Chapitre 7 : Purger ce monde

« Qu'est-ce qu'il y a avec papa, maman ? »

« Je ne sais pas du tout, malheureusement, je dois te l'avouer. Ca fait plusieurs heures qu'il est comme ça. Tu devrais aller te coucher maintenant. »

Je peux les entendre mais je préfère les ignorer. Non pas que je suis en colère contre elles mais seulement contre moi. Je n'arrive pas à croire ce que j'ai dit, ce que j'ai fait. C'est tout simplement absurde. Et ces larmes. Je n'arrive pas à les oublier.

« Nev, ça ne sert à rien de te tracasser plus l'esprit. Tu devais t'en douter. »

« Rygagagi, est-ce que toi et tes sœurs … pouvaient me laisser tranquille ? Juste ce soir, s'il vous plaît. Je ne demande rien de plus. »

« Compris. Nous serons là pour toi, tu t'en doutes. Reposes-toi bien, Nev. »

Elle peut me dire cela, ça ne changera pas ce qui s'est passé. Pourquoi est-ce que je suis aussi tracassé par tout ce qui se passe ? Pourquoi par rapport à Tyaunev ? Ce n'est pas de la faute à Gilitée. C'est ma véritable fille. Mais en même temps, Tyaunev l'est aussi.

« Est-ce que je peux me permettre de te parler, Nev ? »

« Dyrkri. Tu as pu entendre ce que j'ai dit aux esprits. Cela est aussi valable pour toi, je suis vraiment désolé, Dyrkri. Je suis pas motivé pour discuter. »

C'était aussi simple que ça et je m'en veux déjà de lui parler de la sorte. Pourtant, j'entend juste un soupir provenant de sa bouche avant qu'elle ne reprenne la parole :

« D'accord, aucun problème. C'est parfaitement compréhensible, Nev. Je te rappelle que tu voulais discuter. Si tu veux, nous le ferons dans mon sommeul. Enfin notre sommeil. »

« Merci encore, Dyrkri, de bien respecter mon choix »

« Je ne le fais pas par plaisir, nii parce que tu me l'as demandé. Je le fais simplement pour éviter de créer encore plus d'ennuis maintenant. »

« D'accord, d'accord. Merci quand même, Dyrkri. »

« Pfff, ce n'est même plus amusant de venir t'embêter sur ce point. Ne deviens pas une loque jusqu'à cause d'une phrase malheureuse. Est-ce bien compris ? Je n'aimerai pas à avoir à utiliser la force pour de tels cas. »

« Ca ne se reproduira pas, ne t'inquiète pas du tout, je te le promets. »

Mais je n'en sais rien. Je ne promets rien dans le fond, elle doit s'en douter, je crois. Je n'ai pas la tête à promettre quelque chose. Je veux juste être tranquille. Est-ce que j'en demande trop autour de moi ? Est-ce que j'en fais trop ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je veux juste être tranquille, sans que l'on me pose plus de questions. Tranquille et isolé.

« Nev ? Est-ce que je peux te parler ou pas ? »

Voilà qu'il ne restait plus qu'elle. Comme ça, tout le monde l'aura fait. Giréléna est à, en train de ramper en ma direction. Elle porte encore cette robe de chambre qui lui va si bien. Sincèrement, elle est de toute beauté dedans. De toute beauté et resplendissante.

« Giréléna ? J'ai prévenu tout le monde. Pourquoi est-ce que chez toi, ça serait différent ? »

« Car je suis la mère de ta fille. » me dit-elle avec nonchalance.

« Raison valide. Si tu veux bien t'installer et heeey ! »

Elle me soulève et ma force à m'installer sur son long corps cylindrique. Toujours aussi froid, brrr. Je n'aime pas ça mais je ne vais pas me plaindre. Je suis sur le dos, fixant sa poitrine mais surtout le ciel. Qu'elle ne croit pas que je suis un pervers, loin de là. J'ai beaucoup mieux à faire que ça mais bon, des fois, ça ne passe pas et donc, je préfère ignorer.

« Alors ? De quoi est-ce que tu veux parler, Nev ? »

« Hein que quoi ? Ce n'est pas à moi de parler mais à toi de me dire de parler. Enfin, de faire quelque chose, je ne sais pas du tout hein ? »

« Hum ? Ca se passe comme ça ? C'est un peu ennuyeux non ? Enfin bon, je sais que ce qui te tracasse concerne Tyaunev. Il n'y a aucun doute à ce sujet de toute façon. »

« Je pense que tout le monde l'a remarqué, oui. Mais bon, je ne veux pas parler. Je veux juste fermer les yeux, c'est tout. Tu devrais aller te coucher avec Gilitée. »

« Je ne vois pas pourquoi j'accepterai ce que tu me demandes. Qu'est-ce que tu me proposes en contrepartie, hein ? Est-ce que je peux le savoir ? »

« Arrête tes bêtises, tu vois parfaitement que je ne suis pas en état de m'amuser de la sorte, non ? Je n'ai pas envie de parler, j'ai juste envie de rien faire. »

« Alors, ne fais rien, c'est aussi simple que ça. Si tu veux dormir, dors. Si tu veux fermer tes yeux, fermes-les. Arrête de croire que tout t'es impossible. Tu as fait une erreur et ça sera sûrement difficilement réparable mais ça ne veut pas dire que ça ne l'est pas. »

« Je me doute, je me doute. Pourquoi est-ce que je te parle ? »

Je n'ai même pas de réponse à ça. Je commence à gesticuler dans tous les sens et je finis par être de côté sur la queue de Giréléna. Celle-ci commence à m'entourer, formant une couverture écailleuse qui me protège complètement du froid.

