Bonjour à tous ! Voici aujourd'hui le premier vrai chapitre de cette fic. Je suis en train de réfléchir à comment je vais faire pour intégrer une enquête plausible pour les prochains chapitres... Sur ce, j'espère que vous prendrez plaisir à lire ce chapitre, qui marque le début de l'histoire de nos héros ! Un petit rappel, les personnages ne m'appartiennent pas et vous êtes autorisés à vénérer Yana Toboso-sama pour cela. Voilà, bonne lecture à tous et on se retrouve en bas pour quelques précisions !


-Bô-chan, loin de moi l'idée de vous faire une remarque déplaisante, mais votre absence de travail depuis ce matin risque de poser rapidement problème à votre entreprise si vous ne vous y atteler pas sérieusement.

Levant les yeux d'une façon plus que morne, Ciel ne donna pour réponse à son majordome qu'un claquement de langue. Actuellement, les nombreux papiers jonchés plus ou moins en ordre sur son bureau (la plupart étant factures ou demandes de rendez-vous) , étaient loin d'être sa préoccupation première. Deux ans s'étaient écoulées depuis le début de leur contrat et il continuait, de façon ponctuelle, à se souvenir de ce jour, ce jour où il s'était lancé ce défi pour le moins impossible. Durant ces deux ans, il avait finalement appris peu de choses sur son sujet d'observation, et maintenant venait pour la première fois la question réelle du « Pourquoi ? ». Pourquoi, alors que la marque récente de leur contrat lui brûlait encore l'œil droit, s'était-il juré à ce moment-là de découvrir ce qui se cachait sous ce diable?

Bien malgré lui, le jeune Comte lâcha un soupir devant l'objet de ses interrogations, lui faisant arquer un sourcil fin.

-Laisse moi un moment, je rattraperais ça plus tard. Et c'est un ordre.

Ciel s'était bien vite rattrapé en voyant les lèvres de Sebastian commencer à se mouver de désapprobation. Ainsi il garda un visage clos à toute discussion, se dédouanant de justification envers son majordome. Il n'avait pas à se justifier. Qu'il lui fasse payer sa paresse plus tard, il s'en contrefichait. Il put apercevoir un sourire en coin bien poussé fleurir sur la bouche du démon, avant que celui-ci ne lui montre son dos et qu'il entende un « bien » presque murmuré. Le cliquetis de la porte qui suivit lui fit relâcher la pression qu'il avait eu sur l'accoudoir de son fauteuil. Voilà qui était fait.

Alors donc, pourquoi une telle idée ?

Il s'était donné au fils du temps plusieurs explications, plus ou moins véridiques, certaines n'étant là que pour se justifier. La première était qu'à l'époque, la stupéfaction l'avait emporté sur tous autres sentiments. En effet, il n'était pas courant de pouvoir croiser de tels créatures tous les jours en sortant de la boulangerie ou de la bibliothèque. Au moment-même où il avait renié sa foi, cette stupide foi qui lui avait fait perdre tant d'années et tant de temps à se rebeller contre ses bourreaux, ce monstre noir était apparu devant lui, assombrissant la scène macabre de plumes noires d'encres et de deux yeux rosées posés fixement sur sa personne. Ce démon, fraîchement sortie de l'Enfer en personne lui avait démontré le contraire, que les créatures aux pouvoirs surnaturelles et dépassant l'entendement existaient belle et bien. Que cela soit en « bien » ou en « mal ». Il avait été à la fois impressionné et terriblement effrayé. Rien à ce moment là n'aurait pu lui dire qu'il allait finir par être « sauver », et non pas finir en goûter pour démon. Mais il n'avait pas pu empêcher son ouïe de suivre cette voix légèrement rayée, grave et trop profonde lui proposer de passer un marché avec lui. Et il avait accepté.

Le début même de leur relation avait été rempli de surprises. Regardant les flammes rougeoyantes noircir les façades du bâtiment devant eux, Ciel avait d'une main attrapé le frac de ce démon, frac qui ressemblait harmonieusement à sa véritable forme. Il avait entreprit de faire le premier pas, en lui demandant tout naturellement son nom. Il avait été surpris d'entendre cette voix traînante et dédaigneuse lui répondre qu'il n'en avait pas. Les démons n'avaient-il pas de nom glorifiant leurs monstruosité ? Des noms reflétant les désastres qu'ils avaient causés, les craintes qu'ils avaient inspirés ? La question l'avait presque prit de court : à ce moment-là, il aurait presque pu laisser le loisir au diable de choisir son nom, tellement l'hésitation le tiraillait. Mammon, Euronyme, Pluton...que des noms de démons célèbres dont il avait la terrible envie d'affûter ce démon, le sien*. Ces noms là lui paraissaient décrire à la perfection la puissance qui émanait encore de l'apparence humaine postée en face de lui, silencieuse. Et puis il s'était rétracté. Il ne pouvait pas se le permettre. Il n'avait pas conclu un contrat, s'être promis une vengeance pour tomber dans le piège du démon charmeur qui vous fascine et finalement obtient votre âme de façon plus rapide que prévu. C'était lui qui allait prendre les décisions. « Sebastian », lui avait-il dit. Parfait pour l'humaniser. Quelle ironie...Le pire étant lorsque la bête lui avait demandé pourquoi et qu'il avait répondu « le nom de mon chien ». Le sourire maquillé de Sebastian ne lui avait jamais paru aussi forcé qu'à cet instant. Et ça avait continué de cette façon durant plusieurs mois, Ciel tentant de cacher son intérêt pour le majordome, lui étant bien trop occupé à le sortir de ses gonds pour s'en apercevoir. De la stupéfaction, jusqu'à maintenant.

