Bonjour, bonsoir,

Pardon.

Je n'ai rien d'autre à dire. Je suis désolée. J'ai trop traîné pour ce chapitre. Vous ne méritez pas d'attendre autant juste pour un chapitre.

Bon, en compassion, vous aurez 20 pages de Thunia. C'est le plus long chapitre écrit à ce jour. C'est cool non? Et puis pour me faire pardonner, j'ai décidé de quelque chose : vous, mes chers lecteurs, vous pourrez me demander ce que vous voulez à propos de Thunia. N'importe quelle questions, que cela concerne l'intrigue ou un personnage, j'y répondrai. Faites vous plaisir.

Je vais m'imposer un rythme de parution. Je vais essayer de publier des chapitres un peu plus courts, mais de manières plus régulières.

Je vais essayer de publier le prochain chapitre dans deux semaines. Si je ne m'y tient pas... jeter moi des pierres.

Ce chapitre est dédié à tout ceux qui suivent mon histoire malgré les aléas de la publication. Je vous aime (je vous l'ai déjà dit, mais je le redis :D )

Bonne lecture!


Hé Blondie ! tu sais comment on noie une blonde ? En collant un miroir au fond d'une piscine.

Twilight - Chapitre 4 : révélation

Apportez- moi la tête de Darius Crowley

Ou

Le pire choix d'œuvre citée du monde pour un chapitre avec beaucoup trop de retard…

Une odeur de chair en décomposition régnait sur le campement, mêlée à celle, plus âcre, de la bile et du sang. Prudemment Onyx avança, enjambant avec une nausée grandissante les cadavres qui jonchaient le sol. Des hommes, des femmes, des enfants, des Worgens… Ceux qui n'avaient pas été égorgés ou éventrés, portaient des marques de malédictions, brûlures...

Retenant un haut le cœur, la jeune fille se concentra. Il y avait trop d'odeurs différentes dans l'air pour qu'elle puisse repérer celles des auteurs du carnage, aussi devait-t-elle rester très prudente.

D'après les blessures infligées aux dépouilles, il y avait au moins un Démoniste. Et un assassin. Un assassin suffisamment rapide et fort pour avoir massacré un tel nombre de personnes.

Un bref regard vers le cadavre d'une femme, serrant contre elle son enfant sans vie, avertit Onyx que c'était pire encore.

Un assassin rapide, fort et sans pitié.

La plupart des victimes étaient des réfugiés qui avaient fuit les Réprouvés. Ceux là avaient la gorge tranchés, les tripes à l'air et une expression de pure peur sur le visage. Les autres, les soldats et les prêtres combattants, avaient été tués par la magie.

Onyx avait suivi la piste de deux individus. Comment deux personnes avaient-t-elles pu massacrer aussi facilement tout un campement ?

Un bruissement de feuille. Mue par un réflexe sauvage, Onyx se mis à couvert.

Tapie dans l'ombre, la Worgen guettait sa cible. C'était un homme aux longs cheveux blonds et aux grandes oreilles caractéristiques des Elfes de Sang. Il était à quelques mètres d'elle mais elle ne s'en inquiétait pas. Elle était contre le vent, son pas était léger et il ne semblait pas sur ses gardes. Il lui tournait le dos, mais elle pouvait voir qu'il portait une robe noire et un manteau tout aussi sombre. La Worgen songea à Thunia, se demandant si son amie connaissait cet homme.

Soudain il se retourna, regardant fixement sur sa droite, en direction de la Forêt. Onyx tendit la tête sans parvenir à voir ce qui avait attiré son attention. Sans doute avait-elle été trop bruyante car il tourna brusquement la tête vers elle. Heureusement pour la magicienne, sa cachette était trop loin pour qu'il puisse l'apercevoir. Son soulagement fut de courte durée, une seconde Elfe de Sang s'avançait à l'orée de la forêt. Une femme aux cheveux blancs maculés de sang.

Onyx la reconnut immédiatement. Elle se souvenait des récits que faisaient les rares survivants dont les escadrons avaient été massacrés et des mises en gardes de Thunia. Mérrissa Valse-les-Ombres.

Onyx vit qu'elle traînait par les cheveux une Worgen gémissante. Onyx réprima un cri de stupeur c'était Evelyn, dont le corps était atrocement mutilé. Ses tendons avaient été méthodiquement tranchés et une mousse rougeâtre coulait de sa gueule entrouverte.

Onyx sentit ses poils se dresser sur sa nuque.

Un hurlement sauvage retentit. Un hurlement de Worgen. Evelyn n'était pas la seule à s'être fait capturer.

-EVELYN !

C'était Elias, Onyx reconnut sa voix. Il gisait à quelques mètres de l'homme, les poings et les pieds entravés par des chaînes de magie.

-Ce sera bientôt ton tour, ricana Mérrissa en faisant tournoyer ses dagues. Mais pour l'heure, laisse moi m'amuser avec ton amie.

un poignard se ficha dans le corps de la Worgen qui hurla.

-Je ne dirais rien !

Un autre poignard, un autre cri. Onyx se mordit la lèvre pour ne pas hurler. Son amie, sa sœur d'arme était torturée sous ses yeux et elle ne pouvait rien faire.

