Merci énormément à Rizzles67, DroDroV, Aurelie447 et Naomily-faan pour vos messages. Si vous saviez à quel point ça compte et quel plaisir j'ai à découvrir vos reviews. Encore un grand merci à vous !

Le dernier chapitre qui arrivera fin de semaine sera en très grande partie consacré à Maura.

Pour l'instant je vais laisser Frost vous guider...

(Ce chapitre sera en deux parties, désolée mais FF me fait galérer depuis plus d'une heure... Apparemment j'ai trop écrit et la page de chargement tourne dans le vide depuis perpette alors voilà, deux parties... )

Elle eu l'impression d'être aspirée de l'intérieur. Dans un excès de panique elle ne lâcha pas la main de Frost. Puis tout à coup, plusieurs morceaux de l'espace se mirent à s'emboiter à une vitesse folle. Les murs blancs se dressèrent, les bruits commencèrent à se former, les gens passèrent à côté d'eux sans les voir puis tout devint net.

Jane reconnu bien vite l'hôpital de Boston.

Lorsque le décor se forma totalement, la détective perdit l'équilibre et Frost la redressa de par la seule force de son bras. Jane qui se retrouva plaquée contre son torse, grogna :

- Putain je sais pas comment tu fais ça mais faudra vraiment revoir ta technique d'atterrissage.

Le jeune homme rit de bon coeur.

- Tu finiras par t'y faire.

Jane scruta les alentours de la salle d'attente. Aucun de ses proches y étaient. L'horloge au dessus du desk central attira son attention. Trois heures avaient passé depuis que Jane et Maura étaient arrivées sur le pont. Jane se souvint des chiffres lumineux sur le tableau de bord de sa voiture.

Frost ouvrit la marche et se dirigea vers l'un des couloirs. Jane le suivit, sans poser de questions. Pourtant elle en avait mille des questions. Mais elle se promit de les poser plus tard. Il ne fallut à peine quelques minutes avant que le jeune homme s'arrête devant l'une des portes ouvertes. Jane arriva à sa hauteur et découvrit la chambre.

Elle était allongée sur le lit, reliée à toute sorte de machine. Jane s'avança dans la pièce et se dévisagea. Elle avait la peau pâle, les cheveux encore humides et les lèvres bleues. Elle gronda intérieurement, cela commençait à devenir une habitude.

- Jay…

La détective sursauta. Maura venait d'arriver. Les infirmières lui avaient échangé ses vêtements trempés contre une paire de gommages vert d'eau. Elle avait relevé ses cheveux mouillés dans une queue de cheval haute. Jane aurait voulu l'enlacer. Elle aurait voulu balayer ses larmes qui menaçaient de couler une nouvelle fois.

Maura lui avait sauvé la vie.

- Je viens de prévenir ta mère et Korsak. Ils ne vont pas tarder avec Frankie et Tommy…

La légiste passa devant Jane sans la remarquer afin de s'installer sur le fauteuil près du lit. Elle enlaça la main froide entre les sienne et la porta à sa bouche. De la main droite elle caressa l'intérieur de l'avant bras alors que de l'autre, elle porta la main inerte contre sa joue, fermant les yeux. Dans un sanglot elle tourna la tête, posant les lèvres dans le creux de la main.

Jane en eut le souffle coupé. Elle contourna le lit, s'arrêtant au dessus de la plus petite femme. La regardant encore baiser sa peau, humer son parfum.

- Tu peux le sentir ? demanda Frost en faisant référence au toucher, toujours dans l'encadrement de la porte.

Elle porta sa main gauche devant ses yeux. La même main que Maura chérissait à l'instant.

- Non…

Frost croisa les bras sur la poitrine, un léger sourire sur les lèvres.

- Alors c'est que ce n'est pas encore l'heure partenaire.

- L'heure de quoi ?

Il s'avança vers le lit, détaillant chaque trait de la femme allongée là.

- L'heure de revenir, précisa-t-il en relevant la tête vers elle.

Jane allait répliquer mais le monde se déroba encore. Maura s'effrita, ainsi que l'autre version d'elle même. Celle entre la vie et la mort. Les murs s'effondrèrent et la lumière blanche se fit plus forte. Jane tendit la main vers l'image floue de la jolie blonde. Elle ne voulait pas partir. Elle ne voulait pas la laisser.

