Posté le : 18 Octobre 2013. Hello, bitches. Je ne suis pas en vacances mais je pense à vous, mes doudous.


NOTE IMPORTANTE : On me l'a demandé plusieurs fois donc je vais répondre pour tout le monde. Non, il n'y a pas de caméras qui filment Harry allant aux toilettes ou sous la douche. Les caméras sont fixées en-dehors des pièces pour juste vérifier s'il y entre et quand il en sort. Mais en aucun cas il n'y a d'image de sa nudité, partielle ou totale. Lorsque Harry a été filmé en pleine ''activité manuelle nocturne'' on ne voyait rien d'autre que le léger mouvement des couvertures, et c'est pour cette raison que ça a pu passer à l'antenne, même si c'est très limite d'un point de vue légal. De toute manière, dans notre monde ou dans un autre, il est formellement interdit de montrer des images de mineurs dénudés à l'écran. Même pendant leur bain. Ce n'était pas le cas il y a de ça sept ans où on ne flouttait pas trop par exemple les fesses des bambins. Maintenant c'est plus régulier et, par exemple pour ceux qui ont déjà travaillé dans les services informatiques de certaines colonies de vacances, on précise bien de déclasser toutes les photos des enfants dans la piscine si l'on voit autre chose que le visage et les épaules. Je pourrai m'étaler dessus pendant des lustres mais, en clair, Harry n'a jamais été filmé allant au pot.


Réponses aux reviews anonymes :

Mireillelabeille : Nyx ne dit pas la vérité à Harry pour la simple et bonne raison qu'il y aurait des représailles dont j'ai rapidement abordé au chapitre précédent, je crois. Ceux qui se risquent à dire quelque chose ont ensuite la vie dure, et les fans leur pourrissent la vie ou leur envoie des lettres de menaces. Nyx ne veut pas de ça dans sa vie, pour elle et ses parents. Et quand bien même elle réussissait à tout dire à Harry sans se faire pincer, je ne pense pas qu'il la croirait de suite... Enfin bon, ça serait trop dangereux pour elle et je ne pense pas qu'à sa place j'aurai pris ce risque, même si j'apprécie Harry. À ce coup-là, c'est un peu ta vie contre la sienne. Sinon merci de ta review et à la prochaine.

Iilaydiiz : Hey, ya ! Je suis trop fière que le chapitre 15 t'ai autant emballé. J'me suis donné du mal, hein. Celui-là annonce pas mal de chambardements, donc je n'en dis pas plus. À découvrir. J'essaie de faire en sorte que tous les chapitres soient quand même intéressants même si certaines servent plus de transition qu'autre chose. Ça risque juste d'être difficile de tenir un rythme de publication régulier avec la fac et mon job mais bon, on s'accroche ! Le personnage de Nyx, qui n'était pas une évidence même quand j'ai débuté cette histoire, je le voulais naturel et digne de confiance. Parce que mine de rien, elle aurait pu être une fille pourrie gâtée sans cervelle et tout, et en fait elle est juste adorable avec son entourage quoi. Surtout que c'est la première fois que j'utilise un personnage féminin comme centre de mon récit sur du aussi long terme. Donc c'est une vraie fierté de savoir qu'elle puisse plaire à autant de monde. Une rencontre ? Mmh, je vis en région parisienne donc, bon, à voir. Bonne semaine !

Nanitebayo : Wow, je suis ton auteur de fic préféré ? Trop d'honneur ! Par contre, essaie quand même de te concentrer sur tes cours. Je peux te dire que même pour moi c'est dur de faire la part des choses mais j'ai toujours réussi à gérer ça pour l'instant. J'adore écrire – et je ne vois pas arrêter – mais j'ai un côté pragmatique qui fait que bon, j'aurai tendance à rester focaliser sur mes études. Plus que deux ans et j'en ai fini avec ce merdier. C'est ce qui me fait tenir, en réalité. Si tu prends l'initiative de laisser des commentaires plus régulièrement, ça ne pourra que me faire plaisir dans la mesure où j'essaie de répondre dans un délai plus ou moins court à tout ce joyeux petit monde. À la prochaine.

Bambinette-sama : Ta vie a changé avec cette fic ? J'ai rigolé comme une grosse dinde en lisant ta review. Et je suis contente de savoir que le Baba serve finalement à quelque chose. J'avais fait exprès de faire des chapitres très longs pour cette fic comme ça les lecteurs pourraient les relire pendant l'attente s'ils en avaient envie et aussi ça me permet d'explorer plein d'aspect de l'histoire à la fois. Mais j'imagine bien qu'à la lecture ça passe drôlement vite. Je ne peux pas répondre à tes questions Dawn et la lettre que Harry lui envoie puisque tu auras les réponses dans les chapitres suivants. Par contre, les enfants de Burst sont en effet décrits comme gâtés (mais ça va de soit avec des parents aussi riches), mais pas méchants. Ils sont surprotégés et on ne sait pas grand chose d'eux dans la sphère publique. En revanche, on s'aperçoit vite que leurs enfants (Hermione et Polux) sont vraiment adorables et ont les pieds sur terre. Curieux, non ? Donc tout ça pour dire qu'il ne faut pas croire tout ce que racontent les journalistes. Le décalage entre la version du journal et celle avec la scène avec Arnold est normal. Je voulais montrer leur véritable facette au fur et à mesure. Concernant Nausikaa je n'ai encore rien décidé. Merci de ta longue review.

Fantasio : Héhé, le plaisir était pour moi ! J'ai adoré écrire le passage dont tu parles, où Harry repousse Cho parce que quand je relisais le tome 5, j'étais simplement en colère de le voir baver derrière elle. u.u On en saura légèrement plus sur Juno dans ce chapitre et le suivant (que j'ai fini de rédiger). Pour la production, elle va continuer ses petites manigances. J'avoue que j'ai mal au cœur pour Harry dans cette fic. Dans mes autres histoires, je m'en contrecarre de ses états d'âme parce qu'il est acteur de sa vie et de ses malheurs. Mais lààààà, vu qu'il subit pratiquement tout, j'ai trop de mal à continuer en ce moment, parce que je veux chialer à chaque détour de paragraphe. Heureusement que j'ai un mental d'acier x)'. Je te remercie pour tes commentaires toujours aussi réguliers et tes encouragements. Je vais faire en sorte que la suite soit toujours aussi épique !

Guest (Constance) : Oooh, merci du fond du cœur. Ton avalanche de reviews était juste adorable et trop drôle. En plus j'en ai découvert une moitié en étant au travail donc c'était cool. Et ça me dérange pas de t'avoir comme stalker, du moins que tu me proposes des muffins tous les cent mètres. Euh, sinon, non Harry n'est pas le frère caché de Nyx mais t'inquiète tu n'as pas été la seule à le penser au fil de ta lecture (n'empêche ça aurait été trop ''facile'' comme scénario si ça avait été le cas). Au fait, si tes reviews ne s'affichent pas immédiatement, c'est parce que je dois d'abord les valider sur mon profil et vu que je ne le fais pas tous les jours, j'ai des reviews en attente qui poireaute et qui s'affichent en retard par rapport au jour où je les reçois. Donc ne t'inquiète pas trop pour ça. En général, je reçois tout.

Freak Circus : Haha, bad timing pour le chapitre spécial Halloween. Tant pis. Ce n'est pas trop grave. Ça veut au moins dire que tu as avalé tous les chapitres publiés sans t'arrêter. C'est super flatteur. Je t'avouerai que pour cette fic, j'adore me faire quelques petits selftrip comme avec les elfes de maison (désolé mais j'ai un sale délire avec eux, je peux pas m'empêcher de m'en moquer). Pour Vector, on en saura davantage plus tardivement dans l'intrigue puisque je passe à d'autres choses pour l'instant. Ton anecdote sur ton voyage en Angleterre m'a à peine choqué parce qu'il m'était arrivé un truc semblable et je n'arrive plus à me rappeller exactement quoi parce que je n'avais que douze ans à l'époque. Enfin bon, c'est typique le genre d'ambiance que je décris dans ma fic, comme quoi. Merci de tes encouragements et j'espère que la suite te plaira tout autant. Bise.


