Bon sang, mais où est le café des Sirènes ?! Je pars une dizaine d'années et je n'arrive plus à me repérer sur mon île natale. C'est affligeant !

Et les gens sont terrorisés dans les rues à cause des pirates d'Hody, c'est vraiment affreux. Ha enfin ! Je trouve la boutique que je cherchais, et entre en trombe.

- Tante Shirley ?!

J'appelle la sirène, sœur d'Arlong, mais pas de réponse. Je fonce dans l'arrière-boutique et commence à défoncer le plancher. Voilà qui fait réagir la sirène…

- Raven ?!, s'exclame-t-elle. Mais que fais-tu ?!

- J'viens arrêter cette ordure d'Hody !

J'attrape la boite se trouvant sous le plancher et l'ouvre. Elle n'avait pas changé… La cape bleue nuit de ma mère. Je pose mon arc et mon carquois, puis l'enfile avant de mettre la capuche large.

- Raven…

- Il ne fera rien de l'île.

Attrapant mes armes, je sors aussi vite que je suis arrivée. Je zigzag entre les gens, quitte à me battre lorsque des hommes-poissons tentaient de m'arrêter. Je passe comme une flèche à côté d'un attroupement quand un coup de feu proche retentit. Je m'immobilise et me retourne. Un homme s'effondre, sans vie, au sol. A côté de sa tête, je peux voir une plaquette de bois, sur laquelle est fixé le portrait de la reine Otohime. On dégage le corps, et les autres habitants de l'île sont obligés de piétiner ce portrait sacré sous peine de rejoindre leur camarade. Je ne dois pas m'arrêter ! Pourtant, j'attaque les pirates d'Hody, reconnaissable à leur tatouage circulaire, séparé avec une tête et un corps humain séparés. Et voilà d'autres pirates. Dont un pas spécialement intelligent qui fonce en premier.

Je décoche une flèche en pleine tête de l'homme-poisson qui s'effondre. Mon regard voilé par la capuche, je la relève légèrement et plante mes yeux améthyste dans les regards de mes ennemis. Ils s'immobilisent instantanément, puis tombe tous suite à une nuée de balles de fusil. Il a été simple pour moi d'éviter cette fusillade, d'un saut agile sur un des toits de maison. Je reprends donc ma route, et atteins enfin la place. Le portail était défoncé, et la vue que j'avais ne m'offrait que celle de monstre marin hors-service. Je décidais donc de grimper au-dessus de la place, où toute la ville semblait être rassemblée. Ce que je vis me fit horreur. Le roi était enchainé sur une croix de barre noire, et avec lui ses trois fils. En sale état. Des gens se mirent à les appeler, mais ils ne répondaient pas. Les cadavres des soldats gisaient sur le sol de la place.

- Les ministres ont été battus, les princes aussi… Plus personne ne pourra nous sauver !, gémit une sirène.

En bas, les pirates hommes-poissons réclamaient une mort atroce. Et maintenant, on amenait la princesse et mon oncle enchaînés.

- JINBEI !

Et moi qui voulais me faire discrète… Les regards se tournèrent vers moi. Je sautais du haut de la paroi et courait vers Jinbei. Hody donna l'ordre qu'on ne me touche pas, et se mit à ricaner.

- Mais qu'avons-nous là ?, dit-il. Une saleté d'humaine.

- Crève, saleté d'humaine !

Les mots d'Arlong résonnaient dans ma tête, mais ne me stoppèrent pas.

Je me mis à genoux près de Jinbei, qui me fixa avec surprise. Il pouvait voir mon visage, et j'eus l'impression de voir son regard s'embuer.

- Vas t'en, me murmura-t-il pendant que je posai mes mains sur ses chaines.

- Je ne te laisserais pas tomber.

- Tuez-la !, ordonna Hody.

- Attention !, s'écria Fukaboshi.

