Bon, j'ai eu pitié de votre souffrance commune x)
Merci merci et merci encore ! Vous ne savez pas à quel point je ris en lisant tous vos commentaires :D
ENJOY !
Chapitre XI
Malgré toutes ses protestations, Helen avait finalement accepté de partir quelques temps loin de Londres et de ses dangers potentiels.
Après tout, son père avait encore tous les droits sur elle, et entretenir une opposition constante à ses volontés ne servait à rien de plus qu'à se rendre insolente et effrontée.
Southampton étant le lieu le plus fréquenté d'Angleterre par les grands propriétaires terriens de toute l'île, Gregory avait décidé d'envoyer sa fille et Nikola plus loin, là où personne ne serait en mesure de leur faire du mal. Ce plus loin se situait au beau milieu de nulle-part : L'Irlande, terre en constant conflit avec l'autorité de la couronne britannique, mais où le calme du bord de mer aurait, selon Magnus, l'avantage de détendre les deux trentenaires et de les remettre en forme.
Leur destination était donc la côte nord de l'Irlande, le comté d'Antrim, où la famille Magnus était propriétaire de quelques cinq hectares de terre que Gregory louait aux agriculteurs de la région. Près de ces terres, le grand-père d'Helen avait fait construire un petit cottage qui serait suffisant pour cacher Nikola l'espace de quelques semaines.
L'idée de s'exiler aussi loin de sa vie londonienne, et de partager une modeste habitation avec Nikola n'enchantait guère Helen, mais elle y trouvait toutefois l'assurance de pouvoir mener ses recherches pour faire face à la situation dans laquelle Nikola s'enfonçait maintenant qu'il devait lutter contre sa vraie nature, et cela sans que son père n'aie à savoir que le jeune homme avait enfoncé ses canines dans la peau fragile de la naissance de son cou.
Il y avait cependant une chose sur laquelle les trois scientifiques étaient tombés d'accord sans aucune sorte d'accrochage : Nikola et Helen ne pouvaient pas se permettre de voyager par les moyens de transports habituels. Le voyage en train puis en bateau aurait duré plus de quatre jours, et n'importe qui aurait pu voir que Tesla n'était pas mort, ni même souffrant.
Magnus avait donc confié à sa fille un artefact qu'il avait confectionné quelques années plus tôt, et qui leur permettrait de se déplacer instantanément d'un endroit à l'autre en les dématérialisant d'un point à l'autre de la carte qu'il y avait intégré.
Le vieil homme n'avait jamais beaucoup apprécié John Druitt, mais il devait bien avouer que le don qu'avait dévoilé le sang originel chez son gendre lui avait été particulièrement utile pour la fabrication du moyen de transport pratique et discret qu'était le petit objet ovale, rappelant en tout point un calisson (sauf peut-être pour ce qui était du goût), qu'il avait mis entre les mains de sa fille.
La programmation du point d'arrivé était simple. Il suffisait de poser l'objet sur sa carte, à l'endroit où l'on voulait se retrouver, puis par simple activation sensorielle, les deux jeunes gens se retrouveraient en Irlande.
Gregory était fier de son invention. Le seul inconvénient de l'artefact était que, conçu grâce au sang de John, il ne réagissait qu'au sang originel présent dans l'organisme de celui qui l'utilisait. C'était la raison pour laquelle lui-même ne l'utilisait jamais.
« Les enfants… »
Le scientifique sembla hésiter. Sa fille était droite comme un I, dans une robe simple qu'il aurait jugé indécente à Londres, mais qui, pour la campagne, serait parfaitement adaptée. Son visage était fermé, son regard empli de fierté, lui rappelant combien elle était différente de la femme qui lui avait donné la vie.
A ses côtés, Nikola semblait ravi par la perspective d'un voyage en la seule compagnie d'Helen.
Voyant que sa fille ouvrait la bouche pour le contredire une nouvelle fois, il leva la main et reprit :
« Prenez soin de vous. Et Nikola, je compte sur vous pour vous conduire en parfait gentleman. Je tiens à ce que ma fille reste intacte jusqu'à sa nuit de noces.
Sous sa moustache, le sourire de Nikola s'élargit, et il acquiesça en serrant la main de son bienfaiteur.
- Prenez bien soin d'elle, elle est la prunelle de mes yeux. »
Le vampire s'empara de la valise de son amie, et lui offrit galamment son bras :
« Shall we my dear ? »
Helen jeta un dernier regard à son père, saisit le bras que son ami lui offrait, et posa la main sur l'artefact.
xoxoxo
« Et si jamais il y avait un mur à l'endroit où je nous téléportais ? »
Le visage inquiet de John fit sourire Helen. Il avait découvert depuis quelques jours qu'il pouvait se dématérialiser pour parcourir de longues distances sous la forme d'énergie pure, et elle voulait partager sa découverte.