Le mot du bêta – Eymeric : Salut les loulous ! Encore une fois, merci, vous roxez grave avec vos reviews, certaines complètement dingues, d'ailleurs ! Que d'amour qui ressort de tout ça ! Ce chapitre-là m'a donné bien du fil à retordre, mais c'est une véritable pépite. J'ai hâte de lire vos réactions, au moins autant que j'attends de me plonger dans la suite avec impatience. Cette fic, c'est un peu une sorte de Grand huit. Parfois on tombe à une vitesse folle après une lente et presque douloureuse ascension, parfois on tournoie, on se retrouve la tête en bas, l'estomac en vrac, mais un large sourire sur le visage. Montrez-moi vos plus beaux rictus les loulous ! Bonne lecture !

Musiques : 01. War Flag – AaRON. 02. All You Want – Dido. 03. Let It Die – Foo Fighters. 04. People Are Strange – The Doors. 05. Changes – 2Pac. 06. Heroes – David Bowie. 07. Cornish Pixies – John Williams. 08. War – Jeremy Zuckerman. 09. Delicate – Damien Rice. 10. BackPack – Petite Meller.


CHAPITRE XVI

« Mise à l'épreuve »

« They have the money. They have the power. That's the reason I threw with them. That's the only reason. Sure, they have some sort of vision for the future too. I didn't gave a damn about any of that. They can sing their songs about mankind and its troubles. They can make their plans and spring their traps, don't bother me none. They paid me so I said yes. Didn't bother to ask who or how or why. I didn't care. I'm not some blind fool who'd give up all I've got on principle. What is principle anyway ? Can you bring it to the bank ? (…) Don't look at me like that. We're different you and I. You're just some blind fool who's always chasing butterflies. Whereas I'm a type of guy who likes to have beer in one hand and a titty in the other. Thing is, boy, I can have what I seek. Had it, even. You ? Yours hands will always be empty. » – Thomas Hickey, Assassin's Creed III, sync.

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Juno portait pour son interview exclusive une très élégante robe de sorcière bleu nacré. Les assistants l'avaient simplement maquillée en mettant en valeur ses pommettes et souligné sa bouche d'un discret rose à lèvres. En misant sur la carte de la fragilité, son équipe comptait bien faire oublier son énorme erreur de l'autre jour. Sans que quiconque l'eût encore prononcé, Juno savait pertinemment qu'elle était mise à l'épreuve.

De toute sa carrière, c'était bien la première fois que cela lui arrivait. Elle laissa quelqu'un ajuster ses boucles châtains et s'installa plus confortablement dans son fauteuil en attendant la reprise du direct. Juno devait s'avouer qu'elle était nerveuse à la perspective de rater cette interview en particulier, car celle-ci déterminerait sans doute le restant de sa carrière et son avenir – déjà un peu compromis – dans la série.

Ce qui était cruel avec l'univers du showbiz, et ça, elle l'avait très tôt compris, c'est que ce n'était pas nos succès qui étaient retenus, mais bel et bien nos échecs. Il était hors de question pour Juno que toutes ces années devant le petit écran, tous ces efforts, tous ces sacrifices afin d'être ce qu'elle était aujourd'hui, soient réduits à néant à cause d'une stupide bavure dont elle n'était que la première victime.

Après tout, si Dawn n'avait jamais glissé à Harry son véritable prénom, jamais il ne l'aurait prononcé à voix haute et elle ne se serait pas instinctivement retournée. On l'installa face au fauteuil de Mike Flickerman qui jetait un dernier coup d'oeil à ses fiches avant de lui chuchoter :

– Alors, pas trop le trac ?

– Non, répondit-elle, histoire de ne pas le montrer et ainsi se faire envahir par la panique.

– On a placé une nouvelle caméra juste au-dessus du prompteur si tu ne sais plus quoi dire tout en voulant continuer de paraître naturelle. Petite modification depuis la précédente saison.

– Ça ira comme ça. Je sais ce que j'ai à dire.

Le générique retentit dans la salle d'interview et Juno se racla une dernière fois la gorge avant d'offrir un sourire factice, mais resplendissant, à la caméra.

– Bonsoir à toutes et à tous, claironna le présentateur en rangeant ses fiches sur le côté de son siège. Nous voici de retour pour le direct du Harry Potter Show. Ce soir, nous avons l'immense privilège d'accueillir notre très chère Juno qui interprète le rôle de Hermione Granger à l'écran. Bonsoir Juno.

– Bonsoir, Mike. Merci de m'avoir invitée sur votre plateau.

Il lui rendit son sourire hypocrite et reprit son petit speech :

– Nous reviendrons avec elle sur son parcours au sein de l'équipe et aussi sur les récents évènements... Pour l'instant, nous allons discuter d'une nouvelle qui vient de tomber : selon un institut de sociologie, les garçons de ta génération seraient devenus bien moins machos que leurs pères juste en regardant l'émission. Hermione est le premier personnage de télé-réalité à incarner autre chose qu'une bimbo égocentrique et un peu... mmh, cruche, soyons honnêtes, n'est-ce pas ? Hermione symbolise la sagacité, l'intelligence, la lumière. Elle se trouve au-dessus des hommes qu'elle fréquente et leur sauve la mise à de nombreuses reprises. Tu occupes un peu le rôle de guide et de protectrice et, en ça, tu as aidé des milliers de jeunes filles et de femmes à travers le monde. Tu leur as fait prendre conscience qu'on pouvait, même très jeune, rester indépendante et fidèle à sa propre personnalité et que la superficialité n'emmène pas loin. Qu'est-ce que ça fait d'être tout ça à la fois ?

– Eh bien, je suis très fière, bien entendu... Je crois que Hermione s'est révélée à moi en même temps que le public la découvrait. Elle est fascinante et j'adore jouer ce rôle, tout particulièrement quand elle file une raclée aux autres !

Juno éclata d'un rire discret puis dit :

– Pourtant, c'est aussi énormément de responsabilités. Vous savez, c'est plus difficile d'être Hermione que Ron, même si Arnold passe largement plus de temps avec Harry que moi...

– Pourquoi ça ?

– Quand on est une fille, les gens ont tendance à être plus vigilants à ce qu'on fait, ce qu'on dit. Puis, à la fin de la saison, lorsqu'on retourne tous chez soi l'été, les magazines décortiquent les endroits où je vais, ce que je porte, qui je fréquente. J'essaie de bien gérer ça et de décompresser autant que possible entre les prises.

– La production t'avait avertie que ça deviendrait comme ça ?

– Honnêtement ? Non. Je crois que je suis arrivée à une phase du scénario pas encore bien maîtrisée. Je veux dire, personne ne croyait en l'école de magie quand l'idée a été lancée. Tout le monde se demandait ce que ça allait bien valoir. Mes débuts étaient un peu hésitants, à l'image de l'émission. Quand j'ai été recrutée, j'avais déjà travaillé chez Disney depuis mes quatre ans dans ''Bubblegum'' qui a connu un phénomène viral. Alors, les gens étaient très surpris de me voir réapparaître dans Harry Potter, je pense. Ils voulaient voir ce que ça allait donner. J'ai été recrutée parce que, en plus de correspondre à ce qu'ils cherchaient, j'avais déjà fait l'expérience de la pression médiatique et j'avais pratiquement toujours vécu avec. Pas une seule seconde je n'aurais imaginé que ça prendrait cette ampleur... D'accord, j'étais censée devenir l'amie de Harry, c'était prévu. Pourtant, le trio aurait dû se faire entre Ron, Harry et Neville. Pas moi. Ce n'était pas écrit.

– Harry a toujours un peu, mmh, dédaigné Neville Londubat. Est-ce que tu aurais une idée du pourquoi ?

– Eh bien, réfléchit Juno quelques secondes, je crois que Harry se fait une idée très précise de qui doivent être ses amis. Je veux dire, il a passé une bonne partie de sa vie sans, désormais il veut les choisir avec soin. Il a l'air adorable, comme ça, mais je suis certaine que pour lui, chacun de ses amis doit dégager quelque chose de spécial. Chose spéciale que Neville n'a pas. Enfin, pas encore.

– En parlant d'amis, Harry s'en fait des nouveaux cette année. Ça te permet de passer plus de temps tranquille, non ? Je veux parler de Ernie qui partage sa paillasse en botanique, de Fred et George ou même de cette figurante outsider qui s'appelle Nyx.

