Chapitre 10 : En parfaite santé

« Elle ne plaisantait pas quand elle disait qu'elle te soignerait, Nev. »

« Hum ? De ? Tu parles de Dyrkri ? Oui, tu as vu ? C'est parfait même ! »

Je dis cela en réponse à Giréléna, qui semble plus que suspicieuse par rapport aux méthodes de Dyrkri. Pourtant, les faits sont là, les actes aussi. Dyrkri m'a vraiment soigné. D'ailleurs, je crois que je rougis bêtement puisque Giréléna me regarde bizarrement :

« Je peux savoir c'est quoi cet air hagard ? Et comment est-ce qu'elle t'a soigné ? »

« Oh, pas grand chose, je dirai. Tu sais, je n'étais pas vraiment conscient et je ne voyais rien. »

« Moui, tu me permets de pas trop croire tes paroles hein ? Juste pour nuancer un peu tout ce que tu me racontes quoi. Rien de bien spécial, tu vois ce que je veux dire, hein ? »

Je m'en doute, je m'en doute. Surtout que bon, je sens Dyrkri en moi. Elle est toute aussi gênée que moi. Si on m'avait dit ça d'elle un jour, je n'y aurai pas vraiment cru. Mais bon, comme quoi, tout peut être vraiment surprenant de nos jours. Je ne vais pas être celui qui se plaindra de cette découverte, hahaha !

« Arrête donc de penser à ça, Nev. C'est un peu agaçant. »

« Oh, Dyrkri. Oui, désolé, je vais avoir beaucoup de mal à ne pas y penser hein ? »

« Je me doute. Mais pourquoi est-ce que j'ai fait ça ? »

Je ne peux m'empêcher de rire intérieurement. Je la trouve vraiment candide, je dois l'avouer. AIE ! Une petite blessure mentale. On aurait presque cru qu'elle venait de me mordre intérieurement. C'est louche !

« Arrête donc ça ! Çà devient vraiment énervant ! »

« Bisous, bisous, Dyrkri. » continue-je de dire tout en rigolant intérieurement. Elle va vraiment me faire très mal si je la cherche.

« Si je te vois encore t'amuser à ça, oui, je te ferai souffrir, Nev. »

« Mais est-ce que je te reverrai donc ? »

« Hein que quoi ? Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ? Je peux le savoir ? Je ne vois pas pourquoi tu me reverrais. Qu'est-ce que ça veut dire ? »

« Je ne sais pas. Je ne fais que demander hein ? Je veux dire : je t'ai vue maintenant, tu n'as plus de raison de te cacher. Puis aussi, tu ne veux pas te présenter aux autres ? »

« HORS DE QUESTION ! » hurle t-elle. Je tente de continuer à discuter mais rien à faire, elle a décidé de ne pas me parler tandis que je soupire légèrement. Bon ben, puisqu'il en est ainsi, je n'ai pas trop le choix, on dirait bien .Dommage, je trouvais l'idée intéressante.

« Pourquoi est-ce que tu restes là ? Je peux savoir ? »

« Hein ? Euh ? Pour rien, pour rien ! Je pensais à quelque chose mais dans le fond, ce n'est pas une bonne chose. Gilitée ! »

Je me met à genoux, regardant alors la petite fille-Giratina qui fonce vers moi pour arriver dans mes bras. Voilà ! Bisous, bisous à la petite demoiselle que j'adore ! C'est mieux car j'ai l'impression de perdre un peu la boule dernièrement.

« Nev ? Tu as un souci?Tu sembles plutôt disparate. »

Hein ? C'est quoi ce terme qu'elle utilise ? C'est un drôle de langage qu'elle utilise. J'hausse un sourcil en la fixant, me demandant où elle veut en venir. Elle soupire et pose une main sur mon front. HEY ! Pas besoin de prendre la température, je vais bien.

