Le bateau voguait toujours, et j'avais toujours envie de me battre. En tant que criminels recherchés, nous nous battions souvent. A tel point qu'un jour, alors que je jouais aux cartes avec mes oncles et d'autres gars, Hachi vint nous voir en courant avec des avis de recherches à la main.
- Ils ont mis une prime sur la tête de Tiger et Jinbei !
- Sérieux ?!, s'écria Arlong.
- Enorme ! 230 millions de berry pour le chef !, s'étonna Macro.
- T'as vu ça oncle Jinbei ? Ta tête vaut 76 millions !
Et trois années s'écoulèrent de cette manière, le temps rythmé par la météo, les combats et les escales sur les îles. Pour mes quinze ans, nous nous étions arrêtés sur une île calme et paisible peuplé d'anciens esclaves, ressemblant aux indiens de mes livres d'histoires. Eh non, même en étant pirate, Tiger ne voulait pas que mon éducation en pâtisse. Alors il m'avait pris des livres, et parfois m'expliquait les choses. Au moment de repartir, les humains nous demandèrent de ramener une petite fille. Elle aussi s'était échappée de Marie-Joie trois ans auparavant grâce à mon père, et avait un sourire accroché à la face. Lorsqu'elle se présenta, j'eus comme un coup au cœur.
- Je m'appelle Koala, j'ai onze ans. Merci de m'avoir aidée il y a trois ans.
Lorsque nous avons repris la mer avec Koala à notre bord, Arlong ne cessait de se plaindre. Il trouvait ça « écœurant » d'avoir pris une humaine. Ce qui l'agaçait le plus, c'était le sourire permanent de la petite fille. Il avait même finit par la frapper. Hachi avait bien tenté de l'en empêcher, mais le requin n'écoutait jamais.
- Arlong !, m'écriais-je avant de le faire valser d'un coup de pied. Tu n'as pas honte ! Ce n'est qu'une enfant !
Je me retournai vers Koala, étalée au sol et n'osant pas bouger. Alors que je m'approchai, elle déchira un morceau de son bas pour essuyer la goutte de sang qui était tombé de son nez, et qui s'était écrasé sur le parquet.
- Je suis désolée, je travaillerais sans pause ! Je nettoierais, mais ne me frapper pas s'il vous plait !
J'étais étonné de la réaction de cette petite. Elle venait de prendre un coup monumental, mais au lieu de pleurer elle s'excusait. Jinbei vint devant elle et l'interrogeait, mais elle ne faisait que s'excuser. Je m'approchai, lorsqu'elle déclara qu'elle ne pleurait jamais si on lui laissait la vie sauve. Tous furent très mal à l'aise. Lorsque je posai ma main dans le dos de Koala, elle eut un sursaut si violent que même ma main sauta avant de se reposer sur son dos. Et elle continuait de frotter le sol…
- Tu as peur de nous ?, demanda Jinbei.
- Oui, mais je voulais revoir ma mère alors j'ai pris mon courage à deux mains et suit monter sur ce bateau. Si j'arrête de nettoyer, peut-être que vous me tuerez. Je vous servirai bien alors ne me tuez pas s'il vous plait !
Aladin fit une remarque très intelligente, comme quoi Koala avait dû voir d'autre esclave mourir en prenant une pause ou en cessant de nettoyer. Tandis que je prenais la main de la petite pour qu'elle arrête de frotter le sol, Tiger s'avança et m'ordonna de l'amener dans sa chambre. Je le dévisageai avant de prendre Koala dans mes bras, comme si elle n'avait que la moitié de son âge et d'obéir.
Sur le pont, nous attendions en nous questionnant. Qu'est-ce que mon père pouvait bien faire avec Koala, mentalement malade ? Un cri se fit entendre et nous fit tous sursauter. Tiger sortit en tenant Koala par les bretelles de son pantalon avant de la jeter par terre. Son dos fumait, et je me précipitai la première auprès d'elle.
- Mais t'es malade !, criais-je à l'intention de la dorade.
- On peut être violent avec elle, mais elle ne pourra oublier qu'elle a été esclave avec cette marque sur elle !
Je pris Koala contre moi, elle avait perdu connaissance. Alors on l'amena à l'infirmerie où nous attendîmes tous son réveil. A ce moment-là, elle reprit son sourire plus vite que ses esprits. Elle s'excusa de nouveau, demandant à ce qu'on ne la tue pas puisqu'elle n'avait pas pleurer. Tiger la secoua, lui disant qu'elle devrait avant de lui montrer qu'il jetait son pistolet à la mer. Alors qu'elle scrutait l'eau, nous lâchâmes tous nos armes qui tombèrent sur le pont.
- C'est parti les gars ! Nous allons ramener Koala chez elle !
La joie fusa, comme un feu d'artifice sans que je puisse comprendre pourquoi. Koala restait près du bord, et je la veillais du coin de l'œil. Je la pris dans mes bras et la mise contre ma hanche comme si c'était une toute petite fille. Elle laissa enfin, après ses larmes, un cri lui échapper. Je souris, et ébouriffai ses cheveux indisciplinés.
- Tu peux pleurer autant que tu veux, du moment que ça te soulage !, dis-je.
Bien que je fixe la petite Koala, je sentais un regard lourd et menaçant sur moi. Ma propre voix résonna dans ma tête.
- Je t'interdis de la toucher une fois de plus, Arlong.
