Posté le : 16 Novembre 2013. What does Hector Salamanca say ? Ding, ding, ding. (Sinon j'ai croisé Jennifer Lawrence d'assez près par hasard lors de l'avant-première de Hunger Games II : comme quoi, ça sert absolument à rien de camper devant un cinoch des dizaines d'heures. Vaut mieux venir à la dernière minute).


Réponses aux reviews anonymes :

• Mess : Ouais, parfois je mets deux fois la même musique dans la playlist (manque d'organisation) et puis parfois j'écoute les mêmes, soyons honnêtes. Je crois qu'un des faits unanimes de l'histoire : tout le monde déteste Burst (on va en faire une série aussi, tiens). Je ricane dès que je vois des lecteurs le maudire. Je ne pensais pas que j'arriverais autant à faire détester un de mes personnages. Du coup je suis très fière, mais on n'a pas encore fini d'entendre parler de lui.

• Natilia : Ne t'en fais pas, ça m'est déjà arrivé de tout lire d'une traite et de ne plus trop savoir comment m'y prendre pour rédiger une review. C'est tout à fait compréhensible. Pour la maison de Nyx, je ne me suis pas inspirée de celle des Halliwell. J'ai déposé sur mon groupe facebook une image de la maison de Nyx (du moins, la manière dont je l'imagine), aussi celle de Kendall et Dawn. La façade est rouge, c'est vrai, mais elle n'a rien de la configuration de celle des Halliwell. Pour en revenir à la fic en elle-même, c'est vrai qu'elle me demande énormément d'effort, de logique et de méticulosité. C'est très dur, mais j'essaie péniblement de mener ma barque. En tout cas, j'espère que ce chapitre répondra à une partie de tes questions.

Dachi : Je ne comprends pas comment on peut penser que cette fic piétine. Je ne veux pas paraître méprisante (mais je vais l'être, huhu), quand on voit des fics avec des histoires de couple qui s'éternisent sur une trentaine de chapitres sans qu'il n'y ait même pas une relation sexuelle, c'est que j'appelle pédaler dans la gelée. Là j'ai plein de paramètres en prendre en compte et c'est pas évident, je crois que tu t'en rends bien compte. Toutes les fics ne peuvent pas avoir le même format avec un chapitre comportant une trame générale, des petites péripéties et à la fin un cliffhanger. Tous les auteurs n'ont pas le même type de narration et il faudrait avoir un peu d'indulgence de point de vue là. « Aussi j'avais une petite remarque. Je me souviens très bien que de base le Show de Harry Potter était télévisé avec en fin d'émission, enfin à des moments assez cruciaux, des votes qui déterminait l'histoire de Harry... mais à aucun moment tu ne t'en ai servi jusqu'à maintenant... En plus ce n'est pas les occasions qui manquaient... » Bon, j'ai pas compris de quoi tu parlais à la base, mais je crois que tu parles des persos de la fic. Tu te doutes bien que je ne vais pas faire le vote des téléspectateurs puisque ce serait inutile : je prends en compte le fait que les téléspectateurs ont voté et ont décidé de suivre la trame du T5. Ça me paraissait super évident, mais bon, je vais peut-être en faire une note d'auteur si tu ne l'as pas saisi c'est possible que d'autres soient dans ce cas. Sinon tu te contredis dans ta review : tu reproches à la trame d'aller trop lentement, mais quand il y a un événement comme la rencontre entre Mary et Nyx tu trouves que ça va trop vite. Ça n'est que mon avis, mais à mon sens, ça ne va pas vite : c'est quelque chose d'impromptu. Nyx n'a pas décidé de se rendre là-bas, c'est Cha qui l'y traîne. Et ça change donc tout. Bref, je n'ai pas trop compris ce que tu essayais de me dire et j'ai trouvé tes propos flous et paradoxaux. Si tu pouvais préciser, ça serait mieux.

• Sam : Yo la carpette ! Ouais, Harry fait mal au cœur dans le chapitre précédent... Même moi je me sentais mal rien qu'en l'écrivant. Parfois je me sens grave mal à l'aise dans ma propre fic. C'est grave. Et t'as l'oeil coco pour le parallèle enre HP5 et NIWY. You're the best ! Je t'embrasse bien fort et à la prochaine.

• Julie : C'est normal. J'essaie toujours de répondre à tout le monde, même si c'est très difficile. Je te comprends tout à fait pour tes études, accroche-toi. Tu es vraiment courageuse. Prends soin de toi et profite de ce chapitre comme il se doit.

Coukie : J'aime ton flood. C'est super drôle (et c'est laaargement mieux que de recevoir trente mails de personnes qui mettent en favoris et en alert toutes tes histoires sans déposer le moindre mot : ça c'est un vrai pincement au cœur). « Tu vois la série Daria ? Le vieux dessin animé ? J'imagine trop Cha comme la copine punk de Daria, et Varro comme le frère de celle-ci. Du coup au début je croyais que Nyx était amoureuse de lui. Anyways. » Haha, good job. Je me suis inspirée du personnage de Jane pour faire Cha. Par contre, son grand frère c'est plutôt Varro dans la série Spartacus. Je te laisse checker la bête. Tu en sauras plus sur la sexualité des acteurs dans le biome plus tard. Patience.


Le mot du bêta – Eymeric : À force corriger cette fic, mes yeux vont sortir des mes orbites, je crois. C'est ce qui arrive quand on subit trop de péripéties littéraires. Comme toujours les loulous, j'ai pris un plaisir immense à lire et à relire ce chapitre. J'ai hâte de découvrir vos commentaires sur celui-ci ! Hinhinhinhin... (Ouais, le rire du diable, je deviens comme notre D Would vénérée, rien qu'à imaginer vos têtes devant certaines scènes). En tout cas j'espère que vous allez tous bien, comme d'habitude vous roxxez grave. Je suis toujours heureux de voir votre fidélité dans vos reviews, et vos ressentis, pour pouvoir les confronter aux miens. Plein de love sur vous, et surtout : bonne lecture !


Musiques :

01. Candles – Daughter. 02. Lily's Theme – Alexandre Desplat. 03. Bang Bang – Nancy Sinatra. 04. Life Goes On – Gym Class Hero ft Oh Land. 05. Settle Down – Kimbra. 06. Remedy – Little Boots. 07. The Lonely Shepherd – James Last & Gheorghe Zamfir. 08. Puzzle With A Piece Missing – Gotye. 09. White Christmas – Otis Redding. 10. Like a Man Possessed – The Get Up Kids.


CHAPITRE XVIII : « Noël spécial à Blackpool »

« Le mal triomphe par l'inaction des gens de bien », Edmund Burke.

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La ville d'Uptown Valley était toute grise en cette matinée de décembre. De pauvres enfants, assis dans la neige, discutaient démons imaginaires inspirés du Harry Potter Show. L'un d'entre eux, une branche d'arbre entre les cuisses en guise de balai magique, tournoyait autour de son groupe d'amis en poussant de petits cris euphoriques. John Sommerhearst frissonna des pieds à la tête derrière son volant et augmenta considérablement le chauffage de la voiture.

Il détestait cette ville qui lui rappelait tout ce pour quoi il s'était battu au cours de sa jeunesse. En réalité, ce que Mr Sommerhearst reprochait principalement à Uptown était d'être la parfaite et vivante illustration du mot ''pauvreté''. Leur Ford Anglia bleue et lustrée faisait incroyablement tache dans ce décor sinistre de désolation. Maintenant qu'ils étaient tous les deux là, garés face à l'Institut scolaire St-Brutus, John n'était plus très certain de vouloir le faire. Pour lui donner un peu de courage, son épouse pressa sa main et lui accorda un sourire réconfortant.