« Reposes-toi alors, c'est ce que je t'avais dit. Mais bon, tu sais, des fois, il m'arrive de ne pas dire de bêtises hein ? Je sais que ça paraît difficile à croire mais pourtant, c'est le cas. Ce manque flagrant de confiance est quand même parfois bien irritant et triste si je peux me permettre, tu vois ce que je veux dire Nev ? Nev ? Nev ? » me dit-elle alors que je ne l'écoute à peine. Je continue un peu de bouger avant de me retrouver installé sur sa poitrine.

Le lendemain matin, lorsque je me réveille, c'est pour voir la peau grise de la femme-Giratina contre moi. Elle a ouvert un peu sa robe de chambre pour laisser le sillon de ses seins paraître plus qu'il n'en faut à mes yeux. Je tente de me mouvoir mais je suis complètement bloqué. Je sens aussi une présence dans mon dos et je vois à peine que Gilitée est là aussi. En fait, le gros problème, c'est que Giréléna me tient la tête contre sa poitrine, comme pour ne pas me lâcher. Je commence à avoir chaud moi, avec tout ça.

Je dois attendre qu'elles se réveillent. Cela ne tarde pas trop et Giréléna me gratifie d'un sourire, le genre de sourire vrai que j'aurai aimé avoir il y a de cela des années. Maintenant, ils me laissent totalement indifférents. Enfin, je crois, je n'en suis pas certain.

« Bonjour, Nev. Tu as bien dormi ? Contre moi, la réponse devrait être positive non ? »

« Je te rappelle que Gilitée ne dort pas loin. Fais quand même attention à comment tu agis, Giréléna, d'accord ? Et oui, j'ai bien dormi. »

« Contente de voir que tu le reconnais. Qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je te libère ? Ou alors, tu veux peut-être que toi et moi, on se frotte un peu ? »

« Arrête donc tes bêtises et qu'est-ce que tu fais, Giréléna ? Tu sais bien que j'ai la force nécessaire maintenant s'il le faut hein ? »

Mais elle commence doucement à se frotter à moi, de haut en bas. Oh bon sang, mon corps réagit presque aussitôt. Je le sais parfaitement. Son corps est électrisant. Si je fais un seul mauvais mouvement, je suis bon pour changer de bas.

« Tu vois bien que tu ne peux plus te passer de moi hein ? Dans le fond ? Après tout ce temps, ton corps réagit comme un manque à combler. »

« Arrête tes bêtises, Giréléna. Je n'ai pas oublié ce que tu as fait. C'est bien ce que tu me disais hier, n'est-ce pas ? Tu crois vraiment que ... »

Bon sang, non ? Ce n'est pas ça en fin de compte ? Je la regarde, écarquillant les yeux. Elle arrête ses frottements, me fixant pendant quelques secondes avant de détourner la tête.

« Bon, je vais te libérer. Par contre, tu peux éviter de montrer ça à Gilitée ? »

« Si tu parles de ce que tu as crée, j'aimerai bien mais je la sens qui gesticule dans mon dos. »

« C'est de ma faute, attends, je vais réparer ça le plus rapidement possible. »

Hein ? Comment ça ? Qu'est-ce qu'elle veut ? AH ! Sa main nue s'enfonce dans mon bas de pyjama, commençant un rapide mouvement qui …

« Déjà ? Nev ? Sérieusement ? Je sais bien que ça fait longtemps mais quand même. »

« Disons que je n'avais pas prévu ça et que je ne comptais pas vraiment recevoir un tel traitement, Giréléna. La prochaine fois, préviens-moi, que je refuse. » dis-je, cherchant alors une excuse à ce qu'elle vient de faire. Elle retira sa main, commençant à la lécher.

« Qu'est-ce que tu fais, Giréléna ? »

« J'obtiens une saveur que je n'ai pas eut pendant des années. Tu veux vérifier quelque chose ? Je vais te montrer aussi à quel point je réagis. »

Elle prend ma main mais elle ne la dirige vers sa poitrine. Je la vois qui la descend, sous la couverture et … OOOOH ! Oh bon sang! Je retire ma main presque aussitôt et je cherche à me lever. ZUT ! Pas maintenant !

