Posté le : 7 Janvier 2014. J'ai failli écrire « 2013 ». Old things (je voulais poster hier mais un bug du site en a décidé autrement).
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Réponses aux reviews anonymes :
Nana : Je suis contente que tu ai dépassé ton apriori pour découvrir cette histoire ! je me donne beaucoup de mal pour créer un univers compatible avec le tome 5. J'espère que la suite t'enchantera tout autant :)
Nerisys : Haha, désolé d'avoir fait de cette histoire une véritable obsession chez toi. Crois-moi, je mets tout en oeuvre pour que (justement), ça se produise *rire sadique dans le lointain*. Je ne peux pas te dire comment Harry va se débrouiller pendant sa fuite, parce que sinon la vic perdrait de son intérêt pour une majeure partie. J'ai vraiment adoré rédiger ce chapitre sur les conséquences de l'escapade de Harry parce que je visualisais très bien les réactions de chacun (et j'ai aussi parlé de ceux qui s'en foutaient légèrement via Nausikaa, entre autre). Même si un chapitre est entièrement écrit avant même d'avoir publié le suivant, y'a tout un travail de relecture à côté et ça demande aussi de la réflexion de faire en sorte que tout concorde. Pour le chapitre 22, je n'ai pas eu le temps d'avancer pour la simple et bonnes raisons que j'avais un pré-rendu de mémoire et ça… ça pompe toute énergie. Dès que je saurais sortie de ce traquenard, je rédigerai plus vite que mon ombre pour « Nyx » mais aussi toutes mes autres histoires !
Elora : Haha, si seulement j'avais le budget, c'est clair que je serai super chaude pour adapter une de mes histoires en série télévisée. Tu n'es pas la seule à avoir remarqué que Harry a un peu plus de jugeote que dans le bouquin et semble moins centré sur lui-même. Je pense que c'est ce qui fait sa force dans « Nyx », il ne se laisse pas faire et va aux devants de l'adversité. J'apprécie beaucoup ce Harry-là, alors que dans mes écrits, j'ai tendance à le massacrer pour on ne sait quelle raison. Je te remercie pour tes encouragements et à la prochaine !
Bambinette-Sama : « Ca fait des semaines qu'avec mon autre amie qui suis la fic je suis en mode 'Oué, oué, à quand le chapitre 20 de Nyx?" et puis on couine au milieu des escaliers du lycée, la populace se ramène et nous observe genre "Mais c'est quoi ces idiotes, wesh. » ROLFMAO, je rigole si fort. en imaginant la scène. Désolé de créer une telle psychose dans vos petits cerveaux. Non, en vérité je me suis fixée un challenge personnel avec cette vic : redoublez d'ingéniosité pour vous foutre à terre à chaque chapitres. C'est un talent, tu sais. Je m'exerce et je crois approcher d'un niveau assez correct. Bientôt, ça sera un level encore plus aigue et là je pense que j'aurais tout le monde en mode « nooooon, pourquoi j'ai commencé à lire ce récit satanique ». Et moi je rigolerai comme un vautour. Pour la rencontre Dawn/Harry, j'ai déjà TOUT en tête et rédigé dans un carnet mais je n'ai pas eu le temps d'étoffer la scène ou quoi vu que j'étais en voiture, revenant des vacances. Mais j'ai drôlement hâte d'arriver à ce point de l'intrigue.
Coukie : J'adooore les théories fumeuses des lecteurs parce que souvent vous êtes terriblement à côté de la plaque (mais bon, y'en a quand même qui tombent si juste que je me demande s'ils ont une Pensine dans mon cervelet). Je me moque mais si nos places avaient été inversées et que j'étais juste lectrice, je pense que j'aurais pas deviné un dixième de la suite à prévoir et que je me serai roulée en boule dans une couette et nourris grâce à la télépathie entre chaque sortie de chapitres. (Ouais, je peux être vraiment débile et out of control comme lectrice). Si ça se trouve tu as déjà deviné pas mal de choses. On verra bien ! ;)
Sam : Pauvre bichon, je vais te traumatiser à vie un de ces jours. Je vais t'acheter un pacemaker pour ton anniversaire, tiens. Ca va être de l'investissement lourd, genre massif like Harry-Baba's ass. Je savais que la prise de position de Noah te ferait plaisir ! Quand j'écrivais ce passage, je visualisais trop ta tête (je dois avoir des soucis psychologiques). On verra plus Hermione (fille de Burst) à partir de maintenant parce que c'est un personnage que je voulais développer depuis super longtemps. Je m'occuperai bien de Harry en attendant qu'une faille spatio-temporelle fasse de toi un véritable personnage *regard illuminé par les flammes de Satan*. A bientôt !
Mess : Ouiii, Harry n'a pas été repéré et ce pendant un chapitre entier ! Gloire à Dieu ! Prions pour ce chaton en perdition. Ma main d'auteur n'est pas aussi magnanime par contre… héhé. Ouais, le fait que Nyx se coupe les cheveux est bien entendu une symbolique pour montrer que elle aussi a grandi, a changé etc. Je me suis inspirée du Prince Zuko dans la seconde saison de « Avatar : le dernier maître de l'air ». Tu auras ta dose de Burst dans ce chapitre-ci, parce que bon, je compte pas faire l'impasse sur lui pour autant et j'en ai pas du toooout fini avec sa grosse tête. J'espère que tes évaluations se sont bien passées. See ya !
Guest : Wow, lire les 20 chapitres en seulement deux jours ? T'es brave. Perso, je n'aurais pas pu (même en étant obnubilée par l'intrigue). J'aurais fait des pauses tous les quarts d'heure afin de préserver mon petit coeur tout mou fait en gélatine. La suite est en préparation, comme toujours, ça prend du temps puisque je suis en Master à l'université et donc… y'a peu de temps pour la fantaisie, surtout que j'ai un job à mi-temps à côté. Mais j'ai tous plein d'idées pour la suite et ça finira par arriver. J'espère que la suite continuera de te plaire !
Iilaydiiz : Si je dors la nuit ? Non, non, je change constamment de fuseaux horaires et je me balade avec le soleil. En réalité je suis « simplement » bien organisée entre la fac, mon boulot et le reste (c'est à dire, le monde de la fanfiction inclus). Tu en sauras davantage sur Harry et le groupe qu'il a décidé de suivre dans les chapitres 21 et 22. Tout est prévu dans ma petite tête mais je n'ai pas eu le temps de sérieusement écrire pendant le mois de décembre ; même si le 21 était déjà prêt depuis un moment. Pour le couple Cha/Nausikaa, c'est définitivement terminé comme l'a dit Cha dans le chapitre 20. Elles n'ont pas d'atomes crochus et ça ne fonctionnera jamais entre elles. Elle a décidé de tourner la page. Pour la dose de Dawn/Dylan, elle arrivera (et sache qu'ils me manquent aussi énormément), mais je veux pas les faire intervenir n'importe comment. Tout est prévu pour encore un petit bout de temps avant de me retrouver dans une nouvelle impasse. Sois patiente !
