Salut à tous et à toutes! Joyeuse année et beaucoup de bonheur pour tous ! Vilà le nouveau chapitre, j'espère que ça vous plaira. Desolé, pas le temps de faire les RAR, mais dans le prochain (qui sortira très probablement le week end prochain) j'y ferais, promis.

Dans ce chapitre, nous recouvrirons le côté sombre de Belore, la nature artistique de Thunia, les jumeaux Onyx et Archibald Stark et comment faire disjoncter un Chef Worgen en quelques minutes ^^ Et sinon vous saviez que la Chanson Mister Crowley de Ozzy Osbourne à inspirée le personnage de Crowley? Cetre chanson et ce PNJ sont tellement...badass !

En joie!


Mr. Crowley, won't you ride my white horse?

Ozzy Osbourne

La crise de la pomme de terre

ou

Moi au moins, j'ai l'esprit visionnaire ! Nah !

Voilà mes amis, comment je me retrouvais prisonnière du Front de libération de Gilnéas, à moitié à poil.

-TU VIENS DE DIRE QUOI ELFE DE SANG ? T'AS ENVIE DE MOURIR ? C'EST CA ? T'ES SUICIDAIRE ?!

Bonne question.. Faut voir..

-Hé ! On se calme, intervint Crowley en se plaçant entre Ivar et moi. Tu pourras en faire ce que tu veux, mais après interrogatoire. Et pense à nettoyer après.

Argh.

-Maintenant, tu vas nous dire tout ce que tu sais sur les Réprouvés. Et tu auras peut être une chance de t'en sortir.

-C'est ça, prenez moi pour une idiote ! J sais très bien que vous n'avez aucunement l'intention de me laisser la vie sauve.

-Exactement. La phrase correcte serait plutôt : dis nous tout ce que tu sais et tu t'éviteras une mort atroce.

Ce mec est un grand malade. J'ai du mal à croire qu'il y a seulement quelques heures, Lorna m'assurait qu'il était un père de famille aimant ! D'ailleurs en parlant d'elle, ça m'arrangerait bien qu'elle apprenne que je suis ici. Peut être qu'il est temps que je sorte mon joker …

-Vous savez que j'ai sauv...

-Chef ! rugit un éclaireur Worgen en entrant précipitamment dans la pièce. On a un pr...

Il stoppa net en me voyant. Visiblement il ne savait pas comment interpréter la vision d'une Elfette déguisée en Joséphine Baker. Néanmoins il se désintéressa rapidement de moi et reprit :

-L'Elfe de Sang ! Le démoniste ! Il nous a eu dans les Contreforts d'Autebrand ! On l'a pas vu venir et on a perdu plus d'une cinquantaine d'hommes dans ce traquenard !

-L'ordure, cracha le Chef Worgen. Prenez vos meilleurs hommes et suivez sa piste ! On finira bien par l'avoir !

-N...Nous avons déjà essayé, mais il a effacé ses traces avec sa magie et il a miné la zone.

-Laissez ma meute s'en occuper, dit Ivar, nous ne laisserons pas plus longtemps un Elfe nous humilier ainsi. Sa magie et ses démons ne le protégeront pas de mes crocs.

Belore. C'était Belore ! Ca ne pouvait être que lui !

Je déglutis. J'étais mal, très mal. J'ignorais qu'il se trouvait aussi près du Front et qu'il était aussi connu (c'était un redoutable combattant et il ne laissait aucune trace derrière lui, contrairement à Mérissa qui adorait de temps à autre épargner une victime pour qu'elle puisse entretenir sa réputation).

Mon joker n'était plus valable.

Si Crowley apprenait que j'étais amie avec Belore, il se servirait de moi comme moyen de pression sur lui. Je ne pouvais plus me permettre de demander à voir Lorna, qui connaissait les liens qui nous unissaient

J'avais confiance en elle mais l'enjeu était de taille. Et après tout, je n'étais qu'une Elfe de Sang.

Il fallait que je trouve une solution, et vite.

