Et voilà le deuxième, comme promis :)
Chapitre 2 : Bonheur Retrouvé
Pendant ce temps au Terrier, Hermione racontait sans trop rentrer dans les détails, ce qui s'était passé au Square. Elle ne voulait pas expliquer ce qui avait tenu Harry loin de tout le monde, c'était à lui d'en parler s'il le souhaitait. Elle en vint donc rapidement à l'essentiel, Harry arrivait ce soir. Dès qu'elle entendit la bonne nouvelle, Ginny fondit en larmes en venant se jeter dans les bras de son amie.
Molly aussi avait les larmes aux yeux et pour ne pas les montrer, elle décida de partir préparer le diner. A vingt-et-une heures trente, Harry arriva. Cependant, il n'eut pas le temps de faire un pas en direction de la maison qu'il fut aveuglé par de longs cheveux roux et il sentit des mains qui l'étreignirent, étreinte à laquelle il répondit sans hésiter. Alors, des yeux marron où on pouvait encore lire toute la tristesse qui les avaient habités rencontrèrent son regard et ils s'embrassèrent.
Ginny desserra ensuite son étreinte et c'est main dans la main qu'ils rentrèrent dans la maison.
A la surprise générale, Ron se jeta dans les bras de son meilleur ami, lui qui n'avait rien montré pendant un mois, il laissait son amitié et le bonheur de retrouver celui qu'il considérait comme un frère parler pour lui. Il murmura un "tu m'as manqué" dans l'oreille d'Harry que personne d'autre à part lui n'entendit.
Harry passa ensuite de bras en bras, ceux de Molly, Arthur, Charlie, même Percy l'étreignit puis se fut Bill, George qui semblait aussi cerné que lui mais au moins il semblait manger étant donné qu'il n'était pas plus maigre que d'habitude et pour finir ce fut Fleur qui l'étreignit et qui l'embrassa sur chaque joue.
Tous les Weasley l'attendait et il s'en voulu de leur avoir causé autant de soucis. Il se promit alors de se reprendre en main pour ne plus faire souffrir ceux qu'il considérait comme sa famille.
Tout le monde passa à table dans le jardin étant donné qu'ils étaient onze ce soir à la maison en plus de la petite Victoire, la fille de Bill et Fleur qui dormait paisiblement dans un berceau.
Le repas fut excellent et Harry retrouva un peu de son appétit bien qu'il mangea beaucoup moins qu'en temps normal. Ginny aussi retrouva son appétit ce qui réjouit Molly. La soirée se termina tranquillement à la lumière de quelques bougies, de la lune et des étoiles.
A un peu plus de minuit, Bill et Fleur décidèrent de partir, ils dirent au revoir à tout le monde, prirent leur fille et transplanèrent jusqu'à chez eux. George et Charlie partirent plus loin dans le jardin pour discuter tranquillement et Percy rentra chez lui car il travaillait le lendemain tout comme Arthur, qui partit lui aussi se coucher.
Il ne resta plus qu'Harry, Ginny, Hermione, Ron et Molly à table. Molly débarrassa la table d'un coup de baguette et envoya tout le monde se coucher. Ils montèrent alors tous les quatre les escaliers suivis par Molly. Ginny ouvrit sa porte de chambre et entraina Harry avec elle, laissant Ron et Hermione continuer à monter les marches jusqu'à la chambre de celui-ci. Molly ne dit rien quand elle se rendit compte de comment s'était faite la répartition des chambres. Elle était bien trop heureuse de voir tout le monde réuni de nouveau et n'avait pas envie de faire des reproches pour une histoire de chambre.
Ginny et Harry se mirent en pyjama avant de se glisser sous la couette et d'éteindre la lumière. Harry ôta ses lunettes, qu'il posa sur la petite table de nuit, s'allongea sur le dos, mit les bras derrière la tête et regarda le plafond. Il réfléchissait à ce qu'il pourrait dire à Ginny. Il voulait lui dire la vérité sur ce mois écoulé mais pas maintenant. Néanmoins, si Ginny lui posait des questions, il savait qu'il y répondrait, il espérait juste qu'elle ne lui en poserait pas ce soir.