WoR : Wow, wow, wow, si un jour j'aurais cru que tu viendrais lire mon histoire, dis donc ! T'imagine pas à quel point ça me fait plaisir, héhé. Tu n'en es qu'au tout premier chapitre mais bon, j'espère que tous les suivants te plairont tout autant. Je m'éclate trop dans ce projet et t'as encore de nombreuses choses à découvrir :) Sur les Détraqueurs, je n'avais jamais véritablement pensé à la façon dont Harry arrive à ressentir le désespoir qu'ils sont censés provoquer, mais j'imagine que ça doit être dû à un brusque choc thermique/association d'idées négatives etc. Bon, j'ai pas d'idées sérieux. Dis-toi juste que Burst a su fabriquer ce genre de choses et puis basta ! xD
Le mot du bêta - Eymeric : OMG les loulous, vous êtes des grands fous ! Toutes ces reviews géniales... Ça me fait tourner la tête ! Merci pour ça, vous êtes vraiment super. Maintenant que les fêtes sont passées, que nous avons cuvé et digéré les tonnes de nourriture ingurgitées, voici un nouveau chapitre de NYX qui roxxe sa maman, concocté par notre auteure préférée, j'ai nommé D Would ! On applaudit et on crie hystériquement s'il vous plaît ! Le chapitre précédent semble vous avoir un peu assommés, laissez-moi vous dire que vous n'êtes pas au bout de vos "peines". Je vous laisse découvrir tout ça. Bonne lecture les loulous !
Musiques : 01. Jinora's Light – Jeremy Zuckerman. 02. Dementors in the Underpass – Nicholas Hooper. 03. A Woman's Worth – Alicia Keys. 04. Soon We'll be Found – Sia. 05. Things We Lost in Fire – Bastille. 06. Dark Paradise – Lana Del Rey. 07. Horses – Patti Smith. 08. Clint Eastwood – Gorillaz. 09. Freedom – Anthony Hamilton ft Elayna Boynton. 10. Old Flame – Kimbra.
Chapitre XXI
« Les jours perdus »
« I saw the best minds of my generation destroyed by madness », Lana Del Rey in. Tropico (Allen Ginsberg, "Howl")
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Andrew Burst, suivi de sa femme et de ses trois enfants, pénétrèrent sur la tribune du Palatz de Londres. Un parterre de journalistes se tenaient là, plus déchaînés que jamais. Andrew n'arrivait pas encore à réaliser que quelques semaines après avoir réussi à entrer dans la tête de Harry, il devait rendre des comptes au monde entier pour avoir perdu le héros de sa série.
De nombreux contrats avaient été annulés et ses partenaires étaient fous de rage. Pour se donner une image rassurante de père concerné, Burst avait exigé que Arnold, Polux et Hermione l'entourent durant tout son discours. Talia était à sa droite, vêtue d'une sublime robe indigo s'arrêtant à la hauteur de son genou.
– Bonjour, à tous et à toutes, dit-il d'un ton très solennel tandis que des centaines de flashes crépitaient d'impatience. Je vous remercie de m'accorder un peu de votre temps pour cette interview exclusive qui sera aussi brève que possible. Je sais que vous n'avez qu'en tête la disparition de Harry qui remonte déjà à quatre jours. La police et les services secrets explorent chacune des pistes et épluchent les caméras de surveillance qui, depuis quelques années, sont très nombreuses dans notre pays. (Burst ajusta son micro pour se donner un peu de temps) Je suis tout aussi consterné que vous par sa disparition. Harry fait partie de ma vie, non pas en tant que producteur, mais également en tant que père. Je l'ai adopté et je sais que rien de ce qu'il est en train de découvrir dehors n'est bon pour lui. Aussi, je tenais à demander expressément à chacune et à chacun d'entre vous d'appeler les autorités nécessaires si vous aviez le moindre indice qui pourrait nous permettre de remonter jusqu'à lui. Harry est en danger. Je sais que pour beaucoup, il n'était qu'un simple individu, mais un ami que l'on pouvait rejoindre à n'importe quel moment de la journée... Évidemment, les portes de Poudlard sont désormais fermées et les actrices et acteurs du biome sont retournés chez eux ou dans les centres d'accueil. (Andrew serra l'épaule de son fils, le rapprochant de lui afin de se donner une bonne image de père) Si Harry a pu échapper à la vigilance de notre système, ce n'est pas simplement par négligence de ma part. C'est surtout à cause de l'organisation terroriste nommée Free Harry Movement. Dernièrement, nous avons arrêté un garde chargé de la sécurité du périmètre extérieur. Il aurait aidé Harry à s'enfuir et refuse pour l'instant de divulguer la moindre information sur la direction que celui-ci aurait pu prendre. Heureusement, nous disposons d'outils très efficaces qui pourraient permettre de le forcer à parler... Chaque minute est une perte de temps incroyable dans nos recherches, et donc un fossé qui se creuse entre Harry et nous. Vous, téléspectatrices, téléspectateurs du monde entier, je vous invite à prendre – pour une fois – les commandes de votre destin. Il se pourrait très bien que Harry se trouve près de chez vous. Ouvrez les yeux, je vous en prie. (Burst prit une inspiration) Il sera offert une récompense de dix millions de livres à la personne qui nous le ramènerait dans un de nos studios sans aucune blessure. Nous reverrons ces gains à la baisse si Harry présente le moindre traumatisme ou une séquelle apparente. Je suis prêt à donner un million supplémentaire si Harry revenait d'ici la fin de la semaine en plus d'une couverture médicale à vie pour l'ensemble de la famille du gagnant. Enfin, je tenais à ajouter que pour les foyers ayant déjà commandé des billets pour une visite ou un séjour dans les studios au cours des prochaines vacances, celles-ci sont bien évidemment maintenues et nous rembourserons dix pour cent du tarif de base sur les tickets pour ce désagrément. Encore une chose, je tenais à préciser qu'il s'agissait de...
Un bruit de détonation survint et Andrew Burst eut, pendant une fraction de seconde, le souffle coupé. Il baissa les yeux et remarqua que sa chemise était tachetée de sang. C'était étrange parce qu'il ne ressentait strictement aucune douleur.
Des cris retentirent dans la salle et un homme, à une dizaine de mètres, avait une arme braquée sur lui tandis que des agents de la sécurité le plaquait au sol. Andrew Burst s'apprêtait à dédramatiser la situation en disant qu'il n'avait rien, que c'était probablement une erreur, lorsque Polux tomba. Talia cria en secouant son fils.
Et c'est là que Andrew comprit. Atomisé, il s'agenouilla et serra son garçon dans ses bras tandis qu'une large tache de sang imbibait ses vêtements puis coulait sur l'estrade. Sa femme essayait tant bien que mal de boucher la plaie avec sa main tout en sanglotant hystériquement.
– Non, non, répétait inlassablement Hermione en caressant le front de Polux. Papa, fais quelque chose. Pas lui, c'est...
Andrew avait une furieuse envie de vomir.
– PAPA ! FAIS QUELQUE CHOSE ! hurla Hermione.
– Je... Je ne sais pas...
– À Sainte Mangouste, ils utilisaient un sort pour les plaies. Le dictame, Papa. Fais-en venir. Je t'en prie !
– C'est du cinéma, articula Arnold, qui était resté en retrait, le visage mouillé de larmes. Le dictame c'est... c'est une invention qui ne fonctionne pas.
Hermione le dévisagea comme s'il venait de la poignarder. Aux portes du Palatz, il y avait un véritable mouvement de foule qui rendait difficile l'arrivée des secours. Andrew regarda ses agents de sécurité menotter l'homme qui venait de tirer. Burst se redressa, laissant son fils mourant dans les bras de son épouse. Il sauta de l'estrade et lui infligea un coup de poing.
– POUR QUI TU TRAVAILLES ?
L'homme éclata d'un rire hystérique en recrachant un peu de sang.
– POUR QUI ? répéta-t-il.
