Posté le : 10 Décembre 2013. Merci pour vos trente-six millions de reviews. J'espère avoir répondu à tout le monde avec mon organisation à la con.
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Ceci est Hedwige, la chouette transgenre.
Réponses aux reviews anonymes :
• Eurydice Black : Au moins, tu as fini par te décider à déposer un commentaire. Ça fait toujours très très très plaisir. Sois en sûre et certaine. Tu préfères mon style dans Nyx ? Curieusement, ce n'est pas celui avec lequel je suis le plus à l'aise. Mais bon, je le prends plutôt comme un exercice de rédaction : j'aime beaucoup toucher à tout, et voir ce qui me plaît le plus au final (Je me sentais plus libre en écrivant ROCKRITIC que Nyx, y'a pas photos, mais les goûts et les couleurs, hein... :p). Tes compliments me vont droit au cœur et je vais essayer de toujours offrir un minimum de qualité à mes lecteurs parce que vous le méritez. Vraiment.
• Bambinette-Sama : Haha, t'as trop raison : le jour où Dawn et Harry feront autre chose que de se regarder dans le blanc des yeux, j'aurais une floppée de lectrices gagatisante sur les genoux. Mais bon, on y est pas encore, duh. Mais oui, c'est bien un drarry, paaaaaatience ! En ce qui concerne le plan B de Burst, je n'y ai pas encore trop réfléchis vu que je n'y suis pas encore. En tout cas, merci pour tout et j'espère que ce chapitre-ci te plaira tout autant que les précédents.
• Elora : Roh, merci ça fait super-upper plaisir ! « bon j'ai un peu du mal à comprendre comment un balai peut voler sans qu'aucun dispositif ne soit visible, mais c'est que des détails) » Eh bien, j'ai donné une piste dans un des chapitres précédents (plus précisément dans les coupures de presse concernant la biographie de Burst), j'ai dit comme quoi il travaillait dessus en partenariat avec son beau-frère, qui est un spécialiste en aérodynamique. Donc c'est une prouesse technique de leur monde, un peu comme dans quelques années lorsque les trains pourront traverser la Chine entière en deux à trois heures. Nous on ne peut pas trop comprendre vu qu'on n'est pas des pros et qu'on n'a pas suivi le projet mais je pense que c'est réalisable (haha, je dis juste ça parce que bon, je n'ai pas le bagage nécessaire pour élaborer une théorie selon laquelle les balais pourraient voler). Mais bon, moi ça me choque moins le truc des balais volants que le transplanage etc. Après faut faire preuve d'ouverture d'esprit, estimer que tout ceci a une explication technique et scientifique et se dire que ce n'est qu'une fic. Je ne peux pas trouver réponse à tout, malheureusement. À la prochaine !
• Yangaya : Merci de la review et des compliments. Je fais vraiment mon possible pour cette histoire. Par contre pour le drarry, je vais être honnête : il faudra encore patienter. Je ne suis pas adepte des fins torchées par-dessus le coude, donc je vais prendre mon temps pour que cela soit crédible de bout en bout. Donc ne t'attends pas à un lemon dans ce chapitre ou le suivant. Vu le contexte et l'angoisse dans laquelle Harry est plongée, je ne pense pas que cela fasse partie de ses préoccupation. Surtout que bon, ils sont encore relativement jeunes, donc bon. Mais je n'ai jamais oublié qu'il s'agissait d'un drarry et je prends moi aussi mon mal en patience, crois-moi, parfois j'aimerai bien sauter des éléments pour passer à des scènes un peu plus palpitantes.
• Clelinou972 : Roh, c'est cool de se manifester pour donner son avis ! Merci. Je ne pense pas que garder Harry dans ce monde artificiel aurait été bénéfique pour le lectorat. C'est une solution tout à fait crédible, mais quand on lit une histoire on s'attend à des rebondissements et celui-ci en faisait partie. Mais ça va être un énorme challenge pour tenir l'histoire niveau intrigue et qualité vu l'attente monstrueuse des lecteurs... guh ! J'ai de plus en plus peur de décevoir. Je ferai mon possible en tout cas.
• Castalie : Je te remercie de tes compliments aussi enthousiastes ! J'espère que la suite te plaira tout autant.
• Iilaydiiz : Eh ouais, il l'a fait ce cher petit Harry. Il a eu tout le courage du monde, d'ailleurs. Par contre, les chapitres à venir auront tous leur bonne dose de frustration. Ne t'attends pas à en finir un avec un sentiment de plénitude parce qu'il risque de se produire tout à fait le contraire. Sinon, pour ma nouvelle, j'avance difficilement vu mes journées surchargées mais un jour, ça arrivera !
• Nerisys : Oh, une « nouvelle » lectrice. Ça fait toujours super plaisir de voir des personnes se manifester bien qu'elles suivent l'histoire depuis ses débuts. Je suis aussi très flattée de savoir que la narration pour cette fic t'emballe autant, vu le soin que j'y apporte. J'essaie toujours d'équilibrer entre les phases d'action et celles de récit. En ce qui concerne les musiques que je propose en tête de chapitres, j'essaie toujours de faire en sorte à ce qu'elles collent avec l'état d'esprit du chapitre ou celui que j'ai eu en rédigeant. Donc si t'en écoute déjà une, c'est cool. Haha, et oui je m'éclate généralement à créer des OC, toutes fics confondues. Continue de parler de cette fic autour de toi, c'est toujours une vraie récompense !
• Felvie : Ouais, la tension est à son comble concernant le chapitre précédent. Je ne peux pas trop répondre à tes questions car, bien évidemment, ça spoilerait trop la suite. Tout ce que je peux te garantir, c'est qu'elles trouveront une réponse à un moment donné. Il suffira simplement de patienter. En ce qui concerne le drarry de cette histoire, tu imagines bien que pour des raisons de crédibilité je ne peux pas trop les mettre ensemble d'emblé. Ça serait purement illogique. Encore une fois, il faudra attendre mais ne t'inquiète pas : c'est bien un drarry.
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Le mot du bêta – Eymeric : Moi qui espérais reprendre mes esprits après le chapitre précédent... Que nenni ! Je crois qu'à partir de maintenant, les loulous, en lisant cette fic, on aura constamment l'impression d'être dans la situation où, presque endormi, tu as la sensation de tomber, et tu te réveilles brutalement, le cœur en berne. J'ai les mains froides et les oreilles brûlantes. Comment voulez-vous que je fasse mon boulot, moi ? Heureusement, comme notre vénérée D Would, je me défonce toujours plus pour Nyx, et pour vous, parce que vous le valez bien. J'ai adoré vos dernières reviews ! J'espère en lire des comme ça pour ce chapitre aussi. Bonne lecture, je vous love 3
Musiques :
01. Path vol. 2 – Apocalyptica. 02. Go – Indigo Girls. 03. Not For Sale – Coco Rosie. 04. Like Toy Soldiers – Eminem. 05. A Peaceful Place – Jeremy Zuckerman. 06. Bring on The Night – The Police. 07. Naive – The Kooks. 08. I Told You So – Karmin. 09. The Joker – Gustavo Santaolalla. 10. Burning Desire – Lana Del Rey.
CHAPITRE XX
« Où est Harry ? »
« La télé-réalité est à la vie réelle ce que la poupée gonflable est à l'amour : un simulacre inventé par les marchands à l'usage des esseulés », Philippe Bouvard.
