Posté le : 31 Juillet 2013. Joyeux anniversaire Harry ! (Bon en fait je l'ai posté le 30 parce que je suis en pleine préparation de ma valise et je serai tout le restant de la semaine chez une grande amie. Et j'ai pas envie de passer grave du temps à la relecture alors que je veux profiter de sa présence à elle.)
Infos :
1 • Je vous ai dit que j'avais mis sur mon groupe FB les infos complémentaires concernant la fic. J'ai pensé que ce n'était pas ''juste'' pour ceux et celles n'étant pas inscrit sur ce réseau social de ne pas y accéder. Donc j'ai créé un site spécialement pour Nyx (bon en fait avant y'avait autre chose dessus mais j'ai modifié l'interface le temps de la publication de cette fic). Vous trouverez le lien sur mon profil. Le site est encore en construction et des choses s'ajouteront au fur et à mesure. C'est une interface intuitive : il faut cliquer un peu partout pour tomber sur des goodies.
2 • J'avais lancé sur mon groupe FB un concours sur cette fanfiction. Les lecteurs devaient créer un fanart et les trois grands gagnants auraient un prix : lire l'intégralité d'un chapitre à venir en avant première et me soumettre une idée de scènes entre les personnages de son choix que j'écrirai / lire la moitié d'un chapitre inédit et me poser trois grandes questions sur la fic par MP / revenir sur un des dilemes précédents et changer le cours de la fic. Bref, plein plein de choses. J'ai oublié d'en parler ici et c'est trop dommage mais je pense que j'en referai un plus tard si ça vous intéresse avec cette fois aussi les lecteurs qui sont seulement sur ce site.
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Réponses aux reviews anonymes :
• Yukiteru : Viens là mon pote : Brûlons Cho en faisant d'elle un tas de nems (that was so racist, je m'en fous : je vis dangereusement). Tu sais dans une interview JKR a dit que c'était prévu depuis longtemps que Bella devait se faire tuer par Molly, que c'était le combat des antagonismes. J'ai compris son explication, mais je fais partie de ces dérangés qui auraient voulu que Voldemort triomphe à la fin. Team J, yeah ! Jedusor runs the world. Pour la référence au Zabnott, j'étais OBLIGÉE de le faire. C'est un peu ma secte, tavu. J'aurai été une traîtresse de ne pas le faire (ouais, Kendall Brad-Pitt... J'étais à court d'idées et ma libido battait son plein lorsque je créais ce personnage). Pour le gars qui s'est retrouvé propulsé sur le toit de l'immeuble voisin avec le Nimbus dans le fion, je riais comme une dingue rien qu'en l'écrivant. J'imaginais trop le gars en train de s'accrocher désespérément à l'antenne parabolique, tel un drapeau alors que les pompiers grimpent sur l'échelle et lancent leur filet. Je sais que c'est grave de se faire rire soi-même, mais j'étais juste sciée et je me disais : « Oh, ça je DOIS le mettre sinon ma vie n'aura pas de sens ». Jme suis fait plaiz. Pour les tortures Ombrageuses, je pense qu'on en reparlera, mais pas tout de suite, niark niark. En espérant que ce chapitre soit aussi ton préféré, lol, bonne lecture.
• Coukie : Haha, oui les chapitres de cette histoire sont très longs, mais y'a une articulation logique, 'tention ! Je sais que de par leur longueur, il y a énormément de choses à relever dans les chapitres. Si un jour tu as envie de faire un commentaire détaillé : je serai super heureuse ! En attendant, je suis contente que tu aimes toujours autant cette histoire. Ça motive.
• xxxDark : Je peux comprendre ta lassitude d'avoir du Nyx à toutes les sauces, mais la fic porte un peu son nom donc... je suis obligée d'adopter son point de vue principalement. C'est un choix de ma part. Je ne perds pas de vue qu'il s'agit d'abord d'un drarry mais vu l'univers dans lequel ils évoluent, je me vois mal faire quelque chose de soudain qui gâcherait tout. Laisse-moi le temps de tout mettre en place pour pouvoir en profiter pleinement par la suite. Dans le chapitre 10 déjà on a plus de Harry et ça n'ira que crescendo au fur et à mesure. J'ai déjà écrit un chapitre presque entièrement articulé autour de lui, mais encore une fois : patience ! Plus on avancera, plus on aura de Harry ET de Draco. Je pense que si pour le prochain chapitre ils s'embrassaient ou quoi, tu ne serais pas contente et dirais que c'est bâclé. Je peux également comprendre que tu veuilles JUSTE qu'on parle plus de Harry. Ça viendra, vraiment. Mais avant d'entrer pleinement de son point de vue, j'utilise encore celui externe de Nyx qui est intéressant. Merci de me lire et j'espère que ce chapitre-ci répondra un peu plus à tes attentes.
• Chabada : Je suis toute émue de ces compliments qui me vont droit au cœur ! J'essaie de vraiment penser à tous les petits détails. J'en ai encore plein en tête, mais je suis obligée de me freiner pour les insérer au bon moment. J'ai profité du mois de Juillet qui fut très calme pour avancer un maximum sur mon histoire (et je ne le regrette pas : je prépare plein de petites choses très épiques). J'ai vraiment hâte d'avoir les réactions des lecteurs au fur et à mesure. Le vote pour ou contre le Muggle Quidditch est très serré, si bien que je ne sais pas trop quoi faire même si j'entends les arguments de tout le monde (c'est pour cette raison que j'ai posé la question : je redoutais la même chose).
• Milie12 : Pas de souci, ma belle ! Du moins que t'aime toujours cette histoire, c'est tout ce qui compte. Je peux comprendre que l'attente soit pénible et frustrante, mais je fais de mon mieux x)' Les doutes de Harry iront crescendo au fur et à mesure de l'histoire. Je ne t'en dis pas plus et à bientôt !
• Sweet and Salt : Omg, en lisant ta review j'étais trop heureuse ! Ça m'a encouragé à poursuivre et peaufiner quelques passages (bah oui parce que je devais préparer ma valise donc j'étais en mode ''à l'arrache''... Je suis toujours en vac' mais là c'est plus cool pour répondre). Le concept de cette histoire a chamboulé pas mal de monde et en fait larmoyer certains (même moi je me demande jusqu'où je vais aller tellement c'est sadique (si j'avais été lectrice, j'aurais hurlé d'effroi depuis des siècles... je n'aurai pas supporté ça)). La seule histoire qui exploite le même thème que moi est anglaise et assez rapide (c'était un twoshot mais juste basé sur quand Truman sort du biome) donc je me disais que c'était ''nouveau'', dans un sens. J'avais super peur en publiant que tout le monde trouve ça nul ou aberrant. Donc je suis très agréablement surprise et plus que motivée. Le drarry je crois que tout le monde en meurt d'envie (même moi je me retiens de ne pas brûler les étapes en les faisant copuler contre un mur ou que sais-je encore), mais vu le contexte et leur âge, vaut mieux y aller doucement pour rester crédible. Des scènes entre nos joyeux lurons seront de plus en plus présentes et longues ! Le fait que la narratrice principale soit un OC (énorme pari risqué), ajoute le côté voyeurisme à notre affaire. Je trouvais que ça ajoutait une dimension perverse bien comme il faut... Et pour Nyx, au début j'ai franchement hésité à faire un mec. Je préfère écrire sur des garçons que sur des filles. Mais je me suis dit que je ne suis pas sur ce site pour me reposer sur mes acquis. Donc j'ai bousculé mes habitudes et voilà. À chaque chapitre je crains qu'on la déteste. Vraiment. C'est genre ma nouvelle psychose. Mais moi j'adore écrire sur Nyx et surtout Cha.
• Fantasio : D'abord, merci de ta review et de tes compliments ! Ensuite, je ne trouve pas la réaction des téléspectateurs démesurée dans le sens où des émissions de moindres importances ont connu des succès retentissants alors qu'elles étaient creuses de sens et de messages (Il n'y qu'à allumer sa télé pour le voir). Ce que propose Burst est si novateur que ça brise les codes et ça fait adhérer les gens à un univers féérique. Le progrès technique est au service de sa série et il le fait très bien. Déjà le phénomène Harry Potter est démesuré (ouioui, il l'est) alors que son format n'est ''qu'un'' livre. Imagine un peu l'impact que ça pourrait avoir si c'était une téléréalité, diffusée tous les jours avec plein de pubs partout etc. Forcément les gens vont regarder, s'y attacher etc. Enfin moi je trouve leur attitude ''normale'' comparée à leur univers, même si nous ça peut nous paraître répugnant (Je trouve déjà ça plus charitable d'aller à une Convention Pottermaniac que d'attendre devant les studios de NRJ12 que Nabilla-gros-tétés ose se pointer, just saying). Mais sinon, non ça ne cache pas quelque chose. La masse n'a pas subit de lavage de cerveau. Ils agissent en tout état de cause parce qu'ils adorent la série et veulent être proches des acteurs. Bon après c'est ma perception des choses. Je pense vraiment que si j'avais vécu dans leur monde j'aurais adoré l'émission (peut-être pas au point de me faire tatouer quelque chose comme de nombreux potterheads ou quoi), mais j'aurai acheté des produits dérivés sans aucun remord. Parce que même si le principe est un peu cruel, toute la magie autour vaut peut-être la peine d'endurer tout ça... Enfin, compliqué. Ah et merci : j'ai pris un plaisir dingue à écrire la scène dans la bibliothèque !
