Hey tout le monde pour bien finir 2014 et bien commencer 2015 voilà la dernière partie de notre Round…

Je tiens à remercier tous les auteurs qui ont participé jusqu'au bout à cette aventure : SoFrost, Bouzik, Malicia, et moi-même (Alexielle).

Je tiens également à vous rappeler que cette ff est Rated M ! Donc sexe et violence sont au rendez-vous, mais vous avez du vous en apercevoir dans les autres parties de cette histoire. Mais je tenais quand même à faire un petit rappel !

En tout cas, merci à tous, c'était une grande première, et grâce à vous ce projet a pu être mené jusqu'à son terme ! C'était vraiment très drôle d'écrire toutes ensembles, et cette histoire nous a conduites dans des situations quelques fois difficiles à régler… mais BRAVO à toutes vous avez assuré ! Et je suis fière du travail que nous avons accompli ensemble, sans parler du plaisir et des quelques prises de tête que nous avons partagé !

Encore merci aux lecteurs de nous avoir suivis sur ce chemin peu 'classique'de ff… Et bonne lecture à tous !

Peut être à bientôt pour un autre round qui sait… )

Alexielle et son équipe

Je n'ai jamais...

Fin du Round Robin

Chapitre 55 : Sara

Mes pieds et mes avant bras sont gelés, alors que l'intérieur de mon corps est en feu. Mon sang bat dans mes tempes m'empêchant ainsi d'être vraiment consciente de ce qui m'entoure.

J'entends pourtant l'écho de la voix de Catherine qui m'appelle…

Catherine… ma belle Catherine…

Même si la tentation est grande, je ne peux pas faire demi tour… je ne peux pas la rejoindre…Comme pour mettre plus de distance entre elle et moi, mon pas de course s'accélère encore.

Je sais que c'est du délire, je suis en train de courir dans les bois, à moitié nue, avec mon frère mort il y a 20 ans, je sais que je suis en plein délire du à ma fièvre, je sais aussi que David n'est pas vraiment là, que c'est mon subconscient qui l'a fait apparaître, mais quelque part, sa présence me rassure !

J'ai soudain un point sur le côté qui m'empêche de respirer, et me stoppe dans ma course. Je suis debout au milieu de la forêt, perdue au milieu de nulle part…

Je souffle comme un bœuf qu'on traine à l'abattoir. J'ai besoin de rependre ma respiration, mais entre ma course effrénée et ma fièvre j'ai le plus grand mal à me calmer, j'ai l'impression de suffoquer, mes joues son en feu et la tête me tourne légèrement.

« C'est moche la vieillesse… » me dit David dans un sourire

Je l'ignore… je sais qu'il n'est que le fruit de mon imagination, mais le plaisir de le retrouver m'envahit peu à peu…

« Ouais je sais ! » Je marmonne à son intention avant de m'adosser à un rocher couvert de mousse qui me gèle l'arrière des cuisses lorsque je m'y assois.

« Tu as recommencé à ce que vois… » me dit soudain mon frère en désignant mon bras.

Je sais qu'il n'est pas vraiment là, que tout ça n'est pas réel mais le sentiment de honte qui m'envahit lui est bien réel !

Je garde le silence…

« Sara… je ne t'ai pas sauvé la vie, pour que tu la gâche ! »

Je ne réponds toujours pas… même mort mon frère a plus de bon sens que moi !

« Yep sœurette, il est temps pour toi de faire un choix, me suivre ou te battre pour rester avec elle… »

Elle… Catherine… Les mots restent coincés dans ma gorge, je ne peux rien faire d'autre que pleurer.

« Sara je t'aime… et elle t'aime aussi ! Je n'ai pas été là pour toi je n'ai pas été un bon frère, je n'ai pas su te protéger, mais elle… »

Je m'insurge : « Ne dis pas ça ! Tu as été le meilleur des frères ! »

Je n'ose même pas imaginer ce qu'aurait été ma vie sans David, un véritable enfer, voilà ce que j'aurais vécu chaque jour, l'enfer !

« Si j'avais été un meilleur frère tu n'en serais pas là aujourd'hui ! »

« Ce n'est pas ta faute… c'est celle de notre salopard de père, c'est lui qui m'a faite comme je suis… » je pleure de plus belle.

« Sara tu n'es pas comme lui ! Tu as la faculté d'aimer, lui ne l'avait pas ! C'est un don Sara, un véritable don ! »

« Oh oui tu parles d'un don ! Comme ça quand je blesse les gens que j'aime je me sens coupable ! C'est vraiment super d'avoir une conscience, vraiment super ! »

« Je sais que les choses ne sont pas faciles… mais… »

Je relève mon visage et le fixe comme si il était vraiment en face de moi, car pour moi, l'espace d'un instant il est bien là…

« Faciles ?! Faciles ? TU TE MOQUES DE MOI ! Faciles ! C'est le bordel tu veux dire ! Et puis d'abord qu'est ce que tu en sais hein ? Qu'est ce que tu peux savoir de tout ça, tu es mort ! »

« Mort ou pas, je sais que Catherine tient à toi et que si tu lui fais confiance les choses peuvent tourner différemment ! Pas besoin d'être un génie pour voir ça, mort ou vivant ça crève les yeux, ELLE T'AIME ! Elle saura t'aider ! »

« Catherine n'est pas Wonder Woman ! »

« Non c'est vrai, mais elle est la personne qui t'aimera, qui t'aime le plus sur terre ! Elle seule peut t'aider… mais si tu ne veux pas lui tendre la main alors suis-moi… »

Je reste bouche-bée…

Avoir une conversation avec mon frère mort est déjà plutôt déroutant, même si sa présence est due à ma fièvre. Mais en plus qu'il prétende connaître Catherine mieux que moi, m'exaspère passablement ! Je sais ce que Catherine peut faire ou ne pas faire pour moi… je sais ce qui nous lie l'une à l'autre, mais je sais aussi ce qui nous dresse parfois l'une contre l'autre…

La souffrance… toujours et encore la souffrance ! Bien sûr qu'il y a de l'amour entre nous, mais entre elle et moi, l'amour et la souffrance sont si étroitement mêlés qu'il est parfois difficile de faire la différence… Peut être n'arrivons nous pas à faire la différence simplement parce qu'il n'y a pas de différence à faire, c'est peut être notre façon de nous aimer…

« C'est l'heure de faire un choix Sara, tout ça n'a que trop duré… tu m'as appelé, je suis venu alors choisis… tu dois choisir !... Catherine ou moi… »

Je ne peux pas croire que tout ça soit vraiment en train d'arriver. Bien sûr que ça n'arrive pas vraiment, enfin pas vraiment de la façon dont mon esprit le perçoit, mais une chose est bien réelle pour moi… l'heure du choix est arrivée… je dois en finir une bonne fois pour toute, la vie avec Catherine, ou la mort…

Je sens alors David se pencher sur moi, il m'embrasse tendrement sur le front… le baiser de la mort… un froid intense m'envahit, je suis glacée, vidée, tout est sombre en moi… c'est donc ça mourir ?

Mon esprit et mon cœur sont comme éteins… paralysés, amputés de toute vie ou du moindre sentiment. Je me laisse glisser sur le sol froid, secouée de tremblements et de sanglots, voilà donc ce que ça fait de cesser de lutter, d'accepter simplement la fin de sa vie…

Je me sens couler dans les tréfonds de l'obscurité…

Alors que la nuit s'est presque entièrement abattue sur mon esprit, je sens tout à coup en moi une toute petite étincelle, un infime faisceau de lumière se débattre encore dans les ténèbres de mon âme… elle se bat pour survivre malgré le noir intense qui l'entoure, elle veut une place dans mon âme… dans ma vie, elle se bat encore et encore, jusqu'à ce que mon cœur la reconnaisse enfin… c'est Catherine ! Catherine et son sourire, Catherine et ses mains chaudes posées sur moi, Catherine et son amour pour moi…

Son amour… elle m'aime…

Malgré le mal que je lui ai fait, elle m'aime, elle ne m'a jamais regardée avec haine, ni dégout… elle m'aime simplement ! Elle se contente d'être la pour moi, d'être celle qui me console, me soigne… elle est mon salut, ma seconde chance…

Tout le monde à droit à une seconde chance… je n'ai pas encore eu la mienne…

Catherine sera ma seconde chance, ses bras, son corps et son âme seront mon nouveau chez moi… mon havre de paix !

Je ressens soudain comme un électrochoc ! Je ne suis pas prêtre à renoncer à tout ça, à renoncer à elle ! Je sais que la route sera longue et difficile mais au bout de cette route chaotique se trouve ma seconde chance… Catherine…

« J'ai besoin d'elle !... Elle est toute ma vie ! » je m'entends répéter ces mots plusieurs fois à haute voix, je les répète encore et encore.

Je ferme les yeux pour bien mesurer l'impact que ces mots ont sur moi…

« Je l'aime… je l'aime plus que tout ! J'aime Catherine Willows ! »

« Alors ?... » me demande la voix de mon frère dans un murmure.

« Alors je veux vivre ! Oui… JE VEUX VIVRE ! » ma voix résonne dans les alentours comme le cri de ma victoire.

Oui je veux vivre pour pouvoir continuer d'aimer Catherine…

Catherine, oh mon dieu elle doit être complètement affolée je dois retourner au chalet tout de suite, je dois lui parler TOUT DE SUITE !

Lorsque j'ouvre de nouveau les yeux, je suis seule dans la pénombre, toujours assise sur le sol, mon frère a disparu… il n'est simpelement plus là ! Mon esprit l'a effacé aussi vite qu'il l'a fait apparaître.

Quelque chose en moi crie que je ne reverrai jamais David… c'est étrange, accepter le départ définitif de mon frère ne me laisse pas aussi vide que je l'aurais cru, c'est curieux… je dirais même que je suis soulagée, sereine… J'aime mon frère, je l'aimerai toujours mais Catherine est ma vie, mon avenir… enfin si elle veut bien encore de moi !

Je dois réparer tout ce que j'ai détruit, je dois la rassurer sur ma santé mentale, parce qu'à l'heure qu'il est, elle doit sûrement chercher un moyen de me faire interner.

Je dois laisser tomber mes dernières barrières et lui faire confiance.

Il est nécessaire qu'elle voit tout de moi… elle a connu le pire… je dois lui montrer le meilleur.

Mais je dois surtout lui faire comprendre que je l'aime et que j'ai besoin d'elle…

David a raison l'amour est un don !

Oooooooo

J'ai l'impression de marcher depuis des heures quand je vois enfin le toit du chalet pointer au loin.

