Encore une fois : un énorme merci pour vos petits commentaires, je les lis tous avec attention et ils me font toujours autant plaisir.

Voici donc la suite et, non, les personnages ne m'appartiennent toujours pas. (mais j'y travail)


La nuit venait de tomber sur Paris, tout le monde s'était endormi dans l'appartement de Nyo, qui avait eu des difficultés à trouver de quoi faire des lits pour tout le monde. Au final, après un long débat, ils s'étaient à peu près tous accordés (je dis bien "à peu près" car il y avait encore des mécontents) pour que les filles dorment sur le lit et le canapé tandis que les hommes dormaient à même le sol, avec des couvertures. Malgré leurs positions "inconfortable", la fatigue avait eu raison d'eux. Seul Antoine restait éveillé et regardait par la fenêtre. Il se disait que, non loin de là, se trouvait sa maison, qu'il pourrait rejoindre à tout instant, mais il ne pouvait pas : d'une part car il était hors de questions qu'ils abandonnent ses amis mais aussi car les rues étaient devenus beaucoup trop dangereuses. Pour preuve : il lui suffisait de baisser les yeux de manière hasardeuse pour voir des malades déambuler en poussant des grognements féroces. Il soupira et tenta de se remémorer tout ce qu'il avait vue dans les films, séries et jeux vidéos sur les zombies : que ferait un personnage comme Leon Scott Kennedy ou Lee Everett dans ce genre de condition?

- Qu'est-ce que tu fous mec?

Antoine se tourna brusquement : Mathieu avait relevé son buste et le regardait, les yeux encore embrumé par la fatigue. Wifi était à ses côtés et s'étirait en ronronnant.

- Ne t'inquiètes pas chérie, je te rejoins au lit dans 5 minutes. répondit-il, un sourire narquois aux lèvres.

Mathieu eut un petit rire amusé. Il rampa jusqu'à la fenêtre et s'y adossa pour regarder lui aussi la rue. Il vit lui aussi les deux infectés qui avait pris un chat errant pour cible. Wifi émit alors un feulement que Mathieu réprima en le prenant dans ses bras.

- Moi qui croyais qu'il n'y avait que les chinois pour manger du chat... souffla Antoine en gloussant.

- Arrêtes, tu vas faire peur à Wifi... rétorqua Mathieu en faisant la voix du Geek.

Ils se retinrent de rire pour ne pas réveiller les autres puis un silence s'installa entre eux. Le sourire d'Antoine disparu peu à peu tandis que Wifi se lova sur les genoux de Mathieu qui finit par ré-instaurer le dialogue.

- D'après toi, ça va durer combien de temps? demanda-t-il.

- Quoi?

- Ce merdier. Ces machins qui ressemblent à des zombies, ce virus...

- J'ai une tête à être devin? dit-il avec un ton intraduisible.

- ...Maintenant que tu le dis, t'as des airs de Johnny Smith, effectivement!

Antoine roula lentement son regard vers son acolyte, l'air sérieusement blasé.

- Le prends pas mal, Christopher Walken est un super acteur! se défendit-il.

- Arrêtes, sérieux.

Mathieu se tut aussitôt tandis qu'Antoine se retourna vers la fenêtre et souffla profondément. En même temps, il le comprenait : c'est pas tout les jours que la France est mise sous quarantaine comme ça. Et puis, il avait vue des choses qu'il n'aurait sans doute pas supporter lui même : il était presque content d'avoir été inconscient aussi longtemps. Il effleura sa blessure, par réflexe : elle ne ressemblait plus qu'à une légère coupure qui ne se voyait pas vraiment si on regardait vite fait. D'ailleurs, à ce propos, il n'avait aucune idée de ce qu'il avait fait pour finir assommer par une colonne. Il ne se souvenait même pas du tremblement de Terre. Il fallait croire qu'il était réellement amnésique. Il sentit soudain quelque chose happer son t-shirt et le tirer vers le bas : c'était Wifi qui s'amusait à y enfoncer ses griffes. Mathieu le saisit par les côtes et le souleva de manière a ce qu'il soit en tête à tête. Il prit alors une voix niaise.

