Trop fatiguée pour faire du blalba et les RAR, mais le cœur y est!

J'ai commencée à jouer à Skyrim et je suis entrain d'écrire une fanfiction sur ce merveilleux jeux, ceux qui connaissent remarqueront les references ^^

Bonne lecture!


J'ai toujours été un homme qui passe / Un homme qui n'a jamais donné d'amour en retour / Un jour Superman, un jour Fantômas / Un homme qui s'efface sans laisser de traces.

Claude Veillot


Une rencontre inattendue

ou

Comment frôler la mort en 13 pages Words...

L'arrivée de Mérissa ne fut que le commencement.

Le commencement d'ennuis pires que ceux que j'avais déjà endurés.

Évidemment que c'était pas le commencement des vacances, de ma vie héroïque ou de mon accession à la gloire !

Ce serait dommage de m'accorder le moindre répit !

L'univers me déteste mais moi je l'empapaoute avec une rouflaquette d'hippocampe ! Oui tout à fait ! La Puissance qui gouverne Azeroth peut aller se faire tarabuster par des étoiles de mer ! Et qu'elle se fasse tortorer par une crevette psychoanaleptisée !

...

J'ai un peu digressé là... Suite à cette parenthèse sur l'utilité, quoique assez singulière je vous l'accorde, des animaux marins, reprenons le fil de ma complainte :

L'arrivée de Mérissa ne fut que le commencement d'une série de catastrophes.

Belore et Anya débarquèrent peu de temps après. A mon grand soulagement. Anya est bien la seule personne au monde à pouvoir empêcher Mérissa de dépecer tout ce qui bouge. J'y reviendrais plus tard.

Belore eu la gentillesse de m'aider à me relever et de ramener Bizkin pendant qu'Anya tapait la discute avec la Reine des Garces.

Devant mon air paumé, il m'expliqua galamment que Sylvanas-les-Pastèques avait fini par péter une durite à cause de mes bêtises à répétions et que Lothy avait envoyé l'équipe d'Anya pour éviter de finir comme charcuterie du terroir (elfique).

Et immanquablement, puisque rien ne me sera jamais épargné, c'est Mérissa qui s'est portée volontaire, visiblement ravie à l'idée de transformer des Worgens en descente de lit...

J'aurais de beaucoup préféré qu'elle reste à Lune-d'Argent pour martyriser les p'tits nouveaux.

Désolé les bleus, mais je ne culpabilise pas du tout pour cette mauvaise pensée. Perso j'avais déjà eu ma dose.

Mérissa pouvait me tuer comme et quand elle voudrait : personne ne lui en tiendrait vraiment rigueur.
Mais elle ne l'avait jamais vraiment fait. Et vous savez pourquoi ?

Un chat aime jouer avec sa proie. Il aime la harceler jusqu'au dernier instant, jusqu'à ce que la moindre parcelle d'espoir ait disparu. Et voir la peur dans ses yeux. L'observer avec délectation se débattre, se raccrocher désespérément à la vie. Et puis lui infliger une mort longue et pathétique, une agonie humiliante. Mais ce dont elle raffolait plus que tout c'est que sa victime soit réduite à l'implorer de l'abattre.
Mérissa était comme les chats, un prédateur dont la cruauté n'avait aucune limite, qui servirait n'importe quelle cause, n'importe quel souverain, pour peu qu'elle ait de quoi assouvir sa soif de sang.

Elle était terrifiante et j'avais peur d'elle. Car j'étais la proie.

Donc le Trio a débarqué en Forêt des Pins d'Argent.

Il ne pouvait rien m'arriver de pire.

...

Et ben si.

En premier, les Apos. Car non, ils ne m'avaient pas pardonnés d'avoir malencontreusement détruit leurs expériences. Et ils ont essayé de me tuer. Sérieux.

D'abord l'arsenic dans mon flan à la myrtille, le jus de fruit empoisonné, la fourchette ensorcelée, les techniques de persuasion pas très subtiles genre le nœud coulant posé en évidence sur mon lit avec dans un joli paquet cadeau le best seller ''comment se suicider pour les nuls'' ou le bord de falaise sur le seuil de ma tente (alors comment ils ont fait pour transporter un bord de falaise jusque là...me demander pas !), les Glisseuses pas nourries depuis trois jours, la Peste tombant du ciel (c'est inédit ça ! Pourtant selon les Apos, c'est très courant dans la région...)...

