Bonjour à tous! Je sais que je le dis tout le temps mais : merci mille fois pour vos messages chaleureux, ça me donne encore plus envie de continuer!

Et donc, pour ne pas changer les habitudes : les personnages ne m'appartiennent pas, tout ce qui se passe dans cette fanfiction est bien entendu faux, etc. etc.

Vous vous en battez les steaks? Ça tombe bien : moi aussi!

Et, pour répondre à la question de osmose-sama, j'ai pas vraiment de date précise alors je vais dire un ou deux chapitres par mois.


Nyo était assis sur un canapé dans une salle d'attente. Il avait Wifi, installé sur ses genoux, qui se prélassait en ronronnant. On entendait au loin des bavardages et des bruits de machines semblables à celles d'un hôpital. D'ailleurs, c'était le cas : il était dans un centre hospitalier dans la banlieue parisienne et attendait sagement que quelqu'un vienne le voir. Il réprima soudain un rejet : la forte odeur de médicaments lui donnait la nausée. Excédé, il se leva finalement, prit le petit chat dans ses bras et se dirigea vers un long couloir blanc. Il ouvrit une issu de secours et se retrouva enfin à l'extérieur du bâtiment, espérant trouver un peu d'air frais, mais il arriva dans un terrain vague avec une forte odeur de terre, de poussière et de pétrole, avec au loin des palissades de fortunes ou des espèces de gardes faisait des rondes. Il voulu faire toutefois descendre Wifi pour qu'il se dégourdissent les pattes mais celui-ci s'agrippa à son sweat shirt : il était visiblement trop apeuré pour quitter la seule personne qu'il connaissait. Nyo devait bien se l'admettre lui aussi : il était perdu, tout comme le chat. À peine avaient-ils quitter Paris qu'ils avaient eu un accident. Par miracle, ils avaient tous survécu mais certains était bien plus gravement blessé que lui, qui s'en été sorti avec une main bandée et deux ou trois points de sutures. Il avait été réveillé par des secouristes, des gens assez sympas qui s'était réuni pour créer une sorte de ville pour les survivants. Il avait d'abords cru que c'était une secte mais ils semblaient cool. En tout les cas, ils soignaient ses potes avec inquiétude et on lui avait dit qu'il pouvait quitter le "camp", comme il disait, quand il voulait, du moment que lui et les autres été rétablis.

- Eh là! Que faites-vous ici?!

Un homme armé, qui se trouvait sur la palissade, l'interpella non pas méchamment mais avec une certaine sévérité.

- Je ne fais que prendre l'air m'sieur. balbutia Nyo.

- Il est fortement déconseillé de sortir, veuillez retourner à l'intérieur.

Nyo s'exécuta aussitôt et retourna à l'intérieur de l'hôpital. "Y a pas à dire, l'odeur est vraiment insupportable!" se disait-il. Soudain, un médecin arriva et lui fit signe de venir. Vous remarquerez au passage que les chats sont miraculeusement autorisés ici. Ils avancèrent ensemble dans un long couloir avec des bais vitrés d'un côté et des portes de l'autre pour arriver finalement devant une porte entrouverte. Le médecin arriva vers lui et lui chuchota.

- Je vous préviens, il vient de se réveiller et les calmants qu'on lui a administré l'ont un peu assommé. lui murmura-t-il. Allez-y doucement avec lui et évitez de le mettre en contact avec le chat, au cas où.

Nyo acquiesça et entra. Il aperçu, en premier lieu, un grand lit blanc où Mathieu était allongé. Il ne pu s'empêcher de grimacer : le présentateur de salut les geeks était salement amoché. Il avait une perfusion relier à trois poches de produits médicaux, des contusions, des plaies, et des bandages un peu partout. Ajoutez à cela un teint pâle et de grosses cernes et vous obtenez le Mathieu que voit Nyo actuellement. Le jeune homme avait, d'ailleurs, les yeux rougit mais entrouvert. il fixait, avec un regard vide, le plafond. Comme s'il dormait avec les paupières ouvertes. Nyo s'avança lentement vers lui : on aurait dit presque qu'il était mort. Soudain, il tourna lentement sa tête vers Nyo et lui sourit faiblement.

- Salut mec... dit-il d'une voix éraillé.