Il me semble que ma fièvre est un peu retombée, mais c'est difficile à dire, je suis tellement morte de froid que j'ai du mal à m'en rendre compte. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis partie, j'ai perdu toute notion du temps ou de la distance. Mais quand j'arrive enfin devant le chalet, Catherine est en pleurs sur les marches …

Elle a l'air aussi frigorifiée que moi, je peux voir que ses chaussure sont couvertes de boue, ce qui indique qu'elle a du me chercher, malgré sa cheville blessée. Son visage est pâle et marqué par le chagrin, je lui ai broyé le cœur et l'âme je peux le voir sans peine…

J'ai été égoïste, stupide même ! Je lui ai infligé tant de douleur inutile !

Dans le fond ce n'est pas vraiment elle que je voulais protéger, non c'est plutôt moi ! J'avais peur… Je ne voulais simplement pas me soumettre à son regard, à son jugement, lire dans ses yeux combien je la décevais, combien je n'étais pas à la hauteur de ce qu'elle espère, qu'elle regrettait de m'avoir aimée, et que je n'étais qu'une moins que rien, tout juste digne de respirer le même air qu'elle.

Mais tout ça c'est fini, je ne fuirai plus devant elle, ou devant tout l'amour que je ressens pour elle ! Jouer les filles de l'air c'est terminé pour moi !

Je serai là, fidèle, à ses côté !

Mon pas s'accélère malgré moi, je meurs d'envie de la retrouver et de mettre mon cœur à nu devant elle, de retrouver le contact de sa peau.

Je cours presque avant de m'écrouler près d'elle sur les marches…

Elle fixe toujours le sol, pleurant à gros sanglots comme si elle ne m'avait pas vue arriver. Je m'approche encore d'elle et glisse ma tête sur son épaule, je resserre mes bras autour de sa taille et m'abandonne contre elle.

« Catherine je t'aime… j'ai besoin de toi… aide moi… »

Chapitre 56 : Catherine

« Catherine je t'aime… j'ai besoin de toi… aide moi… » ces mots résonnent en moi et se bousculent dans tous les sens dans mon esprit.

J'ai toujours voulu qu'elle les prononce… mais à présent qu'elle l'a fait, deux questions me hantent, serai-je à la hauteur ? Et est ce qu'il n'est pas trop tard pour elle… pour nous ?!

Je glisse ma main dans son dos, avant de poser mes yeux rouges et gonflés par le chagrin sur elle. Elle est la cause de mon visage défait, et tiré. Ca pour me faire pleurer, elle sait y faire, elle sait aussi me blesser et me faire croire que je vais mourir après chacune de nos disputes !

Mais elle sait aussi me réconforter, me faire vibrer, me faire sourire et plus que tout elle sait me faire sentir aimée !

Les choses n'ont jamais été simples entre nous, et elles ne le seront jamais c'est presque une certitude, mais tout ça en vaut la peine, Sara en vaut la peine ! Parce qu'une fois qu'on sera prêtes à s'offrir un nouveau départ, il ne nous restera que le meilleur à nous donner !

J'ai bien cru que ce soir j'allais mourir, j'ai bien cru perdre Sara pour toujours…

Mais elle est revenue vers moi… elle a fait un pas vers moi, un pas dans la bonne direction. Bien sûr tout n'est pas encore réglé entre nous, mais cette fois c'est en marche… oui nous sommes en marche vers un nouveau départ… un départ à prendre ensemble, Sara et moi main dans la main !

« Si on rentrait avant d'attraper la mort… » me murmure t'elle.

Je souris… la mort nous l'avons frôlée plus d'une fois depuis que nous somme ici, ça serait dommage de nous laisser rattraper par elle, juste sur le pas de la porte… juste avant notre nouveau départ.

Je lui souris plus franchement : « Tu as raison, rentrons ! » je dépose un rapide baiser sur sa joue avant de me redresser lentement à cause de ma cheville.

« Tu ne soufres pas trop ? »

« Non ça va… »

Je mens… bien sûr que j'ai mal, j'ai marché pendant plus de deux heures pour chercher Sara, alors j'ai la cheville en feu, j'ai tellement mal que la douleur me remonte jusqu'au genou, mais Sara n'a pas besoin de le savoir, elle a déjà assez souffert, elle se sent déjà suffisamment coupable comme ça.

Je lui offre donc mon meilleur sourire et lui tends tendrement la main. Elle la saisit et m'entraine doucement avec elle dans le chalet.

« J'ai besoin d'une bonne douche… » me dit elle une fois à l'intérieur.

« Ok je vais nous préparer un thé bien chaud »

Elle secoue la tête d'un signe approbateur avant de se diriger dans la salle de bain. Il ne lui faut pas plus de deux minutes pour revenir sur ses pas, elle est pâle et tremble légèrement. Je comprends tout de suite ce qui ne va pas et si elle avait ouvert la porte de la salle de bain elle aurait vu qu'elle n'avait rien à craindre !

Je m'approche tout de suite d'elle pour la prendre dans mes bras.

« Sara tout va bien chérie, j'ai rangé la salle de bain et le miroir a été changé, tu n'as rien à craindre ok ? »

Elle ne me répond pas tout de suite et se contente de me serrer plus fort contre elle.

« Viens avec moi… » sa voix n'est qu'un murmure.

Je sais que sa demande n'a rien de sexuel mais je ne peux m'empêcher de frissonner.

« Sara avec ma cheville ça ne serait pas raisonnable… »

Je peux sentir la déception se peindre sur son visage. Je m'écarte doucement de son étreinte et lui soulève délicatement le menton.

« Si tu m'aides à refaire mon bandage ensuite je veux bien prendre un bain avec toi… »

« Marché conclu ! »

Je glisse ma main dans la sienne avant de l'entrainer doucement vers le couloir, une fois devant la salle de bain je peux sentir Sara se raidir, je n'ai pas l'intention d'ouvrir cette porte et elle le sait…

Si on doit pénétrer dans cette pièce, c'est elle qui doit le décider. C'est Sara qui doit en pousser la porte. Je la sens s'agiter à côté de moi et je redoute une nouvelle crise… mais contre toute attente Sara pose une main sur la poignée et ouvre la porte d'un geste décidé.

Son autre main serre la mienne de toutes ses forces…

Je peux sentir son regard courir partout dans la pièce. Elle est nerveuse et mal à l'aise de ce qui s'est passé ici la veille.

« Tout va bien Sara… »

Je ne dis pas un mot de plus, et je me dirige vers la baignoire pour faire couler notre bain. La vapeur d'eau chaude envahit presque de suite la pièce. Je m'assois sur le rebord de la baignoire pour retirer mon bandage, puis je me déshabille rapidement avant de m'immerger entièrement dans l'eau chaude.

Sara a elle aussi entreprit de se dévêtir, elle est minutieuse, presque pudique dans ses gestes. Je ne la brusque pas, nous avons tout notre temps.

Je laisse mes yeux glisser sur elle, mais je ne la regarde pas de façon sexuelle, le regard que je porte sur elle, sur son corps et juste rempli de tendresse. Ses pieds sont couverts de terre, et ses mollets sont entaillés par endroits, le derrière de ses cuisses est rouge sang, presque brulé, ce sont les vestiges de sa promenade de tout à l'heure. Je remonte le long de son corps … je passe rapidement sur ses fesses, pour parcourir son dos… je peux y lire sans peine les traces de son passé de violence, tout en moi se révolte, j'ai envie de hurler, la rage et la colère m'ont envahie, je peux sentir mes mains trembler dans l'eau.

Elle se retourne et me sourit timidement, comme si elle n'était plus sûre de ce qu'elle devait faire.

« Viens… » je lui fais un léger signe de tête.

Elle me rejoint dans l'eau et se blottit tout contre moi. Je peux sentir son souffle sur ma peau nue. Tout en moi se met à frissonner, mais je sais que ce n'est pas le moment pour ça. Je glisse mes bras autour d'elle, et nous laissons doucement l'eau chaude faire son effet sur nous…

Je peux la sentir se détendre, je l'entends soupirer… elle est enfin en sécurité… elle est à la maison !

Ooooooo

Après un repas chaud vite avalé nous nous sommes immédiatement couchées, elle comme moi avions besoin de sommeil. Mais bizarrement une fois dans notre lit, pas l'ombre d'une Morphée en vue…

La fièvre de Sara a fini par tomber aussi vite qu'elle est arrivée, et nous sommes tapies dans le noir, allongées sur le lit, depuis plus d'une heure. Je ne vois pas vraiment Sara dans la pénombre, je la devine seulement mais je peux sentir qu'elle me fixe, je ne dis rien, j'attends qu'elle soit prête, que ça vienne d'elle.

« Catherine ?... »

« Oui… »

« Je… tu sais pour tout à l'heure… je… je ne voyais pas vraiment David ! Je veux dire… c'est la fièvre qui m'a faite délirer je n'ai pas l'habitude de parler aux morts. Je ne suis pas folle… c'était juste la fièvre ! »

« Je sais… »

« Tu sais ? »

« Oui je sais que tu n'es pas folle ! Tu es juste quelqu'un qui a énormément souffert dans la vie, tu as du te débrouiller seule, ou presque, et c'est difficile pour toi de faire confiance aux gens ! Mais tu m'as demandée mon aide Sara et je vais te la donner… en tout cas je ferai de mon mieux ! »

« Je ne veux pas que tu aies peur de moi Cath… si un jour tu avais peur de moi je crois que j'en mourrais, je ne veux pas devenir comme lui ! »

« Tu ne seras jamais lui Sara, jamais ! Et je serai là pour t'aider, mais je ne peux pas tout faire toute seule, j'ai besoin que tu fasses ta part. Que tu me parles quand les choses ne vont pas bien, et non que tu fuies, en me laissent seule avec mes angoisses. »

Je lui passe doucement la main dans les cheveux.

« Je ferai de mon mieux… »

Je sais qu'elle ne peut pas me promettre plus pour l'instant, mais c'est mieux que ce que j'avais jusqu'à présent : RIEN ! Donc pour l'instant je m'en contenterai.

Sara gigote dans le lit et vient se blottir tout contre moi… La chaleur de son corps contre le mien me rassure et je ne tarde pas à sentir le confort m'envahir, puis le sommeil monte doucement en moi…

« Je t'aime… » sont les derniers mots que je murmure avant de sombrer dans le pays des rêves.

« Je t'aime… » les mots de Sara font écho aux miens, puis plus rien que le silence.

Morphée nous a prises avec elle… seuls nos souffles lents troublent le calme de la pièce.

Oooooooo

J'ouvre doucement les yeux, une douce lumière se reflète sur le lit. La nuit a été calme, ni cauchemars, ni disputes, rien d'autre que le sommeil. Et victoire suprême pour moi Sara est toujours dans mes bras, nous avons changé de position pendant la nuit, mais pour la première fois depuis que nous sommes ici, Sara est près de moi. Elle n'a pas fuit, elle est tout simplement là dans mes bras, endormie, paisible…

Je souris… c'est peut être stupide, mais je souris, elle est là !

