Bride's Worst Nightmare.
4 - Les amants du passé.
Le bruit des pneus crissant sur le gravier déchira le silence qui lentement, avec la nuit, s'était installé. Une seule portière claqua, un pas furieux martela le sol qui n'avait rien demandé, et la poignée de la porte de la maison fut actionée sans la moindre délicatesse.
Edward Cullen monta les escaliers qui le menaient à sa chambre. Il était en colère comme un animal blessé. Sentir Bella le rejeter le rendait fou de douleur et de rage. Il se mit à arpenter la pièce, tentant sans succès de se calmer.
Il est hors de question que je la perde, surtout pas par la faute de Katherine. J'ai besoin d'elle, parce que cela fait un siècle entier que je rêve de pouvoir rencontrer quelqu'un comme elle. Et parce que je l'aime, de tout mon être, de toute mon âme. Plutôt mourir que de passer un seul instant supplémentaire sans elle à mes côtés.
" Tu es d'un romantisme ridicule."
Edward sursauta, il ne l'avait pas entendue arriver, c'était sa spécialité, prendre les gens par surprise, et la voir dans l'encadrement de la baie vitrée, aussi calme et amusée, le rendit fou. Il se rua vers elle, prêt à la réduire en pièces, mais elle était plus vive, plus expérimentée, et c'est sans peine qu'elle lui échappa.
" Dis donc, tu te ramollis mon vieux. C'est désagréable à constater."
Tranquillement, elle laissa son index glisser le long des livres rangés sur l'étagère. Edward continua de l'observer, furieux, il ne lui fallut qu'une seconde pour décider s'il devait tenter de l'attrapper une fois de plus ou abandonner. Et durant cette seconde, Katherine, qui avait tout anticipé, se redressa, ouvrit grand les bras, et lança vivement :
" Allez, va pour cette fois, je te laisse gagner."
A peine sa phrase était terminée, qu'elle se retrouvait plaquée contre la porte, la main d'Edward sur son cou. Un rire s'échappa de sa gorge :
" Tu es pathétique mon amour.
- Ne m'appelles pas comme ça.
- Et pourquoi pas ?
- J'ignore ce qui me retient de te démembrer...
- Oh, je le sais moi. Ta foutue âme ! Ah, et peut-être aussi le fait de savoir que tu n'as strictement aucune chance d'y parvenir. J'ai 300 ans et des poussières de plus que toi, mon amour, j'ai eu le temps de m'entraîner, et tu n'es surement pas le pire que j'ai eu à affronter.
- Je pourrais le devenir s'il le faut.
- Tu n'as strictement aucune chance. Tu n'es qu'un agneaux Et c'est moi le lion."
Edward tressaillit, et Katherine jubila. Elle profita de sa surprise pour glisser une jambe entre les siennes, et laisser ses mains courir le long de son torse. Il s'écarta vivement, dégoûté.
" Il fut un temps où tu aurais aimé ça." Lança-t-elle en arrangeant ses cheveux.
Son adversaire et ancien partenaire lui jeta un regard mauvais auquel elle répondit par un sourire rayonnant. ça promet d'être un duel au sommet. - Il faut qu'elle parte, qu'elle quitte Forks. Je la tuerai si c'est la seule possibilité. - Je ne repartirai pas sans lui. Peut-être même ne repartirai-je pas du tout. Tout sera possible une fois l'humaine hors course. - Elle est un véritable danger. Je dois m'en débarrasser avant qu'elle ne fasse plus de dégats que ce qui a déjà été causé.
" Pourquoi es-tu revenue ?"
Katherine joua avec une de ses boucles, fit le tour de la pièce, s'approcha de lui et murmura avec un candeur enfantine exagérée :
" Je suis revenue pour toi. "
Edward se dégagea, tenta de mettre de la distance entre eux, mais la chambre était bien trop petite pour eux deux.
" Je ne veux pas de toi. "
Elle eut un sourire confiant, comme certaine de ce qu'il allait dire, et persuadée de la véracité de ses propres arguments.
