Chapitre 18 : La divine arrivée

« Vous avez votre dose ou alors, vous voulez continuer toutes les deux ? Je préfère vous prévenir que je ne vous ménagerai pas ! Je vais vous ne faire baver et vous allez vite comprendre que c'était une erreur de me chercher ! »

« Père, vous levez les poings vers moi ? Si tel est le cas, je me dois alors de répliquer à vos attaques. Mais je ne vous tuerai pas. »

Hein ? Quoi ? Ne pas me tuer ? C'est bien elle qui vient de dire ça ? Quelque chose cloche mais je ne vais pas m'y attarder ! Ca ne se passera pas ocmme ça ! Pas cette fois ! JE LE REFUSE ! HORS DE QUESTION ! Elle va le payer ! JE VAIS LA BRISER !

Je ne me préoccupe plus de Kyourge mais à peine ai-je fais un pas que celle-ci tente de m'abattre de sa lourde queue. Je me la prends de plein fouet mais je tiens bon, ayant placé mes bras en croix pour me protéger.

« Du balai ! KYOURGE ! Quelqu'un d'aussi faible que toi ne m'intéresse pas ! Je n'ai pas de temps à perdre avec des êtres aussi faibles ! Tu ne m'intéresse pas ! »

« Moi ? C'est à moi que tu parles, espcèe d'avorton ? »

« Tu crois que je peux parler à qui d'autre ? Tu es trop faible ! Disparais ! »

C'est bien moi qui parle de la sorte ? De façon aussi violente ? Aussi « vulgairement » ? Ce n'est pas mon genre, je ne suis pas comme ça ! Pourquoi est-ce que je parle de la sorte ? Je ne comprends pas ! Mais je sais juste que je veux rechercher Giréléna et les autres.

« Père ? Qu'allez-vous faire ? Vous en prendre à moi ? Cela ne serait que de la pure folie. »

« De la folie ? Tu veux que je te montre ce que c'est d'être fou ? C'est de ne pas posséder d'arme et pourtant de foncer sur l'adversaire, comme si je n'avais plus rien à perdre ! »

« Plus rien à perdre, père ? Vous m'avez toujours. »

« Et tu crois vraiment que je veux de toi ? Après ce que tu as fait ?! »

Je ne la considère pas comme quelque chose que j'ai à perdre ! Elle ne le mérite pas ! Son existence peut être effacée de la surface de ce monde, ça ne m'intéresse pas ! Qu'elle disparaisse et me laisse tranquille ! Je ne veux plus rien savoir d'elle ! Je ne veux plus rien connaître d'elle ! ZOU ! DU BALAI !

Je me téléporte et j'abandonne ces deux femmes. Je n'ai pas à me préoccuper de leurs sorts, elles ne le méritent pas. Ces femmes-pokémon ne sont pas assez importantes pour que je m'y intéresse. Je regarde à gauche et à droite, cherchant les décombres.

« Aie, aie, aie … ça fait quand même mal. »

La voix de Giréléna ! Je vois des décombres qui se soulèvent alors que la femme-Giratina s'en extirpe. Elle tient Gilitée dans ses bras mais je remarque aussi que les autres sont là.

« Vous êtes saines et sauves. Pfiou, j'ai eut tellement peur. »

« Disons que ça aurait put aller mieux, n'est-ce pas ? Gilitée ? Papa est là. »

Aucune réponse de l'intéressée. Je m'approche d'elle et fait un petit sourire. Elle doit avoir eut tellement peur de tout ça. Mais maintenant, c'est terminé. Elle n'a pas à s'en …

« Sang. » dis-je, comme pour confirmer ce que je vois qui s'écoule du dos et du front de la petite fille-Giratina. Sang. C'est du sang. Et elle a les yeux clos. Je regarde Giratina, ouvrant la bouche sans qu'un mot n'en sorte.

« Nev, ce n'est pas ce que tu ... »

Je me suis à nouveau téléporté. Gilitée. Gilitée. Gilitée. Gilitée.