Evelyn gisait dans une mare de sang, respirant difficilement, l'elfe penchée sur elle. Son sourire sardonique et le sang qui maculait ses joues resterait longtemps gravé dans les rétines de la Worgenne. Quant à l'autre elfe, il semblait dégoûté du spectacle, mais pas pour autant compatissant. Élias se contorsionnait, hurlant comme si c'était lui qu'on torturait, sans parvenir à se libérer.

Lentement, Onyx se mit à ramper dans sa direction. Il fallait sauver celui qui pouvait encore être sauvé.

Il lui était insupportable d'entendre les cris d'Evelyn et elle faisait des efforts surhumains pour ne pas regarder dans sa direction. Si elle le faisait, elle serait tétanisée et ils mourraient tous.

Arrivée à deux mètres d'Elias, elle réfléchit à tout allures. Neutraliser le démoniste serait trop long, trop dangereux. Il allait falloir foncer et fuir sans se retourner. En laissant Evelyn.

Un bruit d'ossement brisé. Evelynn ne voulait pas céder. Plus elle résistait, plus l'assassin s'amusait.

Onyx se rua sur Elias.

Lorsque le démoniste la vit, ses yeux s'agrandirent d' étonnement, avant de se plisser et de briller d'une lueur verte qui n'augurait rien de bon. Mais avant qu'il n'ai eu le temps de faire quoique ce soit, elle matérialisa une énorme boule de feu qui l'obligea à reculer. Débarrassée du démoniste, elle essaya d'attraper Elias, mais ses sens Worgen l'avertirent d'un danger imminent. Elle plongea au sol avant que la voleuse n'ait eu le temps de lui trancher la gorge. Au lieu de se relever, elle tendit le bras jusqu'à son compagnon.

Lorsqu'elle le trouva, elle serra entre ses griffes sa pierre de foyer. Au moment ou Mérissa abattait ses dagues, ils avaient disparus.


Je végétais depuis mon retour du tombeau de la Prophétesse Sainte-Gertrude-Cunégonde-de-la-Lumière. Que dis-je ? Je pourrissais littéralement sur place. Ma jambe me faisait trop mal pour que je puisse gambader gaiement dans la Forêt et Lorna était tout le temps en vadrouille. Crowley n'avait plus de temps de venir m'embêter et Bizkin me faisait ostensiblement la boude pour l'avoir balancé dans les abîmes d'un caveau ancestral. Quant à Archibald, et bien...

-Je m'ennuie, me dit-t-il d'un ton plaintif qui me rappelait le couinement d'un chiot malheureux.

Tout comme moi il trouvait le temps interminaaaaaaaable, mais en plus, lui, il avait vraiment très mal. L'os de sa jambe avait été complètement brisé et la chair arrachée par endroits. Il faudrait bien un mois ou deux avant qu'il ne soit totalement rétabli.

Et puis Archibald était un Worgen, et c'est fait pour courir dans la nature ces bébêtes là. Rester immobile si longtemps n'allait pas être facile à supporter, d'autant que sa sœur était partie en mission depuis hier et qu'il était rongé par l'inquiétude.

-Moi aussi, répondis-je sur le même ton.

Nous soupirâmes d'une même voix.

-Debout tout le monde ! brailla Grand-Maman Whal en entrant soudainement dans la tente.

-Ca risque d'être compliqué, marmonna Archi.

-On lève le camp, dit-t-elle en rangeant méticuleusement ses tasses de thé.

-Ha oui bien sûr.

-Keskispasse ? demandais-je, au risque de passer pour une idiote (sérieux?)

Whal me regarda, comme si c'était quelque chose d'évident, puis elle sembla se rappeler que je n'étais membre du Front que depuis peu de temps et que certaines subtilités Worgen m'échappaient encore.

-Ho oui bien sûr... on déménage. Nous faisons ça régulièrement, c'est dangereux de rester toujours au même endroit. Thunia, mon ange, je sais que tu n'es pas encore tout à fait remise de tes blessures, mais tu ne voudrais pas aller donner un coup de main à Lorna et à Tobias ? Ils vont avoir besoin d'aide.

Je me levais aussitôt, ce qui déclencha une vague de douleur tout le long de ma jambe. Retenant un grognement, je sortis de la tente, après avoir adressé un dernier signe d'encouragement à Archi qui me regardait d'un air désespéré.

Tous les Worgens étaient occupés à démonter les tentes et à entasser le matériel. J'aperçus Lorna et Tobias en grande discussion. Lorsqu'elle me vit, Lorna me fit signe d'approcher.

-Je peux faire quelque chose ?

-On s'occupe des caisses de ravitaillements, dit Tobias en soulevant un cageot de pommes de tu te charges des trucs qui traînent ?

-Ne me ménagez pas parce que je suis blessée!.

-Hors de question, objecta fermement Lorna avec un air despotique qui me rappelait celui de son père. Tu es en convalescence ma chère ! Et nous autres Crowley ne sommes pas du genre à exploiter nos camarades jusqu'à l'épuisement !

-Et moi alors ? Ronchonna Tobias. J'ai été blessé durant une embuscade ! Et je portes des caisses !

Elle lui donna une tape dans le dos.

-Mais toi tu es un grand et costaud Worgen ! Tu n'es pas une fragile elfette toute maigrichonne !

-Hé !

-Regarde la ! Elle n'a que de la peau sur les os ! Et tu voudrais la faire travailler ?

Évidemment comparé à Lorna, tout en formes et en rondeurs, et à Tobias, taillé comme une armoire à glace, je faisais figure de brindille. Quant à Crowley, il me dépassait d'au moins trois têtes !

