Bride's Worst Nightmare.
2 -Les jeux sont faits ...
La nuit était claire. La lune, tel un gros projecteur, se dressait fièrement au dessus de la forêt que Bella observait depuis la baie vitrée du salon de la demeure Cullen. La soirée était fraîche, en partie à cause de l'hiver qui semblait s'éterniser, de la maison grouillant de vampires et de la main froide qu'Edward venait de glisser contre la sienne.
Appréciant ce contact, Bella entrelaça ses doigts à ceux de son futur époux, qui ne se dégagea pas de suite. Lorsqu'il le fit, la tristesse vint assombrir leur deux visages. Le bruit des autres membres de la famille qui s'affairaient dans leur dos, à dresser le couvert pour la seule humaine de la maison, ne les égaya pas beaucoup plus. Un soupir s'échappa de la bouche de Bella et vint embuer la vitre.
" Je déteste cette sensation. Ce vide que ta main laisse quand elle s'éloigne de la mienne. Je voudrais que jamais nous n'ayons besoin de rompre ce contact. Murmura Edward près de son oreille.
- Bientôt. Répondit-elle seulement."
Elle savait qu'il détestait l'entendre parler de la transformation qui approchait, suivant de près le mariage qu'elle talonnait au pas de course. Mais elle savait aussi que rien de ce qu'il ne pourrait dire ou faire n'était susceptible d'altérer sa décision. Elle serait une Cullen à part entière, ou rien.
Il y eut un mouvement dans la forêt, presque imperceptible. Bella fouilla les bois du regard, à la recherche de l'animal qui en serait à l'origine, mais elle ne vit rien et laissa ses pensées dévier. Quand je serai vampire, j'arpenterai ces bois, je serai une prédatrice, je n'aurai même pas besoin de voir, je saurai d'instinct de quel animal il s'agit. Je serai une chasseuse, un véritable danger. Je serai forte, rapide. Je serai invincible...
Bella fut tirée de ses rêveries par la main d'Alice qui se posait sur son bras, débordante d'enthousiasme.
" A table ! Ce soir Esmée et moi on a mit les petits plats dans les grands ! Viens nous dire ce que tu en penses."
Et sans lui laisser le temps de réagir, elle se mit à la tirer de force jusqu'à la grande table où tous les Cullen était assis mais où une seule assiette était dressée. Bella se sentait toujours assez mal à l'aise quand elle était invitée à diner chez la famille, car elle était la seule, à proprement parler, à diner véritablement. Elle se sentait observée, sept paires d'yeux se mettaient alors subitement à la détailler, la regardant manger, cherchant à capter une impression, un détail, quelque chose qui puisse indiquer qu'elle appréciait ou non ce qui lui était présenté.
Alors qu'elle s'installait à la place qui lui était reservée, Esmée emergeat dans la pièce, vétue de son tablier en portant un grand plat devant elle. Bella qui connaissait son passé et sa passion pour les grandes tablées et les familles nombreuses, se prêtait docilement à la dégustation des mets qu'elle était la seule à pouvoir savourer. Esmée resplendissait quand ses talents de chef étaient confirmés par les éloges de sa future belle-fille, elle regrettait seulement de ne pouvoir vérifier par elle même qu'il ne s'agissait pas d'une courtoisie excessive et qu'elle était à la hauteur de ce que Bella prétendait.
Ce soir, le plat qu'elle venait de poser devant son convive était une spécialité russe qui lui fut plus difficile à prononcer et épeler qu'à cuisiner. Elle observa Bella avaler la première bouchée, dans un silence religieu, tous les regards braqués sur elle qui rougissait sans ménagements, comme à son habitude. Le regard de surprise et le sourire de contentement que celle-ci lui adressa, relacha toute pression et la combla de joie. Tirant une chaise pour s'asseoir, elle laissa échapper un soupir, et regarda Bella manger en se demandant déjà quel serait le prochain plat auquel elle s'essaierait.
Les conversations avaient déjà démarré. Ils commencèrent par parler du mariage, pendant de longues minutes, puis, Emmett, lassé de tant de paillettes et princesses, entama une autre conversations avec Jasper, à laquelle se joignit l'amère Rosalie. Il était entre autre question de chasse et nouvelles voitures.
Ce fut un coup bref frappé à la porte qui interrompit le chahut ambiant qui s'était installé. A côté d'elle, Bella sentir Edward se figer, l'inquiétude se lisant sur son visage alors que Carlisle s'était levé et dirigé vers la porte qu'il ouvrit d'un geste. La surprise se lu sur son visage lorsqu'il aperçu la personne qui se présentait.