« GILITEEE ! » hurle-je avant que je me retrouve en face de Kyourge. Celle-ci, surprise, ne s'attendait pas à me voir ainsi avant qu'un rictus ne se dessine sur mes lèvres.

« Mais tu vas arrêter de disparaître et apparaître comme ça ? TU ME RENDS DINGUE ! »

« LA FERME ! CLOPORTE ! TU ES RESPONSABLE DE CA ! »

Un coup de pied dans sa face mais je ne m'arrête pas là. Je disparais pour me retrouver dans son dos, lui donnant un coup de coude dans la nuque. JE NE VEUX PLUS RIEN SAVOIR ! Kyourge se retrouve à terre, mon pied sur son crâne avant que je ne dise :

« Tu me saoûles ! TYAUNEV ! MONTRES-TOI ! Je vais te montrer ce qu'est une fessée et une raclée ! C'est tout ce que tu mérites, sale môme ! »

« Père, vous êtes terriblement en colère, cela ne vous ressemble pas. »

« GILITEE ! TOI ! TYAUNEV ! TU VAS VOIR ! »

« Père, cela devient trop dangereux de vous voir vous comporter de la sorte. Je vais y mettre un terme. Vous voulez me tuer, cela se lit dans votre regard. »

« Et tu penses qu'il y a une raison à ça ? »

Je n'ai pas envie de discuter avec elle. Il n'y a plus rien à sauver ! Elle a osé faire ça à Gilitée ! Ce n'est qu'une enfant ! Ce n'était qu'une enfant ! CE N'ETAIT QU'UNE ENFANT ! LA MIENNE ! Voilà toute la différence !

Je remarque que la chevelure violette de Tyaunev s'allonge et semble se mouvoir comme une épaisse queue au dos du crâne mais je ne m'y intéresse pas. Pourquoi je m'y intéresserais à la base ?! Elle a tué Gilitée ! ELLE l'A TUEE !

« Père. Veuillez ne pas me forcer à abuser de ma force. Est-ce ce à quoi je ressemblais quand je me suis emportée ? C'est laid, tellement laid … et je ne veux pas ressembler à cela. Ça ne me convient pas, je ne suis pas ainsi, je ne le serai jamais. Je ne veux pas. »

« Il est trop tard ! Je t'ai donné ta chance ! Je t'ai donnée tout ce que je pouvais ! Tu as refusé ! Il n'y a pas de retour en arrière cette fois ! RIEN DU TOUT ! »

« Y en a un qui commence sérieusement à me taper sur les nerfs. »

Kyourge ? Elle n'a pas encore sa dose ? Je me tourne vers elle mais la femme-Kyogre n'est pas ma première préoccupation. Tyaunev apparaît devant moi, pointant ses mains en ma direction. JE SAIS CE QU'ELLE COMPTE FAIRE !

Je frappe le sol de mes poings, brisant ce dernier mais faisant surtout voler des pans entiers de briques et de pierres entre moi et Tyaunev. J'ai juste le temps de le téléporter pour arriver dans son dos. Je lui attrape les bras, place mon pied dans le dos et la met au sol.

« Je vais te briser les membres comme tu as brisé sa vie ! »

Un seul et unique craquement car j'ai brisé en même temps les deux bras de Tyaunev. Elle est forte, elle est terriblement forte. Je le sais ! Mais si je la prend par surprise, elle ne pourra rien faire. Elle ne sanglote pas, elle ne crie pas, elle tourne juste son visage vers moi

« Père, cela fait horriblement mal mais … je comprend pourquoi vous faites cela. Néanmoins, vous vous trompez lourdement à ce sujet. »

« Je ne veux plus t'entendre ! Tu ne me feras pas passé pour le monstre de service ! »

C'est vrai ! On dirait que je la soumets mais ZUT ! Je me téléporte et je fais de même alors qu'un torrent ravage tout sur son passage. J'ai à peine le temps de me retourner que tout le corps de Kyourge me percute et tente de m'emporter avec lui.