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Harry courait, ses tennis s'enfonçant dans la boue glacée du mois de janvier. De là où il était, il ne voyait plus les lumières pimpantes de la station-service. Il l'avait longée d'assez loin pour être absolument certain qu'aucune caméra de surveillance ne l'ait aperçu aux alentours. Comme l'avait promis Caspia, elle lui avait laissé des vivres dans la cachette sous l'arbre creux. Harry avait faim, à cause de l'effort et du fait d'avoir eu l'estomac noué toute la semaine à la seule pensée de son évasion. Pourtant, il ne s'arrêta pas. Harry se sentait encore trop près de la menace. Il ne fallait surtout pas qu'il s'arrête.
Désormais, il n'entendait plus le vrombissement des voitures sur l'autoroute. Il était englobé dans un silence opaque et inquiétant. Harry regarda autour de lui, frissonnant de froid et de terreur. Les véhicules qu'il avait aperçus tout à l'heure n'avaient strictement rien à voir avec ceux qu'il avait déjà aperçus à Little Whinging. Il en avait même vu un ne faire aucun bruit au démarrage, absolument silencieux et avec un design encore inconnu. Caspia avait sans doute aussi raison là-dessus : on lui avait menti sur la date. S'ils étaient réellement en 2014, quoi d'autre encore avait été inventé sans qu'il ne le sache ?
Harry cessa de courir, épuisé, mais continua d'avancer. Sans même s'en rendre compte, il avait pleuré pendant de longues heures, reniflant toutes les dix secondes. Péniblement, il se laissa glisser le long d'une énorme pierre et ouvrit finalement le sac à dos. Il y trouva une enveloppe de papier kraft, contenant certainement de l'argent, et attrapa un paquet de chips au goût carotte et betterave.
Sur le sachet, il y avait une pastille verte avec la mention Bio. Harry n'avait jamais vu une chose pareille auparavant. C'était certainement une invention du XXIème siècle... Devait-il craindre quelque chose ? Est-ce que le Bio était dangereux ? Prudemment, il reposa le sachet quelque part et attrapa plutôt une réconfortante boîte de conserve de maïs. Il fouilla le restant du sac.
Il y avait une enveloppe : « Harry, voici des lentilles de couleur marron qui sont adaptées à ta vue (nous avons réussi à accéder à ton carnet de santé). Mets-les le plus vite possible et détruis tes lunettes en plusieurs morceaux que tu jetteras à différents endroits. Il y a une notice d'utilisation. Lis-la bien avant de te lancer. La planète entière connait l'exacte teinte de tes yeux. Ne les laisse pas les découvrir. Caspia ».
Harry regarda par-dessus son épaule l'aube se lever. Cette forêt – qui devait certainement être le prolongement naturel de celle de Poudlard – était bien plus apaisante que celle qu'il avait toujours connue. La lumière inondait la clairière et les animaux n'étaient pas menaçants, seulement un peu curieux et craintifs. Harry détacha le sac de couchage puis le déroula sur un coin recouvert d'herbe bien épaisse. Il n'était pas bien certain de pouvoir fermer l'oeil pour l'instant, mais il le devait. Il fallait qu'il retrouve un peu de force.
Ooo
Il fallut à la production environ une cinquantaine de minutes pour que celle-ci se rende compte que Harry s'était enfui. Se rendant compte que ce dernier tournait en rond dans les couloirs, sans réel but précis, sous la cape d'invisibilité, on avait envoyé à sa rencontre Oliver Nightingal (interprétant Severus Rogue).
Le Maître des Potions avait foncé droit vers l'endroit qu'on lui indiqua par oreillette et avait soulevé la cape, découvrant une Miss Teigne apeurée qui s'enfuit à vive allure. L'acteur était resté un très long moment, la relique dans la main, à contempler avec effarement l'horreur de la situation. De l'autre côté de l'écran, Andrew Burst avait l'air tout aussi incrédule et, pour la première fois depuis des dizaines d'années, parfaitement stupide. Il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas comment Harry avait bien pu disparaître. Sur le moniteur, Oliver avait levé les yeux droits vers une caméra se trouvant sur le heaume d'une armure puis avait murmuré :
– J-Je ne sais pas où il est.
Burst s'était nerveusement mordu la main, contenant tant bien que mal sa colère qui ne demandait qu'à exploser. Prudemment, quelques assistants reculèrent de quelques pas, se tassant au fond de la salle. Burst fit glisser sa chaise sur le côté et vérifia chacune des caméras du château avec l'aide de quatre techniciens. Sur aucune d'elles ne figurait Harry. Plus il vérifiait, plus Burst sentait monter en lui une angoisse incommensurable.
– Réveillez les élèves, gronda-t-il d'une voix menaçante. Nous aurons besoin de tous les acteurs et figurants pour retrouver Harry. Il ne doit pas être parti bien loin.
– Et, euh, que fait-on du direct ? risqua une organisatrice, tremblant de la tête aux pieds.
– On annule.
– Mais... Nous n'avons jamais interrompu le direct en quinze...
– Je sais ! cria Andrew Burst. Je sais bien tout ça puisque c'est MON univers, MES idées, MES putains de personnages ! Alors maintenant fermez votre grande gueule d'incompétente et coupez la retransmission jusqu'à ce qu'on retrouve ce salopard de gamin ! Et le prochain qui m'approche... qui ose me parler ou contredire mes ordres, je lui assure un avenir tout aussi brillant en tant que chômeur, c'est bien clair ? Toi (il pointa du doigt un stagiaire présent depuis le début de la nouvelle saison), contacte l'équipe de nuit et demande-leur d'organiser des fouilles approfondies du côté de Pré-au-Lard. Vous (Burst désigna cinq jeunes filles chargées du contact avec les cuisines), mettez tous les elfes de maison sur la fonction recherche approfondie, qu'ils sillonnent le comté entier s'il le faut. Et dites à la conciergerie de vérifier les sept passages secrets et leurs issues de fond en comble. Que l'équipe Alpha vérifie les sous-sols du château et l'Omega les tours...
Pendant que Burst éructait ses ordres, les employés couraient dans tous les sens et attrapaient chacun une lampe torche et un talkie-walkie. Sur le moniteur principal, des élèves endormis sortaient péniblement de leur salle commune pour entendre le discours de leur directeur de maison. Baguette au point, ils parcouraient le château par groupes de trois ou quatre.
Sur la caméra 8, Hagrid essayait de retrouver la trace de Harry autour des serres à l'aide de Crockdur, sans succès. « Crockdur ne sent rien », confia Hagrid à une caméra se trouvant sur un grand hêtre près de sa cabane, « Il n'y a aucune piste. » Burst arracha son oreillette et coupa la retransmission avec la caméra 8. Ses yeux voyagèrent d'un point à l'autre, ne comprenant pas comment Harry – en quelques minutes – avait pu échapper à leur vigilance.
– Je veux revoir les enregistrements de cette nuit.
Un assistant lui prépara un moniteur avec la rediffusion depuis vingt heures. Burst les étudia et, même s'il était conscient de perdre un temps fou à les analyser, il était certain que c'était en observant les images qu'il comprendrait comment Harry avait pu déjouer le système. Ce n'est qu'en regardant l'extrait pour la quatrième fois, qu'il comprit l'astuce absurde avec laquelle Harry avait réussi à ne plus se retrouver sous la cape.
Logiquement, c'était son fils, et il devait se féliciter de son ingéniosité. Mais jamais Burst n'avait autant maudit l'intelligence de Harry. Il attrapa un paquet de feuilles et nota tous les indices qui lui permettraient de remonter jusqu'à lui. Tout à coup, il aperçut une silhouette rampant vers la Forêt Interdite, et il comprit. Andrew Burst comprit que s'il ne trouvait pas Harry au sein du biome, c'était parce qu'il était déjà en dehors...