« Giréléna. Première et dernière fois que ça arrive. Qu'importe si c'est ça qui te plait. »

« Tu as donc bien ressenti dans quel état, je suis, n'est-ce pas ? »

Je le sais parfaitement ! Et j'ai pu l'avoir sur ma main. C'est vrai quoi ! Elle était complètement trempée. Et quand je la vois aussi rouge aux joues, je comprend ce que ça veut dire. Et je sens aussi ses effluves. Mais il y a Gilitée pas loin. Je ne peux pas !

« Papa ? Maman ? Vous êtes debout ? Oh ! Papa fait un câlin à maman ! Je fais pareil ! »

Oh purée, elle réagit bien vite en fait. Je sens la petite Gilitée qui vient m'enlacer dans le dos tandis que Giréléna pousse un petit soupir avant de dire :

« Plus tard alors, Nev. Plus tard. Maintenant, il faudrait que l'on se lève. »

« Oui, oui, je confirme ça. Gilitée?Tu veux bien libérer papa ? »

« Huuuuum ! Juste encore deux minutes, papa ! » me réclame doucement la petite fille-Giratina alors que je soupire d'amusement. D'accord, d'accord ! Bien parce que c'est elle hein ? Sinon, je ne suis pas sûr que j'aurai accepté, loin de là.

« Bon, deux minutes, pas plus. Giréléna ? Tu veux déjà sortir un peu ou non ? »

« Pourquoi ? Je trouve que je suis bien ici, non ? »

Tsss ! Je sais parfaitement ce qu'elle est en train de faire là. Je la sens qui magouille et me sourit en tendant de reprendre en main ce avec quoi elle s'amusait. Je lui donne une petite tape sur la main, faisant la mine sévère mais elle me chuchote :

« Ca serait du donnant-donnant, non ? Qu'est-ce que tu en penses ? »

« Maman ? Papa ? Vous parlez de quoi tous les deux ? »

« Bon, ça ne sert à rien d'espérer quelque chose ce soir. » soupire une nouvelle fois Giréléna avant d'enfin me libérer. Dommage pour elle et pour moi.

Hein?Non non ! Pas pour moi ! Qu'est-ce que je raconte ? Je ne veux plus rien à voir avec elle ! Je dois me le rentrer dans le crâne plutôt que d'espérer tout ça ! Je finis par sortir à mon tour avant de prendre un bon bol d'air. Voilà ! Je suis finalement un peu soulagé. Je crois pas que mes problèmes aient disparu mais je peux les mettre de côté pour le moment.

Finalement, nous sommes à nouveau sur la route en direction d'une nouvelle ville. On finit par y arriver après environ une demi-heure de marche. On était si près que ça ? Ils ont surement entendu alors les bruits de combats non ?

« Papa ? Papa ! Ils vendent de la saucisse ! »

Oh bon sang. J'oublie à chaque fois que ma fille est comme la mère : une dévoreuse de charcuterie. Je lui dis que je vais voir pour lui en acheter. Il faut que je fasse attention aux finances. Elles ne sont pas forcément très hautes pour le moment. Méfiance donc.

« Vous avez entendu au sujet des villes côtières ? »

« Pas qu'un peu. Comment tu veux qu'on ignore ça ? Complètement disparues ! »

« Il parautrait que c'est l'oeuvre d'une femme-pokémon terriblement puissante, capable de contrôler les océans. Tu imagines ? »

Qu'est-ce que ? Kyourge ? C'est bien elle ? Elle s'est donc mise en action ? Villes côtières, ce n'est pas la porte à côté ! Pas du tout ! Mais bon, j'ai appris le plus important … et inquiétant en même temps. Je n'aime pas ça, je n'aime pas du tout ça.

« Giréléna ? Les filles ? Vous avez entendu, je pense, non ? »

Elles ne me répondent pas verbalement mais le message est bien passé. Gilitée est déjà en train de regard un stand de charcuterie alors que je soupire. Rah ! Je peux pas la perdre des yeux une minute, n'est-ce pas ? Pas bien grave, va.

« Alors ? Gilitée ? Tu as choisi ce que tu veux ? »

« Ben, je veux ça, ça, ça et ça aussi ! Ah ça aussi, papa ! »

Oh punaise. Elle est aussi gourmande que sa mère. Et je crois que j'aurai mieux fait de ne pas venir vers elle car Giréléna nous rejoint et commence aussi à faire ses emplettes. Je sens qu'il ne va plus rien me rester comme argent, je le sens bien.

« Vous avez terminé les filles ? Je ne veux pas dire mais n'en prenez pas trop. »

J'ai un peu la tête ailleurs avec cette histoire concernant Kyourge. Je sens que les ennuis vont nous tomber dessus très rapidement. Et je pense encore à Tyaunev. Par contre, maintenant que j'y réfléchis, Dyrkri n'est pas venue me voir dans mon rêve cette nuit.

« Je n'en avais pas envie. Vu comment elle s'accrochait à toi, je préfère éviter. »

« De qui est-ce que tu parles exactement? De Giréléna ? »

« De qui d'autre malheureusement ? »

Malheureusement, malheureusement. Il ne faut quand même pas exagérer non plus. Ce n'est pas une punition hein ? Il y a des limites. Mais là, j'ai autre chose en tête.