• Minimiou : Wow, je suis toute chamboulée par tous ces compliments ! Du coup j'ai envie de me donner encore plus pour la conception de cette histoire. Ça me flatte qu'on puisse être autant absorbé par mon histoire. J'ai déjà acquis pas mal d'avance pour la rédaction. Sauf que le mois d'août risque d'être bien chargé de mon côté (je déménage et je ne sais même pas si j'aurai Internet au début, gnuf). L'évolution dans l'univers de Nyx se fera par touches progressives. J'ai à la fois hâte de tout publier, mais un peu peur d'avoir les réactions à chaque fois. C'est super paradoxal. J'ai vraiment envie que ça continue à te plaire, en tout cas !
• Someone : D'abord merci de ta review ! Ensuite, petite précision : il n'y a pas qu'UNE SEULE Convention Pottermaniac par an, mais une par saison (automne, hiver, printemps, été) pour assurer le roulement entre les acteurs. J'ai bien précisé que Arnold (aka. Ron) ne pouvait seulement aller à celles estivales car le restant du temps il est coincé avec Harry à Poudlard. Les Conventions sont donc au nombre de quatre ou parfois trois par an (des évènements extérieurs font que parfois il n'y en a pas pour l'hiver ou autre quand les acteurs sont mobilisés ailleurs). Ce qui fait que depuis ses un an, on tourne autour de quarante-cinq à raison de trois Conventions par an en moyenne. Si on enlève les imprévus, on peut dire qu'il y a eu, en effet, quarante-trois Conventions à ce jour. Je ne sais plus où je l'avais déjà expliqué, sûrement sur mon groupe Facebook. Mais je crois l'avoir également mentionné dans la fic. Je n'ai pas le temps de tout relire, mais je suis certaine de mon coup !
Le mot du bêta : Salut les loulous ! Je suis ravi de retrouver chacun de vous ici, et je tiens une nouvelle fois à remercier ceux qui me citent dans leurs reviews, c'est un honneur pour moi. Ce chapitre est très important, un peu plus centré sur Harry. Personnellement, ça a été un plaisir de le corriger (même dans l'urgence, mais j'te love quand même Domina) et de tisser de nouveaux liens au cœur de cette histoire. Je vous souhaite une incroyâââââââble lecture ! Au plaisir ! (D Would : You're pretty amazing, dude.)
Musiques :
01. Aeon – Anthony and The Johnsons. 02. Living Death – Nicholas Hooper. 03. Pretty Baby – Lana Del Rey. 04. Secrets of the Casle – John Williams. 05. Violet Hill – Coldplay. 06. Truman Sleeps – Burkhard Dallwitz. 07. Don't Judge Me – Chris Brown. 08. Underground – Sneaker Pimps. 09. I Have Done a Terrible Thing – Joseph LoDuca. 10. Lumos ! – John Williams.
Chapitre X
« Les rouages du système »
« Si personne ne regardait, il n'y aurait plus de jeu. C'est aussi simple que ça » – Gale, in. The Hunger Games.
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Exceptionnellement, la première sortie de l'année à Pré-au-Lard fut programmée le jeudi de la semaine suivante. Les cours avaient été annulés à cause d'une réunion pédagogique. Harry était à la fois impatient et angoissé à l'idée de s'y rendre : Hermione y avait donné rendez-vous à tous les élèves intéressés par leur petite entrevue.
Elle avait beau lui assurer qu'il n'y avait rien d'illégal et de clandestin là-dedans, Harry ne pouvait que se sentir effroyablement mal à l'aise tandis qu'ils quittaient tous les trois le bureau de Rusard qui cochait leur nom sur la longue liste des élèves autorisés de sortie avec une plume acérée. « J'ai relu le règlement de l'école deux fois », assura Hermione pendant le petit-déjeuner en ignorant les mâchonnements bruyants de Ron. « Et Flitwick m'a garanti que les élèves pouvaient se rendre à La Tête du Sanglier si on n'y consommait pas d'alcool fort. Oh, et il a ajouté qu'il serait mieux d'y emmener nos propres verres, mais j'imagine qu'il doit exagérer là-dessus. Je l'ai toujours trouvé un peu hypocondriaque sur les bords ».
Harry se garda bien de demander ce qu'était un « hypocondriaque ». Il y avait plein de mots dont il ne saisissait pas tout à fait le sens. Le vent soufflait, agitant les cimes des pins longeant la route jusqu'au petit village sorcier. En dépassant Zonko, Harry aperçut Nyx, la tête enfoncée sous un béret à l'effigie des Tornades de Tutshill.
– Salut ! dit-il d'un air enjoué.
– Oh, salut Harry, répondit Nyx en jetant de fréquents coups d'oeil aux alentours, apparemment mal à l'aise. Quoi de neuf ?
– Rien, toujours assommé de devoirs. Ça fait du bien de décompresser un peu.
Nyx se pencha sur le côté et accorda un sourire poli à Ron et Hermione, restés en retrait.
– Vous allez où comme ça ?
– À la Tête du Sanglier, répondit aussitôt Harry. On va parler de, euh, Défense Contre les Forces du Mal.
Nyx fronça les sourcils tandis que derrière Harry, Hermione se frappait le front avec sa main.
– La Tête du Sanglier ? Je... Je ne suis pas sûre de connaître cet endroit, répondit-elle plus pour compromettre le scénario de la production que par réel intérêt. Ça se trouve dans les limites autorisées ?
– Oui. C'est le pub qui ne se trouve pas sur la grand-rue. Je crois que l'endroit est un peu, mmh, louche.
– Et qu'est-ce que toi et deux préfets ont prévu de faire dans un endroit ''louche'' ? Juste parler de cours, vraiment ?
Harry lança un regard à ses meilleurs amis qui avaient repris contenance.
– Si tu viens, tu le sauras, répondit juste Harry en reprenant sa marche.
Il la laissa là et ils finirent par s'éloigner tous les trois.
– Tu n'aurais pas dû lui en parler ! s'exclama Ron. Ou cas où tu ne l'aurais pas remarqué, elle fait partie de l'autre camp !
– C'est des bêtises, tout ça, banalisa Harry en réajustant son bonnet. Il n'y a pas de camp. On est tous des adolescents dans la même école. Et puis, Hermione a dit elle-même que ce qu'on allait faire était bien plus important que les devoirs et que tout ce qu'on avait jamais entrepris. S'il s'agit de se défendre contre Voldemort, il vaudrait mieux que plus de personnes reçoivent cet, euh, atout. Ça serait égoïste de notre part de nous enfermer sur nous-mêmes et de refuser des élèves de Serpentard de nous rejoindre.
– Justement, c'est une Serpentard, souligna Hermione, agacée. Et si elle en parlait à Ombrage ? On ne peut pas faire confiance à tout le monde, Harry.
– Je sais.
Il ne le savait que trop bien. C'est parce que ses parents avaient fait confiance à Pettigrow que leur sortilège Fidelitas avait été brisé et que Voldemort avait pu les retrouver. Sa confiance envers autrui avait été mise à rude épreuve tout au long de sa vie, et Harry voulait croire ne serait-ce que cette année que les maisons n'étaient qu'une illusion qu'ils pouvaient tous dépasser si un jour ils en avaient envie.
– Elle est gentille avec moi, défendit Harry, les mains dans les poches de son blouson. Et elle ne croit pas ce que raconte la Gazette sur mon compte.
– Ah, elle a vraiment dit ça ? s'étonna Hermione d'une voix pincée.
– Pas vraiment, non... mais...
– Ecoute, vieux. C'était bien beau de ta part de l'inviter, mais je te ferai dire qu'elle faisait partie des Serpentard qui n'ont pas arrêté de se moquer de moi lors de la séance d'essai. Elle ne vaut sans doute pas mieux que Malfoy.
– Elle ne s'est pas vraiment moquée. Elle... Elle accompagnait juste ses amis.
– Dis-moi qui sont tes amis, et je te dirai qui tu es, marmonna Hermione en tournant à gauche. Nous y voici.
Elle ne laissa pas le temps à Harry de répliquer quoique ce soit et poussa la porte de la Tête du Sanglier. Le décor n'avait rien à voir avec celui des Trois Balais dont la vaste salle aux lueurs chaleureuses était propre et confortable. Ici, tout semblait petit, miteux et imprégné d'une couche de crasse.
Les fenêtres en saillie étaient tellement incrustées de saleté que la lumière du jour peinait à s'infiltrer à l'intérieur. Toutefois, un mince rayon de soleil parvint à éclairer le visage bourru du barman qui donna à Harry une fugace impression de déjà-vu. Hermione l'éloigna vers une table isolée tandis que Ron commandait trois Bièreaubeurre.
– Bon, y'a plus qu'à attendre, dit Ron en décapsulant sa bouteille d'un coup de baguette magique.