N'obtenant aucune réponse, Burst le frappa une seconde fois, tout en étant repoussé par des vigiles.
– Bordel, depuis quand ils prennent des gens qui ne savent pas viser, cria Andrew, la voix brisée.
– Oh, non, non, non. Je sais très bien viser.
Les yeux de Burst s'écarquillèrent d'horreur. L'homme s'approcha de lui, l'air plus fou que jamais.
– J'ai fait exprès, prononça-t-il comme un enfant pris en faute. Je voulais que tu saches réellement ce que ça fait de perdre un fils. Parce qu'on sait tous les deux, que tu ne considères pas vraiment Harry comme un fils. Maintenant que tu as expérimenté ça, tu seras un peu plus crédible lors de tes petits speechs.
Andrew Burst ne s'était pas aperçu qu'il pleurait. Il recula, dégouté et assommé. Les sanglots de sa femme résonnaient de plus en plus fort dans la salle vide tandis qu'une équipe d'urgentistes arrivait sur l'estrade. Burst resta parmi les chaises pliantes renversées, en contrebas.
– S'il vous plaît, on vous donnera tout ce que vous voudrez, gémissait Talia en retenant la manche d'une infirmière. J'ai plein de choses, je... regardez, vous pouvez tout prendre, continua-t-elle en vidant son sac à mains contenant un bon tas de cartes bancaires. Je connais plein de gens qui peuvent tout réaliser...
L'infirmière se dégagea de son étreinte et continua d'invectiver des ordres à ses collègues. Ils déchirèrent la chemise du petit garçon tandis que Hermione pleurait en faisant les cent pas juste derrière eux.
– Pourquoi vous ne faites plus rien ? Je vous en prie. Soignez-le. On a aussi de l'or. Des lingots d'or, pleura Talia. Le code du coffre c'est 39126. Vous pouvez y aller. Vous pouvez même tout prendre. Mais je veux que vous remettiez notre petit garçon sur pied. Il n'a que dix ans. Il est encore tout petit... Mon fils il est... il...
– Je suis désolée, coupa un médecin en refermant la chemise de Polux. On ne peut rien faire.
– Non, c'est faux, tenta Talia. Vous n'avez même pas pris le temps d'essayer. Il est encore là.
– Madame. La balle a atteint son cœur. Heure du décès, 10H49.
Talia leva lentement la tête et croisa les yeux de son mari, comme si elle cherchait du réconfort quelque part. Arnold attrapa le bras de sa mère adoptive qui avait manqué de tomber tandis que les assistants, encore tout autour de la salle, faisaient semblant de n'avoir rien vu.
L'interview étant retransmise en direct, Burst était à peu près certain que la planète entière avait vu son fils mourir avant que les caméras n'aient le temps de s'éteindre. Jamais Andrew Burst ne s'était senti aussi observé de toute sa vie. Hermione était agenouillée près de son petit frère et répétait des mots que personne ne comprenait réellement. Les urgentistes rangèrent leur matériel et commencèrent à parler d'évacuation du corps.
– L-Laissez-nous, maugréa Andrew. LAISSEZ-NOUS.
Ooo
Nyx pleurait en épluchant des oignons alors que sa mère dansait sur une musique des TLC provenant de la radio. Patti Sommerhearst avait décidé de revendre sa télé et de donner l'argent à l'école de Uptown Valley pour qu'ils investissent dans du vrai matériel d'arts plastiques.
Curieusement, la télévision ne lui manquait pas, et elle pouvait ainsi profiter de tout un tas de nouvelles choses, comme les sorties avec sa fille, faire les boutiques, rejoindre un club de lecture, etc. C'est fou ce qu'on pouvait faire dans une journée lorsqu'on n'avait plus la télévision dans sa vie. Nyx et Patti chantèrent en choeur :
A lonely mother gazing out of her window Staring at a son that she just can't touch.If at any time he's in a jam she'll be by his side, But he doesn't realize he hurts her so much.But all the praying just ain't helping at all, 'cause he can't seem to keep his self out of trouble.So, he goes out and he makes his money the best way he know how,Another body laying cold in the gutter.Listen to me.
Le téléphone sonna plusieurs fois et elle ne répondit pas.
– C'est peut-être important, suggéra Nyx en coupant les oignons en rondelles.
– Ils attendront, répondit Patti en déposant un baiser au sommet de son crâne. J'ai l'impression que ça fait une éternité qu'on ne s'est pas retrouvées toutes les deux. Au fait, qu'est-ce que tu voudrais pour ton anniversaire ? Je te ferais dire que c'est dans à peine quelques semaines et je dois m'organiser.
Nyx roula des yeux.
– Un petit truc, ça sera très bien. Tu sais que je ne suis pas difficile.
– Oui, et j'ai beaucoup de chance. Au fait, tu sais où est ton père ? On va bientôt passer à table.
– Sûrement sur Internet.
Patti haussa des épaules et Nyx n'ajouta rien d'autre. Depuis quelques jours, ses parents faisaient chambre à part. Ils avaient mis en place tout un stratagème afin de ne pas se faire remarquer ; pourtant, les changements n'avaient pas échappé à Nyx. Elle espérait simplement que c'était une passade et que les choses finiraient par rentrer dans l'ordre. Sa mère continua de cuisiner en fredonnant. Elle attrapa les pommes de terres épluchées sur un journal ouvert sur une double-page concernant Andrew Burst :
SES DÉTRACTEURS
« … Mais Andrew Burst et son émission ne fait pas l'unanimité. Partout à travers le monde, des personnes se sont élevées afin de s'opposer au Harry Potter Show, peu importent les moyens. Mr Freddie Douglas Jr. – ethnologue, enseignant des comportements humains et mouvements de masse à l'université de Cambridge – a mis en place, quoique difficilement, un séminaire sur la fameuse télé-réalité. Ce rendez-vous intellectuel tient place le lundi soir dans une salle étriquée ne pouvant accueillir qu'une quinzaine d'élèves. Selon un syndicat étudiant, le recteur de l'université aurait judicieusement choisi cet emplacement afin d'éviter l'affluence d'élèves et donc, la propagation du message.