Waouh…

Je ne peux détacher mes yeux d'elle, de son corps qui se soulève doucement lorsqu'elle respire.

Une soudaine envie de l'embrasser s'empare de moi…

Je commence à embrasser doucement sa joue, puis son nez, puis son front, lorsque je lui embrasse le cou je l'entends glousser.

« Bonjour toi… » lui dis-je en me glissant contre elle.

« Si j'ai droit à un réveil de ce genre tous les matins je crois que je ne déserterai plus jamais ce lit ! » affirme t'elle en ouvrant les yeux.

« Si tu reste près de moi, tu y auras droit autant que tu veux… »

Elle roule doucement sur le dos, et je bascule doucement avec elle, je suis sur elle à califourchon.

« Comment as-tu dormi cette nuit ? » je pose un baiser sur son nez en lui posant la question.

« Etrangement bien je dois dire… Ca fait longtemps que je n'avais pas si bien dormi ! Tu es un vrai somnifère ma chère ! »

« Hey ! Fais attention à ce que tu dis, sinon tu vas voir ! »

« Je vais voir quoi ? » me demande t'elle d'un air provoquant.

Je glisse mes mains sous son tee shirt avant de la chatouiller. Elle commence à remuer dans tous les sens.

« Arrête… Cath arrête… Je ne peux plus respirer ! »

« Dommage pour toi je suis un somnifère pas un inhalateur pour asthmatique ! »

Elle rit encore plus fort…

Le contact de sa peau sous mes doigts est si doux que je laisse vite mes mains glisser sur elle. Mes caresses d'abord tendres, la calment immédiatement, elle n'a plus envie de rire et moi non plus…

« Cath… » sa voix est rauque… troublée par le désir, je peux le sentir. Elle a commencé à frissonner sous mes doigts.

Je ne dis rien et me contente de l'embrasser doucement sur les lèvres… Ses bras se referment sur moi et je peux sentir ses mains glisser le long de mon dos. Nos baisers deviennent plus profonds, je peux sentir mon sang bruler dans mes veines, le désir m'envahit si vite, si ardemment, que j'ai du mal à me contrôler, mais j'attends ce moment depuis si longtemps…

Je peux lire dans le regard de Sara, qu'elle est aussi impatiente que moi…

Ses mains se font plus présentes, plus rapides…

Ses lèvres embrassent mon cou, et me font défaillir… et lorsque sa langue se joint à la danse… mon cœur explose d'amour et de désir ! Je ne supporte plus le ridicule tee-shirt que je porte, et qui sépare encore ma peau de celle de Sara.

Je me redresse vivement et le retire rapidement… Je suis presque nue sur Sara, je ne porte plus que mon string noir. Sara passe doucement sa main sur mon ventre… J'aime ce contact sur moi…

Elle me sourit alors tristement… plus aucune trace de désir ne brille dans son regard.

Sara passe délicatement son bras autour de moi avant de me faire doucement rouler sur le dos.

Je ne comprends pas ce qui se passe…

« Je t'aime Cath… mais… je suis désolée je ne peux pas ! »

Je ne sais pas quoi dire…

Je ne sais pas quoi dire pour la simple et bonne raison que je ne comprends pas ce qui se passe !

« Je pensais que je pourrais… je pensais vraiment que je pourrais ! Tu es si belle… mais je ne peux pas ! »

Sans plus d'explications elle sort du lit, ramasse quelques vêtements et s'habille en hâte.

« Où est ce que tu vas ? »

« Je… Il est presque 9h j'ai ma séance avec Salinger ! »

Quoi ? Elle se moque de moi ?

Elle est presque à la porte du chalet quand elle fait demi tour : « Ne m'en veux pas Cath… ca n'a rien à voir avec toi, je t'aime ! »

Sara ne me laisse pas le temps de lui répondre, elle m'embrasse rapidement et sort du chalet.

Je laisse ma tête retomber sur l'oreiller, j'avais cent fois imaginé notre première fois, et jamais il ne m'était venu à l'idée que Sara me planterait en plein milieu !

Un soupir de frustration s'échappe de mes lèvres…

Vois le bon côté Cath, au moins cette fois elle n'est pas partie comme une voleuse, tu as eu le droit a un semblant d'explication et tu sais où elle va…

A sa séance avec Salinger !

Je saisis un coussin que je plaque sur mon visage avant de hurler ma frustration.

Cette fois c'est sûr cette femme va me faire perdre la raison !

J'ai besoin d'une douche…. D'une bonne douche froide pour calmer mon corps qui brûle toujours de désir pour Sara !

Est-ce qu'une fois, une seule fois, les choses pourraient se passer normalement et simplement avec Sara ?

Juste une fois ! C'est trop demander ?

Chapitre 57 : Sara

Je sors du chalet le corps et le cœur en feu….

Dieu ce que j'aime cette femme… mais c'est IMPOSSIBLE ! Oui, c'est impossible…

Même si je meurs d'envie de coucher avec Catherine je ne peux pas…

Quand je couche avec quelqu'un, quand je partage cette étrange intimité, la personne en face me voit telle que je suis… vide et sombre… Je ne ressens rien, rien d'autre que du vide ! Lorsque qu'on me touche de cette façon je sens toujours les mains de mon père sur moi…en moi… et je pers le contrôle.

Et généralement c'est à ce moment là que la personne en face abandonne la partie, elle part et je me retrouve seule… je ne veux pas me retrouver seule encore une fois… je ne veux pas que Catherine parte loin de moi…Mais si je couche avec elle c'est ce qui arrivera fatalement, elle me fuira… je lui ai déjà fait traverser tellement d'épreuves que celle-ci sera celle de trop !

J'aime Catherine plus que tout, c'est pour elle que je suis revenue et que je reprends le chemin de la vie ! Je fais tout ça pour elle…

Mais je dois encore affronter quelques démons, dépasser ma peur, et pour ça il faut que je parle à Salinger !

Ooooooo

Lorsque je frappe sur la porte du bureau de Salinger, ma main tremble légèrement.

« Entrez… »

Je respire à fond et pousse la porte.

« Sara ?! Je ne m'attendais pas à vous voir ce matin… Comment allez-vous ? »

« Mieux… et votre mâchoire ? »

« Elle tient le choc, elle en a vue d'autres ! Mais vous avez un bon crochet ! » dit il en passant rapidement sa main là où je l'ai frappé quelques jours plus tôt.

« Merci papa… » je marmonne en prenant place sur ce qui est devenu mon siège.

« C'est pour parler du coup de poing de l'autre jour que vous êtes là ? »

« Non pas vraiment… et pour être honnête, si je devais recommencer je le ferais à nouveau… »

« Pourquoi ? » il referme le dossier devant lui et me fixe.

« Parce que vous avez laissé souffrir Catherine… alors qu'elle avait besoin d'aide » c'est la vérité j'énonce simplement la vérité, j'aurais pu le tuer pour ça.

« Et alors où est le problème ? Vous la faites souffrir en permanence ! »

Touché…

« Ce n'est pas la même chose ! »

« Oh est pourquoi ça ? La souffrance reste la souffrance peu importe qui vous l'inflige »

« Ce n'est pas la même chose ! » je serre les dents.

« Parce que vous l'aimez et moi non ? C'est ça la différence entre nous Sara ? »

Je le regarde fixement à mon tour, ça ne me surprends pas vraiment qu'il sache, dans le fonds je suis sûre qu'il a toujours su.

« Je ne fais jamais souffrir Catherine de façon volontaire, enfin si parfois… mais je veux dire que quand elle a besoin de moi je suis là…enfin quand je ne prends pas la fuite…mais je… »

Mes mots s'embrouillent et je me perds dans mes explications. Je me reprends.

« Ce que je veux dire c'est que je ne la laisse jamais souffrir physiquement, surtout quand je peux l'aider, et vous pouviez l'aider mais vous ne l'avez pas fait ! »

« Pourquoi aurais je du l'aider alors que vous êtes là pour elle ? »

« Pourquoi vous ne pouvez pas répondre autrement que par une question ? »

« Parce que c'est vous qui avez toutes les réponses Sara ! »

Je lève les yeux au ciel. Ce qu'il peut être agaçant quand il fait ça !

« Je n'ai pas toutes les réponses, sinon je ne serais pas ici, depuis bientôt dix jours ! »

« Bien sûr que si Sara, vous avez les réponses, c'est juste que vous n'avez pas encore envie de les trouver ! »

« N'importe quoi ! » Je hurle

« Alors comment expliquez-vous, que vous et Catherine ayez fait plus de progrès ici en 9 jours, qu'en six ans passés côte à côte au laboratoire ou sur le terrain ? »

Facile, depuis qu'on est ici j'ai failli perdre Catherine plus d'une fois, ce n'était jamais arrivé avant. Et mon amour pour elle a été pour une fois plus fort que ma peur !

« Je ne l'explique pas, c'est arrivé voilà tout ! »

« C'est arrivé parce que vous l'avez décidé Sara, parce que vous avez fait un pas vers elle ! Personne ne vous y a forcé, vous en avez juste ressenti le besoin ! »

« Personne ne m'y a forcé vous vous fichez de moi ? Vous n'avez pas arrêté de me dire 'si vous ne réagissez pas vite vous perdrez Catherine' 'Faites lui confiance elle ne demande que ça ' c'est vous qui m'avez bourré le crâne avec toutes ces conneries ! »

« Je n'ai fait que donner un coup de pouce rien d'autre, c'est vous et vous seule qui avez pris la décision de parler à Catherine, de la retenir ! Vous auriez pu la laisser partir mais vous avez refusé cet abandon parce que… »

Je le coupe : « Parce que je l'aime et j'ai besoin qu'elle soit près de moi »

Salinger ne dit rien, il se contente de me sourire, presque amusé, et je peux lire dans ses yeux un ' alléluia, et la lumière fut'

Je sens un petit sourire embarrassé passer sur mon visage, je crois même que je rougis un peu…

« Le fait qu'elle connaisse mes sentiments pour elle n'a pas vraiment simplifié les choses, enfin ça les a éclaircies un peu… non à dire vrai beaucoup… mais… »

« Mais quoi Sara ? Catherine vous a rejetée ? Elle ne partage pas vos sentiments ? »

« Non, non c'est même plutôt le contraire, elle dit qu'elle m'aime, qu'elle sera là pour moi… »

« Alors où est le problème ? »

Je ne sais pas ce qu'il y a de différent chez Salinger, mais il n'est pas comme mes autres psys, quelque chose chez lui me pousse à lui parler… et dans le fond c'est une bonne chose, pour moi… mais aussi pour Catherine ! Je veux un nouveau départ, je veux ma seconde chance et elle commence tout de suite !