– Oui, ça nous permet des phases de repos à Arnold et moi, des moments où on est là mais sans avoir besoin de prononcer quoique ce soit. Et puisque Harry parle à d'autres élèves, ça nous fait des alibis pour discuter avec nos amis en toute discrétion et échanger rapidement quelques nouvelles.

– J'imagine que malgré la pression monstrueuse autour de la Convention Pottermaniac, ça t'a fait du bien de quitter les studios pour être avec les autres membres du casting officiel ?

– Oh, oui ! C'était fantastique et je remercie d'ailleurs toutes les personnes qui ont fait le déplacement. Tout le monde était très euphorique et j'ai vraiment hâte de faire la prochaine Convention.

– Tu seras à la Convention d'hiver ?

– Non, je crois que ça tourne. Ce sont plutôt les acteurs du casting officiel de Poufsouffle et Serdaigle qui s'occupent de Noël, cette année. Je serai à celle de printemps selon mon agent et puis ça sera tout.

– C'est déjà grandement suffisant ! Juno, la dernière fois nous avons accueilli ton homologue et camarade Arnold qui s'exprimait sur la relation de vos personnages à l'écran. Il disait aussi que le fait de tourner la quasi exclusivité de ses scènes avec Harry et toi l'empêchait de fréquenter ses véritables amis. On sait tous à quel point il était proche de Dylan Manford et à quel point son départ a pu l'affecter. Je crois que tout le monde est un peu curieux de savoir de qui tu es proche dans les studios.

– Je m'entends assez bien avec Cathy et Tom, qui jouent Ginny et Neville, informa-t-elle inutilement. Mais, pour être honnête, je n'ai pas le temps de faire ami-ami avec les autres. Je suis très, mmh, prise.

– Pourtant, d'autres parviennent à construire des liens très solides. Est-ce que tu penses que c'est dû au fait que tu sois légèrement renfermée sur toi-même ?

Si Juno fut offusquée par cette question, elle n'en laissa rien paraître. C'est vrai qu'elle avait toujours eu de grandes difficultés à se mêler aux autres. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de les trouver débiles et peu dignes de son intérêt. Elle remua sur son siège et dit :

– Je pense qu'il y a un temps pour tout. Même si le Harry Potter Show offre une fabuleuse expérience humaine, il n'en reste pas moins un lieu de travail. J'aime rester concentrée sur ce que je fais, d'autant plus lorsqu'on sait à quel point c'est complexe de jouer un personnage sur la longueur des années. Évidemment, certains en profitent pour créer des liens forts, d'autre pour se construire un carnet d'adresses, moi je reste focalisée sur mon objectif : offrir du rêve aux téléspectateurs.

– Peux-tu revenir avec nous sur ta petite relation avec Dawn et nous relater un peu comment ça s'est passé ?

Juno camoufla sa légère crispation du visage par un sourire gêné :

– Ça c'est fait un peu comme ça... On discutait et, euh, voilà : on s'est découvert des points communs. Ça a été très éphémère alors je ne pense pas qu'il y ait grand chose à dire là-dessus.

Mike sembla vouloir revenir à la charge mais s'en abstint lorsqu'il se rendit compte qu'il ne lui restait plus que quelques minutes pour rendre l'antenne.

– Le plus important aujourd'hui, c'est l'incident qui s'est produit avec Harry l'autre jour. Il a prononcé ton nom – enfin, ton vrai nom – et tu t'es retournée. Comment tu expliques le fait d'avoir commis cette grossière erreur ?

– Honnêtement, je ne m'étais jamais préparée à la possibilité qu'il puisse un jour connaître mon véritable prénom et...

– Est-ce que c'est quelque chose d'inquiétant ? coupa le présentateur.

– Je, euh, eh bien, oui ça m'inquiète qu'il sache ça. Après tout, quand Dawn a fait le choix de lui raconter des choses au sujet de l'émission, ils se trouvaient tous les deux dans un tunnel de passage qui sert à relier la base centrale au plateau. Il n'y avait pas de caméra, pas de micro donc personne ne sait vraiment ce qu'il a bien pu lui raconter. Ça m'inquiète dans ce sens-là. Mais je suis persuadée qu'on finira par trouver un moyen de chasser ça de l'esprit de Harry. Si je me suis retournée, c'était tout simplement instinctif. Parfois, quand on marche dans la rue, on en vient à s'arrêter car on pense que quelqu'un nous appelle. Ça fait partie de nos réflexes. Je suis navrée de l'avoir fait, et je serai plus prudente la prochaine fois. Mais je me sens terriblement piégée et impuissante.

– Oui, oui, je comprends tout à fait. Une dernière question : quel avenir tu imagines pour toi dans la série ? Je veux dire, c'est quelque chose que tout le monde se demande... Est-ce qu'il t'est arrivé d'y réfléchir ?

– Eh bien, je pense que comme la plupart des autres acteurs, nous continuerons de travailler pour l'émission aussi longtemps que possible mais il faudra, bien évidemment, accueillir de nouveaux visages pour rafraîchir l'équipe. Le scénario est en perpétuel mouvement. Par exemple, à la saison seize, il était prévu que Draco occupe un rôle prédominant mais maintenant qu'il n'existe plus dans le script de base, nous allons devoir nous en accommoder, nous renouveler. C'est quelque chose de très excitant. Pour Hermione Granger, je la vois suivre Harry dans ses aventures jusqu'au bout. Elle est très loyale. Alors, j'imagine que son avenir ne se déroulera pas bien loin de lui.

– Merci d'avoir répondu à toutes mes questions, Juno.

– Merci encore à vous.

– Nous allons reprendre le direct du Harry Potter Show dans l'infirmerie où se trouve Harry depuis déjà deux jours. Restez scotchés à vos écrans et n'oubliez pas de consulter de temps à autre les actualités du site internet officiel !

Ooo

Pomfresh avait fait boire une batterie de potions calmantes à Harry. Il avait dormi presque une journée entière. Apparemment, le surmenage à l'approche des B.U.S.E. blanches l'avait rendu très anxieux, au point de faire et dire n'importe quoi. Harry restait très méfiant de l'explication que lui avait donné l'infirmière, pourtant il acceptait cette idée et se laissait soigner. Hermione était passée en fin d'après-midi lui raconter un peu la vie sans lui à Poudlard, que les professeurs continuaient de donner une montagne de devoirs à faire et que Ombrage restait toujours aussi imbuvable.

– Les membres de l'A.D. t'ont écrit, avait-elle dit en sortant de son sac une énorme carte d'un jaune poussin écoeurant. Regarde, même Zabini a signé en disant qu'il avait hâte d'avoir une nouvelle séance. C'était l'idée de Luna. Elle l'a ensorcelée elle-même. Je dois avouer que c'est de la très belle magie.

Quand on ouvrait la carte, des éclats de rire et des bribes de paroles de ses amis retentissaient comme s'ils se trouvaient tout près de lui. Seamus aussi avait signé la carte. Peut-être ne lui en voulait-il plus d'avoir insulté sa mère de menteuse, tout compte fait. Harry l'avait posée sur sa table de chevet et la regardait de temps à autre pour se motiver à vite se rétablir.

Cela ne faisait que deux jours (Pomfresh était résolue à le garder encore un troisième par mesure de sécurité), et pourtant l'activité de l'école et son remue-ménage quotidien lui manquaient cruellement. Finalement, la porte s'ouvrit sur un Ron à la mine contrite. Instinctivement, Harry se redressa et le regarda se diriger jusqu'à son lit puis tirer une chaise.

– Salut.

– Salut.

Cela devait bien faire une semaine qu'ils ne s'étaient pas retrouvés rien que tous les deux pour discuter. En fait, depuis l'histoire du mauvais sort qu'il avait lancé par mégarde à Malfoy. Harry ne s'était pas bien rendu compte à quel point son meilleur ami lui avait manqué. Il n'exigeait pas d'explication de sa part, rien que le fait qu'il soit là le soulageait. En fait, Harry avait si peu de personnes sur qui il pouvait compter qu'il était prêt à tout leur pardonner sur le champ, du moins qu'ils faisaient preuve d'un peu de volonté.

– Je suis désolé d'avoir agi comme un idiot, encore une fois.