Ginny vint alors poser sa tête sur son épaule et passa un bras autour de son torse, ce qui le sortit de ses pensées. Il glissa alors un bras autour du cou de Ginny et attendit nerveusement ce qu'il ne voulait pas faire ce soir. Cependant, elle ne semblait pas vouloir discuter pour l'instant car ils restèrent un moment sans dire un mot, juste dans les bras l'un de l'autre, heureux d'être de nouveau réuni avant de s'endormir sous le poids de leurs nombreuses nuits d'insomnies.
Harry se réveilla plusieurs fois cette nuit-là, ses cauchemars ne semblaient en effet pas décidés à le laisser en paix. Ce qui lui remontait le moral à chaque fois qu'il se réveillait, était que Ginny dormait profondément à ses côtés.
- Tu as bien dormis ? lui demanda Ginny quand elle vit qu'il était réveillé.
- Oui, mentit-il. Et toi ?
- Magnifiquement, répondit-elle avec un sourire.
Ils gagnèrent ensuite la cuisine où Hermione et Ron étaient déjà. Harry se força à manger bien que son estomac soit complètement noué. Harry vit très bien qu'Hermione gardait un œil sur lui ce qui l'agaça bien qu'il n'en montra rien. Après tout, il ne pouvait pas retrouver un appétit normal en seulement une journée. Il faudrait du temps et il le savait. Il allait cependant tout faire pour retrouver sa joie de vivre au plus vite.
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Plus les jours passaient et moins il faisait de cauchemars. Il faut dire qu'il passait ses journées avec Ginny, Hermione et Ron à faire le plein de souvenirs heureux et son passé effroyable ne pouvait que s'enfuir face à ce qu'il ressentait avec eux.
La diminution du nombre de cauchemars avait pour conséquence qu'il dormait beaucoup plus longtemps. Ginny semblait elle aussi reprendre doucement un rythme de sommeil et ils se levaient de plus en plus tard.
Harry sentait souvent le regard d'Hermione sur lui mais c'était de moins en moins fréquent puisque les traces de sa dépression s'estompaient. Il reprenait doucement du poids et son visage était de moins en moins marqué par la fatigue.
Harry avait pris l'habitude d'attendre que Ginny se réveille afin de descendre prendre son petit déjeuner en sa compagnie. Cependant, plus les jours passaient et plus ils se levaient pour le déjeuner voir même après. Harry parvenait maintenant à se rendormir lorsqu'il se réveillait trop de bonne heure ce qui lui permettait de récupérer un peu.
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Ce matin-là, enfin après-midi serait plus approprié, Harry était vraiment étonné et soulagé que ses cauchemars aient enfin cessé. Il venait de passer une nuit complète et reposante pour la première fois depuis son arrivé au Terrier, il y a deux semaines maintenant.
Comme chaque fois qu'il se réveillait et que Ginny dormait encore, il se plongea dans ses pensées. Il refit défilé tous les bons moments qu'il avait passé avec Ginny, Hermione, Ron et le reste des Weasley. Et comme chaque matin, c'était Ginny qui le sortait de ses pensées lorsqu'elle se réveillait.
- Bonjours toi, murmura-t-elle. Bien dormis ?
- Oui, plutôt pas mal… Et toi, bien dormis ? la questionna Harry.
- Pareil pour moi, répondit-elle. Je ne sais pas toi mais moi j'ai faim. On va prendre le petit déj' ?
- Euh Gin'… Je ne suis pas vraiment sûr qu'il soit l'heure du petit déj… dit Harry en se pinçant les lèvres pour ne pas rigoler devant son air surpris.
- Pourquoi ? Il est quelle heure ? l'interrogea-t-elle.
