Bonsoir,

Une annonce est faite, des réactions qui vont avec...

Bonne lecture


Maison des Rabb

8H00

Sarah était devant sa maison, tenant sa fille par la main. Elle ne savait pas encore comment annoncer son départ à son mari. Elles étaient passées à l'aéroport avant de rentrer et avaient réservé deux places sur le vol de midi. La maison avait l'air calme, aucun bruit ne parvenait jusqu'à elle. Elle approcha de la porte d'entrée, l'ouvrit tout doucement et pénétra dans la maison. Bud et Harriet avaient fini par s'endormir sur le canapé. Mac monta l'escalier sur la pointe des pieds après avoir pris le soin de retirer ses chaussures. Elle se dirigea vers sa chambre, la porte était entr'ouverte et elle vit que Harm dormait encore à poings fermés. Elle s'approcha du lit, et vint s'allonger près de lui. Elle passa ses bras autour de sa taille et déposa un baiser dans son cou.

Pendant ce temps Enya avait aussi regagné sa chambre et commençait à préparer ses affaires. Sa mère lui avait dit de prendre ce qui lui était nécessaire selon elle pour qu'elle se sente bien. Elle ne savait pas trop quoi mettre dans ce grand sac vide qu'elle venait de poser sur son lit. Alors elle commença par y mettre quelques vêtements, puis elle prit le chien en peluche qui se trouvait sur son oreiller, devait-elle le prendre, elle ne savait plus. AJ lui avait offert ce chien il y a quelques années, sa mère lui avait raconté que c'est elle qui avait acheté cette peluche à la naissance d'AJ, et que c'était un cadeau très précieux, qu'il fallait en prendre soin. Elle prit la peluche dans ses bras et s'assit sur son lit. Là elle vit Akira, en train de faire sa toilette sur le tapis qui se trouvait au pied de son lit. Mais qu'allait-elle devenir ? Elle ne pouvait pas l'emmener dans l'avion.

Mac de son côté était toujours blottie contre Harm, celui-ci commençait à s'éveiller sous les tendres baisers infligés par sa femme.

_ Bonjour pilote !

_ Sarah ! Mon dieu tu es revenue ! Enya ?

_ Elle est ici, dans sa chambre.

_ Sarah j'étais si inquiet !

_ Je sais, je m'excuse, je n'aurais pas dû partir comme ça, je…

_ Chut ! L'important c'est que tu l'aies retrouvée et que toutes les deux vous alliez bien.

_ Oui, mais « bien » est un grand mot.

_ Sarah ? Qu'y-a-t-il ? Tu me caches quelque chose.

_ Je vais partir quelque temps.

_ Pardon ?

_ J'ai besoin de me retrouver avec ma fille.

_ Notre fille ! Sarah tu n'es pas sérieuse ?

_ Notre avion décolle à midi.

_ Quoi ? Mais pourquoi ? Tu vas où ?

_ Harm, ne rends pas les choses plus difficiles, s'il te plait.

_ Tu te fous de moi ? Tu me dis que tu pars, et il faudrait que je dise « amen » ?

_ Harm je t'…

_ Non, ne le dis pas ! Ne fais pas ça !

_ Harm, Enya a besoin de moi, elle a besoin de changer d'air, elle…

_ Alors partons tous les trois ! Je l'aime comme si elle était ma chair et mon sang.

_ Harm, elle ne veut pas de toi.

_ …

_ Pour le moment c'est la seule solution que j'ai trouvé, j'ai demandé un congé de six mois, pour l'aider et lui faire changer d'avis, je t'aime et je ferais tout pour ….

_ Pour me garder ? Attends, une gamine te dit c'est lui ou moi et tu dis « amen » ? Sarah, ce n'est pas en cédant à son chantage que tu vas l'aider. Et tu l'emmène où ?

_ Je ne te le dirais pas, je ne veux pas te voir débarquer et manquer de tout gâcher.

_ Alors ça s'arrête là, tu tires un trait ?

_ Non, je gagne du temps….

