Voilà voilà, bande de petits gens! Reponse aux reviews encore reporté, mais le coeur y est!
Enjoy!
"Mr Bond, je pense que vous êtes un dinosaure sexiste et misogyne, une relique de la Guerre Froide."
Judi Dench
Les ennuis dans la peau
ou
Une mort atroce en perspective
-C'est quoi ça ? demanda Crowley en jetant un regard dégoûté au « cadeau » que je lui tendais.
-Quoi ça ? répliquais je innocemment en papillonnant des yeux.
-CA ! Rugit le Worgen en le désignant d'un index accusateur.
-Quand je l'ai vu, j'ai tout de suite pensé à vous, dis je en lui collant le susdit cadeau dans les bras.
C'était un de ces adorables mais super moches et ridicules bouledogues nains. Vous savez ces espèces de mini-crottes tout de guingois qui mettraient la honte à n'importe qui (et plus encore à un viril et glorieux guerrier) en trottinant sur ces pattes trop courtes à ses côtés.
Hé, hé, quand je vous avais dit que ma vengeance serait diabolique..
-Si, si, je vous assure. La même intelligence si flagrante dans le regard... Il s'appelle Homicide ! Ca vous plaît ?
Les yeux de Crowley semblèrent sur le point de jaillir de leurs orbites. Mais j'avais bien choisi mon moment pour le piéger : en plein milieu de la journée, alors que le campement était en pleine effervescence. Il ne pourrait donc refuser mon présent sous peine de passer pour un affreux goujat et pas davantage m'exterminer devant tous ces témoins.. Hé, hé.. Diabolique ET perverse. Parce que c'était pas fini...
-Et vous savez quoi ? Il a une petite copine dont il est inséparable, alors j'ai pas voulu lui briser le cœur, continuais je en lui tendant mon second ''cadeau''. Je ne suis dis, qu'après tout, deux cadeaux valaient mieux qu'un et que ça ne pouvait que sceller davantage notre amitié !
Cette fois Crowley eu un net mouvement de recul.
-C'est une perruche calopsitte, expliquais je. Elle est dressée mais faites attention, elle est un peu hargneuse. Vous devriez vous entendre à merveille. Son nom est Vendetta. Original n'est ce pas ?
Visiblement il écumait de rage et il m'assassina sauvagement par la pensée.
-C'est très sympathique à toi, parvint il à articuler entre ses dents serrées. Ca me va droit au cœur. Vraiment.
La perruche s'était tout naturellement perchée sur le dos du petit chien et l'un comme l'autre suivaient notre échange, imperturbables.
Crowley tenait les animaux à bout de bras, avec un sourire figé aussi radieux que celui du Joker.
-Malheureusement, je ne vais pas avoir le temps de m'en occuper, la guerre, les batailles, tout ça quoi.. Je suis désolé, sincèrement (Reprends tes horreurs, sale gamine ! Plutôt crever la bouche ouverte que de m'en occuper!)
-Hooo...vous ne pouvez pas refuser ! C'est tellement important pour moi que nous soyons bons amis. Je voulais vous faire plaisir... (Cause toujours, vieux débris, tu vas les garder c'est moi qui te le dis!)
-Vraiment, je suis très touché, mais ces charmantes bêtes se sentiraient trop délaissées, je m'en voudrais tellement... (Qu'elles crèvent ces mochetés ! Et toi avec!)
-Hooo je reconnais bien là votre grand cœur ! Vous serez un maître tellement attentionné ! (T'es dans la merde, gros naze ! Crédibilité zéro après un coup pareil!)
Autour de nous, la foule s'extasiait et bêtifiait comme devant une ribambelle de nouveaux nés. J'avais prévu le coup. Je savais qu'à un moment ou un autre, le brouhaha allait faire rappliquer une alliée de taille...
-RHOOOOOO ! Comme ils sont mignons, hurla Lorna en se jetant sur son père. On peut les garder ? On peut les garder ? Hooo, s'il te plaît papa ! Dis oui ! Dis oui !
-Mais heu...Écoute Lorna... Je ne vais pas pouvoir m'en occuper...(Ho non. Pitié pas ça!)
-Hoooo mon Papounet, s'il te plaît ! Tu les confiera à Whal, quand tu devras t'absenter. Tu sais bien qu'elle adoooore les animaux !
Cette fille est géniale, même si elle a un sérieux problème avec les animaux (et les gens) de compagnie.