– Non, t'en fais pas. C'est vraiment rien du tout. Ça peut arriver d'avoir besoin de prendre un peu ses distances.

Ron ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais se ravisa. À en juger son attitude, il s'était attendu à ce que ce soit bien plus pénible de convaincre Harry de sa bonne foi. Il lui rendit son sourire.

– J'ai vraiment hâte que tu reviennes en cours de Sortilège. On a commencé à apprendre comment faire pousser de la végétation un peu partout. À un moment donné, Dean a agité si fort sa baguette, qu'il s'est retrouvé avec un kumquat coincé dans le nez.

Harry rigola un peu.

– … Et Angelina a décidé de reprendre l'entraînement. Oh, c'est pas autant que quand on préparait le match contre Serpentard, mais elle ne veut pas qu'on perde la main si on doit voler avec les joueurs de Serdaigle. Ils sont devenus très forts depuis que Davis est capitaine. Tout le monde voudrait tomber sur Poufsouffle au prochain match.

– Rogue a rendu les devoirs sur la pierre de lune ? demanda-t-il en se grattant le mollet.

– Oui, il les a rendu et s'est fait un plaisir d'humilier ce pauvre Neville. Mais toi t'as réussi à arracher un Acceptable. Il a dit qu'il t'attendait au tournant pour la phase pratique puisque tu semblais avoir compris les rudiments de la théorie.

Harry se permit de soupirer.

– Oh ! Et j'ai quelque chose pour toi. C'est du courrier (Il sortit de la poche de son uniforme un rouleau de parchemin). Je crois que le hibou te cherchait dans la Salle Commune sans t'avoir trouvé alors je me suis permis de te l'emmener jusque-là.

– Merci. C'est une lettre de Sirius !

Il déroula le parchemin et commença à lire. À mesure qu'il parcourait les lignes, son visage s'éclaira de plus en plus.


Cher Harry,

Je viens d'apprendre de Dumbledore en personne que tu as été conduit à l'infirmerie de toute urgence. J'ai été très inquiet de l'apprendre mais il m'a rassuré sur le fait que la situation était bien en main. De ce que j'ai pu comprendre, tu as fait une sorte de crise d'angoisse et je dois t'avouer que c'est tout à fait normal à ce moment précis de ta scolarité. Lorsque j'étais moi-même en cinquième année, une fille s'était rasée la tête en éclatant de rire à l'aide d'un sortilège de Terre Salée. Elle avait eu le crâne lisse comme un œuf jusqu'à la rentrée suivante et ton père l'avait copieusement affublée de tout un tas de noms d'oiseaux.

Remus, lui, ne trouvait pas ça drôle du tout parce qu'il était préfet (ou peut-être tout simplement parce qu'il avait mis feu à sa robe quand Slughorn l'avait interrogé sur l'utilisation des antidotes courants). En fait, chacun gère son stress de la manière qu'il juge convenable et, quand de mauvaises énergies s'accumulent, on a tendance à faire des choses disproportionnées ou stupides. J'espère que tu réfléchiras bien la prochaine fois avant de te ruer dans la Forêt Interdite grouillant de centaures en colère.

Bientôt, tu devras passer tes B.U.S.E. blanches qui t'indiqueront ton niveau de mi-parcours. Je sais que ça ne sera qu'une source de stress supplémentaire, mais dis-toi seulement (si cela peut te soulager) que ces épreuves sont aux moins trois fois plus difficiles que les vraies B.U.S.E. de juin. Je crois que les professeurs aiment en faire trop, que pas assez. Surtout, révise à fond les Potions ! Je ne laisserai pas Rogue insulter une fois de plus l'honneur de mon filleul adoré ! Petit conseil pour la Métamorphose : n'hésite pas à exagérer tes mouvements de baguette pour bien montrer à ton examinateur que tu sais ce que tu fais. Je crois que tu as toujours eu certaines prédispositions pour la Défense Contre les Forces du Mal.

Aussi, je te conseillerai – même si cela peut paraître lèche-botte – de bien suivre le programme de Ombrage jusque-là, même s'il s'avère d'une grande inutilité. Ce qui compte, c'est que cet été, tu aies conservé suffisamment d'acquis pour montrer au vrai jury de quoi tu es capable. Quand tu passeras l'épreuve de Soins aux Créatures Magiques, n'oublie pas de saluer pour moi ce bon vieux Hagrid. J'ai entendu dire qu'il était revenu de son voyage, quoiqu'un peu épuisé...

Au fait, félicitations pour ton match contre Serpentard. Kingsley m'a dit que depuis la défaite des Vert et Argent, Lucius Malfoy est d'une humeur exécrable au Ministère. L'hospitalisation de son fils n'a rien amélioré, je crois. Mais Arthur (qui a de bons contacts avec le service sanitaire des mauvais maléfices) m'a certifié que d'ici quelques mois, Draco sera de nouveau sur pied, que ce n'est qu'une affaire de temps et qu'il est désormais entouré des meilleurs guérisseurs. Tu n'as donc pas trop de soucis à te faire pour lui. C'est très courant à Poudlard que des étudiants se retrouvent avec ce genre de blessures.

Avoir trop de magie en un seul endroit laisse souvent place à ce genre de dérives. Ici, à la maison, tout se passe très ordinairement. Kreattur est toujours aussi détestable et ma mère me ravit de sa charmante compagnie. Tu as de la chance d'être à Poudlard. Profites-en ! J'aimerais te promettre que nous nous retrouverons bientôt, mais j'en suis pour l'instant incapable à la vue de tout ce qui semble se préparer et changer dans ma vie. J'en viens donc à la seconde partie de ma lettre. Agite ta baguette magique au-dessus du parchemin pour que les mots se révèlent (Je ne pouvais pas laisser ça tel quel de peur que notre courrier soit intercepté et qu'on puisse tomber sur de telles informations).

Kingsley, Tonks et Maugrey seraient parvenus à remonter à la trace de Pettigrow. Il se cacherait dans un trou, près du Wiltshire (curieux, c'est tout près du Manoir Malfoy...). Ils tiennent une planque là-bas. Peter sort très peu et jamais seul, mais Maugrey est presque certain de pouvoir l'attraper. Oh, bien sûr, il n'a pas de mandat d'arrêt contre lui puisqu'il est censé être mort. Mais selon Kingsley, un sorcier disparu vaut mieux que deux tu l'auras. Ils vont alors l'interpeller et le conduire jusqu'au Ministère où il subira un interrogatoire très poussé. Dumbledore m'a assuré que c'était tout à fait faisable et qu'il ferait partie de l'opération. J'ai alors de bonnes chances de retrouver mon honneur et ma liberté. Je voulais t'en parler depuis cet été mais, à l'époque, rien n'était moins sûr.

L'opération n'a pas encore de date prévue. Dumbledore dit que d'ici cet été, au moins, je serai un homme parfaitement innocenté et, alors, tu pourras vivre avec moi comme je te l'avais dit il y a deux ans. Tu ne peux pas savoir à quel point cette idée me remplit de bonheur ! Quand tout sera en règle, j'écrirai à ton oncle et ta tante pour avoir leur permission (et, vu ce que tu m'en as raconté, ils seront bien contents de se débarrasser de toi) et je t'emmènerai pour tes vacances dans une île où je me suis caché. Tu verras, c'est drôlement fantastique !

Il te reste encore quelques semaines avant les vacances de Noël. Je suis certain que tu pourras tenir d'ici-là. Moi, je continue de faire des missions pour l'Ordre depuis la maison (constituer des cartes, vérifier le matériel, disséquer des documents classés top secret). C'est vrai que l'enfermement et la solitude me pèsent mais c'est toujours mieux que ma cellule à Azkaban.

Prends soin de toi Harry. Suis les indications de Pomfresh (cette femme sait ce qu'elle fait, crois-moi : elle a pu recoller la tête de ton père qui avait roulé sur le sol après un sortilège de Découpe en troisième année). Ne fais pas de bêtises (et j'insiste : Ombrage te tient à l'oeil). Continue d'être aussi courageux et reste proche de tes amis.

Sniffle.

P-S : Si j'étais toi, je jetterais un œil au nouveau numéro du Chicaneur. Xeno Lovegood parle de l'ingérence du Ministère dans les affaires de Poudlard. Kingsley me l'a laissé avant de retourner au bureau. J'imagine qu'à Poudlard, vous le recevrez en fin de journée.


