Bonjour (ou bonsoir) à tous! Pardonnez-moi pour ce retard dans la publication ! Entre les vacances, une opération et des contrôles plein les bras, il m'a été un peu difficile de continuer...mais le voici, ce chapitre 2! :D J'aimerais au passage remercier les personnes qui ont mis cette fic en favoris ou qui l'ont mis en follow. N'oubliez pas de reviewer pour donner votre avis, ça fait toujours chaud au coeur :33 Sur ce on se retrouve en bas!

Bonne lecture!


-Je vous demande pardon?

Ciel le savait. Il n'aurait jamais dû ouvrir la bouche et laisser s'échapper ces fichus mots. Il sentait avec rage son courage et sa froideur quotidienne s'enfuirent petit à petit. Cette fois-ci, contrairement à tous ses précédents adversaires, il osait lever la tête face à un démon, face à une créature qui était bien différentes des autres et dont il était incapable de prévoir les réactions. Il avait des suppositions mais pas de réponses, et c'est la raison pour laquelle ils avaient cette conversation. Le froid ambiant le fit frissonner et resserrer ses mains pâles sur la tasse fumante. Il ne devait pas se laisser gagner par le stress, il devait rester stoïque, tenter de garder son sang-froid. Savoir que le démon pouvait sentir sa nervosité à mille lieux ne l'aidait pas, mais il ne devait pas flancher. Quand bien même il voulait reculer, les dés étaient jetés.

-Tes oreilles ne te font pas défaut. Si je devais être franc, je dirais que cela fait un moment que je me pose des questions sur les démons. Je parle du mystère qui les entoure, leur apparition, leur pouvoir... Cette «curiosité» est évidemment difficile à contenir lorsqu'une telle créature est à votre disposition sous votre toit...

Un petit rire nerveux lui échappa et il espérait presque que son homonyme en fasse de même. Malheureusement pour lui, il n'entendait même pas le son d'une respiration, rien qui pouvait lui indiquer qu'il était sur la bonne voie et qu'il ne risquait pas l'échec monumental. Dans son trouble, il releva la tête qu'il avait inconsciemment baissé, et le tableau qui s'offrit à lui n'aurait jamais pu être plus perturbant. Sebastian était littéralement figé. Aucun trait de son visage ne bougeait, ses lèvres restaient éternellement entrouvertes et ses yeux posés sur sa personne le fixaient d'une manière telle qu'on aurait pu croire qu'il voulait se visser à lui. Cependant la position de son corps était détendu, ses mains reposant avec flegme sur ses genoux, ses épaules et son dos relâchés pour arriver à sa hauteur. Il avait même la tête légèrement penché sur le côté. C'était tout bonnement hallucinant. Jamais il n'avait vu une telle expression sur le visage du démon et il sentait qu'il n'était pas au bout de ses surprises. Par ailleurs, il sursauta quand le majordome remua lentement les lèvres. Il arrivait à peine à distinguer ce qu'il prononçait tant il murmurait ses paroles.

-Vous vous posez des questions sur moi...

Ciel permit à ses mains de se décrisper de soulagement : il n'y avait pas eu de violentes réactions à son égard, que cela soit un rire on ne peut plus cynique ou un grondement chargé de mépris. Tout du moins pour l'instant. Il s'empressa de lui répondre et de le corriger quelque peu :

-En quelque sorte... J'ai commencé à me poser des questions principalement à cause de toi.

Il sentait que sa réponse sonnait un petit peu étrange, mais c'était le plus juste qu'il puisse faire. Même s'il doutait de l'efficacité de sa justesse contre un démon. Il vit Sebastian cligné plusieurs fois des yeux, avant de sourire de façon très inhabituelle, très légèrement, presque...intéressé.

-Bô-chan, vous avez réussi à me surprendre. Je ne m'attendais pas du tout à cela.

