Posté le : 1er Avril 2014 (non, ceci n'est pas une blague). Bientôt un an que l'histoire a été publiée. Souhaitez un joyeux anniversaire à Nyx ! Bonne lecture.


INFO 1 : Le lien de parenté entre Cha et Harry n'est pas quelque chose de soudain. Il était prévu depuis le tout début de l'histoire, dès le chapitre 1 et 2. Ce n'est pas quelque chose qui est vain, fait pour remplir les blancs. Cela aura sa réelle utilité par la suite. Et sans doute pas celle que vous attendiez.

INFO 2 : Le véritable prénom de Harry est pour l'instant un secret absolu.


Réponses aux reviews anonymes :

Machintruc : Oh, merci de tes compliments ! J'espère que cette suite sera à la hauteur de tes attentes. À la prochaine.

Nerisys : Eh ouais, tu as eu un gros coup de bol tout de même. Mais bon, c'est une bonne chose : ça n'arrivera sans doute pas à tous les coups. Je ne sais trop pas quoi répondre à ta review cette fois-ci car je suis super d'accord sur bien des points. Sinon, tu n'es pas la seule à vouloir que Harry et Seth se rapprochent. Hum, non mais bientôt je vais recevoir une pétition, je le sens. Dans ce chapitre-ci, le souvenir sera dédié à Arnold. Pour l'instant, je ne vais plus reparler de la petite sœur de Harry, mais garde son existence dans un petit coin de ta tête.

NeoPhyte : Haha, oui, je n'ai « que » une petite centaine de personnes qui suivent activement l'histoire. Rien que ça. Quoique le chiffre à gonflé entre la réception de ta review et maintenant. Je te remercie pour toutes tes reviews.

Kyllerothius : Tu as tort de ne pas lire le souvenir avec attention. Il y a plein de détails qui seront utiles pour la suite. Je ne considère pas la mère de Harry comme un personnage secondaire, dans la mesure où y'a une vraie storyline avec elle. Mais bon, je vois à peu près ce que tu veux dire. Merci de ta review.

Laura : Yeah, je t'ai fait découvrir le film du « Truman Show ». Un bon point pour moi ! Je vois que ton cerveau est en surchauffe. C'est une bonne chose : de nombreux paramètres sont à prendre en compte pour la suite, dont certains qui ne sont même pas encore intervenus !

Coukie : *lui ventile le visage* Ca va ? Tu t'en es remise après toutes ces semaines ? Je te remercie pour ta fidélité envers la fic. C'est juste ahurissant !

Val : Un mariage entre nous ? Seulement si tu m'entretiens, loulz. See ya.


Le mot du bêta – Eymeric : Oooooooookaaaaaaay les loulous ! Nous voici de retour. Ce mois-ci, j'ai réussi le premier tour d'un de mes concours. Je sais, OSEF, mais je tenais à le partager. Maintenant il faut que je passe les deux autres tours. Heureusement, il y a Nyx pour me faire penser à autre chose. Et GOD ! Ce chapitre y parvient sans problème. Vous vouliez de l'action ? Vous vouliez que vos petits cœurs soient maltraités ? BIM ! Voilà le chapitre 24 ! L'essayer, c'est l'adopter. Comme d'hab, merci pour vos reviews, vos réactions géniales, tout ça. Plein de love sur vous, et bonne lecture !


Musiques : 01. Leaving Hogwarts – John Williams. 02. Bohemian Rhapsody – Queen. 03. Everybody Hurts – REM. 04. Wintersong – Sarah McLachlan. 05. 06. Hey Daddy – Korn. 07. Sail – Awolnation. 08. Make Up You Mind – Micky Green. 09. 7 Horses – Meth Lab Zoso Sticker. 10. Celebration Day – Led Zeppelin.


Chapitre 24 : « Dent-de-Lion »

Sous-titre : « Les cordes sensibles de la mémoire », partie 2.