-Mais...(Vite ! Un argument !)...heu...mais...(Un autre vite ! Code rouge ! Code rouge!)
-S'il te plaît, s'il te plaît ! (voix suppliante , yeux de Bambi débordant d'émotion)
Tiraillé entre son amour paternel et l'envie de m'enfoncer la perruche au fond de la gorge et le bouledogue je ne préfère pas savoir où, Crowley resta un instant silencieux. Oulala Le dilemme.. Gniark gniark..
-Bon d'accord, marmonna-t-il, je suppose que tu as raison. Whal acceptera sans aucun doute.. (Tirez moi une balle)
-Voila qui est réglé ! Ne me remerciez pas, c'est tout naturel, piaillais je en m'approchant de lui pour caresser Homicide. (Victoire par KO : championne du moooonde!)
Crowley en profita pour se pencher imperceptiblement vers moi :
-Je vais te le faire regretter, sois en sûre ma petite, me murmura -t-il d'un ton féroce à l'oreille.
Il avait l'air un tout petit trop sérieux à mon goût. Mais il ne mettrait jamais ses menaces à exécutions, pas vrai ?
Le soir venu, alors que je rentrais à ma tente, inconsciente du danger qui me guettait, toute auréolée du bonheur d'avoir procuré de la joie autour de moi (gniark gniark), je sentis une présence particulièrement hostile. Je me retournais et faillis hurler en me retrouvant face au très dangereux, très terrifiant Darius Crowley.
-T-O-I, articula-t-il d'une voix on ne peut plus flippante.
Argh au secours ! Je me retrouvais scotchée au mur qui bordait le chemin, dans l'espoir illusoire de fusionner avec lui pour échapper à la fureur du Borgne-sociopathe. Je tentait furtivement de fuir par le coté, mais son bras me bloqua la route. Ouche. Je le sens pas.
-Trois semaines. Trois semaines que je te supporte, uniquement pour faire plaisir à Lorna. Trois semaines que je rêve de t'arracher les tripes et les boyaux...
Houla. Énervé le Père Crowley !
-Et crois moi, je n'aurais aucun mal à le faire...
Gloups. Je vais mourir, déchiquetée par un roux en furie. Déjà c'est déprimant mais, comme si c'était pas suffisant, faut que je sois tuée par mon fantasme (les roux hein, pas Crowley, faut pas déconner non plus !). Néanmoins, à la lueur de cette dangereuse proximité, je remarquais à l'insu de mon plein gré, que son sourire féroce était diaboliquement sexy.
Pourquoi le jour où je suis bloquée contre un mur face à un magnifique apollon, faut-il que ce soit lui ? Pourquoi ?
Minute.
Dans le petit chaperon rouge, le loup n'est pas une métaphore des violeurs et des pervers ?
… Bugg.
IL VA ME VIOLER ! A L'AIDE !
Argh. Au secours ! Quelqu'un ! N'importe qui ! N'importe quoi !
Ceci dit, Crowley est plutôt beau gosse, si on fait abstraction du fait qu'il soit complètement asocial...
...Je viens de penser quoi là ?
Mon dieu mais quelle horreur ! Le syndrome de Stockholm !
Non, mais ça tombe mal là ! Le jour où il y a de fortes probabilités pour je me retrouves nue, à mon corps défendant bien sûr, il faut que ce soit justement le jour où je porte ma petite culotte brodée d'une tête de Murlock ! Ca va pas être possible là !
D'un coup d'un seul, je récupérais mon sang froid. Hors de question que je me fasse violer alors que je porte des sous-vêtements ridicules.
-Vous comptez me faire subir les derniers outrages ? On pourrait pas remettre ça à une autre fois ? j'ai la migraine..
Il hausse un sourcil, mi-amusé, mi-perplexe, mi-cette nana a été bercée trop près du mur ou alors ses parents ont voulu éteindre le feu dans son berceau à coup de pelles ?
-Je comptais t'égorger avant de te jeter dans l'enclos à Mastiffs, pour faire disparaître les preuves. Rien de plus.
-Ho... c'est vraiment très délicat de votre part..
-Je suis un gentleman.
-Je n'irais pas jusque là, mais passons. Vous disiez quoi déjà ?
-Et bien que j'allais te tuer. Mais finalement j'ai comme une soudaine hésitation.
-Excellent ! L'univers tout entier ne pourrait se passer de moi. Je suis bien trop géniale pour que le monde me survive.
-Rien à voir. C'est juste que j'ai peur de m'ennuyer.