- Yo. répondit Nyo qui s'installa sur une chaise à ses côtés.

Wifi commença à s'agiter et à vouloir rejoindre son maître. Nyo hésita, il se retourna pour voir si la porte était bien fermée, puis laissa le petit chat monter sur le lit et se blottir, étonnement prudemment, contre Mathieu qui essaya tant bien que mal de le caresser.

- Te forces pas, t'es sacrément amocher! lança Nyo.

- Bof! Une blessure de plus ou de moins... souffla Mathieu. Dis, tu sais pas où il y aurait de la bière?

- On est dans un hosto, au cas où tu l'aurais pas remarqué...

- Ouais, et alors?

- Et alors, il existe ici une autre boisson fantastique et magique, très bonne pour la santé, qui s'appelle : de l'eau!

- J'ai déjà essayé, j'ai pas aimé le goût.

Ils rirent en coeur mais Mathieu fut soudain prit par une douleur dans la côte. "Il ne peut même plus rire, la poisse..." se disait Nyo qui le soutenait par les épaules tandis qu'il se recroquevillait pour calmer la douleur.

- Tu veux que j'appelle un médecin? hasarda-t-il.

- Ça va aller... T'inquiètes... marmonna Mathieu.

Après quelques minutes, la douleur de Mathieu s'était effectivement calmé. Il était de nouveau détendu et somnolait aux côtés de Nyo qui en profitait pour regarder les étranges machines et produits médicamenteux auquel Mathieu était relier par des tubes et des câbles.

- Tu te souviens de ce qui s'est passé?

Nyo sursauta : Mathieu avait les yeux grand ouvert et le regardait d'un air fatigué. Il prit du temps à répondre, lui même avait du mal à s'en rappeler. Il raconta alors à son ami que, la seule chose dont ils se rappelaient, c'était les types qui été venu les secourir. Il se souvint alors d'un autre détail, ils avaient failli mourir d'une autre manière à ce moment là. Il s'était fait réveillé quelques minutes après l'accident par les miaulement affolé de Wifi, piégé dans les bras de Mathieu, inconscient. Le minibus était couché sur le côté, ils avaient dû faire un nombre incalculable de tonneaux au point que sa ceinture devienne inutile. À cause de cela, sans doute, il était incapable de bouger. Ou plutôt, il n'avait pas eu l'idée de le faire, tellement il était sonné. Il entendit, cependant, au loin, des grognements féroces. Il tourna machinalement sa tête vers le plafond, qui était, vue l'inclinaison du bus, la portière et la vitre. Quelques secondes plus tard, il cru voir une silhouette humaine en train de s'attaquer violemment et férocement à la vitre suivit d'une détonation et d'une marre de sang se dessinant sur le verre. Après cela, des personnes l'avait fait sortir de la voiture et l'avait conduit à cet hôpital où il avait été soigné. Wifi était resté à ses côtés tout le temps, même quand il était partie dormir. Il n'en savait pas plus.

- Voilà, c'est tout. conclu Nyo.

Mathieu répondit en hochant la tête : était-il suffisamment réveillé pour avoir suivit? Visiblement oui car il demanda juste après où était les autres. Nyo ne sut alors pas quoi répondre encore une fois : avec tout ça, il les avait presque oublié. Il savait juste, grâce à une jeune élève infirmière qui s'était charger de recoudre ses plaies, que tout le monde était en vie. C'était déjà ça.

- Tu veux que j'aille demander?

- Te fatigues pas, s'ils sont pas trop cons, ils nous le diront... Et sinon, on est où?

- Dans une chambre.

- Oui, merci, mais où?

- Dans un hôpital.

- Merci pour ta science infuse, Captain Obvious. Sérieusement.

- On est dans la banlieue de Paris, c'est tout ce que je sais. Les gens qui nous ont sauvé ont créer des barricades autour d'une espèce de petite citée. Mais je suis pas sortie de l'hôpital donc, concrètement, j'en sais pas grand chose non plus.

- Mais t'as foutu quoi pendant tout ce temps pour ne rien savoir?

- J'ai couché avec une infirmière.

- Ah! Mais tes plus puceau du coup!

- Qui t'as dit que je l'étais?

- Elle est cool ta vie.

- Ouais je sais.