- Dis donc Wifi, qu'est-ce que c'est que ces manières?

Wifi répondit par un miaulement tellement adorable que Mathieu craqua et le remit sur ses genoux. Il se tourna alors vers Antoine et remarqua qu'il n'avait rien vue et gardait toujours sa tête d'enterrement. Il soupira : c'était plus le moment de plaisanter. Il se mit à ses côtés pour l'épauler.

- Mec, je sais que c'est dur mais faut pas te décourager : t'as bien entendu les médecins, ils ont dit qu'ils allaient trouver une solution.

- Et depuis quand fais-tu confiance à des types comme eux? rétorqua-t-il sans le regarder.

- J'ai vue suffisamment de connerie sur le web pour savoir qu'ils déconneront jamais là dessus.

- Mathieu, putain...

- Attends, laisses moi finir. Ils sont pas cons : certes, les médecins peuvent se faire des montagnes d'argents avec tout ce merdier, les politiciens essayeront d'en profiter pour instaurer des lois extrémistes mais ils ne pourront pas. La situation les dépassent tous, le monde entier est en train de s'intéresser à la France. S'il y en a un seul qui fait le con, on y passe tous, eux compris. C'est leurs carrières qu'ils jouent, alors pour une fois : je pense qu'on peut leur faire confiance car ils se battent certes pour une raison ignoble mais suffisante vue leurs capacités.

- Et tu crois que ça sera suffisant?

- Antoine, le...

- Non! Arrêtes!

- Calmes toi, merde, tu vas réveiller les autres! marmonna-t-il le plus bas possible.

- Mathieu, pour une fois dans ta vie : arrêtes de te comporter comme un ado! Ils s'en foutent de la France et des français! Si c'est pas cette saloperie de virus qui nous tuera, ce sera eux avec leurs conneries! dit-il d'une voix étranglée.

- Mais qu'est-ce que t'en sais, putain! Ok, ils ont ramenés les étrangers à la frontière mais qui te dit que cette décision vient uniquement du gouvernement français?! Il y avait des anglais, des allemands, et pleins d'autres personnes : c'est leurs pays qui ont dû les réclamer! Qui te dit qu'ils pourront pas revenir en France après?! Cette situation est temporaire! Tem-po-raire! Et elle n'est pas dramatique pour autant : on est en sécurité pour l'instant!

- Tu parles, ça commence comme ça, ça nous dit que ça va bientôt se terminer et ça continue encore et encore! J'ai déjà vue ce scénario des milliards de fois et je ne veux pas que ça m'arrive! ...Putain mais... Y a... Y a que moi qui m'inquiètes vraiment ici?!

- Antoine, calmes toi, ça sert à rien de t'énerv...

- Ta gueule! ... Juste, ta gueule... Ta gueule...

Antoine commença à pleurer à chaude larme. C'était la première fois que Mathieu le voyait comme ça et il devait bien admettre que ça lui brisait le coeur. Il repoussa gentiment Wifi sur le côté, prit Antoine dans ses bras et le serra tout doucement contre lui. Antoine s'agrippa à lui à son tour, il comprit alors que le présentateur de What The Cut était bien plus affecté par la situation qu'il n'y paraissait. Ce qui était un peu ironique : sur les sites de fanfiction, on avait tendance à faire passer Mathieu pour la femme sensible qui pleurait facilement et qui avait besoin des bras de son preux chevalier : Sir Antoine du royaume des Saintes Quenouilles, alors qu'au final, c'était l'inverse. Ou l'égal plutôt. Antoine gémissait dans ses bras, il sentait ses larmes coulait le long de son T-shirt. Il lança un rapide regard sur le côté et remarqua que tout le monde dormait encore. Il fallait croire qu'ils avaient pas crié aussi fort qu'il le croyait. Au bout de quelques minutes, Antoine commença à murmurer quelques mots.

- ...J'en peux plus putain... Je suis fatigué...

- Je sais mec, je sais. Moi aussi je le suis...