Harry n'avait bu que trois gorgées lorsque la porte du pub se rouvrit sur Dean et Neville, suivis de près par Colin, Lavande et les jumelles Patil. Il s'avéra ensuite que l'équipe de Quidditch des Gryffondor s'était donnée rendez-vous au complet quand Fred tenta de se frayer un chemin entre les chaises d'Angelina et Alicia. Cho arriva peu après avec une amie aux longues boucles blondes et aux airs grincheux. Terry Boot, Anthony Goldstein et Michael Corner (qui sortait avec Ginny) firent également irruption dans le bar. Luna Lovegood – égale à elle-même – débarqua avec cet habituel air surpris, donnant l'impression d'être arrivée là par un magnifique hasard.
– Deux ou trois personnes tu m'avais dit ! s'exclama Harry, entre ses dents serrées.
Hermione fit la sourde oreille et métamorphosa les bouchons de Bièreaubeurre en chaises supplémentaires au dossier droit. Quelques personnes vinrent lui serrer la main avec enthousiasme tandis que d'autres, peu certains de l'attitude à adopter, regardaient la Tête du Sanglier avec un intérêt frisant le professionnalisme. Quand Ernie Macmillan finit par s'assoir d'une allure pompeuse entre Colin et son frère, toute l'attention fut redirigée vers Harry.
– Bien, dit Hermione d'une voix rendue suraiguë par l'anxiété, je vous ai contactés parce que vous sembliez intéressés par la proposition de Harry... Enfin, celle dont j'ai eu l'idée, corrigea-t-elle rapidement après qu'il lui ait envoyé une oeillade sévère. Je vais aller droit au but : les cours que nous donnent cette Ombrage sont absolument lamentables et ne nous préparent pas du tout à ce qui nous attend en dehors de l'école. Ce n'est pas en lisant son stupide livre qu'on parviendra à se défendre des attaques. Alors c'est pourquoi nous pensions former un groupe de défense dont nous serions chacun membre... Euh, si vous êtes toujours intéressés. Ce groupe se réunira aussi régulièrement que possible en prenant en compte les emplois du temps de chacun. On essaiera de réaliser des sortilèges et des maléfices qui nous aideront. Je pense sincèrement que la pratique est une fidèle allié lorsqu'il s'agit de l'apprentissage.
– Absolument, confirma Anthony Goldstein en applaudissant bruyamment.
– Et puis, ce n'est pas que pour notre avenir de futurs diplômés. C'est aussi pour nos B.U.S.E. Si nous ne nous prenons pas en main, la première fois qu'on lancera le moindre sort ça sera le jour de l'examen et ça, c'est absolument intolérable ! Ce n'est pas en nous mettant des oeillères et en balisant le terrain de tout un tas de décrets plus inutiles et abracadabrants les uns que les autres que le Ministère arrivera à nous protéger de...
La porte s'ouvrit. Nyx venait d'apparaître avec Blaise Zabini.
– Oh, euh, ça a commencé, marmonna-t-elle d'un ton d'excuse.
Tous les élèves la dévisagèrent, mais leurs regards furent d'autant plus insistants pour Zabini.
– Tu peux t'installer ici, indiqua Harry en cédant sa propre chaise.
Nyx la tira jusque dans un recoin sombre et n'y bougea pas tandis que Zabini s'asseyait à même une table, la mine renfrognée. Harry se demandait s'il l'avait accompagnée ici de force, pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une affreuse embuscade de sa maison contre les Serpentard.
Il se demanda alors s'il pouvait parler librement devant lui. Après tout, le Serpentard traînait souvent avec Malfoy... Harry ignorait si Zabini appréciait vraiment Draco ou faisait semblant car il était l'héritier d'une grande famille. Il préféra repousser ses questions et se focaliser sur l'instant présent, bien que l'arrivée des deux Serpentard ait jeté un froid sur la petite assemblée.
– … de nous protéger des Mangemorts, finit Hermione.
– Et où se dérouleront ces réunions ? demanda Angelina.
– On n'a pas encore vraiment d'idée, admit Ron. Mais si vous, vous en avez...
– Pourquoi pas la Cabane Hurlante ? proposa Luna d'une voix presque éteinte.
– Peut-être que McGonagall nous prêtera sa salle de classe pour nous entraîner, suggéra Alicia.
– Je ne pense pas que nous devrions afficher notre groupe de défense, fit remarquer Hermione. Quand bien même nous aurons le soutien des enseignants, c'est un peu se mettre le Ministère à dos.
– Vous avez pensé à la Salle sur Demande ?
Tout le monde, y compris Zabini, se tourna vers le coin occupé par Nyx.
– Eh bien oui, la Salle sur Demande, répéta-t-elle comme si elle s'adressait à un groupe de trolls endormis. C'est celle qui est au septième étage et qu'on ne trouve qu'en pensant très fort à ce qu'on cherche. Elle disparaît la plupart du temps, mais parfois elle se montre quand on en a vraiment besoin. Cette pièce peut prendre toutes les formes possibles et si on lui demande une salle où l'on pourrait être à l'abri d'Ombrage tout en pouvant s'exercer, je pense qu'elle nous la donnerait, vous ne croyez pas ?
Hermione semblait abasourdie.
– Je connais cette Salle, assura Harry. Elle contenait... Un miroir quand je l'ai trouvée.
Zabini éclata de rire.
– Un nouvel élan d'égocentrisme à assouvir, Potter ?
Harry n'y prêta pas attention tandis que Nyx le fusillait du regard.
– D'accord, dit-il d'un ton résolu. On cherchera du côté de cette salle.
Personne ne semblait très convaincu de la viabilité de ce groupe. Mais plus Harry y pensait, plus il était persuadé que cela pouvait être une excellente idée.
– C'est vrai que tu peux faire apparaître un Patronus ? demanda Luna.
– Euh, oui. Oui c'est vrai, assura Harry tandis que les autres clients de la Tête du Sanglier tendaient l'oreille (pour ceux en ayant encore).
– J'aimerais bien apprendre en faire un, moi aussi, ajouta la Serdaigle comme s'il n'avait pas parlé.
Un murmure approbateur parcourut les autres élèves et Hermione profita de cette occasion pour sortir un bout de parchemin.
– Je pense qu'il serait plus sage d'inscrire tous nos noms sur cette liste, pour, euh, savoir qui était là à la première réunion.
Ernie fixa le papier d'un air réticent et Ron déclara, comme s'il lisait dans ses pensées :
– Allons, Ernie, tu ne crois pas que Hermione soit sotte au point de la laisser traîner, hein ? Nous aussi on est préfets, je te ferai dire, et on prend autant de risques que toi.
Neville fut le premier à se lever pour y inscrire son nom. Les autres l'imitèrent en se tenant en file indienne. Nyx y griffonna son prénom après avoir adressé un sourire timide à Harry. Même Zabini avait rapidement signé d'un air impérieux. Cho et son amie furent les dernières à quitter la Tête du Sanglier juste avant eux. Dehors, il commençait à pleuvoir, alors Hermione rangea la liste dans la poche de sa cape.
– En fait, ça c'est plutôt bien passé, prononça Harry avec un sourire en passant devant un salon de thé ressemblant à une bonbonnière.
Ooo
Kendall et Nyx s'étaient installés à une table de chez Madame Pieddodu. Dans la salle exiguë et embuée, tout semblait décoré de petits nœuds et de fanfreluches qui mirent mal à l'aise les deux adolescents. Kendall avait entendu dire que c'était un endroit charmant et tout à fait approprié pour un rencard : plus jamais il n'écouterait les conseils d'Heather.
– C'est, euh, mignon, non ? tenta Kendall en se tournant nerveusement les pouces tandis que Mrs Pieddodu s'éloignait derrière un comptoir étriqué pour revenir avec leurs chocolats chauds. Regarde, il y a même des anges.
Il lui désigna de l'index les angelots dorés qui voletaient paresseusement au-dessus de leurs têtes en jetant de temps à autre des poignées de confettis roses. Ils étaient tous les deux installés à la table contre la vitrine, où une pluie torrentielle s'abattait sur Pré-au-Lard.
– Harry a l'air de bien t'aimer, commenta Kendall.
– Je crois qu'il est juste agréablement étonné que je ne sois pas méchante avec lui, devina Nyx. Ça doit sans doute lui faire du bien. Et puis, ça élargit un peu sa vision du monde : tout n'est pas noir ou blanc. Je te remercie de m'avoir accompagnée à la réunion. Je me voyais mal m'y rendre toute seule. Tu as vu la tête qu'a fait...
Kendall avait de plus en plus de mal à se concentrer sur ce qu'elle disait. À la table voisine – se trouvant à moins de cinquante centimètres d'eux – Roger Davis, le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serdaigle, tenait la main de sa copine. Peut-être que Nyx s'attendait à ce que lui aussi prenne sa main. Tandis qu'il esquissait un geste pour la saisir, Mrs Pieddodu arriva avec leur commande et Nyx attrapa son chocolat.
– Merci, dit-elle avec un sourire. Regarde, elle m'a fait un dessin dans ma crème ! C'est trop cool.
Kendall se pencha pour regarder après avoir fait semblant d'attraper sa serviette en papier pour justifier son geste.
– Tu comptes retourner aux réunions de Potter et ses amis ? chuchota Kendall en détournant brusquement les yeux de Davis qui avait commencé à embrasser goulument sa copine au-dessus du sucrier.
– Je pense, répondit Nyx après avoir avalé une gorgée de chocolat. Ça peut-être intéressant, non ?
Un angelot lui jeta une bonne poignée de confettis dans l'oeil et Kendall grogna de douleur.