Cela n'a pourtant pas découragé Mr Douglas qui accepte les étudiants qui s'asseyent parfois à même le sol pour écouter ce qu'il a à dire. Par simple curiosité, je me suis rendu à l'un de ses séminaires et ai enregistré – avec son accord – l'entièreté de la séance : « Autour de moi, certains de mes collègues pensent que l'émission est une bonne chose. Une bonne chose pour l'économie, pour les valeurs traditionnelles, pour le progrès technique, pour l'éducation, pour l'image de notre pays, etc. Pourtant, il y a une chose qu'on oublie. Une chose très importante... La liberté. Nos ancêtres se sont battus pour elle, afin que chacun et chacune d'entre vous assis ici puissent en jouir dans toutes ses facettes et beautés. Au nom de quoi un garçon, à peine plus jeune que vous, ne pourrait pas en profiter lui aussi ? La liberté est quelque chose de profondément sacré, et si on ne lui fait pas confiance, elle ne peut qu'être destructrice. Il faut la laisser s'en aller, prendre le large. Nous n'avons pas laissé à Harry l'opportunité d'être ce qu'il voulait réellement être, de faire ses propres choix. Et je dis nous parce que même en restant assis là, en ne faisant rien, nous participons au système. Je ne vous demande pas de prendre les armes et d'assiéger le biome dès que vous aurez un peu de temps entre deux bières, mais simplement... de réfléchir à ça comme d'une affreuse expérience. Il ne faut surtout pas qu'une telle émission se reproduise à l'époque de vos enfants. Faites-leur part de tout ça avec la plus grande des prudences et, en attendant, n'absorbez plus les images de l'émission avec lesquelles on vous matraque depuis votre tendre enfance. »
Le Professeur Freddie Douglas Jr, bien que campé sur ses positions, nie toute implication avec le FHM. Il explique d'ailleurs dans un de ses ouvrages nommé : ''La théorie du chimpanzé en boîte'' qu'une personne n'a pas besoin d'être d'un groupuscule quelconque pour avoir un avis arrêté sur l'émission. « Le faisceau des opinions est bien plus large que la dichotomie qu'on nous présente à l'écran. Lorsque les étudiants débarquent dans mon séminaire, ils se disent que les personnes ont tort d'être aussi catégoriques à propos du Harry Potter Show. Ce qu'ils ne mesurent pas encore pleinement, c'est qu'en cautionnant cette émission, ils acceptent implicitement de vivre dans une société où tout le monde aun droit de regard sur n'importe qui. L'argent arrangeant bien les choses... »
Il défend également l'argument des détracteurs les plus farouches, blâmant la masse bêlante s'avachissant devant la télévision pour suivre la quotidienne : « Pour les membres du FHM, les téléspectateurs du Harry Potter Show ne sont qu'une masse de crétins endoctrinés. Mais je suis persuadé au fond de moi que le téléspectateur moyen sait pourquoi il regarde cette émission et ce qu'il va y trouver. Personne ne sait ce qu'il se passe dans la tête des gens. Ils peuvent très bien regarder cela en ayant du recul, se faire une analyse distancée. Quand on allume sa télé – peu importe le programme – on cherche avant tout à se distraire. » Ce qui attriste le plus le professeur Douglas est le budget colossal donné par l'Etat à l'émission.
La Couronne Britannique se voulant être le sponsor principal de cette émission pour « répandre sa culture à travers le monde », en plus de fournir des fonds financiers, permet à l'équipe de Burst de tourner des scènes entières de Londres, quitte à paralyser des quartiers entiers. En temps normal, une prise de vue d'un monument – tel Westminster – coûterait à un producteur environ 1200£ la seconde. Andrew Burst, lui, en est exempté. Il peut tourner de longs plans de la ville sans débourser le moindre sou.
D'un autre côté, l'office du tourisme constate un bond spectaculaire de fréquentation depuis les cinq dernières années. L'affluence à Charing Cross Road est telle le week-end que les flux sont régulés par des numéros de passage. « Tout cet argent », explique Dr Douglas, « pourrait être consacré à des choses plus utiles comme vous acheter un nouveau chauffage pour l'amphithéâtre, octroyer une bourse d'étude à une personne dans une situation précaire, ou même trouver du personnel supplémentaire pour vous orienter. Mais non : tout part dans le Harry Potter Show ! ».
L'argument de l'enseignant fait mouche : de nos jours, tous les impôts liés à l'audiovisuel britannique reviennent de droit à quelques institutions en partenariat avec la fameuse émission. Pour bénéficier de cette aide, quelques écoles ont fait le choix de relooker leur enceinte ''à la mode Poudlard''. Les élèves sont donc priés de se vêtir des uniformes de Poudlard, d'avoir comme sport uniquement le Muggle Quidditch et d'avoir un plat par semaine inspiré du monde magique (et bien d'autres conditions).
Ce pacte permet donc aux établissements les plus fragiles de maintenir la tête hors de l'eau, même si certains directeurs le font avec une extrême mauvaise foi. Dans ces établissements, on constate une nette baisse de niveau, puisque les élèves ne sont plus réellement obligés de travailler pour obtenir de bons résultats. Le classement PISA (acronyme de « Program for International Student Assessment » et visant à mesurer les progrès ou déclin dans le système éducatif mondial) révèle que la Grande-Bretagne qui, malgré ses étudiants d'un niveau plutôt correct, connaît une descente lancinante.
Grâce à la cartographie mise en ligne sur le site de PISA, on constate que les établissements les plus touchés par la vague de médiocrité sont ceux en circonférence des plateaux de télévision du Harry Potter Show. Des points blancs – signifiant une absence de données – démontrent que désormais, certains proviseurs décident volontairement de cacher les résultats de leurs élèves à la barbe des organisations internationales...
Dans cet imbroglio, Mr Douglas rappelle à ses étudiants : « Harry Potter n'est jamais allé à l'école de sa vie. Il en connaît un modèle, a exploré le système, a eu des notes, certes. Mais elles étaient toutes données à la va-vite. Harry sait lire, compter. Rien d'autre. Et ceci, de manière rudimentaire. Il ne connaît rien de la formation des siphons, de l'action du sodium dans de l'eau bouillante, de la grammaire anglaise, ne parlons même pas des équations ou des théorèmes ! Harry ne se doute pas qu'il puisse exister quelque chose comme la philosophie, etc. Il n'a pas seulement été endormi d'un point de vue spirituel, mais également intellectuel. Harry ne sait rien. Et c'est ça... c'est le plus alarmant là-dedans. Chaque enfant du monde a le droit à une éducation. En ce qui concerne Harry, on lui a craché à la figure. »
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Harry était resté avec le même groupe d'adolescents toute la nuit. Ils dormaient. Il s'extirpa du sofa et commença à déambuler dans la maison silencieuse. Harry la trouvait assez jolie, et artistique. Il s'enferma dans une salle de bain à l'étage avec son sac à dos. Il défit douloureusement son bandana puis ses pansements et trouva dans une pharmacie de quoi continuer à désinfecter. Sa plaie au front s'était légèrement résorbée. Ce qui l'inquiétait davantage, c'était celle à sa jambe : il avait marché des heures entières et avait exposé sa blessure à la boue et à de l'eau stagnante avant d'en arriver là. Harry trouva du bandage et se l'appliqua soigneusement autour du mollet.
Le miroir lui renvoya une mine blafarde et Harry tenta d'oublier, pendant quelques secondes, ce qu'il était : un monstre de foire. Si sa cicatrice au front n'était pas le fruit d'un puissant maléfice, comment était-ce arrivé ? Est-ce que des personnes avaient prévu ça ? Est-ce que lui faire du mal faisait parti d'un quelconque scénario ? Nerveux, Harry ouvrit la boîte de coloration les doigts tremblants. Il lut rapidement les indications et commença à s'appliquer le produit dans les cheveux après avoir suivi toutes les recommandations. Il n'oublia pas non plus ses sourcils.
Finalement, Harry prit sa douche et le surplus de couleur parti dans le siphons, en même temps que ses idées noires. Désormais, il n'avait plus réellement l'air d'être Harry. Il était d'un blond doux, tirant vers le châtain très clair, rappelant la couleur du miel. Le résultat était bluffant, surtout avec ses lentilles marrons. Harry avait déjà du mal à se dire que c'était bien lui. En fait, ça lui plaisait ! Il aurait peut-être moins à se cacher ainsi... On toqua à la porte.
– Qui que ce soit, j'veux pisser, grommela une voix d'homme de l'autre côté du battant.
– Oh, euh, OK. J'ai bientôt fini.
Harry se rhabilla en vitesse et ouvrit, les cheveux trempés. C'était le garçon d'hier soir, avec les dreadlocks. Il le regardait d'un air perplexe et Harry se demanda s'il l'avait reconnu sous son déguisement. Il recula immédiatement, comme s'il s'était attendu à être ridiculisé ou battu.
