Posté le : 1er Février 2014. Ha ! La fic rejoint le monde réel niveau date. Publication en février et ce chapitre-ci se déroule au mois de février. Je suis si fière de moi (aheum). Bonne lecture, mes petits gnomes.
Réponses aux reviews anonymes (beaucoup, beaucoup, beaucoup de reviews. Vous êtes géniaux) :
Clema : Oh, c'est adorable. Merci beaucoup. Tu peux pas savoir à quel point ce genre de petits mots me font gravement plaisir et reboostent. J'essaie toujours d'apporter son lot de nouveauté dans chaque chapitre donc j'espère que celui-ci te surprendra autant que les précédents. See ya.
Coukie : Et ouais, on ne peut pas du tout me faire confiance sur la trame. Je crois que j'ai surpris tout le a été un peu (beaucoup) surpris par la mort de Polux. Mais bon, il faut bien ajouter du piquant. Oh, et sinon je suis contente que tu ai remarqué que j'essayais de soigner mes transitions dans mes chapitres. Je t'embrasse bien fort.
Elora : Ah, les partiels. Cette fameuse époque pleine de stress. Je suis bien contente d'en avoir fini avec cette monstruosité universitaire. C'est vraiment adorable de prendre de son temps (déjà bien remplis) pour me déposer un commentaire. Dis-toi que j'avais un peu moins la foi pour la rédaction du chapitre 22, et ta review (avec une poignée d'autres) m'a remis le pied à l'étrier parce que je sombrais dans la bouse et j'arrivais pas à en sortir. Donc comme quoi, même les petites attentions peuvent avoir un grand impact.
Nerisys : Arg, que répondre face à toutes ces jolies choses ? C'est vrai que j'essaie de soigner chacun des chapitres comme si c'était le tout premier. Je t'avouerai que c'est dur de maintenir la qualité qui est attendue par le lectorat mais je me prête volontiers au jeu parce que j'adore inventer de nouvelles choses pour cette histoire. Je continuerai, autant que possible, à faire des chapitres longs, pour pouvoir vous donner votre ''dose'' (même si certains ne seraient pas contre des chapitres d'une cinquantaine de pages xD). Je ne reviendrai pas de suite sur le contexte de la mort de Polux puisque vu que c'est un événement à chaud, dirons-nous, je vais plus insister sur les conséquences. Puis ensuite, on verra un peu le côté « enquête » et on verra qui se cache derrière tout ça (si je me souviens de le caser quelque part, loulz). Pour le rapprochement tant attendu entre Dawn et Harry, il faudra patienter (je sais, je répète ça depuis des lustres mais y'a vraiment rien d'autre à faire). J'ai déjà pas mal d'idées pour eux mais ça demande du temps à les mettre en place. Bon courage pour contenir ta frustration !
Guest : Ouais, d'un point de vue éthique, cette fic est glauque, mais bon, j'ai choisi ce sujet pour une bonne raison xD. Je comprends que tu ne veuilles plus continuer à la lire à cause du malaise qui règne. J'espère que mes autres histoires te plairont, en tout cas.
Jyll : T'inquiètes, j'adooore les longues reviews ! =D Je t'avouerai que j'étais contente de voir un nouveau pseudo apparaître (ouais, j'arrive à reconnaître à peu près mes lecteurs réguliers). Je ne sais pas si tu es arrivée à la fin depuis que tu m'as posté ce commentaire, mais bon, je te souhaite tout de même une excellente lecture. Tes compliments m'ont tellement, mais tellement fait plaisir que je ne savais même plus où me mettre. Du coup, je ne peux pas me foirer.
Bambinette-sama : Bébé, c'est Polux, et non pas Pollux. Y'a qu'un seul L. Je te remercie de ta review trop charmante. Le code que donne Talia n'est pas celui de la carte bleue familiale mais celui de leur coffre fort. Pour le métier que j'excerce, bah disons que je suis comme baby-sitter mais en plus intense (sans être au pair). Je suis responsable d'une fratrie comme si j'étais leur tutrice et voilà, je gère leur vie et je dois m'occuper de leur bien-être. En parallèle de ça, je suis des études à l'université. Je suis en quatrième année. Voilà. Des besos.
Mess : Haha, je ne sais pas... je veux sûrement vous infliger une crise cardiaque collective et entrer dans le Guiness Book des Records. Sinon, ouais Burst a de gros problèmes de comportement à régler... Euh, par contre, je ne pourrai pas réssusciter Polux d'amour.
Nana : Quand même, c'est assez dur comme punition de voir son enfant mourir, surtout qu'il était innocent. Poor baby Polux. « Le passage centré sur Harry était juste parfait; on le voit découvrir plein de trucs genre le lave vaisselle (quoique ça m'a étonnée qu'il en ait jamais vu puisqu'il me semble que c'est devenu courant dans les années 80) » Le lave-vaisselle est quelque chose qui existe depuis longtemps, on est bien d'accord. Mais Harry est persuadé d'être en 1991, et pour coller à l'intrigue, les Dursley n'en ont pas encore (et puis, ça peut permettre à l'actrice faisant Pétunia de présenter des produits de liquide vaisselle, tavu) ! Et je trouvais ça drôle comme décalage. Gros bisou et à la prochaine !
Hessa : « mais j'ai pas compris, je lisais le début et d'un coup c'était la fin... » Haha. Et ouais, le chapitre ne peut pas durer éternellement ! Déjà que je me casse la tête à faire des chapitres longs. Désolé de la frustration. Sinon pour ma fic crossover entre HP et QaF, le prochain chapitre est également prêt ! Publication dans la semaine, je suppose.
Verica : « Je vais surement te dire quelque chose qu'on t'as déjà dit quoi ? 500 fois ? Mais c'est atrocement inspirer d'un film assez vieux que j'ai vu étant petite, avec un gamin qui a aussi sa vie contrôlée. Il fini, adulte, par se rendre compte de la supercherie et traverse la "mer" jusqu'à atteindre l'horizon de carton. Bon, je me souviens plus du nom du film » C'est The Truman Show. Et oui c'est inspiré de ce film, c'est dit dans ma note d'auteur du tout premier chapitre et le disclaimer (et même re-répété ailleurs xD (d'où l'importance de lire les notes d'auteur)). Je ne sais pas comment tu as fait pour passer à côté, surtout que je le cite ! Enfin bon, mettons de côté ce petit égarement. Je te remercie bien évidemment de ta review qui m'a fait plaisir. J'essaie autant que possible de bosser le background parce que c'est ce qui peut différencier une fic cool, d'une fic correct. Je ne pense pas que la fic me lassera avant la fin, sait-on jamais ;).
Clelinou92 : Je peux comprendre qu'on ait la flemme de reviewer (ah, si j'avais la flemme d'écrire la suite aussi, on serait pas dans la bouse, hein xDDD). Merci pour tes compliments ça fait chaud au cœur.
Le mot du bêta – Eymeric : Les loulous, après un mois de janvier très chargé, qui s'est fini, de mon côté, par une grippe carabinée, je peux dire que je suis fier du travail fourni pour ce chapitre. À nouveau, notre déesse nous confronte à du passionnant, du haletant, et j'espère avoir été à la hauteur de ce qu'elle nous offre ! Vous allez bien sinon ? Vous ne vous êtes pas trop arraché les cheveux pendant l'attente de cette suite ? J'avoue avoir été fébrile lorsque j'ai commencé à la lire, tellement l'impatience me rongeait. Ne contenez plus vos orgasmes et vos crises cardiaques, maintenant, on ne rigole plus ! Plein de love sur vous ! Bonne lecture !