Mathieu fut réveillé par un rayon de soleil qui le frappa en pleins visage : il devait être environ 6 ou 7h du matin. Il se rendit compte qu'il s'était endormit assis à côté de la fenêtre, avec Antoine dans ses bras... Après avoir commencé à s'imaginer des choses, il se souvint de ce qui s'était passé hier soir et pourquoi il était dans cette position. Il entendit soudain le bruit d'un appareil photo. Il tourna la tête et vit Nyo, un grand sourire au lèvre, avec son téléphone portable dans les mains.

- Nyo! Tu m'effaces ça tout de suite! ordonna Mathieu.

- Non, je me dois d'immortaliser ça... dit il avec euphorie.

Mathieu resta silencieux puis ordonna à Wifi d'attaquer Nyo. Le petit chat s'exécuta et poursuivit le jeune homme, ce qui réveilla pratiquement tout le monde, y comprit Antoine.

- J'espère pour toi qu'on a pas fait ce que je crois. dit-il d'une voix ensommeillée.

- Si on l'avait fait, tu t'en souviendrais gamin... répondit Mathieu avec la voix du patron.

Après cela, les deux compères n'échangèrent plus un mot concernant l'altercation d'hier. Ils se lançaient juste un regard entendu de temps en temps tandis qu'ils se préparaient. De toute manière, Mathieu avait plus urgent à régler : il buvait sa première tasse de café depuis maintenant 48h, une aubaine! Tandis qu'il savourait les arômes de son bon café, Bob, Fred, Seb et Links passaient des coups de fils à Grenoble, Rennes et Brest pour avoir des nouvelles de leurs familles et leurs amis qui semblaient globalement allaient bien. De son côté, Antoine avait réussi à recharger son portable et à appeler ses amis. Mathieu souri en le voyant si joyeux. Il se disait qu'il devait peut-être appeler les siens... Mais il n'en avait pas.

NON, JE DÉCONNE!

Malheureusement, et vue les circonstances, il lui était impossible de les rejoindre. Mais peu importait : tant que tout le monde allait bien, il pouvait se permettre de rester dans l'appartement de Nyo quelques temps...

Enfin, ça aurait dû être le cas...

Quelques heures plus tard, Wifi avait commencé à feuler sans raison puis le sol s'était remit à vibrer. Nos héros eurent à peine le temps de se demander ce qu'il se passait qu'une autre secousse, de la même intensité que la précédente, eu lieu. Mais elle ne dura que 5 secondes. Ce qui fut assez court pour les dégâts mais trop long pour laisser s'instaurer la panique. Sorina était en pleurs et Wifi s'était réfugier dans les bras de son maître. Alexis, Jérémy et David furent les premiers à se diriger vers la fenêtre pour voir l'extérieur : une ombre venait d'obstruer le ciel. Fred et Seb s'approchèrent à leur tour suivit d'Antoine, Mathieu et Bob. Nyo regarda d'abords les filles : vue les têtes des mecs, il y avait quelque chose d'énorme dehors. Il finit par s'approcher et cru halluciner : au loin, en plein coeur de la ville, se dressait désormais une grande colonne transparente, ressemblant à un diamant géant, tout droit sortie littéralement de terre. La radio de Nyo s'alluma alors.

- Flash spécial : une colonne de pierre transparente vient de sortir de terre, en pleins coeur de Paris, durant le séisme. D'après les chercheurs, cette irruption serait la cause direct des secousses. Nous retrouvons donc le professeur Concombre en direct pour nous informer concernant ce phénomène. Professeur, avez-vous une explication à nous fournir? ...Professeur, vous nous entendez?

Il n'y eut aucune réponse pendant quelques secondes, juste un léger bruit de grisailles, long lourd et pesant. Puis un rugissement aigu et perçant retentit et fit sursauter tout le monde, suivit d'un long silence ponctué par le journaliste qui semblait abasourdi.

- ...Veuillez nous excuser, nous avons eu un problème... Technique... Tout de suite, la météo.

