Plus silencieux que la nuit, nos quartiers ne semblaient pas porter âme-qui-vive. Lorsqu'on est l'esclave des Dragons Célestes, il ne faut surtout pas les importunés. Ce que je faisais souvent…
Bref. Ce soir-là ressemblait à tous les autres soirs. Je sortais de la chambre de mon maitre, encadrée par deux humains qui me tenait attachée. J'étais ouverte à l'arcade sourcilière, et je boitais. J'aurais aimé mourir tant de fois, mais la vie m'appelait à me rebeller. J'allais retrouver ma liberté !... Un jour… Peut-être… Ou pas… Qu'importe, je vivais ! On m'a ramené dans les quartiers que je partageais avec trois sœurs, puis on a éteins les lumières. Quand je dis quartiers, ça veut dire cellule. Je crois m'être assoupie et avoir ouvert les yeux à cause de la chaleur. Oui, c'est ça. Des esclaves étaient en train de détacher mes compagnes.
- Que se passe-t-il ?, demandais-je posément.
- On s'enfuit, allez Raven !, me dit Hancock en me détachant.
S'enfuir ? La liberté ? Youhou ! Filons alors !
La prison était en feu (oui, un lieu avec des cellules est une prison !) et tous courraient. Moi, je me stoppais pour me retourner et observer les flammes. En mon for intérieur, je priais pour que les Dragons Célestes qui se trouvaient sur le terrain meurent par les flammes. J'étais trop prise par mes songes pour pouvoir réagir lorsqu'on me bouscula. Au sol, je tentais de me protéger des fuyards qui n'avaient aucun scrupule à me marcher dessus. Quelle bande d'égoïstes… Je sentis qu'on me soulevait du sol, et qu'on courrait.
- Il ne faut pas rester là !, tonna une voix forte et rauque que je connaissais bien.
- Qu'est-ce que tu fais là ?!, m'écriais-je. C'est toi qui a fait ça ?!
Mais je n'eus aucune réponse.
- Papa réponds-moi !, ordonnais-je avant de me mettre à tousser.
Foutue fumée, je savais pas que ça faisais dormir…
Lorsque je repris connaissance, je ne fus pas capable de dire où j'étais. En tout cas, je n'étais pas dans ma cellule…
- Papa ?
Le silence me répondit. Génial, je ne sais pas où j'suis et en plus je suis seule. Bordel c'est toujours pareil. Je m'assis, et regardais plus attentivement mon environnement. Lorsque des voix parvinrent à mes oreilles, j'eus le réflexe de chercher de quoi me défendre. Bizarre… Il n'y avait qu'une seule porte, avec un petit hublot. Je m'en approchai, une fois debout (oui, j'étais couchée sur une table jusqu'à présent) et jeta un œil à travers le hublot. Des hommes-poissons étaient réunis, et ça sentait… Le poisson cuit. Malheureusement, pas de trace de mon père, ce qui signifiait que je risquais gros. Un homme-poisson se retourna vers ma porte, et je me cachai aussitôt. Je n'osais plus bouger lorsque la lumière du hublot disparu un peu, signe que quelqu'un venait. Il faut que je m'échappe ! Avec mes airs d'humaine, je vais surement me faire descendre c'est clair. Je priais pour qu'ils ne soient pas comme Arlong, avec une envie de tuer des humains. Je rêve, nous sommes tous comme ça.
La porte s'ouvre et je jette le petit caillou que j'avais dans la poche (ne me demander pas ce que je fais avec un caillou dans ma poche). L'homme-poisson s'en approche et se baisse pour le ramasser puis vole. Un bon coup de pied au cul qui lui fait traverser le mur ! Oui je sais, ce n'est pas très discret mais au moins je ne croise pas les autres. Je cours afin de sortir par le trou que j'ai fait avec mon projectile vivant, et m'apprête à sauter dans l'océan quand on m'attrape à la cheville pendant mon saut. Je me ramasse lamentablement contre la coque du bateau (car oui, j'ai enfin identifié l'endroit où je me trouvais) et râle en me cognant la tête.
- Bah alors, tu veux déjà nous fausser compagnie ?, ricane-t-on.
J'ouvre des yeux ronds de surprise.
- Arlong ?
