Eeeeeet voilà le nouveau chapitre ! Pas de reviews auxquelles je n'ai pas déjà répondu dans les chapitres précédents ;)
Nouveau follower, ysodehaine ! Merci :D
Sur ce, bonne lecture à tous ;)
La bouteille de saké était presque vide. Rayleigh avait décidé d'attendre la petite, sur sa petite caravelle. Assis sur les rambardes du pont supérieur, il détaillait la construction navale. Il pourrait en tirer un bon prix si Raven ne revenait pas. Le vieil homme se dirigea vers la berge, abandonnant le navire et sa bouteille de saké qu'il venait de vider. L'agitation en ville l'attira, mais il ne se doutait pas de ce qu'il allait voir…
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- Tu as de drôle d'idée parfois, Rayleigh !
- L'alcool j'imagine. Mais tu l'as bien vu, non ?
Shakky se tourna vers la femme qui était endormie. Elle se tenait assise, sur une banquette, la tête posée contre la fenêtre. Ses longs cheveux noirs étaient clairsemés de fils d'argent, seule trace du temps qui pouvait ternir sa beauté. La couverture qui se trouvait sur ses genoux glissa, dévoilant l'or de ses écailles.
- Crois-tu vraiment que cette sirène soit liée à Raven ?, demanda la fumeuse.
- Elle lui ressemble. Et tu as bien entendu, la gamine a décidé de rejoindre l'île des hommes-poissons à la nage. Elle s'est vendue elle-même. Cette sirène, c'est sa mère. J'en suis certain.
Une fois réveillée, la sirène découvrit un avis de recherche posé sur la table, devant elle. La mâchoire lui en tomba, et elle prit l'affiche en tremblant.
- C'est sa nouvelle prime, elle est apparue le mois dernier.
Rayleigh vint s'asseoir à côté de la sirène qui gardait le silence. Des larmes roulèrent le long des joues pâles de la femme, et un rire qu'on pouvait traduire par une preuve de soulagement total lui échappa.
- Quel est votre nom ?, demanda le Seigneur des Ténèbres.
La sirène le regarda, et dit d'un ton solennel.
- Marina.
Le vieux sourit, tout comme Shakky. Ils discutèrent tous deux avec Marina, puis Rayleigh l'amena à la mer. Là, elle partit rejoindre les profondeurs marines et son île. Elle sourit à l'idée de retrouver sa fille qui avait grandi.
- Raven, ma chère Raven… Je rentre enfin.
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C'était la panique autour de la brune. Elle avait cessé de respirer, et tout le monde avait été sorti. Il fallait la laisser entre les mains des médecins, disait-on. Dans toute cette panique, un soldat était venu trouver Jinbei. Apparemment, une sirène voulait absolument le voir. Le Paladin des Mers s'attendait à tout, sauf à ELLE.
- Marina !?
- Bordel de merde, Jinbei fais-moi rentrer de suite ! Il faut que je vois Raven !
Bon, apparemment elle n'avait pas changé. Jinbei fit donc entrer Marina dans le palais et lui indiqua l'infirmerie. La sirène traça sans lui. Sa fille était mourante, et ce à cause d'un salopard de première catégorie. Aaaah si seulement elle pouvait tuer Hody !
- Dégageeeez !
Une vraie torpille, tout le monde s'écartait sur son passage. Sauf la petite troupe agglutinée devant la porte de l'infirmerie. Des humains et les trois princes. Quelle agitation… La sirène se racla la gorge, et tous se retournèrent vers elle. Les bras croisés et l'air sévère, Marina fixait le troupeau.
- Ils font quoi, là-dedans ?
Les gens s'interrogèrent mutuellement du regard, ne savant que répondre. La sirène soupira et les écarta puis entra. Les médecins étaient en train d'abandonner.
- Il n'y a plus rien à faire…
L'un d'eux remarqua la sirène et lui ordonna de sortir. Mais Marina se foutait de tout, la seule chose qui comptait maintenant était sa fille. C'est la seule chose qui avait toujours compté pour elle, même quand son esprit était embué par les tortures des Tenryubitos. La sirène s'approcha du lit sur lequel reposait sa fille et lui prit doucement la main. Les yeux clos, Raven semblait simplement dormir. Marina lui caressa doucement la tête.
