Il se réveilla la tête plongée dans le sable avec la sensation désagréable de brûler. Sa peau le piquait, il avait la gorge sèche et râpeuse comme s'il avait avalé du sable par poignées entières. Il releva la tête, les yeux voilés d'un calque noir qui l'empêchait de bien voir mais il parvenait à distinguer des arbres et un ciel bleu au-dessus de sa tête. Il entendait les vagues s'échouer contre la plage si ça en était bien une et clapoter légèrement en ondulation. Il sentait vaguement une odeur de fleur et de cèdre.

Il avait appris à reconnaître les parfums étant enfant et il s'en rappelait de quelques un. Il se demanda un moment s'il était mort mais il savait bien que non. Le pays des morts ne comportait pas vraiment de ciel bleu et il ne risquait pas d'être au paradis s'étant, involontairement certes, joint à un équipage de pirates. Il essaya de se relever mais ses muscles semblaient avoir fondu tant ils étaient mous. Il plissa des paupières et tenta de chercher Erza du regard.

Ses yeux se posèrent avec soulagement sur un corps à demi dévêtu pourvu d'une épaisse chevelure rouge mêlée à des algues, au sable et à diverse choses de la mer. « Elle était vivante… » C'était la seule pensée à peu près sensée qui traversait son esprit. Il rampa péniblement vers elle et la retourna pour vérifier son pouls. Oui…Vivante mais inconsciente…Il pourrait aller chercher de secours dès qu'il se serait reposé un peu…

Il avait tout de même risqué sa vie pour elle, même si il ne le regrettait pas une seconde, il pouvait souffler un peu…Il la regarda attentivement et une pensée étrange surgit fans sa tête. Elle était vraiment magnifique… Son visage…Il ne l'avait jamais vu mais à présent qu'il l'avait sous les yeux….C'était la plus belle personne qu'il n'ait jamais vu…Même endormie, même blessée, même sale…Elle ressemblait à une déesse…Il ne comprenait pas pourquoi elle lui avait caché son visage…Elle brillait. On aurait dit une étoile, non plus… Si les femmes étaient des étoiles, celle-ci était la Lune. Oh oui…Il avait décidemment des idées spéciales…

Il se laissa tomber à côté d'elle dans le sable et ferma les yeux. Il ne savait comment ils avaient échappé à Charybde mais il n'allait pas se plaindre. Il poussa un profond soupir de soulagement et manqua de peu de s'endormir mais se ressaisit vite en songeant à toutes ces personnes dans les histoire qui après un grand choc s'étaient endormie, croyant bien faire pour se reposer, mais ne s'étaient jamais réveillées, plongeant soit dans un coma soit mourant suite à leur blessures. Il ne savait pas s'il avait une blessure grave mais il avait mal partout et cela le confronta dans l'idée de ne surtout, surtout pas dormir. Et s'il y avait des bandits sur cette île ?

Et si…Et si… Les feuilles des buissons derrière lui s'agitèrent et il se releva tant bien que mal, jetant un regard méfiant sur la végétation qui l'entourait. Il se dirigea vers eux, à pas lents car ses jambes étaient encore courbatues. Lorsque le sable fin fit place à des pierres rondes et dures, il baissa la tête pour ne pas trébucher et lorsqu'il releva la tête, il vit une silhouette masculine se fondre parmi les ombres des arbres. Il sentit ses genoux ployer et si la silhouette ne l'avait pas rattrapé, il serait tombé la tête la premières sur les galets. Il plissa les yeux pour essayer de voir la silhouette mais le voile noir s'était rétabli et il ne vit rien sinon sa taille. L'inconnu était de taille moyenne et ne devait guère le dépasser.

Avant de sombrer une nouvelle fois dans l'inconscience il vit une main se tendre vers lui et une voix féminine parler.

- Je suis sûre que nous pouvons les aider n'est-ce pas ?

- Non. Ce n'est pas envisageable…Imagine qu'ils soient de la Noblesse ? rétorqua une voix d'homme.

- S'iiil te plaiiiiit ?

- Bon d'accord… accepta l'homme agacé.


A son réveil suivant, Jellal se trouvait dans une sorte de cabane dont les murs étaient tapissés de fresques et de tableau et dont l'intérieur était joliment décoré. Il était allongé dans un lit peu confortable mais à sa taille, la tête reposant sur un oreiller visiblement confectionné à la hâte et reposant entre des draps de lins très fins mais chauds. La pièce était petite mais on voyait que tout avait été fabriqué avec soin et délicatesse. Par exemple, les fenêtres étaient taillées dans des vitres colorés aux couleurs de l'arc en ciel ce qui enjolivait la maisonnette. Il était seul dans la cabane ce qui le surprit beaucoup. Il s'amusa à observer les différents dessins très bien réalisés qui ornaient plusieurs côtés des murs ou même dans des cadres sur des étagères. Il pouvait même remarquer une guitare dans un étui sur un coin de la pièce. Mais où était-il tombé ? Ces gens paraissaient pauvres mais riches en même temps. En effet, une guitare coûtait atrocement cher ! Et ces vitraux ?