Tiens tiens, tu penses encore à ce cheeeeeeer Darius ?

Rho mais ta gu…

-Thunia ? Tu viens ? Appela Tobias.

-J'arrive, marmonnais-je en traitant mon diablotin de tous les noms d'oiseaux que je connaissais.

Un jour je me débarrasserais de toi, parasite de mon esprit…

Moi aussi je t'aime ma Thuthu !

Je te hais. Je te méprise.

Rhoooooo, moi qui trouvais qu'on s'entendait si bien ! Je pensais même qu'on allait se fiancer si ça continuait ! Ho ! Suis je bête, il n'y en a que pour ce très cheeeeeeer Darius !

Je vais tuer toute ta famille.

Tu ne peux pas, parce que je suis sans famille ? je m'appeeeeelle Remiiiiiiiii ! Et je me ballade dans la viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie !

Je gémis et continuais d'avancer en adressant une prière muette à la Lumière.

Tu sais, Thunia, c'est toi ma famille.

C'est...très mignon. Merci, ça me touche. Je t'aime beaucoup aussi. Mais je t'aimerai encore davantage si tu voulais bien te taire.

Je voudrais pas dire Thunia, mais tu es loin derrière les autres.

Zut !

Je me mis à courir, sous l'œil attentif de Lorna qui m'attendait avec un air faussement impatient.

-Je crois que c'est toi qu'on devrait porter !

Pourquoi est ce qu'à cet instant précis je songeais avec nostalgie aux bras musclés de Crowley me soulevant de terre dans cette grotte affreusement lugubre et malodorante… ?

Et ça recommence… Tu vas vivre longtemps dans le déni ?

-De quoi tu parles ? Demandais je avec une innocence (très mal) feinte.

-Parler de quoi ? Dit Lorna.

-De ses déboires sentimentaux ! Dit Bizkin en se matérialisant à ses côtés et en m'adressant un clin d'œil insolent.

-Ho ho ! Voilà qui m'intéresse !

Je. Vais. Le. Tuer.

-C'est qui ? Dis moi ! Me supplia-t-elle collant son nez contre ma figure en papillonnant des yeux.

Aaaaaargh ! Bizkin, j'aurais tellement ta peau !

-Heu… Personne de particulièrement important, bredouillais-je tant bien que mal en cherchant désespérément un échappatoire à cette situation inconfortable et potentiellement humiliante.

Comment te dire Lorna, que je trouve ton père très séduisant, qu'il est tout à fait mon genre d'homme et que, Lumière, son faciès d'Apollon hante mes rêves ( les moins chastes) ?!

-Dis mooooi... roucoula-t-elle en inclinant la tête de manière adorable.

-Non, vraiment, je… Pas important…

Son attitude trop mignonne laissa place à un sourire carnassier qui me fit presque peur. Elle fit craquer ses doigts.

-Je vais devoir employer les grands moyens...

-Non mais heu…

Lumière, Elune, Raptor-Jésus, qui vous voulez, venez moi en aide !

Une diversion, viiiiiiite !

-LES REPROUVES NOUS ATTAQUENT ! AUX ARMES !

Non, mais je pensais pas à un truc comme ça !

Lorna me délaissa pour aller se jeter dans la bataille. En trente seconde (le temps pour moi de me prostrer derrière un buisson) c'était le chaos le plus total.

Les Nécrotraqueurs nous attaquèrent les premiers, suivis de près par les Forestières. Ils étaient une quinzaine, sans compter leurs immondes araignées de compagnie qui me filaient de l'urticaire dès que je les voyais.

J'aperçus Lorna arracher la tête d'un Réprouvé d'un splendide High Kick dans la face et crever l'œil d'une Glisseuse, le tout sans se décoiffer. Cette fille est carrément trop géniale.

Plus loin, Mister Crowley faisait de la charpie de morts vivants tout en gardant un œil sur sa fille chérie. C'était pas vraiment utile dans la mesure où elle était aussi dangereuse que lui.

D'un mouvement brusque, il envoya valser un Nécrotraqueur, qui atterrit juste en face de moi.

-Oups…

Le macchabée me regarda. Je le regardais. Je hurlais et il se jeta sur moi.

-TOI !

-...voui? Demandais je piteusement en esquivant une dague trop affûtée à mon goût.

-Je te reconnais ! Tu es l'idiote que la Dame Noire a envoyé au casse-pipe ! J'avais parié sur ta mort !

...Ça fait toujours plaisir...

La lame frôla mon visage. Je reculais.

Mais cette victoire fut de courte durée. Le mort-vivant revint à la charge et cette fois il était sérieux. Il me balança son pied dans le tibias et essaya de me faucher les jambes, mais je agrippais à son bras, qui me resta dans les mains.

-Mes tendons tout neufs !

-Faites vous remboursez, répliquais je en lui collant une baffe avec sa propre main .

De ma main libre, je cherchais à tâtons de quoi me défendre tandis que je parais ses attaques avec son bras.

Mes doigts se refermèrent autour d'une poêle à frire, qui alla s'encastrer dans son visage.

Il tituba. L'ustensile de cuisine s'était logé entre son nez et son oreille gauche. Cette vision était particulièrement surréaliste.

Saisissant ma chance, j'en profitais pour… partir en courant.