Un long silence pesant s'installa alors entre les deux. Tout à coup, quelqu'un frappa à la porte. Mathieu invita la personne à entrer : c'était Bob, il avait une genouillère et marchait avec une béquille.

- Bonsoir! Je suis Bob Lennon, Ha! Ha! Et aujourd'hui, nous sommes à l'hôpital!

- Oui, sauf qu'il est 14h, donc on est l'après midi. rétorqua Mathieu.

- Oh, bah si tu le prend comme ça, je ne te dirais pas comment vont les autres! déclara Bob tout en faisant demi-tour en boudant.

Nyo se mit à rire tandis que Mathieu le supplia de revenir. Le pyro-barbare fit mine d'hésiter avant, finalement, de faire demi tour. Nyo l'invita à s'asseoir à sa place, il en avait bien plus besoin que lui.

- Merci mon brave! dit-il avant de prendre un air plus sérieux. Bon, j'ai eu quelques infos concernant nos potes : d'un point de vue générale, tout le monde va bien, juste des cicatrices, des jambes dans le plâtres, etc. Bref, rien de grave... Enfin sauf pour...

- ...Pour qui? hasarda Nyo.

Il se tourna machinalement vers Mathieu qui se risquait à se pencher en avant pour mieux regarder Bob. Celui-ci baissa la tête, se racla la gorge avant de relever son regard vers le jeune alité.

- C'est Antoine. dit-il avant de chercher ses mots. Il est pas mourant, je te rassure! On va dire qu'il est un peu plus blessé que toi...

- Comment ça? Dis m'en plus, bordel! s'écria Mathieu avant d'être prit d'une douleur dans le bas du ventre.

- Restes couché mec! souffla Nyo, doucement.

- De ce que j'ai compris, il a essayé de te protéger en ce mettant devant toi lors de l'impact. Mais ça n'a pas suffit visiblement...

Bob regarda les blessures de Mathieu qui semblait accablé par la culpabilité : c'était donc sa faute?

- Qu'est-ce qu'il a exactement? demanda Nyo qui, au passage, rattrapa Wifi qui s'apprêtait à descendre du lit.

- Traumatisme crânien, fractures, débris de verre... Les médecins disent que sa vie n'est plus en danger mais ils l'ont mit dans le coma, au cas où... C'est tout ce que je sais, désolé...

- Merde... souffla Nyo tandis que Mathieu se rallongea, lentement.

Il semblait anéanti, son pote s'était sacrifié pour lui... Pour rien. Bob lui prit sa main et la serra doucement.

- Tu dois pas t'en vouloir, t'y es pour rien. Faut que tu te reposes pour le moment, c'est tout ce qui compte.

- Comment veux-tu que je me repose après ça?

- Mec, on pouvait pas savoir qu'un camion nous rentrerait dedans! s'exclama Nyo. Dis-toi qu'on est tous en vie et que des gars ont pu nous sauver, c'est déjà ça!

Wifi miaula à ce moment là, comme pour approuver ses paroles, ce qui fit sourire Bob. Mathieu prit alors une expression neutre puis soupira. La porte s'ouvrit alors : le médecin de tout à l'heure passa sa tête dans l'encadrure de la porte.

- Pardon de vous dérangez, je dois m'occuper de monsieur Sommet.

Nyo et Bob approuvèrent puis sortir en compagnie de Wifi, qui quitta difficilement son maître. Ils se retrouvèrent dans le couloir, immobile, à ne pas savoir où aller.

- Au faites petit, ça va de ton côté? demanda Bob.

- ...Ouais, vite fait... répondit le jeunot, prit de court. On fait quoi du coup?

- Y a une cafèt' là bas, on peut s'y poser vite fait.

Un quart d'heure plus tard, ils étaient installé à la cafétéria et manger des bonbons et boire du café en gobelet. Ils avaient réussi à obtenir, par ailleurs, une petite assiette avec du lait pour Wifi. Il y avait une télévision où ils pouvaient voir NRJ12 avec un énième épisode des ch'tis et des marseillais dans on ne sait qu'elle ville dans le monde.

- J'adore cette chaîne : même dans les moments dramatiques, ils te foutent de la merde! lança Bob tout en avalant un M&M's.

- Au moins, eux, ils ont du bol : ils sont pas en France. répondit Nyo.