Soudain, j'entendis un bruit de course dans les escaliers et la porte du cachot s'ouvrit à la volée.

-Thunia !

-Lorna !

Sans prêter attention aux regards effarés des Worgens, elle se jeta sur moi.

-Bon sang mais où était tu passée ? Tu n'es pas blessée au moins ? Et tes vêtements ? Ou sont tes vêtements ?

-Heu... C'est une longue histoire, marmonnais je.

-Lorna ? Qu'est ce que ça signifie ? questionna durement Crowley.

Sans se laisser impressionner par le ton impérieux de son père, Lorna se lança dans le récit de notre rencontre. Elle n'omit aucun détail et brossa un tel tableau de moi que forcément Crowley m'adora. N'empêche qu'il le cacha bien et Ivar encore mieux..

Le Croc-de-Sang se mit à gronder, les babines retroussées, mais d'un regard Crowley lui imposa le silence.

Même si je n'étais pas sa tasse de thé, j'avais sauvé sa fille et ça méritait un minimum de reconnaissance.

Pendant deux secondes, les deux mâles Alpha s'affrontèrent sans mot dire, les yeux dans les yeux. Puis Ivar capitula et baissa les siens. Aucun doute, je m'étais fait un ami pour la vie.

-Hum, hum, toussota fort à propos l'éclaireur, qu'est ce qu'on fait pour le démoniste ? Il nous faut vos meilleurs hommes, Chef. Ce type est un génie de la stratégie !

Lorna écarquilla imperceptiblement les yeux en entendant cette phrase, la même mot pour mot, que celle que j'avais prononcée pendant notre discussion

-Je m'occupe de l'Elfe de Sang, déclara le Worgen sauvage. Quand on en aura fini avec lui, il n'en restera plus rien.

Lorna me jeta un regard perçant et je croisais les doigts dans mon dos « Sainte Lumière, faîtes que Lorna ne me dénonce pas ».

Comme je l'espérais, elle ne dit rien et se contenta de poser sa main sur mon épaule.

A ce moment là, je compris qu'elle ne me trahirait et ne décevrait jamais. Je sus que je pouvais enfin compter sur quelqu'un.

Lorsque l'éclaireur et Ivar furent parti faire du paté d'Elfe (même si j'étais sure et certaine que Belore allait les massacrer), Crowley se tourna vers nous.

-Et qu'est ce qu'on fait d'elle ? On ne peut pas la laisser partir.

-Et bien on la garde, dit Lorna comme si c'était la chose la plus évidente du monde.

...Attendez.

Quoi ? Hého ! J'ai rien demandé moi et j'ai la fâcheuse impression que tout le monde se fout de mon avis ! Hohé, les gens ! J'existe ! J'ai des droits !

-J'peux la garder ? S'il te plaît, papa, s'il te plaît !

-...

-S'il te plaaaît !

-...Bon d'accord, mais si tu t'en occupes pas, on s'en débarrasse !


Quelque part en forêt des Pins argentés

Contrairement à Mérissa, Belore n'aimait pas infliger la souffrance à ses ennemis. Il ne pouvait pas faire autrement mais il n'y prenait aucun plaisir. Il faisait son job et basta.

Mais est ce que ça faisait une véritable différence pour le Worgen qu'il venait transpercer de sa Lame Noire?

D'un geste sec le Démoniste retira l'épée de la gorge du Loup et laissa retomber le corps sans prêter attention au sang qui le maculait.

L'Elfe jeta un bref coup d'œil au cadavre et rengaina sa lame. C'était le dernier.

Autour de lui les cadavres de Loups et d'Humains pourrissaient déjà. Les malédictions étaient efficaces mais particulièrement dégoûtantes !

-Loreleï ?

Aussitôt, une charmante succube se matérialisa à ses côtés et s'accrocha à son bras en battant des cils.

-Ouiii, Maître ? Que désirez-vous ?

-Tu as fini avec les autres ? demanda Belore en s'écartant imperceptiblement d'elle et de ses mains baladeuses. Tu n'as pas été blessée, tout va bien ?