Sérieusement ? Vous vous attendiez à quoi ? C'est peut être une poêle d'excellente qualité, mais je suis sûre qu'elle est très heureuse là où elle est, logée dans le cortex frontal d'un zombi.

Dans ma retraite stratégique, je heurtais le torse d'un Worgen.

-Crowley ? Vous, ici ? Quelle charmante surprise !

-Le plaisir est partagé, dit-il en m'écartant de sa trajectoire (en me soulevant et me posant juste à côté le plus simplement du monde) pour aller se jeter sur le Nécrotraqueure.

Tandis que j'allais me mettre à l'abri, j'entendis les hurlements d'agonie du Réprouvé. J'espérai quand même pouvoir récupérer ma poêle à frire…

Une petite minute.

Comment se fait il que Mister Crowley, qui m'avait tout l'air d'être bien occupé à décapsuler du zombi, soit apparu à mes côtés comme par magie?


Est-ce-que par hasard il n'aurait pas volé à mon secours ?
Donc il aurait gardé un œil sur moi ?

Donc il s'inquiéterait de ma santé ?

Hypothèse fort peu probable. Il devait juste passer dans le coin.

Tu me désespères

Une flèche siffla dans l'air et se planta dans l'arbre en face de moi. Je me mis à quatre pattes et rampais jusqu'à croiser Tobias, occupé à se battre contre une Forestière.

-Mourrez sales chiens ! La Dame noire vous tuera tous ! Et…

Elle s'interrompit dans ses hurlements hystériques quand elle me vit.

-TOI ! TRAITRESSE A TON PROPRE SANG !

Délaissant Tobias, elle se rua sur moi et au moment où elle s'apprêtait à m'éviscérer, d'un coup de griffe il la projeta à plusieurs mètres. Mais la Banshee n'avait pas dit son dernier mot et elle se releva ,tant bien que mal, toujours aussi décidée à nous massacrer.

J'entendis Tobias hurler. Une Glisseuse s'était faufilée dans son dos et l'avait entourée de ses huit pattes poilues et crochue. Pendant qu'il se débattait avec la bestiole, je me retrouvais seule face à la Forestière.

Pourquoi avais je le sentiment que ça allait très mal se passer ?

Elle tira ses deux lames et les fit tournoyer en s'avançant dangereusement.

Mais où est Bizkin ? Toujours là pour s'occuper de ma vie privée par contre quand y'a de la castagne, bah y'a plus personne !

Je suis là, j'étais parti chercher quelqu'un !

Qui donc… ?

-PAS TOUCHE !

La Forestière se retourna juste à temps pour voir le poing de Lorna fuser vers son visage et lui briser le nez. Partie sur sa lancée , ma meilleure amie lui brisa les vertèbres à coups de talons.

Lorna est une furie, et je l'adore.

Une fois qu'elle eut fini, elle se jeta dans mes bras.

-Ca va ?

Autour de nous, les Worgens finissaient d'achever les derniers survivants.

-Heu, oui, mais…

Je sentis quelque chose d'humide contre moi. Je m'écartais et vis avec stupeur qu'une tâche rouge s'élargissait sur les flans de Lorna.

-Lumière !

-Elle était plus forte que je ne le croyais, dit Lorna avec un faible sourire qui masquait mal sa douleur. C'est pas grand…

Elle manqua de s'effondrer et je dus la soutenir.

-Quelqu'un ! VITE !

-Non mais ça va, je…

Sans lui laisser le temps de protester, je la forçais à s'asseoir et entreprit d'arrêter hémorragie. Je crois que je paniquais encore plus qu'elle, sans doute est-ce pour ça que je parvenais pas à refermer la plaie correctement.

-Pourquoi ça ne veut pas s'arrêter de saigner, gémis-je en voyant le sang qui continuait de s'écouler entre mes doigts.

-Poussez-vous ! Ordonna un druide en m'écartant d'un geste brusque.

En une dizaine de secondes il referma la plaie. Je ne servais affreusement à rien.

Le druide aida Lorna à se relever tandis que je filais me terrer dans un coin. J'avais comme qui dirait affreusement les boules. La personne que je considérais comme ma meilleure amie aurait très bien pus mourir et j'aurais été incapable de la sauver. Un peu plus tard Lorna finit par trouver l'endroit où je m'étais planquée et vint s'asseoir à côté de moi.

-Arrête de culpabiliser, ce n'est pas si grave. Je n'étais pas mortellement blessée, me dit elle avec un sourire à en faire fondre le Roi-Liche.

-Et si tu l'avais été ?

Elle soupira, et passa son bras autours de mes épaules.

-Pourquoi es tu si dure envers toi-même ? Personne ne te demande d'être parfaite.

-Ca, c'est sûr que je ne le suis pas.

Elle secoua la tête, visiblement dépitée.

-Un jour Thunia, je trouverai les bons mots pour te faire comprendre à quel point tu es fantastique.

Je m'abstins de lui dire que s'était une cause perdue. Belore, Bolvar et Marike avait tous les trois essayés, sans succès. Il n'y avait que cette dernière qui m'avait apportée un peu d'estime de moi. Mais c'était avant qu'elle ne me trompe avec une Sombrelance. L'amour propre qu'elle m'avait fait gagner avait drastiquement chuté jusqu'à zéro à ce moment là.

L'arrivée inopinée de Crowley dans notre champs de vision mit fin à cette conversation. Lorna s'étrangla.