Je rêve ou il vient de me faire un compliment ? Enfin un espèce de genre de compliment.
-Et puis tu épluches bien les patates. Il faut bien l'admettre en toute objectivité.
-Tout à fait. Et je suis également une experte pour découper les légumes en julienne, répliquai je.
Je rêve ou il se marre ? Il est vraiment pas net ce type.
Un coup il me bute, un coup il se bidonne. Je diagnostique un gros souci d'instabilité émotionnelle.
-Je vais te proposer un marché, dit il finalement.
-Comment ça ?
-Tu me fiches la paix, tu arrêtes de me pourrir la vie, tu arrêtes de démolir ma crédibilité, et surtout tu arrêtes de rependre des rumeurs abjectes ET totalement infondées sur moi et Ivar..
-Pourtant, je vous assure que vous vous sentiriez libéré si vous faisiez votre Coming Ou..
Quelque chose m'empêcha de finir ma phrase : peut être la lueur de pure haine dans son regard ?
-Tu as dit quelque chose ?
-... heu non, pas du tout.
-Au temps pour moi. Donc tu m'oublies, et moi je t'oublies en retour.
-C'est envisageable. Évidemment si je refusais...
-Tu n'aurais même pas le temps de constater les dégâts ni même de le regretter.
-Ah oui, vu sous cet angle, c'est une formidable bonne idée. Marché conclu.
-Parfait.
-Parfait.
Sur ce, il se retourna et, sans même un au revoir, reparti vers le camp. Le rustre.
Bon bah voilà. C'est moi qui allait m'ennuyer, maintenant que j'avais promis de le laisser tranquille...
Crowley devait bien avouer que ça lui coûtait un peu d'avoir conclu une trêve avec l'Elfe. Il aurait volontiers continuer à l'affronter juste pour le fun. Sous son masque de sérieux et d'autorité, il aimait bien rigoler, et pour une fois il avait trouvé une adversaire à sa taille. Mais il était le chef des Worgens et il avait autre chose à faire que de croiser le fer avec une (jolie) blonde décervelée.
Thunia calmée, les jumeaux en pénitence, il allait enfin pouvoir respirer.
Enfin, c'est ce qu'il croyait.
Par une belle journée, une de celles qui s'annonce radieuse, Crowley étudiait paisiblement des cartes d'état major pour élaborer une implacable stratégie de guerre, quant une bonne sœur hystérique se rua à l'intérieur de sa tente, l'écume au lèvre et la soutane froissée. Tobias la suivait de près, essayant tant bien que mal de l'empêcher de se jeter sur le chef Worgen.
-C'est...La Révérende Mère du monas...
-VOUS ! Hurla -t-elle.
-Moi ?
-OUI VOUS !VOUS AVEZ APPORTEZ LE DIABLE DANS MA MAISON ! VOUS AVEZ REPANDU LE PECHE DANS LA SAINTE DEMEURE DE LA LUMIERE !
Il haussa un sourcil et jeta un regard à Tobias, qui haussa les épaules.
-Je vous prierais de vous calmer, Révérende, dit le lieutenant avant de se prendre un coup de boule et de lâcher la vieille femme qui se rua sur Crowley, déchaînée.
Elle le saisit par le col et colla son nez contre le museau du Worgen en beuglant des insultes
-VOYOU ! SERVITEUR DU MAL ! PROFANATEUR !
-Révérende, s'il vous plaît...
C'est qu'elle postillonnait la vieille folle ! Crowley avait un respect plutôt limité pour la religion (quand on est chef de guerre, mieux vaut croire en la main qui brandit l'épée plutôt qu'en celle qui brandit l'hostie) mais bon, chacun ses idées. Par contre il détestait qu'on lui parle aussi près du visage qui plus est avec une hygiène buccale aussi douteuse.
-Sachez que j'assume avoir été un traître, un rebelle et l'ennemi public numéro un, mais suppôt de Satan, jamais ! J'ai des principes. déclara-t-il en dépliant un à un les doigts de la nonne, crispés autour de sa gorge. Calmez vous et essayez de m'expliquer de quoi il s'agit.
-Il s'agit de ces deux démons que vous avez laissés entrer dans le monastère !
-Vraiment ? Des démons ? s'étonna Crowley. Développez je vous prie.
Elle plissa les yeux, et au travers de la mince fente de ses pupilles, filtrait le plus noir, le plus sombre et le plus sinistre des regards. Pour un peu il aurait eu peur d'elle !