Déjà échapper à la mort toutes les deux minutes c'est un peu reloud, mais si en plus je dois me farcir Sylavanas et son bikini de guerre, le Père Lothy qui veut ma peau, Mérissa qui s'en fait déjà un blouson qu'elle portera « tous les jours en pensant à moi'', et le familier d'Anya qui me prend pour son doudou, mais ou va-t-on ?

Anya, justement... La seule, avec Belore, qui ne veut pas m'envoyer sucrer les fraises.

Anya Dansevent est une chasseuse des plus célèbres mais surtout c'est la seule femme à forte poitrine que je respecte.

C'était autrefois une Forestière qui combattît au côté de Sylvanas et durant la destruction de Quael'Thalass, elles affrontèrent Arthas ensemble.

Anya se fit laminer, comme tous ceux qui avaient eu l'audace de défier le Blond-Maléfique. Son visage, autrefois harmonieux, est aujourd'hui ravagé par une effroyable cicatrice sur tout le côté droit. La morsure de Deuillegivre ne lui a pas ôtée la vie, mais elle a fait bien pire. Son œil et son sourcil ne sont plus qu'un hideux entrelacs de chair blanchâtre et une fine ligne craquelée de peau traverse en diagonale toute sa figure. J'admirais cette femme pour sa force et sa détermination : elle avait perdu son peuple, sa chef et son visage, mais elle n'avait jamais arrêté de lutter.

Le seul truc qu'on pouvait lui reprocher c'était sa bestiole.. Talula, son espèce de Sabre-de-Givre mutant, qui a une fâcheuse tendance à câliner tout ce qui bouge. Et à oublier qu'il pèse deux tonnes de muscles et de poils. J'en ai encore mal aux côtes.

J'avais donc eu une semaine particulièrement naze.

Puis les événements ont pris une tournure dramatique. Pour une fois ce n'était pas moi la victime, mais finalement c'était pire.

Mérissa avait besoin d'un appât. Oui, un appât pour attirer une patrouille de Worgens qui ratissait les environs et qui posait problème à la Dame Noire.

-Rends toi utile, misérable larve et va te balader jusqu'à ce qu'un groupe de Worgens te tombe dessus.

-Heu..et pourquoi je ferais ç...

Son sourire de psychopathe m'a clairement fait comprendre que j'avais tout intérêt à ne pas la contrarier.

Belore m'a adressé un léger sourire d'encouragement/fataliste que je ne lui ai pas rendu. Il allait sans doute culpabiliser pendant un certain temps. Bien fait.

-J...J'y vais !

-Vas y, je te suis, dit elle en se fondant dans les ombres avec une rapidité extraordinaire.

Je déglutis difficilement avant de me mettre en route. Ca n'allait pas être une promenade de santé d'autant que Sylvanas m'avait confisqué Bizkin, ses ondes démoniaques pouvant être repérées par les plus fins limiers Worgens. Mais comment j'allais survivre sans mon diablotin adoré ?

Il avait beaucoup plu et les arbres étaient recouverts de lichen. C'était tout vert. J'avais l'impression d'avoir atterri chez les Sombrelance.

Aucun ennemi à l'horizon.

Pourquoi avais- je l'impression que ça n'allait pas durer ?

J'ai senti une présence derrière moi. Et une forte odeur de fauve. Ca se saurait si les Worgens se lavaient de temps en temps ! J'ai dit quoi là ? un...Worgen ?

Le temps que l'information arrive à mon cerveau, le Worgen m'avait saisi à la gorge et plaqué dos au sol. C'est à peine si je pouvais reprendre ma respiration tant sa poigne était puissante. La bête massive qui me faisait face était très certainement un Croc de Sang. Je tentais de m'emparer de mon épée mais il bloqua mon bras. L'autre était coincé sous mon corps par le poids du loup et je n'avais aucune chance de dégager mes mains. D'un coup de genou dans la mâchoire (c'est vachement pratique les protections sur les articulations!) je me libérais.

En me retournant pour une retraite stratégique, je me retrouvais face au museau d'un Worgen portant le tabard du Front des Crétins de Gilnéas (le front de libération quoi). Je me jetais au sol in-extremis pour éviter son coup de griffe, mais le choc à l'atterrissage me fit perdre de précieuses secondes et quand je me relevais, le Croc de Sang était sur moi.

D'un pas sur le coté j'évitais l'attaque, mais j'étais dans le caca. Ils avaient l'avantage de connaître le terrain mieux que moi et aussi celui du nombre (Mérissa ne comptait pas, elle n'interviendrait que lorsque elle aurait bien profité du spectacle et que je serais en train d'agoniser).