John aimait Patti. Alors, dans un dernier élan de bravoure, il quitta le confort de son véhicule. De là, les choses semblaient bien plus réelles. Ils entrèrent dans l'établissement désert en ce samedi matin. John fut frappé de la forte disparité existante entre St-Brutus et le lycée de Sinuesa, où il enseignait depuis près de vingt ans. Les murs nus étaient décrépis et les casiers en bois étaient encore présents, boulonnés au sol, depuis l'époque de Mr Sommerhearst Sr.

Le directeur de l'Institut les attendait quelques mètres plus loin, devant la porte d'une salle de classe. Il paraissait tout aussi anxieux que ses visiteurs, se balançant nerveusement d'avant en arrière. Il tendit à Patti une main moite qu'elle s'empressa de saisir après avoir enlevé son gant rose en laine.

– Vous n'avez pas trop eu de mal à trouver notre établissement ?

– Non, je connais bien cet endroit, avoua John, amer.

– Vous êtes du coin ? s'étonna le directeur.

– J'étais, corrigea Mr Sommerhearst.

Vu son ton ferme, le proviseur comprit qu'il s'engageait sur un terrain glissant et c'est tout ce qu'il souhaitait éviter. Il avait besoin de ces nouveaux professeurs. Et c'étaient les premiers à se présenter depuis treize mois.

– Vous voulez du café ?

– On a ce qu'il faut, répondit Patti en brandissant un thermos encore tiède.

– Bon, eh bien, nous n'avons qu'à nous installer dans cette classe.

A l'intérieur, trois garçons d'à peine dix ans s'occupaient de passer la serpillère, nettoyer les tables, le tableau et les fenêtres. Mr et Mrs Sommerhearst se lancèrent un regard interloqué.

– Nous connaissons quelques restrictions budgétaires. Les élèves nettoient l'école eux-mêmes, à tour de rôle selon le calendrier. J'ai vu qu'au Japon ça fonctionnait très bien alors je m'en suis lourdement inspiré pour pallier, euh, l'absence, dirons-nous, de personnel d'entretien. Vous trois, je pense que ça suffit. Vous pouvez rentrer chez vous.

– Au revoir Mr Lewis, lança le premier

– Bon week-end, Mr Lewis.

Ils refermèrent la porte derrière eux et les adultes s'installèrent de part et d'autre du vieux bureau.

– Je n'irai pas par quatre chemins, prononça le proviseur Lewis. J'ai besoin de vous. Les gamins de Uptown sont des laissés pour compte du système éducatif. Vous saviez que seulement un élève sur cinq terminait le lycée ? Le mois dernier, on a dû fermer la cantine faute de ressources. C'est une vraie catastrophe pour la majorité des parents. Mais le pire dans tout ça, c'est que nous sommes en sous-effectif. Une école sans professeur, quelle ironie du sort ! Le prof de géo s'occupe de la musique et du sport. Et quand y'a personne pour faire géographie, eh bien on dit aux gamins de rentrer chez eux. Pourtant, on a déjà regroupé les niveaux.

Le directeur marqua une pause, apparemment mal à l'aise.

– Je les aime mes gamins. Je veux qu'ils puissent réussir dans de grandes universités comme ceux de Sinuesa Valley... Le seul gamin originaire d'Uptown qui soit devenu riche et instruit est Tom Davis.

– Tom Davis ? répéta Mrs Sommerhearst, incrédule. LE Tom Davis ?

Tom Davis interprétait à l'écran Neville Londubat depuis près de cinq ans. Il faisait partie de ces échantillons de bébés proposés à la production pour interpréter Harry. Sa mère faisait partie des adolescentes du programme Burst. Il n'avait plus de contact avec elle et son dévouement pour la série était connu de tous. Patti ne l'aimait pas trop car elle lui trouvait une certaine tendance à jalouser Harry.

– Oui, enfin, ça ne nous est aucunement profitable puisqu'on ne l'a jamais vu. Il vit dans le centre de production. Alors, vous voulez bien entrer dans notre programme d'heures de soutien ?

Les Sommerhearst échangèrent un bref regard puis acquiescèrent, décidés à mettre un terme à la carrière de leur fille en tant que jeune actrice.

Ooo

Mrs Londubat semblait attendre son petit-fils de pied ferme sur le quai de la gare de King's Cross. Neville attendit que le train s'immobilise pour bondir au-dehors, son Mimbulus Mimbletonia sous le bras. Harry se sentit incroyablement mal à l'aise en approchant, comme s'il n'était pas réellement à sa place.

– Bonjour, Harry, prononça la grand-mère de Neville en l'observant de ses petits yeux perçants noir scarabée. Je suis très contente que tu aies décidé de passer les vacances de Noël avec nous.

Harry ne l'avait pas vraiment ''décidé''. Chaque année, il s'arrangeait pour rester avec Ron au château. Si son père n'avait pas été attaqué par le serpent – ou plus certainement par lui – rien de tout cela ne serait arrivé et il serait assis bien confortablement dans la salle commune, près d'un feu crépitant.

De sa baguette magique, Mrs Londubat fit léviter les deux grosses malles sur un chariot avec les cages de Trevor et Hedwige. La gare de King's Cross était véritablement bondée en ce jour de chassé-croisé pour les départs en vacances. Hermione, qui était préfète, avait dû rester dans un wagon spécial tout le long du trajet puis faire des rondes pour s'assurer que tout allait bien. Elle lui avait souhaité d'excellentes vacances avec une raideur qui n'échappa pas à l'oeil vif de Harry. Il poussa son chariot avec la curieuse impression que la foule se poussait sur son passage ou l'évitait soigneusement.

Ils progressèrent jusqu'au hall de la gare et c'est alors qu'il repéra un éclat argenté. Il reconnut cette chevelure immédiatement : c'était celle de Draco Malfoy. Harry fit volte-face, lâcha son chariot qui percuta un mur en un gros bruit de ferraille puis se mit à courir après lui. Tout à coup, un contrôleur énorme s'interposa en lui barrant la route. Harry glissa sur le côté et s'échappa de justesse. Brusquement, la foule se mit à agir comme une marée humaine qui tentait de le ceinturer.

– Draco ! cria-t-il, sa voix absorbée par les annonces sonores de la gare. Draco !

Il ne se retourna pas. Absolument décidé à lui parler, Harry n'hésita pas à donner quelques coups à des passants juste pour se frayer un chemin. Draco marchait au côté d'un couple de moldus qui tenaient des paires de ski. Draco avait un surf accroché au dos. Les doigts de Harry l'effleurèrent puis il fut brutalement projeté en arrière par Neville qui l'avait retenu par le col.

– Pas par-là, grogna Neville, le visage déformé par l'effort de la course-poursuite.

– Lâche-moi !

Tout à coup, Draco se retourna en entendant finalement la voix de Harry. Il avait l'air complètement médusé de le voir là. Sans même réfléchir, le Serpentard se baissa pour l'aider à se relever. Harry avait la lèvre en sang en s'étant battu avec un garçon pour passer. En le revoyant, Harry s'était attendu à voir Draco changé. Et là, ce n'était pas le changement auquel il s'était attendu. Draco Malfoy portait des vêtements moldus et semblait prêt pour partir aux sports d'hiver, comme un moldu.

Peut-être que le sortilège raté qu'il avait reçu le rendait désormais incapable d'utiliser la magie et que le Ministère voulait le réinsérer dans le monde moldu pour refaire sa vie. Mais l'hypothèse semblait grossière. Jamais Lucius et Narcissa ne laisseraient leur fils unique côtoyer des moldus.