- Il est exactement quinze heures trente-sept, répondit-il en étouffant un rire quand il vit la tête de Ginny.
- Non, ce n'est pas possible ! Maman ne nous aurait jamais laissé dormir tout ce temps… Ta montre doit être foutue ! s'exclama-t-elle en se redressant brutalement.
- Aller viens, on s'habille et on descend. Tu verras si ma montre est foutue, rit-il.
Cependant, Ginny avait soigneusement noté que c'était la première fois en quinze jours qu'Harry se laissait aller à rire. Elle ne put qu'esquisser un sourire en l'entendant. Elle savait qu'il lui restait du chemin à parcourir mais l'entendre rire était la plus belle chose qu'il pouvait lui donner pour l'instant. Elle était heureuse, au fil des jours, le Harry qu'ils avaient toujours connu revenait au grand jour.
Une fois dans la cuisine, ils ne trouvèrent que Molly.
- Et bien, ce n'est pas trop tôt ! Je me demandais si vous comptiez dormir jusqu'à ce soir. Quand je suis passée dans la chambre à midi pour voir si vous déjeuniez avec nous, je ne pensais pas que je trouverais encore une fois deux dormeurs, blagua-t-elle.
- Arrête de rigoler Harry ! dit Ginny faussement vexée.
- Pourquoi rit-il d'ailleurs ? questionna Molly.
- Et bien… Tout à l'heure je n'ai pas voulu le croire qu'on était déjà en milieu d'après-midi alors il se marre… répondit-elle en lui donnant une légère claque sur la tête qui le fit de nouveau pouffer.
- Et bien si Ginny, il est bientôt seize heures, fit remarquer sa mère.
- Bon et ben on a plus qu'à prendre le goûter. Où sont Hermione et Ron au fait ? demanda Ginny.
- Ils sont dans le jardin, allez-les chercher je vous prépare un goûter.
- Merci Maman, aller viens Harry avant de t'étouffer, dit Ginny en levant les yeux au ciel.
Harry était encore hilare lorsqu'ils sortirent de la maison mais il se sentait tellement bien. Il avait oublié à quel point il était bon de rire, il aurait aimé ne plus jamais s'arrêter.
Ils trouvèrent finalement Ron et Hermione allongés dans l'herbe à l'ombre d'un arbre en train de regarder les nuages.
- Hermione ! Ron ! appela Harry qui avait retrouvé son sérieux.
- Harry ! Ginny ! Enfin ! s'exclama Hermione en se levant suivit de Ron.
- Ben dis donc mon gars, ce n'est pas des petites nuits ça ! constata Ron.
- Ça fait du bien de dormir tu sais… répondit vaguement Harry.
- Une petite partie de quidditch Harry ? Ginny ? demanda Ron sans écouter ce qu'Harry lui répondait.
- Pourquoi pas, répondit Harry, ça fait longtemps que je n'ai pas joué. Hermione, tu joues ?
- Bon d'accord, je me mets avec qui ?
- Mets-toi avec moi Hermione, on va faire une démonstration de quidditch à ces messieurs aujourd'hui, répondit Ginny en faisant un clin d'œil à sa coéquipière.
- Attention ! Pas de triches les filles ! s'exclama Ron.
- Ce n'est pas au programme Ron, détend-toi, lui conseilla Ginny.
- Dis donc Gin', on n'était pas venu les chercher pour aller goûter normalement ? demanda Harry.
- Oh mince ! Si ! T'as raison Harry ! Bon, on va goûter et on joue après, décida-t-elle.
C'est en rigolant qu'ils arrivèrent dans la cuisine où Molly leur avait préparé des crêpes. Ils mangèrent rapidement avant de se sauver de nouveau au jardin pour faire leur petit match de quidditch.
La partie se termina quand Arthur rentra du travail et bien évidemment, c'est Harry et Ron qui remportèrent le match. Ginny était très douée et Harry avait été impressionné qu'elle ait tant progressé. Il n'avait d'ailleurs pas arrêté de la regarder ce qui n'avait pas échappé à Ron, qui en avait profité pour lui lancer des vannes pendant le match.