Alors qu'une poignée de pirates me fonçaient dessus, je fixai mon regard sur eux et ils tombèrent tous, sonnés. Je me tournai alors vers Hody.

- Comment oses-tu prétendre être le capitaine de l'équipage des Hommes-poissons !

Il se mit à ricaner.

- Ta foutue drogue ne te sauveras pas, Jones. Je compte bien t'envoyer en enfer.

- Ah oui ? Toi seule ? Contre mes trente mille esclaves humains, ou les soixante-dix mille hommes-poissons maniant les armes ?

Je regardais l'effectif faire son entrée.

- Ils viennent tous du district des hommes-poissons, m'annonça Hody. Et au total, ils sont cent mille hors la loi !

Ils se mirent tous à crier, et je pris la parole.

- Non sans blague ? Je sais compter, crétin.

Je me pris la baffe du siècle. Oui, j'avais anticipé les mouvements d'Hody, mais je voulais qu'il se pense supérieur et en force. La victoire serait donc d'autant plus jouissante pour moi, et sa défaite plus que cuisante.

- Raven !, cria Fukaboshi.

Hody, qui marchait vers moi, s'immobilisa alors.

- Raven ? LA Raven ? La gosse qu'Arlong protégeait ?

Je me levais alors, et d'un geste magistrale je fis voler ma cape. Hourra, mes armes n'ont pas bloqué le glissement héroïque de l'étoffe. J'entendis les exclamations de surprise dans les gens se trouvant derrière moi. Je leur lançais une œillade maline. Je savais bien ce qui les surprenait tant.

- Elle est belle, hein ? C'est la marque des Pirates du Soleil.

Je regardai Hody, et ma rage se manifesta par une ombre qui m'entoura et dansa vivement.

- Le seul et VRAI équipage des hommes-poissons, dont mon père Fisher Tiger était l'unique et mémorable capitaine ! J'en suis la dernière !

Je jetai un bref coup d'œil à Jinbei, histoire de m'excuser.

- Et tu salis son honneur en te désignant comme capitaine de cet équipage.

Hody me fixait, un étrange sourire aux lèvres. Ça m'agaçait vraiment, j'avais très envie de le frapper. Mais il fallait que je me contienne, encore un tout petit peu. Les yeux fermés, j'écoutais Hody.

- Que vas-tu faire ? Tu es seule ! Tu as envie de te ridiculiser ?

Une sorte de déflagration se fit autour de moi. Les ombres noires et opaques dansaient autour de mon corps je le sentais, et Hody se mit à rire. Il lança son Yabousame que j'esquivais sans peine. Il s'entêtait pourtant, tandis que j'avançais vers lui. Il stoppa ses attaques et recula d'un pas. Il tenta de me frapper, mais je stoppais son poing qui se figea contre ma paume. Ma rage se mit alors à lui tourner autour, enserrant ses jambes et ses bras.

- Captain !

J'ouvris subitement les yeux, et Hody vola jusqu'au mur d'enceinte, à plus d'une centaine de mètres. Le choc entre son corps et le mur fut si violent qu'il créa une rafale de vent. Mes cheveux noirs dansèrent furieusement au rythme du vent, et tous eurent des cris de stupeur. Je me retournais vers l'équipage qui fonçait sur moi, et fixais mon regard sur eux. Certains tombèrent à cause du haki, et j'eus un sourire en coin.

- Shadows.

La masse sombre qui était ma rage fonça sur les hommes, et les emprisonna. Sa rotation autour d'eux était très forte et violente, à tel point qu'une espèce de tornade se créa. Les gens se protégeaient du vent, en haut, croisant les bras devant leur visage pour tout de même observer les énvènements.

- Regarde Jones. Tes précieux alliés, ils vont tous y passer.