-Ca a commencé il y a quelques semaines. Ils sont arrivés, prétextant qu'ils venaient pour assurer notre sécurité. Les petits voyous ! Graines de criminelles, c'est moi qui vous le dit !
-Qui ça ''ils'' ?
-Les deux Worgens que vous nous avez envoyés !
-Mais je ne vous ai jam...
Il s'arrêta net, prit d'un doute soudain. Il fouilla rapidement dans les archives qui traînaient et en sorti une feuille cornée. Ses sourcils se froncèrent quand il lut les noms des Worgens envoyés en patrouille dans l'est de Loarderon, tout près du Monastère de la Lumière.
Onyx et Archibald Stark.
Évidemment. Pourquoi donc ça ne l'étonnait même PAS ?
Il se pinça l'arrête du nez en soufflant un bon coup.
-Qu'est-ce-qu'ils ont ENCORE fait ?
-Ils ont complètement détruit notre chapelle et ils y ont répandu le vice ! Voilà ce qu'ils ont fait ! rugit la Mère Supérieure en tournant frénétiquement en rond.
-Si ce n'est que ça...Vous vous en sortez plutôt bien, railla le Worgen.
-Ils ont vandalisé la chapelle en dessinant des moustaches à notre Prophétesse ! Et ils ont couvert le confessionnal de gravures érotiques ! Ils se sont saoulés au vin de messe, et ont vomi dans le bénitier ! Et, comble du comble, ils ont OSE pénétré dans le tombeau de la Prophétesse Sainte-Gertrude-Cunégonde-de-la-Lumière ! Et ils refusent d'en sortir !
Crowley eut un mouvement de perplexité.
-Comment ça ?
-On a tout essayé pour les faire sortir ! Mais, bornés et imbéciles qu'ils sont, ils ne veulent rien entendre !
-Vous êtes sûr qu'ils n'auraient pas eu de problème dans le tombeau ? demanda Crowley alarmé par mauvais pressentiment.
Alors que la vieille partait dans des explications sans queue ni tête, impliquant entre autre l'Armageddon et la Reine d'Angleterre avec son Bazooka combattant les Armées du Mal (private Joke!), Crowley se leva et dit à Tobias :
-Je pars récupérer ses deux sinistres andouilles et je reviens.
-Très bien, bonne chance, marmonna Tobias en essuyant son museau qui saignait abondement.
La Révérende Mère lui emboîta le pas et, en sortant, ils manquèrent tous deux de percuter Thunia, qui faisait le pied de grue, la face illuminée par un immense sourire débile.
-Je peux venir ?
-Non, répondit-il catégoriquement en passant devant elle, sans lui jeter un regard.
Il l'entendit grogner et faire demi-tour. Il fût presque déçu qu'elle n'insiste pas davantage.
Le plus tranquillement du monde, Thunia se dirigea vers la tente des mages.
-Je passe juste récupérer un truc ! lança t-elle en se dirigeant vers une prison de Tisse-Néant, à peine plus grande qu'une cage d'oiseau.
Un mage protesta, mais elle ne l'écouta pas. En même temps c'était pas comme si elle courrait un risque. Et oui, ça aide d'être la meilleure amie de la fille chérie d'un Chef Worgen !
D'un coup de pied, elle brisa le pentacle autour de la prison, provoquant des hurlements parmi les mages. Une bousculade générale s'ensuivit et une épaisse fumée envahit la tente...
-Salut Mini-Truc ! Tu m'as manqué tu sais ?
Le Monastère était une très très vieille bâtisse. A tel point qu'elle semblait sur le point de s'effondrer à tout instant. Crowley fronça le nez. Même sous la forme humaine qu'il avait adopté pour éviter d'effrayer les nonnes, il sentait parfaitement l'odeur de moisi.
Il n'était venu accompagné que de deux Worgens, histoire de ne pas déclencher une vague d'hystérie. Les Worgens avaient beau être des membres officiels de l'Alliance, ils continuaient de provoquer la méfiance. Evelyn et Elias avaient le mérite d'être calmes et pondérés, contrairement aux jumeaux.
-C'est un magnifique édifice, fit remarquer Evelyn. Si chargé d'histoire et de spiritualité... Si... ancestral!
-Ca pour être ancestral...même la poussière est ancestrale, fit remarquer Elias en passant son index sur une statuette de Sainte-Gertrude et brandissant son doigt recouvert de saleté.
