Posté le : 7 Septembre 2013. Enfin dans mon nouvel appart. Toujours pas ma propre box Internet.


Réponses aux reviews anonymes :

Caro : Ouais, c'est vrai que bon... c'est très ''trash'' comme tu dis, mais bon ça fait parti des aléas du show. Dans les téléréalités de base, on les voit bien copuler donc bon. Il fallait s'y attendre, dans un sens. Pour les cours de théâtre, on les verra de temps à autre, mais j'insisterai pas trop puisque ce n'est qu'une option. Je me suis éclatée à imaginer la séance et à l'écrire. N'abusons tout de même pas des bonnes choses. Sinon ouais, Nausikaa a juste énormément la trouille de ce que peut avoir comme conséquence son affection pour Cha. Ce n'est pas la première et dernière flippée. Ça doit être très dur de se situer quand on est adolescent, alors bon... Bise et à la prochaine !

Mess : Ouais, Rue était une référence à l'univers Hunger Games. Bien joué ! Les vacances sont terminées, j'écris beaucoup plus lentements (j'en suis à la rédaction du dix-septième chapitre mais ça avance à pas de fourmis). Je vais essayer de conserver de l'avance pour que l'histoire reste toujours autant, mmh, vivante. Pour le reste, merci de tes compliments et j'espère que la suite te plaira tout autant. Croisons les doigts !

Fantasio : Je peux comprendre que ça soit un soulagement d'avoir des nouvelles de cette fic aussi régulièrement. Je suis également une fervente lectrice sur le site, du coup je comprends tout à fait la frustration qu'on peut ressentir lorsqu'on suit une histoire. J'essaie d'épargner cette sensation désagréable à mes lecteurs chéris. Je sais, je suis trop bonne. Tous tes compliments étaient juste trop précieux et ça m'a donné le sourire onana. Oui, j'ai fait un clin d'oeil à Rupert Grint dans le chapitre précédent : je m'étais pas mal éclatée, d'ailleurs. Quant à Nyx, pour son caractère elle est typique Gryffondor et c'était quelque chose à laquelle je tenais dès que j'ai voulu brosser sa psychologie. Je ne sais pas trop pourquoi mais je la voulais différentes de mes OC ordinaires. Merci à toi de continuer à me lire.

Choupachoups : Alors oui je vais continuer d'essayer de répondre à tout le monde (pour cette histoire au moins, même si ça devient très difficile avec la prochaine reprise des cours, mon déménagement et mon absence de connexion internet). J'espère aussi que la suite continuera d'être à la hauteur de ce que s'imagine le lectorat parce que sinon ça me rendrait triste... snif. Je me donne énormément pour que cette fic soit le plus complète possible et aborde des aspects différents à chaque fois, donc c'est agréable de voir que tu y es sensible. Pour les oreilles de Ron comparées à des morceaux de poivrons, c'est juste parce que quand j'écrivais cette phrase j'avais faim donc c'est ressorti (j'écris souvent le soir et je me fais des encats x)'). en ce qui concerne la coloration de Nyx elle a ce qu'on appelle un tie-dye. Tape sur Google et tu trouveras de quoi il s'agit. Passe une bonne semaine, D.

Iilaydiiz : Oh, yeah, du booty-shake. J'aime ça. Bon, en ce qui concerne cette... urg ! (censuré)... de Cho, on est bien d'accord : ce n'est qu'une sale profiteuse juste attirée par la célébrité. Si je pouvais la passer au hachoir pour en faire du salami, je l'aurai fait depuis longtemps. Mais dans un sens, je trouvais que y'avait du potentiel avec l'intrigue avec Cho dans le T5 donc je l'ai pris. Je ne regrette pas du tout parce que ça fait un parallèle entre ce que la production a planifié et les désirs de Harry qui, eux, sont incontrôlables. Sinon ouais, Cha est gorgeous. À une voyelle près, on passe à Cho la putasse. Comme quoi, le monde est renversant. (Je viens de remarquer ce fait troublant en rédigeant cette review : je me sens foutrée).

Hawkins : Tu as envoyé ta review pile au moment où je m'étais décidée de profiter de cette calme fin de soirée pour poster (je suis rentrée chez mes parents pour le week-end, loulz). Je peux comprendre que le format virtuel ne soit pas trop pratique pour certaines personnes mais bon, quand il s'agit de fic on ne peut pas faire de mille façon différente vu que, de base, c'est un travail de fans. En tout cas, je suis super flattée que mes efforts se remarquent sur cette histoire puisque je me donne d'un bout à l'autre pour que cela soit intéressant, vivant et toujours plein de rebondissements. J'ai prévu tout plein de trucs pour la suite mais je me tais là-dessus. À très vite !


Le mot du bêta – Eymeric : Coucou les gens ! Nous revoilà enfin, avec un chapitre un peu différent cette fois. J'ai eu des moments WTF en le corrigeant, et des moments de profonde compassion envers les personnages aussi, bref, encore et toujours une réussite pour notre déesse. Que voulez-vous, j'aime ça, et j'en redemande, même quand elle me torture. J'imagine que pour vous, c'est pareil. Je remercie encore une fois ceux qui prennent la peine de poster une petite phrase pour moi, je vous love. Bonne lecture les loulous, et à très vite !

Musiques : 01. Uprising – Muse. 02. What I Want – Daughtry feat Slash. 03. My Body is a Cage – Peter Gabriel. 04. Frozen – Madonna. 05. Human – Civil Twilight. 06. All Goods Things – Nelly Furtado. 07. Zombie – The Cranberries. 08. Serial Killer – Lana Del Rey. 09. Save Yourself – The Colours. 10. I Kissed a Girl – Katy Perry.


CHAPITRE XIII

« Le poing de la colère »

« Si la cage rend l'animal fou, que ne ferait-elle pas à l'homme ? » Pierre Léger.

« Un joli nom fait oublier toutes les horreurs du monde » Assasin's Creed III.

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L'équipe se leva, le balai sur l'épaule, et la boule au ventre. Dehors, la tempête semblait s'être définitivement éloignée, ne laissant derrière elle qu'un ciel d'un blanc opaque et lumineux. Tout autour du terrain, les supporters semblaient déchaînés. Mrs Bibine les attendait, le Souafle sous le bras, au centre de la pelouse verglacée par le froid d'octobre.

– Les capitaines, serrez-vous la main, ordonna-t-elle en scrutant de ses yeux perçant Angelina et Montague.

Ce dernier essaya d'écraser les doigts de sa rivale dans son poing mais la Gryffondor resta parfaitement impassible et enfourcha ensuite sa Bombe Bleue, modèle sorti lors de la Coupe du Monde de Quidditch. Les joueurs se lancèrent des regards goguenards tandis que la rumeur d'une chanson s'élevait depuis les gradins.

Avec un sourire ironique, Malfoy tapota le badge épinglé à sa cape puis attrapa son Nimbus 2001. Mrs Bibine porta son sifflet à ses lèvres et souffla. Toutes les balles furent lâchées en même temps tandis que Harry s'envolait en chandelle. Du coin de l'oeil, il vit Ron filer vers les buts tandis que les Poursuiveurs se lançaient une bataille sans merci pour le Souafle.

Et c'est la magnifique Johnson qui finit par avoir la balle, quelle joueuse et fille extraordinaire. Ça fait des années que je le lui répète et elle refuse toujours de sortir avec moi. Enfin bon, soyons sérieux : je dois être le garçon le plus séduisant de l'éco-...

MR JORDAN ! aboya McGonagall dans le micro. CONCENTREZ-VOUS SUR LE MATCH !

C'était pour rire, professeur. Alors Angelina évite Warrington et la défense de Montague. Zabini contre... Zabini récupère le Souafle et le passe à Montague. Je dois admettre qu'il a de la technique. Katie arrive depuis l'aile gauche. Elle tente de contrer avec la superbe figure de la sirène mais Montague pare son attaque et double. Il s'avance vers les buts des Gryffondor. Mais heureusement qu'Alicia feinte et prend le Souafle d'extrême justesse. Les spectateurs sont ravis. Ils chantent pour Gryffondor ! Ecoutez-les.

Lee s'arrêta de parler quelques secondes et Harry sut immédiatement que c'était une grossière erreur. La chanson provenait des gradins des Serpentard. Pansy Parkinson menait le choeur à la baguette, dos au terrain.