Je me retournais au dernier moment pour arrêter le poing d'Hody. Sa force avait encore augmenté, j'en déduisais qu'il s'était drogué à nouveau. Je sentis soudain une douleur lancinante à mon bras droit. Du sang se mit à couler le long de mon bras suite au coup d'épée que je venais de prendre. Ma rage diminua de taille et de force, et Hody sourit. Il avait compris. Il tenta par tous les moyens de me blesser, ce qu'il parvint à faire sans problèmes après un moment. Je regardais Fukaboshi et ses frères, attachés. J'avais une chance d'être aidé, mais il fallait que je les libère.

- Savior !

Je dirigeais ma main droite vers la famille royale, et ma rage fonça dans la même direction. Elle tourbillonna autour de chacun, et les chaines cédèrent. Maintenant qu'ils étaient libérés, j'espérais bien que les princes allaient m'aider ! Je sentis soudain une douleur au dessus de ma hanche gauche et baissais les yeux.

- Bien joué...

Je regardais le sabre qui me traversait le ventre. Je fis voler le sabreur d'un coup de pieds et retirais la lame que je jetais en direction d'Hody. Je parvins à le toucher à la jambe, avant de m'écrouler au sol. Le traitre s'approcha de moi et me prit à la gorge.

- A toi toute seule, tu as fais déjà beaucoup de dégâts.

Hody me souleva du sol, et resserra son emprise sur ma gorge.

- Raven !, cria Jinbei.

- Mais ta vie s'arrête ici !

Il me balança dans un mur et j'y restais coller une seconde, avant de tomber au sol. Après un moment, où le brouillard occupait mon esprit, j'entendis la voix lointaine de Shirahoshi appeler : "Luffy". Ensuite, le noir envahit ma vue et mon esprit.

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J'ouvrais les yeux péniblement et m'asseyais tout aussi difficilement. Où étais-je ? Dans un lit, et il y avait là un renne qui manipulait des tubes à essai… Wait. Un renne ?!

- Euh… Bonjour ?, lançais-je doucement.

Le renne se retourna vers moi.

- Ah, tu es réveillée !, dit-il. C'est chouette, comment te sens-tu ?

- Pâteuse…

Il s'approcha et vérifia mes réflexes. Seul bémol, le bandage que j'avais au ventre dû au sabre d'un gars d'Hody. D'ailleurs...

- Que s'est-il passé après ma perte de connaissance ?, m'empressais-je de demander.

De manière synthétique, Chopper m'expliqua comment la guerre avait été stoppé et l'île sauvée.

- Je devrais donc… Vous remercier ?, fis-je en me tenant la tête.

- Oh non, ce n'est rien !

Je tentais de me lever, mais Chopper m'en empêcha. Je demandais donc à voir Jinbei si c'était possible, alors qu'il entrait dans la pièce.

- Raven, tu es réveillée !, lança-t-il joyeusement avant de me serrer dans ses bras.

Je le serrais moi aussi, heureuse de le voir.

- Tu n'as rien ?, demandais-je.

- Ne t'inquiète pas pour moi…

- C'est pas mon genre !

Jinbei se mit à rire, et je me mis à « bouder ». Il rit davantage, ce qui m'agaçait et me fit râler.

- Trêve de plaisanteries, dit-il. J'aimerais te présenter quelqu'un.

- Le Chapeau de Paille j'imagine ?

- Comment as-tu deviné ?, s'exclama mon oncle.

Je désignais Chopper qui fermait la porte derrière lui.

- Je l'ai rencontré brièvement il y a peu, tu sais.

- Vraiment ?

- Oui. Jinbei-san, il faut que je t'avoue quelque chose…

L'homme-poisson me fixa, silencieux et prêt à m'écouter.

- Mon père aurait pu vivre.

- Il ne voulait pas de sang humain, tu le sais bien…

- Oui, je le sais. Or je… J'étais compatible.

- COMMENT ?!


Oui, je sais, vous devez me détester de vous laisser sur de telles révélations ? C'est pour vous faire attendre mes mignons :p

On se voit au prochain chapitre ^^