Il y eut alors un long silence radio, toujours avec les mêmes bruit de friture. Nyo s'avança lentement vers le post de radio. Il passa devant tout le monde et se plaça face à lui. Il tendit lentement sa main puis appuya sur le bouton off. Il remarqua alors qu'il n'y avait plus aucun bruit. Il allait se retourner quand un bruit assourdissant vibra jusque dans ses entrailles et le fit basculer en arrière. Il vit alors des lumières oranges et de la fumée par la fenêtre, dans la rue à côté.

- Quelque chose a explosé? demanda Shun.

Bob se précipita à la fenêtre : bonne nouvelle, ce n'était pas le minibus. Mauvaise nouvelle : c'était un bâtiment adjacent, une sorte de hangar. Des infectés en sortait, la plupart en feu, d'autres poursuivaient tout ce qui bougeait. Mais plus effrayant encore : certains entraient dans l'immeuble.

- Ils sont en train d'entrer! hurla Bob, paniqué.

Tous se tournèrent vers Nyo : il habitait ici, il devait avoir une solution... Logiquement.

Il se mit à cogiter : que faire? Descendre? Mauvaise idée. Monter sur le toit et sauter vers l'immeuble à côté? Impossible vue ses capacités physiques. Entrez chez ses voisins par effractions et s'y cacher pour brouiller les pistes? Non, c'était complètement con. À moins que...

- Suivez moi! dit-il vivement.

Mathieu regarda Wifi et le prit dans ses bras : c'était pas le moment de réfléchir, bordel! Ils sortirent tous de l'appartement tandis que Nyo forçait la porte de ses voisins. Il y entra, non sans gêne et se dirigea vers le balcon : celui-ci semblait relier à l'immeuble d'à côté avec un autre balcon. Antoine comprit alors son plan : sortir par l'autre bâtiment pour esquiver les zombies. Bonne idée vue les circonstances, d'autant plus qu'elle ne demandait pas une forme olympique, juste un vertige modéré. Bob passa le premier au dessus des barrières et du vide et tendit les bras en avant.

- Faites passer les gonzesses puis le chat d'abords, dépêchez vous : ils arrivent!

Chachou traversa la première, suivit de Shun et Sorina qui avait un peu plus de difficulté. Mathieu passa Wifi à Bob puis vint le tour de Jérémy, David, Alexis, Seb et Fred. Un bruit de porte retentit : ils étaient là! Mathieu fit signe à Nyo de passer à son tour tandis qu'Antoine tentait de bloquer l'accès au balcon avec des pots de fleurs. (et oui car le terreaux est connu pour ses vertus anti-zombie!... Je plaisantais, bien entendu.) Mathieu passa à son tour et appela Antoine qui fonça tête baissé et manqua de tomber dans le vide. Heureusement, Bob et Fred le rattrapèrent puis ils descendirent les escaliers de l'immeuble en prenant soin de sortir de l'autre côté, dans la rue derrière. Malgré tout, on pouvait entendre les rugissements des infectés dans leurs dos, ils ne lâcheraient pas l'affaire. Ils se ruèrent vers le minibus, s'y réinstallèrent à leurs places respective, Nyo trouva une place entre Antoine et Bob, puis David démarra et roula à pleine vitesse.

- On ne peut plus rester à Paris, il faut quitter la ville! s'écria Chachou.

- Je sais chérie! s'exclama David. Mais on a plus beaucoup d'essence!

- T'occupes pas de ça : roules le plus loin possible, on réglera ça après. déclara Links tandis que David commença à ralentir.

Fred eut les yeux exorbités : il semblerait qu'il n'était pas les seuls à vouloir quitter Paris vue l'énorme file qui menait à l'autoroute. Mathieu priait en son for intérieur que ça ne finisse pas comme dans The Last of us où ils se feraient agressé dans leurs voitures puis renversés par un gigantesque camion. Wifi, qui était sur ses genoux, se blottit contre lui, visiblement apeuré. Et, malheureusement, son cauchemars se réalisa : derrière eux, un carambolage eut lieu. Mathieu eut juste le temps de voir un camion faire un vol plané dans leurs directions, puis plus rien... Le vide... Le néant...