_ …

_ Je t'aime, mais c'est ma petite fille, et elle souffre, elle a besoin de moi, et en tant que mère c'est mon devoir de tout faire pour qu'elle se sente mieux, et si pour cela je dois sacrifier la seule autre personne qui ait vraiment comptée dans ma vie et à qui je tiens plus que tout au monde…, je le ferais.

_ Sarah, si dans six mois tu n'es pas là, …c'est fini !

_ Harm, ne me fais pas ça, j'…

_ Non, tu n'as pas besoin de moi ! Vas, vas prendre ton avion ! Après tout j'ai déjà eu pire comme Noël !

Harm était sorti de la chambre, et avait quitté la maison pour aller s'aérer sur la plage. Mac quant à elle, se trouvait assise sur son lit le visage ravagé par les larmes, elle savait qu'elle venait de faire le seul choix possible, mais ce choix était cruel, tant pour Harm que pour elle. Elle espérait pouvoir rentrer à la maison dans moins de six mois, mais elle ne pouvait le garantir à Harm. C'est difficilement qu'elle fit sa valise et rejoignit sa fille dans sa chambre. Enya avait terminé son sac et serrait son chat très fort contre elle.

_ Enya ! Il est temps de partir ma puce.

_ Maman que va-t-elle devenir ?

_ Harm prendra soin d'elle, ne t'inquiète pas.

_ Elle va me manquer.

_ Je sais mon ange. Tu viens.

Sarah descendit les escaliers portant les bagages, Enya la suivant de près. Arrivées dans le salon, elles se trouvèrent devant Bud et Harriet, qui avaient été réveillés par la porte lorsque Harm avait quitté la maison.

_ Que se passe-t-il ? Oh mon dieu, tu l'as retrouvée !

_ Vous allez quelque part ?

_ Oui Bud, Enya et moi partons quelque temps, j'ai vu avec le secrétaire d'Etat, tu prends les commandes pendant mon absence.

_ Vous partez, toutes les deux ? Et Harm ?

_ Il reste ici.

_ Tu as perdu la tête ?

_ Bud, tu peux surveillez Enya, Harriet allons parler dans la cuisine.

Harriet suivit Mac dans la cuisine, bien décidée à lui remettre la tête sur les épaules.

_ Que se passe-t-il ?

_ Enya a besoin de moi.

_ Et ça inclus de laisser ton mari ici ? Tout seul ?

_ Elle ne veut pas de lui, je pars six mois en espérant la faire changer d'avis, mais elle veut qu'on soit que toutes les deux comme avant.

_ Tu ne peux pas accepter une chose pareille !

_ Harriet je n'ai pas vraiment le choix, c'est ma fille et…

_ Et Harm est ton mari !

_ Oui et je l'aime, j'espère qu'il comprendra…

_ …

_ Harriet, tu pourras veiller sur lui, s'il te plait ?

_ Bien sûr. Où vas-tu ?

_ Quelque part.

_ Tu ne veux pas me le dire ?

_ Non, car Harm essayera de me trouver et je ne veux pas.

_ Très bien, mais donne de tes nouvelles.

_ Promis.

Les deux femmes étaient maintenant dans les bras l'une de l'autre, quelques larmes coulant le long de leurs joues.

_ Je dois y aller, j'ai un avion à prendre.

_ Tu veux que je t'y emmène ?

_ Non, ce n'est pas la peine, un taxi nous attend déjà devant la maison.

_ Tu ne dis pas au revoir à Harm ?

_ Il est en colère, il reviendra quand il sera calmé, dis-lui que je l'aime.

_ Très bien. Bon voyage, et reviens vite.

_ Merci. J'ai de la chance de t'avoir, veilles bien sur mon homme, il aura besoin de toi et Bud.

_ On ne le laissera pas !

Sarah retourna dans le salon, fît ses au revoir à Bud et elle et Enya montèrent dans le taxi qui les emmena à l'aéroport.