Je me racle nerveusement la gorge, je n'arrive pas à croire ce que je suis sur le point de dire…

« Ce matin… je… je me suis réveillée dans les bras de Catherine, et pour la première fois depuis bien longtemps je n'ai pas eu envie de fuir… »

« C'est bien ça Sara, c'est même très bien ! »

Je peux voir qu'il est sincère, et qu'il prend 'mes progrès' à cœur.

« Ouais ben ça n'a pas duré longtemps… Elle a commencé à chahuter avec moi et les choses sont devenues plus 'sérieuses' entre nous ! Bien sûr ce n'est pas la première fois que ça 'dérapait' ainsi entre Catherine et moi, mais on a toujours été interrompues d'une façon ou d'une autre… Là, elle était assise sur moi presque entièrement nue… offerte et j'ai… » mon dieu je n'arrive pas à croire que je raconte ça à Salinger. « J'ai… je me suis affolée… je n'ai pas su quoi faire ! Parce que j'ai bien senti que cette fois rien ne viendrait nous interrompre ! »

Un silence passe alors entre nous, avant qu'il ne me sourie doucement.

« Ce n'est rien Sara, je ne suis pas expert en thérapie de couple mais… »

Je sursaute sur ma chaise : « Catherine et moi ne sommes pas vraiment un couple, enfin je veux dire… je ne sais pas, tant qu'on n'aura pas…enfin vous voyez quoi… On ne sera pas un couple ! »

« Sara, ne pas coucher avec Catherine, ne veut pas dire que vous n'êtes pas un couple ! Le sexe n'est pas tout, vous avez beaucoup progressé l'une comme l'autre, bien que la façon de régler vos problèmes soit plutôt 'particulière' ça semble fonctionner ! Je n'étais là que pour vous mettre sur la bonne voie, rien de plus ! »

« Ce n'est pas que je n'aime pas Catherine, je l'adore ! Mais j'ai vraiment paniqué quand elle s'est offerte à moi ! »

« Je comprends ! Ne culpabilisez pas, Catherine peut comprendre, je le sais et vous le savez ! Elle n'est pas du genre à vous brusquer, enfin pas pour ce genre de choses ! Je sais que Catherine compte pour vous ! »

« Alors pourquoi je la fuis comme ça ? J'ai bien vu dans son regard que je l'ai blessée encore une fois ! »

« Ce n'est pas Catherine en tant que telle que vous fuyez, mais plutôt la forme d'intimité qu'elle représente ! Vous avez peur de lui déplaire, peur de ce face à face intime, sans sortie de secours ! A ce moment précis Catherine pourra lire en vous, vous ne pourrez plus tricher et ça vous effraie ! Vous avez simplement évité le sexe avec Catherine, pas parce que vous ne la désirez pas, mais parce que vous avez peur de perdre le contrôle !»

Je soupire, il a raison…

« Et que suis-je sensée faire ? »

« D'abord il faut accepter l'idée que chacun d'entre nous a des faiblesses, chacun a un côté sombre en soi… Un côté obscur qu'on veut cacher au mieux ! »

« Catherine aussi ? »

« Bien sûr Catherine n'est pas une exception, j'ai moi aussi un côté sombre ! »

« Comment faites-vous ? Je veux dire comment le gérez-vous ? »

« Et bien j'ai appris à l'apprivoiser, et à l'apaiser ! Quand vous serez prête à vous accepter Sara, quand vous serez prête à vous montrer aux yeux de Catherine telle que vous êtes, vous aurez envie de partager cette intimité avec elle ! »

« J'ai peur de… de penser à lui à ce moment là, peur qu'il me fasse perdre Catherine ! »

Parce que dans le fond la vérité c'est ça, j'ai peur que mon amour pour Catherine ne soit pas suffisant face à ce souvenir… ou pire, que son amour pour moi, ne soit pas celui qu'elle prétend et si elle me quittait j'en mourais… et ce n'est pas une façon de parler, j'en mourais vraiment, elle est la seule chose, la seule personne qui m'empêche de m'effondrer.

« Sara, il est mort depuis longtemps ! Que ressentez vous quand Catherine vous touche ? De la colère, de la peur, du dégout ? »

« Quoi ? Non, non, bien sûr que non, je ne ressens rien de tout ça ! »

Je ne peux pas croire qu'il dise une chose pareille.

« Alors que ressentez vous ? »

« Je me sens bien, en confiance, aimée… en sécurité même ! »

« Sara, là où se trouve votre père, il ne peut plus vous atteindre ! S'il vous fait du mal à nouveau, c'est que vous le laissez faire ! C'est vous qui avez le pouvoir, vous qui décidez ou non de sortir de cet enfer ! Catherine n'attend que vous… et quand vous serez prête elle sera là pour vous, croyez moi ! »

« Mais si… si je ne suis jamais prête ? »

Je le fixe, attendant une réponse qui ne vient pas… et quelque chose en moi hurle qu'elle ne viendra jamais.

Le sourire qui se peint sur le visage de Salinger me le confirme.

« Laissez moi deviner, j'ai la réponse c'est ça ? »

Les coups sur la porte, détournent son attention.

« Entrez »

C'est Catherine…

« Bonjour, je vous attendais justement, asseyez vous ! »

Je ne comprends plus rien, et ça doit se voir sur mon visage puisque le Doc se sent obligé de me donner une explication.

« Je ne savais pas si vous seriez d'attaque pour une séance aujourd'hui, j'avais donc demandé à Catherine de passer me voir ce matin… »

Je me tourne vers elle : « Tu ne me l'avais pas dit… »

« Tu ne m'en as pas vraiment laissé le temps » elle me sourit.

« Très bien puisque vous êtes là toutes les deux, je vais vous donner la suite du programme »

« La suite du programme, vous plaisantez, Catherine est blessée et moi je… »

« Sara, Sara… laissez moi finir, d'accord ?! »

« Désolée… »

« Bien, il vous reste deux jours à passer avec nous… le programme est simple, aujourd'hui vous passez la journée séparées l'une de l'autre, et demain, en fin de matinée, après un dernier test vous serez libres… »

Mon cerveau n'a pas imprimé la fin de la phrase, je m'entends que le mot 'séparées' hurler dans mon crane !

« Nous séparer ? » la voix de Catherine résonne en moi « Je croyais que le but de ce stage c'était de nous rapprocher ? »

« En effet, mais vous avez vécu en symbiose pendant presque neuf jours entiers, il est temps pour vous de retrouver chacune votre identité, de faire le point avec vous même et de mettre un peu d'ordre dans vos idées, pour savoir comment vous allez vous comporter l'une avec l'autre une fois sorties d'ici »

« Et si je refuse de quitter Sara ? »

Je sais que Catherine a peur de me laisser seule à cause de tout ce qui s'est passé ces deux derniers jours. Même si je n'ai aucune envie de quitter Catherine, je sais que Salinger a raison, nous séparer nous fera le plus grand bien.

Je souris à Catherine, avant de poser ma main sur la sienne.

« Cath tout ira bien, je te le promets et puis on se retrouve ce soir ! »

Elle penche la tête, me fixant un moment comme pour voir si elle peut vraiment croire en ma promesse, je lui souris aussi tendrement que je peux pour la rassurer.

« Très bien… » elle me rend mon sourire, mais je peux voir sa lèvre inférieure trembler doucement.

« Parfait ! Sara, j'ai fait seller un cheval pour vous, il se trouve devant votre chalet, vous avez un repas dans un sac, et une radio si vous avez le moindre problème. Vous pouvez aller où bon vous semble, mais vous ne pouvez pas rentrer avant 18 h. Le grand air vous fera le plus grand bien… »

« Tu sais monter à cheval ? » Catherine a l'air surprise.

« Pourquoi je ne saurais pas ?! » je glousse doucement.

« J'aurais adoré venir avec toi… j'ai une vraie passion pour les chevaux »

« J'imagine qu'on ne grandit pas dans un ranch du Montana, sans en garder quelques séquelles » je lui fais un clin d'œil, lorsque je l'entends pouffer de rire.

« Catherine avec votre cheville ce n'était pas envisageable, je vous conduirai donc en ville, j'ai à faire là bas ! Et je vous reconduirai ici ce soir ! »

« Très bien… »

Je peux voir sans peine qu'elle est déçue de ne pas pouvoir profiter de la balade à cheval elle aussi.

« Je vous donne 15 minutes pour prendre vos affaires au chalet et me retrouver sur le parking »

Nous nous levons sans bruit et quittons le bureau de Salinger.

Le retour vers le chalet se fait en silence, mais Catherine a glissé sa main dans la mienne, elle n'a pas pris ses béquilles, et marche d'un pas lent. Sa main dans la mienne vaut tous les discours, elle ne veut pas me quitter c'est une évidence.

Nous passons devant la monture qu'a fait préparer Salinger pour moi, sans lui accorder beaucoup d'attention. Une fois à l'intérieur, j'ai tout juste le temps de refermer la porte que Catherine se jette dans mes bras.

« Promets-moi de ne rien faire de dangereux ou de stupide ? »

Je la sens au bord des larmes.

« Je ne serai pas là pour veiller sur toi, alors promets moi de faire attention… »

Je referme mes bras sur elle : « Cath, chérie, tout ira bien, je te le promets d'accord ? »

« D'accord… » sa voix est rauque, nouée par la peur et je ne peux pas lui en vouloir, c'est moi qui lui ai donné des raisons d'avoir peur !

« Hey Cath, je suis là, je suis revenue pour toi et je n'irai nulle part ! J'ai besoin de toi dans ma vie… je t'aime ! »

« Je t'aime aussi… »

« Tu sais quoi ? » je soulève son menton. « Dès qu'on est sorties d'ici, et que ta cheville sera remise, toi et moi on ira se faire une super ballade à cheval, rien que nous deux ! Je connais un coin super dans les collines de Vegas ! Tu verras, tu vas adorer… »

« C'est toi que j'adore… »

Sa bouche chaude contre la mienne, électrise soudain tout mon corps, je n'ai plus aucune envie de la lâcher ou de la laisser partir loin de moi… Sa langue tout contre la mienne est si douce que je ne voudrais rompre ce contact pour rien au monde ! Pourtant mes poumons finissent par me réclamer de l'air et je n'ai d'autre choix que d'obéir. Maudite respiration !

Catherine appuie alors son front tout contre le mien : « On se retrouve ce soir… »

« Ici, ce soir sans faute ! C'est promis Cath, fais moi confiance je serai là ok ? »

« Ok… » elle me sourit doucement, avant de me donner un autre baiser.

Dieu, ce que j'aime quand cette femme m'embrasse !

« A ce soir… » elle ouvre la porte et me fixe intensément comme pour graver mon visage à jamais dans son esprit.

Elle ne dit pas un mot mais je peux sentir qu'elle a peur… peur que je ne sois plus là à son retour ! Je la regarde doucement descendre les marches et commencer à se diriger vers le parking, mais avant ça, elle s'arrête près de mon cheval, lui glisse une caresse sur l'encolure, avant de reprendre sa marche.

