Bride's Worst Nightmare.
8 - Le premier pion d'avancé.
Les pyramides de sucre blanc se dressaient majestueusement derrière la vitrine de la patisserie devant laquelle Edward et Bella se tenaient. Ils observaient ces oeuvres de gourmandises avec des regards intrigués auxquels venaient s'ajouter les oeillades de certains passants qui déambulaient durant cette fraiche journée.
Arrachant difficilement son regard de la vitrine, Bella leva les yeux vers son fiancé lequel semblait occupé à essayer de se souvenir des goûts que pouvaient avoir ces patisseries. Elle serra un peu plus fort son bras, comme pour se donner du courage, et murmura timidement :
" On devrais peut-être rentrer maintenant."
Distrait, celui-ci acquiesça et se laissa tranquillement entrainer à l'intérieur de la boutique. Cela faisait plus de cent ans que son palais n'avait pas goûté le moindre aliment humain, et il regrettait amèrement que parmi tous les avantages dont bénéficiaient les vampires, pouvoir se délecter de nourriture ne soit pas compté.
Bella s'approcha du comptoir et déclina son identité. Aussitôt la vendeuse, un femme d'une trentaine d'années au visage enthousiaste, lui décrocha un grand sourire et ses plus amples félicitations. Puis, elle les guida à travers la boutique, en direction de l'arrière salle, et leur présenta son époux, en charge des pièces montées. Ce dernier entreprit rapidement de leur exposer tous les modèles qu'il avait déjà réalisé, mais Edward ne l'écoutait pas, il se fichait bien de ce que choisirait Bella, il savait bien que ni lui, ni ses invités n'auraient que faire d'une gourmandise qu'ils ne pourraient déguster.
Bella n'écoutait que distraitement elle aussi. Elle pensait à Charlie qui n'avait put venir à cause d'un contretemps, et à Jacob. Jacob était partit dès qu'il avait reçu le faire-part du mariage. D'après Billy, il s'était transformé et s'était enfui. Et dès qu'elle y pensait, dès qu'elle essayait de s'imaginer la douleur qu'il avait put ressentir et dont elle n'avait sû honnêtement comme le protéger, elle sentait son coeur se serrer. Jacob était son meilleur ami, et il était la seule personne de son entourage qui aurait put clairement apprécier l'activité à laquelle elle allait s'adonner. Elle l'imagina, entouré d'une montagne de patisseries, le visage barbouillé de sucre, tapant sur la table pour en réclamer plus, et se tournant vers elle avec ce merveilleux sourire qu'elle aimait tant et qu'il parvenait à lui adresser quand il était joyeux.
Sentant les larmes lui monter aux yeux, elle repoussa ces pensées le plus loin possible et se concentra sur les paroles du patissier qui déclinait encore toutes les variétés de gourmandises qu'il pouvait préparer. Quand il eut terminé et s'interrompit pour leur laisser le temps de décider ceux qu'ils voulaient essayer, Bella n'avait aucune idée de la réponse à donner. Edward, sortit de sa torpeur, en demanda deux aux hasards qu'il avait aperçu dans l'esprit du patissier. Celui-ci, satisfait par leur choix, les invita à s'asseoir pendant qu'il s'affairaient en cuisine.
Une fois assis, la main d'Edward glissa sur celle de Bella qu'il caressa.
" Tu as l'air préoccupée.
- Ce n'est rien.
- Je suis désolé pour Jacob. Je sais qu'il te manque."
Bella le regarda longtemps, essayant de comprendre comment il avait deviné. Edward eut un petit sourire et lui expliqua :
" Ton visage. Il lui appartient en partie, tu as une pliure qui se forme ici quand tu penses à lui."
Doucement, son doigt vint caresser la tempe de Bella qui se détendit et se laissa aller à sourire. Bien sûr que Jake possédait une partie d'elle, comment pouvait-il en être autrement ? Elle ne se sentirai jamais vraiment complète tant qu'il ne serait pas là. Mais reviendrait-il un jour ? Elle interrogea Edward.
" Je crois, répondit-il, qu'un être humain, peu importe où il va, fini toujours par revenir sur ses pas. Je suis sûr que tu le reverras un jour Bella, il ne pourra pas passer sa vie éternellement loin de toi. Tu n'imagines pas à quel point tu es importante pour lui. Je l'ai vu dans son esprit, je l'ai compris."
Le coeur de Bella se serra à nouveau. Elle inspira profondément pour chasser le malaise qui s'était installé en elle, et chercha un moyen de détourner la conversation vers un sujet plus léger.
" C'est dommage que tu ne puisses pas sentir le goût de ces gateaux. Si tu veux, je pourrais demander un spécial pour toi, je suis sûr qu'une pièce montée en puma et grizzlis serait faisable."
Edward eut un rire amusé qui fini de détendre Bella. Celle-ci se joignit à lui alors que le patissier faisait son entrée et déposait devant eux deux assiettes contenant chacune deux parts de gateaux très appétissantes. Edward se figea.
Sans s'éterniser, ni faire de cérémonies, Bella qui avait déjà l'eau à la bouche, attrappa la fourchette posée sur la table, et s'octroya un morceau. Alors que celui-ci se trouvait à mi-chemin de sa bouche, une violente tape d'Edward envoya fourchette et patisserie valser au sol. Elle le regarda interloquée, la panique semblait l'avoir gagné, et la colère promettait que sous peu elle le rejoindrait.
" Ne manges pas ça ! Siffla-t-il entre ses dents."
Enervée et incrédule, Bella allait répliquer, mais il ne lui en laissa pas le temps. D'humeur furieuse, il expliqua, sans s'intéresser au patissier qui se trouvait tout près, le visage empreint d'inquiétude et de sévérité :
" Ces gateaux ont été empoisonnés."