Weasley est un grand maladroit

Il rate son coup à chaque fois

Voilà pourquoi les Serpentard chantent avec joie

Weasley est notre roi !

La tête blonde de Malfoy étincelait à la clarté du soleil. Il semblait conquis et Harry voulut le bousculer, peu importe les conséquences. Bouillonnant de rage, il s'approcha de lui et cria de toutes ses forces :

– Dis-leur d'arrêter ça !

– Oh, je vois qu'elle te plaît ma chanson, Potter. On voulait écrire d'autres couplets. Mais on n'a pas eu le temps de trouver de rimes avec « truie », « erreur de la nature » et « mocheté ». On aurait bien voulu parler de la mère de Weasley, tu vois.

À ce moment précis, le match n'avait plus aucune importance. Harry s'approcha à toute vitesse et faillit lui rentrer dedans. Il attrapa Malfoy par le col de son pull-over et grogna :

– Avise-toi encore une seule fois de l'insulter et je t'arrache les dents une à une.

– Oh, oh, mon petit pote Potter. Calme-toi, ou sinon...

Mais Malfoy n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Mrs Bibine vola vers eux en sifflant. Elle brandit un carton jaune et attrapa son calepin.

– Je m'étonne que vous fassiez une telle faute, Mr Potter. Si je vous surprends encore une seule fois à essayer d'intimider un autre joueur, ce sera sur le banc pour une pénalité de trente minutes.

Harry envoya un regard furieux à Malfoy qui lissait tranquillement les plis de sa cape émeraude. Cette dernière voleta autour de ses épaules alors qu'il commençait à chercher la minuscule balle dorée de l'autre côté du terrain.

Angelina parcourt le restant du stade avec une facilité désarçonnante. Il ne reste plus que le gardien face à elle. Elle tire... Oh non ! Bletchey vient de bloquer la balle. Ce dernier la renvoie à Warrington qui semble plus décidé que jamais à marquer un but...

En contre-bas, les supporters des Serpentard ne manquaient pas d'énergie. Ils hurlaient la chanson de Malfoy. Harry pria les dieux de lui accorder un semblant de patience et de sang froid pour supporter ce genre de campagne de déstabilisation. Pourquoi personne ne leur interdisait de chanter ? C'était de la pure diffamation !

Weasley est né dans un trou à rats

Il laisse le Souafle entrer tout droit

Voilà pourquoi

Grâce à lui, c'est sûr, on gagnera

Weasley est notre roi !

Montague s'approche dangereusement des anneaux Gryffondor. Il est hors de portée des cognards et fonce vers Ron. Voici donc le premier test pour le nouveau gardien, en espérant qu'il ait hérité du talent de ses frères. Vas-y, Ron.

Harry ne put s'en empêcher : il se tourna vers l'endroit où se trouvait son meilleur ami qui semblait figé devant l'anneau central. Les tribunes Serpentard explosèrent de joie en voyant Ron essayer d'attraper la balle en manquant de tomber de son balai. Ce dernier se cramponnait à son manche qui trottinait joyeusement un peu partout et Warrington en profita pour marquer un second but. Katie arriva au plus vite pour secourir Ron et le remettre sur son balai.

Bon, eh bien je crois que ça fait quarante à zéro, prononça la voix magiquement amplifiée de Lee. Ce n'est pas trop grave. Gryffondor a connu pire, n'est-ce pas ?

Mais son ton trahissait son inquiétude. Même Fred et George n'avaient pas éclaté de rire en voyant leur cadet en difficulté.

– Harry ! cria Angelina à quelques mètres de lui. Qu'est-ce que tu fabriques ? Attrapes ce foutu Vif d'Or !

Il se secoua la tête et reprit sa recherche tout autour du terrain. Désagréablement, et se retenant de jeter des regards dans la direction de Ron, il écouta le score des Serpentard s'envoler à une vitesse prodigieuse tandis que les Gryffondor peinaient à combler l'écart. Zabini avait déjà marqué trois fois quand Harry aperçut enfin un éclat doré.

En s'approchant, il se rendit compte que ce n'était que le reflet de la montre de Montague et repartit dans une autre direction. Harry entendit le lion ridicule de Luna pousser un rugissement tel que le chant des Serpentard fut pendant quelques secondes étouffé. Harry venait enfin de le voir : là, le Vif d'Or voletait paresseusement au-dessus de la loge des professeurs, à côté de Ombrage qui semblait se délecter des tribulations de sa maison.

Il plongea aussitôt et Malfoy surgit à sa gauche en à peine quelques secondes. Le Vif d'Or, se sentant pris en chasse, commença à foncer en faisait un fabuleux virage en épingle. Draco tendit le bras gauche pour l'attraper et Harry lui envoya un sourire victorieux. « – De quelle main tu attrapes le Vif d'Or ? avait-il demandé. », « – T'es tombé sur la tête de bon matin ou... », « – REPONDS ! » , « – J'attrape le Vif comme je peux. Dans le feu de l'action c'est un peu difficile de savoir ce genre de choses. », « – Alors pourquoi je sais que tu attrapes toujours le Vif de la main droite et que là, dans la Grande Salle tu t'es servi avec la main gauche ? »...

Le temps que Malfoy s'aperçoive de son erreur, il était trop tard : les doigts de Harry se refermèrent sur la minuscule balle dorée qui se débattait. Il remonta en piqué, le poing levé tandis que la foule rouge et or se déchaînait dans les gradins. Ils étaient sauvés.

Les buts encaissés par Ron n'avaient plus aucune importance puisqu'ils avaient gagné. Harry le chercha des yeux et le vit atterrir lamentablement aux pieds des anneaux pour s'éloigner vers le château. Il aurait voulu le rattraper mais Alicia le serrait déjà dans ses bras. Tous ces rires, ses amis autour de lui à le féliciter. Harry n'avait jamais été aussi heureux que dans ces moments-là. Son cœur s'enfla de fierté et il rit alors que Fred lui ébouriffa les cheveux. Ils atterrirent sur la pelouse en explosant de joie mais celle-ci derniers s'évanouit quand la voix traînante de Malfoy s'éleva.

– Tu as réussi à sauver la peau de Weasley, cette fois-ci, hein ? Je n'ai jamais vu un gardien aussi mauvais.

– Typique du mauvais joueur, déclara Angelina. Allez, tous aux vestiaires pour fêter ça.

– Mais toi, tu aimes bien les Weasley, Potter, continua Malfoy d'une voix plus forte. Tu passes même tes vacances avec eux, je crois ? Je me demande comment tu fais pour supporter leur odeur insupportable. Enfin, j'imagine que quand on a été élevé par des Moldus, même le taudis des Weasley est enveloppé du parfum le plus exquis... ou peut-être, que cette infâme odeur de porcherie te rappelle celle de ta mère.

C'était le mot de trop. Sans même s'en rendre compte, Harry avait franchi la distance les séparant et bondit sur Malfoy pour lui asséner un magistral coup de poing. Il le frappa de toutes ses forces et à plusieurs reprises tandis que des gens criaient tout autour d'eux. Harry fut ceinturé par quelqu'un et reconnut brièvement Zabini. Il lui envoya un coup de coude au visage et retourna à califourchon sur Malfoy afin de continuer à lui faire mal.

Plus rien d'autre n'importait. Juste faire le plus de mal possible, le voir saigner, hurler de douleur, l'anéantir. Il le frappa au ventre, puis au visage alors que son poing égratigné contenait toujours le Vif d'Or aux ailes froissées. La figure de Malfoy n'était plus qu'un magma de sang ruisselant sur ses mains. Sur la sienne était étalée la phrase « Je ne dois pas dire de mensonges » et Harry fut prit d'un violent soubresaut, quelque chose en lui – qu'il ne reconnaissait pas – l'animait. Il tremblait d'une colère monstrueuse et se surprit à vouloir en terminer là, que Malfoy disparaisse. Le voir mort lui ferait sans doute du bien.

– Ta mère, suffoqua Malfoy en recrachant une quantité prodigieuse de sang.

– TAIS-TOI !

– Ta mère est... encore...

Harry le cogna de plus belle.

– … vivante.

Il s'apprêtait à fracasser encore son poing contre sa mâchoire mais s'arrêta de justesse, le regard fou. Les yeux de Malfoy, hagards, ne mentaient pas. Il n'avait pas prononcé le dernier mot, mais simplement articulé. Harry avait bien vu le mot ''vivante'' mourir sur ses lèvres. Il l'avait très bien distingué. Ce fut seulement lorsque quelqu'un s'écria « Impedimenta » qu'il se retrouva projeté à terre sous la puissance du sortilège.