Mon cœur se serre…

« JE SERAIS LA ! » je hurle pour être sûre qu'elle m'a bien entendue, mais elle ne se retourne pas, continuant de marcher droit devant elle.

Quoi qu'elle en pense je serai là !

Je serais toujours là pour elle ….

Chapitre 58 : Catherine

Nous séparer ? Salinger veut nous séparer alors qu'on s'est tout juste trouvées !

Mon sentiment d'impuissance est grand quand je quitte les bras de Sara, avant de descendre les marches du chalet. Je peux sentir son regard sur moi… elle est si fragile en ce moment, et cet abruti veux que je la laisse seule ?! Pourtant quelque chose en moi me dit qu'une petite journée loin l'une de l'autre serait peut être bénéfique, histoire de voir où on en est, et surtout de savoir où on va…

Parce que je ne sais pas le moins du monde où on va Sara et moi une fois sorties d'ici ! C'est évident que je me fiche de la destination, tant que Sara est près de moi ! Mais je sais que ma grande brune a besoin d'un plan et d'un peu de stabilité dans sa vie et c'est ce que je vais m'empresser de lui donner !

En passant près du cheval de Sara, je ne peux m'empêche de le caresser et de lui murmurer doucement : « Je te la confie pour aujourd'hui, prends soin d'elle d'accord ? Elle est précieuse pour moi… Ramène la moi c'est tout ce que je te demande ! »

Je sens une boule serrer ma gorge, je dois me forcer à avancer sinon je vais me mettre à pleurer ! C'est ridicule je le sais bien, je sais que Sara ne va pas aller s'ouvrir les veines dans la forêt, elle a fait le choix de revenir vers moi, elle a choisi la vie, je sais qu'elle ne fera rien de stupide en mon absence…

« JE SERAIS LA ! » me hurle alors Sara, je ne peux retenir un sourire, je sais qu'elle sera là, elle me l'a promis !...

Je meurs d'envie de me retourner mais si je le fais, je sais que je n'irai jamais rejoindre Salinger, et je dois y aller ! Nous en avons trop bavé Sara et moi, pour tout foutre en l'air maintenant !

Je marche donc droit devant moi jusqu'au parking…

Salinger est là, je monte rapidement dans la voiture et nous nous mettons en route.

Ooooooooooo

Cela fait presque une demi-heure, que je regarde défiler les arbres sans dire le moindre mot. Je ne suis pas vraiment dans la voiture avec Salinger, je suis restée avec Sara…

« Elle vous manque ?... » la voix du Doc me force à sortir de mon état de semi coma.

« Oui, je sais que c'est ridicule surtout que ça fait tout juste vingt minutes… »

Il glousse avant de me sourire : « Je parlais de votre fille, pas de Sara… »

« Oh…. »

Je rougis jusqu'à la racine des cheveux ! …

« Vous vous faites du souci pour elle ? »

« Non, Lindsey est avec son cousin Jeremy, et puis elle a le contact facile, je sais qu'elle s'amuse bien à son stage de théâtre »

« Je parlais de Sara… vous vous faites du souci pour Sara ? »

Grrrrrrrr mais à quoi est ce qu'il joue ?! Ca l'amuse de m'embrouiller comme ça ?!

Puisque c'est comme ça je ne dirai plus un mot, voilà tout ce qu'il a gagné !

Je détourne ma tête et fixe le paysage sans vraiment le voir.

« Ces marques sur votre visage c'est… »

« Un accident ! Un simple accident ! » je me retourne pour le fixer furieuse.

« Vous êtes sûre ? »

« Vous insinuez quoi au juste que je suis une menteuse ? Ou que Sara m'a fait ça volontairement ? »

« Je n'insinue rien Catherine.. »

« Sara m'a fait ces marques en dormant, elle n'était pas consciente de ce qu'elle faisait ! »

« Elle repoussait son père dans l'un de ses cauchemars ? »

Je le regarde surpris : « Comment est ce que… oh le dossier de Sara bien sûr ! »

« Je ne suis pas le premier psychologue qu'elle voit Catherine »

« Je sais… »

« Est-ce qu'elle vous fait peur ? »

« Quoi ? Non, bien sûr que non… »

Salinger ne dit rien, j'ai l'impression qu'il connaît déjà la vraie réponse…

« Parfois oui… mais je n'ai pas peur pour moi, mais pour elle, j'ai peur qu'elle se fasse du mal ! Je sais que je n'ai rien à craindre d'elle ! »

« Vous en êtes sûre ? »

« Bien sûr ! »

« Vous en êtes sûre Catherine ou c'est ce que vous voulez croire ?! »

« SARA NE ME FERAIT JAMAIS DE MAL ! » J'insiste lourdement sur chaque mot, les détachant bien les uns des autres, haussant même le ton. « La violence gratuite n'est pas dans sa nature ! Elle n'est pas comme son père ! Elle ne se fait pas confiance c'est un fait… mais son frère l'a empêchée de devenir comme leur père ! Sara ne s'est juste pas encore rendue compte du cadeau que lui avait fait David ! »

« Elle vous a parlé de son frère ? » me demande le Doc d'un air surpris.

« Oui elle m'a parlé de David et d'un tas d'autres choses… »

« C'est bien, je vois que vous avez réussi à établir un autre système de communication que le hurlement ! »

« Ca nous arrive souvent de partager autre chose que des disputes, c'est juste que… »

« Que quoi ? »

« Que nous avions peur toutes les deux d'accepter nos sentiments, alors nos disputes étaient un terrain neutre où chacune savait ce qu'attendait l'autre… »

« Vous ne pensez pas que ces marques sur votre visage révèlent la vraie nature de Sara ? Et que vous vous trompez sur elle ? »

Je réfléchis quelques secondes : « Si en effet… je l'ai mal jugée, pendant longtemps j'ai cru qu'elle était égoïste et prétentieuse, alors qu'elle était simplement perdue ! Et je sais que je peux l'aider à retrouver son chemin… »

« Elle a de la chance de vous avoir près d'elle, mais Catherine, le chemin de retour pour Sara sera long et parfois difficile ! »

« Je le sais, mais on a déjà trop fait de route ensemble pour que je l'abandonne maintenant ! »

Salinger ne dit plus rien, il se contente de sourire en fixant la route. Et je retourne aussitôt à mes pensées, je retrouve Sara… Sara et son doux sourire…

J'ai aussitôt une folle envie de la voir… je jette un coup d'œil sur ma montre, pfff, tout juste une heure que nous sommes partis ! La journée va être plus longue que ce que je pensais !

Ooooooo

« Hey mais où sommes nous ? Ce n'est pas Vegas ça ! » je réalise seulement ça quand Doc arrête la voiture.

« Je n'ai jamais dit que je vous conduisais à Vegas ! » il sourit

« Vous avez dit que vous me conduisiez en ville ! »

« C'est une ville ! Vegas n'est pas la seule ville du Nevada ! »

« Ca je le sais ! Mais je suis sensée faire quoi au juste toute la journée dans ce trou perdu ! »

« Profitez de cette journée pour vous, allez au cinéma, payez vous un bon déjeuner aux frais d'Ecklie, faites un tour dans les petites rues de la ville, faites ce qui vous plait ! »

« Et si ce qui me plait c'est de rentrer au chalet ? » je croise les bras sur mon torse pour bien lui monter que je ne plaisante pas.

« C'est votre choix Catherine… à vous de voir comment vous voulez employer votre temps ! Courir vers Sara à chaque fois qu'elle a un peu de vague à l'âme ne l'aidera pas, elle doit aussi apprendre à se faire face à elle-même ! »

« Je veux simplement être là pour elle… »

« Je le sais, bien sûr que Sara a besoin de vous, mais elle a aussi besoin d'elle-même, besoin de savoir qu'elle est assez forte pour se suffire à elle seule, et ne pas faire une crise d'angoisse chaque fois que vous ne serez pas là ! »

« Mais je … »

Il secoue la tête pour m'interrompre : « Vous ne pourrez pas toujours la protéger Catherine ! Il faut qu'elle apprenne seule ! Une fois de retour à Vegas, les choses doivent changer sinon vous en reviendrez à votre point de départ, voire même peut être pire ! Il est clair que vous et Sara avez fait beaucoup de chemin depuis que vous êtes au centre, mais il vous en reste presque autant à faire ! »

« Je le sais… » je tourne la tête pour fixer la vitre « Je sais qu'elle a besoin de se retrouver, mais j'ai peur quand se trouvant, elle ne nous perde en route… qu'elle réalise qu'elle ne veut plus de moi, qu'elle n'a jamais vraiment eu besoin de moi ! Et que je fais plus partie du problème que de la solution !... »

Je sens la main du Doc me taper doucement le genou : « C'est un risque à prendre Catherine… c'est un risque à prendre ! »

J'ai déjà pris bien trop de risques dans ma vie, et je sais que celui-ci est loin d'être le dernier, mais il reste le plus angoissent…

Sara….

Je soupire avant de descendre doucement de voiture.

« On se voit plus tard ! » me dit Doc avant de me planter là, je ne me donne même pas la peine de lui répondre.

Allez bouge toi Willows, tu as neuf longues heures à tuer avant de retrouver Sara, alors fait quelque chose…n'importe quoi ! Mais fait-le ! Je sens tout à coup mes yeux me bruler, je m'appuie contre la portière de la voiture, avant de me mettre à pleurer comme une gamine à qui on aurait confisqué son jouet préféré pour la journée.

Je ne sais pas vraiment pourquoi je pleure, la fatigue, les nerfs, la peur, le manque de Sara, tout ça n'est plus qu'une violente tempête qui fait rage en moi. Je veux rentrer au chalet, je veux rentrer tout de suite ! Je cherche désespérément un taxi des yeux… et lorsque enfin j'en trouve un, mon corps refuse d'avancer vers son objectif.

Arrête de jouer les enfants gâtés Cath, ça suffit ! Sara a besoin de croire en elle, elle a besoin d'un peu de temps et de faire le point ! Tu veux l'aider ?! Alors laisse là tranquille aujourd'hui ! Elle a promit qu'elle serait là ce soir, et une promesse est une promesse ! Je sais qu'elle sera là !

Je sèche mes larmes, allez il est temps pour moi de sortir Sara de mon esprit…

Ooooooo

Ok ça fait déjà plus de deux heures que je suis là, et l'opération 'sortir Sara de mon esprit' est un échec sur toute la ligne ! J'erre dans les rues de cette ville comme une âme en peine.

Mon inquiétude pour Sara tourne à l'obsession… et si en rentrant au chalet tout à l'heure elle n'était pas là… ou pire encore, si j'arrivais trop tard, si elle s'était fait du mal ! Je sens une crise de panique monter en moi. Je dois lui faire confiance, elle est revenue vers moi, et elle m'a promit que tout irait bien, qu'elle serait là ce soir.