Il termina sa phrase d'un petit rire. Pas l'un de ces rires habituels, plombés de moqueries et de sarcasmes, qu'il donnait à qui voulait l'entendre. Ce rire là était léger, fluet, empli d'une sorte de satisfaction. Un rire que Ciel voulait presque qualifier de...reposant. Le Comte était littéralement confus de tous ces retournements de situations. Ce n'était absolument pas le genre de réactions à laquelle il s'attendait. Les expressions de Sebastian, ses paroles...Tout lui criait qu'il répondait positivement à sa demande. Il se détendit complètement en voyant que la discussion n'allait pas tourner au vinaigre, et l'atmosphère suivit son exemple. Il lui semblât même que le feu brûlait plus vivement. Sebastian, toujours le sourire au lèvres, reprit en soupirant.

-Je suppose que pour un humain tel que vous, je peux bien vous accorder cette faveur.

Un humain tel que lui ? Qu'est-ce qu'il sous-entendait par là ? Avait-il quelque chose de spécial ? Un tel emploi le rendait confus, et il était conscient que Sebastian choisissait ses mots avec attention, puisque tout son art sournois se résumait dans la parole. Encore un mystère qui faisait disparaître le démon dans un brouillard complet.

-Cependant, j'aimerais vous faire une proposition.

S'en était presque trop beau. Comment pensait-il pouvoir s'en tirer avec ça sans rien en retour. Il soupira bruyamment. Son majordome était tout à fait capable de lui faire faire une chose totalement grotesque en public pour son amusement personnel. Si Dieu comptait encore pour lui, il aurait prier pour que ça ne soit pas la chose la plus humiliante qu'il puisse connaître...

-Si j'accepte de répondre à vos questions, vous acceptez de répondre aux miennes.

Avait-il bien entendu ? Sebastian lui proposait un donnant-donnant ? Il devait forcément y avoir un piège caché derrière cette « suggestion ». Sa ruse n'était même pas dissimulé. La logique même lui glissait entre les doigts, ce qui ne pouvait amener qu'à une grotesque farce.

-Je ne vois pas l'intérêt que tu pourrais avoir à me poser des questions. Tu connais déjà tout de moi. Mon enfance, ma famille, mon caractère...A quoi cela te servirait ? Tu veux m'entendre prononcer la honte c'est ça ?

-Allons Bô-chan, ne vous énervez pas. Il est vrai je peux lire en vous comme dans un livre ouvert, mais il arrive des fois où je suis confronté à des mots effacés, à des pages déchirés...

-Que veux-tu dire ?

-Je vous l'ai dit, monsieur : vous arrivez à me surprendre, et ce malgré ma nature. Certains aspects de votre personne me sont encore inconnus, j'en suis persuadé. Je peux voir dans vos yeux votre méfiance dans ce marché, vous pensez que c'est un moyen de me moquer de vous. Vous n'avez peut-être pas tout à fait tord. Mais vous pouvez être sûr d'une chose : j'ai bel et bien vu la franchise et le sérieux dont vous avez fait preuve précédemment, et il semblerait que cela soit contagieux. Si vous acceptez, je m'appliquerais donc à être le plus sincère possible.

Aucun mot n'était assez fort pour pouvoir décrire l'ébahissement que Ciel ressentait. Il analysait les paroles de Sebastian comme étant de la curiosité à l'état pure. Rien ne pouvait lui assurer que le diable était sincère, et encore moins ses mots, mais malgré tout, les faits étaient là : soit il se rétractait et il resterait constamment rongé par ses questions, soit il jouait avec le feu et il avait une chance de découvrir des choses que personne n'avait pu apprendre à ce jour. Le choix était tout trouvé. Il ne devait jamais hésiter, peu importe le choix qu'il devait faire.

-C'est d'accord.

Sebastian lui répondit avec un sourire plus grand encore mais se stoppa net lorsqu'il vit le Comte réajuster la couverture sur ses épaules et retenir un bâillement. Il sortit prestement sa montre à gousset et fronça les sourcils.

-Bô-chan, il est bien trop tard pour pouvoir continuer cette conversation. Si vous le voulez bien, nous reprendrons notre discussion demain.