-ON TOUCHE AVEC LES YEUX, beugla la Révérende Mère. Pris de panique, Elias se planqua derrière Evelyn.
-Mauviette, ricana la Worgen.
-Toi même, rétorqua son ami.
Crowley soupira en levant les yeux au ciel.. C'était à croire que tous les membres de sa garde étaient des gamins puérils et chicaneurs.
Ils suivirent la Révérende jusqu'à la cave à vin, où un trou dans le mur, avait probablement permis aux jumeaux de pénétrer dans le Tombeau.
FLASH BACK
Onyx et Archibald dévalaient l'escalier, poursuivis par trois bonnes sœurs en furies, dont la Révérende Mère, armée d'un chandelier très lourd et d'un crucifix très pointu.
-REVENEZ ICI ! Sales gosses ! Engeances du démon !
-Cause toujours, vieille bique ! lui cria Onyx juste avant de refermer la lourde porte de la cave.
Les jumeaux se tapèrent dans la main, tandis que la Révérende tentait de défoncer la porte à elle toute seule. Le bois tremblait sous les coups de la vieille, mais tenait bon.
-Tu es géniale, dit Archibald à sa sœur. L'idée des gravures érotiques dans le confessionnal...c'était splendide!
-Merci Archi ! Mais franchement dessiner des moustaches à la statue de la Prophétesse, c'était du grand art, mon cher frère !
Ils rigolèrent encore un bon moment en se congratulant, puis une fois redescendus sur terre, ils réalisèrent où ils se trouvaient. Ils n'auraient pu choisir meilleur lieu de siège : la cave à vin.
-A ta santé, sœurette !
-A la tienne, frangin !
...Tout le monde sait que n'importe quelle personne un peu pompette est convaincue que ses idées sont absolument géniales...
-Tiens ! Hic...c'est quoi ce truc ? On dirait une poignée..
….Alors que ce n'est jamais, absolument jamais, le cas.
-Chais pas...hic, hic ! T'as qu'à tirer !
BROOOOUMMMM, fit le mur en s'effondrant.
-Hé ! Y'a quoi derrière ? Fais voir ?
-Archi, att...
-HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA, firent les jumeaux en chœur, en basculant dans le vide.
L'atterrissage fut rude. Très rude.
-Archi, ca va ?
-Je sens plus ma jambe, mais le reste ça peut aller...Et toi ?
-J'ai mal partout...
Les jumeaux, passablement dessaoulés, observèrent l'endroit où ils avaient atterri. Un immense mausolée, truffé de tombeaux en pierre, sombre et humide.
-Et bé.. On a débarqué dans le tombeau de Sainte-Ginette-machin-trucmuch, dit Onyx en se relevant, titubante.
Voyant que son frère peinait à se remettre sur pied, elle s'empressa de s'accroupir pour l'aider. Archibald poussa un hurlement de douleur et s'effondra sur sa sœur. Elle remarqua alors l'angle bizarre que formait son genoux.
-Archi...Archi, ta jambe ?
-Elle est cassée, gémit-il.
-Je vais aller chercher du secours, dit-t-elle en se relevant.
Mais à cet instant précis, ses sens exacerbés de Worgen l'avertirent d'un danger imminent. Quelque chose les épiait. Quelque chose se mouvait silencieusement dans l'ombre.
Archibald le sentit aussi et grogna. Onyx incanta une formule magique et ses griffes se recouvrirent de flammes pourpres qui illuminèrent la caverne.
Une forme humanoïde se tenait, à moitié cachée, derrière une stalactite.
-Montre toi ! gronda Onyx.
La forme bougea, leur fit face.
Et ils hurlèrent.
NE M'APPELLEZ PLUS JAMAIS FRAAAAAAAAAANCE, CAR LA FRAAANCE M'A LAISSE TOMBEEEEEEEEEEEEEER !
Pitié, Bizkin. Je t'en supplie, je t'en conjure, mon diablotin d'amour, arrête ça !
NE M'APPELLEZ PLUS JAMAIS FRAAAAAAAAAANCE, C'EST MA DERNIERE VOLONTEEEEEEEEEEE !
Bizkin, pour l'amour de la Lumière !
Je t'avais promis que je me vengerais. T'avais qu'à pas me balancer sur deux Worgens malodorants !
Mais mon Bizkin, tu sais bien que je t'aime. J'ai agi sans réflechir ! ...
Même ! Justement ! Je suis profondément blessé dans mon amour propre ! Non mais ! Traité comme un vulgaire ballon de foot ! Moi : ton fidèle Bizkin ! Après tout ce que j'ai fait pour toi ! Ingrate !