Bon. Qu'est ce que mon maître m'aurait dit de faire dans ce genre de situation ?

Utilise ton cerveau.

Très drôle. On jurerait entendre Bizkin.

Utilise ton bouclier pour charger l'adversaire le plus proche et mets le à terre, puis concentre toi sur l'autre.

Sauf que cela faisait des années que je n'avais pas repris le bouclier depuis sa mort au Portail du Courroux.

Argh.

-Heu...Paix et amour entre les Factions ?

-Grrrrrr...

-Heu...Comme vous avez de jolies dents...HYAAAAAAAAARGH ! MAMAN !

-ARRETE DE BOUGER QUE JE T'ETTRIPE !

-NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA AN !

J'ai fait preuve de sens pratique et hop, j'ai grimpé dans un arbre.

Ok, je reconnais que ça manque un peu de classe mais j'ai paniqué.

Le Crocs de Sang a grimpé à son tour et j'ai sauté sur la branche de l'arbre d'en face, sous les yeux médusés du second Worgen. J'ai ainsi sauté de branche en branche, poursuivit par un méchant toutou avant de me ramasser un tronc d'arbre en pleine poire. Comme dans les dessins animés.

Je suis tombée sur le dos, pestant contre les troncs d'arbres et ces abrutis d'elfes de la nuit qui veulent les sauver !

Je me suis relevée tant bien que mal, m'appuyant sur un bras amical qu'on me tendait galamment. Vachement sympa le mec.

-M...Merci...

-Y'a pas de quoi, répondit le Worgen Gilnéain avec un immense sourire sarcastique qui lui retroussait les lèvres (ou les babines)

-Que...Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii iiiiiiiiiiiiii !

J'ai fait un bon en arrière. Et je suis tombée à la renverse dans les hautes herbes fraîchement trempées par la rosée du matin. Après plusieurs roulades dans la gadoue, un rocher a mit fin à ma démonstration acrobatique.

-Quel talent ! Mais reste donc où tu es gamine, dit le Worgen en s'accroupissant au dessus de moi. Notre chef va bientôt arriver.

-Votre...argh...Pitié ! Dîtes moi pas que Crowley va se pointer ici ?

-Non, t'as d'la chance. Mais je me réjouirais pas trop vite à ta place..

-Je peux au moins me relever ? C'est plutôt confortable la boue et les feuilles en décomposition mais ça pue en peu.

-Bouge pas ou t'es morte, dit l'autre cinglé (le Crocs de Sang)

-...Je vous hais.

-Et ferme la.

-C'est bon tu peux la lâcher. Elle arrive.

Ce n'est pas le Borgne sociopathique qui est arrivé, mais une jeune fille.
Une jeune fille super canon.

Attendez deux secondes...C'est même carrément une bombe !

Dans les 20 ans, des cheveux bruns et bouclés, une silhouette de rêve avec une paire de nichons parfaits : cette fille était magnifique.

Pour peu elle me ferrait changer de bord ! Le ''peu'' s'appuie sur le fait qu'elle porte un flingue et que visiblement elle n'hésiterait pas à sans servir. Le « peu » peut beaucoup donc... Dommage, vraiment.

-Vous l'avez eue ?

Même quand elle m'ignore royalement elle a trop la classe. Ha, si ! Finalement j'ai droit à un regard dédaigneux.

Mouais.. A la réflexion elle a pas l'air trop sympa, mais presque on lui pardonne tellement elle en jette !

Non, je suis pas en train de tomber amoureuse. Les filles, j'ai arrêté. Seulement je n'ai aucune raison de ne pas profiter du spectacle : des magnifiques formes mises en valeur par une armure de maille moulante à souhait.. J'vois pas pourquoi je m'en priverai. J'aime les belles choses moi !

Non je ne suis pas perverse. Non je ne suis pas une détraquée sexuelle. Hum...

-Chef ? On en fait quoi ?

-On ne peut pas la laisser filer. On a qu'à la tuer.

Attendez une petite seconde ! C'est pas maintenant que Mérissa est censée intervenir et tous les massacrer ?

Ah ben justement, c'est pas elle là bas ? Qui se rapproche doucement mais sûrement avec une dague dans chaque main ! Sainte Lumière, ça va saigner ! Faut que je les prévienne (oui, mon côté Paladine altruiste est toujours là, tapi au fond de mon esprit) !

-FUYEZ ! hurlais je même si je savais déjà que cela ne servirait plus à rien.

La première dague a fusé et s'est fichée dans l'œil du Crocs de Sang. Il s'est effondré sur le coup.