« Si vous n'êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment. Soyez vigilants. » Malcolm X.

« Money is the only reason we exist. Everyboy knows it. It's a fact. », Lana Del Rey.

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La onzième saison du Harry Potter Show avait eu un succès planétaire. L'été faisait fleurir les plus beaux espoirs pour la production et les membres du casting. Les magnifiques paysages du nord de l'Angleterre défilaient par la fenêtre du Poudlard Express.

La tête penchée contre le carreau, Arnold s'était remis à réfléchir. Maintenant qu'il était devenu une célébrité, sa vie entière allait changer. Cette perspective n'avait pas eu l'air d'effrayer Juno le moins du monde, au contraire. Elle semblait ravie d'avoir pu imposer son personnage à l'écran grâce à un fabuleux coup du sort. En effet, c'était Tom – qui interprétait le personnage de Neville Londubat – qui devait compléter le trio d'or. Finalement, les scénaristes avaient jugé bon d'ajouter une certaine présence féminine afin de conquérir le cœur des jeunes filles à travers le monde.

Harry et Juno discutaient avec animation de cette année fabuleuse à Poudlard : le Quidditch, le troll dans les cachots, le lac, le plafond enchanté. Toutes ces choses qui, même s'il les savait dues à la technologie, continuaient d'émerveiller Arnold. En entrant à Poudlard, une petite partie de lui avait osé espérer que ce château était réel, qu'il n'était pas qu'un acteur embauché parmi des milliers d'autres enfants, qu'il n'était pas qu'un outil de travail.

Arnold se joignit à la discussion, un sourire factice placardé sur son adorable visage. Tous les trois riaient tandis que le paysage devenait de plus en plus verdoyant par la fenêtre. Hedwige hululait paisiblement tandis que Harry caressait son plumage. Londres approchait dangereusement et ils finirent par enlever leur robe au détriment de vêtements un peu plus « moldus ».

La locomotive rouge rutilante s'arrêta voie 9 ¾ et un flot ininterrompu d'élèves sortit des wagons. Tandis que Harry s'arrêtait pour lacer ses chaussures, Arnold fit un discret signe de la main à Dylan, se trouvant un peu plus loin, entouré de Serpentard. S'il y avait une chose qu'Arnold attendait par-dessus tout, c'était de retrouver son meilleur ami. Juno, Harry et Arnold finirent par franchir la barrière « magique » et se retrouvèrent face à leurs « familles ».

Il faut que vous veniez à la maison, cet été, récita Arnold en attirant l'attention de Harry et Juno. Je vous enverrai un hibou.

Merci, dit Harry, déjà fou de joie. J'attends ça avec impatience !

Des voyageurs se bousculaient de tous côtés tandis qu'ils s'immergeaient petit à petit dans le monde des moldus. Autour d'eux, on entendait fuser des : « Bonnes vacances, Harry ! », « Potter, on se revoit en septembre ! »

Toujours aussi célèbre, fit remarquer Arnold en lui glissant sa réplique à l'oreille.

Harry rougit, semblant mal à l'aise.

Pas là où je vais, en tout cas, rétorqua-t-il en jetant une oeillade prudente vers Vernon Dursley. Je vais vous laisser. Il ne faudrait surtout pas que je mette déjà mon oncle et ma tante en colère. À bientôt ! Merci pour tout.

Harry s'éloigna, presque en courant, vers les Dursley qui le gratifièrent d'une moue dégoûtée. Lorsqu'ils furent tous les quatre suffisamment éloignés pour être certain que toutes les caméras n'étaient plus braquées sur lui, Arnold se permit un sourire victorieux. Il avait tenu une année entière sans craquer, sans griller leur couverture ! Il aurait presque pu embrasser Juno sur le coup tellement il était heureux que cela se termine.

