Bonjour
Tout d'abord merci pour les reviews, ça fait toujours plaisir. En effet AJ n'y va pas de main morte. Ce chapitre est un peu plus court.
Néanmoins c'ets un moment clé et un tournant dans l'histoire qui s'annonce. Vous aurez la suite vendredi. Bonne soirée
Enya se trouvait toujours dans le placard, ses sœurs venaient de sortir de la pièce et elle attendait un peu pour être sûre de ne pas être vue. Au bout de quelques minutes, elle se décida enfin à sortir. Discrètement elle regagna sa chambre, là elle prit rapidement quelques affaires et son sac à dos dans lequel elle mit Akira et une couverture. Puis elle ouvrit doucement sa fenêtre et passa de l'autre côté afin de se retrouver sur le toit. Elle marcha le long de ce dernier jusqu'à atteindre la pergola et y descendre tranquillement.
Là elle gagna la rue d'un pas rapide et elle se retourna une dernière fois après avoir atteint une bonne distance. D'où elle était, elle put apercevoir sa mère passer devant la fenêtre du salon, surement qu'elle allait resservir ses invités avant de regagner ses fourneaux. Une larme vint alors glisser le long de sa joue. Pourquoi les jours heureux qu'elles avaient partagés toutes les deux étaient-ils si loin ? Pourquoi ce jour-là leurs vies avaient-elles brusquement basculé dans une autre direction ? Elle repensa alors à ce jour où sa mère et elles étaient allées à l'animalerie et avaient vu ce chaton blanc tout aussi fragile qu'elle, tout de suite elle avait eu un coup de cœur pour ce petit être qui comme elle n'avait plus ses parents. Elle avait appelé sa chatte Akira, qui signifiait l'intelligence en japonais. Aujourd'hui elle était sa seule amie, et la seule trace de ce passé heureux.
Elle reprit ses esprits et s'éloigna peu à peu de sa maison, de son quartier et bientôt de la ville. Elle savait exactement vers où elle se dirigeait, elle avait besoin d'y retourner, de comprendre… de pardonner.
Elle arriva devant un chemin en terre qui grimpait doucement vers l'usine désaffectée. Elle le prit et au bout de quelques mètres elle se retourna pour regarder ce qu'on voyait de cet endroit qui avait été pour elle l'enfer. En fait juste en bas de l'autre côté de la grande route se trouvait l'entrée de la base, elle s'était souvent demandée comment sa mère avait réussi à regagner le JAG, maintenant elle comprenait qu'elle avait lutté avec le peu de force qui lui restait pour les mener toutes deux vers la vie.
Elle se retourna et reprit son ascension, elle arriva enfin devant ce lieu qui était resté si flou, si sinistre à ses yeux. En fait c'était une vieille usine en ruine, rien de plus banal, elle entra dans le bâtiment et là les images lui revinrent très nettement, elle savait exactement quel chemin prendre. Malgré le temps, l'endroit n'avait pas beaucoup changé, un peu plus délabré, un peu plus sale, mais toujours le même nid à courant d'air. Elle s'arrêta à l'entrée de la pièce qui avait changé à jamais sa vie, le vieux matelas ne s'y trouvait plus, surement que la police l'avait enlevé lors de l'enquête. Par contre l'odeur du sang et de la mort hantait toujours ces murs. Elle ferma les yeux et tout lui revint, la méchanceté de cet homme, ce qu'il l'avait obligé à faire, ce qu'il lui avait fait, mais surtout le regard de haine de sa mère, cette soif de vengeance et de mort, ce regard qui l'avait fait trembler de tout son corps, de tout son être. Depuis ce jour sa mère était une étrangère, froidement elle avait ôté la vie à cet être ignoble, sans aucun regret, aucune compassion. Il l'avait mérité, certes, mais ce jour-là quelque chose s'était brisé dans le regard si doux de sa maman, quelque chose qu'elle n'avait pas retrouvé. Tout comme ce jour-là elle s'assit dans le coin de la pièce et se recroquevilla sur elle-même. C'était de sa faute si sa mère avait changé, si elle avait dû faire ça, prendre la vie d'un autre être vivant, elle qui était si douce avant, qui la prenait souvent dans ses bras, qui passait du temps avec elle. Maintenant c'était avec Harm qu'elle passait du temps, c'est lui qui portait son chagrin sur ses épaules.