Ciel hocha la tête en guise de réponse. Maintenant que toute sa tension s'était évaporé, il ressentait la fatigue de façon bien plus forte et ses yeux se fermaient dangereusement. Face à cela, le diable rattrapa rapidement la tasse vide qui glissait des mains du petit Comte et le prit dans ses bras. Ciel ne pensa pas un instant à protester tant le sommeil le gagnait. S'accrochant négligemment au cou de Sebastian, il s'endormit durant le trajet vers sa chambre. Le majordome ne fit aucun commentaire mais ne put s'empêcher de lever un sourcil sarcastique lorsqu'il sentit son maître resté accrocher à son cou alors qu'il voulait le mettre au lit. Il y parvint après quelques délicates tentatives et sortit de la chambre sans un bruit. Restant adossé à la porte, ses yeux rieurs se mirent à luire. Décidément, ce petit humain était particulièrement intéressant. Jamais il n'aurait cru pouvoir expérimenter tant de surprises en un soir. Et encore, ce n'était que le début...


-Bô-chan, vous avez beaucoup de travail aujourd'hui. Plus vite vous vous lèverez, plus vite vous aurez terminé.

L'argument implacable du majordome fit sortir la tête du jeune Comte de ses couvertures. Il ne savait pas quel était son emploi du temps de la journée mais il en était fatigué d'avance. Il n'avait dormi que 6h et cela se faisait sentir dans tous ses gestes. Ce serait mentir que de dire qu'il ne se réveillait pas avant que Sebastian n'arrive pour le lever, mais cette fois-ci, il dormait encore profondément quand les rideaux furent tirés et les rayons agressifs du soleil l'avait mit de mauvaise humeur. Et cette histoire qu'il allait devoir régler avec son majordome... Il devint tout à coup plus songeur. La soirée s'était bien passé finalement. Il s'était attendu à bien pire. Mais il se devait de rester sur ses gardes, après tout il avait accepté un donnant-donnant à presque minuit et il n'était pas sûr qu'il avait été bien lucide à ce moment-là. Peut-être même avait-il eut quelque chose de louche dans le chocolat chaud...Après tout, il fallait être un peu fou pour pouvoir accepter presque automatiquement un marché avec un diable sans en prévoir les conséquences. Tant pis, il verrait bien le moment venu. Il était un Phantomhive, le risque ne devait pas lui faire peur !

-Bô-chan ? Tout va bien ? Vous avez l'air perdu dans vos pensées.

Clignant plusieurs fois des yeux, Ciel reprit ses esprits. Ce n'était certainement pas le moment de s'égarer. Il s'aperçut que le majordome lui tendait une lettre , sûrement depuis un petit moment.

-Nous avons reçu cette lettre tôt ce matin. Elle est marquée du sceau de la Reine.

Prenant la lettre des mains de Sebastian, Ciel ouvrit la lettre et commença lentement à la lire :

Mon Cher Comte Phantomhive

Cela fait bien longtemps que je n'avais pris la peine de vous contacter.

En effet, mon cœur s'inquiète en ce moment même d'une mystérieuse affaire.

Selon Scotland Yard, de nombreuses inscriptions seraient apparus ça et là au sein des rues de Londres.

L'incident me semblait bénin, mais le Yard me fit parvenir un communiqué dans lequel il s'alarmait du nombre grandissant de ses graffitis.

Malgré la situation que l'on pourrait qualifier de grotesque, j'ai un mauvais pressentiment concernant ses inscriptions.

Scotland Yard semble démuni, je mets donc tous mes espoirs en votre personne.

La Reine Victoria

De simples lettres marquées aux murs? La Reine s'inquiétait pour cela? Ciel soupira. Il n'avait pas le choix : peu importait la situation, les ordres de la Reine étaient absolus et il ne devait en aucun cas les contredire. Cela s'annonçait houleux, la lettre ne leur donnant aucune pistes, ne contenant aucun des communiqués du Yard et encore moins de photos ou de copies de ces inscriptions. Il sentait qu'il allait perdre un certain temps sur cette « enquête » mais que cela allait au moins avoir le mérite de l'occuper.

-Que comptez-vous faire ?

-Savoir ce qui se cache sous ces expressions murales. Rien ne nous indique qu'il ne s'agit pas de petits plaisantins que le Yard incompétent n'arrive pas à dénicher, mais si la Reine le souhaite, alors je dois agir.

-C'est digne de vous, Bô-chan.