-Papa !

-Hmm ?

-Tu as vu dans quel état tu es ?

Là où aurait dû se trouver la partie supérieure de son oreille il n'y avait… plus grand-chose. Si ce n'est un tas de chair rougeâtre.

-Mais qu'est-ce-qui c'est passé ?

-Juste un Nécrotraqueurs qui n'appréciait pas l'idée de mourir pour de bon. Rien de bien grave.

-Pardon ? Ça saigne de partout et ça va s'infecter !

Il haussa les épaules, pas franchement inquiet.

-J'ai vu pire. Et puis les guérisseuses ont déjà du boulot, inutile de les interrompre pour quelque chose d'aussi futile.

-Papaaaaa...

Nous nous jetâmes un regard blasé, Lorna et moi. Réponse typique du gros bourrin.

-Tu ne veux pas essayer de le convaincre, me demanda-t-elle un fois que son père se fût éloigné.

-Je ne suis pas sûr qu'il daigne à m'écouter.

Néanmoins, je décidais de tenter ma chance et je me dirigeais à grand pas vers lui.

(ligne )

La tente de Mister Crowley était un capharnaüm, pire qu'une chambre d'ado ! Des cartes, des caisses d'équipements, des livres, encore des cartes, encore des livres... Évidemment, c'était parce qu'il passait plus de temps en mission qu'au chaud dans son lit douillet, mais quand même !

Quant à Rouquinatueur, justement il étudiait une de ces cartes. Il avait l'air préoccupé.

-Je vous signale que vous avez un steak haché en guise d'oreille. Un peu d'aide ça vous tente ?

-Ce n'est...

Avant qu'il n'ait pu finir sa phrase, je posais ma main sur sa tempe, rependant la Lumière. Il grogna, mais me laissa faire.

-Vous voulez pas reprendre votre forme humaine juste une minute ? C'est plus pratique pour moi.

En effet, la peau des Worgens était particulièrement résistante et du coup plus difficile à soigner.

-Comme tu veux, me dit-il d'un ton las.

Aussitôt, les poils laissèrent place à la peau et la fourrure aux cheveux roux.

J'écartais les mèches que le sang gardait collées contre sa tempe et je grimaçais.

Vous vous souvenez quand je disais que son oreille ressemblait à du steak haché ? Laissez tomber, c'est carrément la médaille d'or du concours de terrine gilnéaine. Et maintenant que sa crinière avait disparue, je voyais l'étendue des dégâts. Les ongles du Necrotraqueur avaient également laissé deux marques profondes sur sa joue. Mais rien de bien méchant pour un dur à cuir comme Crowley.

-C'est moche ?

-Naaaaan, ca changera pas de d'habitude !

-Haha ! Il paraît que les femmes aiment les balafrés !

Je profitais de la proximité pour mieux le regarder. Même barré par ces cicatrices rouges et disgracieuses, son visage restait très séduisant. Bon, il était mal rasé, mais ça n'empêchait pas qu'il soit...Et bah… super beau gosse.

Vraiment ?

Pas de commentaire. Perso, j'aime bien les balafrés comme lui…

Un silence s'installa soudainement dans la tente, jusqu'à ce que Crowley se mette à rire.

Quoi ? Qu'est ce qui y a ?

-Thunia, tu as encore pensé tout haut.

-Meeeeeeeeeeerdeuh ! Ho, ça va hein ! marmonnais je à l'intention de Mister Crowley qui gloussait comme une dinde.

-Et moi j'aime bien les blondinettes dans ton genre, répliqua-t-il.

Je rougis. Beaucoup.

J'essayais de lui flanquer un taquet derrière la tête, qu'il évita habillement.

-Grumph. Espèce de…. N'allez pas vous imaginez des choses,

-M'imaginez quoi ? Répondit-il avec l'innocence d'un bébé vipère.

Je lui tirais la langue, ce qui le fît beaucoup rire. Ce qu'il pouvait être puéril quand il s'y mettait celui là…

Pendant ce temps là, Bizkin jouait un romantique air de violon dans mon esprit.
Attendez une minute ? Comme peut-il y avoir un violon dans mon esprit ?

Si tu savais tout ce qu'il peut s'y trouver

Je crois que je préfères ne pas savoir.


Onyx pleurait. A côté d'elle, Élias était amorphe, comme vidé de toute étincelle de vie.

Ils avaient retrouvé son corps.

Sauvagement mutilé, le ventre ouvert et les entrailles éparpillées tout autour en un sanglant assemblage et les yeux révulsés tourné vers eux.

La jeune fille était incapable de se contrôler. Evelyn était son amie, sa sœur d'arme. La mort était le quotidien des soldats, elle le savait. Mais comment l'accepter lorsqu'elle s'abat sur ceux qu'on aime ? Son frère lui dirait que le temps arrange tout, Crowley lui aurait dit qu'il fallait continuer à se battre pour ceux qui étaient tombés et ceux qui leur survivraient. Aucun de ces deux discours ne pouvaient l'apaiser.

Ses sanglots comblaient ceux d'Elias. Il s'agenouilla auprès de sa défunte fiancé et d'un geste tendre, comme si il voulait caresser son visage, il referma ses paupières.

-Il faut la ramener, on ne peut pas laisser son corps ici, dit Onyx.

-Part devant, murmura Élias sans se retourner. Je vais la ramener.