Tout en pensant à cela, elle finit par s'endormir sur la couverture qu'elle avait emportée avec elle. Elle avait enfin retrouvé la mémoire sur les événements de ce jour-là, et elle savait que maintenant elle devait sauver sa mère comme elle l'avait fait à ce moment-là. Mais pour cela elles devraient se retrouver que toutes les deux.
Pendant ce temps chez les Rabb
Mac en avait enfin fini avec ses fourneaux et elle rejoignit ses amis dans le salon. Lorsqu'elle entra dans la pièce la joie et la bonne humeur régnaient, Bud avait encore réussi à faire rire tout le monde sans le vouloir. En effet, il s'était levé pour prendre une photo de tout le monde et tout en étant absorbé par ce qu'il faisait, il avait reculé jusqu'à heurter le sapin et tomber les quatre fers en l'air dans la crèche.
Ils restèrent ainsi à discuter au salon pendant plus de deux heures puis se décidèrent à passer à table. Tout le monde prit place autour de la magnifique table dressée par Mac, elle était parée d'une nappe rouge avec des reflets dorés par endroit. Le service restait dans les mêmes tons et de magnifiques compositions de Noël égayaient la table. Une fois installés, selon la tradition, ils allaient commencer la prière de Noël. C'est à ce moment-là que Mac réalisa qu'une chaise était restée vide. Elle se leva sans rien dire et prit la direction de l'étage. Elle monta les escaliers quelque peu énervée par le fait qu'Enya avait une fois de plus fait sa sourde oreille lorsqu'on avait appelé tout le monde pour passer à table. Elle pénétra dans la chambre de la petite fille et ne la voyant pas elle l'appela.
_Enya, montre-toi, je commence vraiment à en avoir plus qu'assez de ce petit jeu. On a des invités en bas qui t'attendent pour commencer le dîner. En…
Mac s'arrêta en plein milieu de sa phrase en découvrant avec stupeur que la fenêtre de la chambre était ouverte. Elle y regarda de plus près et s'aperçu que certaines choses manquaient dans la chambre, un cahier était resté ouvert sur le bureau.
Il y a quatre ans, j'ai perdu ma maman.
Un voile s'est déposé sur ses yeux et à obscurci son regard.
Depuis je suis comme un fantôme qui ère et qu'on ne voit pas.
Lorsque ma maman rentrera à la maison, je rentrerais aussi…
Et rien de plus, une fois encore elle n'avait pas vu, sa petite fille était partie, elle était là quelque part, dehors, toute seule.
Mac sorti de sa torpeur et descendit les escaliers quatre à quatre, manquant de se casser le cou à plusieurs reprises. Les autres, entendant ce vacarme, s'étaient regroupés dans le hall pour savoir ce qui se passait. Mac déboula devant eux, se saisi de son manteau et s'apprêta à sortir.
_ Une minute chérie, que se passe-t-il ?
Là, les larmes jaillirent et Mac s'effondra dans les bras de son mari.
_ Je dois aller la chercher, c'est à moi de la ramener.
_ Sarah, de quoi parles-tu ?
_ Enya est partie.
_ Partie ? Comment ça partie ?
_ Elle a pris des affaires, a écrit ce mot et s'est enfuit par la fenêtre de sa chambre.
_ Oh mon dieu ! Mais que s'est-il passé ?
_ Tenez Harriet, vous n'avez qu'à lire.
_ Il y a quatre ans, j'ai perdu ma maman. Un voile s'est déposé sur ses yeux et à obscurci son regard. Depuis je suis comme un fantôme qui ère et qu'on ne voit pas. Lorsque ma maman rentrera à la maison, je rentrerais aussi…
_ Tout est de ma faute, je ne me suis pas assez occupé d'elle, je…
_ Non chérie, Enya a vécu des choses très dures et il fallait qu'un jour ça sorte.
_ Mais tu ne comprends rien, elle ne parle pas de ça dans ces quelques lignes, elle m'accuse de l'avoir abandonnée.
Puis Sarah se détacha de son mari, ouvrit la porte et partit en courant dans la nuit.