Le second a vu ses tripes prendre l'air avant même de comprendre qu'il allait mourir.

Puis Mérissa s'est tournée vers l'humaine, une lueur sadique dans le regard. L'Elfe s'est jetée sur elle.

Quand Mérissa se battait, c'était sanglant et gracieux On avait l'impression qu'elle dansait littéralement, que des rubans écarlates jaillissaient de ses victime et l'accompagnaient dans son ballet mortel.

D'où son nom : Mérissa Valse-les-Ombres.

Chaque geste, même le plus infime était une attaque. Chaque membre de son corps était une arme. Elle pouvait massacrer n'importe qui et n'importe quoi à mains nues. Quand elle était lancée, on ne pouvait plus l'arrêter.

Les Deux Worgens avaient eu de la chance de mourir aussi vite. L'humaine allait souffrir. Je compatissais vraiment, sachant pertinemment ce qui l'attendait.

Impuissante, j'allais assister à une mise à mort.

Leurs lames se sont entrechoquées. L'humaine était une bonne combattante et elle réussit à bloquer la première attaque.

Les coups portés par Mérissa étaient trop rapides pour être vus. La jeune fille ne pouvait compter que sur son instinct de guerrière et ses réflexes.

Les coups de Mérissa se sont intensifiés. Plus rapides, plus violents. Mérissa s'adaptait au niveau de sa victime, histoire de faire durer le plaisir. Puis elle lui porta un coup d'estoc qui la mit à terre.

La blessure empoisonnée n'était pas mortelle immédiatement. Le poison était lent : plusieurs heures d'agonie pour une mort atroce. Mérissa allait la laisser mourir de manière pitoyable et dans les pires affres. Je la haïssais.

L'humaine a commencé à s'étouffer, les traits déformés par la douleur, les yeux embrumés par la souffrance : j'avais l'impression de me voir dans un miroir.

J'ai fixé avec horreur ses yeux qui imploraient mon aide, mais je n'ai pas bougé. Je ne voulais pas partager son sort.

Mérissa a contemplé avec délectation ce misérable spectacle, avant de me faire signe de la suivre. J'avais envie de pleurer. Pourtant ça faisait des années que je n'avais pas versé une larme.

Elle m'a adressé son plus beau sourire, elle sait à quel point elle me fait souffrir en m'obligeant à assister à son numéro. Je la hais de m'inspirer une telle terreur autant que je me hais de ne pas être capable de la défier. Je la hais d'être aussi forte et honorée, alors qu'elle n'est qu'une sale garce complètement cinglée.


Suite à cette joyeuse parenthèse où l'on constate une fois de plus mon inutilité, j'allais faire mon rapport à Sylvanas. Mérissa m'avait plantée là en me disant :

-Pas un mot sur ce qui vient de se passer. C'est bien clair ? Tu as tout oublié.

Elle était censée ramener des Worgens pour qu'ils soient interrogés. Mais j'allais éviter de la contrarier..

-Oublier quoi ?

-Tu comprends vite, ce qui est assez étonnant vu ton manque évident de matière grise. Comme quoi, même les plus misérables larves dans ton genre sont capables d'instinct de survie.

Sur ce, elle disparut à nouveau dans les ombres. Je la hais. Je la hais.

J'entrais dans la tente et... tombais sur un affreux spectacle de luxure et de roulage de pelles dont les protagonistes n'étaient autre que...

-Anya ? Sylvanas ? Je dérange ?

-Totalement, répondit la Dame Noire en me fusillant du regard.

-Thunia, ça t'embêterait de revenir plus tard ? demanda Anya, les joues rouges.

Wow. Wow ! Je viens de voir ma chef de patrouille, la grande, la puissante, la sexy Anya en train de rouler des galoches à Miss-Wonderbra-de-guerre et de rougir comme une lycéenne japonaise dans un manga à l'eau de rose! Vous n'imaginez même pas à quel point c'est traumatisant pour ma chasteté de jeune fille en fleur!

-Je peux prendre des photos ?

Pincez moi, je rêve ou je viens de penser tout haut ?

BAM !

Visiblement oui, vu que Sylvanas m'a jeté dehors d'un coup de pied aux fesses. Mais ça fait maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal !

Elle a bon goût Sylvanas. Une sacrée belle gosse cette Anya. Je commence à comprendre pourquoi Miss-Pastèques-voulait à tout prix l'équipe d'Anya !

Pour un peu ce petit intermède m'aurait mis de bonne humeur sauf que..

Voilà Mérissa. Elle était pas parti chasser du Worgen ?