Musiques : 01. Le tunnel d'or – AaRON. 02. Blueprint – Bjork. 03. Swallowed in Sea – Coldplay. 04. Together – The xx. 05. Rocket Man – My Morning Jacket. 06. Live and Let Die – Guns N'Roses. 07. Down With Sickness – Disturb. 08. Love is Blindness – Jack White. 09. Society – Eddie Vedder. 10. The Throne is Mine – Ramin Djawadi.
Chapitre 22 : « Ultraviolence »
« Se vouloir libre, c'est aussi vouloir les autres libres », Simone de Beauvoir.
« La vérité doit s'imposer sans violence », Léon Tolstoï.
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Patti Sommerhearst s'était donné beaucoup de mal pour que l'anniversaire des quinze ans de sa fille soit un jour mémorable. Elle avait enchaîné un nombre incroyable d'heures supplémentaires afin de s'octroyer une bonne marge dans toutes les dépenses prévues.
Nyx voulait se rendre à Londres avec ses amis le temps d'un week-end et profiter de la capitale. Patti avait donc réservé quatre billets de train pour Cha, Nasir, Kendall et sa fille et les rangea soigneusement dans son sac à main après avoir reposé le téléphone. Un taxi devait les emmener à la gare où les autres les attendaient. Nyx débarqua dans le hall d'entrée avec un sac à dos à motifs aztèques orange, fuchsia et turquoise.
– Tu as tout ? demanda sa mère en ouvrant la porte où une voiture les attendait.
– Ouais, et même un peu plus que prévu. Nasir est déjà là-bas avec Kendall. Ils avaient cours de sport très tôt ce matin, au lycée.
Elles grimpèrent toutes les deux à l'arrière et la voiture s'élança. Nyx avait l'air très impatiente d'y être même si elle faisait tout pour ne pas le montrer. Pour se calmer, elle joua à une application sur son téléphone portable.
– Tu penseras à garder un peu de batterie, hein ? rappela sa mère en caressant ses cheveux courts.
– J'ai mon chargeur avec moi.
La gare de Sinuesa était quasiment déserte en cette heure matinale, seuls quelques employés finissaient de nettoyer le sol et de ramasser les journaux de la veille avant les heures d'affluence. Nyx sortit de la voiture et embrassa rapidement Kendall puis salua son ami.
– J'ai vraiment hâte d'aller à Londres, lança Nasir.
– Une fois là-bas, un employé de la Andrew Burst Production surveillera vos déplacements, prévint Mrs Sommerhearst tandis que Kendall tressaillit. Avec... Avec toutes les actions anti-acteurs qu'il y a eu ces derniers temps, l'émission a décidé de se porter garant de votre protection. Et puis, je dois vous avouer que ça me rassure. Nyx, n'oublie pas de m'appeler cette fois, d'accord ?
Sa fille roula des yeux : la dernière fois qu'elle avait ''oublié'' de lui passer un coup de fil rassurant, ses parents avaient envoyé Vector à sa poursuite. Nyx voulait bien admettre qu'être fille unique ne facilitait pas à couper le cordon, mais au fond, une pointe d'agacement commençait à la démanger.
– On ferait mieux de consulter le tableau d'affichage et de s'approcher des voies, conseilla Kendall, préférant changer de sujet.
Tous acquiescèrent. Leur train partait depuis la voie 7 dans un peu moins d'un quart d'heure. Nyx commençait à s'inquiéter.
– Où est Cha ? Elle vous a dit qu'elle serait en retard ?
Nasir haussa des épaules.
– Elle était avec nous en sport, tout à l'heure. Mais elle a dit qu'elle avait un truc à faire. En tout cas, c'est bizarre parce qu'elle sèche toujours le sport le samedi matin. Je crois que son frère est venu la chercher.
« Un truc à faire »... Est-ce que ça serait un truc improbable et dangereux comme entrer en contact avec Mary Fuller ? Non, certainement pas. Bristol se situait à des kilomètres d'ici. Cha n'aurait pas eu le temps d'aller la voir. Mrs Sommerhearst finit par les abandonner pour se rendre à la mairie où elle devait assister à une réunion avec les autres conseillers municipaux.
Nasir, Kendall et Nyx attendirent devant la porte de leur wagon, espérant que Cha finisse par apparaître. Le cœur battant à tout rompre, Nyx serra dans son poing le billet de train de sa meilleure amie. Nasir jeta un regard éloquent à Kendall et décida de leur offrir un peu d'intimité. Il prit les trois sacs à dos et entra dans le train histoire de les ranger dans le compartiment à bagages.
– Tu connais Cha, prononça Kendall d'une voix qui se voulait rassurante. Elle est un peu tête en l'air. Elle a sûrement dû retourner chez elle prendre ton cadeau d'anniversaire et... et elle va arriver en trombe comme une folle. (Il la serra un peu plus contre lui) T'en fais pas, d'accord ?
L'aiguille de la gigantesque horloge se rapprocha dangereusement du quart d'heure et un agent ferroviaire donna quatre coups de sifflet, signe du départ. Les quelques autres passagers fumant une dernière cigarette, disant au revoir à leur proche ou laissant leurs animaux respirer encore un peu se précipitèrent dans les voitures. Kendall prit la main de Nyx et l'entraîna vers le marche-pied.
– Encore un peu, demanda-t-elle. Juste quelques petites secondes...
Les yeux noisette de Nyx parcoururent la foule, à la recherche d'une tête brune, rasée sur les côtés, et échevelée. On donna encore de nouveaux coups de sifflet, et cette fois, Nyx fut contrainte d'abandonner. Dès qu'ils s'engouffrèrent dans le wagon, les épaisses portes du train coulissèrent et Nyx n'arrivait pas à y croire.
– Elle m'a laissé tomber, murmura-t-elle, comme si on lui avait donné un coup de massue.
– Non, non, j'en suis sûr que... que c'est autre chose. Elle n'aurait loupé ton anniversaire pour rien au monde.
– Mais elle l'a raté.
– Elle peut toujours nous rejoindre à Londres avec un autre train. Je l'avancerai. Viens, on s'assoit et on va l'appeler sur son portable. Si ça se trouve, c'est juste une question de timing, ça arrive. Tu te souviens quand je suis arrivée en retard d'une heure le jour des examens d'été l'année dernière ? J'étais tombé dans une mare de tortues en voulant sauter une barrière. J'étais tout trempé et affreux. Et le pire dans tout ça, c'est qu'ils n'ont même pas voulu me croire.
Il lui lança un énorme sourire pour la détendre. Nyx croisa les bras sur sa poitrine et repartit vers sa place, la tête basse. Nasir les attendait à leur banquette où deux paires de sièges se faisaient face. Nyx s'installa côté fenêtre et essaya, tant bien que mal, d'ignorer le quatrième siège vide.
– Euh, tenta Nasir, vous voulez que je vous laisse encore seuls ? Non parce que, je suis pas super confortable avec ces trucs de couple.
Il fit une grimace et Nyx soupira :
– Non, reste. T'en fais pas, on n'a pas besoin de parler plus que ça à l'écart. C'est juste que... que je ne comprends pas pourquoi Cha n'est pas là. Hier soir, au téléphone, on programmait encore toutes les choses qu'on allait faire une fois dans la capitale. Elle voulait même qu'on aille chez un tatoueur se renseigner. (Nyx se prit la tête entre les mains) C'est simplement dingue qu'elle ne soit pas là.
Kendall commençait déjà à rédiger un bref message pour demander à Cha où elle en était. Il l'envoya et attendit une réponse. Après quoi, il se rendit sur la page internet des services ferroviaires et commanda un nouveau billet sans heure ni date pour Cha, puis lui envoya le code d'impression dans un second message.
