Neville Londubat à Alice Londubat
Maman. J'aurais aimé prononcer ce nom plus souvent. J'aurais aimé parler de toi à mes amis, mais j'avais peur qu'ils se moquent. Ce n'est pas facile de ne pas avoir de parents pour s'occuper de soi. J'aurais dû leur raconter les histoires que me racontaient grand-mère sur papa et toi, mais j'avais trop honte. Pardon maman. Un fils ne devrait jamais avoir honte de ses parents, mais je ne savais pas comment ils réagiraient s'ils connaissaient votre état. Pendant longtemps, avant Poudlard, je n'ai eu que Trevor. Je n'aimais pas les petits-enfants des dames qui venaient prendre le thé avec Grand-mère. C'était souvent des petites brutes intéressées uniquement par leurs reflets, avec une classe Sang-Pur et coincée au possible. Je n'aimais pas toutes ses filles en robes à dentelle et ses garçons en chemises blanches. Il n'y a qu'avec les trois sœurs Greengrass, surtout la plus jeune, Marisa, les cousins Diggory et Hannah Abbot que je supportais. Je m'entendais bien avec Hannah, particulièrement. Elle était douce, ne piquait pas de colères monumentales, et elle avait toujours des choses drôles à raconter. Après ma rencontre avec Harry et les autres à Sainte-Mangouste, j'ai décidé de parler de vous à Hannah. J'étais heureux de le faire, et quand j'ai vu de l'admiration dans ses yeux, j'ai compris que j'aurais toujours dû être fier de vous et de vos sacrifices. Alors pardon, maman, de ne pas avoir compris la vraie valeur de vos actes. Pardon de vous avoir reproché votre absence à mes côtés. Grand-mère m'a dit, pour les papiers de bonbons. Le symbole de la résistance à Poudlard. Cette année, avec Ginny et Luna, on les a réinstaurés en secret. On brave l'autorité des Carrow du mieux qu'on peut sans se faire prendre. On a eu quelques problèmes, Ginny a été touchée assez durement par un sort noir et puis Luna a été enlevée. Mais on a gagné maman. On a gagné la guerre. Enfin, gagné. Des tas de gens sont morts, des familles entières ont été déchirées. Mais c'est fini, maintenant. C'est fini, grâce à des gens comme vous, qui se battaient pour les autres. Je sais ce qu'être un Londubat veut dire, aujourd'hui, et j'en suis fier. Alors, alors que le soleil se levait, j'ai emmené Hannah loin d'ici. Très loin. On a transplané à Sainte-Mangouste pour vous voir, puis chez elle, et ensuite chez Grand-mère pour prendre des affaires, puis nous avons pris un train, au hasard, à King Cross. On s'est retrouvé près d'un aéroport, et on a décidé de prendre l'avion pour la première fois. On a choisi une destination au hasard, avec un nom bizarre. On a eu un peu de mal avec nos papiers moldus, qu'on avait récupéré au Ministère en passant, mais on a réussi à prendre un avion quand même. Hannah avait très peur, mais elle m'a tenu la main pendant tout le trajet et elle m'a souri. Elle est comme ça, Hannah. Au bout de plusieurs, on a atterri. En Roumanie, il parait. On a réussi à trouver un village sorcier, et de là on a pris un portoloin pour un pays asiatique. Enfin, on a pris un train. On s'est retrouvé au bord de la mer, sur le sable, quelques heures plus tard. Et puis on a décidé de vivre ici, quelques temps. On reviendra en Angleterre, bien sûr, mais pas tout de suite. Avant, on va panser nos blessures et guérir, ensemble. Et quand nous irons mieux, nous rentrerons chez nous. De temps en temps, les sorciers de notre nouvelle région, en entendant nos noms, se retournent. Ils nous demandent si nous sommes anglais, et nous questionnent sur la guerre. Ils nous félicitent, nous demandent des autographes. Et je suis toujours aussi fier d'écrire mon nom, qui sera bientôt celui d'Hannah aussi. Dans quelques temps, nous rentrerons donc, et je passerai vous voir.