« Je hais ça ! Je hais plus que tout que l'on m'ignoret ! Je suis l'une des entités millénaires de ce monde ! Je suis une femme-pokémon ayant vécu des centaines de générations ! Même s'il s'agit de toi, Nev, je ne te permettrai pas de continuer cet affront ! »

Je suis moi-même enragé, je comprends parfaitement ce qu'elle veut dire. Ce n'est pas pour autant que je dois rester là à ne rien faire ! Je ne lui permettrais pas ça ! Je place mon front contre le sien. Elle a peut-être le visage à la hauteur du mien mais la différence de gabarit est trop grande. Yeux dans les yeux, je lui dis :

« Je t'aurai laissé vivre mais il en est hors de question. Vous avez tué ma fille. Pour ça, je ne me priverai pas de vous tuer. »

« Qu'est-ce que tu racontes, Nev ? Gilitée est un peu blessée mais n'est pas morte ! »

La voix de Giréléna m'extirpe de ce monde dans lequel je m'étais plongé. Je donne un violent coup de tête à Kyourge, prenant quelques mètres dans les airs avant de voir tout le monde en hauteur. Gilitée a un bandage taché de sang autour du front mais me fait un sourire :

« Coucou papa. J'ai eut un peu de bobos mais maman m'a guérit. Puis Titonée aussi ! »

« Je suis … vraiment très fatigué, je crois. Plus que fatigué. »

« Papa ? Qu'est-ce qu'il y a ? » me demande Gilitée alors que je regarde plus bas. Kyourge a le front en sang et est sonnée par mon coup. Tyaunev s'est redressée. Ses deux bras pendent lamentablement alors qu'elle me fixe.

Ses yeux semblent dénués de toute émotion. Oh. Non, ce n'est pas du tout ça. C'est tout le contraire. Elle est profondément triste et affligée par ce qui vient de se passer. Est-ce qu'elle a compris qu'il n'y aura jamais rien de possible entre elle et moi ? Après tout ce qu'elle a fait ? Je ne serai pas de son côté, il en est hors de question.

« Père ? Est-ce que vous me haïssez à ce point ? »

Hein ? Message mental ? C'est totalement différent de sa méthode habituelle. Je cligne des yeux. J'ai l'impression qu'elle veut que ça soit personnel, juste elle et moi. Comme c'est par la pensée, les autres ne peuvent pas entendre ça.

« Tu as un corps qui se modifie sans que cela soit exactement comme Ganasia. A côté, tu veux tuer Gilitée, Giréléna et toutes les autres femmes-pokémon. Enfin, tu veux aussi me tuer si je me rappelle bien. Comment est-ce que je dois le prendre ? »

« Père ? Si vous me punissez, je vous promets de vous écouter pour toujours. »

« Il est un peu tard maintenant, Tyaunev. Tu as eut ta chance. »

« Auparavant, je ne comprenais pas, père. Je ne savais pas pourquoi vous pensiez ainsi, quelle est la raison d'un tel comportement, une telle colère mis … je peux lire dans votre cœur maintenant et cela m'ait bien plus facile. »

« Je te conseille d'arrêter ça car je déteste plus que tout, Tyaunev. »

« Je ne peux pas. Je dois le faire … pour me permettre de vous comprendre, père. »

« Il n'y a plus rien à comprendre ! Plus rien du tout ! »

Comment est-ce que je peux lui faire comprendre ça ? Je ne sais pas du tout. Par contre, ce que je sais, c'est qu'une énergie terrifiante se rapproche à toute allure de l'endroit où nous nous trouvons tous. J'ai l'impression que le ciel est en train de se déchirer lorsque je le regarde. Une forme féminine en descend, un anneau doré se trouvant dans son dos. Je reconnais cette femme-pokémon, comment je pourrais l'oublier ?

« Déesse Harsia. » souffle-je. Pourquoi ? Comment ?