– Au fait, moi c'est Seth, dit-il. Et toi ? Tu nous as pas dit comment tu t'appelais à ma sœur et moi.
– Euh, je... Moi c'est Just-...
Il allait une fois de plus dire « Harry. Juste Harry ». Mais il se rattrapa :
– … Justin, termina-t-il.
– Justin, répéta Seth en arquant un sourcil. Ok. Bon, bah, Justin, j'aimerais bien... euh... me laver moi aussi, tu vois. Ce genre de chose.
– Oh, ouais. Désolé, je suis super encombrant.
Il commença à ramasser toutes ses affaires et Harry était certain que Seth avait entrevu son bandana tâché de sang. Harry le fourra dans son sac à dos. Il se demandait alors si Seth et sa famille auraient des ennuis s'il restait trop longtemps ici. Peut-être penserait-t-on qu'on l'avait aidé. Harry n'était pas si enchanté que ça à l'idée de devoir repartir.
Le seul endroit au monde où il s'était jusqu'alors senti chez lui et en confiance était Poudlard. Devoir quitter le château de son plein gré était sans doute le plus gros sacrifice qu'il eût jamais fait. Poudlard lui manquait terriblement. Impossible de fermer l'oeil depuis. C'était trop dur. Peut-être qu'un beau jour, il finirait par tomber de sommeil ou s'habituer à un autre endroit... mais, il n'y avait sans doute pas deux Poudlard dans le monde, n'est-ce pas ?
– Euh, tenta Seth qui observait Harry en pleine réflexion, les mains tremblantes sur son sac. Tu es sûr que ça va bien ?
– Oui ! s'écria Harry d'une voix légèrement plus aiguë que la normale. Je suis juste un peu... enfin, désolé.
Il quitta la salle de bain et essaya de reprendre son souffle. Dès que Harry se mettait à réfléchir à propos de son existence, une telle angoisse le saisissait que ses genoux fléchissait et qu'il était submergé par l'envie de pleurer. Pleurer ne résoudrait probablement rien, même si ça lui ferait du bien. Tant qu'il avait un peu de force, il faudrait essayer d'en profiter. Harry zippa son sweat-shirt bleu nuit et descendit les escaliers.
Un tendre parfum d'oeufs aux lards se dégageait depuis la cuisine. Velma (Harry s'était souvenue de son nom), la petite sœur de Seth, cuisinait pour ses amis en chantant un tube passant à la radio. Harry la trouva incroyablement chanceuse, tout à coup. Il aurait donné toute sa fortune pour pouvoir vivre un moment pareil dans l'insouciance la plus totale. Tout à coup, il se fit la réflexion que tout son argent à Gringotts était sans aucun doute du toc. Il n'avait pas d'argent. Il n'en avait jamais eu.
– Salut, lança Velma avec entrain. Tu as faim, non ?
Harry ignora son ventre qui gargouillait depuis son réveil et s'installa avec beaucoup de crainte parmi eux. Il s'étonna de ne pas trouver les parents de Seth et Velma dans la maison. Ils étaient sans aucun doute en déplacement. La jeune fille déposa une assiette devant lui et Harry la remercia timidement. En fait, malgré sa gentillesse, il ne savait pas quoi penser d'elle. Devait-il encore se méfier ?
– Au fait, tu viens d'où ?
Harry leva le nez de son assiette, peinant à réaliser qu'on s'adressait à lui. Tous les amis de Velma le regardaient poliment, mais avec un soupçon de curiosité.
– De Londres, répondit-il automatiquement.
– C'est drôle, dit Velma en agitant sa spatule. On n'a jamais vécu à Londres, pourtant, mes parents, Seth et moi nous avons beaucoup voyagé. Tu as déjà voyagé, toi ?
Harry fit lentement non de la tête.
– Oh, ça viendra.
La conversation reprit et Harry fut soulagé qu'on se désintéresse brutalement de sa personne. Il termina son assiette. Il alla la placer dans l'évier lorsque Velma l'interrompit :
– Non, on ne fait pas la vaisselle ici. Place-la dans la machine.
Interloqué, Harry la regarda un long moment autour de lui.
– La machine..., précisa Velma. Elle est juste derrière toi.
Voyant les gestes hésitants de Harry, elle le devança et plaça elle-même l'assiette dans l'appareil devant ses yeux médusés. Il n'avait jamais vu une chose pareille ! Tout à coup, Harry comprenait la fascination de Mr Weasley pour les Moldus. Et lui qui s'imaginait tout savoir à ce propos...
– Je m'en vais, déclara Harry, les joues rouges à cause des rires des amis de Velma.
– Dis pas de sottise. Y'a pas de bus le dimanche, pratiquement. Seth va te raccompagner en voiture. SETH !
Son grand-frère finit par apparaître, l'air négligent :
– Est-ce que tu pourrais le raccompagner jusqu'à chez lui ?
Harry blêmit considérablement.
– N-Non, ce n'est vraiment pas la peine. Je n'aurai aucun problème à...
– Pas de souci, répondit aussitôt Seth en attrapant son blouson sur le crochet. Allez viens, Justin.
Ne le laissant pas parler, Velma claqua un rapide baiser sur sa joue avant de le regarder s'en aller. Harry monta avec beaucoup de réticence dans la voiture, gardant son sac à dos sur les genoux. Seth démarra.
– Alors, tu vis où ?
Harry resta un long moment silencieux.
– C-C'est tout droit. Je te dirai quand tourner.
Ils roulèrent un bon quart d'heure, et de temps à autre, Seth lui jetait des regards en biais comme s'il s'attendait à ce que Harry lui dise quelque chose. Pétrifié dans son siège, Harry était certain de faire une nouvelle crise d'angoisse.
– On va prendre l'autoroute, indiqua inutilement Seth. Tu es sûr que c'est par là ?
Harry baissa la tête et Seth fit demi-tour puis s'arrêta sur un parking désert.
– Tu sais, si tu n'as pas envie de rentrer chez toi, je ne t'oblige à rien. En fait, je m'en fous carrément. Je me dis juste que des gens doivent s'inquiéter pour toi, genre des amis...
– Je n'ai plus d'amis, répondit automatiquement Harry d'un ton mordant. Et je ne veux plus les voir. J'ai simplement envie d'aller droit devant et de ne plus m'arrêter, tu vois. Je veux oublier tout ça.
Seth lui accorda un sourire indulgent.
– Ouais, j'en rêve aussi. Sauf que je peux pas. Je dois m'occuper de ma petite sœur, des factures, de tout le bordel. Avoir dix-huit ans, ça craint à mort. Mmh, sinon, ils ont fait quoi tes potes pour que tu leur en veuilles à ce point ?
– D'énormes hypocrites.
– Le monde entier est hypocrite.
– Tu marques un point, accorda Harry.
– Mes parents disaient que ce n'était pas utile de chercher à comprendre le monde, parce qu'il changeait trop vite et trop brusquement pour qu'on en saisisse toutes les subtilités. Donc ils ont fait le choix de vivre un peu déconnectés de tout ça, avec nous dans les bras.
– Ils ne sont plus là ?
– Non, ils sont morts dans un accident de voiture.
Harry failli exploser de rire de nervosité. C'est ce qu'il avait répété pendant des années au sujet de ses propres parents et maintenant, il avait appris qu'il y avait de fortes chances pour qu'ils soient tous les deux encore en vie. Heureusement, Seth ne vit rien de tout cela, ses doigts se cramponnant au volant.