Mais elle s'était déjà éloignée avec superbe vers son agent qui l'attendait non loin d'un kiosque à journaux avec sa petite mallette d'effets personnels d'un rose pimpant. Les acteurs formant la famille Weasley se donnèrent l'accolade et se souhaitèrent le meilleur pour la suite, tout en s'éparpillant afin de rendre leur costume, baguette magique et badge.

Arnold resta un long moment planté là, entre la voie 9 et 10 de King's Cross, attendant les prochaines instructions. Puis il réalisa que le show était terminé. Pour l'instant, du moins. Dylan déboula à sa droite, complètement surexcité.

Mes parents ont dit que tu pourrais venir chez moi cet été !

Dawn aussi sera là ?

Curieusement, Arnold ne s'était jamais bien entendu avec Dawn. Dylan haussa des épaules. Pour lui, ça ne semblait être qu'un détail. Arnold finit par se détendre tandis qu'il rattrapait le temps perdu avec son véritable meilleur ami. Son sourire disparut lorsque deux assistants du Harry Potter Show se plantèrent devant lui.

Dites-vous au revoir, nous devons te raccompagner au centre, toi et les autres.

Arnold pivota légèrement et vit que Tom, et une cinquantaine d'autres enfants et adolescents, semblaient un peu désorientés de revenir dans le monde réel après une immersion d'environ un an dans le biome. Ils étaient tous des orphelins ou des pupilles de la prod. Arnold ouvrit la marche et tout le monde le suivit jusqu'à la façade éclairée de la gare. Trois grands bus violets les attendaient et les jeunes figurants et acteurs s'engouffrèrent tous à l'intérieur.

Durant le trajet, Arnold se sentit incroyablement anxieux, voire même nauséeux. La perspective de revoir son père adoptif ne l'enchantait guère. Andrew Burst l'avait toujours impressionné et Arnold ne pouvait s'empêcher de frissonner de terreur, comme si le moindre de ses gestes était disséqué. Le centre d'accueil se trouvait juste à l'extérieur de Londres et était étroitement surveillé.

Arnold courut jusque dans son dortoir, rayonnant de joie. Il s'était toujours senti chez lui, ici, même s'il n'y restait plus que de manière très aléatoire. Mr Burst insistait pour qu'il passe plus de temps chez lui, avec ses enfants biologiques, comme une vraie famille. Arnold savait qu'il ne lui restait pas beaucoup de temps avant de repartir avec son tuteur.

Il se faufila jusqu'au quatrième étage qui était bien moins peuplé que le restant de l'institution. Le quatrième était réservé aux mères. Avant qu'il ne se fasse repérer pour ses talents d'acteurs, Arnold avait vécu ici, au quatrième étage, avec sa mère. Ils avaient été séparés il y a trois ans de cela, afin de fortifier sa résistance à l'isolement et à la pression, et le plonger dans son rôle de Ron Weasley. Mais parfois, en de rares occasions, on l'autorisait à remonter jusqu'à chez lui, et voir sa mère qui avait été, pendant de longues années, son seul et unique réconfort.

Le quatrième étage était lumineux, mais il y faisait plus froid qu'aux étages inférieurs, où les enfants s'amusaient. Les femmes – isolées de tout – n'avaient pas vu leurs progéniture depuis des années tout en vivant à quelques mètres d'eux. C'était un peu comme une prison, mais en un peu plus chic.

Arnold ne comprenait pas pourquoi on gardait toutes ces femmes ici. Il ne saisissait pas pourquoi sa mère ne s'était pas enfuie avec lui lorsqu'il était encore temps. Sa mère – qui avait fait une crise de folie lorsqu'on lui avait enlevé son fils dès ses deux ans pour le former au métier d'acteur – restait la plupart du temps seule, à ruminer. Elle avait même été internée de longues années dans un hôpital psychiatrique de Canterbury.