Bob approuva. Soudain, un bruit sourd se fit entendre, suivit d'un "putain de merde!" très connu de tous.

- 'Tain, Seb! Donnes moi un coup de main au lieu de te marrer comme un con! hurla la voix!

- Désolé mec, attends... répondit l'autre.

La porte de la cafétéria s'ouvrit : Seb aidait Fred a marcher jusqu'à l'intérieur, il était en fauteuil roulant et avait du mal à diriger son nouveau moyen de locomotion.

- Oh merde, qu'est-ce qui t'es arrivé? s'exclama Nyo.

- Rien, t'inquiètes! répondit Seb avant même que Fred réponde. Sa majesté n'a juste pas le courage de marcher à cause de son petit bobo au genou!

- J'ai le genou déboîté, connard! hurla Fred

- Bah moi aussi, pourtant je marche avec, non pas deux, mais une béquille! déclara Bob, fière de lui.

Fred fit mine d'être vexé. Derrière eux se trouvaient Shun et Sorina qui ne semblait pas trop amoché elles non plus. Elles partirent chercher des dragibus (parce que les dragibus, c'est la vie) au distributeur automatique et s'installèrent avec Fred et Seb.

- Je savais qu'on avait un train de vie assez hard, mais de là à tous finir à l'hosto! lança Seb, non sans humour.

- C'est pas notre faute, monsieur l'agent, on a pas bu cette fois. ajouta Bob avec un air innocent.

- D'ailleurs, vous sauriez pas où sont Links et les autres? demanda Nyo.

- Aux dernières nouvelles, ils sont tout les quatre dans la chambre de David : le pauvre s'est cassé l'os de la jambe. Il va bientôt se faire opérer mais les médecins disent que c'est généralement très simple à guérir. répondit Bob.

- Outch! J'ai mal pour lui. souffla Shun.

- C'est quand même dingue tout ce qui s'est passé... murmura Sorina. On était à la Japan Expo et d'un coup, on s'est retrouvé là...

Fred passa son bras autour des épaules de sa petite amie et l'embrassa sur la tempe pour la consoler. Il y eut alors un long silence...

...Interrompu par Wifi qui essayait de faire ses griffes sur les roues du fauteuils de Fred.

- Hé! Mais qu'est-ce qu'ils fout?! hurla Fred.

- Oh! Il fait ses griffes, c'est trop mignon... dit Bob avec l'air attendri.

- Mais arrêtez-le, bordel!

- Surtout pas : si tu oses interrompre Wifi, il va t'arriver quelque chose de terrible!

- Mais je m'en fous!

Ainsi, une grande baston s'entama entre Grenier et un chat pour un simple fauteuil roulant.

Cinq jours s'écoulèrent. Nos héros étaient resté à l'hôpital durant tout ce temps. Ils avaient vue défilé de plus en plus de personnes si bien que le centre hospitalier était désormais sur-chargé. Entre temps, David s'était fait opérer : tout s'était bien passé, le médecin lui avait cependant dit qu'il mettrait plus d'un mois à s'en remettre, sans compter la rééducation, ce qui l'avait un peu déprimé. D'autres part, Mathieu n'était plus alité. Enfin, tout du moins, il pouvait marcher librement dans l'hôpital temps qu'il était présent pour ses examens journaliers. De toute manière, il passait tout son temps dans la chambre d'Antoine, à veiller sur lui. C'était la moindre des choses après tout : il s'était occupé de lui lorsqu'il s'était blessé à la Japan Expo et, en prime, il avait risqué sa vie lors de l'accident. Et maintenant, il était dans un état catastrophique, pire que le sien. La description de Bob lui semblait bien faible vue ce qu'il voyait : bandage autour du front, tellement cliché, minerve, cocard, masque à oxygène, cicatrices, un bras dans le plâtre et même une assistance respiratoire. Une assistance respiratoire, bordel de cassoulet! Sans compter le scope médical qui était la seule source sonore actuelle. Mathieu gardait les yeux rivés sur lui, comme s'il s'attendait à ce qu'il se réveille d'un seul coup. Mais non, chaque seconde qui passait était une déception de plus. Il avait l'impression d'être dans ces publicités sur la sécurité routière, il ne manquait plus que le message du ministère de la santé en plein milieu de l'écran et la mise en scène aurait été parfaite. Il soupira et s'accouda sur les bords du lit : au moins, il n'avait pas l'air de souffrir. Il glissa lentement sa main vers celle d'Antoine et entrelaça doucement ses doigts avec les siens.

