Posté le : 21 Juin 2013. Le Bac c'est fini pour ceux qui l'ont passé cette année. Cadeau ! (Oh et c'est l'anniversaire de Lana Del Rey, mais tout le monde s'en fout).

Info: Si je compte en dollars bien qu'ils se situent en Angleterre où la monnaie est la livre, c'est parce que pour l'univers du showbiz, on parle surtout avec cette monnaie et que pour moi c'est plus parlant (j'arrive plus à faire la conversion dollars/euros que livres/euros). Je sais, c'est mal, mais ça un aspect pratique sans fin pour moi donc pour ceux qui se sont demandés si je faisais l'erreur sans oser me le dire, c'est tout à fait normal c'est un choix technique de ma part.


Réponse aux reviews anonymes :

Polock: C'est vrai que pour « Nyx » c'est odieux de vous faire voter mais c'est le principe même. C'est une expérience intéressante. J'adore voir les lecteurs se plaindre du fait que les gens sont horribles de voter et diriger la vie de Harry et faire de même à travers la fic. Je trouve ça sadique à souhait et c'est fait exprès. Dans aucune autre de mes fics j'ai laissé les lecteurs autant décider de la tournure des évènements. C'est de la fic-réalité, un peu. Pour Kendall, tu n'es pas la seule à le trouver agaçant. À titre personnel, je l'adore : pas seulement parce qu'il incarne Blaise, mais parce que je pense qu'à quinze ans sa réaction est tout à fait normale. Je veux dire, son rôle d'acteur a hissé sa famille à un statut qu'ils n'auraient jamais pu avoir autrement. Il fait beaucoup d'effort et de sacrifice pour aider ses parents. Après, il dit bien à Nyx qu'il trouve que l'émission est limite à bien des égards, mais c'est vrai qu'il n'intervient pas et ne fait rien pour que les choses changent. Je pense que Kendall agit comme la majorité des personnes sur la planète : ils voient les choses mais ne les dénonce pas. C'est drôle que tu parles du lancement de la nouvelle saison de Secret Story parce que ma mère et mes sœurs l'ont regardé. Je suis passée devant et devine quoi. Ils ont mis comme musique de fond une de celle du « Truman Show ». Ce message subliminal était horrible mais bon, moi je pense que voir « Harry Potter » a la télé est plus intéressant que ce genre d'émission prônant la bêtise et l'hypersexualité. Au moins, Andrew Burst appuie sur des thèmes comme l'amitié, le sens de l'honneur et du travail, l'amour etc. Son émission a un vrai message et impact.

Elisha50 : Un grand merci pour ta review qui a été très agréable à lire ! C'est vrai que ce n'est pas facile de retranscrire l'univers de « Truman » dans le monde de HP mais c'est un exercice vraiment fascinant et ça me plaît énormément de devoir imaginer tout plein de détails pour faire en sorte que cela reste crédible. Si tu as des idées ou des suggestions, je suis bien évidemment ouverte. Je ne peux pas te réveler mes projets mais j'espère que ça continuera à te plaire autant que maintenant.

Yukiteru : Oh, enfin quelqu'un qui aime Vector autant que moi ! Ouais parce qu'il a juste tendance à effrayer les gens. D'ailleurs, hors sujet, tu es bien un mec ? Non parce que je me suis posée la question en relisant tes reviews. J'ai tellement l'habitude d'être ensevelie sous les boobs que je n'ai tilter que récemment. Tu sais la phrase que tu as cité venant de Wikipédia pour le Muggle Quidditch, eh bien j'en ai fait un topic sur mon groupe facebook. Ça m'a fait autant rire que toi, je n'en pouvais juste plus. J'imaginais Blaise courir avec une balle de tennis dans son boxer et des types enragés essayer de le lui arracher. Épique. Sinon pour Cha on la reverra de temps à autre bien sûr, dans les moments où l'on retournera à Sinuesa Valley. Euh et ouais : les grands-parents de Nyx sont d'horribles gens à exterminer. Mais bon, je les imaginais comme ça avec plein de manières, de tics et prêt à tout pour se pavaner de leur petite vie en rabaissant les autres, même leur fille unique. L'actrice faisant Ombrage est juste diablement douée, c'est tout. Je ne pense pas lui consacrer un POV entier mais plutôt une interview, c'est normalement prévu depuis plusieurs chapitres mais j'attends le bon moment pour le faire (et celui-ci n'est pas encore venu). Ah et dans le chapitre précédent c'est bien Dawn qui croise Harry dans le couloir.


Mot du bêta – Eymeric : Hellow les loulouws ! Comment ça va bien ? Encore un chapitre délicieux, concocté par notre déesse à tous. Cette fois, j'aimerais être une petite souris pour espionner vos réactions devant vos écrans. Mouahahahaha ! Tout ça promet des péripéties passionnantes. Par ailleurs, je trouve que le thème abordé devient de plus en plus intéressant, ça va creuser de plus en plus loin. À vous de jouer maintenant ! Bonne lecture, je vous love !


Musiques :

01. Hermione's Parents – Alexandre Desplat. 02. Romance Larghetto – Burkhard Dallwitz. 03. I Don't Wanna Go – Lana Del Rey. 04. Wonderwall – Ryan Adams. 05. Linger – The Cranberries. 06. Pâle Septembre – Camille. 07. Ancora Qui – Elisa Toffoli. 08. Lost Highway – AaRON. 09. Society – Eddie Vedder. 10. Crashing Down The End – Beth Hart.


CHAPITRE VII

« Celui qui contrôle les médias, contrôle les esprits » – Jim Morrison.

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Hors de lui, Dawn ôta brutalement son micro en entrant dans les sous-sols des studios, situés derrière un pan de mur des cachots. Là, une armada d'assistants l'attendait et il en repoussa bien deux ou trois afin de se frayer un chemin parmi eux. Il trouva Juno, papotant tranquillement au téléphone pendant que quelqu'un s'occupait de la démaquiller. Dawn fonça vers elle et rugit :

– Où est Andrew Burst ?

Juno ne lui accorda qu'une attention très limitée et continua de tenir son kit mains libres près de ses lèvres, chuchotant une plaisanterie à son interlocuteur. Elle portait encore son uniforme des Gryffondor et une femme s'occupait de lui limer les ongles et de lui passer du vernis transparent.

– Je veux parler à Burst, insista-t-il.

– Pourquoi ? demanda Juno d'un air condescendant. Tu n'es plus satisfait de ton rôle ou tu t'es juste fait dessus en chemin ?

– Ecoute, petite merdeuse, je sais bien que tu sais où il se planque. Alors soit tu me dis tout de suite où il est, soit...

– Soit quoi, Dawn ? Tu vas essayer de me faire du mal ? Tu sais qu'une armée d'avocats te tombera dessus dès l'instant où tu auras proféré la fin de ta menace. (Elle se tourna sur son siège) Vous avez tous entendu, n'est-ce pas ? Vous êtes témoins.

Dawn arbora un sourire en coin, digne de son personnage et susurra :

– Et dire que tu fais ta garce juste parce que j'ai refusé de sortir avec toi.

– Tu n'avais pas à le dire dans une interview !

– J'éprouve un certain plaisir à t'humilier, ce n'est pas de ma faute. Juno, la fille qui pouvait avoir absolument qui elle veut, se ramasser une magistrale veste par un mec qui ne la trouve pas du tout à son goût.

Juno semblait vouloir lui crever les yeux avec sa manucure. Au lieu de ça, elle se leva dignement et partit dans une loge un peu plus à l'écart accompagnée de son cortège d'assistants. Dawn détestait ce genre de confrontation avec les membres du casting officiel, mais ça arrivait de plus en plus régulièrement, malheureusement. Rester cloîtrés au même endroit une majeure partie de l'année sans avoir la possibilité de sortir les rendait aigris et prompts à la dispute.

– Vous me cherchiez ? dit une voix lente et calme dans son dos.

Dawn fit volte-face et tomba nez à nez avec Anrew Burst, flanqué d'un de ses sous-fifres. Il arborait un sourire aimable et tranquille, comme si ça ne lui faisait pas un plus grand plaisir de discuter avec un adolescent qu'il instrumentalisait et méprisait au plus haut point.

– Allons dans mon bureau.

– Non !

Sa voix, forte et décidée, contrastait horriblement avec les battements de son cœur. C'était la première fois en cinq années de service que Dawn émettait une opposition à l'homme se tenant devant lui. Andrew Burst arqua un sourcil et quelques membres du personnel cessèrent brusquement de s'agiter dans tous les sens, l'oreille aux aguets. Du coin de l'oeil, Dawn vit même une scénariste souligner à deux reprises le même mot en à peine quelques secondes, le regard rivé à la même ligne.

– Non ? répéta Andrew Burst. Et pourquoi ça ? J'allais justement vous proposer un excellent chocolat chaud du Pérou.