– Qu'est-ce qui vous a pris ? vociféra McGonagall. Je n'ai jamais vu un tel comportement ! Vous vous montrez en spectacle devant tous vos camarades ! Se battre ainsi...

– Malfoy n'avait qu'à se défendre ! rétorqua-t-il.

La réalité le frappa de plein fouet : Malfoy n'avait strictement rien fait pour répliquer. Il s'était simplement laissé faire et ça, c'était plus qu'anormal. Il n'entendait plus la voix de l'enseignante de Métamorphose qui l'empoigna et le conduisit jusque dans le château.

Il jeta un dernier coup d'oeil à Draco qu'on relevait du sol. Leurs regards se croisèrent et Harry fut plus chamboulé qu'il ne s'y était attendu. La phrase : « Ta mère est vivante » tournait en boucle dans sa tête alors que McGonagall marchait en des enjambées furieuses jusqu'à son bureau.

– J'exige des explications ! s'écria-t-elle en le faisant brusquement entrer.

– Malfoy m'a... provoqué.

– Provoqué ? Bien sûr qu'il a été tenté de vous provoquer. Gryffondor vient de l'emporter et tout ce que vous avez réussi à faire, ce n'est que de ternir notre victoire...

La porte se rouvrit et Rogue apparut. Un nœud douloureux se forma dans son estomac. Rogue était le directeur de Malfoy, il voudrait sans doute s'assurer que sa punition serait à la hauteur de ses méfaits. Il referma le battant d'un mouvement sec et étudia Harry après avoir reniflé dédaigneusement.

– J'ignorais que la maison Gryffondor regroupait autant de racailles.

Harry serra les poings.

– J'ai croisé dans les couloirs Dolores Ombrage. Elle voulait attribuer une nouvelle retenue à Potter mais je crois bien que cette tête de mule n'apprend rien avec notre Grande Inquisitrice. Si vous permettez, Minerva, je crois que c'est à moi que revient l'autorité d'attribuer un châtiment à votre élève. Avec tout le respect que je vous dois, j'ai bien peur que ce que vous prépariez à Potter ne soit qu'une punition trop douce pour un esprit aussi sauvage. Des points en moins ? Potter n'en a rien à faire vu la quantité astronomique qu'il perd simplement en cours de Potion. Des heures de retenue seront tout aussi inefficaces. Nous l'avons vu. Le priver de ce qu'il apprécie également, apparemment. Alors, pourquoi pas tenter quelque chose d'un peu plus... mmh, novateur.

– Faites-en ce que vous voulez. Hors de ma vue.

Rogue empoigna le bras de Harry et le traîna jusque dans les cachots. Quelques Serpentard chuchotèrent sur son passage tout en s'éloignant, comme s'il s'agissait d'une bête féroce. Rogue l'emmena au bout d'un couloir où il n'était jamais allé auparavant. Il ouvrit une pièce qui ressemblait à une boîte en acier et le fit entrer à l'intérieur.

– Vous voici en consigne, Mr Potter. Vous resterez ici tant que vous ne serez pas décidé à présenter vos excuses à Mr Malfoy ou envers l'école. Vos enseignants se sentent concernés par votre évolution et c'est pourquoi nous avons décidé de vous faire subir une punition exemplaire, avec l'appui de Dumbledore, bien sûr.

– Dumbledore veut me punir pour ce que j'ai fait ? balbutia Harry. Il m'a vu ? Il était sur le terrain ?

– Ce ne sont pas vos affaires.

– Qu'est-ce qui va m'arriver, ensuite ? Est-ce que je serai renvoyé ?

– Je ne crois pas.

Rogue ferma brutalement la porte et tout devint noir autour de lui. Il respira lourdement et tâtonna les parois. Elles étaient toutes faites du même métal froid et lisse. Il y avait au-dessus de sa tête un très fin maillage faisant passer l'air. Affolé, Harry regarda partout autour de lui et sentit la panique l'envahir.

– PROFESSEUR ! cria-t-il. PROFESSEUR, LAISSEZ-MOI SORTIR !

Il tambourina contre la porte. N'obtenant aucune réponse, il infligea des coups de pied jusqu'à tomber à genoux d'épuisement. Il ouvrit la main pour taper contre le mur et le Vif d'Or s'envola tout autour, se cognant contre les parois. Le bruit rendit absolument dingue Harry. Les mains plaquées contre ses oreilles il hurla :

– PROFESSEUR ROGUE. OUVREZ !

Sa respiration fut plus précipitée, incontrôlée. Il ne pouvait rien voir. Harry sentait simplement de grosses gouttes de sueur couler le long de ses tempes. Il s'essuya le visage et se gratta nerveusement la peau jusqu'à se faire mal. Harry se cala contre un recoin de la boîte, affolé.

– Professeur, Rogue, dit-il d'une voix brisée à force de crier. Revenez...

Le Vif d'Or, tout aussi désorienté que lui, continuait de frapper contre les murs de métal, chaque impact résonnant en un gong! désagréable qui donnait des frissons à Harry. Il avait tout à coup peur de manquer d'air. Nerveusement, il commença à ôter sa cape puis son pull. Ce fut une très mauvaise idée car il grelottait de froid. Son cœur palpitait dans sa poitrine et Harry eut aussi envie de l'arracher à mains nues pour que cela cesse enfin. Mais ses mains tremblaient bien trop. Il eut un subit haut-le-coeur et tapa violemment contre les parois en espérant qu'elles se brisent d'elles-mêmes.

– Je ne veux pas rester enfermé, balbutia Harry. Laissez-moi sortir. Je vous en prie ! Professeur Rogue... Je... Je ne me sens pas bien. JE NE ME SENS PAS BIEN.

– Il ne va rien vous arriver ici. Vous êtes en sécurité. Calmez-vous.

– JE NE ME SENS PAS BIEN !

Harry pleurait presque et s'arrachait les cheveux par poignées. L'idée simple d'être enfermé dans un endroit si étroit et sans lumière avait fait ressortir des peurs depuis longtemps enfouies. Il se souvint alors très nettement de son placard à balais sous l'escalier du 4, Privet Drive, de ses journées entières passées à l'intérieur sans le moindre filet de lumière, de la privation de nourriture, de la fatigue, de l'impression de ne jamais plus pouvoir en sortir.

Être enfermé l'avait ramené précisément à cette époque. Harry n'avait pas peur de son placard quand il était petit. Il s'y était même habitué. Mais y revenir malgré lui avait fait ressurgir de très vieux démons qu'il pensait avoir dompté. En quelques minutes à peine, c'était devenu effroyable et insupportable. Harry était certain qu'il pourrait mourir de panique dans cette cage.

– Je suis désolé, sanglota-t-il. Je suis désolé. Faites-moi sortir, professeur. Je vous en supplie...

Sa voix n'était plus qu'un murmure tandis que ses yeux dilatés par l'effroi tentaient de s'accrocher à un semblant de lumière. Mais il n'y avait rien. Juste le métal froid contre sa peau. Harry appuya ses paumes contre ses oreilles alors que le Vif d'Or continuait son numéro.

– Vous allez donc présenter vos excuses ?

– O-Oui.

– Très bien. J'ouvre. Reculez.

Le verrou s'actionna et la lumière pénétra dans la cage. En croisant rapidement le regard de Rogue, il sut immédiatement qu'il était dans un état absolument épouvantable. Harry sortit de la cage d'acier précipitamment, laissant derrière lui sa cape et son pull. Il tremblait en pleurant, le regard rivé vers le sol. Il ne voulait pas offrir à Rogue la satisfaction de voir ses larmes.

– Vous retournerez ici à chaque fois que ce genre d'évènements se reproduiront, est-ce bien compris ?

Harry se mit à amèrement regretter la mutilation que lui faisait subir Ombrage. Il hocha douloureusement de la tête.

– Vous pouvez rejoindre votre Salle Commune. Je crois que vos camarades vous attendent pour fêter cette victoire étincelante.