– On n'a qu'à attendre maintenant.
– Imagine qu'il lui est arrivé quelque chose, paniqua Nyx. Il faut qu'on prévienne quelqu'un à Sinuesa.
– Elle est partie du lycée avec son frère, rappela Nasir. Donc je crois qu'elle va bien. Elle est simplement, euh, ailleurs. On la rappellera dès qu'on sera sur Londres.
Nyx acquiesça. Même si ça la peinait énormément, elle préférait penser à autre chose et ne pas plomber plus l'ambiance que ça.
– Vous voulez jouer à un jeu ? J'ai ramené des cartes.
Ooo
Harry souriait. C'était la première fête aussi démente à laquelle il participait et il aurait aimé que cela dure toujours. Ce qui était drôle, c'est que les amis de Seth avaient décidé de faire « une fête à l'envers » et de la débuter à six heures du matin puis de la finir en plein après-midi. Ils trouvaient ça tendance (en réalité, Harry avait compris que l'organisatrice avait déjà été fichée pour nuisance sonore et espérait ainsi contourner la loi du tapage nocturne).
Harry ne connaissait aucune des musiques qui étaient diffusées et se demanda, pendant un court instant, comment il avait fait pour vivre sans. La musique était strictement interdite chez les Dursley, et ailleurs, à Poudlard par exemple, il n'avait fait qu'écouter des chansons ''sorcières''. Ce monde avait tant à offrir, c'était merveilleux.
Il attrapa le grand gobelet que lui tendit une jeune fille et commença à boire. Il était possible que – du jour au lendemain – la production le rattrape et le force à retourner là-bas, dans le mensonge. Harry voulait profiter de plein de choses lui étant normalement interdites. Pendant un moment, il s'imagina la tête de Ron et Hermione (ou peu importe leur nom) s'ils le voyaient se déchainer ainsi.
Le ventre vide, il se dirigea vers le buffet aménagé sur la longue table du living-room. Un peu plus loin, contre le mur, deux adolescents s'embrassaient bruyamment en poussant de petits gémissements stupides. Harry attrapa un paquet de chips. En faisant volte-face, il tomba nez à nez avec un grand jeune homme brun, les yeux orageux.
– Hey, tu es l'ami de Seth, c'est ça ?
Harry regarda autour de lui, suspicieux. Même si Seth et sa sœur lui avaient prouvé leur bonne foi, Harry ne pouvait s'empêcher d'être sur ses gardes et de mesurer les informations qu'il pouvait bien divulguer.
– Je suis un de ses meilleurs amis, poursuivit-il. Je m'appelle Varro.
Médusé qu'on lui adresse la parole, Harry chercha autour de lui s'il y avait une caméra quelque part. Sans lui laisser ajouter quoi que ce soit, Varro l'entraîna vers les escaliers. Ils entrèrent dans une vaste chambre où Seth et quelques-uns de ses amis discutaient tranquillement, assis un peu partout. En arrivant, ils se turent. Tout de suite, Harry sut qu'il y avait quelque chose d'inhabituel. Prudemment, il s'installa parmi eux.
– Je ne voulais pas que tu te retrouves tout seul en bas, justifia Seth.
Harry aurait voulu répondre qu'il n'avait même pas remarqué son absence, mais ses mots se coincèrent dans sa gorge. Les volets de toutes les pièces de la maison avaient été fermés afin de donner l'impression qu'ils étaient en pleine nuit, mais quelques rayons de lumière filtraient sur le sol, à travers les stores. Varro était adossé au mur, mais ne le quittait pas des yeux. C'en était même dérangeant.
Près de Varro, une fille d'environ son âge et qui lui ressemblait énormément, le dévisageait en haletant bruyamment. Harry était presque certain qu'elle pouvait faire une attaque d'un moment à l'autre. Harry lança un regard interrogateur à Seth, qui ne répondit rien. Il se contenta de se lever jusqu'à Varro et de fermer la porte à clef.
Toujours sa bière en main, il se tourna vers les autres jeunes assis à ses pieds qui avaient l'air grave et profondément mal à l'aise de se trouver ici. La fille qui les avait invités, à la longue chevelure blonde, avait l'air de frissonner de peur.
– Je suis désolé de vous avoir appelés si tôt ce matin. Mais il fallait que je vous en parle, et pas sur Internet. Faire une fête prétexte était l'idée de Kate (la fille blonde se cramponna au rebord de la fenêtre et s'assura que cette dernière était fermée), avec le bruit, le monde, la musique, on s'était dit qu'on n'entendrait rien à ce qu'on se dirait, qu'on ne nous soupçonnerait pas de l'avoir trouvé.
– Tu es absolument dingue, Seth, prononça Varro en regardant Harry toujours assis par terre. Complètement dingue.
Se sentant mis à nu, Harry laissa son verre et anticipa un geste pour s'en aller.
– Ils ne vont pas te faire de mal, dit Seth, comme s'il lisait dans ses pensées. Ce sont mes amis. Et si je les ai appelés, c'est qu'ils sont dignes de confiance. Crois-moi, Harry, je ne ferai rien qui pourrait te mettre en danger.
– Tu n'aurais pas dû, répondit Harry. Il ne faut pas que trop de personnes sachent que je suis ici... Burst va venir. Je ne veux pas qu'il me capture. Il faut que tu dises à ces gens de s'en aller.
Seth soupira.
– Tu as de la chance dans ton malheur, rétorqua Varro. D'être tombé sur Seth, je veux dire. Ça aurait pu être un vrai déséquilibré ou quelqu'un qui t'aurait vendu dans la demi-heure qui suit. Je suis d'accord sur le fait qu'autant de personnes sachent que tu es là n'est pas forcément une bonne idée (il envoya une oeillade sévère à Seth qui se contenta de boire une nouvelle gorgée de bière), mais tant qu'aucun d'entre nous ne dit pas un mot, tu es préservé. Pour autant, ne te voile pas la face : tu ne pourras jamais rester au même endroit bien longtemps. Et ça, tout le restant de ton existence. Seth nous a appelés pour te trouver un nouvel endroit sûr, entre autres. Ce crétin n'y serait pas arrivé seul de toute manière.
– Hey, je te permets pas ! gronda le concerné. En plus de ça...
On toqua fort à la porte. Harry sursauta.
– Seth, c'est moi ! s'écria la voix de Velma de l'autre côté du battant.
– Casse-toi, maugréa son grand frère.
– Je sais que vous êtes plusieurs à l'intérieur. Je veux voir ce que vous faites.
– Ça te concerne pas. En plus t'es trop jeune pour capter ce qu'on va se dire. Tire-toi !
– Trop jeune ? hurla-t-elle. Tu te fous de moi ? Je sais que Cha est à l'intérieur elle aussi !
Harry pivota sur le côté, réfléchissant à vive allure. Il avait déjà entendu ce nom quelque part. Mais où ?
– Casse-toi, je te dis ! répéta Seth.
Un coup de pied contre la porte lui répondit et Velma redescendit bruyamment les escaliers. Harry se frotta le front, comme si sa cicatrice lui faisait encore mal. C'était une chose qui ne pouvait pas arriver, mais depuis qu'il avait quitté ce monde factice, il ne savait plus faire la différence entre le vrai et le faux. Il croisa le regard de la fille brune, qui devait être la sœur de Varro et la fixa intensément.