« Maman ? Est-ce que papa est malade ? »

« Je ne sais pas mais au moins, il n'est plus blessé, c'est le plus important. »

« C'est vrai maman ! Papa ! Tu vas beaucoup mieux hein ? Tu n'es plus blessé ? »

« Bien entendu ! Je suis en pleine forme ! Regarde donc ! Regarde ce que je sais faire, Gilitée ! » dis-je tout en sautillant sur place.

Je commence à faire quelques mouvements avec les jambes, comme pour l'amuser alors qu'elle rigole. Elle tourne autour de moi et me voilà parti dans un mouvement singulier. Je ne sais pas exactement ce que je fais mais elle rigole et je rigole.

« Depuis quand est-ce que j'ai eut une fille avec un homme-Férosinge. »

J'entends Giréléna qui soupire tandis que Niny, Migacirpy et Titonée viennent avec moi. Je me demande quand est-ce que Gilitée aura son propre corps à elle. Enfin, un corps purement humain comme les autres. Cela ne devrait pas prendre tellement de temps non ?

J'avoue que je ne sais rien à ce sujet, rien du tout. Je suis un peu perdu par rapport à ça mais après une dizaine de minutes à faire le zouave, voilà que j'ai besoin de me reposer. Pfiou ! Pfiou ! Giréléna revient auprès de moi avant de dire :

« Qu'est-ce que tu fais ? Je peux savoir ? Car là, tu commences vraiment à être surprenant. Ce n'est pas vraiment un bon signe, je tiens à te le dire. »

« C'est vrai ? Qu'est-ce qu'il y a de si étrange ? » demande-je mais sa queue vient s'enrouler autour de mon corps et me ramène à elle. Si elle commence à faire quelque chose de malsain, je préviens tout de suite que … hein ? Mais ? Elle me renifle ? Je ne suis pas en train de rêver ? Pourquoi est-ce qu'elle me renifle ? C'est vraiment très saugrenu de sa part.

« Tu as une odeur de femme-pokémon, Nev. Une odeur que je ne reconnais pas. Ce n'est pas Gilitée, ni les autres, ni la mienne. Tu as été avec qui, Nev ? Qui est cette femme-pokémon ? L'odeur est récente. Elle doit être proche, non ? Raconte ! »

« Tu t'imagines des choses, Giréléna. Mais oui, c'est presque ça. Disons que j'ai pu … rencontre une femme-pokémon, voilà tout. »

« Qui donc, Nev ? Tu veux bien me le dire ? »

« Si tu cherches à me briser les os, non, je n'ai pas vraiment envie de te répondre. Par contre, on peut discuter calmement, entre gens courtois, tu en penses quoi ? »

« Que j'exagère dans mon comportement. Je n'ai pas à te forcer, oui. »

Hum ? Elle me libère comme si de rien n'était et cherche à défroisser mes habits. Elle ne cherche pas à connaître de qui il s'agit alors ? Vraiment ? On parle bien de moi hein ? Bizarre, bizarre mais non pas forcément déplaisant. Enfin si ! Ca l'est !

« Tu es sûre de ne pas vouloir savoir, Giréléna ? Pourtant, ce n'est pas bien compliqué. Tu n'as pas tellement de choix, non ? Tu es certaine de ne pas vouloir connaître ? »

« Pourquoi je perdrai mon temps à cela, Nev ? Je pense en avoir une idée mais si je te l'a dit, tu vas sûrement m'infirmer le contraire. Ne soyons pas des enfants non ? »

Je n'aime pas quand elle me parle comme ça. On dirait que c'est moi qui passe pour un gamin. Mais bon, puisqu'il en est ainsi, je ne pense pas lui parler alors. Je fais un petit sourire et dépose un baiser sur sa joue. Elle pousse un petit cri de surprise, presque candide et attendrissant alors que je rigole. Je crois que j'ai réussi mon effet !