Harry repensa à ce qu'il lui avait dit dans le tunnel à propos de l'atroce vérité : « Tout ce que tu vois, tout ce que tu touches a été créé par un homme nommé Andrew Burst. C'est lui qui contrôle tout. Il a recruté des milliers d'acteurs afin de former la plus grande télé-réalité jamais conçue ». Alors, ces gens tout autour étaient des acteurs sans doute. Neville aussi ? Harry se focalisa à nouveau sur Malfoy. Il perçut une nette inquiétude dans son regard et Harry eut la désagréable impression d'avoir fait quelque chose de très dangereux. Mais puisqu'il était là, autant que cela ne serve pas à rien. « Tu vois, les regrets, s'ils sont vraiment sincères, comptent comme la plus belle chose qu'on puisse offrir », avait prononcé Nyx le soir d'Halloween.

– Je... Je suis désolé de ce que je t'ai fait, dit Harry, ne se préoccupant pas du monde tout autour qui les observait curieusement. J'espère que ça finira par mieux aller pour toi. Et, euh, Joyeux Noël.

Maladroitement, Harry s'approcha pour serrer Malfoy dans ses bras et lui tapota le dos. Contre toute attente, ce dernier lui rendit son étreinte et Harry se retrouva comprimé contre son énorme manteau de ski. Bizarrement, il avait envie de pleurer. Parce qu'au fond, il ne voulait pas croire cette enflure de Malfoy. Il ne pouvait pas le croire une seule seconde. S'il commençait à le croire, c'était le début de la fin. Ça serait trop dur.

Harry ne voulait pas de ça dans son monde. Pourtant, en étant attentif, il pouvait reconnaître que sur certains faits, Malfoy ne lui avait peut-être pas menti. Et ça, c'était juste effrayant. En s'écartant, Harry put mieux voir les deux moldus qui l'accompagnaient. Ils étaient tous les deux d'un blond plus foncé, mais ressemblaient affreusement à Draco. Si Harry n'avait pas déjà rencontré Lucius et Narcissa Malfoy, il aurait juré que c'était ses parents.

– Je...

– Tu es pardonné, coupa Draco d'un air étrange. Tu devrais retourner auprès de, euh, Londubat. Au revoir.

Harry aurait aimé lui dire d'attendre, de rester là, de ne pas partir comme un voleur parmi ces moldus. Mais il en était incapable. Il avait couru après Malfoy. Il ne le ferait pas deux fois. Tout ça parce qu'il avait de l'orgueil. Et aussi parce que pendant cinq ans de sa vie, on lui avait fait croire que Draco était l'ennemi. Pourtant, le revoir là, le serrer contre lui, avait réduit à néant toutes ces certitudes. Il le regarda partir, impuissant.

– On ferait mieux d'y aller, prononça Neville.

À grand regret, Harry finit par s'éloigner. C'était trop court. Trop bref. Il aurait voulu dire un millier de choses à Draco avant qu'il ne s'éloigne. Pourquoi ne l'avait-il pas fait ? Pourquoi diable était-il obligé de se retenir dans tout ce qu'il faisait ? Pourquoi il ne pouvait pas tout simplement se sentir libre ? Harry se tourna vers Neville et consentit à le suivre.

La demeure des Londubat se trouvait dans le Lancashire, près de la ville de Blackpool. On pouvait s'y rendre en Magicobus, mais la grand-mère de Neville – quoique robuste – préférait le calme et la monotonie des voyages en train. Harry en avait profité pour réfléchir à toutes sortes de choses. Les années précédentes, lorsque quelque chose le tracassait, il avait pris pour habitude de se confier à ses deux seuls meilleurs amis.

Désormais, c'était différent. Harry ne pensait pas que cela soit une bonne idée. Il avait l'impression que Ron et Hermione ne faisaient qu'endormir sa vigilance. Un peu comme Neville dans la gare... Harry lui jeta un regard soupçonneux et se demanda ce qui lui était passé par la tête quand il avait accepté de passer ses vacances ici. Il aurait très bien pu profiter du calme de Poudlard pour s'entraîner à quelques sortilèges pour l'A.D. ou tout simplement passer son temps à dormir, ou voler au-dessus du terrain de Quidditch. Mais en réalité, Harry en avait assez de la solitude.

La maison des Londubat était faite de briques grises de quatre étages, entre deux autres tout à fait semblables, mais aux devantures repeintes tantôt en rose saumon, tantôt en beige.

À l'intérieur, on aurait cru que l'endroit avait subi des sortilèges d'agrandissement. Harry fut surpris de ne pas avoir cette odeur de vieux dans les narines tandis que tout laissait à croire que les objets étaient là depuis très longtemps. Mrs Londubat se débarrassa de son chapeau surmonté d'une tête de vautour et alla exiger un thé de son elfe de maison. Dès que Harry l'aperçut, il sut tout de suite que quelque chose n'allait pas dans sa démarche et sa façon de marmonner des chiffres à longueur de temps.

– Il... Il va bien cet elfe ? interrogea-t-il tandis qu'il déposait la cage d'Hedwige dans l'entrée. Il n'est pas un peu malade ?

Neville et sa grand-mère s'observèrent et firent comme si de rien n'était.

– Gaethar est un peu malade depuis quelques semaines. Viens, on va déposer nos affaires en haut.

Le living-room, que l'on voyait depuis le hall, était bordé d'un petit jardin anglais impeccable au centre duquel se trouvait une mare et une tonnelle. Il y avait des portraits un peu partout dans la maison et ces derniers ne cessaient de parler et se déplacer, créant un véritable bourdonnement permanent. Harry s'arrêta net, voyant un portrait qui le laissa le souffle coupé. Dans un énorme cadre rond se trouvaient Neville, lui et leurs parents respectifs, tous les quatre fous de joie. Harry toucha la toile, espérant pouvoir atteindre le visage rayonnant de sa mère.

– On est né le même jour, rappela inutilement Neville. Pour marquer le coup, ma grand-mère avait fait faire ce tableau. Elle disait que nos deux familles seraient certainement très unies. Tu sais, elle était très déçue que tu ne viennes pas plus tôt ici.

Si Harry avait su que Neville possédait un portrait aussi réaliste et troublant de ses parents, il serait certainement venu bien plus tôt. C'était comme s'il était revenu en première année, face au Miroir du Risèd. C'était bizarre de se voir tout bébé, comme ça. Il avait toujours ces immenses yeux verts, et pourtant, ce qui était bizarre, c'était de se voir sourire ainsi. Harry n'avait pas encore de dents. Et il ne se souvenait d'ailleurs pas avoir été aussi heureux de son existence. Est-ce que cette vie était bien la sienne ?

– Euh, Harry ? Tu vas bien ?

– Oui, oui, ça me fait juste tout drôle de voir... ça.

Il désigna du menton le cadre rond. La mère de Neville souriait à Lily Potter. Harry prit le temps de bien l'observer pour la toute première fois. C'est vrai qu'il ressemblait beaucoup à son père. Mais il n'avait rien de sa mère, hormis les yeux. Il avait toujours trouvé ça assez curieux de n'avoir aucun trait d'elle. Pas même la forme des yeux. Non, juste la couleur...

– Je ne comprends pas.

– Quoi ?

– Je ne ressemble pas à ma mère, prononça Harry après de longues secondes. Je... Je n'ai rien d'elle à part la couleur des yeux.

– Le sang des Potter doit être très fort, supposa l'autre. Un peu comme celui des Weasley.

Harry fronça des sourcils.

– Ron ne ressemble pas non plus à ses parents, fit-il remarquer. Il a simplement la même couleur de cheveux que ses frères et sœurs. Il n'a pas les mêmes traits. Aucun des Weasley ne se ressemble, en fait. Toi non plus, tu ne leur ressembles pas trop, ajoute-t-il en désignant du doigt Alice et Franck Londubat.

Harry s'était attendu à ce que Neville bondisse de colère, mais il n'en était rien. Il fut d'abord décontenancé.