Nerveusement, elle ramena une mèche de cheveux derrière son oreille et Harry remarqua de suite qu'elle avait un bracelet qui lui était familier. Il l'avait déjà vu à Poudlard. Il s'approcha de Cha et lui saisit le poignet. Ce bracelet, il l'avait vu sur Nyx Sommerhearst. Son cerveau lui projeta l'image du soir d'Halloween. Il avait cherché Nyx comme un fou ce soir-là. Mais n'avait pu lui parler qu'à la dernière minute :
« – Avant, avait dit Nyx, je pensais comme toi : que les amis d'enfance c'était pour la vie. En grandissant, je me suis rendue compte que c'était faux, qu'il y avait forcément des déceptions chez les gens qu'on aimait. Puis un peu plus tard j'ai fait la meilleure rencontre de ma vie : mon amie Cha. Elle est extraordinaire.
– Cha ?
– Oui, c'est le diminutif de Charlotte.
– Elle est sorcière, elle aussi ?
– Oh, euh, non. C'est une moldue qui vit près de chez moi. Mais... Elle est au courant de ce que je fais ici.
– Tu dois vraiment lui faire confiance pour partager ce gros secret avec elle.
– Oui... Oui, c'est exactement ça. Tu vois, je ne crois pas qu'on puisse mesurer l'amitié de quelqu'un avec de belles paroles. Tout le monde peut raconter de beaux discours et ne pas les respecter. Je pense qu'on peut mesurer l'affection de quelqu'un en fonction de la taille des secrets qu'on peut bien lui raconter... tout en sachant que cette personne ne les répètera jamais. Je peux strictement tout raconter à Cha sans me cacher, sans rougir, sans faux-semblant. Je sais qu'elle m'écoutera sans me juger et que même si un jour on en vient à se faire la gueule ou se disputer, elle ne se vengera pas sur moi. Elle est au-dessus de ça. Si Ron et Hermione peuvent faire tout ça pour toi, ce sont des perles rares.
– Cha et toi, vous vous êtes déjà disputées ?
– Non. En tout cas, pas pour l'instant... Mais récemment on a eu un petit problème : je crois qu'elle s'imagine que je m'entends mieux avec les gens du château qu'avec elle. Et pourtant, c'est faux. Je te souhaite vraiment de trouver quelqu'un comme Cha, un jour.
– Tu crois que je ne l'ai pas encore trouvé ?
– Si tu te poses encore des questions, c'est que non, répondit-elle honnêtement. Tu le mérites vraiment Harry. Il suffit juste que... que tu places ta confiance en la bonne personne et non pas le choix de l'évidence... »
– Tu es... Tu es cette Cha-là ? demanda Harry, avec beaucoup d'appréhension. La Cha qui est amie avec Nyx Sommerhearst ?
La jeune fille acquiesça, émue.
– C'est son anniversaire aujourd'hui.
– Ah, dit-il simplement. Alors, qu'est-ce que tu fais ici ?
– Il y a des choses plus importantes dans le monde que de souffler quelques bougies, tu ne crois pas ? Elle m'en veut sûrement de ne pas être auprès d'elle, mais elle m'aurait tué si j'avais loupé l'occasion de te rencontrer et... et de m'assurer que tout allait bien.
– Pourquoi elle n'est pas venue avec toi ?
– Dehors, les acteurs se font massacrer, répondit Seth d'une voix caverneuse. Il aurait été extrêmement imprudent de la ramener ici sachant qu'elle a une cible sur le cul. D'ailleurs, je t'interdis de lui dire que tu as vu Harry.
– Quoi ? s'emporta Cha. C'est ma meilleure amie. On se raconte tout. Je ne pourrai pas lui cacher un truc pareil ! C'est bien trop... trop gros.
– C'est pour son propre bien. Si tu lui dis où est caché Harry, elle voudra absolument venir et là, Burst le retrouvera. Ils surveillent encore sa maison, j'en suis sûr. Ce ne serait pas prudent du tout de l'informer de quoi que ce soit. Tu inventes ce que tu veux, mais pas un mot sur ce qu'il se passe dans cette pièce. Même à ton âme soeur. Il n'y a plus de place pour le copinage, c'est clair ?
Cha ravala sa salive.
– Nyx a le droit de savoir.
– Nyx est une balance, contra méchamment Kate. Si tu lui dis, elle va se mettre à le raconter à son petit-ami qui est encore dans l'émission.
– L'émission continue ? Sans moi ? interrogea Harry.
Varro acquiesça.
– Ouais, ça va continuer. La reprise est prévue pour mardi. Ils ont décidé de faire des scènes avec les acteurs en créant une intrigue autour de ta pseudo capture par des Mangemorts. Je crois que c'est pour rendre la transition un peu plus facile à digérer. De l'autre côté, ils ont lancé une traque. Ta tête est mise à prix pour plusieurs millions. Assez d'argent pour refaire sa vie et ne plus avoir à se soucier de quoi que ce soit...
Les quelques adolescents présents eurent tous des réactions différentes et Harry devina que quelques-uns d'entre eux s'imaginaient leur vie en tant que nouveau multimillionnaire. Il avait l'impression d'être un bout de viande que l'on vendrait sur un étal au marché.
– Même si je n'aurais pas dit les choses comme ça, reprit Varro, je suis d'accord avec Seth (Cha se rembrunit). Ce serait de la folie pure que d'avertir Nyx. Tu la mettrais elle en danger, son petit-ami aussi, mais surtout Harry. Ça serait catastrophique s'ils venaient à se rejoindre tous les deux. On la soupçonnerait d'avoir organisé sa fuite et... et la seule chose qui la préserverait aux yeux de la justice, c'est d'être encore mineure. (Harry fronça des sourcils) Ils ont mis en prison le garde qui t'a aidé à t'enfuir jusqu'à ce qu'il accepte de dire vers où tu es parti et pourquoi t'avoir aidé. Je suis désolé.
– C'est pour ça que tu as refusé qu'on allume la télé ? devina Harry en s'adressant à Seth. Tu pensais qu'en ne tombant pas sur ce genre de nouvelles, je me sentirais plus en sécurité ?
Seth reposa brutalement sa bouteille de bière.
– Tu veux savoir la vérité ? Des gens crèvent dehors d'être fan. Je ne vois pas en quoi ça pourrait t'aider à mieux dormir. Le monde devient fou et si je ne t'ai pas montré tout ça, c'est pour la simple et bonne raison que tu n'en es pas responsable.
Harry soupira de mépris.
– Tu agis exactement de la même manière que les acteurs du biome. Tu ne me dis pas la vérité pour soi-disant me préserver du mal. Je ne suis pas sorti de là pour revivre la même chose.
– Ok, je ne te couverai plus. Va dehors et regarde de toi-même ce qu'il se passe. Mais je te garantis que ce n'est pas très beau à voir.
Harry s'adossa contre le mur et fixa le bout de ses chaussures.
– C-Combien de gens sont morts depuis ma fuite ?
Un silence inconfortable se répandit dans la chambre de Kate. Puis Cha répondit :
– Vingt-deux. Et trois blessés graves.
Harry se laissa glisser le long du mur, pris d'une violente envie de vomir. Cha s'approcha et caressa doucement son dos.
– Certains d'entre eux ont mis fin à leurs jours parce qu'ils n'imaginaient pas une vie sans le Harry Potter Show. D'autres ont succombé lors de rixes rivales entre Pro et Anti. Ensuite, il y a eu quelques faits divers de règlements de comptes, de dîners de famille ayant dérapé. Il y a eu deux meurtres aussi. Celui du fils de Andrew Burst...
– Ron est mort ? glapit Harry. Le F.H.M m'a prévenu que c'était son fils adoptif...