Finalement Salinger avait raison, une journée loin de Sara me fera le plus grand bien, si elle doit apprendre à être seule, je dois apprendre à ne pas me faire de soucis chaque fois que je ne serai pas près d'elle.

Nous avons besoin l'une de l'autre, c'est un fait mais nous devons aussi retrouver nos identités et notre indépendance si l'on veut que les choses marchent entre nous.

Je ne peux pas me sortir Sara de la tête, voilà un autre fait, mais au lieu de me rendre malade avec ça, je dois positiver tout ça… comment ? Ca je ne sais pas encore, mais j'ai le reste de la journée pour trouver !

Au détour de l'une des ruelles, je tombe sur une boutique d'art indien. La vitrine capte mon attention quelques secondes, avant que mes yeux ne dérivent sur un superbe capteur de rêves. Je sais que c'est idiot de croire en ces choses là, mais je pousse la porte du magasin avec la ferme intention de l'offrir à Sara, en espérant que ça gardera ses mauvais rêves loin d'elle.

C'est idiot, puéril même, mais il faut bien commencer quelque part, et pour ma part j'ai décidé de commencer à soigner mon angoisse comme ça, j'ai au moins l'impression de pouvoir l'aider un peu…

Chapitre 59 : Sara

La journée a été longue, épuisante même ! Je me sens vide, le grand air m'a fait du bien j'ai pu me retrouver un peu… faire le point sur tout ce foutu séminaire.

Et au final une seule question me hante encore… est ce que Catherine ne métrite pas mieux que moi ?

Je suis encore une fois en proie au doute, je sais qu'elle m'aime, et je l'aime tout autant si ce n'est plus ! Mais il est évident que je ne suis pas quelqu'un de stable et je ne veux surtout pas lui faire de mal, pas plus que ce que je ne lui ai déjà fait. Ces dix jours ont été éprouvants pour nous deux, mais je sais que cela a encore été bien plus dur pour Catherine. Elle a du quitter sa fille, sa vie entière pendant dix jours pour venir s'enterrer ici, avec moi.

Voilà où en est ma réflexion, lorsque la porte du chalet s'ouvre, et qu'une Catherine presque timide entre dans la pièce.

Elle est enfin de retour…

Elle s'approche doucement de moi, avant de me regarder droit dans les yeux, je sens qu'elle retient ses larmes tout comme ce matin, mais pas pour les mêmes raisons.

« Tu es là… tu es rentrée… » murmure t'elle avant de se blottir tout contre moi.

« Je te l'avais promis non ? »

Elle hoche la tête, avant de m'embrasser sur la joue : « Tu vas bien ? »

« Oui mais la journée a été longue… »

Elle me sourit et soupire de soulagement : « Je sais oui. Tiens j'ai quelque chose pour toi ! » me dit elle en fouillant nerveusement dans sa poche.

Après plusieurs secondes de fouille agitée, elle finit par me tendre un petit paquet.

« Cath tu n'aurais pas du ! Je n'ai rien pour toi… »

« Ce n'est pas grand-chose » elle m'embrasse doucement sur les lèvres avant d'aller s'écouler sur le canapé.

Je la suis et m'assois tranquillement près d'elle.

« Tu n'ouvre pas ton cadeau ? » me demande t'elle en glissant une main dans mon dos.

« Dans une minute, avant ça je… je voudrais qu'on parle toi et moi »

« Qu'on parle de quoi ? » m'interroge t'elle soudain nerveuse.

« De toi et moi…de ce qui s'est passé ce matin… »

Je la sens sur la point de protester alors je l'interromps : « Je veux que les choses soient claires Catherine ! Je… j'ai fui pour la simple et bonne raison que j'ai eu peur. Je n'ai jamais fait l'amour Catherine… »

« Quoi ? » je la sens bondir sur le coussin du canapé.

« Comprends moi bien… je… j'ai déjà eu des aventures, mais je me suis contentée de baiser, de coucher ou de m'envoyer en l'air avec ces gens là, je ne me suis jamais impliquée sentimentalement avec eux. Pas après ce que mon père m'a fait… je… je n'en avais pas la force, pas le courage ! »

Je sens sa main se glisser dans la mienne et la serrer avec force, elle ne dit rien, elle attend simplement que je reprenne mon souffle.

« Mais avec toi Catherine c'est différent… je t'aime ! Je ne sais pas comment tu as réussi cet exploit mais tu as réussi à franchir toutes les barrières que j'avais dressé autour de mon cœur. Le problème c'est que même si je t'aime…je ne suis pas sûre de savoir comment m'y prendre. Je n'ai jamais rien ressenti en couchant avec quelqu'un c'est comme si j'étais vide à l'intérieur, et je ne veux pas que tu vois ce chaos, ce néant intérieur et que tu penses que c'est toi qui ne sais pas éveiller le désir en moi… »

« Sara… »

« Non Catherine, je suis sérieuse, si on ne peut pas coucher ensemble à cause de moi, parce que je ne suis pas prête je… »

« Sara si tu n'est pas prête, je peux attendre ! »

« Et si je ne suis jamais prête, si je n'arrive à rien ressentir, ou si toi tu ne ressens rien en couchant avec moi ! Je ne pourrais pas le supporter. Peut-être que toi et moi on devrait arrêter, peut-être que… je ne veux pas te faire souffrir d'avantage. Je pensais que jamais je ne te ferais de mal, jamais ! Pourtant je l'ai fait ! Tu devrais te tenir loin de moi ! »

« Sara arrête de te culpabiliser pour tout ce qui s'est passé ici d'accord ! Je connais mes limites, je te l'ai déjà dit ! Je t'aime Sara, alors laisse-moi décider de ce que je peux supporter ou non, d'accord ? Le sexe n'a aucune importance pour moi, enfin je veux dire, c'est n'est pas la dessus que je veux baser notre relation. »

« Cath… »

« Sara, j'ai bien compris tout ce que tu m'as dit ! Tu dis que tu as un côté sombre, que tu es torturée, complexe, pour moi ce n'est pas un défaut, loin de là c'est une force ! Une force qui te permet d'avancer jour après jour et je t'aime pour ça ! Tu m'entends, tu n'es pas faible, tu ne l'as jamais été et tu ne le seras jamais. Et c'est pour ça que je veux passer le reste de ma vie avec toi, tu as compris Sara, je t'aime, pas parce que tu es parfaite, mais parce que tu es toi, simplement toi ! »

« J'ai tellement peur de te décevoir, de ne pas être à la hauteur… »

« Sara arrête ! Faire l'amour avec la personne qu'on aime n'est jamais décevant. Et pour ton information, je n'ai jamais couché avec une femme, mais je n'ai pas peur, parce que c'est toi et que mes sentiments pour toi sont plus importants que tout ! Pour la première fois de ma vie, je peux dire que je suis sure de moi, sure de mon amour pour toi, et j'attendrai que tu sois prête parce que tu n'es pas n'importe quel coup d'un soir, tu es mon âme sœur, l'amour qui va régner sur le reste de ma vie, alors oui je suis prête à t'attendre. »

« Très bien… » je ne sais pas quoi dire d'autre, toute la détermination qui brule dans ses yeux me prouve qu'elle croit en chaque mot qu'elle a dit.

« Ouvre ton cadeau ! »

Je hoche la tête, et défais doucement le paquet que j'ai entre les mains. J'en sors alors un minuscule capteur de rêve en cuir.

« Je me suis dis qu'un peu d'aide pour les nuits 'agitées' qu'on a en ce moment ne serait pas de trop… » elle hausse doucement les épaules.

C'est la plus gentille attention que quelqu'un ai eu envers moi depuis longtemps ! Pour la première fois de ma vie, quelqu'un d'autre que mon frère se préoccupe vraiment de mon bien être.

« C'est merveilleux… merci Cath ! » je pose doucement le capteur de rêve sur la table avant de la gratifier d'un baiser.

Catherine me serre alors contre elle, et couvre mon visage de doux baisers. Mais au lieu de la prendre dans mes bras pour lui rendre son étreinte je glisse mes mains sous son chemiser… grave erreur. Je la sens frissonner.

Je déboutonne alors doucement son chemisier.

« Sara… » murmure t'elle d'une voix rauque.

« Je… je ne te promets pas d'aller jusqu'au bout mais j'ai besoin de sentir ta peau contre la mienne. J'ai besoin de te toucher, de savoir que tu es là…» ma voix n'est qu'un murmure tremblant de mille émotions à la fois.

« D'accord… » elle me sourit si tendrement, si amoureusement que je sens monter en moi une vague de désir.

Je passe ma main doucement sur son ventre… il est si doux, si chaud. Pendant une minute j'ai l'impression de ne plus contrôler mes mains, effleurant chaque centimètre de la peau nue de Catherine. Je glisse une main sûre et rapide dans son dos et défait doucement son soutien-gorge.

Catherine me fixe toujours en souriant, je sens le désir monter en elle, je peux voir cette étrange flamme danser dans son regard et j'aime ça, j'aime savoir que je suis celle qui peut allumer cette étincelle.

Ma bouche embrasse la courbe de ses épaules, puis le galbe parfait de ses seins, je laisse ma langue glisser sur sa taille fine et cambrée. L'appel de ce corps brulant est si fort que j'en pers toute raison. Je sens alors le corps de Catherine venir se blottir tout contre le mien. Et a cette seconde je m'étonne encore de la perfection avec laquelle nos deux corps s'emboitent, combien ils épousent la forme de l'autre, comme si ils avaient été créés l'un pour l'autre depuis toujours.

Mon désir s'emballe, je le sens monter en moi.

D'une main impatiente, je retire le jeans de Catherine. Elle ne proteste pas, me laisse faire à mon rythme et attend de voir ce qui va suivre. J'approche ma bouche de la sienne et l'embrasse avec ardeur, je l'entends gémir lorsque ma main caresse doucement son bas ventre. Elle s'accroche soudain à moi, et resserre notre étreinte avant de me libérer d'une main habile de mon haut et de mon soutien gorge. Catherine laisse alors passer sa main doucement, de l'un de mes seins à l'autre.

Le choc est brulant pour moi… je sens monter en moi quelque chose de bizarre, de chaud et d'intense. J'ai besoin de sentir Catherine encore plus proche de moi. Je l'embrasse avec fougue, si ardemment en fait que nos dents s'entrechoquent.

Un intense sentiment de joie m'envahit lorsque je me sens gémir de plaisir sous les caresses de Catherine. Le corps de la belle blonde frissonne tout contre le mien, elle est là, simplement offerte, sans réticence ni gène, voulant naturellement partager cet instant avec moi.