- Je t'ai enfin retrouvé…
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Je regardais autour de moi. Tout était clair, lumineux. J'étais… au milieu d'un champ de corail. J'aperçus une silhouette à quelques mètres de moi, et je la reconnus aussitôt.
- Papa !
J'allais me jeter dans ses bras, et il me serra contre lui. Je me reculais pour le regarder, et il me sourit.
- Je ne pensais pas te voir si vite !, dis-je.
- Les aléas de la vie en ont décidé autrement on dirait.
Je me sentais légère et apaisée. C'était une bien étrange sensation, mais tellement agréable… Je sursautais, mon cerveau venait enfin de comprendre.
- Je suis morte ?!
- Pas tout à fait. Il me semble que tu as encore une chance de partir.
Je tournais sur moi-même, et ne voyais que l'étendu du champ.
- Je ne vois aucune sortie ! Comment je pourrais partir ?
- Il faut que tu trouves la force de t'éveiller.
- M'éveiller ?
Je sentis soudain un courant d'air sur ma main droite. C'était un air doux et chaud qui me caressait la peau. Je portais mon poignet devant mes yeux pour l'examiner, sentant toujours l'air dessus.
- Tu croyais vraiment que ton heure est arrivée ?, rigola Tiger.
Je levais les yeux vers lui tandis qu'une autre caresse se déplaçait à mon front.
- Comme tu as grandis mon ange…
Je sursautais. Ni moi, ni mon père n'avions parlé. Je me remis à scruter les environs.
- Maman ? Maman !
Une rafale de vent s'abattit sur le champ de corail. Quelle violence, une vraie tempête !
- Tu m'as tellement manqué ma chérie, si tu savais…
- Raven ! Viens !, appela Tiger.
Je me tournais vers lui, contrairement à moi il ne semblait pas déranger par le vent et les débris qu'il portait.
- Il faut que je trouve maman !
L'image de mon père disparu comme s'il avait été fait de sable, et une tornade balaya le champ entier. Je dus me protéger avec mes bras, et fermais les yeux. Lorsqu'enfin, je n'entendis plus le vent rageur, j'entrepris d'ouvrir les yeux. Des voix, lointaines, parvenaient à mes oreilles. Ma vue était encore floue, et je du cligner des yeux avant de discerner nettement chaque chose présente dans la pièce.
- Incroyable ! Elle est revenue d'entre les morts !
Un homme se précipita hors de la pièce, tandis que je m'étouffais. On retira rapidement le tube qui se trouvait au fond de ma gorge, et je me mis à tousser.
- Bordel qui est le con qui a eu l'idée de m'entuber ! Euuuh, m'intuber !, corrigeais-je rapidement.
Les deux infirmiers étaient morts de rire. Et la sirène près de moi avait les larmes aux yeux. Je levais doucement une main vers son visage, lui caressant la joue. Je ne pouvais pas y croire.
- Maman !, m'écriais-je avant de l'enlacer.
Nous nous mîmes à pleurer toutes les deux, nous serrant mutuellement.
- Je te croyais morte…, murmurais-je à son oreille.
- Raven, croire c'est pour les religieux. Tu n'es pas religieuse, tout de même ?
- Non !, dis-je en rigolant. Je pensais que tu étais morte…
- Il faut beaucoup plus qu'une balle pour achever ta mère tu sais.
Je lui souris et la serrais à nouveau dans mes bras. Je n'arrivais pas à croire qu'elle soit parvenue à garder la même odeur que celle de mes souvenirs. A la fois douce, avec une pointe de sel et pourtant le sucre de table se sentait toujours dans ses épais cheveux noirs. Parlons-en, de ses cheveux. Longs, épais et plus sombre que les ténèbres. Pourtant, ils étaient plus doux que du velours. Je me souvins alors que j'aimais, plus petite, loger ma tête au creux de son cou lors de mes nuits de cauchemars. Cette sensation de caresse veloutée ne me quittait jamais pendant ces nuits, cette sensation si rassurante, accompagnée de quelques mots de ma mère.
- Je suis là, trésor…
Ma mère venait de prononcer les mots auxquels je pensais. Elle les prononça avec la même douceur et la même rassurance que je connaissais depuis mon enfance. Je souris alors, et fermais les yeux.
- Je t'aime maman…
- Je t'aime aussi Raven.