Harry leva le nez de la lettre et offrit un sourire rayonnant à Ron et poussa un rugissement de joie qui fit sursauter un gamin de première année qui s'était cassé le bras en tombant dans les Escaliers Magiques.

– Q-Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

– Sir-Sniffle ! Il y a un espoir qu'il soit innocenté !

– C'est formidable ça, Harry.

– Il faut que j'en parle à Hermione.

Il regarda autour de lui, comme s'il espérait qu'elle surgisse de nulle part pour entendre la bonne nouvelle.

– Elle est en cours d'Arithmancie, informa Ron. Je crois qu'elle viendra te faire un petit coucou avant le dîner, donc tu pourras le lui dire à ce moment-là.

Harry n'était pas très certain de pouvoir attendre. Il demanda alors à Ron d'essayer de lui trouver un exemplaire du Chicaneur pour qu'il puisse le lire comme Sirius le lui avait indiqué.

– C'est drôle qu'il te le conseille, fit remarquer son meilleur ami. Je veux dire, avec toutes les histoires qu'ils racontent dedans... Même Sirius y est passé !

En effet, lorsqu'ils avaient pris le Poudlard Express à la rentrée, Luna avait été très fière de leur dire qu'elle était la fille du rédacteur-en-chef. Harry était alors tombé sur un article gratiné où une bonne femme garantissait que Sirius était innocent car il s'agissait en réalité de Stubby Boardman, le chanteur du groupe les Croque-Mitaines et qu'il avait dîné aux chandelles en sa compagnie le soir de l'assassinat de Peter Pettigrow. Harry avait trouvé cette histoire perchée mais incroyablement drôle sans qu'il ne puisse dire pourquoi. Pourtant, le Chicaneur semblait montrer des éclairs de lucidité et il voulait savoir ce qu'ils avaient à dire sur cette horrible et malfaisante Ombrage.

Ooo

Le mercredi matin, tout le monde semblait avoir entendu parler de ce qu'avait à dire le rédacteur-en-chef du Chicaneur sur la manière qu'avait Ombrage de gérer l'école. En quittant l'infirmerie ce jour-là, Harry retrouva la pauvre Luna à ratisser la grande cour pavée sans faire usage de la magie très tôt le matin.

– Bonjour, Luna.

– Oh, salut Harry.

Luna avait, comme d'habitude, ses gros radis suspendus à ses oreilles. Elle le fixait de ses protubérants yeux cendrés qui clignaient si peu que ça en devenait déstabilisant.

– Je vois que les Nargoles t'ont enfin laissé tranquille.

– Euh, c'est quoi les Nargoles ? interrogea-t-il en se baissant pour se gratter la jambe.

– Ce sont des bestioles qui rentrent dans ta tête et t'embrouillent l'esprit. Y'en a pas mal autour de toi.

Harry regarda tout autour de lui, s'attendant à trouver un nuage de moucherons.

– Désolé, les gens normaux ne peuvent pas les voir (« Normaux » sonnait presque comme une insulte dans sa bouche). Quand est-ce qu'on refera une séance de l'A.D. ?

– Sans doute demain soir.

À vrai dire, Harry avait très hâte de reprendre l'entraînement. Neville avait fait des progrès spectaculaires. Zabini commençait tout juste à discuter avec les autres sans leur offrir d'oeillades méprisantes. Parvati était moins distraite et réussissait une fois sur deux à stupéfixer son adversaire. Et Marietta Edgecombe semblait de moins mauvaise humeur à chaque réunion.

Sans conteste, le bilan était très positif. Le fait que, le temps d'une séance d'autodéfense, les quatre maisons soient réunies, offrait à Harry un sentiment de fierté qu'il n'avait jamais connu jusqu'alors. Il avait l'impression de construire quelque chose de grand que personne – pas même le Ministère – ne pourrait leur enlever. Et ça, c'était magique.

– Tu veux que je t'aide pour la cour ?

– Non, ça va aller. Ombrage finira bien par se lasser de me punir. En plus, j'ai presque fini. (Harry commença par s'éloigner pour se rendre dans la Grande Salle). Euh, Harry ! Tu sais, je... je regarde tout le temps le faux Gallion que Hermione a donné pour les réunions. Je les aime beaucoup. C'est la première fois que je me fais des amis.

C'est vrai que pour des gens comme Luna ou Neville, l'A.D. était devenu un nouveau moyen de se sociabiliser et d'adresser la parole à des gens qui les regardaient à peine en temps normal. Ça devait continuer.

– Merci Luna.

Le cœur plus joyeux, il entra dans la Grande Salle où une partie des élèves étaient déjà présents. Il mangea avec bonne humeur son assiette de porridge entre Dean et Seamus, qui ne semblaient plus lui faire la tête. Depuis qu'il avait été à l'infirmerie, tout s'écoulait pour le mieux.

Ron semblait de nouveau souriant. Seamus avait dit vouloir assister à une réunion de l'A.D. Hermione ne le harcelait plus pour qu'il révise comme un forcené. Sirius allait sûrement être innocenté. L'entraînement de Quidditch reprenait de plus belle. Hagrid était revenu. En cet instant, il aurait été difficile de s'inquiéter de quoi que ce soit.

Ooo

Les mains placées sous le menton, Andrew Burst observait l'apprenti sorcier se gratter le mollet pour la seconde fois en quelques minutes. Il ôta son oreillette et se félicita mentalement d'avoir sauvé la situation à l'intérieur et à l'extérieur du biome tandis que celle-ci se détériorait à une vitesse spectaculaire. Tout était à nouveau sous contrôle et il pourrait, enfin, dormir sur ses deux oreilles.

L'interview de Juno la veille avait rassuré la plupart des fans et le fait que les retenues avec Ombrage soient enfin terminées avait réussi à colmater la brèche à l'origine de tout ce chambardement. Le producteur était bien décidé à ne plus faire de vagues pendant quelques semaines, ayant eu sa dose de rebondissements. Il soupira d'aise en s'étirant et laissa une assistante débarrasser son plat et lui masser ses doigts douloureusement meurtris à force de taper des lignes de code sur son clavier. Rodolf Puntz, son directeur informatique, s'assit à ses côtés en tirant une chaise.

– C'était moins une. Comment s'est déroulé l'opération ?

– Au mieux, répondit Burst en dégageant sa main de l'assistante. Harry n'a rien senti ou suspecté. Il se gratte simplement, mais d'après le chirurgien, il arrêtera ça dès demain après-midi, maximum.

– Pas de cicatrice ?

– Pas de cicatrice, confirma-t-il avec un sourire en coin.

Le fait que Harry tente de fuguer pour la seconde fois en deux ans (la fuite après avoir fait gonfler la Tante Marge l'avait marqué), avait résolu Andrew Burst a faire implanter un mouchard dans le mollet de Harry. Au départ, cela n'avait été qu'une idée comme une autre. Pourtant, le fait que Harry grandisse le rendait plus difficile à canaliser et ils ne pouvaient pas se permettre de le perdre de leur champ de vision. Qui sait ce qui pouvait se produire ? Cette puce leur permettait de géolocaliser Harry peu importe où il se trouvait dans le monde et en tout instant.

Ils l'avaient endormi dès son admission à l'infirmerie et avait stérilisé une pièce pour l'opérer dans de bonnes conditions. Le chirurgien l'avait fait tout en délicatesse et Burst avait tenu à être présent. Quoiqu'on puisse dire, Harry était tout de même son fils... Il avait insisté sur le fait que Harry ne devait pas avoir de cicatrice pour ne rien suspecter, même s'il avait tendance à beaucoup se blesser. Il fallait que ça soit fait avec précision et ce fut le cas.

– Quel est le programme de la journée ? demanda Rodolf en faisant glisser le panneau de contrôle sur l'écran principal.

– Cours jusqu'à quinze heures puis Astronomie le soir... Mmh, je crois que je vais annuler Astronomie pour qu'il reste allongé toute la soirée et programmer de la fausse pluie. Je veux une journée tranquille aujourd'hui, pour le remettre dans le bain en douceur. Il est censé être en convalescence alors je ne veux pas trop forcer.

– Comment tu feras pour le Quidditch vendredi ? Il est censé s'entraîner, non ?