– Non, mais c'est pas vrai, maugréa-t-il en se frottant les yeux avec la manche de son blouson.
– Viens par-là.
Nyx attrapa son visage entre ses mains et lui enleva le confetti rose coincé entre ses cils et lui accorda un sourire rayonnant. Ils continuèrent de parler une bonne heure puis finirent par quitter le salon de thé.
– C'était plutôt sympa, admit-elle en saisissant son bras pour marcher côte à côte. Mais j'aurais préféré moins de rose.
– Oui, c'est vrai que vers la fin c'était plutôt écoeurant...
Ils firent un tour chez Scribenpenne et s'intéressèrent de près aux nouvelles marchandises de la saison (Nyx acheta avec la fausse monnaie des studios une plume à encre multicolore. Elle était certaine que ça ferait très plaisir à Cha d'en avoir une). Lorsqu'ils empruntèrent le chemin sinueux jusqu'au château, la pluie avait cessé depuis plusieurs minutes.
– Je peux te poser une question ?
– Oui, bien sûr, répondit Kendall.
– Est-ce que tu ne te sentirais pas un peu seul ?
– Comment ça ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
– Je, eh bien, j'ai remarqué que tes parents étaient souvent absents. Et tu vois, en tant que fille unique, je sais que ça peut être dur parfois alors quand je repense un peu à ce que tu me dis, j'imagine que ça ne doit pas toujours être la joie pour toi. (Les yeux de Kendall s'écarquillèrent) Alors... Alors si tu veux passer plus de temps avec moi, je veux dire, rester à la maison ou quoi, je suis là.
– Merci.
Il la serra dans ses bras et respira l'odeur de ses cheveux. Son shampoing avait l'odeur du bubble-gum. Nyx le dévisagea un moment et Kendall profita de cette opportunité pour poser ses lèvres sur les siennes. Celles de Nyx s'entrouvrirent et il glissa sa langue à l'intérieur. Il rapprocha un peu plus son visage du sien afin d'approfondir ce contact puis finit par se retirer. Il soupira de bien-être, tant la frustration l'avait rongé ces dernières semaines.
– On devrait faire ça plus souvent, dit-il en achevant son baiser. Allez, viens.
Ils retournèrent dans leur Salle Commune et passèrent le plus clair de leur temps lovés l'un contre l'autre dans un canapé jusqu'à l'heure du dîner. Tandis que Nyx somnolait, Noah se laissa tomber sur un fauteuil en soupirant :
– C'est la merde.
Kendall arqua un sourcil et le laissa poursuivre.
– Apparemment, quelques professeurs aussi veulent faire grève. Ils sont en pleine réunion dans les sous-sols. En-dessous, y'a du grabuge.
– Oui, mais... Ça n'expliquera pas pourquoi il n'y aura personne au dîner tout à l'heure. Enfin, ce ne sont pas nos oignons, hein ?
– Elle dort ?
Kendall caressa les cheveux de Nyx qui tombaient sur son épaule.
– Je crois bien. Elle n'est pas encore habituée à faire des allers-retours entre les studios et chez elle.
– Tout le monde est passé par là. Dis, tu l'aimes bien n'est-ce pas ? (Kendall acquiesça) Et... Et la production vous autorise à sortir ensemble ?
– Comment ça nous autorise ?
– J'ai entendu dire qu'on ne pouvait pas fréquenter qui on voulait. Tu as bien vu avec Dawn et Dylan ? Ils sont obligés de faire semblant de fricoter avec Heather alors qu'ils ont pratiquement grandi ensemble !
– Ce sont juste des rumeurs. Je ne vois pas l'intérêt que pourrait avoir la production de m'interdire de fréquenter Nyx. On est bien ensemble.
– Et sinon, tu te sens prêt pour le match contre Gryffondor ? demanda Noah en changeant brusquement de sujet.
– Je n'ai pas trop le choix, mais avec Dylan on s'est bien entraîné cet été.
– Ouais... Enfin, s'il ne tombe pas de son balai en s'endormant. D'ailleurs, où est-il ?
Ooo
Ce soir encore, Harry avait eu une retenue avec le professeur Ombrage. Sa main sanguinolait et il commença à courir à petit pas pressés jusqu'à un raccourci le menant directement à la tour Gryffondor. Mais, tandis qu'il gravissait l'escalier en colimaçon, sa plaie se mit à saigner si abondamment que du liquide rouge éclaboussa le sol dallé.
Harry grogna de douleur, bouchant sa coupure avec ses doigts et rebroussa chemin en courant. Il dévala quelques marches et entra précipitamment dans les toilettes des filles. À l'intérieur, Draco Malfoy lui tournait le dos, les deux mains cramponnées au lavabo éraflé par l'usure du temps. Sa tête, aux cheveux d'un blond presque blanc, était penchée en avant. (1)
À première vue, ils étaient trempés, comme si Malfoy s'était mis la tête sous l'eau. Ses épaules tressautaient à intervalle régulier et la voix d'ordinaire suraiguë de Mimi Geignarde s'éleva d'un des cabinets :
– Non, calme-toi. Calme-toi. Dis-moi ce qui ne va pas... Je peux peut-être t'aider.
– Personne ne peut m'aider, répondit Malfoy d'une voix rauque, le corps tremblant. Je n'y arrive juste pas... C'est impossible...
Avec un choc si considérable qu'il en fut cloué sur place, Harry comprit alors que Malfoy pleurait, des larmes coulant sur son visage blême. Le Serpentard renifla, fut secoué de violents frissons et, lentement, leva la tête dans le miroir craquelé se trouvant en face de lui et contempla le reflet de Harry. Ce dernier déglutit et porta instinctivement sa main dans sa poche, où se trouvait sa baguette magique.
Mais Malfoy resta imperturbable et n'essaya même pas de dégainer la sienne. Le fantôme de Mimi Geignarde les regarda alternativement avant de disparaître par un des siphons en produisant un glapissement d'effroi. Toujours sa baguette brandie et pointée sur Malfoy, Harry attendait le moindre signe d'hostilité pour l'arroser de tous les maléfices qu'il avait en tête. Le Serpentard renifla plus discrètement cette fois ci, essuya ses larmes d'un geste rageur et dit d'une voix éraillée :
– Ce serait stupide de m'attaquer maintenant... Ta main. (Harry fronça des sourcils) Elle saigne.
En effet, sa coupure devenait de plus en plus inquiétante. Une espèce de pâte boursoufflée se formait sur le dessus, mais de grosses gouttelettes la traversaient et ruisselaient jusque dans la manche de sa robe de sorcier.
– C'est Ombrage, c'est ça ?
Etonné, Harry abaissa sa baguette magique.
– C-Comment tu sais que... ?
– Je sais des choses, c'est tout, rétorqua-t-il.
– Pourquoi tu pleurais ?
Draco eut un sourire sardonique.
– Pourquoi ? Ça t'étonne que je puisse ressentir des émotions ?
Oui, ça l'étonnait que des choses puissent atteindre Malfoy. Cette année avait l'air prometteuse pour lui. Il était préfet et membre de la brigade Inquisitoriale. Son père était un des fidèles conseillers du Ministre et pour finir, l'équipe de Quidditch de Serpentard était très bien placée dans le classement général. Harry ne voyait définitivement pas ce qui pourrait mal tourner dans sa vie pour être aussi atteint. Malfoy avait toujours été quelqu'un de détaché.
– Il t'est arrivé quelque chose ? (Silence) Tu as dit à Mimi que... que tu ne pouvais pas y arriver et que personne ne pouvait t'aider. De quoi tu parlais ?
Malfoy ne répondit toujours pas, mais jeta un rapide coup d'oeil vers la porte.
– Depuis quelque temps, poursuivit Harry sans pour autant se dégonfler face à son mutisme, tu n'arrêtes pas de dormir en cours et un peu partout dans le château. Je sais bien que ce ne sont pas tes rondes de préfet qui te fatiguent autant. Tu prépares quelque chose, n'est-ce pas ?
– Si je préparais vraiment quelque chose, tu ne crois pas que des sorciers plus expérimentés et avisés que toi en seraient venus à la même conclusion et m'auraient surveillé ? Je ne prépare rien du tout, Potter.
– Qu'est-ce que tu faisais avec un livre d'Histoire moldue à la bibliothèque ? Et pourquoi il y avait marqué Dylan sur ton cahier ?
Malfoy tressaillit et cela suffit pour lui mettre la puce à l'oreille.
– Ce n'est pas ce que tu crois, répondit-il calmement en s'avançant d'un pas. (Harry eut un brusque mouvement de recul, comme s'il appréhendait une attaque sournoise) Tu crois connaître les gens qui t'entourent, mais ce n'est pas le cas. Je ne suis pas qu'un petit con arrogant et tu n'es pas... tu n'es pas qu'un gentil petit sorcier bien-pensant. Je te garantis que c'est bien plus compliqué que ça en a l'air. Je ne prépare rien.
– Alors si toi tu ne prépares rien, qui est-ce ? demanda Harry en réfléchissant à toute allure. C'est Voldemort, c'est ça ?