– J'en ai rien à faire de votre courtoisie à deux balles ! s'emporta Dawn en arrachant son insigne de préfet. Je me baladais dans le château tout à l'heure, pour évacuer un peu le stress des prises et là je tombe sur Harry, la main en sang.

– Je sais, répondit simplement le producteur. C'était écrit.

Draco ouvrit la bouche pour rétorquer puis regarda autour de lui : une poignée de figurants de Gryffondor étaient là, repartant sûrement pour Londres par métro d'ici quelques minutes.

– Vous avez décidé de le mutiler devant des millions de téléspectateurs à travers le monde pour votre simple plaisir personnel, résuma-t-il, dégoûté. Je ne sais pas comment vous vous y êtes pris et je n'ai même pas envie de regarder la rediffusion de cette nuit parce que vous faites outrepasse vos droits de tuteur légal de Harry. Vous n'avez pas l'autorisation de lui faire du mal juste pour le punir.

Burst aboya de rire.

– Et qui va porter plainte contre moi, hein ? J'ai des amis très hauts placés qui se chargent de me protéger en cas de légère bavure. J'ai toutes les couvertures nécessaires.

Dawn serra les poings tandis que Dylan, encore en pyjama, arrivait à ses côtés pour le calmer.

– Harry ne sait même pas que j'existe et que c'est moi qui décide pour lui tout ce qui lui arrive. Tu crois vraiment que c'est un hasard si cette nuit tu étais sur sa route ? Oh, ça non mon cher Dawn.

– Laisse tomber, murmura son jumeau en le tirant en arrière. Ce n'est pas si grave et puis...

Dawn lui lança un regard si glacial que son frère se tut.

– Je ne marche pas dedans. Pas cette fois. Je ne veux pas que vous lui infligiez ça en plus de tout le reste. Il n'est pas votre jouet, et moi non plus ! Si vous continuez de le charcuter comme vous le faites, s'il se blesse maladroitement, s'il tombe ou se fracasse quoique ce soit par votre faute. Et croyez-moi que je finirai par le savoir, eh bien...

– Eh bien quoi ? provoqua Burst.

– Je serai en grève.

Sa phrase sembla comme résonner dans les sous-sols du studio.

– Ce serait du chantage ? devina Burst, ses yeux se rétrécissant imperceptiblement. Très bien, faisons comme ça, alors. Entrons dans ce genre de petit jeu mesquin. Fais la grève. Fais le mort pendant que tu y es. Je suis sûr que tu reviendras très vite à la raison.

Vous avez besoin de nous pour faire tourner ce monde. Moi je n'ai pas besoin de vous pour vivre. Si plusieurs acteurs sont subitement en grève pendant une longue période, Harry le remarquera très vite et j'ignore quel genre de mensonges vous lui donnerez cette fois. Je sais que vous avez le cerveau très fertile, mais rien ne pourra expliquer l'absence de personnes n'ayant, à priori, rien en commun.

– Tu as toujours été quelqu'un de très intelligent Dawn, admit Burst en s'approchant d'un pas. Mais j'insiste : ce que je fais à Harry est mesuré et réfléchi à l'avance par des personnes ayant bien plus d'expérience et de recul dans le monde de l'audiovisuel que toi. Si tu me faisais un peu plus confiance, tu saurais que l'invention à l'origine de la coupure de Harry est tout à fait inoffensive et que nous l'avons testé sur des singes avant de l'appliquer sur lui.

Les yeux de Dawn s'écarquillèrent d'horreur.

– Mais il n'est pas un putain de cobaye ! Les singes non plus ! Comment vous pouvez rester aussi calmes alors qu'il... que vous lui avez littéralement tranché la peau ? Comment vous autres vous pouvez accepter ça ?

Dylan baissa les yeux sous le regard accusateur de son frère. Son jumeau s'ébouriffa les cheveux nerveusement et une assistante accourut pour les lui peigner. Énervé, Dawn la repoussa vivement tandis qu'elle eut une moue offusquée.

– Je n'ai pas besoin de ça pour l'instant ! Je veux juste que vous m'expliquiez pourquoi il était nécessaire de lui infliger ça ! Vous allez trop loin !

– La barre d'audience a atteint un pic de record pour cette saison, monsieur Burst, informa un ingénieur, les yeux rivés au sol en signe de déférence.

Le créateur de la série afficha un sourire sardonique.

– Tu vois, les gens adorent ce qu'ils voient. Je ne vois pas ce qui te dérange là-dedans.

– Vous ne savez strictement RIEN de ce que les gens aiment ou pas. Ce n'est pas parce qu'ils regardent qu'ils apprécient vos méthodes.

– Qui ne dit mot consent, résuma Burst en lui tournant le dos.

Il s'éloigna, laissant là Dawn, ulcéré. Ce dernier donna à un coup de pied au fauteuil de maquillage occupé quelques instants auparavant par Juno qui voltigea deux mètres plus loin. Dawn se précipita vers la suite qu'il partageait avec son frère. C'était comme une sorte de ruche capitonnée n'ayant pour seule ouverture vers l'extérieur qu'une fenêtre présentant le faux décor d'un ciel sur un écran rétina à sensibilité luminaire. Dylan le suivit à l'intérieur et ferma la porte à clef.

– Tu es fou, murmura-t-il, effaré.

– Tu n'aurais pas dit ça si tu avais vu...

– J'ai vu ! Je regardais l'émission depuis ici (Il désigna l'écran géant planté dans ce qui leur servait de salle principale). J'ai été dégoûté aussi mais si Burst dit que c'est sans danger, il faut le croire. Il tient trop à Harry pour tenter quoique ce soit qui mettrait sa vie en péril.

Son jumeau eut un rire méprisant en ôtant sa robe de sorcier.

– Je ne lui confierai pas un œuf à ce type, ragea-t-il en enlevant ses chaussures. Et puis il ne tient pas à Harry, il tient juste à l'argent qu'il lui rapporte. Ce n'est pas pareil. Si demain ils pouvaient gagner un milliard en le noyant simplement dans le Lac en direct, crois-moi qu'ils le feraient et enverraient une boîte de chocolats à sa mère pour se faire pardonner.

Dylan, médusé, le regarda se diriger vers la salle de bain et actionner le jet de douche. Quand son frère revint avec une serviette nouée autour de la taille, il prononça :

– Tu ne peux pas vraiment faire grève, vieux. Tu le sais ça, j'espère ?

– Et pourquoi pas ?

– Parce qu'on est dans le casting officiel, qu'on est censé offrir du rêve à des millions de gens à travers le monde.

– Là, le rêve se transforme peu à peu en cauchemar, tu vois ? Je fais grève tant qu'il n'arrêtera pas de le mutiler. Ma décision est prise.

– Et moi dans tout ça ?

– Tu es aussi bien Draco que moi, fit remarquer Dawn. Si tu as envie de continuer à bosser pour lui dans ce genre de conditions, c'est ton problème, pas le mien.

– Eh, me parle pas comme ça ! J'y suis pour rien si Harry a une blessure à la main.

– Ce n'est pas qu'une blessure ! cria Dawn. Ce n'est pas qu'une stupide coupure ! Si aujourd'hui il se permet de le mutiler en direct sans que personne ne bouge le petit doigt, qui te dit que dans deux ou trois ans il ne proposera pas à tes très chers téléspectateurs de voter 1 pour qu'il meure et 2 pour qu'il vive ?

Dylan se laissa tomber sur le fauteuil le plus proche.

– Tu ne peux pas me laisser tout seul.

– Ca ne sert à rien de me faire culpabiliser. Je fais ça parce que je n'ai pas envie d'être dans l'équipe des pourris qui restent passifs face à ce genre de choses.

– Ce n'est pas la première fois que Burst violente Harry.

– Ouais, et les autres fois j'étais trop jeune et aveuglé par le système pour comprendre. Je crois qu'avoir ça sous le nez, autrement qu'à travers le focal de l'écran, bah... j'ai compris. J'ai compris plein de choses. Je pense que tu devrais faire comme moi, Dylan. Tu devrais partir pour qu'il nous écoute enfin.

– J'ai tous mes amis ici, marmonna Dylan. Je suis d'accord sur le fait que Burst est allé trop loin, mais le monde de Harry Potter c'est ma vie, tu comprends ? S'il te plaît, réfléchis un peu. Laisse-toi le temps de souffler pendant ton jour de congé et après... après on prendra une décision, c'est d'accord ?

Dawn, désormais entièrement habillé, sortit de derrière le paravent et attrapa son blouson.

– Je rentre à Londres. J'ai besoin de décompresser, de me sortir ça de la tête. À bientôt.

Il sortit sans un regard en arrière et, dans la salle principale des sous-sols, de nombreuses personnes murmurèrent sur son passage à propos de sa récente altercation avec Andrew Burst. Mais c'était bien là le souci : ils se contentaient de murmurer.