" Allez Edward, tout le monde sait que le premier amour est le seul qui soit vrai, le seul qui soit fait pour durer. Et tu m'as aimée, tu ne peux le nier. Toi et moi, nous avons vécu cette passion qui nous consummais et nous étourdissait. C'était merveilleux. Et je suis venue donner une deuxième chance à notre histoire. Allez, toi et moi on pourrait être exceptionnels comme autrefois. Souviens toi de tout l'amour que tu ressentais, cet amour que je n'ai jamais cessé de porter en moi, et que j'aimerais partager à nouveau, juste toi et moi..."
Edward la regarda longtemps, comme pour tenter de deviner derrière le masque, savoir si elle disait la vérité. Elle était convaincante, comme toujours. Mais elle n'avait pas l'ombre d'une chance face à Bella.
" Il y a longtemps que j'ai cessé de t'aimer Katherine.
- Ne dis pas ça..."
Son ton se faisait démeusurément désespéré.
" Tu ne peux pas dire une telle chose et la penser. C'est moi qui ait fait de toi un homme, puis un vampire, et enfin un télépathe. Je t'ai tout appris, tout donné, tu ne peux pas me rejeter de cette façon. Toi et moi on est fait l'un pour l'autre, tu ne peux pas le nier."
Edward lui tourna le dos, et répéta ce qu'il avait déjà dit, incapable de trouver une autre façon de lui faire comprendre :
" Je ne t'aime plus Katherine, et ce, depuis bien longtemps.
- Je sais que c'est faux. "
Il soupira, ne sachant comment se débarrasser d'elle. Elle s'approcha, laissa ses mains glisser sur son dos, entourer son torse. Sa bouche près de son oreille, elle murmura sensuellement.
" Je parie que tu ne l'as jamais touchée. Tu aurais trop peur de la briser. Elle est fragile, et elle n'est pas moi. Regarde moi bien en face et ose dire que ça ne te manque pas. Ose dire que tu ne repenses jamais à tous les orgasmes que je t'ai donné, à tous ces instants d'extases où nous nous sommes abandonnés."
Se dégageant avec vigueur, Edward s'éloigna, tentant de mettre le plus de distance entre elle et lui. Nerveusement, il tenta de la dissuader d'emprunter ce chemin-là.
" Tu ne m'auras pas comme ça. Je ne suis plus ton jouet. C'est le passé tout ça, et je ne suis plus cet homme là. J'ai recommencé à zéro, quand je t'ai laissé, j'ai pris un nouveau départ, et il est hors de question que je rebrousse chemin maintenant !"
Bon sang, quel entêté ! ça ne va pas être une partie de plaisir de lui faire céder, mais je suis prête à tout. Parce qu'il est fait pour moi, parce que je veux qu'il redevienne cet homme là, ce chasseur, ce prédateur, cette âme soeur... Et s'il ne me revient pas de son plein gré, alors je ferai en sorte qu'il y soit obligé...
Katherine laissa échapper un soupir qui annonçait un début de rédition. Laissant retomber un voile de tristesse et de déception sur son visage, elle demanda d'une voix qui avait perdue toute malice :
" Qu'a-t-elle fait de toi ?"
Edward la regarda, lentement, comme pour qu'elle assimile bien ses paroles, il lui répondit :
" Quelqu'un de meilleur.
- Les gens respectables sont d'un ennui monstrueux."
Sans se presser, Katherine rejoignit la baie vitrée et s'y adossa.
" Mais pourquoi une humaine ? Et pourquoi celle-là ? Pourquoi parmi les 3 milliards de femmes sur terre, et les 2 milliards potentiellement exploitables, tu as choisi la plus empotée, maladroite et sans intérêt ? Parce que, contrairement à toi, je l'ai vue en robe de mariée moi, et je peux t'assurer, que si j'avais été un homme, ça serait bien la dernière que j'épouserai. On aurait dit une meringue, un boudin blanc, un tas de chiffons...Enfin tu vois le truc. J'aimerai bien assister à votre mariage pour voir la gueule que tu tireras quand tu la verras. Ou juste pour lire tes pensées, parce que je sais que ton visage ne dévoilera rien. ça promet d'être la partie de rigolade du siècle ! "
Edward esquissa un sourire, se rappelant de toutes les fois où il l'avait entendue parler avec autant de légereté et où il en avait rigolé. Katherine saisit l'occasion.