Harry avança rapidement jusqu'à la porte, laissant ses affaires derrière lui. Il croisa les bras pour se protéger du froid d'automne, son débardeur gris lui collant à la peau. Quand il fut certain d'être suffisamment éloigné des cachots, il se mit à courir jusqu'au septième étage et arriva à la Tour Gryffondor. À l'intérieur, la fête battait son plein et Fred et George, debouts sur une table, chantaient une chanson paillarde en brandissant des bouteilles de Bièreaubeurre. Angelina s'avança vers lui, la mine réjouie et Harry eut un brusque mouvement de recul.

– Je voulais juste, euh, te remercier.

Harry marcha à reculons jusqu'aux escaliers menant à son dortoir et claqua la porte de la salle de bain contre laquelle il s'assit. De l'autre côté, il entendit clairement Seamus dire :

– Qu'est-ce qui lui prend ?

Harry entoura ses genoux de ses bras, la respiration toujours aussi haletante. Il s'essuya le nez et pleura silencieusement. Il se détestait d'avoir eu une réaction aussi extrême en face de Rogue. Jamais il n'aurait pu soupçonner qu'il avait une peur aussi intense de l'enfermement. Le dégoût était telle qu'il en vomit dans les toilettes. Il était brûlant.

– Harry ?

C'était la voix de Ron.

– Harry, je... je suis venu voir comment ça allait. Ouvre-moi la porte.

Il ne répondit rien et se contenta de tirer la chasse d'eau.

– Tout ça c'est de ma faute, poursuivit son meilleur ami. Si je n'avais pas été si mauvais au Quidditch, Malfoy n'aurait eu aucune raison de te provoquer...

Harry serra les jointures de son poing.

– … Ne lui laisse pas le plaisir de gâcher notre fête. Il t'a déjà fait punir par Rogue.

Incrédule, Harry se releva lentement et déverrouilla la porte.

– C-Comment tu sais que c'est Rogue qui m'a puni ?

Pendant de longues secondes, Ron parut alarmé.

– J'ai quitté le terrain avec McGonagall, affirma-t-il. Comment tu sais que j'étais avec Rogue ?

– Eh bien parce que je vous ai vus.

– C'est impossible. Tu étais déjà parti. Tu ne pouvais pas savoir ça.

Harry le regarda étrangement et attrapa un pull dans sa malle ainsi que sa Cape d'Invisibilité.

– Où tu vas ?

– J'en sais rien. Mais loin d'ici.

Il l'enfila et Ron continua à parler dans le vide tandis qu'il était déjà parti. Harry marcha sans faire attention à la destination, déambulant dans les couloirs sans que quiconque ne fasse attention à lui. En passant devant l'infirmerie, il vit Nyx supporter Zabini qui avait un pansement à l'oeil et un morceau de coton enfoncé dans la narine.

– Tu crois que ça va aller ? dit-elle.

– Oui, ne t'en fais pas pour moi...

Harry s'en voulut d'avoir été la cause de tout ça.

– … Tu verras, ça finira par passer.

Ils s'éloignèrent tous les deux et Harry reprit sa marche et traversa le parc de Poudlard où les derniers supporters revenaient du stade. Il aurait voulu disparaître, ne plus exister, et qu'on le laisse enfin tranquille à tout jamais. Le lac de Poudlard était calme, lisse et des milliers de cristaux argentés scintillaient à la surface.

À la vue de son air triste et accablé, on n'aurait pas du tout pensé qu'il venait de gagner le match de Quidditch. Cela semblait incroyable qu'il y avait encore quelques heures seulement, il était sur le terrain à supporter les quolibets des Serpentard. Peut-être ce que ce n'était qu'un mauvais rêve, qu'il se réveillerait d'un moment à l'autre en sursaut et constaterait que la journée n'avait pas encore eu lieu.

Harry resta là un très long moment, toujours sous la Cape d'Invisibilité. Le soleil s'enfonça à la surface de l'eau pour être remplacé par la nuit. Harry commença à claquer des dents, mais se dit qu'il méritait de souffrir un peu : il avait déçu son équipe, McGonagall, sa maison toute entière et les rares personnes qui croyaient encore en lui.

– Belle nuit pour une balade au clair de lune, déclara une voix à sa droite.

Albus Dumbledore, dans une robe bleu roi, se tenait là, aux abords du lac. Harry n'était pas certain qu'il lui parlait. Après tout, il était invisible. Mais Dumbledore connaissait sans doute mieux que quiconque les propriétés et les secrets de cette cape.

– Est-ce que tu m'autorises à rester ici avec toi, Harry ?

Il acquiesça et finit par se souvenir qu'il ne pouvait pas le voir. Harry ôta sa cape, les cheveux en désordre.

– Ca m'étonne que tu ne sois pas avec tes amis à t'amuser. Tu devrais en profiter avant l'arriver des examens.

– Je sais, articula-t-il douloureusement. J'avais juste besoin d'un peu de temps pour penser, me retrouver seul.

– C'est une chose qui arrive à beaucoup de monde. Moi aussi j'aime bien venir ici, et réfléchir à tout un tas de choses. C'est d'ailleurs à cet endroit même que j'ai trouvé la formule d'un excellent sortilège qui permet de marcher sur l'eau...

Dumbledore évitait soigneusement de le regarder. Peut-être qu'il l'avait si profondément déçu que le directeur ne pouvait même plus supporter de le voir. Harry baissa la tête.

– … Je peux savoir ce qu'il s'est passé sur le terrain avec Mr Malfoy ?

Ce n'était pas réellement une demande, mais plutôt une obligation. L'intonation de Dumbledore semblait toujours aussi courtoise. Cependant, Harry perçut derrière son inflexion de voix une fermeté encore inédite.

– Malfoy a dit quelque chose à propos de ma mère qui m'a énervé.

– Il a parlé de ta mère, répéta Dumbledore. Mr Malfoy fait partie de ces personnes qui, malheureusement, parlent souvent sans savoir de quoi il en ressort. Ces mots auraient dû rebondir sur toi, sans même t'atteindre. Tu es bien plus fort que ça, Harry.

– Je ne crois pas. Ca... Ca me fait toujours aussi mal de penser à elle, de me dire que si elle avait été là, j'aurais pu...

Il se tut.

– Il faut laisser la peine s'en aller. Endormir la douleur pendant quelque temps ne la rendra que plus intense lorsque tu la sentiras à nouveau. Nous en avons bien vu les effets tout à l'heure.

– C'est ma mère. Je voudrais pouvoir la retrouver, que V-Voldemort ne l'ait jamais tuée. Elle me manque vraiment, professeur. Et tout le monde semble la connaître. Tout le monde dit que je lui ressemble. Je suis obligé de vous croire sur parole et de vivre par procuration des moments avec elle. Je voudrais qu'elle revienne, qu'elle soit là avec moi. J'ai besoin d'elle et je ne supporte pas l'idée qu'on puisse salir son souvenir. Au fond de moi, même si je sais qu'elle est morte, je... je conserve l'espoir qu'elle m'attend toujours quelque part, qu'elle veille sur moi.

Ooo

Les larmes coulant sur ses joues, Mary Fuller toucha l'écran de sa télévision, les doigts tremblants. Elle pleurait tout en souriant en écoutant la déclaration de son fils en direct. La production avait beau utiliser des stratagèmes à ne plus savoir quoi en faire, Harry réclamait quelque chose qu'il ne pourrait jamais lui donner.

L'amour que Harry lui portait sans même la connaître, en ayant simplement une idée floue d'elle, était si sincère qu'il ébranla Mary. Il portait le pull rouge avec un gros « H » sur le devant. Elle l'avait spécialement tricoté pour lui. C'était une des rares choses qu'elle avait pu lui offrir : la production l'autorisait à tricoter des pulls de Noël. Mary était pleine de bonheur en le voyant l'essayer chaque année. Elle s'en fichait qu'il croie que c'était un cadeau de Mrs Weasley. Tout ce qui importait, c'était d'être là pour lui. Mary donnerait n'importe quoi pour le récupérer.

À l'écran, Harry entortilla ses doigts entre les mailles de laine et commença à tirer dessus.

Vous croyez qu'elle m'en voudrait en me voyant comme ça ? demanda-t-il à Dumbledore.

Mary fit non de la tête, les larmes embuant sa vue.

Tu l'as rendue fière en de nombreuses occasions. J'en suis certain. Même les plus grands ont des moments de dérive... Ce que je veux que tu comprennes, c'est que chaque erreur a son enseignement. Je veux que demain matin tu fasses ce que le professeur Rogue t'a dit : tu iras à l'infirmerie présenter tes excuses à Draco Malfoy...