Ooo

Croyant leur petite-fille endormie, Bree et Garrett O'Weil se contentèrent de chuchoter tout le long du trajet menant à Londres. Nyx n'était pas dupe : elle savait bien qu'ils parlaient avec animation de ce qu'il s'était produit la veille dans Harry Potter. À vrai dire, tout le monde n'avait que ça sur les lèvres, retraçant sa retenue douloureuse avec Dolores Ombrage.

En quittant Sinuesa Valley, ils passèrent même devant une maison où était attachée la banderole « OMBRAGE A LA BOUCHE PLEINE DE BOUSE » et une autre, un peu plus loin « A BAS OMBRAGE ! VIVE POTTER ! ». Nyx soupira de tristesse face à la stupidité des gens. Ce n'était qu'une actrice. Ne l'avaient-ils toujours pas compris après quinze longues années de show ininterrompu ?

Nyx n'était pas très à l'aise à l'idée de passer deux jours de suite à Poudlard, mais elle se devait de suivre son contrat à la lettre. C'était la seule solution pour aider ses parents à s'en sortir, de toute manière. Ils finirent par arriver à King's Cross et ses grands-parents l'accompagnèrent jusqu'à l'aile réservée à la ligne de métro Andrew Burst. Curieusement, celle-ci était étroitement surveillée, ou du moins, plus que quand elle l'avait emprunté la première fois. Plusieurs policiers patrouillaient devant celle-ci en plus de l'armée habituelle d'assistants et des employés de la gare.

– Regarde ça, Garrett, marmonna sa grand-mère entre ses dents serrées.

Nyx tourna la tête et vit sur un kiosque une pile de magazines du Time être déposée. Sur la Une trônait l'entête « ANDREW BURST VA-T-IL TROP LOIN ? ARGENT, GÉNIE ET INFLUENCE : QUI SE CACHE DERRIÈRE CET HOMME SURPUISSANT ? ». Des voyageurs se l'arrachaient. Elle était tentée d'en acheter un pour pouvoir le lire, mais cela serait sûrement très mal vu de la production si elle en avait un en sa possession.

« – Alors c'est vrai ? Ils nous surveillent, avait demandé Nyx à Kendall sur la plage il y a quelques semaines de ça. », « – Je ne sais pas. Je sais juste qu'ils ont suffisamment de moyens pour faire taire quelqu'un. Tu te souviens du premier acteur qui jouait Dumbledore et qui avait glissé à Harry un sous-entendu comme quoi le monde magique n'était pas réel ? Eh bien, après son renvoi de l'émission on raconte qu'il se serait isolé en Nouvelle-Zélande et qu'il fuit autant que possible les caméras. », « – Mais, ils ne l'ont jamais renvoyé de la série ! », « – Je sais. Ils ont dit qu'il allait se consacrer à une retraite bien méritée... Mais il est clair que ce n'est pas comme ça que les choses se sont passées. Andrew Burst a le bras affreusement long. Tant que tu fais exactement ce qu'il te dit et que tu as une attitude exemplaire, tout ira bien dans le meilleur des mondes. » Kendall avait raison : elle ne pouvait pas se confier à n'importe qui, même aux membres de sa propre famille. Elle jeta un regard circonspect à ses grands-parents et formula :

– Je vais faire un tour aux toilettes.

– D'accord mais ne tarde pas trop, hein. Tu dois attraper la navette de sept heures cinq.

Nyx acquiesça et se précipita vers la zone sanitaire la plus proche. La gare n'était pas encore bondée à cette heure bien matinale, mais cela ne saurait tarder. Elle déposa une pièce dans le réceptacle et le tourniquet accepta de la laisser entrer dans les toilettes publiques.

Elle se dirigea vers l'aile droite, réservée aux femmes et à son agréable surprise, trouva celles du fond vides. Elle s'enferma dans l'une d'elles et sortit de sa poche son téléphone portable. Elle appuya nerveusement sur la touche numéro 1 et les coordonnées de Cha s'affichèrent aussitôt.

J'imagine que t'as une excellente raison de me réveiller un mercredi matin aussi tôt alors que je commence à dix heures, marmonna Cha à l'autre bout du fil d'une voix endormie.

– Je, ouais... Je suis à King's Cross. Il faut que tu fasses quelques choses pour moi. Va acheter le dernier numéro du Time. Ils partent comme des petits pains. Grouille, je veux l'avoir.

Ah ? Et y'a quoi dedans ? Un article pour gérer son stress en pleine pose acrobatique du Kama-Sutra ?

– Ils parlent de Andrew Burst. Je veux pouvoir le lire à mon retour vendredi. Tu peux faire ça pour moi ?

Attends. Tu me demandes de sortir t'acheter un foutu magazine à sept heures du mat' sur un mec qui t'horripile ? Pourquoi tu ne demandes pas ça à ton petit-ami ?

Nyx leva les yeux au ciel : elle aurait dû se douter que raconter que Kendall lui avait pris la main finirait par se retourner contre elle.

– Parce qu'il ne serait pas d'accord que je lise ça.

Ouh, monsieur ne serait pas d'accord ? Il s'est pris pour qui, l'autre ? Tu fais ce que tu veux ! Tiens, juste pour le faire chier je vais l'acheter ton maudit journal.

– Merci. Je te revaudrai ça, promis. Je dois te laisser. Je dois me rendre dans les studios. On se revoit vendredi matin, d'accord ? Oh, et désolée de t'avoir dérangée. Vraiment désolée. Au revoir.

Bonne chance.

– Merci.

Nyx rangea son téléphone portable, tira la chasse d'eau et se lava les mains pour consolider son alibi ou cas où quelqu'un l'avait vu partir aux toilettes. Depuis qu'elle travaillait pour Andrew Burst, elle était progressivement devenue parano. À l'extérieur, ses grands-parents semblaient déjà s'impatienter près de la ligne de métro Burst. Nyx attrapa sa petite sacoche contenant son baladeur et sa carte de figurante et leur dit au revoir.

– Normalement, ce seront tes parents qui viendront te chercher ici jeudi soir, prévint Bree O'Weil en lui adressant un dernier signe de la main.

Elle regarda sa petite-fille s'éloigner vers le mur d'assistants puis brandir son badge électronique. Ils relevèrent son identité, consultèrent la viabilité de son emploi du temps sur leur tablette tactile et la laissèrent alors entrer. Nyx descendit l'escalator bordé de spots lumineux violets et dans le couloir dallé impeccable menant aux rails, une petite musique de la série l'accompagna. Elle était prête à parier qu'il s'agissait de celle de l'arrivée des filles de Beauxbâtons à Poudlard, l'an passé.

Le métro électrique de sept heures cinq attendait les derniers retardataires. Là, un assistant par portière guettait les alentours absolument vides, les bras en croix. À l'intérieur, elle tressaillit en voyant l'actrice jouant le professeur McGonagall remplir une grille de sudoku dans son journal. Elle leva le nez de son périodique et lui accorda un sourire aimable avant de se replonger dans son jeu. Dans le métro interminablement long, Nyx se rendit compte que beaucoup de personnes retournaient à Poudlard pour la journée du mercredi. Elle se demanda comment la production ferait entrer autant de monde dans la Grande Salle sans que Harry s'en aperçoive, mais elle ne se faisait pas trop de souci là-dessus.

Un peu plus loin, des figurants de premières années mordaient dans des viennoiseries distribuées par le chef de convoi chargé de la sécurité et du bien-être des passagers le temps du trajet. Nyx se laissa tomber sur un siège au hasard et enfonça ses écouteurs dans ses oreilles, le visage tourné vers la vitre. Dans le sens des retours, sur le quai d'en face, elle vit un autre métro débarquer et déposer un flot d'acteurs qui profitaient de leur congé hors du plateau.

La sonnerie de la fermeture des portes couvrit la mélodie douce qu'elle écoutait pour s'apaiser. Le métro fila à vive allure et, pendant un bon quart d'heure, elle hésita à envoyer un message à Kendall. Peut-être serait-il fâché d'entendre son portable vibrer à une heure aussi avancée de la matinée ? ou s'attendait-il qu'en tant que ''petite-amie'', comme se plaisait à dire Cha, elle lui dise quelque chose ? Si elle ne disait rien à propos de leur sortie d'hier soir, sans doute penserait-il qu'elle s'était ennuyée ou n'avait pas aimé ? Elle finit par céder et écrivit :

« Salut, juste un petit mot pour te dire qu'hier soir ça avait été vraiment cool. Dommage que quand on se reverra, ce sera dans les studios et je ne pourrai pas trop te parler parce que je suis juste figurante. Si ce week-end tu n'as rien de prévu, on pourrait aller sur la plage. Qu'est-ce que tu en dis ? Passe une bonne journée. » Elle hésita un moment et ajouta « Bisou » avant d'appuyer sur la touche envoyer.