Ooo
Le téléphone sonna. Longtemps. Si longtemps que Nasir finit par se réveiller. Il lui suffit de jeter un coup d'oeil à son réveil pour savoir qu'il n'était que trois heures du matin. C'est sa mère qui finit par décrocher. Il l'entendit distinctement remonter les escaliers en toute précipitation et réveiller son père. Nasir se frotta les yeux et tenta de se rendormir.
– QUOI ? cria son père. Comment ça disparu ? Oui, je... Je sais bien, monsieur le procureur, mais je ne peux pas lancer un avis de recherche sans l'aval de... Je connais bien la loi et je sais que dans les disparitions de mineurs il faut agir immédiatement, mais il faudrait le papier de... Très bien. Dans ce cas, je... je me mets tout de suite au travail. B-Bonne soirée à vous, je... oui, je vais faire mon possible pour alerter la population locale.
Il raccrocha. Sans même s'en rendre compte, Nasir s'était redressé. Il finit par se lever et se diriger vers la chambre de ses parents. La dernière fois qu'ils avaient reçu un appel aussi tard, c'est parce que son père avait dû enquêter sur une affaire de triple homicide à Uptown Valley.
La seule chose que Nasir avait compris, c'est que quelqu'un avait disparu. Cela pouvait être un ami du lycée, ou quelqu'un qu'il connaissait. Ses parents se jetèrent un regard grave et Nasir sut que cette affaire serait sans doute beaucoup plus difficile que prévu et que tout n'irait pas pour le mieux.
– Qui a disparu ? demanda-t-il. Est-ce que c'est quelqu'un de mon école ?
Sa mère baissa les yeux tandis que son époux se levait pour trouver dans son armoire son uniforme de policier.
– Harry Potter a disparu, déclara-t-il en enfilant son pantalon par-dessus son caleçon de nuit. Pouf!, comme ça ! Il s'est évaporé dans la nature et le comté est en alerte.
Nasir fronça des sourcils. Il ne comprenait pas.
– Mais... Le plateau du Harry Potter Show se trouve à des centaines de kilomètres d'ici. Qu'est-ce que ça avoir avec Sinuesa ? Ils pensent que Harry va venir jusqu'ici ?
– J'en sais rien de ce qu'ils pensent, avoua son père. Ils m'ont appelé pour faire un avis de recherche massive et je dois contacter l'imprimerie de la circonscription pour qu'on les distribue avant ce midi. C'est la procédure. Ils ont contacté toutes les mairies du pays, ou cas où Harry ne serait pas seul et se déplacerait avec l'aide de quelqu'un. Avec une voiture, il peut tout aussi bien être en Écosse que tout près d'ici, dit-il en attrapant sa plaque de service. Ça risque d'être assez mouvementé, ces prochaines semaines... Mais, si tu pouvais passer au poste avant d'aller en cours avec ton vélo, ça serait vraiment sympa, Nasir. Je te donnerai un carton d'avis de recherche et tu le transmettras au directeur de ton lycée, c'est d'accord ?
– O-Oui, balbutia-t-il.
Il suivit son père jusqu'en dehors de la maison et le regarda grimper dans sa voiture de patrouille.
– Prends soin de ta mère et de ta sœur, OK ?
– Ouais, pas de souci. Au fait, Papa...
– NON MAIS C'EST PAS bientôt FINI, OUI ?
Nasir se redressa si vivement qu'il se cogna le front contre la portière. C'était leur voisine : Bree O'Weil, la grand-mère de Nyx. Cette vieille harpie était à l'affût du moindre bruit dans la rue, passée une certaine heure. Elle leur jeta un regard menaçant avant de refermer brutalement sa fenêtre. Nasir ne savait vraiment pas comment une femme aussi détestable avait pu être la mère de Patti Sommerhearst.
– Bon courage, souffla-t-il simplement en regardant son père démarrer.
Il finit par retourner dans sa chambre puis attrapa immédiatement son téléphone portable. Nasir composa le numéro de Kendall et tomba directement sur la messagerie. Il se souvint avec désespoir que son ami était ce jour-là dans les studios, à travailler.
Ooo
Kendall n'avait jamais connu le plateau dans une atmosphère aussi bouillante et dévastatrice. Des elfes de maison les avaient réveillés dans leurs dortoirs en leur expliquant rapidement la situation. Kendall n'arrivait pas à croire que Harry ait réussi à se dérober à l'oeil scrutateur des caméras. Il s'était retrouvé dans une équipe de patrouille avec Heather, Sunny et Noah. Tous les quatre avaient eu pour périmètre la clairière dans la Forêt Interdite où ils avaient étudié les Sombrals.
Ils éclairaient des endroits à l'aide de leur baguette magique et Kendall, les traits tirés par la fatigue, n'était pas certain que cette méthode soit très efficace. Que comptait faire Burst pour justifier auprès de Harry que tous les élèves du château étaient à sa recherche si on lui mettait la main dessus ? Le croirait-il ?
– Je ne suis pas certaine qu'il y ait quelque chose ici, finit par marmonner Heather.
– Non, on doit rester dans notre périmètre, indiqua Sunny. C'est la consigne qu'on a reçue.
Sur leur bipeur-vibreur clignotait la motion : « Recherche de Harry. Zone 327, sud-est ». Kendall leva la tête et chercha en hauteur, ou cas où Harry avait choisi de grimper aux arbres. Il se demanda alors s'ils avaient réellement une chance de le retrouver dans la soirée ou s'il valait mieux attendre que le jour se lève pour reprendre leur recherche.
– Rien ne nous empêche d'aller un peu plus loin, fit remarquer Heather, agacée. Il n'y a vraiment rien ici à part des branches et des cailloux !
– La production ne veut pas réellement qu'on trouve Harry. Ils veulent qu'on parte à la recherche d'indices pour remonter son parcours ! s'emporta Sunny. Et c'est ce que j'essaie de faire en prenant des photos.
Sunny agita sa baguette magique et formula : « Capteo ! » et un rayon de lumière balaya la scène puis un déclic se produisit. C'était un tout nouveau sortilège qui devait être présenté au public à la fin de la saison, mais Andrew Burst avait exceptionnellement débloqué cette capacité pour aider acteurs et figurants dans leur quête de traces matérielles qu'aurait pu laisser le fugitif.
– Ce qu'on fait en ce moment est purement inutile ! cria presque Heather tandis qu'un groupe d'acteurs déguisés en centaures passaient près d'eux avec des sondes à détecteurs de mouvements. Je veux dire, on est en train de perdre notre temps et je suis fatiguée de tout ça !
– Bon, calmez-vous, soupira Kendall. D'autres équipes prendront le relai à partir de la tombée du jour...
– Je ne me souviens pas avoir signé pour baby-sitter Harry, marmonna Heather en donnant un coup de pied dans une souche. Ça c'est le travail des assistants, et s'ils ont besoin de main d'oeuvre pour accélérer la procédure, ils n'ont pas à nous exploiter.
Kendall soupira. Le pire dans tout ça, c'est qu'elle avait raison. Mais la mauvaise humeur étant contagieuse, il tenta de positiver.
– On continue de chercher par ici encore quinze minutes puis on part s'étaler sur un autre périmètre pour croiser du monde. Ça vous va à tous les trois ? demanda-t-il. Euh, Noah ?
– Oui, oui, ça me va, rassura ce dernier, resté parfaitement silencieux depuis le début de leur recherche.