– Parfois, quand on me parle d'eux, poursuivit Harry, ils ont l'air si parfaits que... que je n'ai pas l'impression qu'ils soient réels.

– Tu dis n'importe quoi. Allez viens, je vais te montrer ta chambre. C'est celle de mon vieil oncle Algie.

La demeure respirait la propreté, mais certains objets anciens avaient des réactions étranges, se mettant à sonner ou à rouler sur leur passage. Certaines plantes fanaient puis revenaient à l'état de bourgeon en un claquement de doigts. Dans la pièce que lui présenta Neville, Harry eut la fugace impression que cette chambre aurait très bien pu appartenir à Fred et George.

– Mon oncle était un sacré farceur. Il aimait bien les trucs de ce style-là, dit-il en montrant une baguette farceuse. Tiens, voilà Frigge. Elle s'occupait de ma grand-mère quand elle n'était encore que toute petite.

Frigge était une toute petite elfe de maison aux cheveux d'un blanc immaculé et incroyablement lente. Harry eut le cœur serré en la voyant se démener pour bien mettre en place la couverture. Il pensa alors à ce que dirait Hermione au nom de la SALE si elle savait que les Londubat avaient chacun un elfe de maison pour leur confort personnel.

– Ma chambre est juste à côté. Tu veux la voir ?

– Eh bien, pourquoi pas.

La chambre de Neville ressemblait à une sorte de serre, des plantes grimpant le long des murs jaunis, cachant une tapisserie aux motifs de balai de course. Harry fut surpris de trouver sur un écriteau le nom de « Franck ». C'était donc la chambre du père de Neville. La plupart des meubles devaient déjà être là bien avant la naissance de son ami. Neville y avait simplement ajouté sa touche personnelle comme des livres de botanique, des posters de paysages exotiques, des photos de sa deuxième et quatrième année à Poudlard.

– On pourrait aller à la mer, demain. C'est juste en face.

– Je ne suis jamais allé à la mer, avoua Harry, impressionné en voyant cette grande étendue d'eau au loin, par la fenêtre. Mon oncle et ma tante y allaient toujours sans moi. Et je dois dire que ça me fait un peu peur...

Il ouvrit tout de même la fenêtre et se pencha en avant. La ville de Blackpool était fabuleuse et pittoresque. Harry vit un voisin sortir sa poubelle et saluer une jeune fille passant sur une bicyclette jaune puis un homme avec un bouquet de fleurs. Tout était parfait, ici.

– On fait une partie de cartes explosives ? proposa Neville.

– Euh, je... oui, pourquoi pas, concéda-t-il.

En réalité, Harry aurait préféré rester un moment seul et repenser à sa rencontre fortuite avec Draco Malfoy.

Ooo

– Mary, tu es prête ?

– Euh, oui, répondit cette dernière en quittant l'écran des yeux. J'arrive.

Avec les quelques difficultés dues à ses six mois de grossesse, Mary Fuller se leva du canapé et rejoignit son mari dans le hall d'entrée.

– Prête pour cette échographie ? demanda Paul avec un énorme sourire.

– Je crois.

En réalité, Mary était morte de trouille. La dernière fois qu'elle s'était retrouvée enceinte, elle avait dû donner son bébé à un magnat des affaires qui en avait ensuite fait la plus grande marionnette de tous les temps. Elle ne savait pas si attendre un nouvel enfant était une bonne ou une mauvaise chose. Mais Paul avait l'air tellement heureux d'être père que Mary ne se voyait pas entacher ce moment de ses états d'âme et ses souvenirs affreux.

Elle enfila le manteau couleur prune qu'il lui tendit et ils montèrent dans la voiture. À l'intérieur de son sac à main, Mary avait emporté un petit cadre photo de son fils afin qu'il assiste, d'une certaine manière, à cette échographie. Mary pensait que cette grossesse lui permettrait de se racheter. Ils se garèrent sur le parking de l'hôpital et se rendirent directement au service de la maternité. Leur médecin n'était pas au courant pour son premier bébé. Et Mary ne voulait surtout pas qu'il le soit.

– Bien, installez-vous ici.

Mary ne songea pas à enlever son manteau, mais ouvrit d'abord son sac à main pour en extirper le cadre photo de Harry qu'elle garda serré contre elle.

– Oh, je vois, dit le médecin. Encore de très grands fans du Harry Potter Show.

Paul Fuller blêmit considérablement.

– Euh, j'ai dit quelque chose de mal ? Vous savez, c'est typique des gens qui ont un problème avec cette émission de ne pas reconnaître leur addiction.

– Je n'ai pas de problème avec cette émission, cria Mary, les larmes aux yeux tout en reboutonnant son manteau. Ça ne fait rien. On rentre à la maison.

– Attends, Mary. Le médecin ne voulait pas te froisser. Il disait ça comme ça..., tenta Paul en lui attrapant la main. Je sais que tu es tendue à cause de toute cette histoire, mais ça finira un jour par s'arranger, ok ?

Si ce n'était pas pour lui, elle serait sans doute partie sans demander son reste. Mary consentit à s'installer pour l'échographie. Le médecin semblait incroyablement mal à l'aise lorsqu'il commença à déposer le gel sur son ventre.

– Vous voulez connaître le sexe de l'enfant ?

Mary et Paul échangèrent un regard.

– Oui, nous voulons savoir.

– C'est une fille.

Leurs yeux brillèrent de mille feux.

Ooo

Nyx était dans sa chambre en ce jour de vacances. Elle surfait sur Internet, les yeux rivés sur la même image depuis de très longues minutes. C'était un dessin – couramment nommé fanart – qui était censé représenter Blaise Zabini et Théodore Nott nus sous une couverture à faire des choses salaces. C'était Cha qui l'avait réalisé pour une groupie du zabnott du lycée. Cha l'avait mise en ligne sur son blog et Kendall avait d'ailleurs commenté cela à la rigolade.

– Pas mal, non ? prononça sa meilleure amie en s'approchant. J'ai essayé de ne pas trop penser à Kendall quand je le faisais. Si tu veux, je te l'imprime pour en faire un poster.

Nyx la fusilla du regard sans pour autant s'empêcher de sourire.

– Je suis contente que ça soit les vacances de Noël. Au moins, tu ne travailles pas pour les studios, reprit Cha.

– Je ne t'ai pas dit ?

– Quoi ?

– Je vais avoir besoin de ton aide pour rédiger une lettre de démission. Mes parents ne veulent plus que j'y retourne pour la seconde moitié de l'année. Ils disent que c'est un environnement nocif pour mon épanouissement personnel.

– Dieu soit loué, s'écria Cha en se précipitant dans ses bras en riant. Tu n'iras plus ? Promis ?

– Ce n'est qu'une question de formalités, affirma-t-elle. Après, tout sera comme avant.

– Et Harry ? demanda son amie subitement, inquiète.

– Je... Je crois que Kendall et toi vous aviez raison dès le début. Il ne faut pas lui faire voir le monde extérieur. Il risquerait d'en être trop affecté et je ne veux pas qu'il souffre plus que ça. Harry mérite d'être heureux, même si ça implique de vivre dans le mensonge.

– Alors... Tu abandonnes ça aussi ?

– Non, je n'abandonnerai jamais. Je commence juste à entrer dans l'âge de raison.

– L'âge de raison à bientôt quinze ans ? plaisanta Cha en jouant avec ses cheveux dont la teinture commençait à s'en aller. Come on, girl.

– Ne te moque pas de moi ! rigola Nyx. Je pense juste que ma famille a plus perdu que gagné avec cette émission. Et je ne veux pas que tout recommence comme avant alors que mes parents semblent peu à peu ouvrir les yeux. Ils ont besoin de moi et j'ai besoin d'eux. Et de toi aussi.

Cha croisa les bras sur sa poitrine.

– Tu ne mentionnes même pas Kendall ?