– Non, pas lui, rectifia Cha. Un gamin qui s'appelait Polux. Il avait dix ans.
– Qui d'autre ? murmura Harry.
– Ils... Ils ont tué... l'acteur qui... (Cha le serra un peu plus contre lui) qui interprétait Sirius. Ses assassins ont dit qu'il n'était qu'un imposteur.
Harry avait l'impression qu'on déchirait son âme en deux. Mais il continua d'écouter Cha parce qu'il voulait tout savoir. Il ne voulait plus être tenu dans l'ignorance.
– Les Anti de l'émission procèdent en ce moment à une purge, tu comprends ? Ils sont révoltés que l'émission reprenne même sans toi. Alors ils ont décidé de faire du mal à le plus de personnes possible du casting. La semaine dernière, ils ont agressé violemment Maggy, celle qui joue Luna. Elle est encore dans le coma. Ils ont également intenté à la vie de Tom, qui interprète Neville. Son garde du corps s'est pris un coup de couteau dans le thorax. Il est mort, lui aussi. Tom s'en est sorti avec une lacération au niveau de la joue. Et Juno... Juno, elle a été victime d'un assaut dans sa villa hier. Elle a réussi à s'échapper à la dernière minute par hélicoptère. Elle s'est réfugiée dans un endroit tenu secret.
Harry planta son regard dans celui de Seth, consterné de réaliser qu'il avait pu lui cacher tout ça.
– Des enfants meurent à cause de moi, résuma Harry.
– Ce n'est pas vrai, rétorqua Seth. C'est la folie du monde, ce n'est pas – et ça ne sera jamais – à cause de toi.
Harry détourna son visage ruisselant de larmes vers Cha.
– Je veux tout savoir à propos de ma mère.
– Elle vit à Bristol. Je l'ai rencontré en novembre. Elle va bien.
– Alors... Dawn ne m'a pas menti. Ma mère est encore vivante ? Tout près ?
Cha acquiesça, souriant. Harry n'avait pas l'air de croire à son propre bonheur.
– Elle est là, ajouta Cha, et elle t'aime plus que tout au monde.
– Mes parents biologiques vivent encore ensemble ? Pourquoi m'avoir laissé dans cette émission ? Est-ce qu'ils le vivent bien ? Est-ce qu'ils ont déjà tenté d'entrer en contact avec moi ?
Kate, qui était restée à l'écart, prit la parole :
– Tes parents se sont séparés lorsqu'ils étaient plus jeunes que nous, environ. Ta mère était enceinte et elle s'est retrouvée seule. Elle a fait confiance à Andrew Burst pour prendre soin de toi et te trouver une famille d'accueil. Il a maquillé le contrat et le lui a fait signer. Elle n'avait que quatorze ans, alors, elle a accepté en pensant qu'il était bienveillant. Puis, elle t'a confié à lui. Le jour d'après, tu étais dans une télé-réalité et elle ne pouvait rien faire pour s'insurger, vu qu'elle était liée par ce bout de papier. (Harry buvait chacun de ses mots, mais avait encore du mal à la croire, comme s'il était impossible de vivre tout ça. Sa mère avait dû terriblement souffrir. Tout ça, à cause de lui) Quant à ton père, il s'est d'abord éloigné et a refait sa vie. Puis quand il a vu que tu commençais à... mmh, avoir une certaine notoriété (Harry était certain qu'elle avait voulu dire « Quand il a vu que tu commençais à rapporter beaucoup d'argent ». Cependant, il ne dit rien, comprenant sa pudeur pour ne pas le blesser), il a commencé à travailler pour Burst. Il interprète James Potter dans la saga et s'est fait refaire quelques traits du visage pour que vous vous ressembliez.
– Donc mon père... est réellement mon père, comprit Harry. Et il gagne de l'argent sur mon dos. Qu'est-ce que tu entends par « il a refait sa vie ? »
– Eh bien, continua Kate, disons qu'il a eu d'autres enfants, dont un qui travaille pour l'émission.
Harry ouvrit puis referma la bouche, stupéfait.
– J'avais un membre de ma famille travaillant sur le plateau ? Pour de vrai ?
Il consulta Cha du regard, mais elle avait l'air tout aussi désemparé que lui.
– Qui c'était ? Est-ce que je connais cette personne ? Comment tu sais ça ?
– Je le sais parce que ma mère travaillait comme maquilleuse sur le plateau jusqu'à l'année dernière. Ton demi-frère était à Serpentard. Ton père biologique a refait un enfant à une fille quelque temps après avoir quitté ta mère. En tout cas, c'est ce qui se racontait dans les couloirs du plateau... Il a eu cinq enfants au total dans sa vie. Et ton demi-frère, il doit avoir sept mois de moins que toi.
– Qui est-ce ? vociféra Harry.
– J-J'ai oublié son nom.
La mâchoire lui en tombait.
– Prends mon portable, proposa Cha. Va sur la liste des élèves de Poudlard. Elle est sur leur site officiel. Tu te souviendras sans doute de quelque chose en regardant leur portrait.
Kate acquiesça en prenant l'appareil tandis que Harry tremblait. Personne n'osa ajouter quoi que ce soit. Kate arpenta la pièce en touchant l'écran tactile du portable de Cha qui n'arrêtait pas de sonner d'appels et divers messages. Harry allait virer complètement taré à force d'attendre. Kate finit par s'arrêter et sautilla.
– C'est lui ! C'est ton demi-frère !
Elle rendit le portable à Cha et Harry jeta un coup d'oeil à l'écran. Dessus, un portrait animé de Théodore Nott le regardait avec un profond mépris. Estomaqué, Harry attrapa le téléphone portable et lut les informations se trouvant sous le tableau : « … Noah est passionné de théâtre depuis l'âge de huit ans. Il vit à Birmingham avec sa famille et espère rejoindre une troupe dès que son contrat avec le Harry Potter Show s'achèvera. Désormais le nouvel attrapeur des Serpentard, ce dernier a lié de très fortes amitiés avec les autres acteurs du plateau. Victime de son succès dans la fanbase de ceux revendiquant plus de « Zabnott » (amalgame entre Zabini et Nott), le jeune homme doit souvent partager des scènes avec Kendall Bradsprit... »
Harry n'en croyait pas ses yeux. Pendant cinq années consécutives de sa vie, il avait eu un frère juste sous son nez et ne lui avait jamais adressé la parole. En fait, il n'en gardait qu'un souvenir très vague et, s'ils n'avaient pas partagé la même option théâtre au B.U.S.E. cette année, il n''aurait sans doute jamais connu son nom. Enfin, son faux nom. Son véritable prénom était Noah.
– Est-ce que... Est-ce quelqu'un sait pourquoi je m'appelle Harry ? demanda-t-il.
Seth sembla incroyablement mal à l'aise et attrapa sa bouteille pour boire, préférant ne pas répondre. Harry jeta un regard alarmé à Cha qui baissa les yeux.
– Tu t'appelles Harry parce que des gens ont voté, répondit Varro d'une voix calme. Ils avaient le choix parmi une liste de prénoms qu'avaient proposé la production.
Cette réponse, à laquelle il ne s'attendait pas, fit aussi mal à Harry que de réaliser dans quel monde il avait jusqu'alors évolué. Alors... Alors même son prénom ne lui appartenait pas ? D'un geste rageur, il essuya les larmes sur ses joues.
– Alors si je ne m'appelle pas vraiment Harry, c'est quoi mon prénom ? Comment voulait m'appeler ma mère ?
– O-On ne sait pas, admit Cha. Tout ce qu'on sait... c'est qu'elle n'a pas eu le temps, ni même le droit de choisir quoi que ce soit pour toi. Je suis désolée.