-Ils n'étaient pas très fort, minauda t-elle en essuyant délicatement du sang qui avait coulé sur la joue de son maître. Et vous ? Êtes vous blessé ?

-Ça ira, répondit-il en lui souriant, ne prêtant aucune attention à la profonde entaille qu'il avait au bras.

La Succube s'apprêtait à le contredire, quand soudain elle se figea, fixant un point derrière lui. Il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s'agissait.

-Mérissa.

Un gloussement maléfique lui répondit. Loreleï semblait inquiète et ne quittait pas la voleuse des yeux. Il posa une main sur son épaule pour la rassurer. Au contraire des autres démonistes, Belore avait une relation privilégiée avec ses démons qu'il chérissait. Il ne les considérait pas comme des armes mais comme des alliés.

-Qu'est ce que tu veux ? demanda Belore en grinçant des dents.

-Tu n'es pas au courant ?

Un mauvais pressentiment étreignit le cœur du Démoniste. Mérissa tendit son poing fermé vers lui et ouvrit sa main en souriant machiavéliquement. Au creux de sa paume, une mèche blonde.

D'un geste vif, Belore s'en saisit, comprenant immédiatement à qui elle appartenait.

-Ca te fera un souvenir, lui chuchota t-elle à l'oreille en se penchant vers lui.

-Tu mens, articula-t-il serrant entre ses doigts fins la mèche. C'est impossible. Ca ne se peut pas...

-Comme tu dois souffrir, Belore Cendrelâme.. D'une certaine façon c'est toi le responsable de la mort de ta chère et tendre Thunia... C'est Sylvanas qui a signé le contrat de mission, et c'est un Worgen qui l'a égorgé mais c'est ta lâcheté qui a causé sa perte. Si tu avais été là pour la protéger, elle n'aurait pas fini comme ta mère et ta petite sœur...

A cet instant, un Sabre-de-la-Nuit jaillit des fourrés, portant sur son dos une chasseuse Sindorei. Quand elle vit Belore, Anya descendit de sa monture et se précipita vers lui.

-Belore, je suis navrée, je viens d'apprendre que...

-Je sais, hoqueta-t-il. Elle vient de me le dire.

Anya remarqua alors Mérissa qui faisait mine de s'éloigner.

-Au fait, Belore... dit-elle en se retournant, mes plus sincères condoléances, ricana-t-elle avant de se fondre dans les ombres.

Belore laissa échapper un sanglot puis se ressaisit. Anya aurait voulu trouver les mots pour apaiser son chagrin mais elle n'en trouva aucun. Alors elle posa sa main sur son épaule et resta près de lui, immobile. Finalement ce fût lui qui rompit le silence.

-Que s'est t il passé ?

-Je n'en suis pas certaine. Je crois qu'elle s'est faite prendre en chasse par des Worgens près du front Ouest.

-Par qui ?

-Par les Loups de Crowley, finit telle par lâcher après un instant d'hésitation. Je suis désolée Belore, mais il y a que peu d'espoir qu'elle soit...

-Je sais, la coupa t-il. Je n'ai pas su la protéger.

-Tu n'y es pour rien, Belore. Absolument pour rien. Où vas tu ? s'écria-t-elle alors que le jeune homme s'éloignait à grand pas vers le portail magique qu'il avait ouvert.

-Je dois prévenir Marike, merci d'être venue Anya, dit il avant de disparaître.


Camp des Worgens

Bon, finalement je m'en sors pas trop mal : je suis toujours en vie et Lorna m'a prêté des vêtements.

Laissez moi vous expliquer. Après avoir clarifié la situation avec son père, Lorna a décrété que j'étais son invitée (même si j'ai le sentiment que Crowley me considère plutôt comme son animal de compagnie) et a formellement interdit à tous les Worgens de me faire des misères sous peine de représailles sanglantes.