Cependant, Hermione qui ne jouait que de temps en temps quand elle était au Terrier, n'avait pas le niveau face à Harry ou Ron. Toute la partie, les rires avaient été présent et c'est donc dans la bonne humeur que se termina leur petit match. Ils partirent ensuite ranger leurs balais avant de rentrer à la maison pour le diner.
Après diner, ils dirent bonne nuit à Molly et Arthur et montèrent dans la chambre de Ron pour discuter.
- Bon, on est en juin on fait quoi cet été ? demanda d'emblée Ron.
- T'as envie de partir en vacances Ron ? s'étonna Ginny qui était assise entre les jambes d'Harry et avait pour dossier le torse de ce dernier.
- Ouai, j'ai envie d'aller me détendre après tout ce qui vient de se passer…
- Ce n'est pas une mauvaise idée, remarqua Harry en venant poser son menton sur l'épaule de Ginny.
- Hermione t'en pense quoi ? questionna Ginny. Tu n'as encore rien dit.
- Je réfléchissais à où on pourrait aller en fait, répondit-elle.
- Et ? l'encouragea Ron.
- Et bien, en France il y a de nombreux endroits très sympathiques sur la côte. On pourrait louer quelque chose là-bas et profiter de la mer, de la plage et du soleil. Vous en pensez quoi ?
- On part quand ? demanda Ron.
- Ça marche pour moi, répondit Ginny. Harry ?
- D'accord mais… On part en juillet alors.
- Pourquoi ? questionna curieusement Ron.
- J'ai promis à Kreattur de revenir au Square pour rendre la maison habitable et je comptais faire ça avec lui en juin, répondit Harry en les regardant à tour de rôle.
- Je viendrais t'aider, proposa Ginny.
- Si t'es d'accord Harry, je viens aussi dit Hermione.
- Je suis de la partie aussi, lança Ron. Pas question que vous rigoliez sans moi !
- Bon et ben c'est d'accord, on commence demain. Hermione, tu t'occupes des réservations pour juillet ? demanda alors Harry.
- Pas de soucis, combien de temps on part ?
- Trois semaines c'est pas mal je trouve, répondit Ginny.
- Trois semaines, c'est bon pour vous deux ? s'enquit Hermione en regardant les garçons qui acquiescèrent. Très bien, je trouve quelque chose pour trois semaines en juillet.
- Parfait, dit Harry. Bon, je vais me coucher je suis claqué !
- Déjà ? A l'heure où tu te lèves t'es fatigué à une heure du mat', intervint Ron en levant les yeux au ciel.
- Oui Ron, bonne nuit à tous les deux répondit Harry en sortant suivi de Ginny.
- Bonne nuit, dit Hermione.
La porte se referma et Harry entendit Ron se mettre à parler.
Ron ne comprenait pas. Certes, il dormait beaucoup maintenant mais il avait plus d'une nuit à rattraper. Pendant un mois, il n'avait guère dormis plus de trois heures par nuit et maintenant, il devait progressivement retrouver un rythme de sommeil.
Au moins, il était sorti de son cauchemar quotidien, de son monde noir et il était de nouveau heureux. Son bonheur, il le devait en grande partie à Hermione et Ron mais aussi à Ginny. Il la trouvait toujours aussi fantastique, quand il était avec elle, il arrivait à oublier un peu le reste. Depuis quelques jours, il avait commencé à réfléchir à ce qu'il pourrait lui offrir à son anniversaire, le 11 août… Il voulait l'emmener quelque part, juste elle et lui. A un endroit au bord de la mer, où il y aurait juste la plage, le soleil et eux deux…
- Harry ? Tu es toujours là ? l'interrogea Ginny en agitant la main devant son visage.
- Oh, excuse-moi répondit-il, je me suis perdu dans mes pensées.