– Une veille tante nous a heureusement légué sa maison de vacances, celle qu'on occupe maintenant, tu vois. Velma et moi on vit un peu dans l'anarchie, comme on peut, et...
– Vous êtes libres.
Seth tourna la tête vers lui.
– Vous avez de la chance. Enfin, je veux dire... c'est horrible pour vos parents mais... vous avez de la chance d'être tous les deux. Moi mon... mon tuteur légal, dit-il en songeant à cet horrible homme qu'était Andrew Burst, il faisait tout pour me rendre la vie impossible et me faire croire que le danger venait des autres. Je n'avais même pas le droit de fréquenter qui je voulais.
Il marqua une pause, pensant brièvement à Dawn qu'il avait accusé de longues années – et à tort – d'être quelqu'un de narquois et particulièrement mauvais.
– Je n'avais même pas le droit de penser. Mon tuteur pensait à ma place et... et je me suis laissé faire. Maintenant, c'est différent. Je veux pouvoir faire toutes ces choses que font les adolescents dans les séries à la télévision. Je veux pouvoir courir sans m'arrêter, crier sans raison, boire, danser, même si je suis terriblement mauvais. Je veux vivre, merde ! Je veux... faire toutes ces choses avant qu'il ne soit trop tard. Et je veux baiser. (Harry rougit considérablement en prononçant ce dernier mot) J'en ai marre d'être là, assis à me demander ce que ça fait d'être touché, embrassé et... et de ne rien faire d'autre que d'écouter sagement. Je veux être l'acteur de ma propre vie, et pas qu'on l'écrive à ma place.
– Tu veux baiser, résuma Seth avec un immense sourire.
Harry se massa les tempes.
– Je ne sais pas ce qui m'a pris de dire ça, rigola-t-il. C'est super embarrassant.
– J'ai trouvé ça drôle.
– Non, c'était simplement... hors de propos. Oublie ça.
– Donc, mmh, ton père ne te laissait même pas baiser ? Quel genre de père c'est, ça ? plaisanta Seth en se calant plus confortablement dans son siège.
– Je ne tiens pas à parler de ma vie sentimentale qui est, avouons-le, nulle à chier, admit Harry.
Bizarrement, ça lui faisait terriblement du bien de jurer à tort et à travers. À Poudlard, personne ne le faisait réellement. Maintenant qu'il savait que c'était en réalité une émission, tout paraissait plus logique : les gros mots ne peuvent pas passer à la télévision, ils ont dû trouver d'autres moyens de le faire de conspuer.
– Quoi, tu vas me dire que tu n'es jamais sorti avec personne ?
– Personne, confirma Harry. Et pourtant ce n'est pas faute de m'y être secrètement intéressé.
Seth le regardait comme s'il s'attendait à entendre : « C'est une blague ! ».
– Mais, t'as vécu dans un couvent ou bien... ? Parce que je connais pas un seul gars de...
– Quinze ans et demi. J'en aurai seize cet été.
– De dix-huit ans, compléta Seth avec un sourire joueur sur les lèvres, qui n'aurait pas une seule fois bondi sur sa proie tel un enragé.
– On m'aurait retenu de force, pour la bienséance, tu comprends.
Seth était légèrement penché vers lui et Harry se sentait un peu troublé.
– Tu veux rentrer à la maison ? Tu sais y'a aucun problème si tu restes avec nous quelques temps.
– Mon tuteur risque de ne pas être très content s'il l'apprenait, répondit Harry, la main sur la portière. C'est mieux pour vous de conserver votre tranquillité. Je suis un paquet à emmerdes.
Seth lui attrapa le bras.
– Un paquet à emmerdes pourquoi ? Parce que tu es le putain de Harry Potter et que la police a mis ta tête à prix ? Ouais, je t'ai reconnu. Pas ma sœur, ni ses amis. Ils sont trop stupides pour remarquer quoique ce soit, d'ailleurs. Mais si tu veux mentir, il faudra apprendre à mieux le faire que ça.
Le cœur de Harry tambourinait dans sa poitrine.
– Je m'en fous de qui tu peux bien être, au fond. Ce que je vois, c'est que t'as besoin de quelqu'un en ce moment pour te cacher, rire, décompresser et baiser...
Harry laissa tomber sa tête contre la boîte à gants en gémissant de honte.
– Et tel Katniss Everdeen, je me porte volontaire ! Oh, ah ouais, tu ne sais pas qui est Katniss. Désolé. Je te passerai le bouquin en rentrant, Ok ?
– Tu n'as pas peur du danger que je représente ? De ce qui pourrait arriver à ta sœur et toi, si... ?
Seth mit le contact en haussant des épaules.
– Je parie que tu n'as jamais mangé dans un fast-food.
Les yeux de Harry clignotèrent comme si c'était Noël. Caspia avait raison dans sa lettre : des gens dans le monde lui voulaient réellement du bien.
Ooo
Dawn était fou de joie.
Il avait fait quantité de choses insensées depuis l'évasion de Harry, mais la plus dingue fut sans doute de galoper sur les routes quasi désertes de la région sans aucune raison précise. Faire de l'équitation depuis des années lui avait permis de se canaliser et là, Dawn avait certainement de l'énergie à revendre. Incapable de dormir, de penser, de trouver quelque chose de négatif. Tout était beau, parfait, lumineux. Rien ne pouvait entacher le sentiment de joie intense qu'il ressentait.
Dawn traversa un champ, le blé caressant ses jambes à chaque foulée. Il leva les bras et se laissa porter par son cheval tout en criant. Dawn avait l'impression d'avoir vécu des milliers d'années et que le poids de toute sa culpabilité s'envolait tout à coup. C'était absolument merveilleux.
Il descendit de sa monture et s'allongea par terre, les bras croix. Dawn ne voulait pas que ce sentiment s'en aille. Il ne voulait pas être rattrapé par la réalité. Évidemment, personne n'abandonnerait les recherches de Harry aussi vite qu'il le souhaitait. Tout ce qu'il espérait, c'était de le savoir en sécurité, quelque part. Pour l'instant, il ne demandait pas plus. Son téléphone portable sonna et Dawn fut surpris de capter ici. Le prénom de son frère jumeau s'afficha à l'écran.
– Ouais ?
– Je... Il s'est passé un truc tout à l'heure. C'est Kendall qui m'a prévenu.
Le cœur de Dawn se serra en pensant au pire : on avait peut-être déjà retrouvé Harry.
– Burst a donné une interview. Il y a eu un attentat contre lui...
Dawn failli exploser d'un rire dément.
– … Mais c'est son fils qui a été touché. Le petit dernier, Polux. Il est mort. En direct.
Dawn pensa que peut-être un homme comme Andrew Burst n'en avait strictement rien à faire de perdre l'un de ses enfants, tant qu'il gardait sa précieuse émission. Alors, tout ce qu'il put prononcer fut :
– Il l'a mérité. Tout ça, c'est de sa faute, même si ce gamin est parti trop tôt.
Dylan soupira à l'autre bout du fil. Dawn ne savait plus quoi penser. Devait-il compatir pour cet homme qui ne lui inspirait que du dégoût et de la colère ? Ou être honnête avec lui-même et montrer son indifférence ?
– Personne n'a retrouvé Harry jusqu'ici ? demanda-t-il en changeant de sujet.