Son état s'était légèrement amélioré et on lui administrait de lourds calmants qui la rendaient molle et quasiment insensible. Arnold s'approcha précautionneusement du fauteuil qu'elle occupait. Sa mère, ses cheveux roux plus broussailleux que jamais, était en train de bercer une poupée.

C'était un bébé « reborn » – une sorte de marionnette rare reproduisant à la perfection les traits d'un véritable poupon. La production le lui avait offert, contre l'avis du psychiatre, afin de la calmer une bonne fois pour toutes. Sa voix éraillée (depuis combien de temps sa mère n'avait pas parlé pour former une véritable phrase ?) fredonnait un air qui lui semblait familier.

Maman ? tenta Arnold en s'approchant. Maman, c'est moi.

Elle ne leva pas les yeux, ses doigts se crispant un peu plus fort contre sa poupée.

Tu as passé une bonne année ? On s'est bien occupé de toi ? continua Arnold, passant outre son mutisme.

Les yeux bleus de Arnold cherchaient le moindre signe encourageant.

Ce n'était pas si terrible que je croyais, reprit-il en s'asseyant près d'elle. Je veux dire, de faire semblant pour Harry. (Sa mère se mit à geindre) Il est plutôt gentil. Et j'ai essayé d'être gentil avec lui, moi aussi...

Arnold aurait été tenté de lui arracher sa poupée des bras. Il l'avait fait, une fois. Sa mère s'était mise à hurler, puis avait pleuré si longtemps qu'on avait dû l'endormir à l'aide de médicaments. Elle faisait tout à sa poupée : elle la nourrissait avec de la compote (même si cette dernière n'entrait jamais dans la bouche de l'objet), la lavait d'un gant trois fois par jour, lui confectionnait des layettes en laine, lui chantonnait des berceuses, lui mettait des couches-culottes. Tout un tas de choses, en bref.

Arnold s'était, malgré lui, habitué à voir cette poupée prendre progressivement sa place. Plus il s'éloignait, et plus l'attachement de sa mère pour ce jouet se renforçait. Arnold se risqua tout de même à effleurer le bras de sa mère, qui eut un mouvement de recul, comme s'il s'apprêtait à lui faire du mal.

Maman..., dit-il, j'ai pensé très fort à toi quand j'étais à Poudlard. Je penserai toujours fort à toi. Tu le sais, n'est-ce pas ?

La porte s'ouvrit. C'était Andrew Burst, flanqué de deux de ses gardes du corps. Une fois, racontait-on, il avait pris le risque de se rendre au quatrième étage sans la moindre escorte. Mais une pensionnaire avait farouchement essayé de lui mordre le visage en criant de lui rendre son bébé. Depuis, le producteur ne prenait plus aucun risque. Les quelques femmes du dortoir se tassèrent dans des retranchements, la plupart baissant les yeux. La mère de Arnold se mit à trembler si fort qu'elle faillit lâcher sa poupée alors qu'il s'approchait.

Arnold, tu as fini de dire au revoir ?

O-Oui, balbutia-t-il. À bientôt, Maman, dit-il en déposant un baiser sur sa tempe. Je t'écrirai des lettres tout l'été !

Arnold ne savait pas très bien si sa mère savait encore lire. Il ne l'avait jamais vue tenir un bouquin de toute son existence, et la plupart de son courrier était scotché tout autour de son lit par les infirmières. Peut-être qu'elle ne comprenait même pas ce que c'était ou ce qu'il tentait désespérément de lui dire.

Andrew Burst tendit la main à Arnold et l'attrapa bien fermement. Arnold redoutait ce moment où il devrait quitter le centre pour la villa Burst. Il y avait une chambre, des jouets, des domestiques, pourtant... Arnold s'y sentait étranger.

Un râle les fit se retourner. La mère de Arnold, toujours en robe de chambre, approchait tout doucement, sa poupée sous le bras. À la lumière du jour, son visage semblait plus usé, plus maigre alors qu'elle n'avait même pas encore vingt-cinq ans. Elle ne semblait toujours pas pouvoir parler mais adressa un geste timide à Arnold pour lui donner quelque chose qu'elle tenait dans sa main.