Elle allait ranger son téléphone dans sa sacoche quand il vibra dans sa main. Le prénom de Kendall illumina l'écran. « Moi aussi j'ai aimé notre petite sortie (et y'a pas de problème pour ce week-end). Ne t'en fais pas : on se débrouillera pour les studios. Je connais tout plein de coins tranquilles. À demain. »

Nyx était si heureuse, qu'elle ne s'était pas rendu compte que le métro électrique avait fini par s'arrêter au terminal du studio et que tout le monde descendait. On les rangea par catégories d'âges et de maison et chacun reçut son costume et alla se changer dans des vestiaires aménagés aux portes du studio. Nyx enfila son uniforme d'élève de Serpentard et déposa dans le bac ses vêtements ordinaires et sa sacoche contenant ses effets personnels.

Quand elle sortit, une assistante récupéra ses affaires tandis qu'une autre les rangeait en file bien nette pour les faire passer sous un portique détecteur, semblable à ceux des aéroports. Cette arche devait sans doute repérer les tricheurs voulant emporter avec eux leur portable ou quelque chose dans ce goût-là. Tout à coup, derrière elle, Nyx entendit deux filles chuchoter :

– Il paraît qu'il y a deux ans, un figurant déséquilibré a essayé d'attaquer un des acteurs du casting officiel avec une arme blanche. Ils ont réussi à le maîtriser à temps, bien entendu. Mais t'imagines si ça avait été Harry ?

– Et le figurant est devenu quoi ?

– J'en sais trop rien. J'imagine qu'il a été confié aux autorités et jugé. Depuis, mes parents m'ont dit qu'ils avaient renforcé les normes de sécurité au maximum et qu'il y avait des figurants gardes du corps.

Les sourcils de Nyx se levèrent bien haut. Alors parmi eux, il y avait des adolescents chargés de la sécurité des autres, des sortes de chair à canon en cas d'incident... Combien Burst les payait-il pour servir ainsi la cause ? Un goût amer déferla dans sa gorge et elle se souvient alors du rôle de Crabbe et Goyle, constamment flanqués autour de Draco. Eux devaient sans doute faire partie des gardes du corps. Elle hissa la tête comme si elle espérait en reconnaître d'autres en un simple coup d'oeil mais dû s'admettre vaincue.

Une fois le portique passé, on leur donna leur bipeurs-vibreurs puis les conduisit dans un grand couloir allant dans le sens inverse de celui emprunté la dernière fois et on les répartit dans des ascenseurs par dizaines. Nyx se retrouva dans l'un deux avec six figurants et l'acteur jouant Théodore Nott. Un sourire jouait sur ses lèvres, comme s'il venait de se souvenir d'une excellente plaisanterie. L'ascenseur s'ébranla aussitôt et ils se retrouvèrent catapultés au niveau des cachots. Dès qu'ils furent tous sortis, l'accès à l'ascenseur pivota, laissant place à un solide et ancestral mur de pierre.

Son bipeur-vibreur indiqua « 7H42 – Entrée dans la Grande Salle ». Machinalement, elle monta l'escalier en colimaçon conduisant au Hall et arriva enfin face aux sabliers géants. Nyx les contourna et pénétra dans le réfectoire où discutaient joyeusement des centaines d'étudiants. Elle repéra très vite Harry, assis à la table des Gryffondor d'un air morose. Elle finit par s'assoir à la table des vert et argent et sursauta en voyant une chouette se poser à dix centimètres de son assiette.

– N'ai pas peur, elle ne te fera pas de mal, rassura l'actrice jouant Pansy Parkinson avec un large sourire. Elle apporte juste la Gazette du Sorcier. Ah tiens, non, on a le droit à Sorcière Hebdo aujourd'hui. Au fait moi c'est Heather et toi ?

Elle attrapa le magazine, donna quelques corn-flakes à la chouette qui hulula de remerciement et s'envola.

– Nyx. Vous ne recevez pas tous les jours la même chose ?

– Oh, bien sûr que non ! Il faut bien montrer à l'écran la gamme très étendue de produits. Tout ce que tu vois est commercialisé dans les boutiques les jours suivant la diffusion d'un épisode. Tiens, tu veux lire ton horoscope ?

– Oui, pourquoi pas. Je suis Verseau.

La couverture – une sorcière faisant léviter à l'aide de sa baguette magique un bébé barbouillé de purée de carotte – se mit à bouger et ils disparurent. Nyx n'avait jamais très bien compris comment Burst avait pu transformer la technologie des GIF sur du papier, mais elle devait reconnaître que ça avait tout de même son charme.

– Alors... Verseau, répéta Heather. Réussite : Vous trouverez certainement une noise par terre au cours de la semaine. Travail : On demande beaucoup de vous. Pensez à décompresser. Amour : Vous êtes sur la bonne voie. Consultez notre réseau voyance pour plus de précisions.

Heather reposa le magazine sur son assiette vide et dit :

– Eh bah, on peut dire que c'est plutôt bon signe.

– Et moi ? Il dit quoi ? demanda l'acteur interprétant Théodore Nott en se penchant sur le côté pour lire.

Tout à coup, Draco entra en scène, suivi par sa petite bande de garçons de Serpentard. Il avait l'air passablement fatigué et se laissa tomber entre Heather et Noah. Il adressa un sourire contrit à Nyx et souffla en se penchant pour attraper la carafe de jus de citrouille :

– C'est moi, Dylan.

– Oh, c'est cool de te revoir !

– Encore une de tes fans qui a réussi à s'infiltrer jusqu'ici ? tenta Noah.

– Non, une amie. On a fait une soirée ensemble avant la rentrée.

Nyx mangea rapidement ses œufs brouillés.

– C'est bientôt le cours de Divination, formula-t-il. On devrait se dépêcher.

Heather emporta son toast recouvert de confiture avec elle ainsi que son sac et ils laissèrent Nyx ici. Les quatre tables se vidèrent progressivement, avec une synchronisation frôlant la perfection. Tout le monde avait l'air de savoir où se rendre.

Elle jeta un rapide coup d'oeil à son bipeur-vibreur accroché à une des doublures de son sac : « 8H – permanence en salle 211 ». Nyx fouilla dans sa mémoire. Quand elle avait passé sa formation de figurante, on lui avait fait apprendre le plan de Poudlard sur le bout des doigts en plus de visites virtuelles grâce à des lunettes trois dimensions. Elle se souvint rapidement que c'était au troisième étage, tout proche de la classe de Défense Contre les Forces du Mal. Elle rejoignit le hall et commença à se diriger vers le Grand Escalier.

– Hey ! Hey toi là-bas !

Nyx attendit dans la file des figurants pour emprunter les escaliers magiques. Il y eut quelques mouvements puis tout à coup, sans crier gare, Harry apparut juste en face d'elle. Elle le fixa avec des yeux si ronds et éberlués qu'elle resta figée de trop longues secondes pour que cela soit uniquement mis sur le compte de la surprise.

– Je sais ce que tu penses de moi, dit-il sans lui laisser le temps de se remettre de ses émotions. Que je suis qu'un adolescent mythomane qui raconte des bobards partout autour de lui pour se rendre intéressant. Tu dois sûrement croire ce que raconte La Gazette du Sorcier, n'est-ce pas ?

Nyx battit plusieurs fois des paupières, se donnant un petit air stupide et répondit :

– J-Je ne lis pas La Gazette du Sorcier. Je préfère Sorcière Hebdo, mentit-elle en désignant le magazine au fond de son sac.

– Oh, je vois. Tu es à Serpentard, c'est ça ?

Il désigna du menton l'intérieur de son uniforme couleur émeraude. Nyx acquiesça. Harry avait l'air de réfléchir à quelque chose et elle se demandait bien quoi, à la vue de son air perplexe. L'escalier qu'elle attendait partit avec le flot d'étudiants qui regardaient en arrière cette scène insolite. Le fait d'être seule et parmi les retardataires avec Harry la rendait incroyablement nerveuse. Elle avait l'impression de ressentir le stress de tous les examens qu'elle avait vécu jusqu'ici en quelques minutes à peine.

– Moi aussi, j'ai failli me rendre à Serpentard, finit par avouer Harry en rajustant la lanière de son sac à dos. Mais je crois que je suis plus utile dans ma maison. Même si c'est un peu tendu ces derniers temps. Tout le monde chez les Gryfondor croit que je suis complètement siphonné.

Il mima le geste de quelqu'un ayant perdu la boule et se permit de loucher. Nyx éclata d'un rire nerveux extrêmement bruyant puis plaqua sa main sur sa bouche en entendant son hilarité se répercuter en échos dans le château. Un second escalier feinta une arrivée puis décida de s'occuper d'un convoi d'élèves un étage plus haut.

– Ah, c'est pas encore pour nous, fit inutilement remarquer Harry en tapotant sur la rambarde de pierre. Au fait, tu t'appelles comment ?

Nyx réfléchit à toute allure. Elle n'était pas censée donner son nom à la télévision. Elle était juste figurante, pas actrice. Personne n'avait songé à lui donner un pseudonyme ! Et si les téléspectateurs s'amusaient à chercher sa véritable identité et à la pister ? De toute façon, ça arriverait un jour ou l'autre : rien ne reste jamais caché dans le monde de Harry Potter... Alors, pleine d'aplomb, elle voulut offrir Harry la première vérité incontestable de son existence. Et même si son prénom ne signifiait pas grand-chose, elle serait restée authentique, car elle n'aurait pas menti sur elle-même.