Anya est occupée, Belore en mission, Bizkin avec lui... Conclusion : elle a le champ libre pour me torturer.

-Alors pauvre larve ? On rumine son insignifiance?

Je me contentais de lui décocher un regard blasé.

-J'en suis encore à me demander à quoi tu sers, même ta mère se rend plus utile que toi en décoration d'intérieur.

Je pris sur moi et ne réagissais toujours pas.

-Elle faisait aussi très bien le service à la personne à ce qu'il paraît. A ton avis avec quoi elle payait les dettes de ton poivrot de père ?

Mérissa jouait avec mes nerfs. Elle avait conscience de la portée de ses paroles. Et cette sadique en puissance savait que je ne tiendrais pas longtemps avant de craquer. Qu'elle m'insulte, j'y étais habituée mais ma mère restait un sujet sensible.

-D'ailleurs, parlons en de ton père. Il s'envoyait toutes les traînées de Quael'Thallass et il picolait comme un trou. Je me demande comment Jalil a pu l'épouser...

-Arrête...murmurais je, à bout.

-Après tout ils allaient pas si mal ensemble ! Tout le monde sait qu'il l'a épousée parce qu'elle courrait à gauche à droite ! Le poivrot et la catin. Belle famille hein ?

-Arrête ! criais-je

-Et toi Thunia, tu es leur digne héritière !

-La ferme , hurlais- je. Ma voix montait dangereusement dans les aiguës et je sentais les larmes qui menaçaient de couler.

-C'est à moi que tu parles ? siffla elle en plantant son regard dans le mien.

J'avais intérêt à me contrôler si je ne voulais pas finir en petits morceaux, Mérissa n'admettait pas qu'on lui manque de respect.
Elle m'avait saisie par le col et plaquée contre le mur en pierre qui soutenait l'estrade des apothicaires. Là, ça commence à craindre.

-Tu n'es rien, Thunia Ambrelune. Même une goule a plus de valeur que toi. Tu es faible et lâche.

Elle crachait ses mots avec tant de venin que j'en frémis.

-Qui pleurerait ta mort ? Qui se soucie de ton sort, susurra Mérissa en faisant glisser ses doigts fins le long de ma carotide. Qui ?

-Personne, reprit elle. Belore aura autre chose à faire que fleurir ta tombe, quand à Marike, elle t'oubliera bien vite..

Elle me souriait d'un air démoniaque, réduisant de plus en plus l'écart entre nous, de sorte que son visage était juste en face du mien. Je ne pouvais pas détourner le regard de ce visage déformé par la cruauté.

-Ton existence est totalement dénuée d'intérêt. Ce monde se porterait tout aussi bien si tu n'existais pas. Personne n'a besoin de toi, Thunia.

Le coup partit avant même que je ne le réalise.

CLAC !

Sa tête suivit le mouvement de ma main et une trace rouge apparut sur sa joue.

Ho Lumière !

Je viens de retourner une claque à Mérissa.

Passé l'instant de stupeur, la rage apparut sur ses traits et je déglutis.
Ou plutôt, j'aurais voulu déglutir avant de crier.

Son coup de genou dans mon estomac ne me fit pas aussi mal que son uppercut dans la mâchoire.

-Sale truie immonde ! rugit elle en me jetant à terre.

J'esquissais un geste pour fuir, mais son talon bloquait ma tête au sol. Le gravier ça fait mal.
Pourquoi ils ont pas mis de la pelouse ?

Ou de la moquette ? Ah ouais, ça aurait été bien de la moquette ! Nettement plus agréable que..

Je vais me faire tuer !

D'un coup de pied, elle me brisa le nez et probablement aussi quelques dents. Quand elle tabasse, elle fait pas les choses à moitié, Mérissa, faut lui reconnaître ce goût du travail bien fait.

-MERISSA ! CA SUFFIT, hurla Anya en la ceinturant.

Apparemment elle avait fini sa séance papouille avec Sylvanas et ça tombait à pic.

-Thunia ? Thunia ? Ça va ? résonna la voix de Belore au loin, loin, loin..

Tiens t'es là toi ?

Il m'aida à me relever et je vis Mérissa se débattre malgré la poigne d' Anya. Son familier grondait, prêt à attaquer si Mérissa s'en prenait à sa maîtresse.

-LACHE MOI ! hurla la psychopathe, complètement hystérique.

-Tu vas te calmer, oui ? Maintenant ! Ou je te met une dérouillée dont tu te souviendra , c'est compris ?