– Aux dernières informations, je peux encore respirer sans lui, non ? (Silence) On traverse une période un peu... bizarre, en ce moment.

– Bizarre comment ? Raconte tout à Tata Cha.

– Eh bien, j'ai l'impression qu'il... qu'il attend plus de moi et je ne suis pas sûre de pouvoir le lui donner.

– De pouvoir ou vouloir ?

– Quelle est la différence ?

Cha s'installa sur son lit en tailleur et l'observa derrière ses énormes fausses lunettes (Cha adorait faire semblant de tenir un cabinet de psychothérapie dans sa chambre).

– Est-ce que tu veux coucher avec lui ou tu ne t'en sens juste pas du tout capable ?

– Il n'est pas question de ça ! répliqua Nyx, toute rouge.

– Mais oui, et moi je suis un lama qui fait du vélo. Écoute, tout le monde va y passer. Donc soit tu le fais avec un garçon que tu aimes et qui t'aime en retour en profitant du fait que tes planètes soient alignées. Sois tu attends patiemment et tu te fais dépuceler à moitié ivre dans une fête qui aura mal tourné. T'as le choix.

– Tu n'es pas censé me dissuader de ne rien faire avec lui ? supposa Nyx, sceptique.

– Je suis ta meilleure amie, pas ta mère. Et je suis sûre que ta mère serait rassurée que ça se passe avec Kendall plutôt qu'avec on ne sait qui derrière une cabine téléphonique.

– Merci de l'image mentale, grommela Nyx en se prenant la tête entre les mains.

– De la cabine ?

– Non, je viens d'imaginer Kendall et moi dans un lit et ma mère juste à côté à nous fixer en tricotant un pull. Je crois que je suis devenue frigide pour l'éternité.

Cha se retint de rire de justesse vu l'air menaçant de son amie.

– Je ne me vois pas le faire avec lui, c'est tout. Je me sens encore trop gamine dans ma tête pour ce genre de choses. Je ne veux pas finir comme toutes ces grognasses du collège dont on sait déjà tout de leur vie sexuelle tellement elles ne s'en cachent pas.

– Tu n'es pas obligée de finir comme elle. Ça peut tout aussi bien se passer discrètement. Personne ne le saura. À part moi bien sûr.

– Est-ce que... Est-ce qu'on est réellement obligées d'avoir cette conversation ?

– Qu'est-ce qui te gêne là-dedans ?

– Peut-être le fait que tout le monde s'attende à ce qu'on copule d'un moment à l'autre. Je veux dire, avant les nanas de notre âge n'osaient même pas y penser, tu te rends compte ? C'est comme si... comme si maintenant à force de voir des gens à poils à la télé et se tripoter de partout, même ça, ça n'avait plus de valeur. Et... Et je crois que j'ai de la valeur.

Cha roula des yeux.

– Nyx, si tu n'as pas envie de coucher avec Kendall pour les raisons qui te concernent, c'est ok. Personne ne va te juger. Tu es ton propre maître. Je ne te demande pas plus d'explications si ça te rend si mal à l'aise.

– Tu penses que je suis coincée.

– Mais non, bordel ! Je n'ai jamais rien dit de tel. Il y en a qui perdent leur virginité super tôt, d'autre tard. Mais qu'est-ce que c'est que « tôt » ou « tard » ? Rien ! Tu perds ta virginité juste au bon moment, parce que ça doit se passer comme ça. C'est un peu comme Gandalf : un magicien n'est jamais en retard, il arrive toujours au bon moment. Tu comprends ? C'est ça le sexe, la vie, et le grand karma. Si t'es pas capable de sortir des idées préconçues, tu vas encore beaucoup souffrir du regard des autres ma grande. Et si t'as envie de garder ton hymen jusqu'au cimetière, ce n'est pas Tata Cha qui va te barrer la route.

Cha attrapa son carnet à dessin et commença à croquer les nouveaux vêtements qu'elle voudrait se faire.

– … Et si Kendall est frustré ? prononça Nyx après de longues minutes de silence.

– JÉSUS DE NAZARETH ! hurla Cha en lâchant son carnet.

– Ok, ok, j'ai rien dit, rit Nyx en faisant une moue innocente.

– Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi, petite écervelée, minauda Cha en attrapant le combiné. Ça te dirait de manger chinois ce soir ? C'est toi qui régales.

– Comme d'habitude.

Ooo

D'ordinaire, les vacances aux sports d'hiver étaient une occasion pour les jumeaux de se retrouver. Le premier soir, ils pouvaient passer des heures à table avec leurs parents à discuter de tout et de rien comme des adolescents ordinaires. Là, l'atmosphère était tout aussi glacée que les gros flocons de neige s'amoncelant sur les rebords des fenêtres du petit chalet.

– Heureusement que je vous attendais déjà dans le train, formula Dylan, apparemment très anxieux. Si Harry nous avait vu tous les deux en même temps à King's Cross, on aurait été mort.

Dylan exagérait un peu, mais il n'était pas très loin de la vérité. Ça aurait été l'implosion du système si Harry avait vu deux « Draco » en même temps. Déjà que leur rencontre occasionnait de grandes difficultés pour leur famille, Dawn ne voulait pas qu'ils soient tenus responsables de la révélation du secret maintenant qu'il savait de quoi Andrew Burst et ses fans étaient capables.

– Je suis désolé, murmura Dawn, accablé.

– Tu n'as rien à te reprocher. Nous ne savions pas que Harry quitterait Poudlard ce jour-là cette année. Ce n'était même pas dans le script de base..., tenta leur mère.

– Mais tout le monde va croire qu'on l'a fait exprès, maugréa Dawn en jouant tristement avec son potage. Je suis content de l'avoir vu. Vraiment content. C'est juste que... que j'ai maintenant accepté que je ne pourrai jamais être son ami. Alors je veux passer à autre chose.

– Mon chéri, est-ce que tu es sûr que c'est ce que tu veux ?

– Je ne crois pas qu'il ait un jour été question de ce que je voulais réellement. (Silence) Je vais faire un tour.

Dehors, la station de ski était calme. Il n'y avait pas un bruit au-dehors. Dawn enfonça son bonnet gris sur sa tête puis commença à marcher en traçant des sillons blancs derrière lui. Il s'était toujours senti protégé et au calme ici. Aucun de ses pourtant très nombreux fans ne savait qu'il avait pris l'habitude de passer Noël ici. Il appréciait la discrétion des gérants car, grâce à eux, Dawn avait pu profiter de moments exceptionnels auprès de sa famille.

Cette année, tout avait changé. Il ne savait plus comment leur exprimer ce qu'il pouvait ressentir. Parfois, il n'était pas bien certain d'être au clair là-dessus. Pourquoi est-ce que ça le blessait plus que les autres de voir Harry enfermé ? Ok, il ressentait de l'attirance pour lui. Mais il n'était pas le seul. Plein de gens tarés dans le monde disaient être fous amoureux de lui. Alors pourquoi diable ça lui tordait les entrailles de le savoir à la fois si proche et loin de lui ?

Dernièrement, Dawn avait regretté de s'être opposé à Burst, d'avoir fait la grève, puis d'avoir parlé de la sinistre vérité à Harry. S'il n'avait pas fait tout ça, il serait sans doute près de lui dans le château. Est-ce qu'être son ennemi en valait la peine ? Est-ce que c'était préférable que rien du tout ? Parce qu'au final, Dawn avait l'impression d'avoir fait tous ces sacrifices pour se retrouver les mains vides. Harry ne le croyait pas. C'était une évidence. Qui croirait Draco Malfoy, de toute manière ?