– Je m'appelle Nyx.

– Hey ! On en a parlé en cours d'Astronomie il y a deux ans, répondit Harry. Ce ne serait pas la déesse de la nuit dans la mythologie grecque ? C'est aussi une montagne au nord de Vénus. En tout cas, tu vas trouver ça un peu dingue, mais je t'ai vu le jour de la rentrée. Enfin, je ne fais pas attention à grand monde, mais – excuse-moi si c'est déplacé – tu ne serais pas une Métamorphomage ?

Un escalier magique arriva finalement devant eux et Nyx grimpa la première. S'il la pensait douée de tels pouvoirs, peut-être s'attendait-il à une petite démonstration ? devait-elle dire que c'était ''juste'' une coloration ?

– En fait c'est juste un sortilège qui a mal tourné, expliqua-t-elle très posément. Je voulais stupidement copier une coupe dans Sorcière Hebdo et ma mère n'a jamais été très douée dans ce genre de choses. Alors elle l'a un peu loupé. Mais j'ai tellement adoré le résultat que j'ai décidé de garder ça comme ça.

– Oh, désolé.

– Ca ne fait rien. Tu n'es pas le seul à me poser des questions à ce sujet. Je préfère ça que les ragots derrière mon dos.

– Je croyais que les Serpentard étaient les professionnels des ''ragots'' ?

– Pas tous. En général, on est francs entre nous. Peut-être même un peu trop. Personnellement, ça ne me dérange pas. Si on respecte quelqu'un, on se doit d'être franc, après, si c'est quelqu'un qu'on méprise...

Elle laissa sa phrase en suspend. Nyx avait l'impression de transpirer à grosses gouttes sous sa robe de sorcière. Elle espérait que l'escalier irait plus vite et atteindrait le troisième étage sans faire d'affreux détour.

– Et sinon, pourquoi tu m'adresses la parole ? demanda Nyx. Je veux dire tu es censé mépriser les gens de ma maison, non ?

– Tu n'as pas entendu ce qu'a dit le Choixpeau à la Cérémonie de Répartition ? Il disait un truc comme quoi il serait bien qu'on se rapproche.

Embarrassée, elle regarda ailleurs et constata avec soulagement que c'était enfin son étage.

– Euh, je dois y aller. C'est ici que j'ai cours.

– Ah, d'accord, répondit Harry en lui adressant un signe de main (Nyx entrevit rapidement sa coupure). À bientôt, peut-être.

– Oui, c'est ça.

Elle sauta presque sur la plateforme du troisième étage alors que l'escalier magique prenait déjà une autre direction. Elle se mit à courir – espérant que Harry mettrait ça sur le compte de son supposé retard en cours – et fonça vers la salle 211.

Nyx trottina en jetant des regards aux portes du couloir. 217... 215... 213, Ah, 211 ! Elle toqua et entra aussitôt. Une vingtaine de figurants de toutes maisons confondues la regardaient avec d'énormes sourires. En face d'eux se trouvaient un écran plasma géant qui filmait la progression de Harry jusqu'à la tour de Divination. Ils se mirent à l'applaudir poliment et l'assistant déguisé en sorcier lui serra vigoureusement la main.

– Toutes mes sincères félicitations pour cette impro.

– M-Merci, balbutia Nyx tandis qu'il l'emmenait au premier rang, au milieu de jumelles à l'air austère.

Un élève apparemment de septième année lui apporta une boîte violette marquée du sceau « H.P. : The Wonderful Andrew Burst Production & Co. » Dedans se trouvait son cahier de Mathémathique, d'Anglais et d'Histoire ainsi que les manuels correspondants. En dessous, une feuille de route rédigée à la main par – d'après son écriture – sa professeure de Littérature. Elle lui notait les exercices à faire pour les deux prochains jours ainsi que les leçons à aborder.

Nyx remarqua enfin que tout le monde dans la salle avait une boîte similaire à la sienne mais dont le contenu était différent. Derrière elle, un garçon devait dessiner le schéma d'une grenouille et sur sa droite, un autre réalisait la maquette d'une fusée.

– Tu t'en es très bien sortie, complimenta l'assistant en rajustant son chapeau pointu sur le sommet de son crâne. Je suis certain que la production appréciera tes efforts et ton imagination. (Il tapa deux fois dans ses mains) Bon, l'heure de permanence débute et n'oubliez pas de vous noter dans le carnet de présence. Si vous avez des questions sur vos devoirs, il vous suffit de lever la main et d'attendre que je m'approche de votre bureau. Pour les heures de travaux personnalisés, elles sont après le déjeuner à votre demande... Non, Mr Peterson, vous n'êtes pas obligés de travailler l'après-midi.

L'assistant sortit d'une de ses poches sa baguette magique et l'agita. Aussitôt, le gigantesque écran plasma s'éteignit pour laisser place à un tableau verdâtre tout à fait ordinaire et recouvert de la date au coin à droite et du titre de la fausse leçon du jour : « Consolidation aux bases des enchantements de lévitation ».

L'assistant se balada entre les tables d'un air guilleret et Nyx décida de commencer par ses exercices d'Anglais. Elle compléta son QCM en se disant que, même en étant une piètre élève, elle aurait tout de même un B automatique de moyenne. Pire que tout : elle avait de plus larges connaissances que Harry dans chaque discipline.

Scolairement parlant, il devait certainement avoir un niveau de fin de primaire et connaître simplement les rudiments de la lecture, l'écriture et le calcul. Jamais elle ne l'avait vu lire un roman, peindre ou écouter de la musique. Tout ce qui pouvait élever son esprit lui était formellement interdit.

Ooo

Pendant ce temps, Harry s'ennuyait ferme en cours de Divination. Il faisait semblant de tenir son journal des rêves en écoutant Ron lui raconter de quelle manière il avait tenté d'étouffer Romilda Vane sous la tapisserie de Barnabas le Folley. Harry nota dans la colonne la date du rêve, le titre que ce dernier pouvait bien avoir et ses personnages.

À son grand dam, Trelawney ne s'était pas débarrassée de son timbre éthéré et dramatique au cours des vacances scolaires. Elle arpentait la salle de classe en répandant cette forte odeur de xérès bon marché et leur demandant quelques précisions sur leurs rêves. Heureusement, elle avait décidé de laisser Ron et lui tranquilles une bonne partie du cours en s'intéressant de près à la soupe à l'oignon dont Seamus avait rêvé. Harry l'entendit d'une oreille distraite lui prédire une spectaculaire poussée de champignons sur le front au cours de la semaine suivante.

Étonnamment, Ron ne posa pas vraiment de question sur la coupure à sa main. Les mots « Je ne dois pas dire de mensonges » n'étaient pas encore nets et l'on pouvait croire, au premier abord, à une griffure particulièrement profonde. Harry tourna la page de son oracle des Rêves de Inigo Imago.

Ron paraissait très nerveux et tapait sans cesse du pied sous la table. Harry savait bien que c'était à cause de ce qu'il se passerait demain après le déjeuner. C'était le recrutement de la nouvelle équipe de Quidditch des Gryffondor. Angelina avait spécialement réservé le terrain pour ça et elle comptait bien trouver un gardien digne de ce nom pour remplacer Dubois. Elle avait insisté pour que toute l'équipe soit là. Même si cela l'avait mise dans une fureur noire qu'il se soit « arrangé pour avoir une retenue avec Ombrage », elle avait négocié avec l'équipe de Serdaigle pour échanger les horaires. Ainsi, Harry pourrait être présent pour assister au premier envol de Ron pour ses essais.

– J'ai essayé de m'entraîner tous les jours depuis la rentrée. Et aussi un peu pendant les vacances, avant qu'on n'aille au (Il forma silencieusement les mots « 12 Square Grimmaurd » avec sa bouche). C'était assez dur parce que je devais le faire la nuit très tard sans réveiller mes parents. J'ai essayé d'ensorceler des Souaffles pour qu'ils volent droit vers moi mais ce n'était pas facile et je ne sais pas si ça a servi à grand-chose.

Dans leur dos, Pansy Parkinson ricana comme si elle venait d'échanger une excellente plaisanterie. Ron se crispa et paraissait inquiet. Il baissa la tête vers son Oracle des Rêves et gribouilla nerveusement dans la marge.

– Fred et George vont s'effondrer de rire quand ils me verront arriver sur le terrain, grommela-t-il, maussade. Ils n'ont pas arrêté de se payer ma tête depuis que je suis devenu préfet.