Une fois la cinglée remise de sa crise de nerf, Anya la saisit par le menton pour caler son regard dans le sien et la sermonner dans les règles de l'art. Si je n'étais pas aussi sonnée par ma récente baston, je jubilerais mais bizarrement j'étais pas hyper réceptive aux bienfaits de ce monde. Peut être parce que tout mon sang s'écoulait de mes narines.

-Tu vas me faire le plaisir de freiner tes pulsions meurtrières, Mérissa Valse-les-Ombres des Sombrage ! Je suis responsable de tes frasques et ramasser à la petite cuillère les cadavres que tu sèmes derrière toi, commence à me taper sérieusement sur le système !

-Elle...

-Je me fiche de ce qu'elle a fait ! Quoique il se soit passé, tu n'as pas à passer un allié à tabac ! Je tolère ta violence, mais uniquement dans le cadre des batailles contre l'Alliance ! Je n'hésiterais pas à faire part au conseil de tes actions !

-Et que crois tu qu'il va se passer ? cracha Mérissa en se dégageant brutalement, tu sais très bien qui est mon père !

-Et alors ? Si il y a des Sindoreis pour s'écraser devant lui, ce n'est pas mon cas !

Anya venait de grimper encore un peu plus dans mon estime. Et je savais que Mérissa ne s'en prendrait pas à elle. Anya était non seulement la protégée de Sylvanas (et ça c'est sûr), mais elle avait aussi beaucoup de contacts parmi la Horde. Si Mérissa tenait à sa peau,elle avait intérêt à ne pas pousser le bouchon trop loin. Le Clan Sombrage était peut être un groupe d'assassins très très compétents, mais ils dépendaient entièrement de la Horde. Et même son père, Kann Sombrage ne pourrait plus rien pour sa fille.

Ne pouvant s'en prendre directement à l'objet de sa colère, Mérissa se tourna vers moi et cracha sur un ton de haine implacable :

-TOI !

Cet unique mot résonna comme une promesse de mise à mort. Belore se raidit à mes coté. Elle me fixa intensément avant de disparaître.

J'étais dans la mouise. Mérissa ne lâcherait pas le morceau avant un bon bout de temps... J'aurais préférée qu'elle me fasse payer maintenant, là, tout de suite. Elle aurait évacué sa rage d'un coup et j'aurais été tranquille...

-Thunia ça va ? répéta Belore.

Je titubais. Son regard inquiet et ô combien insupportable fit disjoncter le dernier neurone qui me restait en self contrôle.

-OUI CA VA ET CE N'EST CERTAINEMENT PAS GRACE A TOI !

Sur le coup de la colère, je l'éloignais de moi d'un geste brusque. Il n'avait rien à voir avec tout ça, mais ma fureur m'empêchait de réfléchir deux secondes.

-C'est gentil de t'inquiéter de ma santé, Belore Orbrûme, quand le danger est passé ! J'espère que tu as bien profité du spectacle !

Je savais à quel point j'étais injuste. Mais j'étais en colère après le monde entier. Après moi et ma faiblesse et après tous ceux qui en avaient été témoins.

-Et maintenant, tu m'excuseras, mais j'ai un rendez vous chez la manucure ! C'est trop tard pour jouer les amis attentionnés.

-T...Thunia je...balbutia-il, un air déconfit sur la figure.

Je l'ignorais et après avoir adressé un signe de tête à Anya je m'éloignais en titubant. Mon nez saignait et ma lèvre avait triplée de dimension. Mais ça faisait beaucoup moi mal que les paroles de Mérissa...

« Personne n'a besoin de toi, Thunia. »

Réfugiée dans une vieille ferme désaffectée, j'éclatais en sanglots.
Des sanglots sans larmes, juste des gémissement et des hoquets. Ça faisait longtemps que je n'avais pas pleuré à chaudes larmes. C'était bien la seule chose que je pouvais opposer à Mérissa et à mes détracteurs.
J'ai enroulée mes bras autour de mes genoux et j'y ais enfoui ma tête.

J'ai juré en Troll, mais seul le silence m'a répondu.

Mes pleurs ont continué un bout de temps avant que Bizkin n'apparaisse à mes côtés.

-Thunia...

-L...lai..laisse m...moi tranquille...hoquetais je.

Et d'un coup je me suis mise à hurler.

-J'EN AI MARRE !

-qu...

-J'EN AI MARRE ! MARRE ! MARRE DE CETTE VIE DE MERDE ! MARRE DE MON EXISTENCE !