Crowley m'avait donc assigné à la corvée patate, sous prétexte que je serais à l'abri dans les cuisines, avec Grand maman Wahl. C'était une petite vieille adorable et complètement sénile mais absolument terrifiante si on refusait de prendre le thé avec elle. Pourquoi ? Je ne sais pas.

Certes, éplucher des patates m'ennuyait à mourir, mais la mamie passait son temps à bitcher et bientôt je fus au courant de tous les ragots du village. Notamment ceux concernant Crowley. Mes préférés. Hé hé.

Par exemple je savais maintenant qu'il avait une peur phobique des boules-de-neige. Non, je déconne pas. Ce type, monstrueusement flippant, a peur de la neige. Faut dire que, tout gosse, il s'était ramassé une boule de neige, en pleine tronche, qui contenait des graviers et le petit Crowley avait eu l'œil crevé. C'est moins classe qu'une héroïque blessure de guerre mais j'admets que ça doit être passablement traumatisant. N'empêche c'est moyen viril comme attitude et j'attends avec impatience le prochain hiver. Gniarck, gniarck, gniarck.

Autant Lorna et Mamie Wahl m'adoraient (et je leur rendais bien), autant les Worgens se méfiaient ouvertement de moi (RAF). Surtout les Crocs de Sang, qui retroussaient les babines dès que j'approchais. Les Worgens Gilnéains, eux, me fichaient la paix , j'avais tout de même sauvé la fille de leur Chef ! Les jumeaux passaient m'embêter de temps en temps, mais ils m'aimaient bien. Et je commençais moi aussi à les apprécier.

Le seul qui me tapait vraiment sur les nerfs, c'était Crowley.

Il ne m'aimait pas davantage et me le faisait très clairement sentir. En même temps, personne n'aime les Sindoreis qui ont la fâcheuse réputation d'avoir la trahison dans le sang. Forcément que je sois la meilleure amie de sa fille, ne le transportait pas de joie..

Je ne pouvais pas le blairer ce mec. Tout chez lui m'insupportai : sa manière tout à fait horripilante de me regarder de haut, ses grognements exaspérés et ses remarques acerbes.

Du coup, l'ambiance était assez tendue.

-Haaaa ! Je me souviens de Darius jeune ! C'était une vraie tête brûlée, gloussa Mamie Whal en épluchant une pomme de terre. Ses parents avaient beau le sermonner, il leur menait la vie dure ! Il détestait les obligations dues à son rang et préférait aider ses vassaux aux champs ou chasser les loups avec eux ! Au grand désespoir de ses parents ajouta-t-elle en rigolant.

-Ha ouais ? Je l'imagine assez bien en ado rebelle, ricanais-je en m'armant de l'épluche légume.

-Ça a pourtant toujours été un bon garçon... Quelle tragédie quand Arielle est morte, il ne s'en jamais vraiment remis...

-Qui était Arielle ?

-Sa défunte femme, la mère de Lorna. Elle nous a quitté alors que la petite n'avait que dix ans, dit-elle avec un air triste. Et ce brave Darius n'a jamais réussi à tourner la page. Pourtant, il en avait du succès à Gilnéas. Un si bel homme...

Je jetais un regard en coin à l'intéressé, en grande conversation avec Lorna et Tobias. Je ne l'avais jamais vu sous sa forme humaine, mais j'avais cru comprendre qu'il ne laissait pas indifférentes les donzelles d'ici. Mouais... Je préfère les roux.

-Il en a pourtant eu des aventures...

Sérieux ? Crowley en Don Juan ? Pincez moi, je rêve ! Ce type m'a l'air aussi sociable et sympathique qu'un Gnoll au réveil. Trop trop bizarre ces humaines, je les comprendrais décidément jamais..

-Toutes étaient de très jolies femmes, mais aucune n'était Arielle... Halala... Quelle tristesse... Tu veux du thé ma puce ? me demanda t-elle gentiment.

-Non mer...(rapide coup d'œil à son sourire brusquement figé)... Euh, si bien sûr. Avec plaisir.