-Mais, Eli'…

-Va, laisse moi pleurer seul la femme que j'aimais.

La jeune fille se résigna et après un dernier regard plein de chagrin au corps, elle disparue à travers les fourrés.


-Et donc pourquoi tu n'y es pas retourné?

-...mmmh...compliqué…

-C'est à dire ?

Cela faisait trois quarts d'heure que Crowley me cuisinait. Et visiblement le fait que je ne réponde que par des monosyllabes ou presque ne semblait pas le décourager. Cela avait commencé par une simple question de routine, du genre « Et sinon, c'est bien Lune-D'argent ? », sur le ton de la plus cordiale des conversations, et puis maintenant, il cherchait clairement à m'extorquer des informations. Ce qui était passablement gênant. Pas que j'eusse grand-chose à cacher, loin de là, juste que je ne tenais pas à lui faire part de ma formidable histoire familiale. Ni de mes relations sociales aussi peu nombreuses que les adhérents au fan-club de Laurie. Et encore moins de la tragédie grecque qui me faisait office de vie sentimentale. À chaque réponse un peu vague, son cerveau enregistrait méticuleusement mes moindres mots et les assemblait au fur et à mesure. Je le lisais dans son regard. Vous ais je dis à quel point ses yeux étaient…

...humm ?

… Tout à fait ordinaires. Pas du tout séduisants, captivants ou envoûtants. Pas du tout.

-Disons qu'il n'y avait plus rien pour moi là-bas.

-Famille ?

-Nope. Tous à Dalaran. Et plus ils sont loin de moi, mieux je me porte.

-Maltraitance ?

-Nope.

-Mariage forcé.

-Ils n'affligeraient jamais ça à quinconce, pas même à leur pire ennemi.

-Héritage ?

- Nope. Ils m'ont déjà tout piqué après l'accident de ma mère...

Je me rendis compte trop tard que j'avais laissé passer une information cruciale. Zut.

-...et je ne veux pas en parler, continuais je avant qu'il n'ait eu le temps de m'interroger à propos de Min'da

Il laissa tomber le sujet, mais contre-attaqua aussitôt avec un autre, tout aussi enquiquinant.

-Ton père ?

-Mort.

-Navré.

-Inutile de l'être.

Il haussa un sourcil.

-Relations conflictuelles ?

-Absence de relation serait plus juste. Il connaissait mieux notre laveur de vitres qu'il ne me connaissait moi.

Il prit la théière et me proposa galamment du thé. J'acceptais, tout en remarquant du coin de l'oeil que Grand-Maman Whal m'encourageait en me faisant des signes de la main. Qu'est-ce qu'elle croyait ? Que l'on était en plein rendez-vous galant ?

C'est l'impression que vous donnez en tout cas. Je te le garantis.

On ne doit pas avoir la même notion du rendez-vous galant. Moi j'appelle ça un interrogatoire.

Profitant de ce que de ma distraction, le Worgen continua sur sa lancée :

-Il t'ignorait juste ?

-J'vous en pose des questions ? Grognais je.

Puis une idée géniale me traversa l'esprit :

-Je vous propose un deal! À chaque question que vous me posez, je vous en pose une ! Cela vous va ?

Il réfléchit, et acquiesça, avec un air un peu méfiant.

-Je commence, dis je avec un grand sourire. Voyons… Et vous ? Quels genres de relations entretenez-vous avec votre paternel ?

-C'était quelqu'un de bien, me répondit il.

J'eus peur d'avoir gaffé, mais son visage n'affichait aucune expression particulière.

-Trop effacé, trop discret. J'ai passé de bons moments avec lui. Mais c'était un père désastreux. Il ne savait pas s'imposer face à ma mère.

-Votre mère ?

Une ombre passa sur le visage de Crowley. Sujet sensible.

-C'est à mon tour de poser une question, répliqua-t-il.

Visiblement, ses relations familiales n'étaient pas au beau fixe. À noter.

Il prit son temps pour choisir sa question, me scrutant avec attention.

-Un fiancé ?

-...Je vous demande pardon ?

-Tu as quitté Lune-D'argent et tu n'as toujours pas essayé d'y retourner. A ce propos, je dois t'avouer que tu es là une prisonnière de guerre idéale : aucune tentative d'évasion ou quoique ce soit d'inconsidérés. Mais j'ai du mal à croire que tu n'aies rien nous laissé derrière toi. Alors ?

-Pas de fiancé non. Elle était comment votre mère ?

Il grogna et rentra légèrement la tête dans ses épaules. Je ne pus m'empêcher de ricaner. Poser des questions indiscrètes aux autres n'était pas un problème, mais quand il s'agissait de lui, il était beaucoup moins enthousiaste.

Sa réponse me surpris.

-Une affreuse harpie.

-… À ce point ?

Il hocha la tête.

-Et encore je suis poli. Elle doit être la définition exacte de la pire mère du monde. Heureusement que Lorna n'a pas eu à la supporter comme grand-mère.

-Qu'est-ce-qu'elle vous à fait ?

Tu disais quoi à propos des questions indiscrètes ?

-Ça fait deux questions.

-Plutôt du genre violente, castratrice ou distante ? Complexe de Médée peut-être ?

-Ni l'un ni l'autre, juste une insupportable mégère. Comment était ton enfance ?