Harry se releva.
– J'ai besoin de prendre l'air.
Seth tenta de le retenir, mais Varro le retint. Harry ouvrit la porte de la chambre, jusqu'alors verrouillée, puis descendit les escaliers. En sortant de la maison, il fut agressé par la lumière du jour. Tout un tas de questions tourbillonnait dans sa tête.
Pourquoi son père biologique avait laissé Noah jouer dans cette émission ? Est-ce que Noah avait un jour tenté quelque chose pour entrer en contact avec lui ? Combien de personnes savaient qu'ils étaient frères de sang ? Sa mère le cherchait-il en ce moment ? Son père le détestait-il de lui faire perdre de l'argent ? Combien avait-il de frères et sœurs ? Est-ce qu'un autre bébé serait vendu à la télé pour le remplacer ? Andrew Burst serait-il plus violent dans sa quête depuis la mort de son fils ? Maggy sortirait-elle un jour du coma ? Des gens continueraient-ils de se tuer juste pour une satanée émission ? Des acteurs seraient-ils encore attaqués par des extrémistes ? Est-ce que, un jour, toute cette folie s'arrêtera ?
Un peu de neige commença à tomber et Harry la regarda tomber. Elle était toute fine comparée à celle tombant sur Poudlard. C'était très bizarre – et incroyablement humiliant – d'admettre que sa prison lui manquait. Au moins, dans le château, il s'était toujours senti à l'aise, parmi les siens, en sécurité... Ici, tout semblait étrange, différent, et imprévisible.
Il remarqua finalement qu'il avait encore le téléphone portable de Cha dans ses mains. Ce dernier se mit à vibrer et le prénom de Nyx apparut. Il était tenté de lui répondre, de savoir pourquoi elle avait accepté d'être, elle aussi, actrice dans cette émission. Un sentiment de rancoeur l'anima, puis il se dit que, si Varro avait raison, si Nyx était placée sous écoute, il valait mieux ne pas répondre. Seth finit par apparaître et s'approcha. Il le serra dans ses bras, tout en tenant toujours sa bière.
– Ça va aller, tu verras. On finira par trouver une solution.
Encore sous le choc, Harry ne dit rien et se laissa consoler.
– Varro et Cha ont fait des kilomètres en voiture pour s'assurer que tu allais bien, alors qu'ils ne te connaissent même pas. Crois-moi, il y a encore des gens bien dans ce monde, qui s'en contrefichent du profit et de tout le reste...
– Je ne serai jamais tranquille, articula Harry, pris de panique. Je ne pourrai jamais vivre normalement.
– C'est normal d'avoir peur. Mais je continuerai de t'aider avec le peu que j'ai, ok ?
Harry hocha de la tête.
– Merci.
Il se tut un moment puis ajouta :
– Ils ont tué Sirius.
– Ce n'était pas réellement Sirius, mais un acteur. Tu... Tu ne le connaissais pas.
– Cet homme était mon parrain. Il m'a rendu heureux ! rétorqua Harry, outré. Et à cause de moi, ils... (Il se tut) Je suis sûr que c'était quelqu'un de bien même au-delà des caméras. Tu ne peux pas comprendre ce que je ressens. Je viens d'apprendre que les gens que je considérais comme ma famille, Sirius, les Dursley, Lily Evans, sont en réalité des imposteurs. Je ne peux pas tout simplement tracer une croix là-dessus. Une partie de moi sera toujours... avec eux. Tu n'as pas le droit de me demander de faire volte-face aussi rapidement. Maintenant, j'apprends que j'ai une autre famille quelque part et c'est juste... révoltant. Je dois faire le deuil de mon ancienne vie.
Ooo
Andrew Burst était silencieux, un verre de scotch entre les mains. Assister aux funérailles de Polux avait été la chose la plus difficile qu'il ait dû faire, bien loin devant celui de Allen. Il finit d'un trait sa boisson et regarda sa fille aînée passée devant lui en sanglotant. Depuis le meurtre de son frère, Hermione le tenait implicitement responsable de ce qui s'était produit et faisait tout pour l'éviter. Andrew aurait voulu la rattraper, la prendre dans ses bras, lui dire qu'il était désolé, qu'il s'en voulait terriblement.
Mais il savait qu'il avait définitivement perdu l'amour de sa fille. Il se servit un second verre et repensa au jour où Talia avait donné naissance à leur premier enfant. C'était la première fois de sa vie qu'il s'était autant senti submergé d'émotions positives. Il avait de suite aimé Hermione, sans retenue. Il avait caressé ses cheveux noirs très fins, avait admiré son nez minuscule et avait dit, sur le ton de la plaisanterie : « Talia, je crois que nous avons créé l'être humain ultime. Avec ta beauté, mon intellect et notre richesse, cette petite est née sous de bons augures ». Talia avait ri.
À l'époque, ils riaient beaucoup, sans se soucier de ce qu'on pourrait penser d'eux. Désormais, avec l'émission, ils étaient contraints de calculer le moindre de leurs gestes, et de donner une apparence irréprochable. Talia, les yeux rougis, s'assit juste en face de lui.
– Tu te souviens, la première fois qu'on s'est vus tous les deux ?
Quand Andrew avait rencontré Talia, il ne brassait pas encore des milliards. Il était ce simple prodige qui n'avait pas réellement de but dans la vie, mais brûlait d'ambition.
– Tu sortais avec ce type qui se croyait pété de thunes, poursuivit Andrew en sirotant son scotch. Je t'ai tout de suite trouvé belle. Et je le jalousais dans mon coin. Tu ne me regardais même pas. Tu avais l'air... de t'en foutre royalement. Je ne sais pas comment j'ai réussi à t'avoir. Je n'étais même pas riche à l'époque où on sortait ensemble.
Désabusée, Talia lui jeta un regard transperçant.
– Tu veux savoir pourquoi je t'ai épousé, Andrew ? dit-elle d'une voix tremblante et chargée de trémolos. Parce que tu n'étais pas un trou du cul à l'époque. Tu étais drôle, et... et je me sentais en sécurité. Je n'avais pas peur de me marier avec un gars ordinaire parce que je savais que la vie serait... serait extraordinaire avec toi. Tu étais si inventif. Mais... Mais tu as décidé de faire autre chose de tes dons. Tu aurais pu soigner des malades, trouver un moyen de réduire la faim dans le monde ou faire reculer la fonte des glaces. Tu aurais pu faire tellement de choses avec tes capacités.
– J'en ai fait tout un tas, rappela-t-il.
– C'est vrai. Des choses absolument magiques. Mais tu t'es perdu en route. J'ai perdu mon mari. Tu n'es plus le garçon dont je suis tombée amoureuse, pour lequel je me sentais prête à tout affronter.
Andrew continua de boire.
– Tu penses aussi que c'est à cause de moi ce qui est arrivé à P-Polux.
Talia s'installa juste à côté de lui et le serra douloureusement dans ses bras.
– C'est à cause de nous. Je suis tout autant responsable. Je n'ai pas su te dire stop, parce que ça m'arrangeait d'être la femme la plus puissante du monde. Ma vie ne sera plus pareille maintenant. La seule chose qui me permet de tenir, c'est... c'est de me dire que Hermione est là, qu'elle a besoin de nous.
Andrew essuya quelques larmes puis se leva.
– Je ne peux pas rester ici une minute de plus. Je vais voir comment je peux remonter la trace du F.H.M.
Talia s'apprêtait à lui demander de rester ici, qu'elle avait aussi besoin de lui, mais elle le laissa partir. Si elle gardait Andrew enfermé dans sa propre maison, il allait devenir fou.