Le même schéma qui se répète, les nouveaux espaces qui se forment. Les gens qui ne voient pas. Puis la lumière qui disparait. Il faisait froid et l'ambiance était blafarde. Jane s'appuya contre le mur voisin afin de ne pas perdre l'équilibre cette fois. Frost ne perdit pas de temps et s'avança de suite vers la salle à proximité.

- Où est-ce qu'on est Frost ? Qu'est-ce qu'on est venu faire ici ?

Il ne répondit rien et se contenta juste de tendre le bras à l'entrée de la pièce, l'invitant à s'y introduire. C'était la morgue de l'hôpital. Jane slaloma entre les tables vides et occupées, arrivant bientôt à hauteur de ce que Frost voulait lui montrer.

Là, le corps de Wescourt. Jane serra les dents et retint ses larmes. C'était injuste et c'était de sa faute.

- J'ai pas réussi…

Frost qui était arrivé à sa hauteur posa la main sur son épaule :

- Tu ne peux pas les sauver tous, Jane.

- Non tu ne comprends pas, dit-elle en secouant la tête. C'est moi qui l'ai détruit. Depuis le début je l'ai accusé, il a finit par craquer… Il allait sauter à cause de moi…

Frost la força à la regarder et lui releva le menton.

- Il allait sauter parce qu'il ne voulait pas d'un monde sans Danielle.

Jane ravala ses larmes, soutenant le regard dur de son ancien coéquipier.

- Pourquoi tu fais ça à Maura ?

Le regard interrogateur et perdu que Barry rencontra le fit soupirer.

- Pourquoi tu as sauté Jane ? Toi, tu avais un monde avec Maura près de toi.

La détective se dégagea de son étreinte et ressenti la colère lui monter. Elle se tourna vers le corps de Wescourt et serra les points.

- Parce que je voulais le sauver. Qu'est-ce que Maura a à voir là dedans ?!

- Toujours aussi butée et têtue hein ?

- Tu es ridicule Frost ! s'emporta Jane en se précipitant vers la sortie, laissant le jeune homme derrière elle. Tu n'as rien d'autre à me montrer ? Tu n'as pas d'autre leçon de moral à me faire ? cria-t-elle en poussant la porte de la morgue.

Elle étouffa un cri quand elle vit Frost devant elle, le sourire aux lèvres.

- Nom d'un chien, Frost ! gronda-t-elle en se tenant le coeur. Comment tu fais ç… Non, en fait je ne veux pas savoir, juste, arrête de le faire s'il te plait.

Il rit et ils repartirent vers la chambre. Tout le monde était là. Tout le monde pleurait. Jane culpabilisa et se renfrogna dans son coin. Elle ne voulait pas en voir plus et le fit comprendre d'un regard suppliant au jeune homme. Un hochement de tête et le monde se désagrégea à nouveau.

[…]

- Pourquoi tu m'as amené là ?

Barry haussa les épaules et se dirigea vers la porte d'entrée.

- Comme tu passes le plus clair de ton temps ici je me suis dit que ce serait mieux que ton appartement.

Ses yeux effleurèrent la façade de la maison de Beacon Hill avant de se poser sur le crossover garé dans l'allée de garage.

- Je ne veux pas y aller.

Mais Frost ne l'écouta pas et atteint la poignée.

- Frost, emmène moi ailleurs ! répéta-t-elle, plus fort.

D'un air familièrement provocateur, l'homme à la peau nuit se tourna enfin vers elle :

- Pourquoi ça, Jane ? la défia-t-il en déverrouillant la porte d'entrée.

La détective était prête à ignorer sa provocation. D'ailleurs elle décida de ne pas bouger et croisa les bras sur la poitrine. Elle cligna des yeux. Juste un millième de secondes. Lorsqu'elle les rouvrit, elle n'était plus sur le trottoir mais bien dans la maison de Maura. Le jeune homme commençait vraiment à lui taper sur le système.

Sa hantise apparut sur l'instant. Jack, le téléphone collé à l'oreille venait de descendre les escaliers et faisait les cent pas dans la cuisine.

Frost détailla sa partenaire, analysant chacune de ses réactions : des mâchoires serrées jusqu'aux cheveux qui se dressent sur la nuque.

- Bébé où es-tu ?! Je suis fou d'inquiétude ! s'emballa Jack, une fois que Maura venait enfin de décrocher.

Jane tressaillit au surnom et leva les yeux au ciel, mimant le « bébé » dans une grimace silencieuse. Barry étouffa un rire, Jane Rizzoli pouvait être si puérile quand elle le voulait.