Draco ne prit pas la peine de frissonner ou de se boucher les oreilles en entendant son nom. Il n'eut aucune réaction et cela convainquit Harry que quelque chose d'inhabituel se tramait. Il fronça les sourcils et s'avança à son tour. Les bribes de leur conversation se bousculaient dans sa tête. Quand Harry avait été sur le point d'ouvrir le sac de Malfoy pour en vérifier le contenu, Hermione avait brusquement fait irruption.
C'était déjà suspect en soit, pourtant le bruit provenant du sac ressemblait fortement à celui que produisait le nouveau téléphone portable de Dudley quand il était sur vibreur. Mais les objets moldus n'étaient pas censés fonctionner à Poudlard : Hermione le lui avait répété un nombre incalculable de fois. Malfoy ne pouvait pas avoir un objet moldu avec lui. Ça ne serait pas rationnel pour plusieurs raisons. Sans lui laisser le temps d'esquisser le moindre geste, Malfoy examina la coupure de Harry en la prenant dans ses mains.
– Tu devrais essayer l'huile essentielle de géranium. Ça a des propriétés curatives. Je crois même que ça arrête les hémorragies immédiatement et entretient la peau.
– De géranium ? répéta Harry, hébété.
– Oui, c'est ce que j'ai dit.
– Mais... Mais c'est une plante moldue, fit-il remarquer en ôtant vivement sa main. Tu t'y connais aussi en botanique moldue ?
Il rangea enfin sa baguette dans sa poche et passa sa main sous l'eau.
– Tout ne tourne pas autour du monde de la magie, Harry.
Le concerné fit aussitôt volte-face. Il plissa les yeux, observant les pupilles de Malfoy emplies de doute, d'appréhension et de quelque chose s'apparentant à de la pitié. Lentement, Harry formula :
– Qui es-tu ?
Dès lors, la porte des toilettes des filles s'ouvrirent à grand fracas sur Ron. Malfoy sursauta et s'éloigna brusquement de Harry. Déboussolé, Ron regarda intensément Draco qui ne sut quoi faire pendant un instant et finit par courir jusqu'à la sortie.
– Il... Il est parti, bégaya stupidement Harry.
– Il avait sans doute quelque chose à se reprocher, lança Ron en l'entraînant à son tour en dehors des toilettes.
– Non, il était différent. C'était quelqu'un de différent de d'habitude. Je te jure, Ron.
Ron le dévisagea.
– Harry, c'est un Serpentard. Bien sûr qu'il va faire semblant d'être quelqu'un de différent juste pour t'user les nerfs et t'embrouiller.
– Malfoy a changé. Je ne saurais pas te dire en quoi, mais je ne l'ai pas reconnu. Ce n'est pas le même que celui que je connais, que celui qui était là le jour de la rentrée. Je te le promets. Je ne mens pas, Ron.
Son meilleur ami lui lança une oeillade inquiète et examina sa plaie qui continuait de saigner.
– Tu devrais aller te reposer à l'infirmerie. Peut-être que perdre tout ce sang t'as rendu un peu, euh... sur le qui-vive.
– Tu crois que je suis fou, c'est ça ?
– Non ! Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Tu te surmènes un peu, voilà tout.
Harry fit volte-face et marcha en de grandes enjambées jusqu'à l'escalier principal.
– Je te prouverai que j'ai raison.
– Tout ça c'est de la folie pure, Harry ! Comment veux-tu que Malfoy ait changé ?
La phrase fit tilt dans son esprit.
– Je sais. J'ai tout compris, formula-t-il tandis qu'ils arrivaient au septième étage. Malfoy prend du Polynectar. On en a bien pris quand on était en deuxième année, non ? Sans doute que la personne que j'ai vu n'était pas lui, mais une autre personne ayant sa forme, tu comprends ?
– C'est... C'est un peu tiré par les cheveux, admit Ron d'un air hésitant. Comment cette personne aurait pu prendre un de ses cheveux ? Ça serait plus facile d'arracher une dent à mains nues de la gueule d'un dragon !
– Je sais, soupira Harry. Mais il ne peut pas y avoir d'autre explication, Ron. Je... Je le sais que ce n'était pas lui. J'en suis vraiment convaincu au fond de moi. Je le connais bien et le Malfoy habituel n'aurait jamais réagi comme ça.
Ils lancèrent le mot de passe au portrait de la Grosse Dame qui pivota et les laissa entrer dans la Salle Commune pratiquement vide en cette heure de la soirée.
– Au fait, comment tu as su que j'étais dans les toilettes des filles ?
– J'ai entendu du bruit, répondit automatiquement Ron. Bon, je vais me coucher, vieux. Traîne pas trop et pense à soigner cette plaie.
Harry le laissa rejoindre les dortoirs, mais il ne put s'empêcher de se faire la réflexion que Ron lui mentait.
Ooo
Ce matin-là, un écriteau violet portant le sigle du Ministère de la Magie avait recouvert toutes les petites annonces du tableau d'affichage de la Salle Commune des Gryffondor.
PAR ORDRE DE LA GRANDE INQUISITRICE DE POUDLARD
Toutes les organisations, associations, équipes, groupes et clubs d'élèves sont dissous à compter de ce jour. Une organisation, association, équipe, groupe et club se définit par la réunion à intervalle régulier de trois élèves ou plus. L'autorisation de former à nouveau de tels rassemblements doit être demandée à la Grande Inquisitrice (Dolores Ombrage).
Aucune organisation, association, équipe, groupe et club d'élèves ne peut exister sans l'approbation de la Grande Inquisitrice. Tout élève fondateur ou membre d'une organisation, association, équipe, groupe et club qui n'aurait pas été approuvée par la Grande Inquisitrice serait immédiatement renvoyé de l'école. Les mesures ci-dessus sont prises conformément au décret numéro vingt-quatre.
Signé : Dolores Jane Ombrage, Grande Inquisitrice de Poudlard.
Harry, Ron et Hermione partagèrent une mine décomposée : cela ne pouvait pas être un hasard si le lendemain même de leur réunion à Pré-au-Lard un tel décret surgissait ! Le Survivant relisait entièrement l'avis, comme pour se persuader de sa véracité et de son authenticité.
L'impression de bonheur qu'il avait ressenti la veille à l'idée de former un groupe d'autodéfense clandestin avait disparu d'un coup, telle une bulle de savon. Désormais, tout son corps palpitait de rage. Alors qu'ils se rendaient jusque dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, Hermione leur garantit qu'il était impossible que quelqu'un ait pu vendre la mèche.
– C'est impossible pour la simple et bonne raison que j'ai ensorcelé le morceau de parchemin que nous avons tous signé, avait-elle dit d'un ton menaçant et laissant libre court à leur imagination fertile en guise de châtiment. Crois-moi, si quelqu'un nous dénonce à Ombrage, nous saurons exactement qui c'est et il le regrettera amèrement.
– Qu'est-ce qui lui arrivera ? demanda Ron d'un air avide tandis qu'ils franchissaient les immenses portes du réfectoire.
– Disons que, par comparaison, l'acné d'Eloïse Midgen apparaîtra comme de ravissantes petites taches de rousseur.
Le sourire victorieux de Hermione laissait présager quelque chose de particulièrement horrible et Harry en eut presque froid dans le dos. La nouvelle du décret numéro vingt-quatre s'était répandue comme une traînée de poudre à travers tout Poudlard. Bizarrement, la table des professeurs était pratiquement vide.
Seul le professeur Flitwick discutait avec frénésie avec Chourave qui lisait la Gazette du Sorcier, appuyée contre une cruche de jus de citrouille. Quand Hermione reçut son propre exemplaire quotidien, elle se cacha derrière une bonne partie du repas avant de déclarer qu'il n'y avait rien de nouveau. Tous les trois se levèrent et se rendirent jusqu'aux serres où se déroulerait leur premier cours du jeudi : celui de Botanique qu'ils avaient en commun avec les Poufsouffle. Ils descendaient les étroits escaliers de pierre quand Angelina les devancèrent, les larmes aux yeux :
– Harry ! Ron ! Est-ce que vous vous rendez compte que le décret concerne aussi les équipes de Quidditch ? Il faut que j'aille demander la permission pour reformer la nôtre.
Affolé, Harry ouvrit la bouche pour protester, mais Angelina l'interrompit net, au comble du désespoir :
– Écoute-moi bien, Harry. Je te le dis pour la dernière fois... S'il te plaît, s'il te plaît, ne recommence pas à t'énerver avec Ombrage sinon elle peut nous interdire définitivement de jouer !
– D'accord, très bien, souffla-t-il à contre cœur. Je ferai attention.
Ils repartirent tous les trois, laissant là Angelina plus anxieuse que jamais. Pour ne pas s'énerver contre Ombrage qu'il retrouverait après la leçon de botanique, Harry avait prévu de s'installer tout au fond de la salle de classe et de ne pas lever le nez de son affreux manuel. Ils pénétrèrent dans la serre numéro trois où Ernie MacMillan ajustait ses gants en peau de dragon. Il avait une attitude un peu suspecte et transpirait à grosses gouttes. Dès qu'il les aperçut, le préfet des Poufsouffle leur fit part de son inquiétude face à l'apparition inopinée du nouveau décret :
– Et si elle savait déjà ?