« Ne soyez pas ridicule John. Vous l'avez fait des dizaines de fois sans jamais rencontrer de problème. Pourquoi maintenant ? »
La voix douce de la jeune femme rassura quelques peu le médecin qui posa ses mains sur ses épaules, plongeant son regard dans ses yeux bleus. Il pouvait lire sur son visage qu'elle avait une confiance aveugle en lui, et qu'elle était prête à risquer sa vie plutôt que de le laisser affronter son pouvoir seul.
« Parce que je ne veux pas risquer de vous perdre. Je ne veux pas vous faire risquer votre vie, et surtout pas aussi inutilement. »
Elle était profondément touchée par sa déclaration. Elle avait remarqué qu'il semblait la désirer autant qu'elle le désirait, mais elle attendait toujours de le voir faire le premier pas, comme le voulait la tradition victorienne.
Sa main se porta sans qu'elle ne lui ordonne sur sa joue rugueuse sur laquelle une barbe soignée poussait depuis quelques jours, et elle sourit en voyant John déstabilisé par le contact qu'elle venait de créer.
« Ne me faites pas attendre John. » Déclara t-elle d'un ton décidé.
Vaincu par l'optimisme de sa bien-aimée, il l'encercla de ses bras, la tenant fermement par la taille jusqu'à la sentir contre lui, et imagina un endroit plaisant dans lequel il pourrait emmener Helen sans risque de la blesser.
En sentant ses bras autour d'elle, et en entendant son cœur d'homme battre sous son oreille, elle ferma les yeux.
Avait-il interprété ses mots comme une invitation à faire le premier pas ? Elle espérait que oui, car elle n'aurait pas la force et la patience de résister à l'envie qui naissait en elle de goûter à ses lèvres fines.
Elle sentit le monde tourner violemment autour d'elle, et son corps se disloquer, se mélangeant avec brutalité à celui de John. Une sorte de mal de mer la submergea, et bientôt, elle fût de nouveau contre le corps de son ami, sur terre, avec une agréable sensation de chaleur contre sa peau.
Quand elle ouvrit les yeux, elle découvrit, au loin, deux pyramides se dessiner contre le soleil couchant, énorme et rougeoyant contre un banc de sable qui semblait se mouvoir doucement dans la chaleur de la fin de journée.
« Vous auriez fait une parfaite Cléopâtre ma chère. Lui souffla-t-il à l'oreille en la faisant frémir.
-Mon nez est-il si long que ça ? demanda t-elle d'un air effronté »
Ils se mirent tout deux à rire, et alors que la nuit tombait sur le Caire, John posa ses lèvres sur le coin de sa bouche avec pudeur.
xoxoxo
« Intacte jusqu'à votre nuit de noces Helen ? Vraiment, vous avez menti à votre cher père ? »
Helen avait juré avoir vu une lueur de tristesse dans les yeux de son père alors qu'elle disparaissait du sanctuaire. Leur séparation avait eu des airs de discours d'adieu qu'elle pouvait difficilement supporter.
Mais il lui semblait maintenant qu'elle se tenait dans le salon campagnard du cottage irlandais qu'elle avait plus urgent à faire.
« Croit-il vraiment que vous et John n'avaient dansé que de simples valses ? »
Le regard rieur et l'attitude désinvolte de Nikola l'énervèrent au plus haut point. Helen était loin d'être impulsive, mais l'inventeur l'irritait tout particulièrement.
« Nikola, permettez moi de vous dire que votre état actuel de vampire me donne une forte envie de mettre fin à vos jours de manière plus que brutale et douloureuse.
Le sourire mesquin du vampire s'étira encore un peu en voyant la colère s'installer en elle, ne la rendant que plus désirable à croquer.
- Vous me décevez ma chère, je vous pensez plus honnête que cela envers votre père.
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que la jeune femme dégainait un petit revolver dont Nikola aurait beaucoup aimé voir la provenance immédiate.
- Vous n'oseriez pas me tirer dessus…
Il en doutait d'autant plus qu'il venait de se retrouver en moins de deux secondes sous le joug de sa meilleure amie qui, la mâchoire serrée, le visait autant avec le canon qu'avec ses yeux qui lui envoyaient des éclairs silencieux.
- Je n'aurais aucun scrupule à le faire Nikola.
- Voyons ! Vous êtes peut-être malhonnête envers votre père mais vous n'êtes certainement pas une criminelle… »
La douleur parvint à son cerveau avant la détonation du revolver. Il recula sous l'impact de la balle, et appuya sa main sur l'hémorragie provenant de… De quelque part dans son ventre.
« Outch, Helen, tant de cruauté me blesse profondément »
Elle ne répondit pas. Elle devait trouver le moyen de soigner Nikola avant de devenir folle et de ne plus être maître de ses gestes.
Le fait que son nouveau colocataire soit immortel lui apportait au moins un avantage : Elle pouvait le cribler de balles autant qu'elle voulait sans laisser aucune trace d'impact sur son corps.