Ooo
La sonnerie du lycée retentit. Il était midi et Dawn et Dylan, qui avaient également cours le samedi matin, étaient bien contents d'en avoir terminé avec cette semaine. Les élèves de l'établissement s'étaient un peu faits à l'idée de les croiser au détour des couloirs. L'effet de mode s'était considérablement amoindri et les jumeaux pouvaient désormais profiter d'un semblant de tranquillité.
– Alors, tu as réussi le test de math ? demanda Dylan à son frère.
– Boarf, je ne sais pas trop, avoua celui-ci en déverrouillant le cadenas de son vélo. On verra bien quand il rendra les copies. De toute façon, ça va faire des années qu'on n'a pas eu mathématiques à un rythme aussi dense. Il nous faudra du temps avant de rattraper notre retard.
– C'est clair, dit l'autre en enfourchant son vélo. J'ai hâte de ne pouvoir rien faire ce week-end.
Contrairement à bien d'autres lycées, le leur ne croyait pas aux devoirs à faire à la maison. Tout leur travail était entièrement réalisé en classe, comme le système suédois ou norvégien. Dawn commença à pédaler en se demandant comment son frère faisait pour soigneusement éviter de parler de Harry.
Le monde entier n'avait que son nom à la bouche et Dylan faisait comme si... comme si l'émission et le reste n'avaient été qu'une brève parenthèse de leur existence à oublier. C'était même assez paradoxal sachant qu'il y avait encore quelques mois à peine, Dylan regrettait d'avoir été licencié du studio. Sans doute avait-il compris qu'il était préférable d'avoir quitté le casting officiel bien avant la dissolution du show. Ils progressèrent côte à côte, profitant du soleil tapant fort malgré le froid saisissant de ce mois de février. Dawn enfila ses gants tout en continuant de pédaler.
– Tu crois que si le show avait continué, il se serait passé quoi... j'veux dire, d'un point de vue scénaristique, tenta Dylan d'un ton faussement innocent.
– Ombrage aurait demandé à Rusard d'attraper Harry puis de le placer dans un chaudron gigantesque. Rogue se serait fait un plaisir de le faire cuire et voilà, fin de la quinzième saison. Gros plan sur la Grande Salle avec chacun des élèves ayant un bol de soupe au Harry frit.
Dylan lui lança un regard torve.
– T'as vraiment un humour répugnant.
– Dit le mec qui fait des allusions vaseuses toutes les demi-heures.
– Sauf que moi j'ai un alibi. J'ai de trop mauvaises fréquentations.
– Alibi en carton si tu veux mon avis, rétorqua Dawn.
– Je ne t'ai pas demandé ton avis.
Dawn lui fit un doigt d'honneur en rigolant. C'était curieux car, depuis qu'ils avaient cessé d'être acteurs, ils n'étaient plus rivaux ou collègues. Mais simplement deux adolescents comme les autres. Dawn avait l'impression de retrouver son frère. Faire de la route ensemble tous les jours permettait de renouer le dialogue.
– Puisqu'il nous reste un quart d'heure avant d'arriver à la maison, prononça Dylan tandis qu'une sorte de fourgon les dépassait, je te propose de jouer à action ou vérité.
– Oh, non, gémit Dawn. On va se battre. Tu le sais, ça finit toujours comme ça.
– Promis, cette fois, je ne te frapperai pas pour avoir dit la vérité.
– Mmh, dans ce cas, d'accord.
– Action ou vérité ?
– Vérité, répondit Dawn d'un ton las.
– Putain, tu choisis toujours vérité... Bon, euh, c'était quand la dernière fois que t'as eu une aventure avec quelqu'un ?
– Septembre, répondit l'autre sans réfléchir. Partie de jambes en l'air dans ma loge. Et toi, action ou vérité ?
– Wow, wow, wow, attends une minute. Dans ta loge ? Tu veux dire la nôtre ? On la partageait, je te ferai dire.
– Tu n'étais pas là. J'allais pas te demander un ticket pour pouvoir entrer chez moi et y amener qui je voulais. Action ou vérité ?
– Vérité, dit Dylan, du bout des lèvres.
– Alors... Mmh, est-ce que tu...
Tout à coup, le fourgon fit marche arrière. Dylan et Dawn cessèrent de pédaler. Ils quittèrent précipitamment leur vélo lorsqu'ils saisirent que le véhicule avait pour ferme intention de les heurter de plein fouet sur cette rue déserte. Ils coururent sur le côté de la route, bordé par un champ d'orge. Un homme descendit de la place passager avant et deux autres de l'arrière.
– Mais vous êtes malades ! cria Dylan.
Les inconnus ne répondirent rien et Dawn attrapa son frère par le bras. Ils se mirent à courir à travers le champ, paniqué. Dylan n'était pas très endurant et son jumeau le tirait presque pour qu'ils continuent de progresser. Les épis leur grattaient la peau à chaque mouvement et le cœur de Dawn battait effroyablement vite.
Il savait exactement ce qui était en train de se produire. Dylan et lui étaient les prochaines cibles pour la purge. Dawn ne comprenait pas comment on pouvait avoir envie de les attaquer. Il avait dénoncé l'existence du show à Harry ! Il faisait partie du bon côté ! Dylan trébucha sur le sol boueux puis se redressa aussitôt, à bout de souffle.
– Ils sont par là ! glapit un des hommes d'une voix surexcitée. Ils essaient de grimper la colline !
Dawn poussa son frère en avant, afin de lui redonner du courage. Subitement, Dylan s'effondra, pris de spasmes violents. Il venait d'être touché par un pistolet électrique.
– DYLAN ! DYLAN !
Dawn ôta le patch qui était collé à sa nuque, se débarrassa de son sac de cours et attrapa son frère pour le porter sur son dos. Les genoux chancelants, Dawn tenta tant bien que mal de se hisser et commença à avancer. Dylan demeurait toujours aussi inconscient.
– Ça va aller, Dylan, murmura-t-il, pris d'une panique intense. On va se cacher.
– Par-là ! hurla une voix caverneuse à sa droite. Je crois en voir un !
Pris au piège, Dawn comprit que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il se retrouve encerclé. Il s'approcha d'un talus et fit glisser le corps de son jumeau parmi de hautes mauvaises herbes. De là, on ne pouvait pas le voir. Il espéra que cela soit suffisant. La respiration haletante, Dawn se mit à courir aussi vite qu'il le pouvait dans une autre direction, entraînant les hommes à sa poursuite. Tous ses muscles étaient crispés et il se demanda depuis combien de temps il tentait de prendre la fuite, à slalomer entre les arbres.
Dawn jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule et heurta quelque chose. C'était un homme ayant environ la cinquantaine, un fusil à la main. À en juger sa tenue, c'était un chasseur. Maintenant que ses pensées entraient dans l'ordre, Dawn était certain de l'avoir vu un jour sympathiser avec son père. Il observa Dawn puis les hommes les entourèrent, un sourire satisfait collé aux lèvres.
– Il est là, il est là ! s'extasia le plus maigre d'entre eux.
– Qui êtes-vous ? demanda le chasseur.
Un des hommes s'approcha dangereusement.
– Ce fusil est chargé mon garçon. Alors ne fais pas un pas de plus. Manford, où est ton frère ?
– I-Il s'est enfui, mentit-il, un désagréable sentiment en pensant à l'endroit où il avait laissé son jumeau pour le cacher.
Le chasseur visa la poitrine d'un des hommes.
– Faites demi-tour ou je vous troue le bide.