Pardon, pardon, je m'excuse platement, ô Bizkin, lumière de mes jours !
Grummmph...
Je suis navrée. Vraiment mon Bizbiz Chéri ! Pour me faire pardonner, je te lustrerai les griffes...
Hummmph...
Je te servirai des petits fours, je te ferais couler un bain chaud et je te masserai tes petits pieds !
...et tu me gratteras le dos ?
Tout ce que tu veux !
Bon, soit, misérable ver de terre ! Dans mon IMMENSE bonté, j'accepte de te pardonner !
Ho ouiiiiiiiiiiii !
Bon, c'est pas tout ! Tu fais quoi exactement en pleine Forêt des Pins Argentés ?
On va au Monastère. Les jumeaux ont des ennuis, il paraît...
Alors en route mauvaise troupe !
Contente de voir que tu ne m'en veux plus...
FEMMEUUUUH DES ANNEES QUATRE-VIIINNNGT ! MOINS COLOMBINE QU'ARLEQUIIIIIIN !
Ho non ! Pas ça ! Pitié Bizkin !
-Révérende Mère ! Révérende Mère ! C'est terrible !
-Quoi encore ? bougonna la religieuse.
-Une Elfe de Sang s'est présentée ici, avec son bébé ! Elle dit qu'elle veut voir le Seigneur Crowley !
Le Worgen haussa un sourcil (un tic qu'il avait développé à force de côtoyer Thunia).
-Une Elfe de Sang ? Blonde, grande, le nez en trompette, avec un air un peu nunuche ?
-Oui, enfin... on peut dire ça répondit la nonne un tantinet gênée.
Il sourit. Evelyn et Elias échangèrent un regard.
-Ha bah, merci Crowley, ça fait toujours plaisir, dit une voix derrière la nonne.
Elle s'avança, l'air très sûr d'elle, portant un bébé emmitouflé dans ses bras.
Il jeta un coup d'œil au paquet, qui remuait un peu.
-C'est quoi ça ?
-Mon démon, chuchota-telle, vous pensiez quand même pas que j'allais me trimbaler dans un monastère avec un diablotin sous le bras ?
En effet, c'était bien Bizkin, dissimulé sous des langes,une tétine dans la bouche, et un air blasé sur la face. Un instant Crowley faillit lui demander comment elle s'était débrouillée pour le récupérer mais finalement il préféra ne pas savoir.
-Il a chanté du Michel Sardou dans ma tête pendant des heures, alors soyez gentil, je suis quelque peu à cran, expliqua-t-elle, toujours en murmurant.
-Dur.
-Au fait, j'ai dis aux nonnes qu'il était de vous.
-Très bien je... QUOI ?
_Rhooo, faites pas cette tête.. C'est pas la mort non plus.
Visiblement peut être, puisqu'il frisait la crise d'apoplexie.
-Et puis, vous avez la même manucure, railla Thunia en lui flanquant le paquet dans les bras. Bon, ils sont où les jumeaux ?
D'un geste de la main, il lui indiqua le trou dans le mur puis il tendit le bébé à Evelyn (dire qu'il le balança par dessus son épaule serait plus juste). Thunia se pencha vers la cavité et remarqua une fine membrane translucide. Prudemment, elle toucha la surface évanescente et sa main passa au travers comme si c'était de l'eau.
-Une barrière magique, expliqua Crowley en se plaçant à côté d'elle. Elle empêche quiconque est soumis à une malédiction de passer.
-Les Liches, les Réprouvés, les Démonistes...et les Worgens, comprit Thunia. Pourtant les jumeaux sont passés !
-La barrière est très ancienne, intervint la Révérende mère. Elle a du s'altérer avec le temps mais s'est probablement réactivée après leur passage.
-Donc quelqu'un doit pénétrer la dedans et désactiver la barrière, dit Thunia avant de s'apercevoir que tous les regards convergeaient vers elle.
-Puisque tu le proposes si courageusement, dit Crowley avec son grand sourire de hyène. A toi l'honneur !
-Mais je...bredouilla l'Elfe en jetant un regard inquiet vers l'abîme...avant de se sentir basculer. HAAAAAAAAAAAAAA !
De leur côté, les Worgens adressèrent un regard consterné (mais quel gamin celui la !) à leur chef, qui leva les mains en un geste d'innocence.
-Bin quoi ?