La deuxième explication, celle qui correspondait parfaitement à sa situation actuelle, était la curiosité. Pas la même curiosité que les premiers mois, non. Une curiosité malsaine, n'ayant pour but que de punir le démon, de lui faire payer sa constante arrogance, de le piéger à son propre jeu. Il voulait en savoir plus pour pouvoir lui faire ravaler ses paroles virulentes, son sourire si factice et ses yeux rubis un peu trop posé avec dédain sur ce qui l'entoure. Ce qui l'énervait le plus vis-à-vis de cette curiosité, c'est qu'elle était là, uniquement là parce qu'il était incapable de ne pas tiquer aux remarques et à l'attitude de Sebastian. Ce genre de choses étaient si courantes qu'on en pouvait presque dessiner un schéma: Sebastian le provoquait, il voyait venir son petit jeu mais y répondait quand même, et Sebastian recommençait sans cesse parce que lui-même continuait encore et toujours à lui répondre. Il n'avait pas besoin de dire un mot, le diable pouvait ressentir son agacement et il le savait. C'était une couche verni de non-dit, un cercle vicieux qui, pour lui, durait depuis bien trop longtemps. Une curiosité presque haineuse donc.

Mais alors pourquoi ? Pourquoi s'intéresser tant à ce démon ? Ce démon qui passait son temps à lui rappeler le dénouement de leur contrat d'une manière des plus flagrantes. A chaque fois qu'il y pensait (en en ce moment-même à vrai dire), il ressentait...comme une sorte de goût amer, de ne voir Sebastian que sous ce jour-là. Il ne trouvait pas la réponse au pourquoi, mais une chose était irréfutable : sa soif de connaissances envers le diable restait intacte, bien caché derrière toute cette colère accumulée. Aucune de ses propres réponses ne le satisfaisait, et maintenant venait l'issue décisive de ce défi : accepter de se mettre en danger. Accepter de questionner Sebastian directement, accepter de ne plus être discret, quitte à recevoir encore un mépris de la part du démon, quitte à ne plus avoir de doutes. Il n'avait pas grand chose à perdre face au diable, sa fierté n'étant que broutilles pour lui. Là résonnait dans sa tête la question actuelle : devait-il réellement se jeter dans la gueule du loup ? Peut-être était-il nécessaire de faire preuve de prudence, histoire tout de même que le démon ne profite pas encore plus de ses faiblesses, qu'il voulait les plus transparentes possible. Il devait tenter le tout pour le tout. La satisfaction que pouvait lui apporter les réponses de son majordome démoniaque l'emportait sur sa conscience personnelle, qui lui chuchotait de ne pas s'engager réellement dans ce combat. Oui ce combat, parce que Ciel se doutait bien que tirer les vers du nez au démon n'allait pas être une tâche facile. Il n'en pouvait plus. Il fallait qu'il sache, tout de suite, immédiatement.

-Sebastian.

La porte s'ouvrit en moins d'une seconde, et Ciel retint un soupir d'exaspération : était-il très rapide ou ne se gênait-il pas pour rester « écouter » aux portes ? Cependant, s''il commençait déjà à s'énerver, la suite n'allait pas tourner en sa faveur. Il s'éclaircit donc la gorge et voulut son ton le plus déterminé possible.

-J'aimerais que tu me retrouves dans la bibliothèque ce soir, j'ai quelque chose à te demander.

Le majordome ne sembla absolument pas réagir à sa demande mais Ciel sentit son sourire diminuer très légèrement et ses yeux briller de curiosité. Posant sa main gantée devant sa bouche, signe théâtrale de sa réflexion, il lui répondit avec une once d'on ne sait quoi.

-Permettez moi Bô-chan mais...pourquoi ne pas me demander cette chose maintenant ?

-Parce que, comme tu l'as si bien dis, je ne dois pas vaquer à quelconque futilités si je veux sauver mon entreprise de la faillite ! Mes papiers ne m'attendront pas éternellement, n'est-ce pas ?