-Vous aimez appuyer là où ça fait mal… Mon enfance, tout comme mon adolescence (je me retins de rajouter : «ainsi que le reste de ma vie) furent une succession de déceptions, d'humiliations et de défaites.

Je réfléchis à une question pertinente. Quelque chose qui permettrait de cerner un peu mieux ce singulier personnage qu'était Crowley. Il y avait bien un sujet que je voulais aborder, mais j'avais peur de sa ré décidais de me lancer :

-Vous pouvez me parler d'Ariel ?

Je m'attendais à de la colère ou du chagrin, mais il était plus surpris qu'autre chose.

-Pourquoi ?

-Je… Je sais pas, juste comme ça. Lorna ne veut pas trop m'en parler, Whal non plus, donc…

-C'était une femme merveilleuse. Belle et intelligente. Aussi bornée que moi, mais un tantinet plus sociable.

-Je peux vous demander comment…

Son regard était perdu dans le vague. Rien n'indiquait sur son visage s'il m'écoutait, pourtant il me répondit :

-Elle avait une santé extrêmement fragile. La grossesse de notre deuxième enfant c'est… mal passée. Ils sont morts tous les deux.

-Je l'ignorais, murmurais je, pas très à l'aise. Je n'aurais pas dû aborder le sujet, excusez-moi.

-Si je n'avais pas voulu te répondre, je ne l'aurais pas fait, me dit il avec un sourire. Ça fait longtemps. Je m'en suis remis.

-Whal m'a dit que vous aviez enchaîné les conquêtes, et que vous n'aviez jamais réussi à trouver chaussure à votre pied.

-Whal exagère. Rester tourné dans le passé, ce n'est pas mon genre. J'attends juste de trouver quelqu'un, et malgré ce que tu as pus insinuer je préfère définitivement la gente féminine, qui puisse me supporter.

-Moi je vous trouve tout à fait fréquentable.

Je me pris soudain à envier Ariel. Pas d'être morte hein, non non. Mais d'avoir eu pour époux un homme comme Crowley.

-Vous avez un caractère de cochon et votre sens du sarcasme donnerait des envies de meurtre à Ysera en personne, mais… mais malgré tout vous êtes quelqu'un de bien. On vous a traité de criminel, de traître et on vous a séparé de votre famille, mais vous n'avez jamais cessé de vous battre pour votre pays. Vous tenez vos engagements et l'on peut compter sur vous. Vos défauts ne pèsent pas lourd devant ces qualités.

-C'est drôle, c'est plus ou moins ce que je pense de toi.

Nous échangeâmes un regard.

Le fait que mon rythme cardiaque se soit brutalement accéléré n'avait aucun rapport. Pas plus que mes joues empourprées et cette étrange sensation qu'une quinzaine de papillons virevoltaient dans mon ventre, découpant et remuant tout ce qu'il y avait à l'intérieur.

Je devais faire une crise de foie. C'était forcement ça.

-Humm, Whal, vous avez besoin d'aide ? appelais-je, désireuse de m'en aller avant que le roux de la mort ne s'aperçoive de mon trouble.

-Non, non, tout va b…. Élias, par la Lumière !

La vieille dame et Crowley, en bons Worgens qu'ils étaient, l'avaient senti arriver bien avant moi. Ils avaient senti l'odeur du sang, de la chair brûlée et de la mort. Moi en revanche, il me fallut attendre qu'il entre dans la tente au bout de quelques secondes pour constater l'étendue des dégâts. D'un seul mouvement Crowley et moi nous levâmes.

Plus que la fourrure calcinée autour de ses poignets ou les parcelles de son corps où la chair était à vif, c'était son regard qui m'horrifiait. Un regard sombre, abyssal, chargé de haine.

Dirigé vers moi.

Je sus ce qui allait se passer avant même qu'il n'amorce un pas vers moi. Et, en simple Elfe aux réflexes diminués, j'eus à peine le temps de cligner les yeux qu'il était sur moi. Même Bizkin n'eut le temps de ne rien faire.

Le temps semblait figé. Toutes griffes dehors, ses crocs prêts à m'arracher la jugulaire.

Il m'aurait tué si Crowley, mue par un réflexe implacable, n'avait pas repris sa forme Worgen et n'était pas intervenu.

Trop vite pour que je comprenne ce qui m'arrivait, il m'empoigna l'épaule et me projeta sur le côté. Je heurtais violemment le sol, mais cela valait mieux que de finir déchiqueté. Il se jeta sur mon agresseur qui ne semblait pas vouloir se calmer. Sans aucune hésitation, il le saisit par le cou et le mis à terre. Bien que Crowley fasse deux têtes de plus que lui, il avait du mal à le maîtriser tant, il se débattait.

-SALE TRAITESSE ! Hurla l'homme-loup à mon intention.

-Il suffit ELIAS ! Tonna Crowley.

Whal frémit, et même moi qui n'étais pas Worgen, je fus parcouru d'un frisson. Pas pour rien qu'il était chef de meute le père Crowley. Sa voix vibrait de cette force qui n'appartenait qu'aux alpha, les leaders des Worgen. Cette force qui aurait collé les biquettes à n'importe quel toutou, même aussi enragés que l'était Élias. Celui ci se calma un peu, mais continuait de me fixer avec une fureur sanguinaire.

Onyx, qui avait probablement accouru en entendant les hurlements, débarqua avec un autre Worgen que je ne connaissais pas. Ils se saisirent d'Élias, qui ne se débattait presque plus, mais continuait de gronder.