Kendall continua de chercher des indices en hauteur et tourna autour d'énormes troncs. Subitement, il cru apercevoir des traces de pas un peu plus loin sur le sol... Elles devaient provenir de l'orée de la Forêt. Kendall se pencha et eut le fort pressentiment que c'étaient celles de Harry. Ses empreintes.
Aussi rapidement qu'il les avait vues, les traces disparurent. Kendall leva la tête et vit Noah, la baguette magique levée. Kendall se redressa lentement et le dévisagea. Il venait de couvrir Harry. C'était illégal. Si quelqu'un s'en rendait compte... Kendall regarda partout autour de lui. Sunny et Heather se disputaient un peu plus loin, ne s'étant rendues compte de rien.
– Bordel, pourquoi est-ce...
– Tu aurais fait la même chose, chuchota Noah.
Kendall n'en était pas aussi sûr. Il appréciait Harry, mais il avait trop peur des retombées qu'un tel acte pourrait avoir sur lui.
– C'est mon devoir de le protéger, avoua en un murmure Noah. Je suis du F.H.M., tu comprends ? Ne... Ne le dis surtout à personne. Je... Je voulais que ça arrive et je ne laisserai personne détruire ce rêve de liberté. Pas même toi, même si nous sommes amis.
Kendall déglutit.
– Je ne te dénoncerai pas. Je ne suis pas comme ça.
Ils restèrent un long moment l'un en face de l'autre avant que Noah ne prononce :
– J'ai vu des traces un peu plus loin. Je vais les effacer. À tout de suite.
Atomisé, Kendall le regarda s'éloigner avant de rejoindre les filles.
– Alors, vous avez trouvé quelque chose ? interrogea Sunny.
– Non, rien de ce côté-là non plus, mentit Kendall avec un naturel déconcertant.
Ce qui était bien avec la formation d'acteur, c'est que maintenant, il pouvait dire tout ce qu'il voulait et on le croyait sur parole. Kendall n'aimait pas mentir, mais on lui avait appris comment le faire en beauté.
Ooo
Nausikaa se redessinait un trait d'eye-liner en se regardant à travers le petit miroir de son casier. Elle avait froissé l'avis de recherche de Harry que lui avait distribué Nasir à l'entrée du lycée. Elle n'en avait pas grand-chose à faire de toute cette histoire, à vrai dire. Elle ne voyait pas en quoi cette émission pouvait changer sa vie en bien ou en mal. Pour elle, ce n'était qu'une télé-réalité comme une autre, même si son propre cousin avait un rôle dedans.
– Je peux te parler ?
Nausikaa rata son trait d'eye-liner en reconnaissant la voix de Cha.
– Oh, euh, salut, répondit-elle, embarrassée de ne pas être entourée par son habituel groupe d'amies.
Cha jeta un coup d'oeil à son casier et attrapa l'avis de recherche qu'elle déplia. Pendant un bref instant, Cha se permit un sourire désarmant et rangea la feuille dans la poche arrière de son jean.
– C-Comment Nyx se sent ?
Cha fonça les sourcils. Pourquoi parlait-elle de Nyx maintenant ?
– Je veux dire, elle, euh... elle travaille pour le show, non ?
– Plus depuis plusieurs semaines, affirma Cha, vexée d'entendre parler de sa meilleure amie à ce moment précis. Mais, je ne suis pas venue parler de ça. Toutes les deux, on n'a pas eu des réactions aussi extrêmes que les autres...
Il suffisait de jeter un bref regard autour d'elles pour se rendre compte que c'était le chaos dans le lycée de Sinuesa Valley. La plupart des professeurs ne faisaient même pas semblant de donner cours et se contentaient de rester cloîtré devant la télé de la salle de réunion à regarder les informations du journal télévisé au compte-goutte. Toutes les chaînes ne parlaient que de l'évasion de Harry et de la coupure du direct du show. Curieusement, Cha n'avait pas reçu de coup de téléphone de Nyx. Elle se demanda même si celle-ci était au courant de ce qu'il se passait.
– Je voulais profiter de l'affolement général pour te parler. Seule à seule. Enfin, si tu veux bien...
Sans prononcer le moindre mot, Nausikaa la suivit dans la première salle de classe. En entrant, elles tombèrent sur une enseignante, la tête entre les bras, parcourut de gros sanglots en marmonnant des « Harry, oh, Harry ! Ne nous abandonne paaas ! ». Elles rebroussèrent chemin et se rendirent directement dans la cour.
– De quoi tu voulais me parler ? demanda Nausikaa.
– Ca me paraît évident, fit remarquer Cha, tentant de ne pas paraître blessée. Je voudrais savoir pourquoi... pourquoi depuis tout ce temps tu me repousses, pourquoi tu fais semblant que je n'aie jamais existé. Je veux dire, je m'en fous que tu ne ressentes plus rien pour moi ou que tu n'aies jamais rien ressenti... Ce qui me tue, c'est de me dire que tu as pu retourner ta veste aussi facilement après tout ce que je t'ai dit sur moi, sur ma façon de voir la vie, mes secrets. Je t'ai dit des choses que je n'ai jamais confiées à qui que ce soit. Parce que j'étais raide dingue amoureuse et je me sens... je me sens abusée sur toute la ligne.
Nausikaa croisa les bras sur sa poitrine en baissant la tête.
– Je ne voulais pas te faire de mal. J'ai réalisé trop tard que... que j'ai fait quelque chose de grave. Je ne suis pas courageuse. Ce n'est pas ma spécialité. Et moi aussi je ne sais pas trop où j'en suis et... et comment faire avec tout ça. Il y a... Il y a des tas de gens qui choisissent chaque jour la facilité.
– Oui. Oui, c'est vrai, articula Cha. J'ai juste espéré que tu ne fasses pas partie de cette catégorie de personnes. Le truc c'est que... c'est que je t'aime encore. Et j'ai lu un truc bidon comme quoi le premier amour c'était le plus fort de tous. Je voulais savoir si toi, de ton côté, tu ressentais quelque chose pour moi, même un petit truc.
Cha chercha dans ses yeux une réponse.
– J-Je ne sais pas, Charlotte. Je ne sais vraiment pas.
Lentement, Cha finit par reculer et quitta la cour en de vives enjambées. Elle n'entendit pas de l'autre côté du grillage sa meilleure amie crier son nom. Nyx jeta un coup d'oeil coupable à Nausikaa qui finit par s'éloigner à son tour. Nyx se laissa tomber le long du grillage séparant le collège du lycée, dévorée par une folle envie de pleurer. Elle ne savait même pas à qui s'adresser et gardait en elle bien des questions. Dans son collège aussi, les professeurs ne faisaient pas cours à cause de cette nouvelle exceptionnelle. Nyx finit par rentrer, une pluie de grêle s'abattant sur la ville. La plupart des élèves chahutaient dans le réfectoire et Nyx parcourut les étages, l'esprit complètement vide.
– Nyx ?
Celle-ci se retourna, tombant nez à nez avec Mr Aaron, son professeur d'Histoire.
– Tu te sens comment ?
– Un peu bizarre, admit-elle.
– Viens, on va discuter un peu.
Il la laissa entrer dans sa salle de classe.
– Tu sais, une unité psychologique va passer dans tous les lycées du comté. Il paraît que... hum, beaucoup de gens ont promis de se suicider si l'émission ne revenait pas sur les ondes, marmonna Mr Aaron en lui servant un peu de thé de son thermos. Tu ne fais pas partie de ces gens-là, j'espère ?
– Non. En vérité, je suis contente que Harry soit parti. Mais... je... Je n'arrive juste pas à me faire à cette idée. Et j'ai aussi peur pour mes parents. Ils rythment leur vie selon lui depuis quinze ans, alors je me demande s'ils arriveront à se débrouiller seuls et confronter le vrai problème.