« Personne n'a besoin de toi, Thunia. »

-J'en peux plus d'être inutile ! D'être une erreur à la surface du globe !

Ma gorge commençait à me faire mal et la tête me tournait mais je m'en fichais.

-Pourquoi ? POURQUOI ? Pourquoi est ce que toutes les crasses du monde me tombent forcement dessus ? EST CE QUE QUELQUN PEUT M'EXPLIQUER ? J'EN AI MARRE ! Marre de m'en prendre plein la figure ! Marre d'aller de déception en déception. J'en ai assez !

Dépassant le seuil autorisé avant que les voisins n'appellent la police pour tapage nocturne, je continuais de brailler.

-JE SUIS TOMBEE SUR MERISSA ! Une dégénérée qui me prend pour son punching ball ! MAIS POURQUOI ? Pourquoi ? Pareil pour Marike ! POURQUOI IL A FALLU QU'ELLE ME PLAQUE POUR CETTE TROLESSE ? ET MON MAITRE! LE SEUL PALADIN QUI AIT ACCEPTE DE M'ENSEIGNER ET QUI ME JUGEAIT A MA VERITABLE VALEURE ! Bolvar est mort!POURQUOI DES QU'IL M'ARRIVE UN TRUC DE BIEN IL FAUT QUE CA FOIRE !

Mes poumons étaient en feu mais j'avais besoin de hurler et de laisser sortir ma rancœur.

« Personne n'a besoin de toi, Thunia. »

-MA MERE ETAIT CONSIDEREE COMME UNE DÉBAUCHÉE ET MON PERE ETAIT UN POIVROT LIBIDINEUX ! Il nous ramenait des dettes et me voyait comme un déchet ! J'ai enduré cette saloperie de paternel pendant dix ans de ma vie !

« Personne n'a besoin de toi, Thunia. »

-Je n'ai pas demandé à avoir ce père ni cette mère, je n'ai pas demandée à être une Elfe de Sang ni une Paladine. JE NE VEUX PAS ETRE THUNIA CORNELIANE AMBRELUNE!

Jsuis resté quelques instants sans bouger. Bizkin me fixait sans rien dire. Puis je me suis enroulée sur moi même, la tête dans les mains, toujours secouée par des sanglots rauques.

-J'en ai maaaaaaaare...

Les secondes ont passées, puis Bizkin s'est approché de moi... et m'a entouré la nuque de ses petites pattes en prenant bien soin de ne pas me griffer et il a posé sa tête contre mon épaule en enroulant sa queue de diablotin autour de moi.

-Moi...Moi je me soucie de toi. Tu es ma maîtresse, mais tu es aussi mon amie, Thunia. Tu comptes à mes yeux...

-M..merc..i...murmurais je d'une voix étranglée.

Mine de rien, c'est très efficace les câlins de diablotins. Ma respiration s'est lentement apaisée et j'ai arrêté de sangloter.

« Personne n'a besoin de toi, Thunia. »

Et d'un coup j'ai su ce que j'avais à faire.

D'un rapide soin de la Lumière, j'ai refermé mes blessures au nez et à la lèvre. Mais j'en garderais une cicatrice et ce n'était pas pour me déplaire. Un genre de trophée..

J'ai hissé Bizkin sur mon épaule et j'ai couru à travers la forêt.

« Personne n'a besoin de toi, Thunia. »

Si. Il y avait quelqu'un qui avait besoin de mon aide.
J'en avais assez de subir. Cette fois, j'allais agir.

Au bout d'un quart d'heure de course qui me parut interminable, j'arrivais là où avait eu lieu le massacre des Worgens. Des deux bêtes, il ne restait qu'un tas d'os que les Worgs avaient soigneusement rongé. De la fille, nulle trace.

Mais le bruit d'une respiration haletante me parvint. Bingo !

Elle était là, au pied d'un arbre, gémissant de douleur. Sa respiration sifflante et la sueur qui brillait sur sa peau laiteuse m'en apprirent suffisamment sur son état. Il fallait faire vite ou il n'y aurait plus rien à soigner.

L'humaine sursauta en m'entendant arriver. Elle tenta de saisir son arme qui reposait à coté d'elle, mais la douleur bloqua son mouvement. Son regard paniqué me suivit quand je m'agenouillais à ses coté.

J'appliquais une de mes paumes sur son front et l'autre sur son buste. Elle tenta de se dégager, visiblement apeurée. Faut dire qu'il y avait de quoi.

-Hé, ho, cocote, moi je suis là pour te soigner, alors détends toi un peu. Si tu continues de paniquer, le poison va circuler plus rapidement et je pourrais plus rien faire pour toi.