Harry aurait voulu dire quelque chose de réconfortant ou démentir, mais cela aurait été de la pure mauvaise foi. C'est vrai que les jumeaux n'avaient pas été tendres avec Ron dès le moment où il avait reçu son insigne. Harry savait bien que Fred et George avaient en horreur tout ce qui s'approchait de l'autorité. Que leur jeune frère soit préfet leur avait rappelé Percy avec qui ils étaient en froid. Ce n'était certainement pas ses affaires, mais Harry trouvait ça un peu stupide de condamner Ron pour un truc qu'il n'avait pas fait.

Ooo

Le lendemain, Ron n'avait cessé de gesticuler dans tous les sens, comme s'il avait une envie pressante. À l'heure du déjeuner, il avait l'air au bord de l'évanouissement quand, d'un air solennel, Angelina déclara qu'il était temps d'aller chercher leurs balais à la Tour Gryffondor. Hermione leur lança des derniers encouragements avant de se rendre à son cours d'Arithmancie.

Ils rejoignirent la pelouse avec leur tenue de Quidditch et tous les candidats au poste de gardien les suivirent, balais sur l'épaule. Le ciel était d'un blanc lumineux et il y avait une légère brise allant vers le sud : des conditions idéales pour voler à Poudlard. Depuis la rentrée, c'était la première fois que Harry prenait vraiment son temps pour décompresser et penser à autre chose que la pile de devoirs à rendre. Arrivée à mi-chemin, Angelina regarda son équipe et les candidats des essais et dit :

– J'ai oublié de vous dire qu'il est possible que deux ou trois personnes viennent nous voir jouer, mais n'y faites pas attention, d'accord ?

Un garçon de troisième année eut des yeux gros comme des soucoupes et se demanda à voix haute si c'était un membre des Tornades de Tushtill. Pourtant, en entendant le ton faussement dégagé d'Angelina, Harry n'eut pas trop de mal à deviner l'identité de ces spectateurs indésirables.

Et, en effet, lorsqu'ils arrivèrent sur le terrain illuminé de soleil, ils furent accueillis par une tempête de sifflets et de quolibets. Les joueurs de Serpentard, accompagnés de leur suite habituelle, s'étaient installés à mi-hauteur des gradins vides, l'écho de leurs voix résonnant avec force tout autour du stade. Harry jeta une brève oeillade à Ron qui arborait un joli teint verdâtre.

Alicia prit les noms des candidats pour les sélections du nouveau gardien tandis que Angelina se chargeait de mener l'échauffement avec une main de fer. Alors que Harry faisait des moulinets avec ses bras, il vit dans les gradins Nyx avec sa longue chevelure allant du bleu au violet.

Il lui fit un signe de la main auquel elle répondit quelques secondes plus tard. En plissant des yeux, Harry vit que Blaise Zabini – un des Poursuiveurs des Serpentard – avait un bras protecteur autour de ses épaules. Il se demanda s'ils sortaient ensemble... Angelina se racla bruyamment la gorge et lui envoya un regard désapprobateur. Quoi ? Il n'avait pas le droit de la saluer parce qu'elle était d'une maison adverse ? Il continua ses étirements et les candidats l'imitèrent, un peu plus loin.

– Hé, Johnson, c'est quoi cette coiffure ? hurla Pansy Parkinson, sur les gradins. On dirait que tu as des vers de terre qui te sortent de la tête !

Angelina rejeta en arrière ses longues tresses et prononça calmement :

– Bienvenue à vous tous pour cette phase de sélection pour l'équipe Gryffondor. Je vous remercie d'être venus aussi nombreux pour les essais. Alors, vous passerez par ordre d'inscription devant les buts. Là, vous nous montrerez votre aisance de vol pendant deux petites minutes et ensuite vous protégerez les buts. Vous aurez le droit à trois essais. Ceux qui parviendront à bloquer trois de nos tirs subiront une épreuve de la mort subite. C'est compris ? Bien, allons-y.

Elle plaça son sifflet autour de son cou et enfourcha son balai, une liste en main. Elle appela d'abord un garçon minuscule, qui devait sans doute être en deuxième année. Il réussit à bloquer le premier tir d'Alicia et loupa les deux autres. Un autre élève fut appelé et une fille aux longs cheveux noirs bouclés et au menton proéminent s'écria :

– Il n'est même pas à Gryffondor !

Angelina l'étudia, et en effet, Harry reconnut un Poufsouffle qui s'était généreusement moqué de lui à l'époque du Tournoi des Trois Sorciers. C'est avec soulagement qu'il le regarda regagner le château sous les regards réprobateurs des autres Gryffondor. Dans l'ensemble, les candidats avaient un niveau plutôt correct, mais bien loin de la rapidité et de la technique dont pouvait faire preuve Olivier Dubois.

Quand Angelina appela Romilda Vane, la fille aux cheveux bouclés s'avança et dit ne pas avoir de balai. Avec lassitude, Fred alla chercher ceux de l'école dans la remise et revint cinq minutes plus tard. Romilda et neuf de ses copines (venus pour l'encourager), prirent toutes un balai et firent un véritable cirque sur le terrain en poussant des petits cris suraigus et ridicules, comme si elles se trouvaient sur des montagnes russes. Angelina siffla à plusieurs reprises, les dix filles réattérirent en gloussant et s'accrochant les unes aux autres. Harry n'était pas certain qu'elles aient compris le but de l'exercice vu la considérable perte de temps. Fred hocha la tête d'un air navré mais se redressa tel un chien de chasse quand on appela Ron. Ce dernier tremblait de la tête aux pieds en enfourchant son Brossdur.

– C'est quoi le truc qui sert de balai à Weasley ? lança Malefoy de sa voix traînante. Qui donc a eu l'idée d'ensorceler cette vieille bûche moisie pour essayer de la faire voler ?

Un mélange de rires gras et suraigus s'éleva du banc où Crabbe, Goyle, Parkinson, Nott, Zabini, Nyx et d'autres semblaient partager un savoureux pique-nique. Malfoy était assis au milieu de son groupe de fidèles admirateurs et arborait un sourire victorieux. Il regarda Harry avec dédain et souffla quelque chose à l'oreille de Zabini qui hocha vigoureusement la tête. Harry avait décollé à son tour et accompagna jusqu'aux buts Ron, qui avait désormais les oreilles écarlates.

– N'y fais pas attention. On verra bien qui rigolera le jour où on les écrabouillera au prochain match.

– Voilà une attitude qui me plaît, Harry, approuva la capitaine en décrivant un cercle autour d'eux, le Souaffle sous le bras.

Elle laissa à Ron le temps de s'installer devant l'anneau central en jouant un moment avec la balle. Dans les gradins, les Serpentard semblaient décidés à faire le plus de bruit possible pour les déconcentrer.

Quelqu'un produisit un rot sonore, suivit par des hurlements de rires et des tapements de pieds. Zabini s'esclaffait, tapant dans la main de Goyle avec un large sourire. Harry était bien tenté de les bouter hors du terrain à coup de maléfices, mais il avait déjà Ombrage sur le dos et il savait que s'il tentait quoi que ce soit, elle serait aussitôt mise au courant. Il espérait seulement que Ron ferait preuve d'assez de sang froid pour gérer son stress.

Étonnamment, Ron réussit à bloquer deux des tirs avec une agilité désarçonnante. Harry était clairement impressionné par son meilleur ami et même le calme revenait dans les gradins. Au dernier, Ron fit une fabuleuse roulade du paresseux qui lui valut un tonnerre d'applaudissements de la part de Romilda Vane et ses amies. Harry se permit de laisser exploser sa joie : personne d'autre n'avait été aussi brillant que lui aux sélections.

Dix minutes avant la sonnerie déclarant la fin du déjeuner, Angelina déclara officiellement Ron comme gardien de l'équipe et même George lui tapa l'épaule en guise de félicitations. Les jumeaux, Alicia et Angelina les laissèrent là et coururent presque vers le château afin d'assister à leur cours de Métamorphose, tandis que les candidats recalés, de mauvaise humeur, traînaient des pieds. En passant près d'eux, les Serpentard les bousculèrent et Zabini lança par-dessus son épaule :

– Cette fois t'as eu de la chance, Weasley. C'était une fille qui tirait. Quand ça sera moi en face de tes buts, tu pleureras ta mère.

Les autres Serpentard ricanèrent et finirent par s'éloigner en un bruissement de robes et de capes. Une fois seuls, Ron et Harry rejoignirent les vestiaires et prirent une douche avant de retourner à la Tour Gryffondor, balai sur l'épaule.

– Tu t'es très bien débrouillé, confia Harry.

– Ouais, dit son meilleur ami qui semblait au comble du bonheur. Tu as vu quand j'ai bloqué le troisième tir d'Angelina ? J'ai bien cru ne pas y arriver. Mais je me suis dit, Ron, mon vieux, tu peux le faire...

Harry le laissa parler et décortiquer les évènements seconde après seconde jusqu'au portrait de la Grosse Dame. Hermione semblait les attendre pour descendre dans les cachots où se déroulerait leurs cours de Potions de cet après-midi.