– Tu sais, l'être humain a une capacité d'adaptation hors du commun. Harry, tout comme tes parents, finiront par trouver leur place. Sois-en sûre.
Nyx but plusieurs gorgées de thé.
– Monsieur Aaron ?
– Oui ?
– Est-ce que vous faites partie du F.H.M ?
– Non. Je n'ai jamais été un membre de cette organisation, même si je me sens assez proche de leurs idées. Nous sommes un peu pareils tous les deux, non ?
– Sans doute. À votre avis, que va-t-il se passer maintenant ? Je veux dire, pour Harry, pour l'émission, pour le monde entier.
– Ils vont essayer de le retrouver par tous les moyens. Et il est fort probable qu'ils réussissent à le rattraper, mais dans tous les cas, ils ont perdu d'avance.
Nyx leva les yeux vers lui. Mr Aaron sourit.
– Maintenant que Harry sait la vérité et l'a vécue, il ne pourra plus retourner là-bas. Ils ne pourront plus jamais le garder enfermé.
– Vous en êtes sûr ?
– Ca me paraît logique, non ? Lorsqu'on rend la vue à un aveugle, il ne veut plus se débarrasser de ce sens. Il s'aperçoit de tout ce qu'il a pu manquer et il ne voudrait s'en séparer pour rien au monde. Crois-moi, un lavage de cerveau ne suffirait pas à le faire retourner dans sa prison, même avec toute la force du monde. Ils l'ont perdu. C'est fini.
Nyx se mordit les lèvres, réprimant quelques larmes. Son enseignant pressa son bras.
– C'est fini maintenant.
Ooo
Lorsque Patti Sommerhearst alla chercher sa fille à la sortie du collège, elle sut – au plus profond d'elle – que plus jamais les choses ne seraient comme avant. Elle se souvenait encore parfaitement de la conversation qu'elle avait eue avec Nyx au lendemain du Harry Day.
« – Toi, tu es préoccupée par quelque chose, n'est-ce pas ?
– C'est juste que... que mon professeur d'Histoire nous a parlé de choses en classe et j'arrête pas d'y penser.
– Quoi comme choses ?
– Il dit que... Il dit que regarder Harry Potter c'est participer à la destruction de l'humanité, du libre arbitre et qu'on n'a pas le droit de décider pour quelqu'un de ce que doit être sa vie.
– Greg est... est un utopiste né ! Chérie, tu crois que tout le monde sur cette planète choisit réellement ce qu'il a envie de faire de son existence ? Tu vois Betty, elle est serveuse depuis vingt-cinq ans. Au lycée, elle était une cheerleader promise à un avenir glorieux au bras d'un homme tout aussi splendide. Mais sa mère a eu un cancer du sein et... et ses frères et sœurs se sont retrouvés un peu livrés à eux-mêmes. Betty a dû renoncer à ses rêves. Elle n'a pas eu le choix.
– Non... au contraire. Betty a eu le choix entre partir pour vivre sa propre vie et rester pour aider les siens. Elle a choisi d'être ce qu'elle est aujourd'hui. Ça l'a forgé.
– Nyx, tu ne sais absolument pas de quoi tu parles. Ce n'est pas... Ce n'est pas le schéma du verre à moitié plein ou à moitié vide. C'est beaucoup plus complexe. Harry est quelqu'un de spécial. Et sa vie c'est... c'est ce monde, c'est la magie. Andrew Burst lui a laissé le choix d'y croire ou non quand Hagrid est venu le chercher pour lui annoncer qu'il était un sorcier. Il lui a bien dit qu'il pouvait rester auprès des Dursley s'il le préférait.
– Oui, et s'il avait refusé de le suivre tu crois vraiment que la production serait naturellement passée à autre chose ? Je crois que mon prof a raison... On veut nous faire croire que c'est lui qui emprunte un chemin, mais en réalité on l'y pousse. »
Nyx avait sans doute eu raison. Patti se pencha pour ouvrir la portière et sa fille se glissa à l'intérieur de leur Ford Anglia bleu ciel. Il était temps de s'acheter une autre voiture. En revendant cette relique du Harry Potter Show, les Sommerhearst en tireraient un bon prix, couvrant alors la totalité de leurs dettes. Patti était prête à se rendre en vélo sur son lieu de travail une année entière et d'aller au supermarché en bus. La liberté de conscience de sa fille valait bien ces tout petits sacrifices.
– Alors, cette journée ?
– Pas mauvaise.
Patti continua de conduire, se sentant effroyablement mal à l'aise.
– Au fait, ce soir ton père et moi nous assurons les cours de soutien à Uptown Valley. J'irai directement après t'avoir déposée, donc ne nous attends pas pour dîner. Je t'ai préparé un gratin. Tu n'auras qu'à le mettre dans le four.
– Ok, répondit Nyx, atone.
Elle baissa la tête, jouant avec les motifs du sweat-shirt qu'elle avait emprunté à Kendall le soir de Noël. Nyx aurait bien voulu l'appeler, juste histoire d'entendre sa voix et se calmer un peu. Mais il était injoignable, enfermé quelque part dans le studio.
– Chérie... Est-ce que tu voudrais me parler de quelque chose ?
– J'ai eu mon bulletin, prononça-t-elle avec un sourire triste tout en le sortant de son sac à dos. Je n'ai eu que des B+. Partout. Et à côté de la signature de mon professeur principal, il y a le tampon de la production. Normalement, je ne devrai qu'avoir B, mais ils ont décidé de valoriser ma présence en cours...
– B+ ce sont de très bonnes notes. Tu ne devrais pas être aussi accablée.
– Maman, pleura Nyx, tu ne comprends pas. Je ne mérite pas ces notes. Je n'ai pas fait le moindre effort. J'ai à peine travaillé depuis la rentrée et je m'en sors quand même dans les meilleurs de la classe. Sans avoir rien fait. Je... Je ne comprends pas.
– Tu sais, la vie c'est comme ça : il y a les privilégiés d'un côté et les moins chanceux de l'autre. Tu as eu la chance unique d'être de l'autre côté du voile. Profites-en. Tu n'as pas à avoir honte ou te rabaisser. Tu as été soumise à un stress énorme à cause de cette émission. Ça mérite une compensation. C'est un juste retour des choses.
Nyx s'avachit dans son siège et ferma un moment les yeux.
– Tu ne comprends vraiment pas.
– Oh, tu crois ? Quand j'étais au lycée, tout le monde disait que je n'étais que Patti la cheerleader au niveau vaseux. Je n'étais pas intelligente et je n'avais même pas une once de culture générale. J'aurais dû redoubler. Même mes parents m'appelaient la petite gourde. Et tu sais pourquoi j'ai réussi ? Parce que j'étais une putain de cheerleader. Voire même une putain tout court.
Nyx n'avait jamais entendu sa mère prononcer ce mot de toute sa vie.
– Il me suffisait de rouler du cul jusqu'au bureau du professeur pour m'en tirer avec un B-. Puis quand c'était trop dur de convaincre un prof, j'allais voir ton père. Lui était plutôt un bon élève, et vu que je savais qu'il craquait pour moi, j'allais le voir en disant « Hey, Johnny, j'ai besoin de ton aide pour un exercice de math ». Il m'aidait, bien évidemment. Il me regardait comme si... comme si j'étais une déesse vivante. J'aurais pu lui dire de se jeter dans la mer en plein janvier, il l'aurait fait (Elle rit). C'était assez déprimant parce qu'au début, je n'éprouvais rien pour lui... Tout ça pour dire que tout le monde profite des avantages qu'on leur donne. Chacun à son échelle, c'est vrai, mais on le fait tous. Parce que c'est comme ça que le monde fonctionne, tu vois ?