Ce n'est pas bon signe. Elle est là. Elle flotte dans les cieux, faisant une longue et lente descente en notre direction. Je n'aime pas ça, ça ne me plaît pas du tout. Qu'est-ce qu'elle vient faire ici ? C'est quoi son idée en arrivant là ? Mais surtout, pourquoi ?

« Oh. Mon héros qui m'appelle encore par mon titre. Cela fait plaisir de voir que certains préceptes restent ancrés chez les héros … même quand ils trahissent leur déesse. »

« Déesse Harsia, vous savez pertinemment que vous êtes en tort. »

« Hum ? Je ne suis pas venue pour toi. »

Hein ? Quoi ? Comment ça ? Elle n'est pas venue pour moi? Pour qui alors ? Je tente de suivre son regard, voyant où il se dirige. Kyourge ? Celle-ci a du mal à rester debout après les coups que nous nous sommes donnés. C'est vrai que je ne suis pas en excellente forme mais elle non plus. Et que dire de Tyaunev.

« Kyourge ? Toi qui était si vaniteuse, te voilà donc à terre. »

« Il est fort … terriblement fort … déesse Harsia. »

« Insinuerais-tu alors que tu es bien plus faible que lui ? Malgré toute la vantardise dont tu as fait preuve devant Graudan auparavant ? »

« Je ne suis pas plus faible que lui ! Je peux le battre ! J'en suis certaine ! Mais cette Tyaunev s'est mêlé de quelque chose qui ne la regardait pas ! »

« Tyaunev. Oui. » déclare la déesse Harsia, tournant alors son visage vers celle qui est:ma fille. C'est la première fois que je peux les voir ensemble. En fait, c'est même la première fois que je vois la déesse Harsia depuis bien longtemps. « Peux-tu expliquer ce que tu as fait ? Et comment cela se fait-il que tu aies tes bras brisés ? »

« Il s'agit de mon père. Il m'a fait cela … mais il m'a permis de comprendre enfin ce que je désirais depuis tout ce temps. Père m'a fait mal et ... »

« Cela ne m'intéresse pas. Par contre, il semblerait que les rumeurs soient alors vraies. Dyrkri n'est plus parmi vous, n'est-ce pas ? Ca facilite grandement le travail. Cela prouve une fois de plus que tu es plus faible que Graudan, Kyourge. Graudan a dût l'affronter alors que Dyrkri était encore en lui. Comprends-tu ce que cela veut dire ? »

« C'est faux ! Nev est encore plus fort qu'auparavant ! Vous auriez dût le voir lorsqu'il a appris que sa fille était morte ! Il était comme enragé ! Je n'avais jamais vu ça ! »

« Est-ce là encore des excuses pour expliquer ton manque de puissance ? »

Elle n'ose plus ouvrir la bouche. Le regard inquisiteur de la déesse Harsia est en train de l'observer, de l'étudier, comme pour lui dire de se taire. Si elle décide de continuer sur cette voie, il vaut mieux pour elle alors qu'elle s'attende à des représailles.

Et moi ? Qu'est-ce que je dois faire exactement ? Je ne sais pas, je ne peux que regarder et constater ce qui se passe devant mes yeux. Il faut que je réfléchisse. Si la déesse Harsia décide de tuer Kyourge, j'interviendrai. Je sais que c'est stupide mais je ne permets pas à quelqu'un d'extérieur de se mêler de ce combat.

Mais en même temps, il n'ya pas que ça qui me préoccupe. Pas du tout. Je n'aime pas réfléchir à ce qui m'entoure mais … il y a aussi Tyaunev, Gilitée, Giréléna et les autres. Comment est-ce que je peux chercher à les défendre toutes ? Tyaunev ? La défendre aussi ? C'est stupide, non ? Je veux sa mort ! Je la veux ! Ou je ne la veux plus ? Qu'est-ce que je pense ? L'arrivée de la déesse Harsia ne m'aide vraiment pas sur ce coup !