Pas de réaction.

Tant pis.

- Mec, je sais pas si tu m'entends et je vais peut-être parler dans le vide, mais, si tu es conscients... Saches que je... Je crois... Je crois que je te remercierais jamais assez. T'es un de mes meilleurs potes et tu me l'as encore prouvé en me protégeant. Alors qu'au final, je sais même pas si je le mérite... C'est vrai quoi, je suis pas fort, je suis trouillard, je suis petit, même le patron ne fait qu'un mètre soixante, et je me cache derrière tout ses personnages que j'ai inventé. Je suis une véritable tête à claque et devant ce genre de situation, je suis incapable de prendre un réelle décision... Mais pas toi. T'avais raison quand tu m'as dit que je me comportais comme un ado, j'arrives même pas à me rendre compte de ce qui se passe. Je suis incapable de me dire qu'il y avait des gens à la japex qui sont mort en voulant nous voir, et d'autres qu'on avait croisé une fois et qu'on ne reverra pas... T'avais raison de pleurer car, de nous deux, t'étais le seul à avoir vraiment compris et admis la vérité. J'ai vraiment été qu'un pauvre petit con...

Il réprima un sanglot et reprit.

- Si je pouvais revenir en arrière, ce camion, je me le serais pris en pleine poire, juste pour pas que tu finisses comme ça. Parce que je le mérite. Tu t'es inquiété pour moi et pour les autres, et pendant ce temps là, je m'en foutais presque. Tout ce qui m'importait, c'était d'être entouré de personne avec lesquels je serais en sécurité... J'ai été un putain d'égoïste... Et tu t'es quand même sacrifié, alors que, tout ce que je mérite, c'est une centaine de paire de claques...

Il s'arrêta un instant, les larmes aux yeux. Il inspira un grand coup et sourit difficilement.

- Mais ça va changer, t'auras plus à t'occuper de moi comme un gamin. Dorénavant, je ne te laisserais plus te faire blessé pour moi. Je te le promet, je le jure sur ma vie, on va s'en sortir, avec les autres, et on quittera la France s'il le faut... Mais la seule chose que je te demanderais, la seule chose qui m'importe, c'est que tu te réveilles... Et que je t'entendes m'insulter de tout les noms... Comme je le mérite... Et que... Et que tu guérisses...

Il se mit à pleurer à chaudes larmes. Il joignit son autre main autour de celle d'Antoine puis s'effondra en faisant tomber lourdement son front près du coude de son ami. Aucune réponse encore une fois. Mathieu, malgré ses larmes, tenta désespérément de le supplier. Mais tout ce qu'il arrivait à dire n'était que des murmures étranglés par ses sanglots. Il resta ainsi longuement. Pendant ce temps là, Alexis, Bob et Fred, qui avait dû offrir son fauteuil roulant à un autre blessé, avaient quitté l'hôpital. Ils se dirigeaient vers ce qui ressemblait à une mairie. Ils découvrirent, par ailleurs, l'endroit où ils se trouvaient : c'était, comme l'avait dit Nyo, une sorte de petite citée, ou plutôt le quartier d'une ville, entouré de barricades. Il y avait des HLMs, étonnement intact malgré les secousses, des commerces abandonnés et un parc où se trouvait la mairie. Bob ne put cependant pas s'empêcher d'avoir un sentiment de malaise : chaque personnes qu'ils croisaient semblaient méfiantes à leur égard. Sans doute des autochtones. Enfin, c'était normal : vue le nombre incalculable de personnes qui arrivaient ici, il y avait de quoi avoir des doutes concernant les intentions de certains. Il se rendit compte qu'ils avaient le même comportement que les gens à la Japan Expo. À croire que la célébrité ne leur suffirait pas pour survivre. Ils traversèrent le parc et arrivèrent enfin devant la mairie où ils entrèrent. La scène à l'intérieur semblait surréaliste. Ou plutôt étrangement normal : des gens faisait la queue pour des questions administratives "banales" et les secrétaires les aidaient plus ou moins. Bob en fut presque heureux : c'était presque relaxant après tout ce qu'il venait de subir. Tout à coup, un homme s'approcha d'eux : il ne semblait pas inamical, au contraire.