Ooo

Dylan, qui n'était pas censé travailler ce jour-ci, était à fleur de peau. Son jumeau n'était toujours pas revenu dans les studios pour assurer son créneau horaire et la fatigue commençait déjà à s'accumuler. D'un côté il lui en voulait terriblement de lui mettre toute cette charge sur le dos, de l'autre il craignait que lui rappeler ses responsabilités l'énerve davantage. Il attrapa son kit de Potions que lui tendit une élève encadrante qui les attendait à la sortie de leur Salle Commune.

– Toujours pas revenu ? murmura Kendall avant de rebrancher son micro.

Son ami fit non de la tête et Kendall lui tapota le dos en guise de soutien. Ils se rendirent juste devant la classe de potions là où les Gryffondor attendaient déjà. Rogue finit par les laisser entrer et déclara de son habituelle voix détachée, froide et grave :

– Je vous ai mis les notes que vous auriez obtenues si vous aviez rendu ces copies-là à l'épreuve de B.U.S.E., dit-il alors qu'il passait entre les tables rendre les fausses copies rédigées par une armée d'assistants se trouvant dans les sous-sols. Voilà qui devrait vous donner une idée assez réaliste de ce qui vous attend le jour de l'examen. J'espère que les ânes qui n'arriveront pas à obtenir plus d'un D feront des efforts pour le prochain devoir.

Dylan, trop absorbé par ses pensées, oublia de réciter la ligne de son script. Il se reprit juste assez pour dire d'une voix forte :

– Ah, tiens, il y en a qui ont eu D ?

Son ton manquait clairement de conviction, mais cela suffit pour atteindre Harry qui enfourna son devoir au fond de son sac. L'heure de potions se déroula tranquillement et Kendall semblait concentré sur quelque chose. Du coin de l'oeil, Dylan le vit écrire « Nyx » dans la marge de son cahier de phases expérimentales avant de brusquement tourner la page et de noter avec frénésie le début d'un devoir qu'il devait rendre pour son cours d'éducation civique, lundi prochain. Dylan ne mit pas beaucoup d'enthousiasme à réaliser sa potion.

Il se demandait si Dawn finirait par revenir lundi. Et si ce n'était pas le cas ? Les yeux de Dylan s'agrandirent d'horreur : il devrait jouer Draco Malfoy tous les jours de l'année et ne pourrait sans doute sortir du studio qu'en de très rares occasions. Il ne voulait pas se retrouver prisonnier de cet endroit. Dawn et lui avaient entamé cette carrière ensemble, il ne voulait pas l'achever seul. Toujours dans ses pensées, il retourna dans la Salle Commune et demanda d'accéder aux sous-sols. Une fois là-bas, il attrapa un des combinés du cybercafé et composa le numéro de leur appartement à Londres. C'est sa mère qui décrocha.

– Allô, Dylan ? Je me faisais un sang d'encre pour toi. Comment tu vas ?

– Plutôt bien, mentit-il. Et Papa et toi ?

– Oh, on est venu ici pour surveiller un peu ton frère. Votre agent nous a dit qu'il était un peu fatigué, avec toute la pression de cette nouvelle saison sur vos épaules...

Elle laissa sa phrase en suspend et Dylan – pour connaître sa mère à la perfection – savait qu'elle tentait juste de trouver des alibis pour justifier cette dernière crise de nerfs. Dawn n'était pas du genre à se plaindre. Même quand il avait mal ou était triste, il ne disait rien et se contentait d'absorber comme une éponge. Dylan, lui, était plus impulsif et direct. C'était seulement lorsque son jumeau s'énervait qu'il ne trouvait rien à redire et balbutiait des inepties. Dylan avait tendance à faire un léger complexe d'infériorité.

– Est-ce qu'il t'a parlé de ce qu'il s'est passé avec Burst ?

Il prononça le nom du producteur si bas qu'il n'était pas bien sûr que sa mère ait entendu.

– Bien sûr qu'il nous en a parlé... et bizarrement, tout le monde sait ce qu'il s'est passé. J'imagine qu'un assistant qui était présent a vendu la mèche aux journaux. Ils en ont fait un véritable scandale et les journalistes s'en sont donné à cœur joie.

Dylan regarda autour de lui, s'assurant que tout le monde était occupé à se faire remaquiller, consulter ses mails ou réajuster son costume. Il se pencha en avant et souffla :

– Ils savent que Dawn est en grève ? Et qu'est-ce qu'ils en pensent ?

– Que c'est une excellente idée, répondit sa mère avec une pointe de fierté. Que cela aurait dû se produire bien avant ça. Des figurants aussi ont décidé de faire grève en plus de quelques professeurs. Ils trouvent que ce que Burst fait subir à Harry avec cette plume est simplement immonde. Les grévistes exigent que cette mutilation cesse sinon ils ne reviendront plus sur le plateau. À la télévision, ils ne parlent que de ça et repassent en boucle l'interview du président de l'association du Free Harry Movement. Pour l'instant, on a conseillé à Dawn de rester en dehors de ça, même si c'est avec lui que tout a commencé... En tout cas, ça ne pourra pas durer très longtemps. Burst est au pied du mur.

Dylan opina.

– Au fait, je reviendrai à la maison dimanche après avoir pris mon petit-déjeuner à Poudlard. Vous viendrez me chercher à King's Cross ?

– Evidemment, mon chéri. Tu veux parler à ton frère ?

– Euh non, laisse-le tranquille. Il a besoin de se reposer, rétorqua Dylan avec tristesse. Au revoir, Maman.

Il raccrocha. Dylan avait espéré que cette conversation l'allégerait un peu, mais ça n'avait eu que l'effet contraire. Il avait l'impression d'être un raté conformiste en comparaison de Dawn qui n'avait hésité à s'insurger devant l'homme le plus puissant de la planète.

Dylan se laissa entraîner par une équipe de maquilleuses puis retourna sur le plateau afin d'être présent pour le dîner. Il s'installa à côté de Kendall sur le banc de la table des Serpentard et tira vers lui la corbeille de pains. En levant la tête, il vit Harry se lever, finir précipitamment son verre de jus de citrouille et quitter la Grande Salle.

Ooo

Mary Fuller – la mère biologique de Harry – tremblait de rage. Elle serrait dans son poing sa télécommande tandis que la caméra suivait l'adolescent dans les dédales de Poudlard. Il arriva devant la porte du bureau d'Ombrage et toqua.

– Vous ne comptez pas arrêter, hein, demanda Mary d'une voix hargneuse à l'homme assis dans le fauteuil de son living-room.

Andrew Burst avait fait le déplacement jusqu'à Bristol exceptionnellement. La dernière fois qu'il avait mis les pieds chez elle, c'était pour lui parler de son envie de créer une école de magie dans laquelle Harry s'épanouirait. « Vous voyez », lui avait-il dit en terminant son spéculos, « les téléspectateurs sont avides de nouveautés. Ils ne pourront pas se contenter de suivre éternellement la vie d'un enfant très ordinaire. Alors nous avons décidé de créer un monde extraordinaire, fait sur mesure pour Harry. Je vous en parle d'abord pour que vous ne soyez pas trop surprise du changement de scénario très brusque. Je suis certain que vous allez adorer ». Mary n'avait rien pu faire si ce n'était d'acquiescer, le cœur serré.

Burst n'avait aucun lien avec Harry et pourtant, sur le papier, c'était lui son seul et unique parent. Puis elle s'était dit en voyant son fils aussi épanoui et souriant à Poudlard, que ce n'était pas une si terrible idée. Elle n'avait jamais imaginé que même cet endroit se retournerait un jour contre lui. Avec ce qu'il s'était produit dernièrement à l'écran, Andrew Burst se retrouvait dans une position délicate vis-à-vis de l'opinion publique.

Certains pensaient qu'il était effectivement allé trop loin, et d'autres, plus endoctrinés par l'émission, prétendaient que c'était juste une autre façon de forger le caractère de Harry. Prise d'un élan de colère, Mary Fuller projeta sa télécommande contre le mur et cette dernière se brisa. Andrew Burst ne cilla pas et se contenta de tranquillement finir sa tasse de thé.

– C'est la meilleure chose à faire. Il faut que Harry saisisse que le monde sorcier regorge de vilénies et...

– Vous êtes la vilénie incarnée ! rétorqua-t-elle.

– Ne m'interrompez pas.

Eberluée, Mrs Fuller le toisa et grinça :

– Je vous parle comme je veux. Je suis chez moi.

Burst eut un rire dépourvu d'humour et dit :

– Allons, Mary, ne joue pas à ça avec moi, d'accord ? Ta maison, les vêtements que tu portes, ton poste de cadre, les vacances que tu te paies... Tout ça, c'est de mon fait. C'est mon argent. C'est ma maison.

Mary semblait avoir avalé une quantité phénoménale d'acide citrique.

– Non, c'est la mienne et celle de mon fils !

– Lequel ? Celui-là ? se moqua-t-il en désignant Harry à la télé qui s'asseyait derrière sa table.