– Qu'est-ce que tu veux qu'elle fasse ? rétorqua Ron, les dents serrées en tranchant les branches de son Bulbe Enchanteur. Hier, quand nous étions tous à Pré-au-Lard, nous ne faisions rien de mal. Nous ne sommes même pas concernés par ce décret. Rien de formel n'a été fait, fit-il remarquer en levant un doigt pour se donner un petit air important. Nous ne sommes pas encore ni une organisation, ni une équipe, ni une association, ni quoique ce soit. Juste des élèves qui discutent des examens de fin d'année.
– Oui, t'as raison, admit Ernie qui semblait réfléchir tout en s'éloignant vers sa propre paillasse.
Le professeur Chourave passa parmi eux afin de vérifier de quelle manière ils se débrouillaient durant cette séance de travaux pratiques. Elle attribua un « Effort Exceptionnel » à Harry ce qui lui remonta passablement le moral. Il était rare qu'il obtienne des notes correctes ces derniers temps. En arrivant devant la classe de Défense Contre les Forces du Mal, Harry fut immédiatement ramené à la réalité par la voix traînante de Draco Malfoy.
Harry sentit quelque chose remuer dans son ventre lorsqu'il repensa à ce qu'il s'était produit la veille dans les toilettes des filles. Le Draco qu'il avait rencontré hier soir ne ressemblait en rien à celui qu'il avait sous les yeux à présent. C'était même curieux d'avoir perçu un jeune homme déboussolé et sensible. Étrangement, il regrettait que Ron ait fait interruption dans la pièce. Il aurait aimé parler un peu plus à ce Draco-là. Debout, devant la porte de la classe, Malfoy brandissait un parchemin d'aspect officiel et parlait plus fort qu'il n'était nécessaire pour être sûr que tout le monde l'entende.
– Oui, Ombrage a tout de suite donné à l'équipe de Quidditch de Serpentard la permission de continuer à jouer. Je suis allé la lui demander dès ce matin et ça c'est fait de manière quasi automatique. Elle connaît assez bien mon père, il va toujours faire un tour au Ministère... Ce serait intéressant de savoir si Gryffondor a reçu l'autorisation de maintenir son équipe.
Harry serra les poings, mais ne dit rien. Il était habitué à ce genre de provocation gratuite. Malfoy excellait dans le domaine et voulait le mettre en colère à deux pas du bureau d'Ombrage et ainsi compromettre leurs chances pour le prochain match. Harry ne lui donnerait pas ce plaisir si facilement. Sans doute voulait-il aussi le rabaisser pour l'avoir surpris hier soir dans une telle situation de vulnérabilité.
– Je veux dire par là, poursuivit Malfoy dont les yeux gris lançaient des lueurs malveillantes dans leur direction, que c'est une question d'influence auprès du Ministère. Je ne pense pas qu'ils aient une grande chance... D'après ce que m'a raconté mon père, il y a des années qu'ils cherchent un motif pour licencier Arthur Weasley... Quant à Potter... Mon père dit que ce n'est plus qu'une question de temps avant que le Ministère l'expédie à Ste Mangouste... Il paraît qu'ils ont un service spécial pour les gens qui ont le cerveau ramolli par un excès de magie.
Il exécuta une grimace grotesque, la mâchoire pendante et les yeux roulant dans leurs orbites. Zabini resta de marbre tandis que Nott semblait regarder ailleurs, d'un air totalement désintéressé. En revanche, Crabbe, Goyle et Pansy Parkinson hurlèrent d'un rire hystérique.
Soudain, quelque chose heurta violemment l'épaule de Harry, le projetant sur le côté. Une fraction de seconde plus tard, il comprit que Neville fonçait droit sur Malfoy. Dean tenta courageusement de le retenir, mais Neville se débattait avec une telle frénésie qu'il ne put le retenir. Crabbe et Goyle firent jouer de leurs biceps tandis que Malfoy se planquait derrière les deux armoires à glace.
– Pas... drôle... ne jamais... Mangouste..., grognait Neville tandis que Harry et Ron tentait de le ramener dans le petit groupe des Gryffondor.
La porte s'ouvrit à grand fracas sur la silhouette courtaude de Ombrage. Elle analysa rapidement la situation avec un immense sourire et gloussa.
– Oh, je vois qu'on est en pleine bagarre, Potter, Weasley et Londubat. Toujours les mêmes, dit-elle de son agaçante voix de petite fille. Dix points en moins pour votre maison. Et Potter, je crois que vous aurez le droit à une nouvelle retenue.
Harry lâcha Neville qui lui lança en retour un regard furieux. Mais il s'en fichait : si Neville avait foncé droit vers le groupe de Malfoy, ces derniers l'auraient mis en pièce. En s'installant en classe, Harry comprit son énorme erreur : et dire qu'Angelina l'avait mise en garde il n'y a même pas quelques heures... Que dirait-elle lorsqu'elle apprendrait ce qu'il s'était passé ?
Il était évident qu'Ombrage, grâce au décret numéro vingt-quatre, prendrait un malin plaisir à le torturer en le menaçant de ne pas reconstituer leur équipe. Elle en était très bien capable et cela constituait une nouvelle arme contre Harry.
Ooo
A Sinuesa Valley, Patti Sommerhearst profitait de cette journée pour faire le ménage dans les chambres. Vector s'occupait du living-room et de la cuisine. Le jeudi avait toujours été une journée très appréciée de Patti et depuis qu'elle était institutrice, elle ne travaillait que le matin puisque l'après midi ses élèves se rendaient dans le vaste potager de la ville. La municipalité de Sinuesa voulait sensibiliser ses très jeunes citoyens aux intérêts écologiques. Même si Patti était une jardinière avertie, elle adorait profiter de ces heures de calme pour rentrer chez elle et nettoyer compulsivement ses bibelots.
En entrant dans la chambre de Nyx, elle tira les rideaux et laissa la pièce s'aérer. Nyx n'aimait pas qu'on range sa chambre à sa place. Sa mère pouvait absolument comprendre pourquoi, mais elle ne pouvait tout de même pas laisser tout ça tel quel ! À l'aide de son plumeau, elle épousseta les cadres photos dont une bonne partie était occupé par le visage rayonnant de Cha.
Mrs Sommerhearst s'arrêta en plein geste quand elle en vit accroché au mur à l'aide d'une épingle un polaroïd de Kendall et sa fille sur la plage, souriant à l'objectif. Elle passa ensuite son plumeau sur le coffre à bijoux fantaisies, sur sa rangée de vinyles soigneusement entreposés et mis de l'ordre dans sa pile de DVD.
Patti passa finalement l'aspirateur quand, tout à coup, quelque chose boucha le conduit. Elle souleva le manche et vit que l'appareil avait aspiré par mégarde un magazine qui était sous le lit de Nyx. Patti l'attrapa et tomba nez à nez avec la couverture du dernier numéro du Time : « ANDREW BURST VA-T-IL TROP LOIN ? ARGENT, GÉNIE ET INFLUENCE : QUI SE CACHE DERRIÈRE CET HOMME SURPUISSANT ? ». Un post-it était collé à une page et Patti s'assit sur sa chaise de bureau pour lire :
UN BUSINESS FLORISSANT (où quand l'or coule à flot)
Une des spécificités des produits dérivés du monde de Harry Potter est qu'ils sont tous fabriqués et assemblés au Royaume-Uni. Les premiers ateliers de fabrications ont été basés dans la couronne extérieure de Londres.
Rappelons que Talia Burst – épouse du producteur – est la fille d'un grand industriel du textile. C'est le père de celle-ci qui prend toutes les commandes concernant le prêt-à-porter de l'émission. À chaque saison, les stylistes de Harry Potter sortent des collections toutes plus originales les unes que les autres. Un des grands cartons de l'an passé a été les uniformes des écoles de Beauxbâtons et Durmstrang. « On en a vendu près de deux millions d'exemplaires », s'extasie Rohan Nadgūl (le père de Talia), « Nous avons dû former une seconde équipe de nuit pour tenir la cadence et respecter le délai de commande. Ce sont surtout les chapeaux qui ont été demandés. Notre designer était très inspirée pour créer la garde-robe spécialement dédiée au Tournoi des Trois Sorciers ».
Le marché des produits dérivés se partage actuellement entre les membres de la famille Burst et Nadgūl. Si la première s'occupe plus particulièrement de l'aspect technique et commercial, l'autre est davantage concerné par la réalisation et l'exécution. Pietros Nadgūl, frère aîné de Talia et spécialiste en aéronautique, a aidé à la conception des balais de course et surveille étroitement leur fabrication dans un atelier dont la zone a été classée top secret.
Hannah Nadgūl, sœur jumelle de Talia, est quant à elle une des stylistes officielles de l'émission et a connu son heure de gloire en dessinant les robes que portaient Hermione Granger, Cho Chang, Parvati Patil et Fleur Delacour au bal de Noël.
Kandara Nadgūl, l'aînée de la famille, a été recrutée par son beau-frère pour ses talents en gastronomie. C'est elle qui est à la source de nombreux plats sorciers que nous pouvons voir à l'écran. Chaque secteur est attribué à quelqu'un qui exerce les mots et la volonté de Andrew Burst. « C'est une équipe de choc », affirme Hubert Grant, sociologue et statisticien, « Burst sait très bien qu'on ne pas trouver de meilleurs alliés qu'au sein d'une famille. La sienne a été un peu détruite au passage avec la mort prématurée de son frère et la maladie de son père. Il lui reste quelques cousins ici et là, mais ils n'ont pas la carrière et, malheureusement, l'intelligence dont bénéficie les Nadgūl. En épousant Talia, Burst avait sous la main des personnes très qualifiées et disposées à l'aider dans ses projets. Sans oublier leur grande richesse. »
Chaque produit dérivé est accompagné d'un encadrement marketing digne des plus grandes stars : s'il s'agit d'un produit alimentaire, il sera présenté successivement aux plages horaires dédiées aux repas, par exemple. Cette stratégie publicitaire se révèle redoutablement efficace.