– Ouais, j'ai dit au scénariste de repousser l'entraînement à mardi prochain pour ne pas trop le pousser. Je ne veux pas risquer de rouvrir le point où se trouve sa puce. Donc, on va faire en sorte que les Serpentard leur volent le terrain quelques minutes avant qu'ils n'arrivent. Et je leur donnerai des devoirs en plus, comme ça il restera dans sa Salle Commune.

– Le repas du midi est prévu ? Régime spécial à communiquer aux cuisines ?

– Le médecin a dit qu'il devait refaire le plein niveau fer et protéine. Passe un coup de fil au niveau -1 de ma part et dis-leur de mettre en évidence des plats de lentilles devant Harry, tout à l'heure.

Burst souleva un calendrier très précis, mit de côté son agenda gonflé de post-it et mordilla son stylo noir tout en attrapant une épaisse enveloppe donnée par la clinique urgentiste qui lui avait envoyée le chirurgien et ses médecins pour l'opération spéciale.

– Il a parlé de l'A.D. Tu crois qu'on devrait le laisser faire ? Je veux dire, il vaudrait mieux qu'il reste pas trop longtemps debout, tenta Rodolf en pianotant sur son clavier frénétiquement.

– J'en sais rien... Je me posais la question tout à l'heure. Je laisse ça en suspend. On regarde comment ça se passe aujourd'hui, si demain il a l'air en meilleure forme on autorise la réunion de l'A.D., sinon on inventera un nouveau prétexte.

Sur le moniteur géant, Harry quittait la Grande Salle et se rendait dans une des hautes tours du château où se déroulerait le cours de Divination.

– J'ai demandé à Mircella de le laisser dormir en Divination, prononça Burst en traçant sur sa tablette tactile le parcours du Baron Sanglant qui passait juste devant Harry.

– Mircella ?

– Tu sais, l'actrice qui joue Trelawney.

– Ah oui... La caméra 14 est mal orientée. Il faudrait la re-régler la prochaine fois. Là elle n'est pas utilisable pour les plans rapprochés à cause du contre-jour, dit Rodolf en la pointant du bout de son stylo sur le moniteur. Je dois envoyer quelqu'un ?

– Oui, on fera un rapide contrôle de la machinerie quand il sera dans sa Salle Commune. On coupera juste le générateur deux.

Le générateur deux alimentait les septième et sixième étages en entier. Parfois, il leur arrivait d'éteindre les autres pour vérifier l'état des machines pendant que Harry somnolait tranquillement dans la tour Gryffondor. À cause de la complexité du studio et des éléments qui le composaient, c'était chose très régulière. Les assistants et réparateurs devaient travailler le plus silencieusement possible.

Parfois, il leur était arrivé de repousser des mises à jour car Harry avait décidé de vagabonder en pleine nuit avec sa Cape d'Invisibilité. Même si celle-ci était dotée d'un traceur dès qu'il l'utilisait, Burst préférait tout simplement annuler des travaux plutôt que de prendre le risque que Harry aille trop loin et se retrouve nez à nez avec un ouvrier.

– On repasse en plein-écran ? proposa Rodolf.

– OK.

Ooo

Harry s'était assoupi sur la table qu'il occupait avec Ron en Divination. Trelawney était si accablée de sa récente mise à l'épreuve par Ombrage qu'elle avait passé le cours entier à ruminer depuis son fauteuil, le regard tourné vers l'étroite fenêtre. Cela leur avait laissé suffisamment de temps pour terminer leur nuit. Harry aurait aimé que cela soit tous les jours comme ça, mais il dut revenir à la réalité.

Pendant l'intercours, il croisa Nyx dans les couloirs mais ne put lui parler car elle se trouvait bien trop loin. Il aurait aimé lui dire que ça allait largement mieux avec Ron. Le professeur MacGonagall estima qu'il était temps de réviser quelques sorts appris en quatrième année à l'approche des B.U.S.E. blanches. Exceptionnellement, les tables avaient été regroupées par quatre : Harry, Ron et Hermione partagèrent la leur avec Neville qui montra des réflexes remarquables au premier exercice, visant à changer un hérisson en pelote d'épingles.

– Félicitations, Londubat. J'accorde deux points à Gryffondor.

Le reste se passa tranquillement et dans la bonne humeur : même les révisions de transferts inter-espèces se déroulèrent très bien. À la fin du cours, MacGonagall l'attrapa à part et lui donna un bout de chocolat.

– Vous en aurez grand besoin depuis votre sortie de l'infirmerie, Potter, dit-elle d'un ton moins sec qu'à l'ordinaire.

Harry le mit de côté et commença à mordre dedans après le cours de Soin aux Créatures Magiques qui fut particulièrement studieux si l'on considérait que Hagrid était leur professeur. Il n'avait rien fait de dangereux ou d'exceptionnel et Harry supposa que les conseils de Hermione étaient entrés dans cette tête de mule.

– Il veut sans doute essayer de ne pas attirer l'attention d'Ombrage, devina Ron qui reçut un carré de chocolat de la part de Harry. Pour l'instant, elle a l'air décidé de vouloir renvoyer Trelawney.

– Ça ne sera pas une grande perte, persifla Hermione.

Ils retournèrent dans leur Salle Commune et firent leurs devoirs. Aux alentours de six heures, Dean fit irruption et déclara bien fort que le cours d'Astronomie était annulé à cause de la pluie et des nuages. Harry n'allait pas s'en plaindre et resta étendu dans son fauteuil une bonne partie de la soirée jusqu'au dîner.

Ooo

La pluie avait continué à tomber le lendemain, enveloppant Poudlard d'un lourd voile brumeux. Pour l'occasion, le cours de théâtre se déroula dans une salle abandonnée du quatrième étage. C'était encore très poussiéreux mais l'espace était convenable et lumineux. Pendant une quinzaine de minutes, Lockhart leur demanda s'ils avaient tous bien lu le conte et l'avaient compris. Puis il avertit que d'ici la semaine suivante, chacun connaîtrait son rôle dans la pièce.

– En attendant, nous allons profiter du fait qu'il pleuve pour commencer à peindre un peu le décor. Vous avez de quoi faire avec ce qui se trouve dans cette armoire. J'en ai emprunté une partie à l'option peinture, mais... ça reste entre nous.

Bien que le niveau artistique de Harry soit désastreux, cette activité de groupe eut le mérite de le rapprocher des quelques autres élèves. Il apprit par exemple que Marcus Belby – dont l'oncle Damocles avait inventé la potion Tue-Loup puis reçut l'Ordre de Merlin avec les honneurs – avait tellement de pression sur ses épaules qu'il s'était évanoui au moins quatre fois à l'approche des B.U.S.E. blanches. Ernie, quant à lui, avait un frère qui faisait ses études à Durmstrang qui le traitait continuellement de mauviette pour avoir fini à Poufsouffle (l'anecdote amusa tout particulièrement Théodore Nott qui ricana en leur lançant une oeillade désespérée).

Après avoir écouté les autres et badigeonné sa toile de bleu pour représenter le ciel, Padma avoua qu'elle détestait son nouveau statut de préfète et qu'elle aurait aimé rester une élève comme les autres : « Des crétins se sont amusés à voler mes chaussures parce que je leur avais filé une retenue la veille. Les Serdaigle peuvent être vraiment stupides parfois ». Ulris, l'autre garçon de Serdaigle, s'était contenté d'acquiescer en découpant à l'aide d'un Cracbadabum une rangée de papier crépon.

À la fin de l'heure, Ron, Harry et Théodore durent se rendre dans les cachots pour le cours de Potions. Cette fois, Harry était suffisamment détendu pour faire face à l'horrible épreuve que préparait Rogue. Il était fermement décidé à ne pas se laisser déconcentrer par ses sarcasmes.

– Taisez-vous.

Comme à l'ordinaire, l'ordre de se taire n'était pas très utile car personne n'aurait osé faire du chahut dans la classe de Rogue. Ce dernier s'enveloppa dans son immense cape d'un bleu encre et serra les bras, une expression délicieuse sur le visage.

– Aujourd'hui, vous allez passer votre première épreuve de B.U.S.E. blanches.

– Q-Quoi ? Mais personne ne nous a averti ! s'emporta Dean, assis à la seconde rangée.