Harry ouvrit la bouche pour rétorquer mais le directeur poursuivit :

– … Ce n'est pas quelque chose de courageux ou de noble de défendre ses propres intérêts. Mais tu peux te rattraper en faisant preuve d'un peu d'humilité en admettant ton erreur. Les conséquences de nos actions sont toujours si complexes, si diverses, que prévoir l'avenir est une entreprise bien difficile. Mais je suis absolument certain que tes paroles, mêmes courtes, apaiseront la douleur qu'il ressent en ce moment.

Est-ce qu'il a quelque chose de grave ?

Je suis allé le voir tout à l'heure à l'infirmerie. Selon Mrs Pomfresh il pourra en sortir pour la reprise des cours du lundi. Il n'empêche que ta conduite est grave et mérite d'être sévèrement réprimandée. Le professeur Ombrage voulait t'interdire de Quidditch à vie mais j'ai demandé aux autres enseignants d'intervenir.

Je ne veux pas retourner dans la cage dans les cachots. Je ne supporte pas d'être enfermé.

L'enfermement est une illusion et je suis certain que tu pourras la dépasser en faisant des efforts sur toi-même. (Il se tut un moment) Je suis très inquiet, Harry. Retourne au château car tu as dépassé le couvre-feu. Je demanderai à Dobby de t'apporter ton dîner directement dans la Salle Commune. En chemin, je veux que tu réfléchisses à la portée qu'a eu ton geste de tout à l'heure.

La portée ?

Dumbledore ne répondit pas et fit demi-tour jusqu'au château, s'évaporant parmi la brume épaisse sortant tout droit d'un décor de cinéma. Harry sécha ses larmes.

– Chérie, murmura une voix derrière Mary. Tu... Tu ne devrais pas regarder cette émission dans ces cas-là. Ça te fait plus de mal qu'autre chose.

– Je sais, Paul, chuchota-t-elle sans pouvoir détacher son regard de l'écran. Mais... Il... Il a besoin de moi. Ils lui font subir toutes sortes de supplices et de tortures psychologiques.

– Ils font ça pour le rendre malléable et prévisible, devina son conjoint. Tu devrais te reposer, ne serait-ce que pour le bébé.

– Je ne peux pas me reposer, haleta Mary.

Sans prononcer le moindre mot, il éteignit la télévision et l'attira contre lui. Dans son cou, il sentait ses larmes glisser.

– J'aurais tant voulu qu'il soit un garçon comme les autres, sanglota Mary. Qu'il soit là, avec nous...

– Shht. Arrête de ressasser ça. De là où nous sommes, nous ne pouvons rien faire.

Paul et Mary s'étaient rencontrés il y a dix ans de cela, sur leur lieu de travail. Mary Fuller, à jamais remplie d'amertume et de colère, avait fini par se résigner à l'idée de voir son petit garçon évoluer dans un monde édulcoré et bâti sur-mesure. Elle occupait le poste de déléguée commerciale dans une entreprise de moyenne importance tandis que Paul en était le comptable. Les rares fois où ils s'étaient croisés en-dehors avaient été des moments dus au ''hasard'' (en vérité, Mary avait épié les habitudes de son collègue et avait ainsi orchestré chacune de leurs rencontres).

Paul était grand, responsable, calme et très terre-à-terre. En bref, tout ce que Mary avait un jour désiré chez un homme. Le père biologique de Harry (un adolescent ingrat et stupide de son ancien lycée) était tout le contraire. Avec le recul, Mary se demanda ce qu'elle avait bien pu lui trouver : peut-être sa coupe de cheveux ? ses promesses d'un avenir loin du calme monotone de la banlieue de Bristol ? Sa petite bande d'amis tous plus insouciants et prévisibles les uns que les autres, sans doute ?

Mary Fuller avait été une adolescente stupide et facile. Elle ne le niait pas. Même maintenant. Une des plus grosses erreurs de son existence avait été d'accepter les avances de ce garçon et de coucher avec lui sans protection. Raconter cette anecdote à Paul, des années plus tard alors qu'il l'emmenait pour la quatrième fois – au moins – au restaurant, avait été pénible et douloureux. Paul et elle marchaient le long d'une grande rue menant jusqu'à l'endroit où la voiture était garée. Il pleuvait légèrement et Paul lui avait prêté son grand coat brun.

Elle lui avoua la vérité au cours d'un trajet ponctué de larmes et de reniflements. Paul n'avait rien dit. Au début, Mary croyait qu'il n'avait strictement rien écouté, qu'il n'en avait peut-être rien à faire. Mais elle avait voulu être honnête avec lui. Elle savait que si elle ne le faisait pas maintenant, plus tard – s'il lui donnait une chance de construire une relation – ce serait bien plus difficile.

– Alors, tu es tombée enceinte à quinze ans, résuma Paul tandis qu'ils étaient arrivés à la hauteur de la Ford grise. Et le père, il t'a... enfin, il t'a aidé ?

– Non, il a dit que ce n'était pas ses oignons. Il a déménagé à la fin de l'année scolaire en me laissant seule.

– Qu'est-ce tu as fait ? Tu as avorté ?

– Non, avait soupiré Mary. Non, je n'aurai jamais pu avec les parents que j'avais...

Et parfois, Mary se demandait si avorter n'aurait pas été la meilleure solution pour tout le monde. Harry n'aurait jamais souffert de cette façon. Et elle non plus... ou du moins, pas de cette manière.

– Il est vivant. Mais ce n'est pas moi qui l'élève.

– Et, est-ce que tu le vois souvent... là où il est ?

Les questions de Paul étaient prévisibles mais toujours aussi douloureuses.

– Oui, pratiquement tous les jours.

Mary avait attendu quelques semaines pour lui dire que son fils était Harry Potter. Au départ, Paul ne l'avait pas vraiment crue. Il n'avait fait que bafouiller des propos incohérents en se tenant la tête entre les mains. Mary avait eu une peur atroce de le perdre.

– Je ne suis pas une mauvaise mère, avait-elle dit. Je n'ai juste pas eu l'occasion de l'être vraiment.

Paul avait accepté cette très grosse erreur, puis soutenu.

Ooo

Harry observait la clef de voûte qui soutenait le plafond de l'infirmerie. Celle-ci n'avait pas encore ouvert ses portes : il devait être six heures du matin et il n'avait pas fermé l'oeil de la nuit. Quelques chose l'en avait empêché ou même de réfléchir de manière cohérente : les mots qu'avait eu Dumbledore à son égard.

Bien que leur conversation avait été courte, elle l'avait profondément marqué. Harry s'en voulait terriblement d'avoir déçu le directeur. Il était l'homme qu'il admirait le plus au monde. Quand il était retourné dans la Salle Commune, celle-ci était vide. Seuls des serpentins et les ballons doré et rouge témoignaient du fait qu'il y avait eu une fête ici, quelques heures auparavant. La victoire contre l'équipe de Serpentard avait un goût amer. Harry n'était pas certain de pouvoir retourner sur le terrain sans éprouver un fort dégoût envers lui-même.

– Qu'est-ce que vous faites ici, Mr Potter ?

Mrs Pomfresh était apparue sur le seuil de la porte, tournant le panneau des visites de l'infirmerie. Il avait été tellement absorbé par ses pensées qu'il n'avait même pas entendu le bruit de ses pas.

– Je suis venu voir Draco Malfoy.

– Oh, je ne crois pas. Pas après ce que vous lui avez fait sur le terrain.

– Je viens pour lui présenter mes excuses, poursuivit Harry en contemplant le bout de ses chaussures.

L'infirmière sembla hésiter un court laps de temps avant de le laisser pénétrer à l'intérieur. Les hautes fenêtres laissaient passer la lumière vespérale du jour. Le premier lit était occupé par une fille de troisième année qui semblait avoir attrapé un rhume.

Un peu plus loin, un garçon lisait un roman, enroulé dans sa couverture. Harry se dirigea vers le fond de la pièce et ses yeux tombèrent sur la silhouette de Malfoy. Son visage était parcouru de bleus et d'égratignures encore sanguinolentes. Il dormait toujours. Harry s'approcha d'un pas supplémentaire, espérant que le Serpentard ouvre les yeux mais il ne semblait pas s'être rendu compte de sa présence.

– Asseyez-vous, Potter, prononça Mrs Pomfresh. Il finira par se réveiller d'ici peu, j'imagine.