Nyx imaginait mal ses parents adolescents à se tourner autour. Elle s'était bloquée dessus, écoutant d'une oreille distraite le reste.
– Tes parents t'insultaient réellement de gourde ?
– Et ça c'est le terme poli, maugréa Patti en s'arrêtant au feu. Je ne raconte pas n'importe quoi en disant que je n'ai jamais été assez bien pour eux. Ils n'ont jamais accepté le moindre choix que j'ai pu faire dans ma vie. Mais je m'en fiche : je ne regrette rien. J'ai une fille et un mari fabuleux, un toit au-dessus de ma tête et un job épanouissant. Eux, ils ne leur reste plus que de l'amertume.
– C'est eux qui ne sont pas assez bien pour toi, rétorqua Nyx.
– Et le respect de tes aînés, tu te le mets sous l'aisselle ? rit sa mère.
– Maman ?
– Oui ?
– Comment a réagi Papa en apprenant que Harry s'est enfui ?
– Eh bien, il... il est resté enfermé dans la salle de bain une bonne heure et il s'est fait porter pâle au travail. Puis il est parti s'aérer l'esprit. Je pense que c'est un gros choc pour lui, mais je ne m'en fais pas trop. Il finira par trouver une raison.
La voiture ralentit devant leur maison. Nyx déposa un baiser sur la joue de sa mère et descendit.
– À ce soir !
À l'intérieur, les murs semblaient vides depuis que sa mère avait ôté tous les produits dérivés de la série pour le bien de sa thérapie. Nyx grimpa directement dans sa chambre et resta allongée sur son lit un très long moment. Elle attrapa la télécommande de sa chaîne Hifi et écouta distraitement la radio :
– « ... Mais avant de balancer le son, je rappelle qu'une grande marche est organisée ce soir à 18H pour retrouver notre apprenti sorcier favori ! Si vous êtes dans l'incapacité de vous déplacer, vous pouvez toujours participer à notre grand jeu « Où est Harry ». Je rappelle les modalités : vous pariez sur une zone géographique, plus celle-ci sera précise, plus vous empocherez de gros gains. Lorsque l'on retrouvera Harry, l'auditeur ou l'auditrice étant tombé juste à une marge d'erreur de cinq cents mètres empochera le gros lot. Pour ceux ayant une marge d'erreur de moins de deux kilomètres de circonférence du lieu de capture, vous empocherez le nouveau modèle de... »
Nyx éteignit la radio et se leva précipitamment. Elle ouvrit la porte de sa salle de bain et vomit dans les toilettes. Elle tira la chasse d'eau puis se rinça la bouche. En retournant dans sa chambre, Nyx s'ébouriffa les cheveux puis se souvint du jour où Cha était revenue du supermarché avec plein de boîtes de teinture différentes : « Tu verras, ça sera trop cool sur toi. Tu ressembleras à une putain de sirène, et tout le monde fera la queue pour avoir la même ».
Cha avait eu raison. C'était une très belle teinture. Nyx attrapa ses ciseaux. Elle coupa ses mèches petit à petit, puis se retrouva avec une coupe à la garçonne. Ses repousses brunes étaient bien plus apparentes et le bout de ses mèches était encore bleu. Bizarrement, Nyx se plaisait tout autant comme ça. En regardant le parquet couvert de cheveux, elle regretta de ne plus avoir d'elfe de maison pour faire le ménage derrière elle. Nyx fit rapidement un peu de rangement, prit une douche puis mit son pyjama. Elle attrapa ses clefs et son sweat avant de se diriger vers le garage où elle attrapa sa bicyclette.
Elle pédala jusqu'au stade et écouta Linger de The Cranberries sur son baladeur. Nyx s'arrêta un moment devant et regarda Diana – la poursuiveuse des Comètes d'Orion – donner un cours d'initiation au Muggle Quidditch à des gamins. Depuis qu'ils avaient gagné la coupe inter-régions, les membres de l'équipe étaient devenus de vraies petites vedettes. Diana se retourna, le Souaffle sous le bras, et plissa les yeux. Nyx était certaine qu'elle ne l'avait pas reconnue maintenant qu'elle avait les cheveux courts. Elle redémarra et se dirigea cette fois sur la plage.
Elle cadenassa la roue arrière de son vélo, et ses tennis violettes s'enfoncèrent dans le sable humide et froid. Nyx n'était pas surprise de trouver Cha, pas loin, près de la jetée. Nyx marcha droit vers elle, les mains dans les poches latérales de son sweat. Cha éclata de rire.
– Bordel, j'allais te draguer.
– Ah ouais ?
– Mais trop ! Je pensais que tu étais une gonzesse paumée des alentours. Quand est-ce que tu t'es fait ça ?
– En rentrant des cours. C'est pas trop raté ?
– Non, je réajusterai un peu ce week-end, si tu veux, prononça-t-elle en passant une main dans sa chevelure noire et bleue. En tout cas, tu es très belle. C'était un changement cathartique.
– Je ne sais pas ce que veux dire cathartique, avoua Nyx en s'adossant contre le phare.
Cha lui lança un regard torve et Nyx rigola un peu.
– Dure journée ?
– Ouais, et de ton côté j'imagine que c'est la même chose.
Cha jeta sa cigarette dans l'eau.
– Tu peux pas savoir à quel point. Les choses auraient été plus simples si on sortait ensemble. Non, mais je t'assure, pas de Kendall, pas de Nausikaa. Juste nous et le monde. On aurait été parfaites.
– On se serait tapé dessus, ou pire, plaisanta Nyx. Tu me racontes d'abord ce qui t'est arrivé ?
– Ok. Bon et bien accroche-toi parce que ça sera assez long...
Alors Cha lui raconta absolument tout dans les moindres détails et Nyx l'écouta sans rien dire.
– Donc Nausikaa et toi, il n'y a plus aucune chance pour que vous vous remettiez ensemble.
– Aucune, confirma Cha en jouant nerveusement avec son Zippo. Et je me demande même si on a été véritablement ensemble un jour. Sinon, de ton côté ?
Nyx s'apprêtait à se confier à son tour lorsqu'elle aperçut quelqu'un s'approcher. C'était Meleen, la fille qui avait été élue présidente des élèves du lycée à la place de Kendall. Pendant plusieurs minutes, elle fit comme si les deux autres n'étaient pas là et Nyx trouva cela incroyablement insupportable.
– On peut t'aider ? demanda cette dernière, utilisant sa main comme visière afin d'éviter les lueurs éblouissantes du crépuscule.
Meleen haussa des épaules avec un large sourire. C'était bien la première personne de la journée que Nyx voyait d'aussi bonne humeur.
– Qu'est-ce qui te rend si joyeuse ? interrogea Cha.
– Eh bien, cette connerie de show est terminée, non ? Le monde va pouvoir doucement retrouver l'esprit. Y'a de quoi être heureuse.
– Tu marques un point, accorda Cha avec un sourire désarmant.
– Je ne savais pas que tu détestais le Harry Potter Show, fit remarquer Nyx au bout de longues secondes.
– Parce que si je le dis tout haut tu vas le rapporter à la production.
– Je ne suis pas ce genre de personne ! se révolta Nyx.
– Absolument pas, maugréa Cha, une cigarette entre les lèvres. La preuve : je traîne avec elle.