" Edward, admet le, tu l'as trouvée sur internet, c'était pas la bonne photo sur son profil, et quand tu l'as eue en face, tu n'as pas eu le coeur de la repousser ? Tu peux encore la plaquer devant l'autel dans le pire des scénarios."
Il eut un soupir.
" Je ne la quitterai pas Katherine. Ni pour son caractère qui te déplait, ni pour la robe qu'elle aura décidé de porter, et encore moins parce que c'est ton souhait. Je l'aime. Certainement plus que je t'ai jamais aimé, et si j'admet que tu aies été mon premier amour, c'est elle que j'ai choisi pour être le dernier.
- Regarde moi bien imbécile ! Je suis parfaite. J'ai un corps pour lequel des armées s'entreturaient, je suis une princesse de sang, une chasseuse et traqueuse exceptionnelle. Je suis drôle, riche, intelligente et rusée. Je sais lire dans les pensées et arracher un coeur sans me tâcher les mains. Je suis immortelle et pratiquement invincible. Et je ne te raconte même pas mes exploits au lit, sur les meubles ou contre les murs, selon les envies, tes souvenirs devraient suffire.
- Je me fous de tout ça Katherine. Tu es manipulatrice, dangereuse et orgueilleuse. Tu es d'une jalousie et d'une possessivité sans bornes. Tu es égoiste et ambitieuse à l'excès. Pendant tout le temps où tu m'as possédé, tu as fait de moi une bête, un animal, un monstre assoiffé de sang et de chair. J'ai honte de cette période là.
- Tu n'as jamais été aussi extraordinaire qu'en ce temps-là. Je ne prétend pas ne pas avoir quelques défauts, ils vont de pair avec les qualités. Et de toute façon, qu'est-ce que cette humaine a que je ne pourrais prétendre posséder ?"
Edward la regarda longuement. Après un instant qui sembla durer des siècles, il lacha :
" Elle est humaine."
Katherine explosa de rire.
" Humaine ? Mais i milliards d'humaines exploitables pour un vampire âgé de 17 ans à jamais ! Pourquoi avoir directement choisi la plus idiote et inintéressante de toutes ?
- Tu ne comprends rien..."
Il ne va pas céder. Pas ce soir, pas comme ça.
" D'accord, j'ai saisi, elle est humaine et je ne peux pas rivaliser avec ça. Mais regarde moi dans les yeux Edward, dis moi franchement que je n'ai pas l'ombre d'une chance, et je m'en irai."
Il l'observa avec espoir, impassible, elle ne semblait pas bluffer. Il s'approcha d'elle, fixa son regard dans ses prunelles brunes et murmura lentement, pour bien se faire comprendre :
" C'est elle que j'aime, et que je continuerai à aimer pour l'éternité. Rien de ce que tu pourras dire n'y changera quoi que ce soit. Je l'aime, je vais l'épouser et je serai l'homme le plus heureux du monde. Mais pour ça, tu dois partir. Parce que je ne t'aime plus, et je ne veux plus te voir. Je veux que tu disparaisse de nos vies et que tu ailles chercher plus loin, celui qui t'aimera autant que j'aime Bella. Adieu Katherine."
Celle-ci reçu un coup de poing en plein estomac. La douleur l'irradia. Il n'aurait pas cédé, il n'y avait aucune chance pour qu'elle parvienne à lui faire changer d'avis. Les jeux étaient faits.
Reculant de quelques pas, elle se dirigeat vers la baie vitrée qu'elle ouvrit. Avant de s'élancer dans la nuit, elle se retourna, braqua son regard sur Edward et murmura tristement :
" Adieu mon amour. Tu vas me manquer. Jamais je ne trouverai quelqu'un qui me rendra heureuse comme tu l'as fait. Mais c'est ton choix, et mon devoir est de le respecter. Alors je vais disparaitre de ta vie, tu ne me verras plus, ça sera comme si je n'avais jamais existé..."