- Ce n'est pas grave, sourit-elle en gagnant son lit. Aller, viens te coucher, ça fait au moins cinq minutes que tu es debout, au milieu de la chambre en train de fixer les rideaux. Je me demandais si tu comptais dormir debout, rigola-t-elle.
- Je passe à la salle de bain et j'arrive Gin'.
Il sortit rapidement de la chambre et alla dans la salle de bain. Il tomba face au miroir où il se regarda quelques secondes avant de se détourner brusquement lorsqu'il vit sa mine encore fatiguée et beaucoup trop pâle à son goût. Il se lava les dents, mit son pyjama et revint dans la chambre où Ginny l'attendait en scrutant le plafond.
- Il est si sale que ça ton plafond, plaisanta Harry à son tour.
- Non pourquoi ?
- Tu devrais voir ton regard, si j'étais le plafond j'en aurais peur répondit sérieusement Harry ce qui fit rire Ginny.
- Tu dis vraiment que des bêtises, fit-elle remarquer.
- Je sais, répondit-il en se glissant dans le lit.
- Dors, lui dit Ginny au moins tu n'en diras plus.
- Bonne idée, dit-il en posant ses lunettes.
- Ou peut-être que tu… commença Ginny dans un murmure. Non rien en fait…
- Quoi ? demanda Harry.
- Non, rien oubli… chuchota-t-elle en fermant les yeux.
- Gin' soupira-t-il en se redressant. Tu peux me demander tout ce que tu veux et tu le sais. Alors s'il te plaît, pose ta question.
Harry avait cependant le cœur qui battait fort dans sa poitrine, il était presque sûr de savoir ce que Ginny voulait lui demander et il lui devait des réponses. Elle n'osait cependant plus croiser son regard et il dut lui prendre le menton pour qu'elle accepte de le regarder dans les yeux.
- Gin' murmura-t-il.
- Je cherche des réponses, lâcha-t-elle. Je veux comprendre pourquoi tu ne voulais plus nous voir, plus me voir… marmonna-t-elle blessée. J'ai pensé que… Que tu ne m'aimais plus, que tu étais passé à autre chose… Mais tu es revenu alors… Pourquoi ce silence ? Sais-tu combien j'ai souffert ? Combien il a été dur pour moi de ne pas savoir si vous étiez vivant pendant un an ?
Elle avait de nouveau baissé ses yeux mais Harry avait eu le temps d'y voir toute la douleur qui l'avait habitée en son absence et cela lui serra la gorge. Il l'avait blessée, il le savait mais il n'avait pas eu le choix afin de la protéger. Elle venait de lui dire ce qu'il supposait et maintenant, il allait devoir lui répondre. Cependant, il ne savait plus par quel bout commencer. Il réfléchit quelques secondes au meilleur moyen de lui dire sans la faire souffrir de nouveau. Il voulait surtout lui cacher combien il avait souffert pendant un mois mais il ne voyait vraiment pas comment il allait pouvoir faire.
- Gin' regarde-moi s'il te plaît, murmura-t-il.
Elle leva de nouveau les yeux vers lui et croisa son regard.
- Je n'ai jamais cessé de t'aimer, et tu sais très bien pourquoi j'ai rompu avec toi après les funérailles de Dumbledore…
- C'était une raison stupide ! protesta-t-elle. Tu m'as caché tellement de chose…
- Les seuls au courant étaient et sont toujours Hermione et Ron, la coupa-t-il un peu sèchement. On ne pouvait rien dire sur ce qu'on faisait, c'était beaucoup trop dangereux, déclara-t-il le plus calmement possible alors qu'il sentait sa colère venir à la surface.
- Si tu n'as jamais cessé de m'aimer, pourquoi es-tu resté caché pendant un mois ? demanda-t-elle pour retourner à ce qui l'intéressait pour l'instant.