L'humaine s'arrêta de bouger mais restait méfiante.

-Lumière...

Le fluide mordoré commença à ruisseler de mes doigts jusqu'à l'atteindre elle. Un tressaillement de surprise la fit sursauter, puis la Lumière l'atteignit et ses muscles se relâchèrent. Je la vis fermer les yeux.

La clarté se répandit comme une traînée de poudre et en quelques minutes seulement le poison fut éradiqué.

Je l'aidais à s'asseoir contre le tronc de l'arbre. D'un geste faible elle écarta de son front des boucles brunes trempées de sueur, puis planta son regard brun dans le mien.

Un silence passa.

Je regardais mes pieds. Je ne savais pas quoi dire.

-Pourquoi ?

J'ai relevé la tête et croisé de nouveau son regard. Ses boucles sautillaient sur ses épaules au rythme de sa respiration. Elle ne semblait pas avoir envie de me tuer. En tous cas pas tout de suite. Pour une fois.

-Comme ça, répondis je en haussant les épaules avec un Commun parfait. Je n'aime pas voir les gens souffrir.

Elle était visiblement perplexe mais tentait de masquer sa confusion en remettant frénétiquement une fleur rouge un peu froissée dans ses cheveux. Après qu'un ange ou deux furent passés par là, elle me fit son plus beau sourire.

-Merci.

« Personne n'a besoin de toi, Thunia. »

Je lui rendis son sourire, un peu secouée . Ca faisait bien longtemps que personne ne m'avait plus remercié.

Soudain des hurlements de loups se sont élevés dans la nuit et ont mis fin à cet instant juste parfait. Ils appelaient. Ils la cherchaient.

-File ! Je trouverais un mensonge ! Détalle avant qu'ils n'arrivent ! Et si un jour je venais à recroiser ta route, sache que je n'oublierais jamais ce que tu as fait pour moi !

Je lui adressais un dernier signe de tête avant de déguerpir.

Sans savoir que le reste de ma vie serait lié à elle.


Une période d'euphorie suivit cet événement.

Enfin, pas que.. Quelques ombres obscurcissaient le tableau.
les Apos voulaient toujours me trouer la peau, je n'avais pas reparlé à Belore et Mérissa me faisait comprendre par son simple langage corporel que j'étais son ennemi public numéro un.

J'aimais ma vie même si l'univers n'avait pas pris en compte ma gueulante d'il y a trois jours.
M'en fous. On m'a dit merci.

Trois jours de parfaite normalité.

Mais évidemment, et tout un chacun l'aura remarqué, à chaque fois que ça va bien...et bin fatalement ça finit par aller mal...

-Sylvanas veut te voir, m'annonça un Réprouvé dont il manquait la moitié du visage.

-Eeeeeeeeet croooote...

C'est avec la motivation d'un prisonnier russe envoyé au Goulag que je me dirigeais vers l'estrade. Anya se tenait aux cotés de Sylvanas et la dévorait des yeux. Sylvanas lui rendait son regard langoureux. J'avais oublié à quel point les couples, tous les couples, sont insupportablement tartignoles...

-Que puis je donc faire pour vous servir, ma Reine?

-Tu maîtrises l'hypocrisie à la perfection, fit remarquer Sylvanas d'une voix cinglante.

-En quoi puis je vous servir, répétais-je sans relever.

-Tu vas aller kidnapper la fille de Darius Crowley pour qu'elle nous serve de monnaie d'échange.


Le cerveau de Thunia est momentanément déconnecté de ses neurones. Un agent de ''Cérébral compagny'' tente activement de régler le problème mais le trafic est interrompu pour une durée indéterminée. Nous prions les utilisateurs dudit cerveau de patienter. Nous nous excusons pour la gène occasionnée et vous souhaitons une agréable journée.


-DE QUOOOOOOOOOIIIIII !

-Tu as très bien entendu.

La Banshee me tendit une photo de l'ennemie et je la pris avec réticence.

Pour la deuxième fois de la journée, mon cerveau disjoncta.

Pitié, dites moi pas que...

Je clignais des yeux. Une fois. Et puis deux. A la troisième, j'eus des pensées suicidaires.

La fille sur la photo. Lorna Crowley.

La vingtaine. Tireuse d'élite, stratège accomplie, combattante des plus ovale et volontaire, regard clair et autoritaire. Boucles brunes magnifiques et une fleur rouge dans les cheveux.

La copie exacte de la fille que j'avais secourue il y a trois jours.