Elle se mit à chantonner en préparant le breuvage. Ils sont tous barrés dans ce pays ou quoi ?
Pendant qu'elle installait le service à thé, je m'emparais d'une innocente patate.
Je ne pus m'empêcher de sourire machiavéliquement tandis que je sculptais dans la chair de la patate un museau, une mâchoire, un cache-œil...
C'est ainsi que je me retrouvais avec une dizaine de Mini-Crowley plus moches les uns que les autres, quoique très ressemblants. Je me marrais en buvant mon thé et Grand-maman leva les yeux au ciel.

-Ca se fait pas de gâcher la nourriture ..


Marike saisit Belore par le col.

-TU M'AVAIS PROMIS DE LA PROTEGER ! hurla-t-elle.

Belore ne chercha même pas à la contredire. Les larmes tracèrent des sillons d'argent sur les joues écarlates de la Haute Elfe.

-DIS QUELQUE CHOSE BON SANG!

-Je suis navré...lâcha-t-il avec un air las. Je suis désolé Marike.

-DESOLE ? TU ES DESOLE ? JE ME FICHE DE TES EXCUSES ! TU N'AS RIEN FAIT POUR LA SAUVER !

-C'est faux ! Je... J'ai essayé de faire ce que je pouvais, je...

-Tu l'as abandonnée à son sort!

Le désespoir dans les yeux de Marike laissa rapidement place à la haine.

-Tu n'es qu'un lâche, Belore.

-Ne me traite pas de lâche, articula-t-il.

-Tu n'as rien fait. Rien.

-Tu veux qu'on parle de ce que TOI tu lui as fait ? cracha le démoniste qui sentait la colère monter en lui.

Au moment ou Marike s'apprêtait à le gifler , Soaska sortit de la cabane. Elle s'empressa de la prendre dans ses bras, inquiète.

-Y's'passe qwoi? Susu ?

Marike se laissa tomber dans ses bras, pleurant à chaudes larmes. En apercevant Belore, la Chamane comprit qu'un drame se jouait. Le démoniste ouvrit un portail et s'y engouffra sans un regard en arrière. Soaska serra sa compagne contre elle, la berçant doucement.

-Mawike, qu'y se qwi se passe? Mawike ?

-Elle est morte...Elle est morte. Thunia est morte...


C'est quoi ça? demanda Crowley, en haussant un sourcil, devant les rangées de mini-Crowley.

-C'est de l'art, vous ne pouvez pas comprendre, répliquais-je avec un reniflement dédaigneux. Il faut de la subtilité et un esprit visionnaire.

Onyx pouffa, mais ravala son rire devant le regard meurtrier de son chef. Plus discret, Archibald me fit un clin d'œil et Lorna tenta tant bien que mal (plutôt mal) d'avoir l'air horrifié.

Crowley prit un air blasé au possible, avant de s'en aller. Vous me direz, il a quand même des choses plus importantes à faire, genre diriger une armée, libérer un pays...
Lorna lui emboîta le pas après m'avoir adressé un sourire complice. Je me retrouvais seule avec les jumeaux.

-Pas mal du tout tes œuvres, dit Onyx en prenant une patate décorée entre deux griffes.

-J'approuve, dit sobrement Archibald.

-C'est bien. Vous, au moins, vous avez l'esprit visionnaire.

Ils s'installèrent à côté de moi en prenant une tasse de thé. J'aimais vraiment leur compagnie, ils étaient intelligents, vifs, drôles et toujours partant pour faire les quatre cents coups. Par contre, ils se défilaient totalement quand Crowley s'énervait.

-Au fait, ton démon te passe le bonjour, dit Onyx.

-Bizkin? Où est-il?

-On a dû l'enfermer dans une prison de tisse-néant, expliqua son frère. On passe le voir de temps en temps et on lui donne de tes nouvelles.

Je soupirais. Bizkin me manquait. Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais sa compagnie m'était précieuse.

-Au fait Thunia, on se demandait...

-ça te dirait de...

-...faire une petite blague à notre chef ?

Je regardais les jumeaux qui abordaient un air innocent absolument pas crédible. Je souris.
Voilà qui mettrait un peu d'animation...