- À l'hôpital ? J'arrive, je pars de suit… Non Maura je ne vais pas te laisser seule là b… il souffla et se frotta le front. Tu rentres quand ? … Mais tu ne peux rien faire, tu devrais te reposer, toi aussi tu as subi un choc et Jane a Angela, je… D'accord, chérie, d'accord… Excuse moi… J'espère que tout ira bien… Maura ? … Je t'aime.

Jane qui avait entendu les murmures de Maura de l'autre côté du fil, n'entendit aucune réponse pour la dernière phrase. Jack garda le téléphone à l'oreille encore quelques temps, alors que la légiste avait raccroché depuis un moment.

- Frost ?

- Hmmmm ?

Jane suivit Jack attraper sa veste dans un élan de colère, claquant la porte de la maison.

- Tout à l'heure… Tu disais que j'avais Maura près de moi.

- Oui.

Elle entendit le moteur gronder et les pneus qui crissèrent sur le bitume.

- Tu avais tord…

Le jeune homme baissa les yeux.

- Tu avais tout Jane. Il suffisait d'avoir le courage.

- De quoi est-ce que tu parles ?

Il s'approcha d'elle et posa la main sur son épaule :

- Laisse moi te montrer.

Jane ferma calmement les yeux. La lumière blanche ne lui était plus si douloureuse. Sans vaciller, elle se laissa transporter.

La scène qui se déroula devant elle, elle l'avait déjà vécu. Elle se voyait assise à son bureau au commissariat. Il faisait noir dehors et les bureaux étaient vides. Vides à l'exception de Jane et de Frost, Korsak ayant quitté les locaux à peine quelques minutes auparavant.

- Je ne comprends pas… Tu m'as toujours montré ce qu'il se passait au moment même. Où est-ce que tu m'as emmené ?

Barry s'avança dans la salle et s'appuya contre son bureau. Son double pianotant furieusement sur le clavier d'ordinateur. Jane regarda les photos sur le panneaux d'affichage. Elle se souvint du dossier. Frost se regarda un instant de l'autre côté du bureau et caressa l'action figurine du bout du doigt.

- Tu t'en souviens n'est-ce pas ?

- Oui, répondit simplement la détective.

Ce soir là, elle s'était ouverte à lui. Autant que Jane Rizzoli pouvait s'ouvrir à quelqu'un. Elle l'avait laissé gratter un bout de sa carapace.

- Nous sommes dans l'un de mes souvenirs, murmura Frost en donnant un coup de l'index sur le robot qui commença à flancher.

À ce moment, le double de Jane claqua furieusement le tiroir de son bureau et l'action figurine chuta sur le bureau voisin. Frost sursauta et redressa la pièce.

- Jane, s'il te plait, fait attention.

- C'est bon Frost, tu vas pas pleurer pour une poupée.

Le jeune homme se dressa, blessé, et remit d'aplomb son robot.

- Une action figurine, murmura-t-il.

- Je suis tellement désolée pour ça… murmura la Jane du présent.

Frost l'engloba d'un regard tendre et lui fit comprendre d'un geste de la main qu'il ne lui en a jamais tenu rigueur.

Alors les cliquetis familier. Les deux Jane tournèrent immédiatement la tête vers l'émanation du bruit. Les deux Frost, eux, eurent la même réaction face à l'attitude de leur coéquipière, ils secouèrent la tête dans un sourire.

- Bonsoir, je voulais vous prévenir que je partais.

Jane lui offrit un hochement de tête sec et se re concentra sur ses papiers.

- Tu es bien sûre que tu ne veux pas rentrer Jane ? demanda Maura dans un dernier espoir.

Frost aussi la regarda avec hantise.

- Pour faire quoi ? Ruminer l'enquête devant ma télé et supporter Ma qui ne voudra pas me laisser seule ? Non, vraiment, je préfère rester ici, là où je suis utile.

La légiste gratta nerveusement avec l'ongle du pouce, le cuir de la poignet de son à main.

- Ce n'est pas exactement ce à quoi je pensais, peut-être que l'on pourrait…

- Vas à ton rendez-vous Maura, l'interrompit le double de Jane. Profite de ta soirée, ne pense pas à moi.

Ce fut au tour de Maura d'hocher la tête. Elle salua Frost d'un sourire faible et entama un demi tour.