Burst s'enfonça plus confortablement dans son fauteuil et claqua des doigts. Son bras droit avança d'un pas pour débarrasser le plateau de thé dans la cuisine après avoir refermé les doubles-portes du living-room. La voix de fillette d'Ombrage s'éleva dans la pièce :

Vous savez ce que vous avez à faire, Mr Potter.

Harry prit la plume et commença à écrire « Je ne dois pas dire de mensonges ». La coupure de sa main droite se rouvrit aussitôt et recommença à saigner. « Je ne dois pas dire de mensonges ». La blessure devint plus profonde, brûlante, cinglante. « Je ne dois pas dire de mensonges » Un filet de sang coula sur son poignet.

Mary Fuller détourna le regard et dit froidement :

– Comment est-ce que vous arrivez à faire ça ?

– Magie, répondit simplement Burst avec un énorme sourire.

– Vous ne pourrez pas rester indéfiniment dans cette situation.

– C'est vrai, admit-il. Mais je crois qu'on a tendance à me sous-estimer...

– Que voulez-vous dire ? demanda Mrs Fuller en essayant d'ignorer le grattement de plume provenant de la télé.

Burst se pencha en avant et attrapa sur la table basse un cadre photo. Il observa le cliché avec un sourire en coin. C'était un montage de Mary auprès de Harry posant pour sa photo officielle du Tournoi des Trois Sorciers. Elle avait sûrement dû demander à un infographiste de la mettre à ses côtés, à la place de Ludo Verpey.

– Tout est bon pour se rapprocher de lui, n'est-ce pas ? devina-t-il en reposant le cadre. Les gens qui sont aujourd'hui contre moi ne comprennent pas que je suis bien plus qu'un « money maker », vous voyez ? Il n'y a pas que l'argent dans le monde de Harry Potter. Si ce n'était qu'une question d'argent, vous croyez vraiment que je perdrai autant de temps et d'énergie à inventer toutes ces choses, à faire de ce monde quelque chose de si fantastique ? Non, si je voulais de l'argent, je placerais ça en Bourse, j'investirais dans la recherche aérospatiale, je rachèterais des sociétés de production et des terres entières par kilomètres carrés. Mais je ne veux pas d'argent. C'est ça que vous avez tous du mal à comprendre. Je ne suis pas aussi pourri que vous, Mary. Moi, je n'aurais jamais accepté un seul centime de la part d'un homme qui se permettrait de manipuler mon enfant.

Hors d'elle, Mary se leva pour tenter de le frapper mais il la maîtrisa sans aucune difficulté.

– Je vous fais vomir, hein ? Eh bien sachez qu'il n'y a personne sur cette planète que je méprise plus que vous... Vous avez vendu votre enfant au plus offrant pour vous en débarrasser. Et maintenant que Harry commence à générer un capital digne d'un micro-état en pleine croissance, vous vous intéressez subitement de son sort.

– Taisez-vous !

– Mais moi je vais vous dire ce que je pense d'une mère aussi pitoyable que vous. Vous profitez de votre enfant que vous n'avez pas considéré comme tel quand il est venu au monde !

– Je n'avais que quinze ans, sanglota-t-elle. Je n'avais nulle part où aller. Vous le saviez très bien ! Vous avez p-profité de moi, et de ma confiance. Vous m'avez fait signer ce papier en me promettant que vous prendriez soin de lui et qu'il ne manquerait de rien. Vous m'avez menti.

– Je ne vous ai pas menti. Jamais. Si vous aviez pris la peine de lire l'intégralité du contrat au lieu de le signer en toute hâte pour vous débarrasser de ce léger « encombrement »... (Il toucha son ventre légèrement arrondi et Mary commença à pleurer pour de bon) Et celui-là, Mary, vous allez me le vendre aussi, hein ? Dites-moi votre prix.

Elle se laissa tomber au sol, pris de spasmes violents tandis que Burst la toisait de toute sa splendeur. Recroquevillée sur elle-même, les bras cachant sa grossesse de quatre mois.

– Harry n'était pas à vendre, pleura-t-elle. Il n'était pas à vendre... Je voulais juste le meilleur pour lui.

Burst s'accroupit en face d'elle et arrangea une mèche de cheveux blonds derrière son oreille et susurra :

– Mary, tes parents ne t'ont jamais dit de ne pas faire confiance à un inconnu ?

De grosses larmes roulaient sur ses joues et le producteur continua :

– Au moins, ton nouveau bébé bénéficiera d'une vie tout confort grâce à son cher et dévoué grand frère...

– Mary !

Burst et la jeune femme se retournèrent et virent un homme pénétrer dans la pièce. Il était grand et avait des cheveux châtains. Il s'agenouilla près de sa femme, inconsolable.

– Qu'est-ce que vous lui avez fait ! vociféra-t-il.

– Rien. On discutait juste... du bon vieux temps.

Andrew Burst ferma les boutons de son costume impeccable et quitta la maison des Fuller suivit de son bras droit, son majordome et son garde du corps. Il grimpa dans sa limousine et indiqua à l'adresse du conducteur :

– Je rentre chez moi.

Il s'allongea sur la banquette, un bras derrière la nuque et mit la chaîne du direct de son émission. Il mangea des cacahuètes en épiant le déroulement de la retenue de Harry. Quand il fut arrivé à dix minutes de sa villa, Ombrage déclara d'une voix doucereuse :

Voyons si le message est passé.

Elle s'approcha de lui et tendit ses doigts courts chargés de bagues. C'est alors que Burst eut une idée. Il sortit de la poche intérieure de sa veste une petite molette réglée de 0 à 7. Celle-ci servait à projeter des douleurs dans la cicatrice de Harry.

Comme un avertissement qu'il envoyait à Mary Fuller et ses opposants, Burst tourna la molette jusqu'au chiffre 3. Il vit clairement à l'écran Harry ressentir une douleur cuisante au niveau du front. L'apprenti sorcier semblait tétanisé et dégagea son bras de la main de Ombrage, les yeux fixés sur elle.

Ah oui, ça fait mal, n'est-ce pas ? dit-elle doucement.

Burst esquissa un sourire satisfait et replaça la molette sur zéro et la rangea dans sa poche.

Eh bien, je crois que j'ai réussi à me faire comprendre, Mr Potter. Vous pouvez partir.

.

.

.

Je sais que je ne devrais pas poster, Ju, mais je n'ai pas pu résister... Bon, j'espère que vous avez apprécier ce chapitre parce que j'étais très inspirée pour l'écrire, tout de même. Tout s'enchainait assez rapidement dans ma tête avec une précision assez dingue. Je sais que vous avez encore et toujours pas mal de questions (dont beaucoup centrées sur le drarry), mais ça vient progressivement et je m'en voudrai de bâcler une histoire ayant autant de potentiel. Pour en revenir au chapitre, je sais que j'ai fait des modifications par rapport au tome original mais, si vous l'avez remarqué, j'ai commencé à modifier des petites choses. Donc par rapport au livre, là on se situe au chapitre... mmh, *fouille* entre le chapitre 13 et 14, enfin un mix des deux. Le chapitre 8 sera lui plus excentré de Poudlard même si on aura quelques scènes là-bas, si je ne me trompe pas. Il sera plutôt basé sur les retombées médiatiques de l'émission sur le personnel. Oh, j'espère que vous avez remarqué que j'ai ajouté des titres de chapitre aussi dans le sommaire, héhé. C'est plus facile pour se repérer pour moi et pour vous aussi j'espère ! Bon alors, je pense que pour le rythme de publication, mmh, je pense faire un chapitre toutes les deux semaines environ – parfois plus, parfois moins – mais grosso modo, c'est ça. J'aurai quand même pas mal de trucs à faire cet été mais je pense que ça devrait le faire en tout cas. J'espère que vous avez aimé ce chapitre et que vous me déposerez une jolie review *sourire angélique*, D Would.


Mini-jeu :

Posez une question au membre du casting officiel de votre choix parmi la liste suivante : Juno (aka Hermione Granger), Dylan (aka Draco Malfoy) ou Maggy (aka Luna Lovegood).

Pour le précédent sondage (« Voulez-vous une discussion entre Kendall et Heather ou Noah ? »), vous avez plutôt pencher pour Noah (aka Théodore Nott). Donc on le verra dans le chapitre 8 ou 9, je ne sais pas encore. Mais il faudra patienter !


Par review :

Voulez-vous que Dawn cesse rapidement la grève ?

TAPEZ 1 : Pour oui.

TAPEZ 2 : Pour non.

N'oubliez pas que vous pouvez rejoindre mon groupe Facebook « The Baba O'Riley » pour y suivre l'avancée de mes projets. Sachez que le 25 il y aura là-bas le fameux début du magazine que veut se procurer Nyx, disponible en PDF. J'me suis fais plaiz à réaliser une couverture donc, si vous avez envie d'avoir de l'exclu, des infos et une bonne ambiance, venez. Aie confiance... Crois en moi.