors, tu me prépares à manger, compris ? »

« Je peux au moins me rhabiller, non ? »

« Hmmm … te voir cuisiner complètement nu, ça peut être plaisant. Alors la réponse est non. Donne-moi tes habits. »

« Qu'est-ce que … Mais vas te faire voir ! »

Il s'habille en vitesse, faisant tout pour éviter que je ne vienne lui chiper ses affaires. Est-ce qu'il pensait que j'étais sérieuse ou alors non ? Je me le demande. Hahaha. Je le regarde avec amusement alors qu'il s'affaire maintenant à préparer le déjeuner.

« Alors, sinon, comment c'était hier hein ? Tu peux me le dire ? »

« Je ne dirai rien à ce sujet. » me répond t-il alors que je déclare aussitôt :

« Qui ne dit mot consent. Je crois que j'ai obtenu ma réponse, hahaha. »

« N'importe quoi ! Tu racontes n'importe quoi ! »

Il tente de se défendre mais il n'y arrivera pas. Hahaha ! Je me retiens de m'esclaffer de rire alors qu'il est plus que perturbé. Je ne veux pas que le repas soit raté quand même. Je me lèche les lèvres une seconde fois, regardant le repas qui se prépare. Les minutes s'écoulent et finalement, il me sert à manger. Sauf que pendant le repas, il n'ose pas parler.

« Tu as donné ta langue à Pirsène ? Ou alors, tu préférais la mienne et son utilisation hier. »

« Tais-toi, s'il te plaît, je ne veux pas en parler. » marmonne l'adolescent en face de moi. Assez titillé, j'ai faim ! Je mange avec zèle, comme à mon habitude. Une assiette est rarement suffisante dans mon cas et il le sait bien. Ce qu'il reste dans la casserole devrait me contenter.

Lorsque le repas est terminé, je l'étudie. Plus que ce qui s'est passé hier, il semble soucieux au sujet d'autre chose. Quoi donc ? Est-ce que je devrai poser la question même si ça ne m'intéresse pas ? Après son « cadeau » d'hier, je pense que je peux me le permettre

« Qu'est-ce qui se passe encore ? T'en fais une tronche. »

« Je pensais à la femme-Foretress. Tu ne connaissais vraiment pas cette espèce, Giréléna ? »

« Je t'ai dit que non, purée ! Tu ne comprends pas ou quoi ? Je sais pas d'où ça vient, c'est pourtant clair ! Je ne sais pas d'où ils sortent ! »

« Mais attends ! Ce que je veux savoir … c'est … tu connaissais des femmes-pokémons de métal ? C'est tout ce que je veux savoir. »

« A part Stelireg comme esprit élémentaire ? Non, pas du tout. Faut dire que le métal, ce n'est pas forcément vivant à la base. C'est fait par les humains. »

Il semble dépité mais qu'est-ce que j'en ai à foutre hein ? Ca ne me concerne pas, vais pas en faire tout un fromage. Hum, fromage. Ah ! C'est pas le moment de penser comme ça ! Il commence à nettoyer la vaisselle, étant attristé.

« Mais t'arrêtes un peu de bouder non ? Je n'ai pas envie que tu me pourrisses ma journée. »

« Je ne ferai rien de tout ça. Arrête de pleurer, Giréléna De toute façon, maintenant, tu as ton argent, non ? Enfin, mon argent, pour que tu aies à manger. »

« Ouais, ouais, je sais, on ira faire les courses plus tard. Maintenant,, tu ferais mieux de te préparer, on a un gros voyage à faire. »

« Ah bon ? Et où est-ce que l'on va se rendre ? »

« Hein ? T'as oublié qu'on a un dernier esprit élémentaire à récupérer ou quoi ? »

Il hausse un sourcil avant d'hocher la tête. Je ne pense pas qu'il ait oublié mais à part la petite session sexuelle d'hier, il a vraiment pas l'air d'aller fort. Je fais quoi moi ? Je suis pas SOS assistance en détresse psychologique.

« Bon, qu'est-ce que tu veux encore ? »

« Hein ? Qu'est-ce que je veux ? » bredouille-t-il. Qu'est-ce qu'il m'exaspère ! J'ai l'impression de voir une petite fille-Caninos en face de moi !

« Ouais, qu'est-ce que tu veux pour que tu arrêtes de tirer une tronche pareille ? »

« Ben ? Je veux rien … pourquoi est-ce que je voudrais quelque chose ? »

IL ME SAOÛLE ! IL ME SAOÛLE ! Ma queue s'enroule autour de lui avant que je ne le soulève et ne le pose sur mon corps. Rapidement, j'utilise ma queue pour ranger tout le bordel qu'on a fait dans son sac, disant :

« Accroche-toi à moi. On va se balader. Rien à foutre du quatrième esprit élémentaire. »

« Hein ? Se balader ? Mais pourquoi ça ? »

« Parce qu'aujourd'hui, on en branle pas une, sauf la tienne, si tu veux. Hahaha. »

« Non merci, j'en ai pas envie. Et d'accord, on va se promener. »

Il place ses bras autour de mon cou alors que je soupire. Je sens sa tête posée contre ma chevelure pendant que je réfléchis à ce que je dois faire. Bon sang, c'est même pas drôle de se foutre de sa gueule quand il est comme ça.