– Non. Mais Burst est déterminé à le retrouver : ils ont déployé des moyens exceptionnels. Il pense que Harry cherchera d'abord à entrer en contact avec sa mère. C'est ce que le journaliste a dit à la télévision, en tout cas. Du coup, ils ont placé sa maison et la ville de Bristole toute entière en quarantaine. Tu ne peux y entrer qu'avec une autorisation ou en te faisant fouiller de fond en comble. C'est devenu n'importe quoi là-bas... Et il y a un groupe de cinq personnes âgés de la vingtaine qui se sont suicidées à Denver. Ils ont écrit une lettre d'adieu commune pour dire qu'ils ne pouvaient pas vivre sans le Harry Potter Show... Papa n'était pas très emballé à l'idée qu'on branche la télé, mais il se passe tellement de trucs minute par minute qu'on ne peut pas rater ça. Le monde entier devient dingue...
La gorge nouée, Dawn continua d'écouter son frère jumeau.
– … Des chasseurs de tête professionnels du monde entier sont venus dans la matinée trouver Harry. La récompense a augmenté d'un million de dollars depuis hier. D'autres personnes ont carrément arrêté de travailler pour se lancer dans cette gigantesque traque. Ils explorent toutes les pistes, en commençant par les acteurs.
– Génial, maugréa sombrement Dawn. Ça m'étonnerait pas qu'ils nous placent sur écoute, tiens. J'espère qu'ils ont fini par saisir qu'on y était pour rien là-dedans. Je n'aurai pas la patience de réexpliquer mon geste de lui avoir dit la vérité.
– Au fait, t'es où exactement ?
Dawn leva le nez.
– Dans un champ. Je ne sais pas trop où, en fait. T'en fais pas, je ne rentrerai pas trop tard.
– Y'a intérêt, j'ai des trucs à te raconter.
– C'est ça, nargua Dawn. Je suis certain que ta petite vie est palpitante. Allez, à plus tard.
Il raccrocha et jeta son téléphone portable un peu plus loin, qui rebondit dans des fourrés. Le soleil commençait tout doucement à décliner et Dawn se demanda comment il aurait vécu cette situation en étant toujours acteur pour le show.
Ooo
Kendall fut accueilli à Sinuesa par une myriade de journalistes radio et télé. Ces derniers braquaient des micros juste sous son nez en espérant soutirer quelques informations sur l'ambiance du studio depuis la disparition de Harry. Kendall, n'étant pas autorisé à faire la moindre déclaration publique, se fraya péniblement un chemin jusqu'à la voiture de ses parents qui démarra en trombe.
Pour la première fois depuis qu'il était acteur pour le Harry Potter Show, ses parents montraient les premiers signes d'inquiétude. C'était déjà excessivement rare qu'ils viennent le chercher ensemble après plusieurs jours de travail. Alors Kendall resta sur la défensive tout le restant du trajet. Curieusement, il y avait aussi du monde devant leur maison. C'était des habitants de Sinuesa Valley. Le maire aussi était là. Il s'empressa de rejoindre Kendall et lui tapota l'épaule.
– Bonjour mon garçon. T-Tu vas bien ? Tu tiens le coup ? Euh, écoute, j'aurai besoin de ton aide...
– Mon fils n'a rien à vous dire, répliqua froidement Mr Bradsprit.
– Ça ne sera pas long. Je vous le promets. Il faudrait simplement que Kendall s'adresse à la population en leur disant quelque chose de réconfortant. Par exemple que la situation est sous contrôle et que tout finira par s'arranger... C'est tout ce que je demande.
– La situation n'est pas sous contrôle, fit remarquer le père de Kendall. Et ce n'est pas à lui de décréter quoique ce soit. Ce n'est qu'un gamin, un acteur secondaire, pas un actionnaire ou un producteur de l'émission.
– Kendall est notre mascotte, rétorqua le maire, perdant de sa fausse bonne humeur. Il a le devoir d'être toujours disponible pour...
– Oh, taisez-vous, bon sang ! s'emporta Mrs Bradsprit en tirant son mari et son fils à l'intérieur.
Elle claqua la porte et se laissa tomber sur le sofa.
– Les gens sont hystériques et absolument ridicules.
– Désolé, répondit aussitôt Kendall. Je sais que c'est à cause de mon rôle dans cette émission que...
– Ne dis pas de bêtise, coupa-t-elle. On ne pouvait pas prévoir une chose pareille en signant le contrat lorsque tu n'avais que onze ans. Ah, au fait, j'ai reçu un coup de fil de Nyx hier soir. Elle voulait te parler.
– Elle t'a dit de quoi ?
– Non, elle avait juste l'air... inquiet.
Kendall resta pensif. Il voulait lui envoyer un message mais il trouvait cela légèrement peu approprié vu sa longue absence au cours de la semaine. Après avoir dîné en famille dans un silence inconfortable, Kendall se rendit dans sa chambre et attendit. Il entendit ses parents lui souhaiter une bonne nuit depuis le bas des escaliers puis quitter leur demeure. Son père retournait à la pharmacie pour la garde de nuit, et sa mère retournait à l'hôpital.
Aux alentours de vingt-trois heures, Kendall attrapa son Nimbus 2000, ouvrit la fenêtre de sa chambre puis fila silencieusement en direction de la maison des Sommerhearst. Kendall en fit le tour en volant. Les lumières étaient toutes éteintes. Il descendit au niveau de la chambre de Nyx et lui envoya un message (« Regarde par ta fenêtre »), ne voulant pas alerter ses parents en toquant contre le carreau.
Nyx écarta subitement les rideaux, un gigantesque sourire aux lèvres. Kendall resta interdit pendant quelques secondes : qu'avait-elle fait à ses cheveux ? Il enjamba l'encadrement de la fenêtre et désactiva son balai magique. Nyx se blottit dans ses bras et il la serra fort contre lui.
– J'ai eu tellement peur pour toi, chuchota-t-elle.
– Pourquoi ça ?
– O-On ne t'a rien dit ?
– A propos du fils de Burst ? Je sais. Je l'ai appris...
– Non, pas ça, fit Nyx, les yeux remplis de larmes. Ils ont... Ils ont commencé une purge. Des extrémistes. Ils ont agressé Maggy, l'actrice qui jouait Luna, alors qu'elle rentrait chez ses parents. Elle... Elle est dans le coma. Ils ont dit qu'ils allaient faire ça avec tous les acteurs. Ils ne veulent pas trop ébruiter l'affaire. C'est mon père qui m'a prévenu. Il a demandé pour toi. Je n'arrêtais pas d'appeler le service relationnel du Harry Potter Show. J'ai même eu la directrice du recrutement au téléphone mais elle m'a raccroché au nez. Je ne suis pas allée au collège parce que j'étais morte d'inquiétude. Cha est restée avec moi et elle a demandé à tes parents d'aller te chercher à la gare.
– Je suis là, Ok ? répondit Kendall à mi-voix tout en s'asseyant à ses côtés sur son lit. Il ne m'arrivera rien ici.
– Ils sont censés vous protéger, maintenant que vous êtes tous en danger. Peut-être même moi. J'ai été actrice aussi. Pour eux, moi aussi je suis quelqu'un de mauvais.
Pour Kendall il était impensable que Nyx puisse être considérée comme une mauvaise personne. Et celle qui méritait le moins d'être agressée pour sa participation au show, c'était bien Maggy. Un frisson le parcourut de part en part.
– Ces extrémistes... qu'est-ce qu'ils revendiquent ?