Catherine passe alors une main douce et délicate dans mes cheveux : « Sara tu es sure de vouloir faire ça ? Je ne suis pas pressée… nous avons tout le temps devant nous ! On peut attendre… je peux attendre ! »

Je peux voir dans ses yeux tout l'amour et le désir que j'ai allumé en elle, et soudain je n'ai plus peur ! Si elle est encore là, après tout ce que nous avons traversé, elle sera toujours là ! Catherine a raison, faire l'amour avec la personne qu'on aime n'est jamais décevant ! Elle me connaît, elle sait qui je suis vraiment, rien de ce que je peux lui montrer désormais ne pourra l'effrayer, elle a déjà vu le pire côté de mon âme. Le côté le plus sombre et obscur de Sara Sidle, Catherine l'a déjà affronté, et je sais aujourd'hui qu'elle n'est pas femme à avoir peur de l'obscurité. Je lui fais confiance… elle est la femme de ma vie… la lumière qui m'a fait sortir des ténèbres

« Oui Catherine, je veux le faire ! Plus que tout au monde je veux faire l'amour avec toi ! »

Alors sans plus hésiter je m'empare de sa bouche, et lui arrache un doux gémissement. Ma bouche glisse le long de son cou, de ses seins, de son ventre… pour finir sa course dans l'intérieur de sa cuisse.

Je sens alors le corps de Catherine se mettre à trembler d'impatience, doucement je remonte le long de sa cuisse, pour aller déposer un baiser dans l'endroit le plus intime qui soit. Ma main rejoint délicatement son entrejambe, et je ne peux m'empêcher de la caresser doucement. Un gémissement de plaisir lui échappe soudain et lorsque je veux retirer ma main Catherine émet un petit cri de protestation.

Bientôt ses hanches bougent au rythme imposé par ma main.

« Sara… » murmure t'elle avant de se briser la voix en m'appelant.

Je suis prête… et elle aussi, elle n'attend plus que moi…

D'un geste plein d'amour et de douceur, elle repousse les quelques cheveux qui me sont tombés sur le visage, avant de plonger son regard brûlant dans le mien.

« Je t'aime Sara… »

« Je t'aime Catherine… » puis avec un doux sourire sur le visage, je m'insinue en elle, Catherine se cambre et m'accueille pleinement en elle. Après quelques minutes d'un intense va et vient en elle, une explosion de sensations me fait crier à mon tour, juste quelques secondes après Catherine.

Essoufflée, les joues en feux et le souffle court, je m'écroule sur elle pour la prendre doucement dans mes bras.

« Waouh… » je souffle.

« Quoi ? »

« Je viens de faire l'amour pour la première fois de ma vie… » je glousse nerveusement.

« Et alors c'était comment ? » me demande Catherine en embrassant le bout de mon nez.

« C'était magique… tout simplement magique Cath ! »

« Alors on va faire en sorte que cette magie ne quitte plus jamais nos vie ! » dit-elle en resserrant ses bras sur moi, avant de fermer les yeux.

Quelques minutes plus tard Catherine s'est endormie et à mon tour je glisse vers le sommeil, la tête remplie de magie…

Chapitre 60 : Catherine

Lorsque je me réveille je sens un poids sur moi. C'est Sara. Elle s'est endormie tout contre moi. Même si elle m'écrase un peu et que je respire difficilement, je n'ose pas bouger.

Elle dort si profondément, elle a l'air si paisible que je m'en voudrais de la réveiller maintenant, dormir n'est pas vraiment son fort, alors toutes les heures de sommeil qu'elle peut prendre sont les bienvenues. Je caresse doucement ses cheveux… je sais que si je me suis réveillée c'est qu'il ne doit pas être loin de 2 heures du matin. J'ai l'impression que quelque chose en moi est maintenant réglé pour parer au pire.

J'attends quelques minutes le cœur serré par l'angoisse…

Mais Sara ne bouge pas d'un pouce, elle dort toujours collée contre moi. J'étire doucement mon cou en direction de la cuisine, et déchiffre tant bien que mal l'heure qu'indique la pendule.

C'est impossible… je n'en crois pas mes yeux !

Je souris malgré moi… un soupir de soulagement s'échappe de ma poitrine. Il est presque 4h du matin ! Bientôt 4h du matin et pas un hurlement, pas un sursaut n'a réveillé Sara. Elle dort… elle dort ! Je sens des larmes qui commencent à me brûler les yeux mais je les retiens. J'ai déjà bien trop pleuré depuis que je suis ici.

Soulagée, heureuse même, je glisse mes bras autours de Sara et me rendors paisiblement… Sara avait raison, cette nuit est magique.

Oooooooo

Il est neuf heures précises et Sara et moi sommes assises dans la salle d'attente en attendant le Dr Salinger.

La même salle d'attente qui nous a vues arriver il y a dix jours remplies de doutes, de colère et d'incompréhension. Mon dieu ce que les choses ont changé en seulement dix jours… ma vie entière a changé en dix jours.

« A quoi est ce que tu penses ? » me demande Sara en se penchant sur moi.

« A nous… je pense à tout ce qui s'est passé depuis qu'on est arrivées ici ! »

« Tu regrettes d'être venue ? »

« Jamais de la vie ! »

Je lui prends la main, et embrasse rapidement sa paume.

« Tu crois que ce dingue de Salinger va nous donner quel genre de 'travaux' à faire avant de partir ? »

« Euh et bien laisse moi réfléchir… étant donné qu'il est sensé nous libérer dans une heure, c'est forcément quelque chose de rapide…Oh je sais il va me demander de me jeter d'une falaise et tu devras me rattraper avant que je m'écrase au sol. Ou alors il va me donner une arme, me bander les yeux et je devrais atteindre une cible juste derrière toi sans te blesser ! »

« Oui c'est possible… Mieux, pourquoi ne pas nous conduire en plein milieu du désert avec juste une bouteille d'eau à partager. Oh oh ou bien pourquoi ne pas nous recouvrir de miel en pleine forêt et attendre que l'une de nous se fasse attaquer pas un ours pour voir comment réagirait l'autre ! Rien ne m'échappe ici mesdames, vous ne risquez rien… Mais non Catherine, vous ne risquez pas d'être mangée par un ours, je l'ai dressé exprès pour qu'il soit végétarien ! » Sara imite la voix du Doc.

Je ne peux pas me retenir, et lâche un grand éclat de rire.

« Tu es douée tu sais ! » lui dis je entre deux hoquets.

Sara glousse et en moins de quelques secondes, on partage un fou rire, je ris tellement que j'en ai presque une crampe à l'estomac.

Salinger apparaît soudain, et cela ne fait qu'accroitre notre fou rire.

« Bien je vois que tout le monde est de bonne humeur ce matin ! »

Sara et moi hochons la tête à l'unisson.

« Bien j'espère que vous ne la perdrez pas de si tôt, vu ce qu'il vous reste à faire avant de partir, si vous voulez bien me suivre dans mon bureau »

Je sens Sara perdre un peu sa bonne humeur, je l'embrasse rapidement avant d'entrer dans le bureau de Salinger : « Tout ira bien… »

« Je le sais, puisque tu es là ! »

Nous prenons place dans le bureau, je l'espère pour la dernière fois.

« Alors comment s'est passée votre dernière soirée parmi nous ? » demande Doc en feuilletant un dossier devant lui.

Sara et moi échangeons un regard et je peux la voire rougir comme une jeune fille, ce qui fait naitre un sourire satisfait sur mon visage.

« Bien… je dirais que c'était une bonne soirée ! » je marmonne toujours en souriant.

« Parfait ! Et qu'avez-vous fait ? » Doc demande toujours le nez dans ses feuilles.

J'entends Sara s'étrangler avec sa salive.

Je continue de sourire : « Nous avons passé du temps ensemble, nous avons suivi vos conseils et renforcé nos liens… »

« Bien, bien parfait ! Et de quelle façon ? »

Toujours amusée je lui réponds : « De façon intime… »

Un hoquet nerveux s'échappe de la gorge de Sara, elle me fixe mi amusée, mi fâchée.

« Pas de disputes, ni de cris pendant la soirée ? » Salinger fait rapidement quelques annotations ici et là en bas de page.

« Non pas l'ombre d'une dispute… par contre pour ce qui est des cris… je l'ai faite cirer au moins deux fois c'est sur ! »

Le visage de Sara s'enflamme, et devient aussi rouge que le sweet qu'elle porte.

« Catherine… » Marmonne t'elle gênée.

« Quoi ? Il m'a posé une question, je réponds simplement ! » je réplique l'air espiègle.

Salinger lève enfin le nez et semble en pleine réflexion : « Comme pouvez vous avoir passé la soirée sans dispute, si vous avez fait crier Sara… et que… oh, oh, ah d'accord ! » Doc bafouille il vient visiblement de comprendre mon sous entendu. Et je dois dire que je suis plutôt heureuse d'avoir enfin le dessus sur lui.

Plus personne ne dit un mot, mais le sourire que j'arbore en dit long…

« Donc vous êtes un couple maintenant c'est ça ? »

Je jette un œil sur Sara et je la surprends à faire la même chose, nous échangeons un sourire avant de répondre d'une seule voix : « Oui nous sommes un couple ! »

« Bien, j'en suis ravi pour vous, il semblerait que finalement la base de votre problème était tous ces sentiments inavoués entre vous… cela dit… »

Oh oh je n'aime pas le ton qu'il vient d'employer.

« Cela dit votre stage ici ne vous servira plus à rien dans le milieu professionnel, puisque vous ne travaillerez plus ensemble ! »

Mon sang ne fait qu'un tour, et je bondis de ma chaise avant que Sara n'ai le temps de bouger.

« Comment ça ? Non c'est injuste ! D'accord nous n'avons pas réussi tous vos fichus exercices mais on a fait des progrès, on a fait de notre mieux et on fonctionne bien ensemble Sara et moi ! On… on est guéries, vous ne pouvez pas nous séparer maintenant ! »

« Catherine vous n'êtes pas 'guérie' pour la simple et bonne raison que vous n'étiez pas malade ni l'une ni l'autre ! Vous aviez juste quelques 'problèmes' à régler rien de plus ! Et je suis obligé de vous séparer car vous êtes la supérieure de Sara, et que maintenant que vous êtes en couple, vous ne pouvez plus travailler ensemble. L'une de vous doit changer d'équipe c'est le règlement Catherine… »

« Ce n'est pas juste ! » mes mâchoires se crispent lorsque je me rassoie.

Sara glisse alors sa main dans la mienne : « Ce n'est pas grave Cath, je changerai d'équipe s'il le faut ! Même si j'adore travailler avec toi, ça ne me pose pas de problème. Tu es bien plus importante pour moi que le labo, notre vie privée compte bien plus à mes yeux et puis c'est le règlement ! » dit elle en resserrant sa main sur la mienne.