Le menton appuyé sur ses deux mains, le jeune Comte regardait son vis-à-vis avec triomphe. Le démon ne pouvait absolument pas répliqué face à ce genre d'arguments, et s'il insistait cela aurait d'autant fait transparaître sa curiosité. Et Sebastian laissait rarement son ressenti à la portée de tous. Le majordome voyant bien qu'il était peine perdu de continuer dans ce sens, ferma les yeux et répondit un « Yes my Lord » des plus doucereux. Nul doute que cela semblait faire rire d'avance Sebastian, qui se demandait bien ce que son Bô-chan avait de si particulier à lui dire. Choisir de lui parler avant le couché devait être des plus stratégiques, autrement pas un seul instant le jeune Comte n'aurait attendu pour l'informer. De plus, la bibliothèque était un endroit où le Comte passait rarement son temps. Quel gâchis...Tant d'œuvres, (humaines certes, mais loin d'être inintéressantes) croulaient de jour en jour sous la poussière. S'il n'était pas un amateur littéraire, cela ferait bien longtemps que l'humain qu'il servait aurait oublié ce lieu. Bref.

Sebastian le laissant seul avec ses jonchements de papiers, Ciel ne dérogea pas à sa parole et repris son interminable travail, certes avec lenteur et flegme, mais efficacité.


Lorsque sa tête émergea des feuilles blanches triées avec soin, sa nuque le tiraillait et ses yeux papillonnaient lourdement. Il refusait de se frotter ouvertement les yeux mais il était fatigué. Cela n'avait rien de si étonnant, les rayons du soleil devenus orangés depuis un moment et la pièce était bien plus sombre qu'il y a deux ou trois heures. Il devait être tard, et il s'étonnait de ne pas voir Sebastian arriver pour lui annoncer qu'il était grand temps de dîner. Le temps de s'étirer et de détendre ses poignets et le majordome était déjà devant lui. Dès son arrivée, Sebastian posa tour à tour son regard sur le Comte aux yeux tirés et sur les papiers parfaitement empilés à côté de lui, et il ne put retenir un sourire satisfait.

-Vous avez fait du très bon travail monsieur.

Ciel savait parfaitement que les compliments du démon étaient rares et que par conséquent il devait presque être obligé de s'en réjouir , mais il n'en tint pas compte et ne fit qu'approuver de la tête. Il n'avait plus l'énergie nécessaire pour entamer de suite une conversation avec son homonyme, alors il préférait garder ses forces et ses questions pour la petite « confrontation » qui allait avoir lieu ce soir. Heureusement pour lui, le majordome ne fit aucune remarque quant à son manque de répartie. Peu importe. Actuellement, il se devait plus de penser à la manière dont il allait amener son sujet sur un plateau sans trop de casses. Durant tout le dîner, il resta donc silencieux, bien trop perdu dans ses réflexions pour voir le majordome vibrer** de curiosité.

Ce n'est qu'après avoir laver le Comte, passer sa chemise de nuit, préparer deux chocolats chauds et une couverture que le démon et le maître se posèrent de concert dans la bibliothèque. Une feu tout ce qu'il y a de plus doux crépitait sagement au sein de la cheminée. En effet, la pièce ne jouissait pas d'une isolation des plus performantes et la cheminée compensait tant bien que mal cette perte de chaleur. Avec une atmosphère particulièrement étrange, ils s'assirent tout deux sur les sièges disposés devant la dite cheminée, l'un en face de l'autre. Et puis rien. Le silence. Il était évidemment que Ciel se devait de commencer la conversation qu'il avait lui-même demandé d'avoir, mais il hésitait encore. Est-ce que la suite n'engendrerait pas un risque de changer encore l'avis que Sebastian avait de lui ? En fait, la question était bien inutile. Reculez maintenant ferait même peut-être pire que continuez dans sa lancée. Alors, prenant lentement sa respiration et réinstallant nonchalamment sa couverture, il cessa d'hésiter.

-Parle moi de toi.


*L'un de mes headcanons ! Je pense que c'est assez probable...

**Je trouve que c'est le mot parfait pour désigner l'impatience. XD

Le premier chapitre terminé ! Oh oui un gros cliffhanger qui ne laisse absolument pas de suspense...quoique. Quelles réactions Sebastian va-t-il avoir ? Quelles sont les questions que Ciel va lui poser ? Vous le saurez dans le prochain épiso-

Plus sérieusement, je vous invite humblement à me laisser un commentaire si ce chapitre vous a plu (ou non), votre avis en général, vos idées pour la suite... Je vais sûrement poster le prochain chapitre pour les vacances mais il sera probablement (et même sûrement!) plus long. Sur ce, je vous dis merci et à bientôt !