Un des assaillants fit grésiller son taser, comme s'il jaugeait la rapidité qu'il faudrait pour qu'une balle l'atteigne avant de pouvoir agir. Finalement, ils reculèrent très lentement sans quitter du regard le fusil puis disparurent au cœur de la forêt. Dawn respira alors de façon désordonnée, comme s'il avait retenu son souffle pendant de très longues minutes.
– Il faut aller chercher Dylan, dit-il.
– Attends, reste près de moi. Ils peuvent être encore dans le coin.
– Merci de m'avoir aidé.
– Y'a pas de quoi.
Ils avancèrent côte à côte jusqu'au talus où était Dylan. Dawn se laissa engouffrer dans la faille et tapota la joue de son frère. Il était toujours inconscient. Il l'extirpa de là, et Dawn se rendit compte qu'il pleurait de panique.
– On va appeler quelqu'un, rassura le chasseur. Il y a une balise d'urgence pas loin. J'y vais. Reste près de lui.
Dawn regarda son frère, les cheveux constellés de boue. Son cœur battait tout doucement, comme au ralenti. Tout ce qu'il craignait, c'était que le cœur de Dylan – tout comme ses nerfs – finisse par lâcher.
Ooo
« … Flash info spéciale. Du nouveau dans la purge promise par les Anti Harry Potter Show. Quelques jours seulement après le meurtre brutal de Tony Swarft – interprétant Sirius Black – dans sa demeure à Long Island, voilà une nouvelle agression d'un membre du casting officiel. Aujourd'hui, aux alentours de midi, les jumeaux Dawn et Dylan Manford interprétant tous les deux Draco Malfoy, la Némésis de Harry Potter, ont été pris en chasse par un escadron d'Antis. Après une longue course-poursuite, l'un des jeunes hommes a été touché par un pistolet électrique. Touché assez gravement, ses jours sont en ce moment même en danger. L'acteur a été transféré au centre hospitalier de Londres par hélicoptère. Nous vous informerons de l'avancée des progrès plus tard dans notre journal... »
Mary et Paul Fuller levèrent les yeux de leur dîner, interdits. Ils n'auraient jamais cru que les Manford puissent un jour être attaqués, en sachant que c'était grâce à eux que Harry avait commencé à douter du monde qui l'entourait. Paul éteignit la radio, puis soupira.
– Je vais aller prendre une douche là-haut.
Mary acquiesça, à fleur de peau depuis quelques jours. Elle commença à débarrasser la table lorsqu'on sonna à la porte. C'était devenu excessivement rare ces derniers jours, depuis la mise en quarantaine de la ville de Bristol. Tout ça pour que Harry ne puisse pas la voir. Mary s'essuya les mains contre un torchon puis ouvrit la porte d'entrée. Le choc la fit tressaillir. En face d'elle se tenait Andrew Burst. La dernière fois qu'ils s'étaient croisés, leur conversation avait mis Mary dans tous ses états et il lui avait fallu des semaines pour s'en remettre.
« – Allons, Mary, ne joue pas à ça avec moi, d'accord ? Ta maison, les vêtements que tu portes, ton poste de cadre, les vacances que tu te paies... Tout ça, c'est de mon fait. C'est mon argent. C'est ma maison.
– Non, c'est la mienne et celle de mon fils !
– Lequel ? Celui-là ? se moqua-t-il en désignant Harry à la télé. (...) Tout est bon pour se rapprocher de lui, n'est-ce pas ? devina-t-il en reposant le cadre. Les gens qui sont aujourd'hui contre moi ne comprennent pas que je suis bien plus qu'un « money maker », vous voyez ? Il n'y a pas que l'argent dans le monde de Harry Potter. Si ce n'était qu'une question d'argent, vous croyez vraiment que je perdrais autant de temps et d'énergie à inventer toutes ces choses, à faire de ce monde quelque chose de si fantastique ? Non, si je voulais de l'argent, je placerais ça en Bourse, j'investirais dans la recherche aérospatiale, je rachèterais des sociétés de production et des terres entières par kilomètres carrés. Mais je ne veux pas d'argent. C'est ça que vous avez tous du mal à comprendre. Je ne suis pas aussi pourri que vous, Mary. Moi, je n'aurais jamais accepté un seul centime de la part d'un homme qui se permettrait de manipuler mon enfant. »
Sans rien prononcer, il la poussa sur le côté d'un coup d'épaule et pénétra à l'intérieur. Curieusement, Mary lui trouva quelque chose de différent de la dernière fois. Il avait l'air brisé, anéanti, un parfum d'alcool fort se répandit dans son sillage. Mary resta clouée sur le pas de la porte, où se trouvait son garde du corps, avant de le suivre dans le living-room.
– Nouvelle décoration ? constata-t-il en se laissant tomber sur le fauteuil le plus proche. Plutôt agréable.
– Q-Que faites-vous ici ?
Andrew Burst lui jeta un regard torve, celui-ci s'arrêtant longuement sur son ventre arrondi et presque à terme.
– Je voudrais reprendre mon investissement, Mary. Parce que tu vois, j'ai investi pour toi avec cette émission. Et maintenant que notre fils...
– Notre fils ? répéta Mary, outrée. Je ne pense pas avoir une seule fois eu envie d'avoir un enfant avec vous.
– C'est pourtant le cas. Tu es sa mère par le sang et je suis son père légalement. Donc cela fait de nous, et ce, contre ta volonté, les parents officiels de Harry. Tous les deux, nous sommes liés. Maintenant que Harry est dans la nature et que rien ne nous indique quand il reviendra, j'ai besoin d'une garantie, tu comprends ?
– Je ne vous donnerai rien de plus.
Andrew plissa méchamment les yeux.
– Tu dois me dédommager. Tu veux récupérer Harry ? Ok, très bien. Je suis prêt à te signer les papiers pour te le laisser. Mais en échange, je veux celui-ci. Je veux ce bébé-là.
Mary lui cracha à la figure.
– Allez trouver une autre gamine désespérée, dit-elle d'une voix menaçante. Vous avez gâché ma vie. Je ne vous laisserai pas faire une seconde fois.
Le producteur de l'émission se redressa et gifla bruyamment Mary.
– Ne t'avise plus de refaire ça ! aboya-t-il de fureur.
Subitement, Andrew fut projeté au sol. Paul venait de surgir dans le living-room en pyjama, les cheveux encore trempés, et assenait à Andrew plusieurs coups de poing.
– TU NE FRAPPERAS PLUS MA FEMME ! hurla-t-il tandis que Andrew crachotait du sang.
Le garde du corps de Burst fit irruption dans la pièce et sépara les deux hommes. Burst renifla et se pinça l'arête du nez.
– T'es un homme mort, Fuller.
Mary étouffa un cri d'effroi.
– Un homme mort !
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Note : Ouais, je sais. Fin de chapitre assez abrupte. Je me suis régalée à le rédiger, même si certains passages m'ont donné quelques difficultés. Je sais que vous vous poser de plus en plus de questions. N'hésitez pas à m'en poser certaines dans vos reviews (même si je suis tenue par le secret pour quelques-unes). Je tenais à vous remercier d'être de plus en plus nombreux à me suivre. Ça m'encourage plus que vous ne pourrez jamais le soupçonner. Je sais que vous êtes en mode « tendu », maaaais c'est pour votre bien (sisi, je vous assure). Pour les personnes du Baba (le groupe facebook) qui font le concours, j'ai hâte de voir vos vidéos du concours ! Je suis juste épuisée et j'ai un milliard de trucs à faire donc je vous laisse vous remettre de vos émotions.