Belore ne pleurait pas.
Depuis la mort de sa mère et de sa petite sœur, il n'avait pleuré qu'une seule fois.
Le jour où il avait retrouvé son père qui, transformé en Chevalier de la Mort par Arthas, avait massacré sa propre famille. Le jour où il l'avait tué.
Il pleurerait Thunia quand elle serait vengée.

-Ou est il ?

-Nos éclaireurs l'ont repéré pas loin d'ici, vers le nord, mais ...

-Merci Anya, dit le Démoniste en s'apprêtant à partir.

-Belore, c'est de la folie, s'écrira-t-elle en l'attrapant par le bras. Il est entouré par ses meilleurs soldats et il ne se déplace pratiquement jamais seul. Tu va te faire tuer en moins d'une minute.

-Vous préférez que je le laisse en vie ?

La chasseuse baissa les yeux. Elle avait vu tant de ses hommes mourir par soif de revanche.
Belore avait la vengeance dans le sang. Elle coulait dans ses veines depuis son plus jeune âge, et au fond d'elle-même, Anya savait que rien de ce qu'elle pourrait lui dire ne le ferait changer d'avis.

-Thunia n'aurait pas voulu que tu meurs pour elle. Elle est morte. Et rien de ce que tu ne ferais ne changera cet état de fait. La vengeance ne t'apportera rien, Belore, si ce n'est la mort.

-Alors je l'accepterais volontiers. Mais j'emporterais Crowley avec moi dans la tombe, répliqua-t-il en retirant son bras.

-Il y a peut-être une autre solution, dit soudainement un Necrotraqueur qui était jusque-là resté dans l'ombre.

Belore se tourna vers lui. Le visage putride du Réprouvé abordait un sourire narquois. Visiblement, il ne partageait pas le désespoir de l'Elfe.

-Laquelle ?

-Crowley est imbattable en combat singulier, et le gringalet d'elfe que tu es n'a aucune chance, ricana le voleur. Mais je connais son point faible, l'unique faille de son armure...

-Lequel ?

-Sa fille, Lorna. Capture-la et il fera tout ce que tu veux. Je sais où tu peux la trouver.

-Belore, c'est bien trop dangereux, intervint Anya. Elle est la commandante du Front et tu te doutes bien qu'il ne la laisse jamais sans surveillance. De nombreux Necrotraqueurs ont essayé avant toi, et il nous les a renvoyé en petits morceaux.

-Vous avez raison Dame Dansevent, admit le mort-vivant. Nos hommes n'étaient pas assez entraînés, mais lui...

-Il suffit ! s'écria Anya d'un ton autoritaire. Belore, je ne te laisserais pas risquer ta vie. Je suis responsable de toi et de tous les Elfes de ce camp !

-Vous l'étiez aussi de Thunia, dit sombrement Belore en s'emparant des documents que lui tendait le Réprouvé.

Il la fusilla du regard et Anya eu la désagréable impression que les ombres derrière lui se mettaient en mouvement.

-Laissez-moi passer.

Talula se mit à grogner à côté d'elle. Le Réprouvé recula prudemment.

-Laissez-moi passer, répéta le Démoniste.

L'instinct de chasseuse d'Anya lui commandait de s'exécuter. Elle côtoyait Belore depuis suffisamment de temps pour connaître la part d'ombre qui sommeillait en lui. Le jour où elle l'avait vu tuer froidement son père, elle avait vu son regard. Le même que celui qu'il lui adressait.

-Tu oublies à qui tu parle, siffla t-elle entre ses dents. Tu oublies ton allégeance à la Horde et aux Elfes de Sang. Ne laisse pas la haine te faire oublier l'amour que tu portes à ton peuple.

La tension dans la pièce devint plus pesante encore. Aucun des deux ne baissaient les yeux et Anya aurait juré voir une lumière rougeâtre briller dans les yeux de Belore. Peu à peu la lumière s'estompa et Belore retrouva son calme. La main d'Anya, crispée sur le pommeau de sa dague, se relâcha.