Pour se rendre compte de cela, il suffit de prendre des données chiffrées très précises : lors de la douzième saison (sic. « Harry Potter et la Chambre des Secrets »), Harry découvrait dans la chambre de Ron des petites figurines de balais volants virevoltant à travers toute la pièce. À la fin de l'épisode, un encart publicitaire donnait les endroits où les stocks pouvaient être accessibles. En une semaine, près de six cent milles jouets ont été écoulés en Europe seulement. En moyenne, un téléspectateur de la série possède dix-sept produits dérivés (contre uniquement trois pour d'autres séries plus standard venant de studios hollywoodiens).
Le succès de Harry Potter est si viral qu'il contamine toutes les strates de la société. La différence entre cette émission et d'autres, c'est que les fans ne sont pas uniquement des enfants ou des adolescents. Il s'agit, pour une part très importante, d'adultes et ces derniers disposent donc d'un pouvoir d'achat plus conséquent. Puisque le fan dispose de son propre compte en banque, il sera plus aisé pour lui d'acheter sans passer par un intermédiaire ou devoir argumenter pour obtenir quelque chose.
Les magasins officiels de la série (qui sont déjà au nombre de quarante-sept au Royaume-Uni uniquement), se réalimentent quotidiennement de nouveaux éléments. « Je vais dans cette boutique tous les jours », me confie Arlette Dawson, une retraitée londonienne, « C'est mon préféré de tous. Chaque jour la vitrine est refaite. Par exemple, hier on avait le droit à un étal réservé à la famille Weasley. J'en ai profité pour acheter de nouvelles aiguilles à tricoter ensorcelées. C'est sacrément pratique, vous savez ! ». Le fait que les potterheads soient de grands enfants n'est pas un paramètre négligeable. S'ils disposent d'un budget spécialement consacré pour leur passion, cela a des répercussions sur la cellule familiale.
Selon l'Institut de la Consommation Européenne, près d'un foyer sur cinq admettrait avoir sacrifié des activités ou sorties en famille pour acquérir un produit de la fameuse télé réalité. En général, un adulte se rendant dans une boutique officielle dépense entre soixante et cent dix dollars alors qu'un adolescent aura tendance à se rabattre sur des produits plus accessibles ou bas de gamme. Il repartira avec une marchandise d'une valeur allant de quinze à trente-cinq dollars. « Peut-être que les jeunes de nos jours sont bien plus conscients des réalités immédiates. Ils ont vécu des crises financières, la récession et bien d'autres types de privations », suppose la députée du Sussex, « Ils doivent avoir du scrupule à l'idée de dépenser à outrance dans quelque chose qui ne constitue même pas une valeur sûre ».
Toutefois, les tendances s'inversent lors des conventions : si les adultes dépensent généralement plus dans la vie quotidienne, leurs cadets sont plus prompts à se vautrer dans la surconsommation lors de ces évènements exceptionnels. « Ce ne sont pas les mêmes comportements qu'on observe », appuie madame la députée, « et la façon dont est gérée l'entreprise de l'émission le prouve. Les conseillers en publicité sont très vigilants là-dessus et bien informés ».
Les produits dérivés de Harry Potter représentent environ trente-cinq pour cents du chiffre d'affaire total. La Division Commerce de l'émission a dévoilé le chiffre suivant : à la treizième saison (sic. « Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban »), les produits dérivés seuls ont rapporté près de deux milliards de dollars.
LE COMITATUS DE BURST
Ce vaste marché est partagé avec d'autres grands entrepreneurs formant le comitatus de Burst. Dans l'Antiquité, un empereur romain avait pour habitude de s'entourer des personnages les plus éminents pour s'en faire de redoutables et fidèles alliés en leur attribuant des privilèges bien spécifiques dus à leur charge. Andrew Burst s'entoure d'une cour d'hommes et de femmes bouillonnant d'idées et disposant de certains moyens afin de donner vie à ses projets. Même si le producteur a quelques scrupules à faire entrer des personnes dans son monde, il choisit toujours des individus de qualité.
Rodolf Puntz – magnat des réseaux sociaux – a lui-même développé le site internet officiel de l'émission. C'est d'ailleurs une des originalités de cette télé réalité : ce fut la première au monde à avoir son journal virtuel officiel. La page de Harry Potter comporte un programme actualisé minute par minute, des informations inédites, des jeux, des bons de réduction, des forums, un livre d'or et bien d'autres choses. Le tout présenté sous une forme très interactive, attrayante et pratique sous tous les formats (ordinateur, tablette, téléphone).
Aucun détail ne semble être laissé au hasard et le travail de Rodolf Puntz fait bien des envieux, surtout depuis le lancement de « Potterstream » : un canal dérivé du site officiel proposant de revivre l'aventure en trois dimensions après l'achat de lunettes spéciales dans une des boutiques officielles. Potterstream permet aux joueurs de réaliser des sortilèges derrière leur écran, de se balader dans un Poudlard interactif, mais aussi de découvrir des textes inédits rédigés par l'armée de scénaristes de la télé réalité.
Mr Puntz a rencontré Andrew Burst aux balbutiements de sa carrière dans l'univers de l'audiovisuel et depuis, ils n'ont cessé de collaborer. Samantha Runford – directrice du recrutement – a, elle, la responsabilité de dénicher les nouveaux talents. Cette dernière est là depuis la deuxième saison où Harry commença à évoluer à Privet Drive depuis sa poussette. Chaque visage visible à l'écran est d'abord passé par son bureau afin de subir une audition. Mrs Runford a fait ses armes dans une agence de mannequinat avant de se réfugier dans le monde la télé et du showbiz. C'est de cette manière qu'elle rencontra Andrew Burst. « J'ai tout de suite cru en son idée », affirma Samantha Runford dans une interview accordée au Sun, « Ca me semblait fantastique, mais un peu irréalisable... Pourtant, Andrew croyait tellement en son projet que je n'ai pu qu'être emballée ».
Georgio Fizziano fut pour sa part l'architecte de grands lieux tels Poudlard, le Chemin de Traverse et – plus récemment –, le Ministère de la Magie. Disposant d'un budget ''no limit'', le prodige italien put exercer ses dons en toute liberté. Poudlard a d'ailleurs été classé comme patrimoine de l'UNESCO et est en compétition cette année avec la nouvelle serre de la fôret Amazonienne pour devenir la prochaine merveille du monde.
« Dès que je me rends à Poudlard, je me sens envahie d'une bonne énergie. J'ai vraiment l'impression d'être chez moi, d'être comme j'aurais toujours dû être », raconte un passionné lors de l'ouverture estivale du château (Celui-ci est fermé aux visiteurs le restant de l'année scolaire pour les besoins de la série. Faire retourner Harry chaque année chez les Dursley est un moyen d'assurer le roulement des touristes voulant absolument voir les décors de plus près).
Il est tout de même intriguant – même paradoxal – de voir que Andrew Burst qui méprise l'univers éducatif a choisi comme base de son univers une école. Le producteur n'a jamais voulu répondre à cette question et entretient ainsi un des plus grands mystères entourant les murs de cette institution. De plus...
Patti Sommerhearst sursauta en entendant la porte d'entrée s'ouvrir. Elle redéposa le magazine là où elle l'avait trouvé et redescendit l'escalier en de petits pas précipités pour accueillir son mari qui rentrait de sa journée de travail.
Ooo
Cela faisait déjà plus d'une semaine que Dawn était en grève. Il avait profité de ce temps de calme pour quitter Londres et rejoindre le cottage familial. Dès qu'il passait devant la chambre de son frère jumeau, quelque chose au fond de lui se serrait. Dawn ressentait la désagréable sensation de l'avoir ainsi abandonné aux griffes du producteur.
Puis, les minutes suivantes, il se disait que si Dylan en avait réellement envie, il pouvait également quitter le show pour retrouver une vie à peu près normale. Très tôt ce matin, alors qu'il s'occupait de brosser un cheval, Dawn avait entendu ses parents parler de ce qu'il s'était produit hier soir dans l'émission. Apparemment, son frère avait pleuré dans les toilettes entre deux prises à cause de la pression et de la fatigue qui commençait à s'accumuler.
Même s'ils ne disaient rien, Dawn sentait bien que ses parents auraient voulu lui en tenir rigueur bien qu'ils soient incapables de le faire. Il se battait pour ses convictions... mais en écrasant son propre frère au passage, était-ce un choix tout à fait louable ? Dawn ne savait pas trop. Il avait l'impression d'être dans un étau. Harry ? Dylan ? Il était attaché aux deux mais pour différentes raisons.