-Cesse donc ces babillages à tout va et prépare moi un bain.

-C'est déjà fait, Bô-chan.

Ciel prit un air renfrogné. Parfois, la rigueur de Sebastian en devenait presque lassante...

-Quel est le programme de la journée ?

-Vous avez reçu un grand nombre de courriers, monsieur. Beaucoup provenant de vos partenaires en Inde et-

-De la paperasse, en résumé.

-Bô-chan, surveillez votre langage.

-Je le surveille déjà bien assez. Un programme particulier cet après-midi ?

-Non monsieur.

-Bien. Nous irons donc à Londres nous renseigner à propos de cette « menace ».

Fraîchement lavé, habillé, peigné, le Comte sortit de sa chambre, résolut à combattre les papiers qui l'attendaient. La matinée allait être longue...


Bon sang s'il avait su. Presque affalé sur son bureau ébène, complètement insensible à l'œil inquisiteur de Sebastian et à ses remarques sur sa position, le Comte ruminait l'interminable travail dont il avait hérité et qu'il venait à peine de finir. Il ne s'était vraiment pas trompé : cela avait été d'une longueur et d'une ardeur indescriptible, d'une façon bien inhabituelle. Une colossal montagne de chiffres flashait encore devant ses yeux, et il trouvait presque miraculeux que la migraine ne lui soit pas venu avant.

-Sebastian, rappelle moi pourquoi j'ai dû remplir et vérifier consciencieusement tous ces papiers en aussi peu de temps.

-Bô-chan, je suis réellement impressionné par votre aptitude au travail ces derniers jours. Vous semblez y mettre tant de cœur...

-Oh par pitié ce n'est pas le moment.

Bon joueur, Sebastian choisit de ne pas insister avec une ou deux remarques sarcastiques et répondit seulement par un sourire un tout petit peu trop en coin.

-Voyez le bon côté des choses monsieur : vous avez fini vos tâches administratives pour la semaine et votre dur labeur mepermit de préparer le déjeuner. Vous pouvez donc de ce pas reprendre vos forces.

Le mot déjeuner ne mit pas longtemps à faire son effet aux oreilles de Ciel, et il se maudit de s'être lever de son fauteuil un peu trop vite. Le dit déjeuner, qui fut particulièrement copieux, se fit dans un silence confortable, seulement ponctué par les quasi-inaudibles soupirs de contentement du Comte face au dessert proposé. Ils partirent tôt dans l'après midi, et leur conversation ne se reposa que sur ces mystérieuses inscriptions qui était l'unique raison de leur venue à Londres. Arrivés à destination, ils n'eurent pas à chercher bien longtemps l'emplacement de ces graffitis : de petits groupes de personnes s'agglutinaient un peu partout devant des pans de murs, sans distinction de classes, voulant chuchoter leurs curiosités et leurs opinions mais créant au final un brouhaha sans nom. Exaspérés par cet attroupement, le Comte et son majordome se firent un chemin parmi le groupe le plus proéminent et proche d'eux, et posèrent enfin leurs yeux devant l'objet de leurs déplacements.

La première chose qui frappa Ciel était les couleurs ayant été choisies. Une combinaison explosive de bleu électrique et de vert pomme. Cela étourdissait particulièrement les yeux et le Comte se retenait de plisser les siens. Malgré tous les efforts qu'il essayait de mettre en place, Ciel ne trouvait aucunes phrases, aucuns mots, rien qui ne puisse signifier quelque chose ou avoir du sens dans la représentation. Ce n'était visiblement que des symboles, peut-être vaguement des dessins... Le tag était grand et s'étendait sur une grande partie du mur, et de sa hauteur, Ciel ne le voyait pas entier s'il ne levait pas la tête. Surprenant les badauds et s'approchant du mur, il toucha la matière bleu avec une légère retenue. Immédiatement, une sensation de malaise s'empara de lui. Ce n'était même pas visqueux, même pas collant, c'était...indescriptible, comme tout le reste. Malgré cela, la matière ne restait pas sur ses doigts, elle semblait à la fois sèche et encore fraîche. Il ne savait pas ce qui avait été utilisé comme matériel pour cette « oeuvre » mais ce n'était clairement pas de la peinture. Reprenant du recul, il aperçut Scotland Yard interrogeant des passants un peu plus loin. Aussi idiots et inutiles soient-ils, il ne pouvait pas passer à côté d'une possible information par dédain et négligence. Il se faufila donc hors de la foule et rejoignit les 3 policiers.