- Je ne me suis pas réellement caché… dit-il lentement alors que sa colère retombait. En fait, j'ai fuis la réalité… Après avoir entrainé la mort de Voldemort, j'ai été euphorique quelques heures… Je suis allé dans le bureau du directeur pour parler avec le portrait de Dumbledore avec Ron et Hermione… Ensuite, je suis allé sur la tombe de Dumbledore pour remettre sa baguette que Voldemort était venu voler et c'est après que j'ai perdu pieds…
Il avait maintenant fermé les yeux pour lutter contre ses larmes qui menaçaient de couler encore une fois.
Ginny comprit qu'il avait besoin de quelques minutes pour se ressaisir et attendit patiemment, sa main tenant toujours la sienne qui s'était mise à trembler. Elle lui serra un peu plus fort pour lui montrer son soutien alors il reprit la parole mais préféra garder ses yeux fermés pour ne pas qu'elle voie toute la douleur qui venait de s'y installer.
- Je suis ensuite retourné dans la grande salle où j'ai pris conscience de tous ceux qui était mort… J'ai été choqué… Toutes ces personnes allongées par terre, sans vie… Tout ça à cause de moi, elles se sont toutes battues pour me permettre d'agir à l'abri… Elles se sont battues pour me protéger, comme s'il n'y avait pas eu assez de morts avant pour me protéger… Mes parents, Sirius, Dumbledore et même Snape, et maintenant tous ces gens… Je ne supportais plus cette idée, j'ai caché mes sentiments pendant les cérémonies car la rage me consumait à l'intérieur… Cette rage se battait contre le bonheur que j'avais retrouvé après la mort de Voldemort et c'est elle qui gagna et me brûla entièrement…
Harry ouvrit de nouveau ses yeux et croisa le regard de Ginny qui sursauta quand elle vit que ses yeux étaient habités par la colère qu'il venait de lui décrire. Il referma alors ses yeux pour lui cacher ses émotions qui changeaient avec son récit. Il reprit alors :
- Après les cérémonies, je me suis donc dépêché de partir, j'ai transplané au Square où il n'y avait personne et c'est ce que je recherchais, la solitude. Kreattur est arrivé le lendemain de Poudlard. Quand il m'a vu, il a essayé de venir me parler, il voulait m'aider et je l'ai repoussé… J'étais devenu violent en une nuit. Toute cette colère ne voulait pas me quitter et pourtant, Kreattur n'est pas parti comme je le souhaitais… Il est resté, il voulait s'occuper de moi... A un moment, il a voulu aller vous chercher alors je lui ai donné l'ordre de ne laisser entrer personne et j'ai moi-même verrouillé la porte pour plus de sûreté. Pendant plus d'une semaine, la colère ne m'a pas quittée, Kreattur me faisait à manger et usait de ses propres pouvoirs pour me faire avaler quelque chose… La nuit, quand j'arrivais à m'endormir et que je me réveillais, il était à côté de moi, il me veillait tel un ange gardien… Je lui dois beaucoup… C'est grâce à lui que ma colère s'est peu à peu apaisée mais à la place j'ai été envahi par la douleur et la tristesse… Ces nouvelles émotions m'ont transformé… Je me rappelais de tout ce qui m'avait fait du mal dans le passé, c'est comme si je voulais souffrir de nouveau… Je ne contrôlais rien, je subissais mes propres souvenirs… Je ressentais beaucoup de tristesse qui me faisait mal et pourtant, je n'ai jamais pleuré, j'ai toujours retenu mes larmes, je les considérais comme une faiblesse et je ne voulais pas être faible…
Harry avait maintenant des larmes qui coulaient librement sur ses joues, il ne voulait plus les retenir. Ginny voyait combien il était dur pour lui de raconter ce qu'il avait vécu pendant plus d'un mois et elle comprenait maintenant que, s'il s'était caché, c'était surtout car il ne contrôlait plus rien, ses émotions le contrôlaient entièrement. Elle voulait cependant qu'il termine son récit, elle lui pressa donc la main pour l'encourager à finir. Il inspira un grand coup avant de reprendre, les yeux toujours fermés.