Harry obtempéra et s'installa sur une chaise, les mains posées sur ses genoux. Quelque temps après, il entendit les premières rumeurs de conversation des élèves de Serdaigle et Gryffondor bien matinaux se rendant dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner. Harry ferait sans doute un tour dans les cuisines pour prendre un morceau : il ne voulait pas croiser les autres. Aux alentours de neuf heures, Draco commença enfin à remuer et le regarda. Pendant un moment, ils ne se dirent rien du tout puis le Serpentard détourna les yeux. Harry remarqua que son arcade sourcilière droite était pas mal amochée.

– Je suis venu pour m'excuser, articula Harry, la bouche extrêmement sèche. Ce que je t'ai fait hier n'était pas correct. Je n'aurais pu dû te frapper.

– Tu n'en penses pas un traître mot, rétorqua Draco avec un sourire ironique. À ta place, j'aurais fait la même chose si quelqu'un avait insulté mes parents. J'aurais préféré que tu ne t'excuses pas : j'avais commencé à penser que tu avais des couilles.

– Pourquoi tu ne t'es pas défendu ?

– Ma famille ne s'est jamais abaissé aux combats moldus. Je n'aurais pas commencé maintenant pour ta petite tête.

Le sourire aimable de Draco contrastait fortement avec ses répliques acides et mordantes. C'était assez déstabilisant : à croire qu'il était même heureux que Harry soit là.

– Tu ne t'es pas défendu parce que tu ne le voulais pas, devina-t-il. Pourquoi ?

– Parce que je t'aurais écrasé comme un vulgaire ver de terre, plaisanta Malfoy en se redressant en arborant une grimace. Ou tout simplement parce que Draco l'avait mérité...

– Draco ? Tu parles à la troisième personne maintenant ?

Le concerné ouvrit la bouche pour répondre mais fut interrompu par l'arrivée de Mrs Pomfresh :

– Tenez, Mr Malfoy. Voici vos remèdes de ce matin. Après votre toilette je vous appliquerai les onguents. Si vous voulez bien vous en aller, Mr Potter. Mon patient a besoin d'être pris en main.

Harry n'était pas du tout disposé à partir : il n'avait pas eu l'occasion de parler de l'essentiel. « Ta mère est encore vivante ». Est-ce que Draco pensait vraiment à ce qu'il lui avait susurré ? Comment pouvait-il affirmer avec autant d'aplomb un tel mensonge ? Et pourquoi le lui avoir dit alors que Harry le rouait de coups ? Le Gryffondor acquiesça et finit par quitter l'infirmerie. La seule explication plausible était que Malfoy ne voulait pas que d'autres personnes ne l'entende. Que craignait-il ? Pourquoi ne voulait-il pas que cela finisse par se savoir ?

Harry évita soigneusement une foule compacte d'élèves. Il prit la porte à droite de l'escalier principal et se trouva dans un large couloir de pierre, brillamment décoré de tableaux aux couleurs éclatantes représentant des sorciers gras nageant parmi des victuailles aux tailles opulentes. Harry chatouilla la poire, celle-si se mettant à se trémousser de rire et se transforma en poignée de porte. À peine eut-il poussé la porte des cuisines de Poudlard qu'une petite créature se précipita vers lui en s'écriant d'une voix suraiguë :

– Harry Potter, Monsieur ! Harry Potter !

Il eut le souffle coupé lorsque le petit elfe le heurta de plein fouet, le faisant reculer d'un pas.

– D-Dobby ?

– Oui, c'est Dobby, monsieur. Dobby est très content que le plus grand sorcier de tous les temps vienne lui faire le privilège de le visiter. Mais Dobby est obligé de dire à Harry Potter qu'il ne peut pas rester ici.

– Et pourquoi ça?

– Les elfes de maison ne veulent plus voir aucun Gryffondor, déclara Dobby précipitamment.

En observant plus attentivement Dobby, il remarqua que l'elfe portait – en plus de sa montagne de chapeaux en laine ressemblant à des vessies de porcs –, d'innombrables écharpes et des chaussettes faisant paraître ses pieds deux fois plus gros que ce qu'ils devraient être.

– Tu as pris tous les vêtements qu'a laissé Hermione dans notre Salle Commune ?

Depuis quelques semaines, Hermione s'était lancée dans l'idée de créer des vêtements pour les elfes de maison. La plupart du temps elle les cachait sous des monticules de parchemins ou de vieilles bouteilles d'encre pour qu'ils tombent dessus au hasard. Harry ne trouvait pas ça très charitable de sa part. Ron avait raison : la plupart des elfes ne voulaient pas être libérés. Il n'y avait qu'à voir l'état dans lequel se trouvait Kreattur quand Sirius en faisait simplement mention. Et pourtant, Sirius n'était pas le plus bon maître qui pouvait exister...

– Oh, non, Dobby en a également donné à Winky. Elle a beaucoup pleuré. Winky a encore du mal à recevoir des vêtements. Et les autres elfes n'en veulent pas non plus. Aucun d'entre eux ne veulent plus nettoyer la tour Gryffondor à cause des chapeaux et des chaussettes qui sont cachés un peu partout. Ils trouvent ça insultant. Ils disent que les Gryffondor sont fourbes et sournois !

Harry remarqua qu'il y avait du remue-ménage dans la cuisine et se pencha pour voir à l'embrasure de la porte. Une casserole en étain roula par terre et il fronça des sourcils.

– Qu'est-ce qu'il se passe à l'intérieur ? Et qu'est-ce que ça avoir avec moi si des vêtements traînent un peu partout ?

Les gros yeux en forme de balle de tennis de Dobby le fixèrent, lui donnant un air vide et stupide puis il se reprit :

– Les elfes sont des créatures très rancunières, Mr Potter. Elles ne feront pas du mal à leurs maîtres et obéiront toujours aux ordres mais leur travail sera de moins bonne qualité si elles n'apprécient pas quelqu'un. Je vous certifie que mes collègues sont assez remontés contre votre maison. Alors, si monsieur Harry Potter pouvait partir, cela soulagerait Dobby. Mais Harry Potter ne semble pas heureux, poursuivit Dobby qui se redressa en le regardant d'un air timide. Dobby a entendu dire que Harry Potter s'était battu avec mon ancien maître, hier et que...

– Ca va aller. J'irai ailleurs, prononça Harry d'un air agacé.

Il commença à marcher dans la direction opposée et remarqua que Dobby n'avait toujours pas bougé, gardant la porte comme l'avait fait Touffu avec la trappe en première année. Harry lui jeta un dernier coup d'oeil et s'en alla. Toute la journée, Harry se réfugia dans des recoins peu fréquentés de Poudlard. Il resta de longues heures derrière la grande horloge, observant de loin des élèves s'amuser à La Balle Explosive en hurlant de rire.

C'était bizarre comme ils semblaient différents de lui, insouciants, heureux. Lui avait un poids déjà immense sur les épaules. Rien ne tournait rond et sans oublier les soucis qu'il avait dans Poudlard, il y avait aussi Voldemort qui l'attendait à l'extérieur. Harry frissonna d'appréhension et se demanda combien de temps encore il serait protégé par la magie ancienne entourant sa personne. La seule chose qui soulageait un peu sa peine était de savoir que Dumbledore avait mis un terme à ses retenues avec Ombrage. Il finit par retourner dans sa Salle Commune pour y faire quelques devoirs. Hermione était assise seule à une table, griffonnant avec fureur une longue et pénible dissertation d'Arithmancie.

– Alors, tu as décidé d'arrêter de te cacher ? dit-elle d'un ton vif en trempant sa plume dans son encrier vert émeraude.

– Je ne me cachais pas, répondit-il avec mauvaise foi. J'avais besoin d'être seul, pour réfléchir.

Il sortit d'un air furieux son cahier de Botanique pour y dessiner le croquis de Cactus du Pérou. Il tailla machinalement son crayon et Hermione dit :

– J'aurai aimé que tu viennes nous parler à Ron et à moi plutôt que de fuir la réalité. Ce qu'il s'est passé sur le terrain avec Malfoy est un malheureux accident mais...

– Ce n'était pas un accident. Je ne lui suis pas tombé dessus par hasard. C'était intentionnel.