Dawn continua de marcher en réfléchissant à tous les évènements étant récemment survenus dans le Harry Potter Show. Il aurait dû attendre plutôt que de se précipiter pour tout lui dire. S'il avait usé de patience, s'il était arrivé à devenir son ami et avait ainsi gagné sa confiance, Harry aurait été plus enclin à le croire. Non, Dawn n'était qu'un con qui fonçait parfois tête baissée. Il en était arrivé à tellement se torturer que parfois, Dawn n'en dormait pas de la nuit.

– Je crois qu'il sait.

Dawn fit volte-face et contempla son jumeau qui n'était qu'à quelques mètres de lui.

– Je crois que Harry sait, répéta Dylan. Il connaît la vérité, mais il ne veut pas l'accepter. Je t'assure qu'il a déjà tout compris. Ce n'est pas quelqu'un de stupide.

– Alors pourquoi il ne fait rien ?

– Eh bien... C'est un peu difficile à dire. Disons que c'est comme ces bonnes femmes qui savent très bien que leur mari vont voir ailleurs, et pourtant elles restent avec et ne disent rien. Parce qu'elles sont trop bien dans leur petite vie, leur petit confort, leur petite maison. Si elles sortent de ce rythme, elles sont perdues. Elles ne veulent pas être perdues, tu vois ? Si elles ont bâti toute leur existence autour de leur famille, et qu'elles cessent de se voiler la face, il ne le reste plus que le vide. Et le vide, c'est pas mal angoissant.

– Je pensais que... que son côté Gryffondor l'emporterait, dit Dawn, la voix brisée en sentant ses yeux s'humidifier. Je pensais qu'il serait courageux.

– Personne ne sait s'il l'est réellement. Gryffondor, Serpentard, Poufsouffle... Toute cette merde n'existe pas. C'est le Très-Haut Mr Burst qui l'a créé. Si on n'avait pas poussé Harry dans une direction, personne ne sait s'il serait devenu comme ça. Tout le monde le pense courageux, mais je crois qu'en réalité, c'est le gars qui a le plus la frousse que je connais. Laisse-lui du temps. Peut-être qu'un jour, il osera poser des questions.

– Et si... et s'il finit par préférer le ''confort'' de sa cellule ?

– C'est un risque, admit Dylan. Mais il peut tout aussi bien prendre le chemin inverse. Tout dépend de lui.

Ooo

Harry venait de terminer son dîner auprès de Neville et sa grand-mère qui lui raconta tout un tas d'anecdotes sur ses parents. Ça aurait dû lui réchauffer le cœur, pourtant il ne se reconnaissait pas à travers Lily et James Potter. Cette année, Harry avait plus que jamais l'impression qu'on lui parlait d'étrangers. C'était incroyablement douloureux à digérer.

– … Et c'est alors que Lily a commencé à invoquer des fleurs pour remplacer le bouquet de cette pauvre Alice. Le mariage aurait pu être annulé tellement elle était à bout de nerfs, raconta Mrs Londubat en toussant. Où sont passés tous ces elfes ?

– Laissez. Je vais vous chercher un peu d'eau, proposa Harry. C'est la moindre des choses que je puisse faire.

– Oh, c'est très gentil de votre part mon garçon.

Harry poussa la porte battante donnant sur la cuisine et s'approcha de l'évier pour verser de l'eau dans un verre. Il le remplit généreusement. En levant la tête, Harry observa la rue entre les rideaux d'une propreté suspecte, sentant presque le neuf. Il vit un voisin sortir sa poubelle et saluer une jeune fille passant sur une bicyclette jaune puis un homme avec un bouquet de fleurs. Harry entrouvrit la bouche. C'était les mêmes personnes que tout à l'heure, dans le même ordre.

– Harry ? interpella Mrs Londubat depuis le living-room. Tout va bien ?

– O-Oui. J'arrive.

Il parvint difficilement à s'arracher au rebord de la fenêtre et retourna dans la pièce d'à côté. Harry réfléchissait à toute vitesse. Sortir sa poubelle deux fois par jour était quelque chose d'un peu bizarre, mais pas si exceptionnel. Ça pouvait arriver. Tante Pétunia le faisait bien, elle. La fille en bicyclette pouvait tout simplement retourner chez elle à cette heure-ci.

Mais dans ce cas, pourquoi allait-elle dans le même sens que cet après-midi ? Et le type avec le bouquet de fleurs ? Pourquoi était-il là avec encore ça dans les mains ? Harry était tellement perdu dans ses pensées qu'il n'entendit que d'une oreille distraite Mrs Londubat leur souhaiter une bonne nuit.

Le lendemain soir, pour le réveillon, les Londubat avaient invité quelques-uns de leurs cousins, l'oncle Algie, Griselda Marchebank et une très vieille sorcière du nom de Bathilda Tourdesac. Harry réalisa qu'il s'agissait de l'auteur de son manuel d'Histoire. Si Hermione avait été là, elle en aurait sans doute profité pour lui poser un million de questions.

Tous les éléments étaient présents pour qu'il passe un excellent Noël : le sapin resplendissant, les plats succulents préparés par les elfes de maison, les plaisanteries lancées par les invités. Mais Harry avait l'impression d'être dans une ambiance factice, de décor. Il alla faire un tour dans le couloir du second étage où se trouvait le portrait de ses parents. Il resta un long moment là, à le contempler. Quelque chose ne tournait pas rond. Et il ne savait pas quoi.

Ooo

Cha n'aimait pas Noël. Elle trouvait que c'était une fête de faux-cul, comme si les gens avaient besoin de se rassurer alors que leur existence était simplement minable à souhait. En général, elle restait tout de même chez elle pour ne pas causer trop de peine à son petit frère. Puis elle mettait les voiles en fin de soirée et se rendait quelque part, n'importe où, du moins qu'on lui fiche la paix.

– Hey, Cha !

C'était Nasir, l'ami de Kendall.

– Tu fais quoi ici, toute seule ? Tu ne fêtes pas Noël ?

– Et toi ?

– Je suis musulman.

– J'avais une amie de ta confession qui le fêtait tout de même juste pour les cadeaux.

– Je n'ai pas cette chance, dit-il avec un grand sourire. Alors, pas de Noël pour toi ?

– Pas de Noël pour Tata Cha, non.

– Tu veux qu'on se balade un peu tous les deux ?

– Oui, du moment que tu ne te transformes pas en loup-garou à mi-chemin.

– Y'a pas de risque, rassura-t-il. Alors, quoi de neuf ?

– Eh bien, si on résume : ma mère me fait toujours la gueule, mon grand frère vient de dégoter une promotion et a à peine le temps de nous dire bonjour, mes résultats scolaires sont en baisse prodigieuse, il neige et je déteste ça, la fille que j'aime fait comme si je n'existais pas et pour couronner le tout je n'ai plus de série à regarder jusqu'au printemps prochain. Alors, oui, Nasir, je suis dans cette phase de tension incroyable et prête à mordre tout ce qui m'approche d'un peu trop près.

– Mmh, oui, j'ai entendu parler de cette histoire avec Nausikaa.

– Qui ne l'a pas entendu, plaisanta faussement Cha en levant les bras au ciel. Cette fille est une salope. Et j'ai beau me le répéter, je l'aime quand même. Dis-moi ce qui ne va pas chez moi. Je dois faire partie de ces gens tordues et masochistes sur les bords, parce qu'il ne m'est rien arrivé de bon depuis qu'elle a débarqué dans ma vie.

– Y'a plus qu'à chercher une autre nana... ou un homme lesbien. J'en sais rien.

Ils marchèrent le long de la forêt de Sinuesa en appréciant la quiétude de ce soir de Noël.

– Nasir, serais-tu un homme lesbien ?

– Négatif.

– Snap ! J'aurais au moins tenté ma chance, rigola-t-elle. Putain, il fait froid dans ce pays.

Cha sautilla sur place tandis que la brume glaciale couvrait sous cloche Sinuesa Valley.