– On n'en sait rien. C'est un mouvement qui est apparu dans la folie générale. La police a commencé une enquête mais ces gens ont dit qu'ils agresseraient au moins un acteur par semaine. Je ne veux pas que ce soit toi, tu comprends ? Il ne faut plus que tu retournes à Londres, ou que tu te balades seul...
– Hey, calme-toi. Si ça se trouve, ces gens-là seront vite rattrapés. Il ne faut pas que tu te laisses affecter par l'ambiance de dehors. Et je ne retournerai pas à Londres. En tout cas, pas tant que Harry ne sera pas retrouvé.
Nyx ouvrit la bouche, comme si Kendall venait de la gifler :
– P-Parce que tu comptes poursuivre le tournage même si Harry sait la vérité ?
La question eut le mérite de l'embarrasser au plus haut point.
– Je n'ai pas le même statut que toi dans cette émission. Je suis acteur, et toi tu étais figurante, puis silhouette. Tu n'as jamais été une actrice du casting officiel. Tu ne sais pas ce que c'est... Ils t'ont laissé démissionner facilement parce que rien ne te retenait. Si moi je décide de partir, j'en paierai le prix. Ça ne se fait pas en un claquement de doigt.
– Mais tu n'es que Blaise Zabini dans ce monde. Tu n'es pas Dumbledore ou... ou Cédric Diggory. Harry ne savait même pas que ton personnage existait avant cette année, fit-elle remarquer.
– Mais le monde entier, lui, sait. Si je disparais des écrans du jour au lendemain, crois-moi que c'est là que les ennuis vont commencer. Mon contrat est encore valable pour deux années de tournage. Je dois m'y tenir. C'est comme ça.
Nyx resta silencieuse et Kendall savait ce qui lui passait par la tête : elle devait s'imaginer qu'il prenait un plaisir fou à donner la réplique à la télévision ou être une star du Quidditch à Serpentard. Peut-être même qu'elle était partagée entre ses sentiments pour lui et ses convictions personnelles.
– Tu es en train de me juger, déclara-t-il en fixant le bout de ses chaussures. Ne mens pas parce que je sais que tu es en train de le faire.
– Je ne peux pas m'en empêcher. Je suis désolée. Pour moi c'est... c'est intolérable. Je ne me sens pas supérieure à toi parce que...
– Tu te sens supérieure, contra Kendall. Alors ça te donne le droit de me juger et de donner des leçons.
– Pas du tout ! s'offusqua Nyx en prenant bien garde à ne pas hausser le ton. C'est juste que... que cette situation est délicate pour tout le monde. J'aurais préféré que tu ne sois pas mêlé à ça, parce que je tiens à toi. Mais c'est aussi parce que je tiens à toi que je... ferme les yeux.
Kendall n'était pas sûr de comprendre. Il plissa les yeux, méfiant.
– Tu te penses vraiment mieux que moi, Nyx ? Je te ferai dire que tu n'as arrêté l'émission il n'y a que quelques semaines et que si l'évasion s'était produite plus tôt, on serait dans le même bateau.
– Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit..., murmura-t-elle.
– On a fait les mêmes erreurs. Tous les deux on a accepté de participer à cette émission donc ne me renvoie pas ça à la figure.
– Mais toi tu prends plaisir à en faire partie. Tu y as des amis, des habitudes !
– Tu serais pareille si tu avais réussi ton casting du premier coup, à tes onze ans, se défendit-il. Parce que j'ai plus d'ancienneté que toi, que j'étais plus intégré dans le système, ça fait de moi quelqu'un de plus pourri que toi ? Je n'aime pas la façon dont tu me regardes par moments. Tu fais tout pour que je me sente coupable d'un truc pour lequel je tirais un minimum de fierté jusqu'ici. C'était un travail comme un autre, et je ne vais pas me mettre à déprimer pour toutes les saloperies qui tournent autour de Harry.
Nyx s'ébouriffa les cheveux et eut l'impression qu'il lui manquait quelque chose, comme ses boucles sur ses épaules.
– Je sais que... que je ne suis pas honnête avec moi-même sur ce point-là. Tout ce que je sais, c'est que tous les deux on ressent énormément de culpabilité pour des raisons qui nous concernent. Et ça me rassure. Ça veut dire qu'on a encore une conscience dans tout ça.
Elle renifla et Kendall continua de fixer le sol avec l'amère impression de l'avoir blessée plus qu'il ne l'aurait voulu. Il se pencha vers elle et l'embrassa.
– Ne fais rien de con, d'accord ? demanda Nyx.
Il acquiesça, sa tête au creux de son cou.
– Au fait, tu es très belle comme ça, avec les cheveux courts.
Elle rit tout doucement, puis se crispa légèrement en entendant son père grogner dans son sommeil.
– Je crois que c'est le truc le plus kamikaze que j'aie jamais fait, confia Kendall. Si ton père me trouve ici en pleine nuit, je peux dire adieu à mon poste de capitaine de Muggle Quidditch. Wow, tu pleures encore ?
Nyx s'essuya les yeux en rigolant, puis s'allongea à côté de lui.
– J'ai l'impression d'avoir passé tous les derniers mois à pleurer. Du coup, je me sens terriblement débile parce que... parce que j'ai du mal à comprendre ce que je ressens vraiment.
Il déposa un plaide duveteux sur ses épaules.
– Tu peux pleurer. Je suis là.
– Merci.
Alors Nyx le fit : elle pleura.
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Note : Haha, oui, je sais ça faisait longtemps mais le bêta et moi nous avons eu un milliard de trucs à faire en tant que jeunes gens dans la vie active. Bouarf, croyez-moi que si je pouvais écrire la suite de Nyx à gogo, je le ferai sans hésiter. But life is life... En tout cas, j'ai tout plein de plans pour la suite et je pense que votre petit cœur tiendra difficilement le choc. Il me faudra du temps pour rédiger tout ça mais je pense que ça ira mieux d'ici quelques jours, déjà. Je suis plus que motivée et j'entre dans une phase du récit où je m'éclate comme une folle. Mmh, concernant ce chapitre... euh, j'espère que vous n'avez pas trop buggué vu tout ce qu'il s'y passe. Prenez un ticket pour le bureau des larmes. Sachez juste que la file d'attente et longue et que ça n'ira que crescendo. Moi, sadique ? Voyons, c'est mal me connaître... Je suis animée par les flammes de l'enfer, oui ! Pour en savoir plus sur l'avancée de mes écrits, que cela soit « Nyx », « Purple Haze », « Right Next Door to Hell » etc. vous pouvez rejoindre mon groupe facebook The Baba O'Riley. Ah oui, et j'ai créé pendant les vacances un crossover entre l'univers d'HP et celui de Queer as Folk. Le titre est « A Sex Machine ready to reload ». J'ai avancé dans plein de trucs, mais fini quasiment aucun de mes prochains chapitres à cause des fêtes, de ma pile de devoirs à rendre et de mon boulot... Je ne vous oublie pas dans tous les cas, je prendrai soin de vous même dans l'au-delà. Voici une croquette mes bichons. Déchaînez votre colère et votre frustration par review. Ça sera mon bâton pour me faire avancer plus vite telle la vieille bourrique que je suis. Vous êtes des lecteurs atteignant la badassitude de Goku pendant un kaméha-méha. Love, D.
post-scriptum : si vous voulez m'achetez un vinyle et me l'envoyer par la poste, c'est possible. Je suis ouverte à toutes formes de dons, même les câlins. :) Ah et merci des alerts et favoris qui pleuvent !