– Je me suis toujours demandée ce que tu lui trouvais, Parker. Mais je dois avouer qu'elle est plutôt mignonne les cheveux courts.
Nyx roula des yeux.
– Par contre, je ne savais pas que c'était à la mode de sortir dehors en pyjama. Plutôt cool les motifs.
Nyx jeta un regard à son pantalon couverts de petits poneys violets avant de lui jeter un regard courroucé tandis que Meleen éclatait de rire.
– Je fais une fête chez moi ce soir. Pour fêter la fin de ce maudit business. Vous venez ?
– Tes parents ne seront pas là ? questionna Cha.
– Oh que si ils seront là. C'est même leur idée. Ils font partie du F.H.M. et distribuaient des tracts illégalement un peu partout. Bon, je ne suis pas censée vous le dire, mais je trouve vos têtes plutôt cool. Si vous ne venez pas, buvez au moins un verre en l'honneur de mon grand-père.
– Pourquoi ton grand-père ?
– Parce que c'est le mec le plus génial de l'humanité toute entière, expliqua Meleen. C'est le premier type de l'émission à s'être dressé contre Andrew Burst. Ça lui a valu pas mal de retombée et il a déménagé en Nouvelle-Zélande, mais...
– Attends une seconde, s'écria Nyx, les yeux écarquillés de surprise. Ton grand-père... Ce ne serait pas le premier acteur qui avait joué Dumbledore ?
– Parfaitement, répondit Meleen en caressant une barbe imaginaire.
– C'est dingue comme le monde est p'tit, ajouta Cha. Va pour le verre, donc. Ça nous changera les idées.
Cha et Nyx marchèrent de chaque côté des bras de Meleen qui posa ses bras sur leurs épaules.
– Joyeux Harry Day, mes chères.
Ooo
Épuisé, Andrew Burst jeta sa veste de haute couture aux pieds de son domestique qui se précipita pour la ramasser. Il dénoua nerveusement sa cravate et repoussa Polux, son jeune fils, qui venait vers lui avec un dessin. Polux avait passé l'après-midi entière à le crayonner afin de lui remonter le moral.
– TALIA ! cria Andrew en se penchant à la balustrade de l'escalier.
Pétrifié, Polux resta derrière son père et attendit en silence qu'il lui accorde un peu d'attention.
– Bordel, Talia, viens ici.
Bien que son épouse soit exaspérée de son comportement, elle prit sur elle et arriva juste en face de lui.
– Qu'est-ce qu'il y a ?
– J'ai faim. Fais-moi à manger.
Talia éclata d'un rire clair.
– Nous avons deux cuisiniers attitrés. Je ne vois pas pourquoi tu me demandes ça à moi. Et d'abord, je n'ai jamais appris à cuisiner de toute ma vie. Si tu espérais me voir me plier à tes petits caprices de domination, c'est raté. Mais je peux toujours déjeuner avec toi.
Elle lui tendit la main que Andrew finit par accepter à contrecoeur. C'était étrange parce qu'il était amoureux de sa femme, au fond. Mais il ne savait ni comment lui dire, ni comment lui montrer. Andrew Burst avait peur que ce ne soit pas réciproque, qu'elle ne soit là que pour l'argent, le pouvoir, la réputation.
Maintenant que Harry s'était enfui du biome, ce n'était pas que son émission et ses contrats qui étaient en péril, mais également son mariage. Si Talia ne voyait en lui plus aucun intérêt, elle finirait par s'en aller, c'est sûr. Ça ne devait pas se produire. Talia devait rester. Elle était son tout. Andrew espérait, qu'au fond, elle en avait conscience, qu'elle ne lui ferait pas de mal comme d'autres avant elles. Talia le fit s'assoir à une table et sortit du gigantesque frigo en inox un plateau de crudités et congédia les cuisiniers et leurs assistants d'un geste de la main.
– Comment tu te sens ? finit-elle par demander en lui servant un verre de vin blanc.
– Mal, articula-t-il. J'ai l'impression... de ne plus rien contrôler, et je déteste ça.
Hermione – leur fille aînée – pénétra dans la pièce à son tour et fit comme s'ils n'existaient pas.
– Un simple bonjour, ça t'écorcherait la bouche ? interpella Andrew.
– Ah, parce que toi tu nous dis bonjour quand tu rentres ? rétorqua Hermione en lui lançant un regard glacial.
– Joue pas à ce petit jeu-là avec moi, ok ?
– Qui t'a dit que c'était un jeu ?
Talia regarda tour à tour sa fille puis son mari qui s'était lentement levé, d'un air menaçant. Depuis que Hermione avait eu ses dix-sept ans, elle se renfermait de plus en plus sur elle-même et ne parlait quasiment à personne. Talia ne savait même pas où elle passait la plupart de son temps libre et ne jugeait pas bon d'en avertir son mari. Dès qu'ils se croisaient, Hermione et Andrew éprouvaient un malin plaisir à se tourmenter l'un l'autre.
– Alors, reprit Hermione avec un doucereux sourire, tu te retrouves au chômage technique, Papa ?
Andrew serra les poings et sa femme lui tint doucement le poignet tandis que leur fille fouillait dans le frigidaire.
– Ils savent qui l'a aidé à sortir de là ? continua Hermione d'une voix chantante. Non parce que, ça prouve que pour une fois, tu n'as pas pensé à tout.
Andrew poussa sa femme et marcha droit vers sa fille.
– Retire ce que tu viens de dire.
– Alors, là, rêve.
– Papa, glapit Polux qui s'était avancé jusqu'à lui. Papa, regarde le dessin que j'ai fait, s'il te plaît. Her-Hermione elle est gentille. Elle...
– DÉGAGE DE LÀ ! hurla Andrew à son fils de dix ans.
Le visage de Polux se décomposa et il recula de plusieurs pas, comme si son père venait de le frapper.
– Et toi..., persifla Andrew en pointant son index sur Hermione, tu ne sais pas les sacrifices que j'ai fait tout au long de ma vie pour que tu puisses avoir absolument tout ce qu'un être humain pourrait rêver. Ôte-moi ce petit sourire de prétentieuse de la figure sinon je te le fais avaler. Tu me dois tout, alors fais profil bas.
– Je ne suis pas un de tes personnages que tu peux contrôler à loisir, Papa, prononça courageusement Hermione, tout en frissonnant de peur. Tu ne pourras jamais me dire ce que je dois faire et où aller. Je suis libre, contrairement à toi. Et ça, ça te rend simplement dingue...
Andrew Burst fronça des sourcils.
– … Ce n'est pas Harry qui est prisonnier de ce monde. C'est toi. Juste toi.
– Ca suffit, tous les deux, intervint Talia en les séparant. Vous êtes de la même famille. Hermione, je sais que tu traverses une espèce de phase, mais ne le provoque plus. C'est ton père, quoique tu décides. Il doit le rester. Et toi Andrew, dit-elle en le fixant droit dans les yeux. Si tu veux du respect de la part de tes enfants, tu dois leur donner une bonne raison de le faire puis le leur rendre.
Andrew se décontracta légèrement et, après avoir regardé méchamment une dernière fois sa fille, finit par s'éloigner jusqu'au comptoir. Hermione attrapa la main de son petit frère et ils quittèrent tous les deux la cuisine. Lentement, Talia finit par s'assoir auprès de son mari et lui caressa lentement le dos.
– Andrew... Andrew, écoute-moi s'il te plaît. Nous ne t'aimerons pas moins si tu perds l'émission. Tout ça, c'est dans ta tête. Le plus important, c'est qu'on reste ensemble, d'accord ? Il ne faut pas que tu projettes ta colère sur les enfants. Ils n'y sont pour rien et ça ne fera pas avancer les choses.
