Ce texte illustre un thème que j'ai déjà abordé dans ce recueil. Au départ j'étais partie sur quelque chose d'agressif mais au final, pas vraiment. J'ai pas mal hésité à le poster car vu que l'idée avait déjà été exploitée, je trouvais ça un peu redondant mais vu que c'est écrit d'une autre façon, pourquoi pas ? À vous d'en juger j'ai envie de dire. Puis en fin de compte, je l'aime bien donc.
C'était mes dernières cartouches par contre ; j'ai un OS de ce recueil en cours d'écriture mais je ne sais pas quand je vais le terminer vu que ma priorité en ce moment est de finir le chapitre 10 d'Aurore. Ce recueil est loin d'être fermé ou abandonné puisque j'ai pas mal d'idées que je veux écrire et qui ont toute leur place ici mais encore une fois, ça prendra le temps qu'il faut :)
J'vous laisse et vous souhaite une bonne lecture !
Le perfide du bon, le calice du vrai
Insidieusement planté, il est. Pourquoi, déjà ? Car la giboulée insensée a viré en ce bleuet immaculé. Un jour, comme ça, qui a chamboulé cette insipide ritournelle du quotidien.
Ô amour ! Que ta flèche est empoisonnée.
À l'impact, l'explosion ; la maniaque solitaire n'a plus été. Il y a eu comme une renaissance dans les poumons. Ça a tapé, dans le cœur humain. L'air a été sain, sec : l'humidité s'est envolée. Partout a résidé ce chant du lien dont les notes silencieuses et bien portantes ont caressé l'âme ; quelle paix… Prisonnière du bien-être, rien d'autre n'a agi dans la coque affective — pour une fois.
Pas d'eau, pas de plaies ; plus de cette tartine dépressive.
L'espérance est alors sortie de sa tombe de terre, tel un mort-vivant.
Ce jour-là, le pigment du bonheur a fait oublier la règle universelle du mal jamais extirpé ; il ne fait que patienter, se languissant d'à nouveau faisander le corps fougueux. La douleur quant à elle a pris son ticket d'attente, son proche retour aux aguets ; fringuant et flamboyant regain que ce sera ! À l'inverse de préserver la mégarde, la pensée s'est entortillée autour du fil barbelé qu'est le rêve bleu, son grillage coupant et pressurisant guère dans l'instant mais après.
D'abord cette illusion de recrudescence, ce bon si puissant de désordre. Au final cet enracinement du dôme cobalt, sans plus de tache mouillée, a comme fait dérapé la ligne droite et triste de cette vie, celle jonchée d'épines et de contusions.
Ô comme l'aimer est une torture lascive, à peine contrôlable.
La foi y fait son nid ; putrides et scabreuses que sont devenues ses branches.
Si violent à jouir, de cet amour irradiant et brûlant.
À deux et pour deux normalement ça se consume.
Mais tu n'y es pas, ne le déguste pas ; tu n'es l'amante éprise.
Ce n'est juste que de la pourriture ; la biture de l'amertume.
Une fabrication maison de confiture faisandée ; l'affect, dépiauté.
Pue et s'égorge, l'émotion nauséabonde de la passion !
Tu y as cru, pas vrai, à cette greffe d'éros ?
Quel baldaquin terrible de bleu ; le graal intouché. Son éclat dégagé, immobile et pur fascine jusqu'à en faire perdre la raison. Oui, l'esprit s'est fait dupé, violé ; la pupille y a jeté son ancre, dans cette mare pétrolière. Ce n'est plus que ça, à présent : une eau noire, noire, noire. La déliquescence la fleuraison sentimentale.
Car en réalité ça n'a jamais surgi, chez lui. Alors que chez toi…
C'est une pousse perverse aux échardes ayant pour nom l'espoir. Et alors il n'y a plus quelconque rose enivrante ni de parfum bienheureux, seulement l'aspect fétide de la solitude.
Ton cœur est dépecé.
Ta luciole amoureuse, éteinte.
Ne se répand plus que la sécrétion de ton désenchantement.
Retour à la vérité, implacable et faucheuse de libido : il ne t'aime pas.
Toi oui, démesurément, monstrueusement.
Et ça te fracasse.
Ce ciel si imbibé de fiel et de tromperie.
Comme tu le haïs.
Ce despote, ce béguin ; lui.
Emblème de ta putréfaction journalière.
Il te harcèle jusque dans tes rêves ; ton inconscient y saigne.
Il n'y a plus lieu de tenir ou de résister, pour ta coque singulière.
Tu t'écrases, toi et ta fibre pétillante, comme un oiseau mort.
Car il n'y a plus aucun désir, sauf un.
Que cet amour crève.
Encore merci à tous ceux et toutes celles qui peut-être continuent de me lire ; j'espère que vous ne vous ennuyez pas trop et que vous passez un moment plutôt sympathique à lire ces petits bouts de récits !
À la prochaine et bonnes lectures à vous !