Rogue se pourlécha les lèvres et prononça :

– La potion que vous allez préparer demande au moins trois semaines de décoction et c'est uniquement à ce moment que vous connaîtrez vos résultats. C'est pourquoi je me suis permis de demander à la Grande Inquisitrice une légère avance sur la date de l'épreuve. Vous trouverez à la page 394, les instructions...

– La Goutte du Mort-Vivant ! s'exclama Ron, les yeux ronds. Mais c'est au programme de sixième année !

Rogue fit comme si rien n'avait troublé le silence de sa classe et tourna le sablier sur son bureau.

– Vous avez deux heures et dix minutes.

Ne voulant pas rater sa potion (au moins cette fois-ci), Harry décida d'agir avec méthode. Il déposa sur sa paillasse son pilon et son mortier, et commença par bien les nettoyer. Selon Arsenius Beaulitron, rien ne pouvait plus faire défaut à une préparation que du matériel sale. Il suffisait d'un résidu pour endommager la nouvelle potion ou provoquer une réaction chimique imprévue. Ce que Harry aimait bien avec ce livre, c'est que l'auteur restait très pédagogue et donnait des précisions sur chaque ingrédient et leur spécificité pour ce cours en particulier.

Ainsi, Harry passa dix minutes à lire entièrement la recette et prit des notes sur un calepin, décidé à n'oublier aucune étape. Quand son chaudron fut rempli d'un litre d'eau, il commença à suivre les instructions de Beaulitron à la lettre. Contrairement aux autres séances, le silence dans la classe était lourd et le rendait inconfortable. Des vapeurs de fumées bleues fusaient en des panaches réguliers.

La décoction de Goyle produisait des jets d'eau bouillante et celle de Neville ressemblait à du ciment frais. À sa droite, Ron tirait la grimace en tournant avec sa cuillère en bois la texture gluante qui semblait être douée d'une volonté propre, se tassant dans des coins du chaudron et produisant des petits couinements. Un peu plus loin, Zabini était ostensiblement penché sur sa paillasse et regardait sans vergogne ce que faisait Hermione et reproduisait chacun de ses gestes. Ce n'était pas très charitable, mais Harry devait s'avouer que c'était une bonne méthode : la potion de Zabini était bleu azur, s'approchant du bleu nuit recommandé dans le manuel.

Quelques minutes plus tard, Rogue attrapa la tête de Zabini et la baissa avec force sur son propre chaudron. Seamus étouffa un rire et sa potion lui explosa – une fois de plus – à la figure. Harry ajouta soigneusement les racines d'asphodèle en poudre, remua avec une tige en acier dans le sens inverse de l'aiguille d'une montre et trouva la couleur bleue nuit tant désirée. Il était fou de joie à l'idée d'avoir réussi une potion pour la première fois de sa scolarité.

– Veuillez placer vos échantillons dans une fiole étiquetée à votre nom dans l'armoire. J'étudierai leur évolution au cours des semaines à venir.

En sortant de la classe, Harry était certain de dégoter, au moins, un Acceptable. Il ne s'en vanta pas à Ron qui était d'une humeur massacrante. Ils allèrent directement dîner, leur estomac vidé par l'examen, et Harry discuta joyeusement de la vente des Boîtes à Flemme avec Fred et George.

– On pense avoir trouvé un antidote pour les Berlingots de Fièvre. C'est Charlie qui nous en a donné l'idée quand on lui a écrit une lettre. Apparemment, ils font boire du jus de Horglup aux dragonnes en période de fécondation pour éviter qu'elles soient trop, mmh, en chaleur. Une goutte de jus pourrait nous permettre de faire redescendre la fièvre, expliqua George.

– Le plus dur, ce sera de faire en sorte qu'il ne s'évapore pas à la combustion, ajouta Fred.

– La combustion ?

– Oui, notre grand secret de fabrication, répondit-il en mordant dans une cuisse de poulet.

En retournant dans la Salle Commune, Harry fut surprit de trouver Hedwige perchée au-dessus de la cheminée, une lettre dans son bec.

– Elle est arrivée alors qu'il pleuvait, informa Lavande. On l'a faite entrer parce qu'elle tenait absolument à venir.

– Merci.

Harry décacheta la lettre qui portait le sceau d'un os croisé avec une baguette magique surmonté d'un « M ».

Cher Mr. Potter,

Je vous écris aujourd'hui pour vous faire savoir que votre courrier a bien été réceptionné dans notre hôpital. Nous vous remercions d'ailleurs de votre intérêt pour l'un de nos patients. Mr. Malfoy semble avoir apprécié la lecture de votre courrier malgré son état encore très instable. Même si ses chances de guérison sont extrêmement minces, de petites attentions comme celle-ci changent la vie de nos malades.

Veuillez accepter mes salutations distinguées,

Miriam Strout, guérisseuse-en-chef du service des pathologies des Sortilèges.

Harry replia la lettre, amer. Ainsi donc Malfoy n'était même plus capable d'écrire lui-même ? Il était très déçu de ne pas avoir obtenu de réponse, mais davantage inquiet des séquelles que son sortilège raté avait laissé.

Son moral dégonfla aussi rapidement qu'un ballon de baudruche et il se réfugia dans son dortoir. Savoir qu'il avait gâché la vie de Malfoy à tout jamais le dévastait. Pas qu'il l'appréciait. Enfin, il le détestait de moins en moins depuis qu'il avait entrevu une autre facette de sa personnalité... De toute manière, son sort était tout simplement horrible. Harry déposa la lettre dans le tiroir de sa table de chevet, enfila son pyjama et essaya tant bien que mal de s'endormir.

Ooo

La semaine allait se terminer avec panache puisque c'était enfin le moment de reprendre l'entraînement de Quidditch. Les membres de l'équipe de Gryffondor traversaient la pelouse pour se rendre jusqu'au stade lorsqu'ils constatèrent avec horreur que ce dernier était déjà occupé par une horde de Serpentard. Montague joua de ses muscles pour se frayer un chemin parmi la foule et les nargua de son sourire malfaisant.

– Rogue nous a réservé le terrain.

– Quoi ? s'étrangla Angelina en faisant tomber son balai. C'était notre jour !

– Oui, mais avec Potter à l'infirmerie, on a pensé que votre entraînement serait annulé et on en a profité. Tu n'as qu'à demander aux professeurs. De toute façon on en a bien plus besoin que vous : on recrute notre nouvel Attrapeur.

Il désigna de son menton proéminent un banc sur lequel était assis une bonne poignée de garçons et une fille qui attendaient, dans l'ordre et le silence, qu'on les appelle pour faire leurs preuves en matière de vol. Le candidat qui était en train de suivre les instructions de Warrington était vraiment minable, songea Harry.

– Très bien, ragea Angelina. Donc on se mettra dans les gradins à faire du chahut comme vous l'avez fait la dernière fois ! Venez.

Harry était très frustré de devoir rester assis à regarder l'équipe adverse filer d'un bout à l'autre du terrain. Mais il essaya de prendre ça avec philosophie et d'en profiter pour prendre le plus de repères possible pour le prochain match. Après tout, il aurait à se disputer le Vif d'Or avec l'une des nouvelles recrues...

À sa grande surprise, Théodore Nott fut l'avant-dernier à grimper sur un Comète 68. Il avait l'air très à l'aise et bien plus rapide que Malfoy sur un engin d'une qualité pourtant moindre. Ce fut donc sans aucune surprise qu'il fut recruté au poste d'Attrapeur pour les Serpentard et Harry se sentit un peu inquiet de devoir l'affronter. Ils quittèrent le terrain, maussades, et firent un debriefing de ce qu'ils avaient vu. Soudain, la silhouette courtaude de Ombrage apparut au cinquième étage et elle les interpella depuis la balustrade du Grand Escalier.

– Vous ! Dans mon bureau ! Immédiatement !

Ils se lancèrent un regard affolé et Alicia semblait sur le point de s'évanouir. Le bureau d'Ombrage était, comme d'habitude, d'un rose écoeurant. Harry éprouva un plaisir malsain à l'idée de salir sa moquette avec ses chaussures de sport pleines de boue.

– Bien, articula-t-elle bouillonnant de rage. Je sais que c'est l'un d'entre vous qui a fait le coup donc inutile de perdre de temps. Qui a fait entrer un Niffleur dans mon bureau ?