-Cela va ? Me demanda Crowley sans quitter Élias des yeux, près à intervenir s'il récidivait sa tentative de meurtre.

-Outre votre manque flagrant de délicatesse…Merci de m'avoir sauvé la vie.

Je faisais ma maligne, mais je vous garantis que j'étais pâle comme un linge et que je tremblais de tous mes membres.

-Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda fort à propos Onyx.

-Tu es des leurs ! Tu nous as trahis!

-Quoi ? Mais Élias enfin…

Il se dégagea de son étreinte et esquissa un mouvement vers moi. Crowley se plaça entre nous, ce qui arrêta net le Worgen,

-Tu vas m'expliquer ce qui s'est passé. Maintenant.

Elias courba la nuque, mais continuait de fixer son chef droit dans les yeux.

-Evelyn est morte.

Le visage de la jeune Worgen qui avait accompagné Crowley au monastère de la Lumière me revint. Je n'avais jamais vraiment discuté avec elle, mais cela me fit un peu de peine. Elle m'avait l'air sympathique, calme et volontaire.

-C'est elle, c'est cette traîtresse qui l'a tué !

-Quoi ?

-Le démoniste a parlé de toi !

Le démoniste.

Belore.

Malgré moi, je pris un air horrifié, ce qui conforta Élias dans sa théorie.

-Je l'ai entendu dire aux Réprouvés: « Je tuerais tous les Worgens qui croiseront mon chemin, jusqu'à atteindre Crowley. Pour Thunia. » !

Oh merde. C'est à peu près tout ce que je trouve à dire.

Belore qu'est-ce que tu as fait?

-Ce n'est pas du tout ce que vous croyez ! m'exclamais je en me tournant vers Crowley.

Je savais que je paraissais bien trop affolée pour faire croire que je n'avais rien à me reprocher.

J'allais lui sortir une ribambelle de mensonges et d'excuses improvisées, mais lorsque je fus face à lui, rien ne me vint.

-Je suis tout ouïe, dit il, en m'adressant un regard inquisiteur.

Tous les occupants de la pièce m'observaient et je me sentis très très mal.

-Le démoniste, tu le connais ?

Les yeux rivés au sol, j'attendais une solution miracle. Une idée Bizkin ?

Lui dire la vérité.

Je ne t'ai pas demandé la meilleure façon de me faire tuer, mais comment me sortir de là.

Si tu lui ment, il le saura.

Et donc je lui dis quoi ? Désolé Crowley, je savais depuis le début qui était le Démoniste massacrant vos troupes à tour de bras, mais j'ai préféré ne rien dire ?

-Donc ? Grogna Crowley en interrompant le fil de mes pensées.

Je levais les yeux vers, essayant d'y faire passer toute ma sincérité.

-Peu importe qui il est. Je ne vous ai jamais trahis.

Avant qu'il n'ait pu répondre, Lorna débarqua dans la pièce.

-On m'a dit qu'on t'avait attaqué, s'écria-t-elle en m'inspectant de la tête au pieds, l'air complètement affolé.

-Je n'ai rien, c'est juste que…

-Que nous allons avoir une petite discussion, dit Crowley d'un ton on ne peut plus autoritaire. A propos d'un certain démoniste.

Lorna et moi nous regardâmes.

Nous allions avoir de gros ennuis.


Belore n'aimait pas du tout le réprouvé qui l'accompagnait. Narquoi et cynique, le prenant pour un simple débutant. Si le zombi finissait sa non-vie en petits morceaux, il ne faudra pas s'étonner. Tandis que le Necrotraqueur affûtait ses dagues, il serrait entre ses doigts la mèche blonde de Thunia, dernier lien qui lui restait avec elle. Il la serra si fort que les jointures de ses doigts devinrent blanches.

-Bientôt Thunia, bientôt…

Oh ! savait que vivante, Thunia l'aurait traitée de crétin fini et aurait tenté de le détourner du chemin de la vengeance. Mais Thunia était morte. Et bientôt Belore aussi. Car une fois Crowley mort, il n'y aurait plus rien pour lui en ce bas monde. Il rejoindrait Thunia.

« Je te dirais combien je suis désolé et à quel point je t'aimais » se promit il. « Tu me dirais que je suis un idiot, un lâche, mais peu importe. Parce que je serai à tes côtés. Et c'est tout ce qui compte, Thunia. »

Le voleur qui l'accompagnait releva soudain la tête, captant un message de sa reine.

-Dame Sylvanas veut s'entretenir avec vous. Ouvrez un portail magique.

Belore s'exécuta. Lorsque la silhouette de la Banshee derrière le portail, il mit un genou à terre et s'inclina.

-Madame.

-Tout est prêt pour l'offensive ?

En se relevant, l'elfe de sangs vit Anya, postée derrière Sylvanas. Elle lui jetait un regard plein de tristesse. Anya n'avait pas réussi à le convaincre. Elle savait qu'elle perdrait bientôt un valeureux compatriote.

Encore.

Il reporta son attention sur Sylvanas.

-Oui. Je n'attends que vos ordres.

-Vous n'aurez pas beaucoup de temps pour agir.

-Qu'importe. Rien ne saurait m'arrêter.

Les lèvres de la revenantes se tordirent en un sourire torve.

-Apportez-moi la tête de Darius Crowley.

-Avec plaisir, ma Dame.