– Si tu pouvais arrêter de me sauter à la gorge dès que je prends la parole, ça serait aimable, rétorqua froidement Hermione. Donc je disais que c'était un malheureux événement, mais qu'il ne fallait pas s'alarmer pour si peu : tu te souviens pas qu'en troisième année, moi aussi je l'avais frappé ? C'est une véritable tête à claques.

Harry l'ignora.

– Où est Ron ?

– Il est très bizarre depuis le match. Je crois que son ego en a pris un coup d'encaisser autant de buts en une seule rencontre. Je suppose qu'il s'entraîne et tente d'évacuer son stress. Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée.

– Ah et pourquoi ça ?

– Tout simplement parce que Ron et toi vous avez une montagne de devoirs en retard.

C'était vrai. Leurs devoirs à rendre avaient atteint une dimension presque alarmante. Harry avait encore un rouleau de parchemin à rendre en Métamorphose, en Potions et en Sortilèges, son croquis de Botanique, une nouvelle carte du ciel en Astronomie, le conte de Beedle le Barde à lire pour son option, sans oublier l'exercice de Soins aux Créatures Magiques et son journal des rêves à tenir quotidiennement. Il avait déjà mal à la tête. Quand il commença à inventer un rêve pour le cours de Trelawney, Hermione le regarda curieusement :

– Tu rêves toujours de cette porte noire ?

– Oui. Alors pour ne pas que Trelawney croie que je me moque d'elle, j'en invente régulièrement. Tu crois que si je dis avoir rêvé de m'être vernis les ongles en rose elle me prédira une mort certaine ?

– Sans aucun doute.

Harry haussa des épaules et l'écrivit tout de même dans son journal. Le trou bouché par le portrait de la Grosse Dame finit par pivoter sur ses gonds et Ron entra par le trou aménagé dans le mur. Il était très pâle et la neige précoce de cette année parsemait ses cheveux. Lorsqu'il les aperçut, Ron se figea sur place et lança un regard envieux vers l'escalier menant au dortoir des garçons.

– Je suis désolé, souffla-t-il en s'approchant, son Brossdur à la main.

– De quoi ? demanda Harry tandis que Hermione cessait d'écrire.

– D'avoir cru que je pourrais jouer convenablement au Quidditch. Je vais donner ma démission à Angelina dès demain.

– Je ne crois pas que ça soit une très bonne idée, dit prudemment Hermione. Je veux dire, quand nous étions au Terrier et que tu jouais avec tes frères, Ginny et Harry, tu avais l'air de très bien te débrouiller. Tu manques juste de confiance en toi. C'est normal de prendre peur. Mais si tu abandonnes au premier échec, tu ne sauras jamais si tu peux réellement être bon. Il te manque juste le déclic.

– Tu es à ça de réaliser ton plus grand souhait, prononça Harry en montrant un maigre espace entre son pouce et son index. Tu te souviens en première année, quand je t'avais fait découvrir le Miroir du Risèd, tu t'étais vu préfet, membre de l'équipe de Quidditch et tenant entre tes bras la coupe ?

– Oui, oui c'est vrai, admit son meilleur ami. J'étais aussi très séduisant et entouré d'une foule de jolies sorcières. Si ça se trouve, mon désir finira par se réaliser...

Cela valut de remonter considérablement le morale de Ron qui chantonna même en rédigeant son devoir pour Rogue.

Ooo

Le lendemain matin, Rogue était d'une humeur massacrante. Il bouscula pratiquement Neville pour se rendre jusqu'à son bureau et les toisa au-dessus de son nez crochu d'un air menaçant.

– Avant de reprendre la fabrication de votre Solution de Force, je tiens à vous avertir que nous avons aujourd'hui une invitée.

Les regards de la classe convergèrent vers un recoin sombre de la pièce d'où un « hum hum » désormais bien connu se manifesta. Harry frissonna d'un sombre plaisir à l'idée de voir Rogue être inspecté par Ombrage. Son regard croisa celui de Draco assis deux rangs devant. Il avait encore un pansement couvrant une légère balafre sur la joue : sûrement l'endroit où Harry l'avait frappé avec le Vif d'Or.

Ils allèrent chercher leur décoction dans le placard et retournèrent chacun derrière leur chaudron. Rogue fit apparaître les instructions au tableau d'un coup de baguette magique et ils se mirent silencieusement au travail. Le professeur Ombrage passa la première demi-heure du cours à prendre des notes dans soin coin.

Harry était si impatient de la voir poser des questions à Rogue qu'il en négligea sa propre potion qui passa d'un bleu indigo à un jaune cyanure. Finalement, Ombrage s'était levée. Au lieu de poser des questions aux élèves comme elle l'avait fait pendant le cours de Gobe-Planche, elle s'adressa directement à Rogue.

– Cette classe semble très avancée par rapport au niveau habituel, fit-elle remarquer en contemplant d'un air navré le chaudron de Seamus qui venait de lui exploser une seconde fois à la figure. Je me demande s'il est convenable de leur apprendre à fabriquer la Solution de Force que le Ministère préfèrerait éradiquer du programme.

Rogue se tourna avec lenteur et mépris vers elle. Harry entendit clairement Théodore Nott se retenir de pouffer de rire. Le Maître des Potions plissa des yeux et foudroya du regard Harry comme s'il était la source de cette hilarité.

– Je peux savoir ce qui vous fait rire, Potter ?

– Je ne riais pas, monsieur.

– Mais oui, c'est ça. Vous êtes un agitateur professionnel, n'est-ce pas ? Ça vous amuse les cours de Potions. Ça vous passe bien par-dessus la tête, puisque votre titre de Garçon-Qui-A-Survécu vous suffit amplement ?

Harry bouillonnait de rage alors que la classe entière s'était arrêtée de travailler pour observer leur échange. Il baissa la tête : il ne voulait pas offrir une nouvelle occasion d'être enfermé dans la cage en acier. Tout plutôt que ça.

– Oh, je vois que je ne suis pas la seule à avoir du mal à mater cette tête de mule, ajouta doucereusement Ombrage qui avait cessé de griffonner dans son cahier.

– Laissez-le. Il n'a rien fait.

Les yeux de Harry s'écarquillèrent de surprise. C'était la voix grave et lente de Zabini qui venait de s'élever. Il était assis auprès de Nott qui ne riait plus du tout.

– Vous voyez comment vous êtes, Potter ? Même les élèves de ma maison vous prennent désormais en pitié, cracha Rogue. Cinq points en moins pour Gryffondor. Et j'en enlève un à Serpentard pour votre impertinence.

Le cours reprit naturellement et Harry forma silencieusement le mot « Merci » en direction de Blaise Zabini qui se contenta d'incliner la tête et de reprendre la fabrication de sa sa potion.

– Maintenant, dites-moi, depuis combien de temps enseignez-vous à Poudlard ? reprit Ombrage d'une voix intelligible.

– Quatorze ans.

– J'ai cru entendre que vous aviez d'abord postulé pour celui de Défense Contre les Forces du Mal.

– Oui, répondit Rogue en pâlissant de fureur.

– Mais sans succès.

– De toute évidence, articula-t-il avec hargne.

La sonnerie retentit tandis qu'Ombrage arborait une moue satisfaite.

– Vous recevrez les résultats de votre inspection dans un délai de dix jours. Cela devrait tomber pour vous aux alentours de Halloween. Passez une bonne journée.

Le restant du lundi se passa sans encombre. Ron et Harry profitèrent d'une partie de leur pause déjeuner pour terminer un exercice très ennuyant en DCFM et reçurent chacun un Acceptable pour leur devoir sur table de la semaine passée.

– Je vais finir par croire qu'elle n'est pas si mauvaise que ça, claironna Ron en brandissant son parchemin d'un air triomphant.

Le soir, ils rejoignirent tous les trois la Salle sur Demande pour une nouvelle réunion de l'armée de Dumbledore. Tout le monde était là et Harry fut heureux de constater qu'ils avaient fait des progrès avec le sortilège Expelliarmus. Ils le révisèrent pendant une petite quinzaine de minutes puis Harry dit :

– Ce soir, nous apprendrons le Charme du Bouclier. Nombreux sorciers n'arrivent pas encore à le lancer convenablement. Pour cela, il faut faire un petit mouvement circulaire et essayer de... mmh, canaliser sa force, penser à un endroit où vous vous sentez en sécurité, où rien ne peut vous atteindre. Comme ceci : Protego.