Andrew se crispa.
– Je n'ai jamais été aussi en colère de toute ma chienne de vie, avoua-t-il, les mains tremblantes. Je pourrais faire n'importe quoi si on me provoquait, là, maintenant.
– Il vaudrait mieux que tu te reposes. Tu n'as plus l'esprit très clair à force d'avoir travaillé. Je m'occuperai de la société à ta place. Je ferai tout mon possible pour retrouver Harry.
Ooo
Harry finit par enfiler les vêtements que lui avait laissé Caspia dans le sac de voyage ainsi que les lentilles marrons. Il s'enfonça un bonnet sur la tête et, une fois la nuit tombée, décida de reprendre sa marche. Les dernières lueurs du crépuscule tombaient sur les capots des voitures garées sur le parking d'un centre commercial. Harry le longea, à peu près certain qu'il y avait des caméras de surveillance. Il attendit de l'autre côté de la route un bon moment que les employés d'un fast-food nommé « Le Chaudron Baveur » sortent les poubelles.
Une fois la voie libre, il ouvrit une benne et en sortit un sachet contenant un hamburger à peine entamé et le renifla avant de mordre dedans. À côté, se trouvait une figurine de Hermione, baguette magique à la main. Sur la boîte du menu enfant se tenaient des répliques exactes de lui et ses camarades de Poudlard. Harry la regarda un moment puis fut surpris par une voix :
– Hey ! C'est interdit de fouiller les poubelles !
Harry recula en apercevant un des employés du fast-food. Il ne réfléchit pas plus longtemps et courut. Rien dans cette ville, rien dans ce monde, ne ressemblait à ce qu'il connaissait. Harry se sentait horriblement oppressé, surveillé et démuni. Il ne pouvait s'adresser à personne. Il ne pouvait pas reconnaître les bonnes personnes des mauvaises. Il ne savait plus où était sa place.
Harry passa devant une série de boutiques, le visage en partie caché par une grosse écharpe. Les rues étaient vides et c'était très étrange de découvrir tout ça. Il avait l'impression d'être dans un musée futuriste à ciel ouvert. Harry s'arrêta devant un salon de coiffure et observa très longtemps une affiche publicitaire d'une mannequin rousse. Il toucha la vitrine et se laissa submerger par la fascination mêlée à du dégoût.
Il repensa à ce que lui avait dit Dawn : « Ta mère est encore vivante ». Est-ce que sa véritable mère ressemblait donc à ça ? Où était-elle ? Savait-elle qu'il s'était enfui ? Les yeux de Harry voyagèrent à l'intérieur du salon de coiffure et songea que la meilleure des protections serait le déguisement : tout le monde cherchait un adolescent brun aux yeux vert. Il ne fallait plus qu'il soit brun. C'était une question de vie ou de mort. Harry fila dans la ruelle adjacente et fouilla les poubelles : ici, les gens jetaient tout un tas de chose utile dedans. Il tomba sur une pile de factures du salon puis mis la main sur une série de boîtes de coloration. Non, il ne voulait pas être roux. C'était horrible et ça lui rappellerait Ron.
Pendant un très long moment, il observa une fiole portant le numéro 16. C'était la juste dose pour obtenir un blond platine. Blond comme Draco. Peut-être même que lui aussi se teignait les cheveux, qu'il n'était pas aussi blond d'ordinaire... Harry fouilla encore un moment et opta pour un blond moins agressif et moins voyant. Il enfourna le pack de coloration dans son sac à dos et continua sa route.
En vitrine d'une boutique de jouets se trouvaient quelques exemplaires de maisons de poupée. C'était des répliques exactes du 4, Privet Drive, du Terrier et d'une autre maison que Harry supposa être celle de Hermione puisqu'une figurine était placée juste devant à titre indicatif. Harry déglutit péniblement puis détourna les yeux, dégouté.
Sur un pare-brise, il vit de loin un avis de recherche de sa personne. Il ne connaissait même pas le nom de la ville qu'il traversait, mais il l'aurait trouvée plutôt agréable si elle n'était pas si proche de Poudlard. Un peu plus loin, Harry aperçut des personnes d'environ son âge qui étaient assis sur un banc, bougeant leur tête en rythme sur un morceau de rap. Harry se souvint des recommandations de Caspia : se fondre dans un groupe était une excellente façon de se prémunir du danger. Harry s'approcha précautionneusement.
– Salut, s'écria la seule fille du groupe.
– B-Bonsoir, balbutia Harry toujours le visage caché par son écharpe.
Un silence inconfortable s'étira durant lequel la chanson se termina.
– Tu es nouveau dans le coin ?
– Non, répondit aussitôt Harry. Mais c'est... c'est la première fois que je sors à cette heure-là. J'ai décidé de... profiter de la vie.
Il se força à sourire.
– Amen, grommela un garçon avec de longues dreadlocks couleur ocre. Tu veux boire avec nous ?
Harry n'hésita pas longtemps avant de prendre la bouteille qu'on lui tendait. Il recracha une partie de sa gorgée d'alcool et toussa en se frottant le nez. La fille éclata de rire.
– Tu ne sors pas souvent, n'est-ce pas ?
Harry baissa la tête et le garçon lui tapota gentiment l'épaule.
– Y'a un début à tout. On part à une soirée. Tu veux venir ? On va se payer d'autres bouteilles. T'as du fric ?
Harry fouilla dans ses poches et sortit cinq livres sur l'argent que Caspia lui avait confié. Les adolescents lui sourirent.
– T'es plutôt cool. Tu vas voir, tu vas t'amuser.
Harry fut soulagé et les suivit vers un endroit qu'il ne connaissait pas...
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Note : Vous étiez très nombreux à attendre la suite (plus que d'habitude vu le cliffhanger du chapitre 19 (bon là vous en avez encore un autre, haha, je sais, je suis sadique)). J'espère que vous n'êtes pas trop déçus de moins avoir aperçu Harry que dans le chapitre d'avant. Je voulais accentuer davantage sur les conséquences et réactions de sa fuite. Je n'avais pas prévu que Nyx manque autant à certains d'entre vous donc c'est une bonne chose qu'elle apparaisse autant. En parlant de Nyx, j'espère que vous n'êtes pas trop choqué qu'elle se soit coupée les cheveux... C'était quelque chose de prévu depuis super looongtemps, donc bon. Maintenant, bah, Nyx est différente, quoi. Pour le chapitre 21 – qui est déjà écrit, by the way – vous aurez une grosse dose de Harry (je préviens avant que certains fassent la queue au bureau des larmes). Certains d'entre vous se demandaient qui étaient les trois élèves infiltrés faisant partie du FHM, donc on avait Marietta, vous savez maintenant l'identité du second (je ne le dirai pas, ou cas où des glandus lisent les notes d'auteur avant le chapitre, sait-on jamais), et pour la troisième personne vous le saurez à la fin (si je me souviens de le caser quelque part). N'hésitez pas à me relancer sur des questions parce que parfois il est possible que j'oublie tout bêtement (même si la plupart des choses arriveront en tant et en heure, dont le drarry). Je pense commencer à rédiger le chapitre 22 ce week-end, si j'ai du temps. Pour mes autres fics en cours, ça avance doucement mais sûrement. Laissez-moi du temps. C'est tout ce dont j'ai besoin. Je vous remercierai jamais assez pour votre soutien et vos reviews trop-super-méga-cool (honnêtement, je dois avoir les lecteurs les plus badass de ce site, c'est pas possible autrement). Passez une bonne semaine, D.