« Mais qu'est-ce que tu fais ? Je peux savoir ? »

« Oh ? Tu serais donc gênée ? La grand et puissante Giréléna serait gênée ? »

« PAPA ! PAPA ! Je veux aussi, moi ! Pourquoi tu en fais un à maman ! »

Roh, j'en étais sûr ! Sûr et certain ! Je me penche pour déposer un baiser sur la joue de Gilitée. Celle-ci rigole tendrement puis cache son visage derrière ses mains, rouge et amusée. Voilà, elle est adorable comme ça. Mais Giréléna ?

« Et moi ? Et moi, Nev ? » me demande une voix féminine. Bon, zut. Je me doute que je dois le faire aussi pour elle. Je me retourne et me préparer à embrasser sur la joue mais ce sont des lèvres qui sont en face de moi.

« AH ! Titonée ! Sapristi ! Tu exagères ! »

J'ai presque fini de l'embrasser mais je me suis arrêté à temps. Pfiou ! Mais oups ! Elle est vraiment en train de m'embrasser là ? Devant ma fille ? Et Giréléna ? Et les autres ? HEY ! Elle garde ses lèvres pendant quelques secondes avant de les retirer.

« Petit bisou, non ? Ou tu en veux un autre, qu'est-ce que tu en penses, Nev ? »

« Ne fais plus cela devant ma fille sinon, elle va croire que c'est naturel de le faire sur la bouche. S'il te plaît, Titonée, je me doute de ce que tu veux faire mais non, pas là. »

Elle émet juste un petit rire amusé avant que je ne passe une main sur mon front. Et zut. Elle est maligne. Elle a put comprendre que malgré que j'ai voulu jouer au dragueur avec Giréléna, je suis encore très gêné par ces petits attouchements amoureux.

« Ca ne fait rien. Pourquoi je ne viendrai pas prendre ton bras un peu ? »

Je ne vois pas pourquoi je ferai ça mais bon, elle me laisse pas le choix. Elle me prend le bras et vient se coller contre moi, un sourire tendre aux lèvres. Elle me chuchote :

« Sincèrement, Nev, tu n'as pas envie de passer un peu de temps avec moi ? Tu sais, je n'ai jamais encore eut … de rapports. Il y a l'amour et le sexe hein ? »

« Pour des femmes-pokémon, je ne crois pas qu'il y avait une différence. Enfin, surtout qu'elles étiaent au courant du premier, délaissant complètement le second. Est-ce que je me serait trompé en fait après tout ce temps ? »

« Pas le moins du monde, Nev. Pas le moins du monde. Simplement pour d'autres femmes-pokémon, elles espèrent autre chose que la semaine. Soyons sérieux, je ne suis pas prude ou candide, je sais des choses de l'amour et j'en ai déjà données. Mais pourtant, ça ne veut pas dire que j'ai offert ce que j'estime mon bien le plus précieux. Ca, je le garde pour la personne qui restera avec moi jusqu'à la fin de ma vie. »

« Ce sont de belles pensées mais tu sais parfaitement que je ne suis pas celui que tu attends. »

« Mon prince charmant ? Que tu aies d'autres femmes-pokémon n'est pas un problème, tu t'en doutes non ? Soyons un peu sérieux, hein ? »

« Je n'ai jamais envisagé d'avoir un harem. Ca reviendrait à dire que je permettrai à ces femmes-pokémon d'avoir d'autres hommes dans leur vie puisqu'elles acceptent qu'il y ait d'autres femmes dans la mienne. Je ne veux pas. »

« Roh, tu fais la fine bouche, Nev. Ne soit donc pas ainsi. Si ce n'est que ça qui te dérange, tout mon être ne sera qu'à toi et à personne d'autre, tu ne penses pas ? »

« Ce n'est pas de ça dont il est question. Bon, j'abandonne, je ne crois pas que ça serve à quelque chose que je discute encore à ce sujet. »

« Car tu sais parfaitement que je ne pense pas à mal, voilà tout. »

Je ne pense pas que ça soit un bon argument. Ce n'est pas parce qu'une chose n'est pas mauvaise qu'il faut obligatoirement l'accepter. Je pousse un léger soupir désabusé avant de regarder devant moi. Ne plus penser à rien et juste attendre. Au moins, je ne suis plus blessé, ce qui est tant mieux en un sens.