-Des informations particulières sur ces choses ?

-Et bien-...

-Excuse nous petit, nous ne sommes pas en mesure de te révéler quoique ce soit !

Le « petit » passa très mal aux oreilles du Comte et il serra encore plus les dents.

-Je suis le Comte Phantomhive, chien de garde de la Reine ! Je suis donc parfaitement en mesure de posséder les informations que vous n'avez visiblement même pas ! Pour qui vous prenez-vous ?! Surveillez vos manières !

Furibond, Ciel laissa les policiers penauds. Ils étaient définitivement inutiles et il ne refera pas l'erreur de leur demander quoi que ce soit à l'avenir! Il retourna d'un pas pressé près de la calèche qui les attendait lui et Sebastian. En parlant de son majordome... Ciel ne l'avait pas vu le suivre outre mesure près du Yard. Il ne le quittait jamais pourtant, enfin, tout du moins jamais dans ce genre de cas. Il ne l'avait pas entendu dire quoique ce soit. L'appeler au lieu de se questionner allait bien vite régler la situation.

-Sebastian !

Le silence lui répondit et seul les passants le regardèrent étrangement...Rien ? Pas un signe? Jamais il n'avait eu à appeler le diable plusieurs fois. Le calme de Ciel était mis à rude épreuve, et n'importe qui ayant fait connaissance avec le Comte savait qu'il n'était pas du genre patient. Bon sang mais qu'est-ce qu'il trafiquait ?!

-Sebastian, rejoins moi immédiatement !

Cette fois-ci, il semblait que l'impératif eut raison du démon puisqu'il se retrouva presque instantanément devant lui.

-Bô-chan, pardonnez mon égarement, j'observais le graffiti...

Le ton un peu lointain de Sebastian piqua la curiosité de Ciel. Que lui arrivait-il ? Pourquoi avoir pris tant de temps? En savait-il plus que lui sur ces inscriptions ?

-Sebastian, si tu sais quelque chose dis le moi !

-Bien monsieur...mais ce n'est ni l'endroit ni le moment approprié. Rentrons tout d'abord au manoir.

Ciel était complètement pris de cours par le comportement anormal de Sebastian. Il semblait ailleurs, pensif. Il lui avait parlé presque en chuchotant et le ton de sa voix sonnait soucieux. Malgré le fourmillement de questions qui se formait dans l'esprit du Comte, il laissa ses interrogations de côté pour le moment. Comme l'avait dit Sebastian, ce n'était vraiment pas le moment idéal pour engager une confrontation. Ils montèrent tous deux dans la calèche et le trajet du retour se fit silencieusement, chargé d'un nuage de tension.

Le dîner, de même, ne fut pas des plus animé. Sebastian restait statique et affichait un visage fermé, tandis que Ciel préférait se concentrer sur la nourriture encore une fois excellente et attendre le moment opportun pour tirer les vers du nez à son majordome. Il pouvait lui en donner l'ordre, mais cela aurait été inutile puisqu'il savait que le démon allait devoir finir par énoncer les faits tôt ou tard. Alors il attendit jusqu'à leur « petite réunion ». L'un comme l'autre n'avaient pas oublié leur discussion la veille et tout se réitérait : Sebastian avait refait deux chocolats chauds, prit une nouvelle fois deux couvertures. Tout comme la première fois, la pièce restait dans le silence, seulement dérangé par le crépitement bienveillant du feu de cheminée. Encore une fois, celui qui prit la parole le premier fut Ciel.

-Alors ? J'ai attendu toute la fin d'après midi pour que tu me dises ce que tu as à me dire.

Un long soupir s'échappa des lèvres du démon et il ferma les yeux, reposant entièrement son dos contre le fauteuil.

-Bô-chan, il me semble reconnaître ses inscriptions.