- Kreattur n'a pas compris ce changement, il m'a interrogé mais je n'ai jamais répondu à ses questions car moi-même, je ne comprenais pas encore ce revirement… Tous les jours, il continuait à s'occuper de moi, me parlant du temps qu'il faisait et de vous évidemment… Il me répétait que chaque jour quelqu'un venait pour me voir mais je le savais, j'écoutais à la porte pour savoir qui était là. J'entendais Kreattur qui répétait tous les jours que je ne voulais toujours pas sortir… Et puis, Hermione est arrivée… Quand Kreattur est allé la voir, je me suis mis derrière la porte comme d'habitude, pour écouter… Alors, elle a dit qu'elle avait Teddy avec elle et là, ça a été le déclic dans ma tête… Teddy. Comment j'avais pu l'oublier, mon filleul, un orphelin de cette guerre tout comme moi je l'ai été avant lui… Alors je me suis décidé, j'ai ouvert cette porte et j'ai laissé Hermione entrer… Je l'ai emmené dans la cuisine et on a parlé et là… Là, j'ai compris… J'ai compris pourquoi j'avais sombré, je me suis refusé le bonheur, je me suis refusé d'être avec ceux qui m'aimaient. J'ai aussi compris que je n'avais pas fait le deuil de ceux que j'avais perdu et que j'aimais contrairement à ce que je pensais… Jamais je n'avais pleuré pendant un mois, jamais… Je ne voulais pas, je voulais rester fort, rester courageux… Les larmes n'ont pourtant jamais été un signe de faiblesse mais un signe de l'amour qu'on peut porter aux personnes… C'est moi qui ai été faible en refusant…
- Non Harry, dit Ginny en l'interrompant pour la première fois. Tu n'as pas été faible, tu as vécu trop de choses horribles dans ton passé et ta mémoire t'a tout renvoyé. Je trouve même que tu as été courageux car tu as dû revivre toutes les horreurs que tu avais déjà vécu et que tu ne voulais pas revoir…
Harry rouvrit alors ses yeux qui étaient toujours remplis de larmes et les fixa dans ceux de Ginny. Il put voir qu'elle croyait vraiment à ce qu'elle venait de lui dire et non qu'elle lui avait dit ça seulement pour lui remonter le moral.
- Tu as le droit d'être heureux Harry, lui murmura-t-elle dans le creux de l'oreille avant de le serrer dans ses bras.
Harry resserra leur étreinte et laissa sa douleur sortir. Ses larmes ne semblaient plus vouloir s'arrêter pour le moment et Ginny lui caressait le dos pour le réconforter. Elle aurait tant aimé être avec lui pendant ce mois écoulé pour le soutenir en temps voulu. Sa douleur était immense et elle venait de réaliser qu'il y avait de nombreuses choses qu'elle ne savait pas de lui. Notamment, elle ne savait pas exactement ce qu'il avait enduré avec Ron et Hermione l'an dernier. Un jour elle lui demandera de lui raconter mais pas maintenant. Plus tard.
Harry desserra leur étreinte et Ginny le lâcha, gardant juste sa main dans la sienne. Leurs yeux se croisèrent et elle put voir avec soulagement qu'il y avait moins de douleur dans son regard. Son chagrin semblait s'être atténué.
- Merci Gin' de m'avoir écouté, ça m'a fait du bien d'en parler…
Ginny lui sourit et s'allongea. Elle était heureuse de l'avoir aidé car ça lui avait permis d'atténuer sa propre douleur et surtout de comprendre. Il s'allongea à son tour, lui faisait face. Elle se retourna alors pour se mette dos à lui et vint se blottir contre lui. Il la prit aussitôt dans ses bras et c'est ainsi qu'ils s'endormirent.
A demain et merci à ceux qui me suivent ! :)