– Parfois, je me déteste de ne pas être bêtement comme tout le monde, marmonna Cha. De ne pas fêter Noël comme une gamine stupide et sans aucune attente envers l'univers sauf la dernière paire de chaussures à la mode. (Silence) Si tu connais une fête digne de Gatsby à cent mètres d'ici où deux mineurs sans le sou peuvent boire et ruminer leur peine, c'est le moment de le faire savoir, ajouta-t-elle en lui lançant un regard torve.

– On peut toujours fuguer.

– Je suis partagée entre le sérieux et la furieuse envie de rire. De quoi on se nourrirait ?

– D'amour et d'eau fraîche ? proposa Nasir avec un large sourire.

Tout à coup, des fourrés alentour s'agitèrent. Cha eu un mouvement instinctif de recul. Elle aperçut d'abord de petits bras squelettiques et retint un hoquet de surprise en découvrant Vector, l'elfe de maison (elle le reconnut grâce à son poncho rose qui était celui de Nyx au cours préparatoire).

– Putain ! Il m'a fichu la trouille ! s'écria Nasir, la main sur le cœur. Il fait quoi ici ?

– Vector doit retrouver ses maîtres, coassa-t-il d'une voix éraillée et bionique.

– Euh, je crois qu'il déconne.

– Vector doit trouver... VECTOR ! V-VECTEUR ! TRACTEUR ! commença à hurler l'elfe. TRANSISTOR ! VECTOR ! V-V-VECTOR DOIT SERVIR !

Subitement, l'elfe se jeta au sol et commença à se cogner la tête contre le trottoir.

– Mauvais Vector ! Mauvais elfe !

– Il débloque, prononça prudemment Nasir en tirant Cha en arrière. Il délire complètement.

Vector éternua du jus d'orange puis se mit à plisser les yeux tout en s'accroupissant, le poncho relevé. Tout à coup, un muffin tout chaud sortit de ses fesses.

– Oh-Mon-Dieu, articula lentement Cha en se cramponnant au blouson de Nasir.

Vector ramassa le muffin et le lui proposa.

– PAR PITIÉ, TUEZ CE MONSTRE !

Prise de panique, Cha commença à étrangler Nasir qui ne pouvait quasiment rien faire.

– NE ME TOUCHE PAS, OBJET SATANIQUE !

– Mangez mon muffin, ordonna Vector les yeux roulant dans ses orbites.

– Cha, lâche-moi bon sang, réussit à prononcer Nasir. Viens on se casse !

Les deux adolescents commencèrent à courir le long de la route verglacée. Cha tomba sur une plaque de givre et réussit à se relever immédiatement. Vector s'élançait derrière eux, ses pieds bioniques s'enfonçant dans la neige avec une agilité déconcertante. Les elfes de maison couraient très vite. Nasir était déjà essoufflé et commençait vraiment à prendre peur. Dans la rue, il n'y avait personne car tous les habitants de Sinuesa Valley – ou presque – étaient tranquillement chez eux à fêter Noël.

– Il va nous rattraper, constata Cha qui courait comme si elle entamait une nouvelle carrière de sprinteuse.

Nasir renversa plusieurs poubelles, espérant ralentir la course de l'elfe de maison. Il sortit ensuite son téléphone portable de la poche de son jean et tenta d'appuyer sur le dernier numéro en liste, peu importe lequel.

– Allô ? Kendall, Cha et moi on se fait courser par un elfe de maison. Viens nous sauver putain. O-On est sur la grande avenue, près du stade. J'ai peur putain ! Aaargh !

Vector venait de lui attraper la jambe, le faisant glisser au sol. Son téléphone lui échappa des mains et alla se fracasser un peu plus loin. Cha s'arrêta et fit demi-tour. Vector, à califourchon sur Nasir, lui tenait la tête entre les mains et tentait de l'assommer contre le bitume tout en lui mordant la nuque. Cha attrapa l'elfe de maison par son poncho et tenta de lui faire du mal, mais sa carapace de métal faisait que ses propres coups se retournaient contre elle.

– Lâche-le ! LÂCHE-LE !

Vector lui griffa le visage et Cha hurla de douleur. Elle lui infligea un coup de pied à l'abdomen et Vector se retrouva propulsé contre la carrosserie d'une voiture. Le ventre de Vector s'ouvrit en un horrible bruit métallique, dévoilant son estomac/lave-vaisselle rutilant. Ce dernier se mit accidentellement en route et projeta du gel nettoyant sur le trottoir.

– Nasir, debout ! Il faut qu'on s'en aille avant qu'il se...

Mais c'était trop tard. L'elfe-robot était de nouveau sur pied, plus résolu à en finir.

– Plus jamais vous ne refuserez un de mes desserts, grogna Vector qui grésillait d'électricité.

– Si t'approche, je te jure que tu retourneras dans la matrice, prévint Cha, un doigt pointé vers lui.

Ne semblant pas l'écouter, Vector commença à s'avancer vers elle tel un zombie. Comme remonté sur des ressorts, Vector bondit et lui mordit le bras avec sa mâchoire ultrapuissante. Cha hurla de douleur et essaya de lui faire lâcher prise, mais rien à faire. Tout à coup, elle entendit comme un cri et Cha leva les yeux.

Nyx venait d'atterrir sur le terrain de Muggle Quidditch avec Kendall grâce à son Nimbus 2001. Ils couraient vers eux. Kendall donna un coup de pied à Vector qui délaissa le bras de Cha. Il lui infligea ensuite un coup de taser sur le front qui le fit se secouer de nombreux spasmes. Nyx se plaça au-dessus de son ancien elfe de maison et lui fracassa le crâne à l'aide d'un marteau jusqu'à ce que sa tête ne soit plus qu'un magma de circuits et de fils électriques.

– Je crois qu'il est mort, informa Nasir la tempe sanguinolente.

Nyx distribua deux autres coups de marteau au niveau du ventre de Vector. Essoufflée, elle se redressa, couverte de sueur.

– Depuis le temps que je rêvais de faire ça.

Kendall éclata de rire et offrit une main à Nasir pour qu'il se relève. Cha fit la grimace lorsque sa meilleure amie vérifia l'état de sa plaie au bras.

– Je te jure que si ton elfe m'avait tuée, je t'aurais hantée jusqu'à la fin des temps.

– Je sais. C'est pour ça qu'on s'est dépêché de venir. On va retourner chez Kendall. Ses parents vous feront les premiers soins.

– Je déteste Noël, grogna Cha en titubant. Il m'arrive toujours des tuiles, mais ça, dit-elle en désignant le cadavre d'elfe de maison, c'est le pompon. Et depuis quand vous fêtez Noël ensemble vous deux ?

– Ne pose pas trop de questions, ok ? Tu as perdu beaucoup de sang, rétorqua Nyx.

Cha lui envoya un regard perçant et soupçonneux.

– Très bien. On y va. Parce que si j'ai la rage, c'est maintenant que ça se soigne, hein.

Ooo

– Bienvenue à tous et à toutes en cette soirée de Noël, clama Mike Flickerman, présentateur du Harry Potter Show. Je sais que vous devez tous être très occupés à découper la dinde en ce moment, mais je retiens votre attention pour une nouvelle interview exclusive que nous vous avons promise dans la matinée. Je vous demande donc sans plus attendre d'accueillir Jenna Foster interprétant à l'écran Dolores Ombrage !

L'actrice fit son entrée sur le plateau avec un sourire resplendissant.

– Je dois dire que ça fait bizarre de ne pas vous voir habillée en rose, fit-il remarquer en lui tendant la main pour l'aider à s'asseoir sur l'un des sièges de cinéma.

