Note de l'auteur : Comme certaines personnes me l'ont demandé, j'ai décidé de faire un bref chapitre sur le POV de Natsuki. Bien évidemment, il y aura une suite revenant sur Shizuru. Une suite un peu plus longue que ce chapitre je vous rassure. Pour ce qui est de LYCANS, je posterais dès demain un autre chapitre ou même deux. Histoire de rattraper mon retard ^^. Je vous remercie pour vos commentaires ainsi que votre lecture et vous souhaite une Joyeuse Pâques ^^. Lasolitaire.
Consumée
Je ne sais pas pourquoi mais le Carnaval avait remis en cause tout ce que je croyais être juste. Ce que je croyais être vrai. Et parmi cela, ton amitié a été la chose la plus difficile à remettre en cause. Je pensais pouvoir avoir confiance en toi. Je pensais que tu m'avais parlé uniquement pour me sortir de ma solitude. Uniquement pour être mon amie. Mais ce n'était pas la véritable raison. Depuis le début, tu étais amoureuse de moi. Depuis le début, tu étais esclave de mes moindres désirs. Ce n'était que des paroles en l'air pour moi. Le fait que je te dise "ça serait cool que tu sois présidente du conseil" est l'exemple le plus probant. Je l'avais dit sans arrière pensée. Juste parce que tu avais ce charisme et cet aura qui apaisaient tout le monde. Qui plaisait à tout le monde. Mais ce n'est pas ce qui m'a fait me prendre d'amitié pour toi. C'était ta solitude. Ta tristesse. Malgré ce masque, je savais que tu étais seule. Tu n'étais pas comme les personnes de ton rang. Tu étais douce, intelligente et surtout ouverte aux autres. Prête à perdre du temps pour les écouter. Perdre du temps à m'écouter. Mais cette nuit-là ... Je t'ai senti contre moi. Je t'ai senti me caresser. Et je me suis dite que tu avais fait plus. Mais mon corps était trop épuisé pour me retranscrire la vérité. Alors je l'ai imaginé. Yukino n'a fait que mettre plus de doute dans mon esprit. Et j'ai fini par croire que tu m'avais abusé. Que tu m'avais violé. Ce qui m'a rendu amère. Triste aussi. Tu es devenue une personne qui ne ressemblait en rien à la Shizuru que j'appréciais. Concentrée sur ses désirs. Concentrée sur moi. Possédée. Non consumée. Et je voulais que cela cesse. Alors je t'ai donnée ce que tu voulais. Enfin ce que je pouvais te donner. Un baiser. Mais après cela, j'avais besoin que tu comprennes que je connaissais ton abus sur ma personne. Et que je ne l'acceptais pas. Takeda a été alors une bonne excuse. La seule excuse. Il m'aimait mais ce n'était pas de l'obsession. Juste de l'amour. Alors je me suis tournée vers lui. Pour que toi-même tu te tournes vers une autre personne. Que tu connaisses enfin le bonheur. Et je croyais que tu l'avais trouvé. Trois ans sans nouvelle. Trois ans à me sentir encore plus seule que dans mes plus jeunes années. Trois ans où tu m'a manqué. La vérité c'est que j'aurais aimé une autre fin. Une fin où tu comprennes tes erreurs. Une fin où j'assume mon homosexualité. Une fin où tu sois mienne. Mais tu m'a appris que tu allais te marier. Avec une femme que tu n'aimais pas. Mais tu as raison, je t'ai faite assez souffrir. Je n'ai pas le droit de te dire que je t'aime. De te retenir. Même si au fond, tu es la seule personne avec qui je me sentais bien. Alors je suis partie. Parce que tu me l'as demandé. J'ai alors fait ce que je pouvais faire. Etudier. T'oublier.