Un halo bleuté se forma tout autour de lui telle une bulle. Lavande et Parvati poussèrent un soupir ravi. Ils se mirent par groupe de deux et commencèrent à appliquer les conseils attentifs et personnalisés de Harry qui passait parmi eux. Neville et Nyx étaient de ceux faisant les progrès les plus significatifs. Au bout d'une heure, Harry décida qu'il était temps de corser les difficultés.

– On va passer à Protego Maxima, qui en plus de vous protéger vous, pourra englober tout ce qui vous entoure et qui est cher à vos yeux. Cette formule vous prémunit de maléfices plus puissants aussi. Mmh, je pense que ce serait bien plus efficace comme défense. Le Protego Maxima demande aussi davantage d'attention et de technique.

La séance fut très concluante. Avant de partir, Hermione les retint tous et fit passer un chapeau pointu parmi le groupe.

– Le plus gros problème avec nos réunions c'est qu'elles n'ont pas des horaires fixes. J'ai pensé à un moyen de communiquer qui pourrait être fiable et dont Ombrage ne soupçonnera jamais l'existence. Vous trouverez dans ce chapeau un gallion par personne. Ils ont l'air semblable à de la vraie monnaie mais vous verrez sur la tranche que les numéros changent. En vérité, ils indiquent l'heure et la date. Harry n'aura qu'à changer la sienne pour que tout le monde soit mis au courant.

– Tu sais lancer un sortilège Protéiforme ? s'étrangla Terry Boot. C'est du niveau A.S.P.I.C. !

Ron mordit dans son gallion comme s'il s'était attendu à une pièce en chocolat.

– Euh, c'est bien gentil tout ça mais comment on fait pour ne pas le perdre, déclara Zabini en lançant un regard méprisant à sa pièce. J'en ai plein les poches des gallions. Comment je fais pour ne pas le confondre avec les autres ?

Hermione parut tout à coup embarrassée.

– Tu n'as qu'à le garder dans un endroit spécial, crétin, persifla Ginny.

Blaise Zabini sembla se retenir de prononcer quelque chose et ils se séparèrent, se dispatchant dans tout le château.

Ooo

Patti Sommerhearst tourna le dos à la télévision pour sortir du four son gratin. Elle était folle de joie que Harry soit à la tête d'un groupe d'autodéfense, mais son bonheur dépassait un point culminant à l'idée que sa fille unique en fasse également partie.

À l'école primaire de Sinuesa Valley, ses collègues ne cessaient de la féliciter, de lui répéter à quel point Nyx passait bien à l'écran, qu'elle était très mignonne et pourrait faire sans aucun problème du mannequinat.

La semaine passée, les Sommerhearst avait reçu un courrier à l'aspect très formel d'une marque de cosmétique pour adolescentes : apparemment, ils avaient pensé à Nyx pour présenter une gamme de crème anti-taches. Grâce à son travail dans le Harry Potter Show, les Sommerhearst avaient déjà pu couvrir près d'un tiers de leurs dettes.

Pendant que notre cher trio se rend jusqu'à leur dortoir, nous lancerons une petite page de pub ! s'exclama la voix enthousiaste de Mike Flickerman.

Le four sonna en même temps que la porte d'entrée. Mr Sommerhearst se leva pour ouvrir.

– Bonsoir Beth.

– Bonsoir, John.

Cha qui était assise à table se crispa involontairement. Rien que d'entendre la voix de sa mère la mettait dans tous ses états. Depuis qu'elle l'avait surprise dans une situation compromettante avec Nausikaa dans sa chambre, Cha avait tout fait pour l'éviter, jusqu'à demander à son grand frère qu'il lui emmène ici des vêtements propres.

L'angoisse monta crescendo quand elle réalisa que Nyx n'était pas là pour la soutenir. Sa meilleure amie avait appelé dimanche après-midi pour stipuler que la production les retenait jusqu'à lundi soir à cause d'une séance de l'A.D. Ses grands-parents iraient la chercher tout à l'heure à Londres. Ils seraient sans doute présents aux alentours de vingt-deux heures trente. Cha entendit Mr Sommerhearst faire entrer sa mère dans le living-room.

– Beth, quelle joie de te revoir, dit Mrs Sommerhearst avec un sourire crispé.

Beth Parker portait une robe bleu marine à pois blanc. Elle avait l'air en colère et ne prit même pas la peine de répondre à la salutation de Mrs Sommerhearst. Cha ne lui accorda pas le moindre regard.

– Charlotte, je peux savoir à quoi tu joues ?

– À attrape-moi si tu peux.

– Retourne-toi quand je te parle.

– Je n'ai pas envie de voir ta tête d'hypocrite, là, tu vois.

Beth lui attrapa une poignée de cheveux et la força à se retourner. Cha poussa un cri de surprise mêlé à de la douleur.

– Tu te retournes quand je te cause, c'est compris ?

– Beth, non ! cria Patti Sommerhearst.

Cha se dégagea, renversant un verre qui se brisa au sol.

– Tu vois ce que tu fais ? s'étrangla sa mère qui ne faisait plus attention au monde tout autour. Ce n'est pas ta maison, ici. Tu dois rentrer chez toi. Tout ce que tu fais c'est embarrasser les Sommerhearst qui...

– Ta fille est la bienvenue chez nous. Laisse-la tranquille, implora Patti. Elle a besoin de temps. Ce n'est pas la bonne méthode d'approche pour...

– Bien sûr ! Toi, Patti, tu as toujours été parfaite. Avec ta maison, ta famille et tout le reste qui est parfait ! J'éduque Cha comme il m'entend. Je comprends mon erreur : j'ai été trop tolérante avec toi. Pars prendre tes affaires. Je t'attends dans la voiture.

Affolée, Mrs Sommerhearst suivit son ancienne camarade de classe jusque dans l'allée.

– Beth, je... ne sois pas trop dure avec ta fille. Elle est tellement géniale. Réfléchis bien, je t'en prie.

Mais elle ne l'écoutait pas. Les larmes aux yeux, Cha finit par apparaître avec un gros blouson appartenant à Nyx.

– Merci pour tout, Mrs Sommerhearst. Vous avez été très gentille et patiente avec moi.

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre qu'elle grimpa dans la voiture qui disparut dans l'obscurité.

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Note : Je sais, je sais. Ce chapitre est horrible. Bon, en tout cas, parlons de ma petite vie (ouais ouais, c'est quelque chose d'intéressant). Donc j'ai emménagé dans mon studio et j'essaie de le rendre le plus agréable possible. Je n'ai pas encore la WiFi parce que j'estime que d'avoir des couverts, des assiettes et des tasses et bien plus utiles que de jouer à Candy Crush Saga toute la journée (sisi, je vous assure sur l'honneur de Vector). J'ai aussi dû payer des assurances et d'autres babioles, plus faire ma réinscription à l'université pour le Master (dès que je dis ou que j'écris Master, je me prends pour Yu-Gi-Oh et je pense que je vais sortir un Magicien des Ténèbres de ma manche en mode : « Ok, Bitches, reculez, vous en aurez plein les mirettes »). Je ne connais pas encore la dose de boulot que j'aurais cette année à la fac puisque je reprends les cours à partir du 16 septembre. Mais je suppose que j'en aurai beaucoup. Je travaille aussi quasi à mi-temps. Bon, ça ne changera pas grand chose puisque je pourrai toujours écrire le soir et que j'ai toujours eu l'habitude de le faire la nuit tombée. Bref, une année bien chargée mais je sens que ces changements me feront du bien. Pour ce qui concerne Nyx, j'en suis à la rédaction du dix-septième chapitre (qui me donne pas mal de fils à retordre). J'écris aussi une histoire sur Regulus Black qui est plutôt courte et je suis inspirée. Mais le plus important c'est mon projet de nouvelle originale que j'auto-publierai certainement cet automne. Je vous tiendrai au courant. Le titre sera « Velveteen ». L'intrigue sera centrée sur cinq amis étant parti ensemble au festival du Burning Man et étant confrontés à une enquête policiaire une fois de retour chez eux. Ça a l'air un peu naze dis comme ça, mais dans ma tête, c'est plutôt cool. J'espère que votre rentrée (pour ceux qui l'ont faite) c'est bien passé. N'hésitez pas à me laisser un petit mot et à la prochaine si vous êtes sages !


Par review :

Voulez-vous une scène avec le point-de-vue de Juno ?

TAPEZ 1 : Pour oui.

TAPEZ 2 : Pour non.