-«Semble» ? Tu les as déjà vu quelque part ?

-Et bien je n'en suis pas si sûr...

Dire que Ciel était surpris serait un euphémisme. Le démon en face de lui était troublé, il n'y avait aucun doute. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui pouvait rendre le majordome comme ça ? Ces inscriptions en était forcément la cause. Il s'était comporté normalement le matin, peut-être même de façon un peu trop sarcastique à son goût. Il avait changé d'attitude depuis qu'il avait vu les graffitis. Le diable disait de son plein gré qu'il n'était pas sûr de bien savoir ce qu'il avançait. Le doute vu sur le démon sidérait Ciel d'une façon complètement inattendu.

-Dis moi ce que tu sais. Cela a une signification particulière ?

Les yeux de Sebastian brillèrent un instant d'hésitation, chose particulièrement improbable, avant de se décider à répondre.

-Cela veut dire « Nous viendrons à ceux qui croient ».

-Pardon ?

Ciel ne comprenait vraiment pas la situation. Il avait du mal à assimiler ce que son majordome lui disait. Il comprenait ce qu'il y avait d'écrit mais pas lui ? Mais qui écrivait comme ça ? D'où cela venait-il ? Pourquoi ? Comment ? Les questions allaient foison et Ciel ne savait pas par où commencer. Pour en rajouter ce diable normalement si loquasse pour le sarcasme et l'ironie préférait se terrer dans le mutisme. Avant même qu'il n'ait pu reprendre la parole, Sebastian le coupa.

-Bô-chan, écoutez moi. Je ne suis pas encore convaincu par mes propres paroles. J'aimerais que vous mettiez de côté ce que je viens de vous mentionner, le temps que je puisse être sûr de ce que j'avance. Pour l'heure monsieur, vous devriez aller vous coucher.

Ciel assimila lentement l'information. Bon sang mais que se passait-il avec Sebastian ?! Pourquoi une telle attitude secrète ? Maintenant il pouvait affirmer avec conviction que Sebastian était lié à ces tags d'une manière ou d'une autre. Rien ne le prouvait aussi bien que les inhabituelles traits tendus de son visage. Entre ça et l'expression surprise qu'il avait affiché la veille, Ciel commençait à se demander si tout cela était bien réel. Face à ces nouvelles facettes de Sebastian, il se demandait si ce n'était pas juste une extrapolation de son esprit ou bien un mensonge habile de son majordome. Finalement il stoppa ses questions, qui étaient très nombreuses en ce moment, pour répondre à son homonyme.

-Très bien. Mais peu importe ce que tu trouveras, tu devras m'en informer.

-Bien monsieur.

Il préférait lui laisser carte blanche. Aussi étrange que puisse être la situation, si Sebastian avait une piste pour découvrir ce qui se tramait derrière ces tags, il n'allait sûrement pas l'en empêcher. Il avait donné l'ordre de lui en parler, de toute façon. De plus, il commençait bien malgré lui à fermer inconsciemment ses yeux, la journée harassante l'ayant épuisé et le sommeil le gagnant peu à peu. Il fit donc comme on le lui avait prescrit : les deux retournèrent à sa chambre et ce n'est qu'après avoir border Ciel un petit peu plus longtemps, silencieusement, que le démon quitta la pièce et que le Comte sombra dans le sommeil, songeant furtivement au fait qu'il n'avait pas pu discuter de l'accord qu'il avait fait avec Sebastian la veille.

Aucun doute, le lendemain allait être mouvementé.


Voilà, fin du chapitre 2! Aaaah, pas de gros clinfanger cette fois-ci, mais la suite sera riche en révélations! Dans ce chapitre l'enquête commence et les questions sont légions, comme vous avez pu le voir. Ce chapitre a été un peu dur à l'écriture mais je suis plutôt satisfaite du résultat! :33 Sur ce, j'espère que ce chapitre vous a plu, par ailleurs, j'essayerais de poster plus tôt le prochain chapitre, même si je ne vous promets malheureusement rien... N'hésitez pas à commenter sur ce qui vous a plu ou déplu, vos headcanons, tout ça...(mais toujours poliment s'il vous plaît! :33 )

A la prochaine!