Devenir un médecin urgentiste n'était pas ce que je voulais. Mais j'avais apparemment le calme, le recul, le manque de compassion et surtout la froideur pour réaliser ce métier. Voilà pourquoi je suis dans cet hôpital de Kyoto en train de vérifier une jeune fille de sept ans. Ce qui m'a donné l'envie de prendre cette patiente en charge est qu'elle porte ton nom. J'ai alors eu espoir de te voir. Peut-être même de te parler. Mais lorsque je t'ai vu à l'accueil, j'ai juste fait demi-tour et donné le dossier à mon supérieur. Malgré que mon dernier souvenir de toi date d'une dizaine d'année, tu es toujours aussi belle. Toujours aussi triste. Je me suis alors réfugiée dans la salle de pause. Jusqu'à ce que mon responsable me demande d'aller parler à la famille de la patiente, salle 312. Natsuki Fujino-Okada. La deuxième partie du nom me laisse un goût amer dans la bouche. Tu t'étais donc mariée. Tu avais donc épousé cette femme de dix ans ton aînée. Non pas par amour mais parce que tu voulais avancer. Avancer sans moi. Alors pourquoi avoir baptisé ta fille comme moi Shizuru? La question tournait en boucle dans mon esprit depuis plusieurs heures. Depuis que je m'occupe de ce cas. De ta fille. Je ne sais pas si je peux te faire face. Après tout, tu m'as demandé de partir et de te laisser. De t'oublier. Mais la vérité c'est qu'au moment même où tu as tourné la page, moi j'ai commencé à comprendre. A ressentir. Et surtout à t'aimer. A te désirer dans mes nuits de solitude. Mais il était trop tard.
Devant la porte, je te vois embrasser le front de ta fille tout en lui caressant ses cheveux. Tu as toujours cette façon d'être. Ta douceur. Tu semble être une bonne mère. Une mère aimante. J'ai alors dis la seule chose que je pouvais tout en refermant la porte.
- La morphine ne fera bientôt plus effet. Elle va se réveiller d'ici une voir deux heures.
Je vis la surprise dans tes yeux. Tu me regarde un bref instant mais reporte vite ton regard vers ta fille. Je voulais te voir, te sentir contre moi. Mais rien. Je n'avais plus ce traitement. J'avais tout fichu en l'air. Je devais faire mon travail et passer à autre chose. Je fit alors ce que mon supérieur m'avait demandé. Mon boulot.
- Votre fille est tombée du première étage. Nous avons agis pour traiter le saignement au niveau de sa tête. Les scans ne montrent aucunes séquelles au niveau de ses fonctions motrices ou mentales. Il lui faut juste un peu de repos ainsi que tu calmes. Nous la gardons jusqu'à demain soir puis vous pourrez rentrer chez vous. Auprès de votre femme et poursuivre votre merveilleuse vie.
La dernière partie m'échappa se qui se solda par une gifle. Je ne comprenais pas pourquoi elle avait réagit comme cela. J'allais répliquer mais elle se contenta de murmurer.
- Vas-t-en.
Je ne voulais pas m'en aller. Je me suis alors rapproché de toi. J'ai essayé de poser une main sur ton épaule mais tu te releva brusquement. J'ai alors dit la seule chose que je pouvais.
- Je suis désolée Shizuru.
Les mots étaient comme des poignards mais je les encaissais. Je les méritais après tout. Tu avais le droit d'être en colère. De me détester.
- Tu m'as détruite. Et maintenant tu crois que t'excuser suffira. Tu n'es plus rien pour moi. La seule chose qui me reste et qui m'importe se trouve alitée sur ce lit alors je t'interdis de me parler ou même de me toucher.
Je m'avançais alors vers elle mais portais mon regard vers sa fille. Je vérifiais les bandages ainsi que le moniteur puis me dirigeais vers l'extérieur de la chambre. Non sans un dernier murmure.
- Les visites vont bientôt être finies. Si tu ne veux pas me recroiser, restes loin de la chambre entre 8h30 et 10h00. Ta fille se remettra, tu n'as pas à t'inquiéter Shizuru. Enfin Madame Fujino-Okada.
Dans le couloir, je vis mon supérieur et lui dis tout en lui tendant le dossier.
- J'ai informé l'une des deux mères de l'enfant.
Mon patron hocha la tête et vérifia mes notes puis murmura une chose me laissant sous le choc.
- Tu ne verras qu'elle. L'autre parent est décédée.
- Vous en êtes sûr?
Je regrettais ma question avant même d'avoir la réponse. Il me répondit pour autant.
- J'ai moi-même essayé de la sauver il y a deux ans. Une femme bien, morte trop jeune.
Je comprenais alors la réaction de Shizuru. Je voulais aller m'excuser mais à quoi bon. Elle m'avait déjà signalé son envie. Je ne devais pas me montrer aussi égoïste et égocentrique. Comme elle pensait que je l'étais.