Où les avait-il trouvés ? Etait-ce possible qu'il se trouvât chez des Voleurs ?! Mais alors pourquoi avoir prit soin de lui ? Il remarqua également un autre lit, identique au sien, à côté de lui. Les draps étaient repoussés ce qui lui donna l'impression que son propriétaire n'était autre qu'Erza. Et où était-elle passée d'ailleurs ? Il espérait qu'elle allait bien. Il n'avait presque aucun souvenir de son précédent réveil, excepté qu'il avait entendu des voix…Il lui semblait également qu'il avait fait quelques réflexions déplacées à l'égard d'Erza… Mais peut-être était-ce un rêve ? Il l'espérait…Sinon il ne donnait pas cher de sa peau face à une Erza énervée…
Il se redressa vivement et sortit hors du lit, les jambes légèrement flageolantes. Il avança lentement pas par pas et finit par se retrouva devant la porte. Devait-il ouvrir cette porte ? Que se trouvait-il derrière ? Il hésita une demi-seconde et ouvrit la porte brusquement. Il en resta bouche-bée n'en croyant pas ses yeux.
- Wow ! lâcha-t-il en oubliant instantanément les règles de la politesse.

Devant lui s'étendait une plage de sable fin qui donnait lieu sur une mer d'un bleu éclatant et limpide. La mer était calme sans une seule vague. Un peu comme si quelqu'un avait stoppé exprès la mer la réduisant à un état de calme absolu. C'était le paradis. On se serait cru sur une de ces îles si chères et si renommées que même le Roi,s on père, avait eut du mal à acheter. C'était absolument magnifique. Le soleil illuminait tout ce paysage en faisant briller l'eau et en illuminant le sable blanc des plages de cocotiers...

Il hésitait à se retourner car il voulait profiter encore de cette vue splendide. Il s'imaginait dans un conte...Avec ses arbres majestueux qui semblaient tendre leurs feuilles vers le visiteur à chaque pas qu'il faisait...Avec ses fuits délicieux dont la chair faisait penser à l'éclat du soleil...Vraiment. Peut-être rêvait-il. Oui sûrement, ça devait être un rêve... Qui n'avait jamais rêvé de s'allonger sur une plage de sable doré et de siroter un cocktail sans se soucier des responsabilités qui pesaient sur soi ? Surtout que lorsqu'on était Prince, les responsabilités ça vous pleuvaient dessus... Et puis qui était intéressé par ranger des papiers, lire des papiers, signer des papiers, écrire des papiers toute la journée ? Sérieusement...

Il se retourna vers sa cabane et resta une nouvelle fois stupéfait devant l'immense végétation qui s'offrait à lui. Il avait devant lui deux cabanes sans compter la sienne, et une immense île. Des Montagnes s'offraient à sa vue et une forêt débutait juste derrière les habitations. On se serait crû sur un pays et non sur une île s'il n'y avait pas eu la mer. Il secoua la tête et s'avança d'un pas résolu vers la plus petite des deux cabanes. Erza n'ayant certainement pas voulu entrer dans la grande, qui devait faire le triple de la «sienne», pour ne pas déranger leurs hôtes.

Il s'arrêta devant la porte et ouvrit la poignée doucement pour ne pas faire trop de bruit. Il se figea sur le pas de la porte, stupéfait.

Erza était étendue sur une table en pierre sur le dos, et une jeune fille aux cheveux longs et bleus noués en deux couettes avait ses mains tendues vers elle, bien qu'il ne vit pas exactement ce qu'elle faisait. On aurait dit...On aurait dit qu'elle était en train de disséquer et cela l'horrifia au plus haut point.

- Arrêtes ! Lança-t-il. Qu'est-ce que tu fais ?

La jeune fille se retourna immédiatement, un air contrit sur le visage et il se sentit gêné. Elle avait tout simplement posé un linge sur le front d'Erza et lui appliquait de la pommade sur le cou.

- Désolée, désolée, désolée ! S'excusa la jeune fille en une fraction de seconde. Je voulais juste l'aider !

- Oh c'est moi qui suit désolé... Je ne savais pas ce que vous faisiez et je me suis un peu emporté...Excusez-moi. Vous préférez que je m'en aille ?

- Oh non ! Ne vous inquiètez pas, vous pouvez regarder.

Sur ces mots, elle tendit de nouveau les mains vers Erza et marmonna des paroles incompréhensibles dans une langue qui devait venir du latin. De la lumière bleue jaillit de ses mains et baigna la tête d'Erza.

Jellal se frotta les yeux. Non il ne rêvait pas...De la magie ?!