Je suis étonnée que Sara me tienne un tel discourt. Elle qui excellait au jeu de 'défions les lois' je ne la reconnais plus. Peut être que finalement ce séminaire aura eu du bon et aura bridé un peu le côté téméraire de Sara, ce qui ne serait pas un mal en soi. Et savoir que je compte plus pour elle que le labo me touche vraiment, parce que je sais à quel point la grande brune aime son boulot.

« Sara je suis fier de vous ! C'est tout à fait la réaction que j'attendais de vous ! Ca prouve que vous avez fait d'énormes progrès ! Et pour vous encourager dans cette voix, je ne dirai rien à Ecklie sur vous deux ! Je vais vous offrir un peu de temps. Comme ça vous aurez la chance de voir comment marche votre histoire hors de ces murs, de passer un peu de temps ensemble et quand vous serez prêtes, vous irez voir Ecklie pour le changement d'équipe. »

« Et si nous ne sommes jamais prêtes ? » je demande plus que sérieusement.

« Vous le serez un jour, je le sais ! »

« Merci Doc… » murmure Sara sur un ton que je devine sincère.

J'ai tout à coup envie de prendre Sara par la main, de la tirer hors d'ici et de rouler jusqu'à Vegas pour rentrer chez moi et me blottir sous ma couette avec elle.

« Bien une dernière petite chose et vous pourrez partir… »

Je soupire excédée, ah oui bien sûr, ce dernier fichu exercice.

« Alors qu'est ce qu'on est sensées faire cette fois, pour gagner notre libération ? » demanda Sara en grimaçant.

« A vous de me le dire ! » annonce le Doc.

« Pardon ? » je demande surprise.

« A vous de me montrer que vous avez maintenant confiance l'une en l'autre comme jamais et qu'un lien 'spécial' s'est tissé entre vous ! »

Cette fois il a perdu la tête ! Il veut peut être qu'on lui face un numéro de cirque pendant qu'on y est ! Après tout ce qu'on a traversé, Sara et moi, il faut encore qu'on lui prouve qu'on a confiance l'une en l'autre ! On sait tout l'une de l'autre à présent, on couche ensemble, il n'y a pas plus grande marque de confiance non ?

Quand au lien spécial qui nous unie, il a toujours, toujours été là même du temps où c'était la guerre entre nous ! Sara et moi avons toujours eu ce lien !

Je suis sur le point de protester quand Sara serre de nouveau ma main. Et je peux lire tout de suite dans son regard qu'elle a une idée. Mon cœur bondit dans ma poitrine quand elle me sourit, sans un mot, je me lève et je la suis au milieu de la pièce. Son regard est si intense et elle est si proche de moi que pendant une seconde je crois qu'elle va m'embrasser.

Mais elle n'en fait rien.

Lorsqu'elle pose ses mains sur mes épaules et que son sourire s'agrandit encore je comprends immédiatement où elle veut en venir. Et avant de me retourner, pour que mon dos soit face à elle, je dépose un rapide baiser sur sa joue.

« Prête ? » me demande t'elle en se mettant derrière moi.

Je hoche simplement la tête, avant de me jeter en arrière sans la moindre hésitation. Je sais que Sara est là et qu'elle me rattrapera, oui je le sais.

Je m'écrase dans ses bras, et je sens mon cœur qui bat lorsqu'elle me fait un clin d'œil. Le sang me monte à la tête, cette position n'est toujours pas plus confortable que la première fois que nous avons réalisé cet exercice, pourtant tout a changer…

Oui absolument tout !

J'ai changé… Sara et moi avons changé !

La grande brune m'aide à me relever doucement et une fois sur mes deux pieds, je peux voir que Salinger nous fixe avec un air plutôt fier.

« Mesdames vous êtes libres ! » dit Salinger en se levant de son siège. « Je ferai parvenir vos attestations de réussite de stage à Ecklie demain matin à la première heure ! »

Je paierai cher pour voir la tête d'Ecklie demain en ouvrant l'enveloppe qui lui annoncera que Sara et moi avons réussi notre stage, ensemble ! Il nous a envoyé ici, dans le seul et unique but de pouvoir se débarrasser de Sara. Et savoir qu'il s'est servi de moi pour arriver à ses fins me rend folle de rage. Mais Sara et moi avons été plus malines que lui, ça n'a pas toujours été simple, loin de là même, plus d'une fois j'ai failli tout lâcher. Pourtant, finalement, entre cris, rivalité et sentiments confus, nous avons trouvé un bon équilibre, et aujourd'hui il y a un 'nous', un vrai 'NOUS'.

Ca aussi quand Ecklie va l'apprendre ça va lui faire l'effet d'une bombe ! Peut être même qu'avec un peu de chance ça lui déclenchera une crise cardiaque.

Il est surement à mille lieux d'imaginer ce qui se passe vraiment entre Sara et moi. Et quand le moment sera venu, je me ferai une joie de lui annoncer la nouvelle. L'expression de son visage à cet instant là, n'aura pas de prix pour moi.

Un frisson de joie parcourt ma colonne vertébrale.

« Vous avez fait du bon boulot ! Vous n'avez plus qu'à rentrer sur Vegas et à profiter de votre week-end ! » dit alors le Doc.

« Et c'est tout ? » demande Sara surprise.

« Presque oui… » nous dit le Doc sur un ton de confiance en s'approchant de nous.

« Je savais bien que c'était trop simple ! » lance Sara triomphante.

« Alors que nous reste t'il encore à faire ? » je demande en redoutant sa réponse.

« Il vous reste à être heureuses ensemble, mais aussi chacune de votre côté ! Et ça c'est un travail de tous les jours ! »

Nous restons là à nous fixer tous les trois pendant quelques secondes.

« Je crois que c'est un travail qu'on prendra plaisir à faire chaque jour, qu'en dis tu ? » me demande Sara.

Pour toute réponse je me contente de lui sourire, j'aime lui sourire… j'ai passé tellement de temps et d'énergie à pleurer, que je veux rattraper tout ça.

« Je pense qu'il est temps pour nous d'y aller Doc, on a une longue route à faire avant de rentrer » je lui dis soudain pressée de quitter cet endroit.

« Ce fut un plaisir Catherine… un véritable plaisir ! » dit il en me tendant la main.

« Je ne peux pas en dire autant, mais merci… » je luis souris et serre la main qu'il me tend.

« Sara… j'ai été ravi de travail avec vous ! »

La grande brune ne dit rien, et pendant une minute, l'idée que Sara puisse le frapper à nouveau me traverse l'esprit. Mais à ma grande surprise, elle s'avance vers lui et le prends dans ses bras. Je reste sans voix, mais le Doc n'a pas l'air plus surpris que ça, il lui rend son étreinte, et même si je ne trouve pas ce comportement très professionnel, je suis contente qu'il n'ait pas repoussé Sara.

« Merci… » finit elle par dire.

« Je n'ai fait que vous mettre sur la bonne route, maintenant c'est à vous de faire le reste ! » Il nous sourit et nous raccompagne jusqu'à la porte. « Bonne route à vous deux… »

Lorsqu'il prononce ce 'bonne route à vous deux' quelque chose me dit qu'il ne parle pas seulement de notre retour à Vegas. Non j'ai l'impression que c'est bien plus que ça.

Sara et moi traversons la salle d'attente, puis le parking sans un mot. Lorsque je me retourne Salinger n'est plus sur le pas de la porte et un léger sentiment de panique m'envahit. Cette fois Sara et moi sommes vraiment 'seules'

« Il n'a fait que mettre notre barque à l'eau Cath ! C'est à nous de devenir les capitaines de notre propre vaisseau ! » elle glousse avant de me prendre la main. « Je crois qu'il est temps de rentrer à la maison, je commence à parler comme le Doc, c'est effrayant je trouve ! »

« Un peu oui… » je ris à mon tour.

Nous marchons jusqu'à notre chalet pour récupérer nos affaires et être sûres que nous n'avons rien oublié. Puis nous chargeons la voiture.

« Tu veux conduire ? » je demande à Sara en lui tendant les clefs.

« Ta cheville te fait encore mal ? »

« Non elle va bien ! »

« Alors non merci ! C'est ta voiture je te laisse conduire ! »

Je m'avance doucement vers elle avant de me glisser dans ses bras : « Ce qui est à moi est à toi ! Donc si tu veux conduire tu peux ! Je te fais confiance… » je singe Salinger une dernière fois, juste pour le plaisir.

« Non merci, je préfère poser ma main sur ta cuisse pendant tout le trajet du retour, enfin si tu es d'accord ? »

« Bien sur que je suis d'accord ! » je dépose un rapide baiser sur ses lèvres, je m'apprête à me dégager de ses bras quand elle resserre son étreinte sur moi.

« Catherine… je suis désolée pour tout ce qui s'est passé ici ! Je sais que tu as vu le pire de ce que je porte en moi, je sais très bien que j'ai encore tout un tas de choses à régler, mais je vais me battre et gagner ce combat. Je le ferai pour moi mais aussi pour toi… pour nous… parce que je t'aime et je ferai de mon mieux pour te rendre heureuse, toi, mais aussi Lindsey c'est promis ! »

La voir encore si pleine de doutes à l'idée que je pourrais la laisser, ou la repousser à cause de tout ce que j'ai vu, de tout ce que je sais sur elle, me brise le cœur. Mais la voir si résolue à faire front à ses démons, me pousse à l'aimer encore d'avantage, si c'est possible !

« Je n'imagine plus ma vie sans toi Sara…et on se battra ensemble ! Je serai à tes côtés, et tu verras on sera heureuses, j'en suis sûre ! » J'énonce ce fait comme une vérité parce que je sais que j'ai raison. Nous n'avons pas traversé toutes ces épreuves, pour que je laisse les choses mal tourner, jamais de la vie.

« Je n'ai jamais aimé quelqu'un comme je t'aime… jamais ! » dit-elle doucement avant de m'embrasser et de se glisser dans la voiture.

Si Sara doit se battre, je me battrai moi aussi pour qu'elle n'oublie pas combien je l'aime ! Je pousse un profond soupir, je sais que je viens tout juste de débuter un long et périlleux voyage aux côtés de Sara, je sais que plus d'une fois je me perdrai en route, que je serai fatiguée, que je serai envahie de doutes. Mais le voyage ne compte pas…non seule compte la destination…

Et la destination c'est une vie avec Sara...

Je souris avant de me glisser à mon tour dans la voiture. La grande brune assise à mes côtés me sourit et glisse sa main sur ma cuisse.

C'est une toute nouvelle aventure qui s'offre à nous, remplie de joie, de peine, de colère et d'amour… Lorsque je mets le contact, mon regard se porte sur la route devant nous… Oui Sara sera l'aventure de toute une vie et je l'aimerais jusqu'au dernière jour, je n'ai jamais était aussi sûr de moi, elle est l'amour de ma vie ! De cette nouvelle vie qui commence dès maintenant…

Fin