Il prit à peine le temps de s'écarter que la jeune femme rencontrée plus tôt par Bella, dans la boutique de robes de mariées, fit son entrée. Incrédule, elle cligna des yeux plusieurs fois comme pour être sûre de ce qu'elle voyait, et constata que le reste des Cullen l'imitait. Edward s'était déjà levé, comme s'il se sentait menacé. Bella ne savait plus trop quoi penser de ce qu'il était en train de se passer.
" Qu'est-ce que tu fiches ici Katherine ? "
La voix d'Edward s'était faite dure, furieuse, désagréable, comme si de toutes les personnes sur terre, Katherine était celle qu'il avait le moins envie de voir à cet instant. Pas le moins du monde offensée, celle-ci se cantonna aux bonnes manières qu'elle exagéra démeusurément.
" Chez moi, il est de coutume de dire bonsoir quand un invité se présente.
- Tu n'as pas été invitée.
- Oh, je le sais bien. C'était vraiment malpoli de ta part, mais je ne t'en tiens pas rigueur. Je suis venue vous présenter mes félicitations."
Edward la regarda incrédule, incapable de croire un seul des mots sortant de la bouche de la jeune femme. Celle-ci se débarrassa de la bouteille de vin qu'elle avait apporté en la donnant à Carlisle, et s'approcha de Bella, lui présentant la boite en carton finement ouvragée qu'elle tenait à la main.
" Et des macarons pour l'humaine. J'espère que vous n'avez rien contre les pommes Bella..."
Katherine laissa échapper un éclat de rire en jetant nonchalament la boite sur la table. Elle semblait apprécier sa blague, Bella, elle, n'était plus sûre d'avoir envie d'entretenir la moindre conversation avec la jeune femme à la robe de mariée qu'elle avait rencontré un peu plus tôt dans la journée. L'inquiétude commençait à la gagner. Jetant un regard à Edward, elle distingua sa machoire crispée, ses poings serrés. Nul doute alors que la menace était bien réelle.
"Tu n'as rien à faire ici. Tu ferais mieux de partir Katherine."
Celle-ci observait la décoration. La tension était palpable dans l'atmosphère, mais l'inquiétude ne semblait pas émaner de celle qui était en minorité.
" Attention Edward, il serait dangereux de m'offenser."
Celui-ci laissa échapper un soupir de lassitude, et tenta d'apaiser Katherine qui était déjà terriblement calme.
" Qu'est-ce que tu veux ?"
Toi. C'est toi que je suis venue chercher. Tu es à moi, pas à elle. Et s'il le faut, je lui briserais tous les os un par un, devant toi pour que tu comprennes. Parce que tu es mien, et je suis revenue chercher ce qui m'appartient...
Katherine esquissa encore quelques pas. Avec un sourire qui se voulait courtois, elle répondit :
" Mais tu le sais déjà, je suis venue vous présenter mes félicitations.
- Tu mens. "
Son attitude douceureuse se figeat, la colère commençait à gronder en elle quand elle siffla :
" Je t'ai déjà déconseillé de m'offenser..."
Sentant la menace devenir réelle, Jasper et Rosalie s'étaient levés d'un bond. Katherine ne s'inquiéta pas pour autant. Elle eut un petit rire et leur dit, d'une voix malicieuse mais empreinte d'une franchise redoutable.
" Qu'est-ce que vous croyez ? Que vous pouvez venir à bout de moi aussi facilement ? "
Elle laissa échapper un éclat de rire, et reprit :
" Tout le monde ici présent le sait, et vous y compris, que je pourrais vous démembrer tous les deux, allumer un feu et refaire ma manucure. En même temps."
Un terrible frisson parcouru le corps de Bella qui se recroquevilla au fond de sa chaise. Elle ne semblait pas être le genre de fille à bluffer, et vu l'état de ses ongles, il n'y avait pas à douter que cette déclaration avait été récemment vérifiée.
" ça m'attristerait terriblement de vous infliger ça. Surtout sachant que je ne suis pas venue pour causer des problèmes. Votre accueil n'est pas vraiment chaleureux pour ceux qui viennent vous présenter leurs félicitations, il faudrait penser à faire un tour au rayon courtoisie. "
Bella sentit la tension se relâcher en voyant Katherine s'approcher de la porte qui était restée ouverte. Elle sembla observer le ciel un instant, et fini par dire, avec un léger sourire.
" Vous connaissez le proverbe ? "
Personne ne lui répondit, mais tous l'observaient. Elle continua :
" Mariée de printemps..."
Le léger sourire devint carnassier, furieux, empreint de méchanceté.
" ...Morte bien avant."