Mais après ? Qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que je dois faire ? J'aimerai bien le savoir en fin de compte. J'ai encore beaucoup d'idées en tête mais ma priorité serait de retrouver Tyaunev. Le souci ? Je ne sais pas du tout comment faire. Elle apparaît et disparaît comme elle le désire, sans même me permettre de l'arrêter. Après, il faut que je règle le problème de Kyourge. Enfin, il faut aussi que je vois comment combattre sans l'épée.

« Chaque chose en son temps, Nev. » me dit Dyrkri à l'intérieur.

« Je sais bien mais le plus vite sera quand même le mieux. Je ne suis pas du tout rassuré. J'aimerai éviter ce que j'ai fait sans même savoir comment j'y suis arrivé. »

« Le mieux est d'éviter de le reproduire, c'est tout. Moi aussi, je ne vois pas comment tu as fait cela, je ne connais pas tous tes pouvoirs. »

« Je m'en doute. J'espère juste que ce n'est rien de dangereux ou saugrenu. »

« Hum ? Nev ? Je te rappelle dans quel état est-ce que tu as fini ? »

AHEM ! Elle marque un point. Je toussote intérieurement avant de fixer le pendentif. En un sens, c'était un cadeau de Giréléna et je l'ai cassé. Ca me désole un peu. Je n'y avais pas pensé avant maintenant mais, dès le départ, Giréléna m'a quand même offert quelque chose de très précieux. Et pas que ça, je pense aussi à sa première fois.

Pourquoi est-ce que je pense à ça maintenant moi ? Je veux dire, qu'est-ce qui me pousse à penser à ça maintenant ? Pourtant, il n'y a rien eut de nouveau non ? Pfff, Giréléna. Est-ce que je pense à ça à cause de Dyrkri ? Je veux dire : cette nuit où je l'ai gardée dans mes bras, je mentirai si je disais que j'ai trouvé ça déplaisant. J'avais l'impression d'avoir une personne qui a toujours été en communion avec moi.

« C'est comme ça que tu imagines ce qui s'est passé hier, Nev ? C'est plutôt poétique de ta part. En même temps, je ne vais pas nier en pensant le contraire. »

Je ne sais pas si je dois la remercier mais je ne lui réponds pas. Elle peut lire dans mes pensées donc elle se doute de ça, j'imagine. Je vais mieux, tout le monde va bien et je me sens plus en confiance. Il n'y a vraiment que pour l'épée que je suis soucieux. Je serre le pendentif dans ma main droite, soupirant longuement.

Je n'aime pas ça. J'aimerai que tout se termine. Je suis pire qu'une femme-pokémon à changer d'avis aussi vite. Je regarde les différentes personnes autour de moi. Est-ce que je serai vraiment capable de les protéger ? Est-ce que je serai capable d'accepter une autre personne encore avec moi ? Et puis, avec ces rêves que j'ai faits grâce à Dyrkri, d'autres questions me taraudent l'esprit.

Comment je connais ces personnes ? Du moins, pourquoi je me sens lié à elles ? Je me dis que Dyrkri est ancrée seulement dans le corps de ces hommes aux cheveux roses et aux yeux bleus. J'ai aussi tout cela en moi. Ce n'est pas une erreur, il y a quelque chose derrière tout ça. Je sais aussi qu'elle ne me répondra pas, je ne me fais pas d'illusions à ce sujet.

« Nev, je ne sais pas. Peut-être qu'un jour, je te le dirai. Est-ce que tu me fais confiance ? »

« Après ce qui s'est passé cette nuit, tu t'en doutes que malgré tout cela... enfin … je … hum … Dyrkri. Je suis sûr d'une chose : jamais tu me feras du mal pour une raison absurde. »

Je la sens qui sourit en moi. Je me doute que mes paroles doivent lui plaire et la rassurer. Tant mieux, oui tant mieux. Ah ! J'ai tellement besoin d'informations.