Maison des Rabb

12H00

Trois heures qu'elles avaient quitté la maison. Les autres étaient arrivés au compte goute, venus prendre des nouvelles. Cette journée de Noël était pour tous des plus tristes, personne ne comprenait ce qui c'était passé. Harm n'était toujours pas rentré, et Harriet commençait à être très inquiète. Mattie et Chloé, s'étaient réveillées à onze heures et ne disaient plus un mot depuis qu'Harriet leur avait appris le départ de Mac et Enya. Elles ne leurs avaient même pas dit au revoir. Harriet essayait de leur faire comprendre la décision de Mac mais les jeunes filles étaient en colère et ne voulaient rien entendre. Tout le monde était sur les nerfs, personne n'ayant gardé l'esprit de Noël.

La porte d'entrée s'ouvrit et Harm entra dans la pièce. Il avait l'air calme et posé. Tellement contrasté avec l'ambiance qui régnait dans la maison. Il regarda tour à tour les personnes se trouvant là. Puis retira ses chaussures et enfila ses pantoufles.

_ Qu'y-a-t-il à manger pour le déjeuner ?

_ …

_ Ah les enfants, vous avez ouvert vos cadeaux ? Que vous a apporté le père Noël ?

_ …

Aucune réponse ne vint, tout le monde étant surpris par son attitude.

_ Ben alors ne faites pas ces têtes, ce n'est pas parce que certains ont décidé de ne pas fêter Noël que nous devons faire pareil !

_ Harm ! Tu…

_ Harriet ne commences pas ! Je vais bien, je veux fêter Noël avec mes deux filles et mes amis, c'est trop demander ?

_ Non papa, je vais mettre la dinde au four et après on ouvre les cadeaux.

_ Merci Mattie ! Chloé tu vas aider ta sœur !

_ Oui.

Les deux jeunes filles se dirigèrent vers la cuisine, suivies par Harriet.

_ Il est malheureux.

_ Oui, c'est clair, je ne l'ai jamais vu comme ça.

_ Les filles, essayons de rendre un peu de joie à cette journée.

_ Oui. On fait quoi à manger ?

_ Ben normalement il y a tout dans le réfrigérateur, Mac avait prévu.

_ Très bien, voyons voir.

_ Attendez, pas besoin, on n'a pas mangé hier soir, donc suffit de réchauffer.

_ Merci Harriet, on n'y avait pas pensé !

Elles mirent les plats à chauffer et rejoignirent les autres autour du sapin. Quelques rires se firent entendre pendant l'ouverture des paquets. Harm avait laissé un des siens de côté ne voulant pas l'ouvrir devant tout le monde, et les cadeaux de Mac et Enya restèrent eux-aussi sous le sapin. Harriet se décida à briser la glace.

_ Bon le repas doit être prêt, je vais aller ranger les présents des absents dans le placard et on passe à table, allez tout le monde à table !

Ils prirent tous la direction de la salle à manger laissant Harm et Harriet seuls dans le salon.

_ Merci !

_ De rien. Tu veux que je les mette où ?

_ Laisse ça à leur place, elles les trouveront en rentrant.

_ Tu…

_ Elles déferont le sapin elles-mêmes !

_ Très bien. On va manger ?

_ Je vous rejoins, j'…

Harriet vit le paquet dans les mains de Harm et comprit qu'il voulait être seul pour l'ouvrir.

_ Très bien, ne traînes pas trop.

_ Ok, commencez sans moi.

Harriet l'avait laissé seul. Cela faisait maintenant cinq minutes qu'il tournait le petit paquet entre ses doigts. Il avait envie de l'ouvrir et en même temps il était furieux contre Mac de l'avoir laissé. Il se décida enfin, tout doucement il défit le ruban puis retira le papier. Une petite boite noire se trouvait maintenant dans sa main droite, il l'ouvrit tout doucement et lorsqu'il découvrit le présent, une larme vint s'aventurer sur sa joue. C'était tout Mac ça, elle avait fait réparer la montre qu'il tenait de son père, des années qu'elle ne fonctionnait plus, et qu'il ne savait plus où il l'avait rangé. Il l'ouvrit, et à l'intérieur elle avait fait mettre une photo de leur famille, lui, entouré de ses quatre femmes. Comment faisait-elle ça, réussir à toujours le rendre heureux. Mais aujourd'hui elle n'était plus là, la tristesse et la colère emplissaient son cœur. Il prit la montre, la rangea dans sa poche et rejoignit ses amis.


A suivre...