– Pardon ? s'enquit Angelina. On était tous au terrain de Quidditch. Personne n'a fait le coup.

– Oh, et vous croyez que je vais me contenter de cette vague explication ? rétorqua Ombrage.

– On ne ment pas ! rugit Fred.

– Pas d'impertinence dans mon bureau ! Une heure de retenue pour vous, Mr Weasley. Puisque je n'ai pas de preuve pour l'instant, je m'en tiendrai à ça. Mais si l'incident venait à se reproduire, je vous tiendrais immédiatement pour coupables. Vous sept. Est-ce clair ?

Harry hocha lentement la tête puis quitta le bureau avec les autres.

– Sale vieille chouette, grommela George. Si tu veux, Fred, j'irai à ta place.

– Laisse tomber, George. Au moins, demain ça sera le week-end.

Ooo

En ce second samedi de Novembre, Mr Sommerhearst s'était levé très tôt pour préparer une bonne vingtaine de sandwichs. Il les rangea soigneusement et vérifia au moins trois fois le contenu de chaque glacière avant de tout charger dans le minibus prêté par la mairie. Aujourd'hui aurait lieu la première compétition de Muggle Quidditch régionale de la saison. Celle-ci avait lieu à Bristol et ils avaient de longues heures de route devant eux.

Nyx descendait les escaliers avec un planning scrupuleux et fit le compte du contenu de la pharmacie, qu'elle déposa sous le siège passager avant. Vers cinq heures du matin, ils démarrèrent le minibus et filèrent en silence afin de ne pas réveiller Mrs Sommerhearst encore endormie. Les membres de l'équipe de Muggle avait rendez-vous dans le centre-ville (sauf Kendall qui vivait juste à côté et les avait rejoint un peu plus tôt).

Tout le monde était déjà là, assis à l'arrêt de bus, les mines concentrées ou endormies. Diana s'assit tout devant, Nyx lui cédant sa place car elle n'avait jamais été très à l'aise en voiture. Elle en profita pour s'installer tout au fond avec Cha, qui, curieusement, avait beaucoup insisté pour les accompagner.

– Je croyais que tu t'en fichais du Muggle Quidditch ? chuchota Nyx pour ne pas réveiller Kendall assis sur la banquette devant.

– J'ai découvert un truc... Tu me fais confiance ?

En général, quand Cha demandait la confiance de quelqu'un, elle préparait un truc énorme et cela eut le mérite d'effrayer Nyx. Elles n'abordèrent plus le sujet car Adele Ruffle – la gardienne – laissait ses oreilles traîner. La ville de Briston était très belle et agitée en ce début de matinée. Ils passèrent devant un marché et Mr Sommerhearst s'arrêta pour leur acheter quelques fruits pour les réveiller.

C'était la première fois qu'ils avaient une compétition dans ce stade et Nyx se sentit un peu impressionnée face à sa taille. Des bénévoles leur remirent leur badge et l'ordre de passage des équipes qui avaient été tirées au sort pour s'affronter. Ils avaient tout de même ramené des sacs de couchage où cas où les matchs se prolongeraient jusqu'au dimanche. Après tout, la personne chargée de faire le Vif d'Or pouvait très bien prendre un taxi et se rendre à l'autre bout de la ville, compromettant ainsi les chances des Attrapeurs.

L'équipe des Comètes d'Orion se rendit dans les vestiaires pour se changer et on leur donna à chacun des dossards avec leurs noms et numéros d'identifiant. Dans un autre carré délimité par des bandes blanches, Les Flèches de Cupidon – une équipe exclusivement féminine venant de Cambridge – étaient réputées pour se servir de leur queue de cheval pour gifler leur adversaire. Elles ricanèrent bruyamment quand Tommy Fairbanks revint avec son maillot à l'envers. Un chauffeur de salle faisait des tests de micro et Cha semblait faire du repérage, complètement ailleurs.

– Bonne chance, dit Nyx à l'équipe lorsqu'on les appela pour affronter les Astres Lunaires.

Kendall avait suffisamment motivé les troupes pour obtenir d'excellents résultats dès la première partie du match. Ils gagnèrent sans aucune difficulté, se qualifiant pour les huitièmes de finale. Ils déjeunèrent tous ensemble puis les membres des Comètes discutèrent tactique avec Mr Sommerhearst, laissant Nyx et Cha à l'écart.

– Alors, tu vas me dire pourquoi tu voulais venir ici ? demanda-t-elle.

– On va attendre que tout le monde ait les yeux rivés sur le match, d'accord ?

Aux quarts de finale des Comètes qui affrontaient les Maîtres Dragons de Plymouth, Cha tira brusquement sa main et les fit sortir discrètement par une issue de secours.

– Cha ! On ne peut pas partir comme ça ! Attends... Dis-moi au moins où est-ce que tu m'emmènes.

– Par-là, dit-elle en sortant de sa poche un plan de Bristol (Nyx n'avait même pas remarqué qu'elle l'avait volé à un agent d'accueil). On en a pour dix minutes.

Elles marchèrent précipitamment et finirent par arriver dans un quartier résidentiel propret.

– Non, attends Cha. Explique-moi !

Sa meilleure amie se retourna et dit :

– C'était l'occasion où jamais.

– De quoi ?

– D'aller voir Mary Fuller.

Nyx fronça des sourcils.

– La mère de Harry.

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Par review :

Mary Fuller (la mère biologique de Harry) est enceinte de maintenant six mois et demi. Voulez-vous que cela soit une fille ou un garçon ?

TAPEZ 1 pour une fille.

TAPEZ 2 pour un garçon.

Vous pouvez donner des suggestions de prénoms dans vos votes !

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Note : Je vous remercie du fond du cœur pour toutes vos reviews sur le chapitre précédent et les personnes ayant rejoint l'aventure en cours de route. Vous êtes désormais 100 à la suivre donc c'est vraiment énorme. J'essaie d'être à la hauteur de vos espérances pour ne pas trop vous décevoir. Pour ce chapitre, je sais qu'il y a peu d'actions comparés à celui précédent. Mais le 17 est plein d'évènements. Il faut toujours un peu alterner phase de récit/phase d'action lorsqu'on écrit et j'essaie d'appliquer cette règle avec cette fic. Vous êtes toujours aussi nombreux à essayer de savoir si Harry finira par réaliser où il se trouve à la fin de l'histoire et je ne vous répondrai toujours pas. Parce que c'est le principe de l'histoire. En revanche, je peux vous renseigner sur le nombre de chapitres au final. Quand j'ai débuté le projet, je m'étais fixé un idéal de sept chapitres juste pour exploiter le concept. Puis quand j'ai vu tout ce qu'on pouvait en faire, je me suis rapprochée d'une base de 15. On a atteint les 15, loulz, et j'ai encore plein de choses à dire... Donc j'y ai réfléchis et je pense que la fic tournera autour de 30-35 chapitres au total pour que je puisse faire tout ce dont j'ai envie sans que cela soit trop précipité ou irréaliste (j'ai horreur de ça). Je vous demanderai simplement d'être plus indulgents sur le rythme de parution parce que je prépare cette année le Master, et c'est vraiment pas de la connerie ce truc. En plus de ça je travaille tous les jours de la semaine. Donc vous imaginez bien que quand j'ai du temps libre, j'aime bien faire autre chose que les fics (que j'adore, hein, mais bon, j'aime bien aussi glander, écouter de la musique, lire, sortir, toussa toussa). En tout cas, j'ai le plan de l'histoire en tête et j'ai vraiment hâte qu'on avance pour avoir vos réactions parce que bon, je ricane d'avance (je sais, je suis sadique). Sinon, quoi de neuf ? Mmh, il n'y a plus l'option copier/coller sur ce site donc pour ceux qui relevaient des citations, mmh, vous êtes un peu foutus. Sorry. Moi aussi ça me gave parce que quand c'est pratique d'être sur la page de sa fic et relever des citations de personnages en écrivant plutôt que de fouiner dans ses fichiers. Enfin bon. Pour les nouveautés concernants mes écrits (pas seulement les fics) et ou me contacter, vous pouvez encore et toujours rejoindre le groupe facebook « The Baba O'Riley ». See ya !