– Je déteste cette couleur, avoua l'actrice en un grand éclat de rire. Parfois ça me rendait malade d'être coincée dans cet affreux bureau. Enfin bon, il le fallait bien pour les besoins du scénario.

– Cette année, les téléspectateurs se sont vivement émus de la situation d'injustice dans laquelle se retrouvait Harry par votre faute. Vous avez réussi – en quelques mois à peine – à devenir le personnage le plus détesté de la saga, loin devant Lord Voldemort.

– C'était assez délicat d'endosser ce rôle, admit Jenna. Quand la production m'a contactée, j'étais encore à Broadway pour l'adaptation d'un roman de King. J'avais travaillé toute ma vie pour en arriver là et il se trouve que Andrew Burst a vu ma prestation sur scène et a été soufflé de me voir aussi... froide et inquiétante. Donc il m'a dit qu'il avait un rôle pour moi, un rôle horrible. Je n'avais jamais fait de télé ou de cinéma avant cela alors j'étais très anxieuse. On a fait quelques essais, il m'a confié le script puis j'ai accepté. J'avais envie de m'essayer à autre chose. Parfois, lorsque je lisais les répliques de Dolores Ombrage, j'étais vraiment... outragée. Je hais ce personnage. Cette femme est simplement horrible et pourtant, c'est jouissif de l'interpréter. C'est quelque chose de vraiment étrange d'un point de vue émotionnel.

– Un scénariste a confié que les premières semaines, vous aviez du mal à supporter ces retenues avec Harry.

– Oui, c'était extrêmement délicat parce qu'il était en face de moi, en train de souffrir. Il me déteste de toutes les fibres de son corps et c'est dur de... de se dire qu'on ne peut strictement rien y faire. J'en ai justement discuté avec Oliver...

– Oliver Nightingal qui joue Rogue, précisa Mike Flickerman à la caméra.

– Exact. Oliver me dit que parfois, il aimerait bien lui offrir un chocolat lui aussi, sans que ça ne paraisse suspect. Oh, bien sûr on ne le fait pas. Mais Harry est un garçon adorable et qui a une patience sans limite. À sa place, j'aurais déjà jeté un sort à Rogue ou Ombrage depuis le temps... Je suis étonnée que l'idée ne lui ai jamais traversé l'esprit.

– Pour ces vacances de Noël, Harry est pour la première fois chez Neville, ce qui a permis au studio d'ouvrir exceptionnellement ses portes. Jusqu'au 30 décembre, vous pourrez donc réserver vos places pour visiter ou séjourner dans l'école de sorcellerie Poudlard. Les tarifs sont en ce moment même en train de défiler au bas de votre écran et vous pouvez les retrouver sur le site internet officiel de l'émission. (Le présentateur se tourna ensuite vers l'actrice) Jenna, qu'allez-vous faire pendant ces vacances ? Je sais que votre train vous attend, donc je ne vais pas vous retenir davantage.

– J'ai prévu de passer Noël auprès de mes enfants et de mon mari. Profiter un peu de tout ça pour me ressourcer et faire le point sur l'avancée de ma carrière.

– Est-ce que vous savez si Ombrage fera toujours partie du corps professoral à la fin de l'année, ou sera-t-elle également victime de la malédiction du poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal ?

– Je ne peux vraiment pas le dire sinon je me ferai écorcher vive ! plaisanta à moitié Jenna Foster.

– Merci de nous avoir accordé cette brève interview et à très bientôt.

– Merci à vous, Mike.

– Nous allons reprendre le direct de l'émission avec Harry chez les Londubat. Rappelons que la ville de Blackpool a fièrement accepté d'accueillir l'équipe de tournage pour quelques jours. Je vous salue habitants de Blackpool et joyeux Noël !

Ooo

Harry déchirait le papier-cadeau enveloppant un des paquets aux pieds de son lit. Il avait reçu de la part de Fred et George un exemplaire de « Comment séduire une sorcière en 30 leçons ». Harry manipula le livre comme s'il s'agissait d'une carcasse de Scroutt à Pétard. Il n'était pas très emballé à l'idée de passer de la théorie à la pratique... Harry ne voulait pas séduire une sorcière. Il ne savait d'ailleurs même pas s'il était capable de plaire à quelqu'un. Et, comble de l'horreur, la seule personne qu'il trouvait un tant soit peu ''potable'' était désormais considérée comme un malade mental.

En fait, Harry ne s'était jamais aperçu jusqu'à cette année qu'il était plus attiré par les garçons que par les filles. Avant, il s'était convaincu qu'avec toute la pression sur ses épaules, il n'avait tout simplement pas le temps de songer à ce genre de choses. Maintenant, il ne pouvait plus se voiler la face : il n'aimait pas du tout les filles et ça l'effrayait plus que tout au monde.

Harry avait si peur de la réaction de son entourage qu'il n'en parla même pas à Ron et Hermione. Il ne voulait pas provoquer une nouvelle dispute pour une chose qu'il ne maîtrisait pas encore. Hermione lui avait envoyé un planning de révisions qui, de temps à autre, le menaçait pour qu'il travaille. Hagrid lui avait offert un énorme sac de Chocogrenouilles et Mrs Weasley son pull tricoté habituel. Harry l'enfila avec joie.

– Pas mal la récolte cette année, commenta Neville qui était assis à l'autre bout de la pièce, un énorme grimoire de botanique à ses pieds. J'ai eu exactement ce que j'avais demandé ! Oh, regarde. Une lettre de Poudlard ! Tu en as une aussi, peut-être.

En effet, une enveloppe l'attendait. Harry la décacheta et constata qu'il s'agissait de ses résultats de B.U.S.E. Blanches. Sa note minimale était un Acceptable et c'était en Potions. Harry n'en croyait pas ses yeux.

Harry ne regarda pas le restant de ses cadeaux et se précipita vers sa chouette pour envoyer un courrier à Ron afin de connaître ses résultats. Il l'attacha à la patte d'Hedwige qui s'envola par la fenêtre ouverte. Harry constata, une fois de plus, qu'il y avait le voisin avec sa poubelle, la fille à vélo et le monsieur au bouquet qui passaient devant la maison dans une coordination parfaite.

– Neville, viens voir s'il te plaît...

– Quoi ?

– Tes voisins... J'ai l'impression qu'ils tournent en boucle.

– Euh, ah bon ? Tu crois ?

– Oui ! Ils passent toujours dans le même ordre. Je... J'ai l'impression qu'ils sont là juste pour le décor ou quelque chose comme ça.

Neville le regardait comme s'il le trouvait soudainement fiévreux.

– Les gens ont leurs petites habitudes. Dans ce quartier, c'est normal de se croiser aux mêmes heures. Mmh, tu devrais descendre. On va prendre notre petit-déjeuner.

Harry eut encore l'impression que Neville le détournait de la vérité. À contrecoeur, il s'écarta de la fenêtre donnant sur la ville de Blackpool et le suivit à l'étage inférieur. Draco – ou plutôt Dawn – avait peut-être raison : on lui cachait quelque chose.

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Note : Et voilà le chapitre que j'avais si hâte de poster ! Je vous remercie pour les personnes qui ont ajouté cette histoire en favoris, en alert au cours des dernières semaines. Je me doute que vous avez énormément de questions, mais je suis humaine : je ne peux penser ou répondre à tout. Je le ferai si j'avais toutes mes journées à consacrer à NIWY, mais malheureusement, ce n'est pas le cas. Le rythme ne correspond pas à tout le monde, mais je fais de mon mieux et – surtout – ce qui me convient et me plaît. En tout cas, vous êtes de plus en plus nombreux donc ça ajoute de la pression, guuuuh ! J'ai adoré écrire pour ce chapitre, donc ça c'est plutôt cool. Bref, je vous embrasse fort et merci de m'avoir suivi jusqu'ici et de continuer à le faire. Love, D.