Le Démoniste prit la parole : Je ne peux pas vous jurer que je resterais sans rien faire mais je vous promets d'y réfléchir.

-J'ai confiance en toi Belore et je suis sûre que tu prendras la bonne décision.


Darius Crowley arpentait le campement quand il vit au loin un groupe de Worgens attroupés autour d'une tente.

Après vérification, il s'agissait de l'emplacement de SA tente.

Du coin de l'œil il aperçut les jumeaux Stark et Thunia qui filaient à son approche, instantanément son entonnement se transforma en suspicion.

-J'y crois pas, bredouilla une Worgen près de lui. C'est si bel homme. Quel dommage...

-J'aurais jamais cru ça de lui...

GROSSE suspicion.

-Je peux savoir ce qu'il se passe?

En entendant le son de sa voix, tous les Worgens présents eurent un violent sursaut et s'empressèrent de s'écarter, visiblement gênés...

Et alors il vit.

Sa tente.

Rose.

-Qu'est-ce que...

Intégralement rose.

-...c'est...

Rose brillant, fluorescent, surmontée d'un chapiteau étoilé et de flanquée, de part et d'autre de l'entrée, d'une tenture imprimée de licornes et de petits chatons.

Cowley allait vomir.

-...QUE CA ? rugit il.

-Crowley est une tapette, gloussa un Croc-de-Sang.

Le Chef lui jeta un regard si terrifiant que l'impertinent rentra la tête dans ses épaules et recula. Les ricanements cessèrent immédiatement. Personne n'avait envie de mourir dans d'atroces souffrances.

-Qui-a-fait-ça ?

Murmure embarrassé du public, Crowley allait piquer une colère monumentale lorsqu'il remarqua une longue traînée rosâtre qui serpentait jusqu'à un arbre. Il la suivit et découvrit planqués derrière le tronc, Thunia, Onyx et Archibald écroulés de rire.

-Vous trois, articula t-il entre ses dents.

Onyx et Archibald se jetèrent un regard éloquent... et se mirent à courir, laissant Thunia en plan.

-Cours, Thunia, cours !

-Heu...Haaaaaaaaaaa !

Elle voulut les suivre mais Crowley, plus rapide qu'elle, la rattrapa par le bras. Une fiole de tenture rose tomba de sa poche et le Worgen se figa.

Elle prit son air le plus désarmant pour lui dire :

-Ca sert aussi à ça l'alchimie ! Un peu d'humour Chef !

Toute l'assistante éclata de rire et Crowley s'éloigna à grands pas en maugréant. Il rejoignit sa tente et entreprit méthodiquement de la réduire en pièces à grands coups de griffes.

Puis il se retourna vers la foule en liesse.

-Le premier que j'entends encore rire subira le même sort. Est ce que je me suis fait bien comprendre ?

Un silence significatif lui répondit et subitement chacun eut un truc urgent à faire, une casserole sur le feu, un Réprouvé à tuer...

Résultat des courses ?

Thunia écopa de la plus longue corvée de patates jamais infligée (et jusqu'à ce jour elle n'a toujours pas été égalée). Quant aux jumeaux, ils furent envoyés en patrouille dans un trou paumé où ils allaient s'ennuyer ferme. Ou pas. Mais ça, c'est une autre histoire...

Aucun des trois ne regretta sa pénitence, au moins ils avaient bien rigolés !

Néanmoins, l'incident de la tente, qui resterait pour toujours dans les annales de Loarderon, avait démontré à Crowley que Thunia était loin de n'être qu'une cruche à oreilles pointues. Elle pouvait aussi s'avérer audacieuse, téméraire et... drôle. Et même si ça lui en coûtait, il devait bien l'admettre.

C'est ainsi, mes très chers amis, que Thunia engagea la seconde guerre « civile » de Gilnéas, contre Mister Crowley lui même...

La guerre était déclarée et rien ne garantissait qu'il aurait des survivants.

A suivre...