Au fur et à mesure des années, la simple curiosité qu'il avait ressenti en rencontrant Harry s'était transformée en réels sentiments que Dawn parvenait difficilement à assumer. Tel un plaisir coupable, il revisionnait depuis son ordinateur les scènes qu'ils avaient eu en commun. Une de ses préférées était celle de chez Madame Guipure en première année. C'était la toute première fois qu'il vit Harry. Il avait l'air très intimidé d'entrer dans la boutique de prêt-à-porter pour mages et sorciers.
On l'avait conduit au fond du magasin, sur le tabouret à côté de celui qu'occupait Dawn. Un professeur d'expression scénique lui avait fait apprendre les grandes lignes son texte jusqu'à l'usure. Bien sûr, une large marge était réservée à l'improvisation, mais on l'avait bien coaché à propos de tout ce qu'il avait à dévoiler. Il s'en souvenait encore très bien tandis que les images défilaient sous ses yeux.
– Salut, dit le Dawn de onze ans. Toi aussi tu vas à Poudlard ?
– Oui, répondit Harry d'une toute petite voix, clairement impressionné qu'il lui adresse la parole.
Maintenant, en ayant grandi, Dawn comprenait cet air abasourdi : Harry n'avait jamais eu de véritables amis dans son enfance. Les autres gamins de Little Whining l'avaient fui comme la peste. C'était le premier individu de son âge qui lui adressait la parole de ''plein gré''. Il y avait de quoi être déstabilisé. Le petit Harry risqua un sourire dans sa direction auquel répondit le jeune ''Draco''.
– Mon père est en train de m'acheter mes livres dans le magasin d'à côté et ma mère est allée me chercher une baguette magique à l'autre bout de la rue, récitait Dawn, à travers l'écran. Ensuite, je compte les emmener faire un tour du côté des balais de course. Je ne vois pas pourquoi les élèves de première année n'auraient pas le droit d'avoir leur propre balai. J'arriverai bien à convaincre mon père d'en acheter un et je m'arrangerai pour le faire passer en douce au collège.
Harry ne disait rien, l'écoutant débiter son texte avec des yeux gros comme des Rapeltout. Dawn, avec du recul, pensait qu'il avait dû passer pour un affreux enfant gâté, aux antipodes même de ce qu'était le garçon qui l'intéressait.
– Et toi, tu as un balai ? poursuivit le minuscule acteur en voulant faire réagir Harry.
– Non.
– Tu joues au Quidditch ?
– Non.
– Moi, oui. Mon père dit que ce serait un scandale si je n'étais pas sélectionné dans l'équipe. Tu sais dans quelle maison tu seras ?
– Aucune idée, admit Harry qui avait désormais l'air terrorisé.
Le Dawn de maintenant attrapa une canette de soda et commença à boire tout en jetant de temps à autres de rapides coups d'oeil vers l'écran de son ordinateur. Même en étant en grève, loin du studio, il parvenait à y revenir d'un moyen à un autre. C'était la première fois de sa vie qu'il avait eu une coupure nette et indéterminée avec Harry, et il devait admettre qu'il lui manquait. Dawn ne savait pas très bien comment ses sentiments pour Harry étaient apparus, mais ils avaient progressé par étapes, au fur et à mesure des années.
L'acteur se souvenait très clairement qu'au début de la douzième saison, il n'éprouvait qu'une vague de sympathie pour Harry qui s'était renforcée pour se transformer en autre chose, qu'il avait apparenté à de la fascination. Pour lui, cela avait déjà été difficile de se dire qu'il préférait les garçons et l'avait découvert par le biais de l'émission. Le pire a été qu'en grandissant, il avait compris que jamais il ne pourrait dire à Harry ce qu'il ressentait puisque sa vie entière était un scénario écrit depuis longtemps en avance.
– En fait, reprit le petit Dawn sur l'écran, on peut pas vraiment savoir avant d'être sur place. Mais moi, je suis sûr d'aller à Serpentard, toute ma famille y a toujours été. Tu t'imagines, se retrouver à Poufsouffle ? Je préférerais m'en aller tout de suite. (Le petit Harry n'avait rien ajouté à cela et Dawn avait alors improvisé) Oh, dis donc, regarde un peu ce bonhomme !
– C'est Hagrid, rétorqua Harry empli de fierté à l'idée de savoir quelque chose sur ce nouveau monde. Il travaille à Poudlard.
– Ah, oui, j'en ai entendu parler. C'est une sorte de domestique, non ?
– Il est garde-chasse, précisa l'autre en étant légèrement sur la défensive.
– C'est ça. On m'a dit que c'était une espèce de sauvage. Il habite dans une cabane, dans le parc de Poudlard, et il se saoule de temps en temps. Quand il est ivre, il essaye de faire des tours de magie et finit toujours par mettre le feu à son lit.
Le Dawn d'aujourd'hui esquissa un sourire en coin à cette réplique, une cigarette coincée entre les lèvres qu'il était en train d'allumer. Il exhala un nuage de fumée, les yeux rivés à son ordinateur d'où sa voix d'enfant s'élevait.
– À mon avis, Poudlard devrait être exclusivement réservé aux sorciers. Ceux qui viennent d'autres familles ne sont pas comme nous, ils n'ont pas eu la même éducation. Certains d'entre eux n'avaient même jamais entendu parler de Poudlard avant de recevoir leur lettre, tu te rends compte ? Au fait, comment tu t'appelles ?
Harry n'avait rien répondu, et même si son nom courait sur ses lèvres et qu'il connaissait déjà la réponse avant même qu'il ne la lui donne, Dawn avait jugé bon de le lui demander. Il referma son ordinateur portable et s'accouda contre sa fenêtre, regardant les arbres roussir à l'arrivée de l'automne. Une pluie très fine ruisselait contre la rambarde et Dawn continua de fumer en silence. Il le faisait en cachette de ses parents. Ils le pensaient trop jeune pour ça. Trop jeune pour fumer, pour boire, se droguer.
Mais tout ça était devenu pratiquement nécessaire pour oublier la pression, les médias, ce monde. Dawn ne savait pas comment son jumeau faisait pour tenir sans toutes ces substances. Il devait sans doute avoir un petit côté sadomasochiste. Il continua de fumer et repensa à la tournure que devrait prendre son rôle au cours de la quinzième saison. Dawn pensa tout à coup que les évènements auraient été bien différents si Harry avait été dans une autre maison. Et si seulement, les téléspectateurs avaient voté « 2 », l'envoyant ainsi à Serpentard ? Et s'ils l'avaient fait (2) ?
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(1) Vous l'avez reconnu, c'est LA scène culte du tome 6. Etant donné que je n'écrirai pas sur tous les tomes restant de la saga, j'ai décidé d'y faire des clins d'oeil, des rapprochements etc. J'espère que ça ne vous a pas trop choqué et empêché d'apprécier cet épisode ''remasterisé''. Bref, je me suis éclatée de bout en bout et j'espère qu'à la lecture ça c'est ressenti. Pour les personnes se demandant quand j'allais enfin me détacher du scénario du tome 5, je pense que c'est déjà fait depuis longtemps et ce n'est que le début !
(2) Spéciale D10KASS à ma pote Ju' (aka « x-Lilo »).
Note : Ohlalala, vous m'avez trop gâtée. Je ne sais même plus quoi dire tellement j'étais heureuse. Je voulais poster la suite rapidement (parce que j'ai pris de l'avance grâce au NaNoWrimo), mais j'étais en vacances, le bêta travaillait et je devais préparer de la paperasse et mon prochain déménagement. Je pars vers fin août du coup je ne sais pas si j'aurais la WiFi de suite ou si je vais rester comme une conne... Faut que j'anticipe ce fait crucial en m'achetant une box ou quoi. Bref donc ne vous inquiétez pas, au pire je posterai depuis chez mes parents en mettant mon chapitre sur ma boîte mail ! Je suis toujours en vacances et j'en profite un max parce qu'à la rentrée c'est le Master... Sérieusement, ça commence à me faire peur cette histoire. Hier encore j'étais une lycéenne... gnuf. En tout cas, je suis déçue que y'ait pas plein de fics extraordinaires de postées ces jours-ci. Je sais, je rêve éveillée, maaaais bon. Dernièrement j'ai relu ''Hunger Games'', ça m'a donné envie d'écrire dessus (again). Bref, j'aurais jamais le temps de le faire vu tout ce que je prévois rien que pour Nyx et puis à la rentrée je travaille... (ouais, je trouve ça utile de raconter ma vie, ça me créé des alibis en papier-bulle). Je tiens à vous remercier pour votre soutien constant, vos reviews plus qu'adorables, vos idées et encouragements. Merci aussi aux personnes m'ajoutant en alert et favoris. Ça me motive à continuer sur ma lancée !
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• Par review :
Voulez-vous avoir un flash-back avec les premiers jours de l'émission du Harry Potter Show ?
TAPEZ 1 : Pour « Oui ».
TAPEZ 2 : Pour « Non ».
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Pour le dileme précédent, les votes sont très serrés et ont changé plein de fois à une voix près. Du coup je ne sais toujours pas quoi faire même si j'ai entendu tous vos arguments et je les comprends. Du coup je vous donne un délai supplémentaire de une semaine pour voter pour le chapitre 9 (si ce n'est que deux personnes, ça m'arrangerait, histoire de creuser l'écart). Parce que jusqu'ici j'ai toujours eu des votes tranchés et là... mmh, voilà je suis très embarrassée.