- Excusez-moi. Vous ne seriez pas Frédéric Molas, Alexis Breut et... Bob Lennon? demanda-t-il.

- C'est exact, oui. répondit Alexis de manière neutre.

- Ah! Parfait! Madame Liène vous attend.

Il prit des escaliers et invités les trois hommes à le suivre. Ceux-ci s'exécutèrent puis montèrent les marches. Ils s'engagèrent ensuite dans un petit couloir avant d'arriver devant une grande porte. L'homme frappa à celle-ci puis entra : en face d'eux se trouvait une femme assez jolie, assise à un grand bureau. Elle avait des cheveux court roux et portait un costard noire en décolleté. (autant ne pas vous dire ce que regardaient les hommes en premier...)

- Je vous attendais justement! dit-elle en se levant. Vous pouvez disposer Quentin. ajouta-t-elle à l'homme qui s'en alla aussitôt.

Elle invita les trois gentils messieurs à s'asseoir puis s'installa sur son siège.

- Je m'excuse de ne pas avoir pu prendre contact avec vous plutôt, vous comprendrez que je suis assez occupé ces temps-ci. Je suis Elisabeth Liène, le maire de cette ville... Tout du moins, ce qu'il en reste. Une grande partie de nos habitants nous ont quittés pour fuir à la frontière mais d'autres ont été obligé de rester. Vue que le gouvernement est aux abonnés absents, j'ai décidé de faire de ma ville un refuge pour ceux qui n'ont pas eu la chance de quitter la France.

- Excusez moi de vous interrompre mais vous dites que le président ne répond plus? intervint Bob.

- Non, et ce depuis la dernière secousse. Selon nos sources, il était en route pour la Belgique afin de participer à une réunion d'urgence de l'UE. C'est tout ce que nous savons. Certains prétendent qu'il est décédé mais je préfère ne pas tirer de conclusion trop hâtive : si on apprend que le pays n'est plus dirigé, qui sait ce que certains peuvent faire...

Bob hocha la tête : ils étaient donc bel et bien seuls. La mairesse ouvrit alors un tiroir et en sortie des documents.

- Vue les circonstances, la ville est ouvert à tous, et vue le nombre de personnes arrivants à l'hôpital, j'ai décidé d'offrir des logements pour les personnes dans le besoin. Si vous voulez rester, ce qui ne pose aucun problème, il vous faudra juste remplir des dossiers. Vous pourrez partir quand vous voulez.

- C'est que, nous ne voudrions pas abuser de votre hospitalité... déclara Fred, un peu gêné.

- N'ayez crainte, vous ne dérangez pas, les logements en question sont des résidentes étudiantes qui ont été vidé pour les vacances. Par respect pour les anciens habitants, je ne propose pas les maisons habitées auparavant. Je vous laisse les documents, si vous voulez réfléchir un peu. En revanche, vous comprendrez que vous devez me donner votre réponse d'ici deux jours maximum.

Elle tendit les documents à Alexis qui les prit avec soin. De retour à l'hôpital, les avis été mitigés.

- Cette demoiselle est bien gentille, je crois que je vais rester dans le coin quelques temps... dit Bob, un grand sourire aux lèvres.

- Arrêtes, tu dis ça juste à cause de ses boobs! lança Fred.

- Même pas vrai! Un pyrobarbare ne faiblit pas devant les attributs féminins!

- Moi je trouve ça presque trop gentil pour être vrai... souffla Links, pensif.

- Alex, on est pas dans the Last of Us : le monde n'est pas composé uniquement de sectes et de psychopathes! répondit Fred.

- Dans ce cas, comment tu expliques ces barricades de malade?

- Moi je trouve ça rassurant. dit Bob.

- Pour quelqu'un qui a séjourné dans un hôpital psychiatrique, effectivement... marmonna Fred.

Bob se sentit vexé et partie devant en grognant, ce qui fit rire Fred mais pas Alexis. Il n'était visiblement pas facile à convaincre. Malgré le fait qu'il ne voyait rien d'anormal dans les dossiers, quelque chose le pré-occupait, notamment ce qu'avait dit Elisabeth concernant le président : est-ce qu'un jour, tout redeviendrait comme avant?