Je me mets à ramper lentement. Je ne connais rien de ce monde. Je ne sais même pas où on va. Je sais juste le chemin que l'on doit suivre normalement puisque Nev a une carte. Mais à part ça, rien du tout. Je ne sais rien du tout. Ça ne m'aide vraiment pas tout ça.

Mais bon … maintenant qu'on n'a pas la tête à aller chercher le quatrième esprit élémentaire, c'est plutôt calme et paisible, contrairement à ce que je pensais. Je me balade tranquillement, sans aucun problème, sans aucun souci.

Lui ? Il n'a pas bougé de sa position. Je me demande s'il sort. Pfff, voilà que je fais le garde-mioches et que je dois m'occuper d'un gamin. Vraiment … bon … après, faut reconnaître que c'est la première fois que je le vois aussi démoralisé. Tuer, c'était vraiment la première fois pour lui. C'est peut-être plus dramatique que prévu.

« Hey, Nev. Tu sais, la femme-Foretress. »

« Tu sais quelque chose à son sujet, Giréléna ? »

« Non, mais laisses-moi terminer. C'est vrai que tu l'as tuée, hein ? »

« Je … … … » tente-t-il de dire sans réussir à terminer sa phrase. Puis finalement, il continue : « Oui, je l'ai tuée. Je ne … voulais pas. »

« Tu ne voulais pas et pourtant, tu l'as fait, pourquoi ? »

« Je m'en rappelle pas, Giréléna ! Je me rappelle de rien ! Je ne sais même pas comment j'ai pu faire ça ! J'avais mon maul en main mais … j'ai eu l'impression de l'avoir tuée avec une lame ! Comme une épée ! »

« Je vois, je vois. Comme une épée. Et est-ce que tu l'as tuée car tu le désirais ? Malgré ce que tu disais ? Ou alors, car il y avait autre chose. »

« Elle le voulait. Elle voulait que je la libères. Elle souffrait, elle souffrait réellement. Elle souffrait complètement, Giréléna mais mais mais … »

« Alors, tu l'as délivrée de cette souffrance et tu te sens mal ? Je ne vois pas de raisons pour ça pourtant. Tu devrais être heureux plutôt et … Bon sang, arrête de pleurer. Tu vas tremper mes cheveux avec tes larmes ! »

« Pa … pardon. Ce n'est pas ce que je voulais. Je m'excuse vraiment. Je suis désolé. »

« Tu peux l'être mais ça ne changera pas grand-chose. Tu as compris au moins où je voulais en venir ou non ? » dis-je alors qu'il renfilait. AH NON ! PAS DE MORVE !

« Oui, je crois bien … mer … merci ? »

« C'est quoi ce ton interrogateur comme si tu n'étais pas sûr de tes paroles ? »

Il a un petit rire tendre, comme celui d'un enfant et je serai déjà en train de fondre si je n'étais pas une femme-Giratina asociale. Car ouais, ça ne fait ni chaud, ni froid son petit rire. Rien du tout même. Enfin, je souris un peu quand même et puis, je sens aussi qu'il se colle un petit peu plus à moi et qu'il me serre légèrement plus fort.

« C'est bizarre quand même que tu me parles comme ça, Giréléna. J'en ai pas du tout l'habitude mais bon, ça fait bizarre mais c'est bien. »

« C'est bien ? C'est quoi cette phrase débile que tu me sors ? »

« Bah, je trouve ça bien, c'est tout. Rien de plus. Je ne pense à rien de mal hein ? »

« Ouais, ouais … Bon, reposes-toi encore. Aujourd'hui, c'est moi qui gère. »

« Hahaha. Encore une blague de ta part. »

HEY ! Mais je suis sérieuse. Bon en même temps, ça a l'air d'aller mieux pour lui. Je ne vais pas m'en plaindre non plus. Pfiou, quand même. C'est compliqué. Pendant que l'on rampe, car oui, il n'y a que moi qui se déplace.

« Giréléna, où est-ce que se trouve le dernier esprit élémentaire ? »

« Je ne connais pas la localisation exacte mais je sais dans quelle zone on peut aller la chercher. C'est tout ce qui compte non ? Pour le moment ? »

« Tu as dit qu'on se reposerait aujourd'hui alors on ira se reposer. »

C'est vrai que j'ai dit ça. Il marque un point. J'hausse les épaules alors que je ne prononce plus un mot. Quelques minutes plus tard, je sens son souffle chaud à travers mes cheveux et je crois me dire qu'il est en train de dormir. Je dois vraiment m'occuper d'un gamin comme ça ? C'est sur lui que je compte pour ce que je veux faire ? C'est de la pure folie de ma part mais bon, si je n'étais pas folle, je n'aurai jamais commencé par ça au départ.

« Bon ben dors bien, c'est ce que je dois dire non ? »

Et dire qu'on est peut-être à peine au début d'après-midi. Si ce soir, il ne dort pas, ça risque d'être très mouvementé. Je ne me priverai pas pour me distraire avec lui. Ca sera ma récompense pour les petits moments de psychologie. AH ! Moi, faire de la psychologie pour un adolescent humain. Si on m'avait dit qu'un jour, je ferai une telle chose … Enfin bon, maintenant, pour aujourd'hui, on va rien faire, lui et moi, c'est tout.