Encore cette saloperie ? prononça Andrew Burst, agacé. Très bien, Arnold. Prends-le pour qu'elle nous fiche enfin la paix.

Mais Arnold avait déjà les mains tendues. Dans sa paume tomba une fleur de pissenlit d'un jaune tapageur. Certaines pétales étaient abîmées, comme si la fleur avait été mise quelque part en l'attendant.

Merci, Maman, prononça Arnold, d'une voix émue tandis que Andrew reniflait dédaigneusement.

Ouais, c'est ça, cingla son père adoptif tandis que la jeune mère repartait déjà vers son fauteuil d'un pas chancelant, avec sa poupée. Bon, tu te débarrasseras de cette saloperie au passage. Tu as assez de pissenlits dans ta chambre pour en refaire la tapisserie.

Cependant, Arnold ne l'avait pas écouté. Il avait attendu que Andrew Burst attrape son téléphone portable pour glisser le dent-de-lion dans la poche arrière de son jean.

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Arnold tournait les pages de son herbier.

Sur chacune d'elles figurait un pissenlit. C'était tous ceux que sa mère lui avait donnés au cours de ses très rares visites au centre. Son père adoptif avait toujours royalement méprisé les pissenlits. C'est vrai que leur nom était loin d'être grandiose, qu'ils n'étaient ni grands ni majestueux, qu'ils côtoyaient la mauvaise herbe.

Mais Arnold avait appris que les pissenlits étaient une des rares plantes au monde ayant sauvé des milliers et des milliers de malades à travers l'histoire. Sous ses allures modestes et fragiles, le pissenlit guérissait bien plus de blessures que ne pourrait en supporter un homme.

Son père adoptif avait tendance à négliger tout ce qui n'était pas spectaculaire à ses yeux. Il ne comprenait pas qu'il puisse exister des petites forces hors du commun, passant inaperçu. Peut-être que Arnold divaguait. Peut-être que si sa mère lui donnait des Dent-de-Lion, ce n'était pas par signification. Peut-être que c'était juste la seule fleur qu'elle trouvait.

Il attrapa son verre de thé glacé et commença à boire, plus pour s'occuper les mains que par réelle soif. C'était le week-end et la production l'avait autorisé à retourner chez lui. Les scénaristes avaient jugé bon que les acteurs principaux s'effacent quelque temps pour laisser au personnage de Neville le temps de susciter l'intérêt général (ce qui n'était pas pour déplaire à Arnold).

Il referma son herbier d'un geste sec quand Hermione toqua à la porte de sa chambre. Elle s'engouffra à l'intérieur, les yeux rougis. Elle avait l'air d'avoir pleuré. Encore. Arnold ne l'avait jamais vu autant pleurer depuis le décès de leur petit frère.

– Je peux te parler ? tenta-t-elle en reniflant.

– Oui, bien sûr.

Elle s'assit à ses côtés, sur le lit.

– Je voudrais te remercier, prononça-t-elle, de ne pas nous avoir lâchés à un moment pareil... (Arnold s'apprêtait à répondre quelque chose mais elle l'interrompit) Je sais qu'on est censé être une famille, mais tout de même pas une comme les autres. Tu as été très brave durant cette épreuve. Je suis vraiment heureuse de t'avoir pour frère. Je me sens plus solide quand tu es là.

Arnold lui lança un sourire timide. Évidemment qu'il serait toujours là pour elle. Ils avaient été élevés comme frère et sœur.

– Est-ce que... Est-ce que tu es réellement obligé de faire tout ça ? lança Hermione. Je veux dire, continuer de participer à l'émission. Tu pourrais expliquer à Papa que tu as d'autres ambitions dans la vie. Tu pourrais venir avec moi quelque part, en France.

Hermione avait besoin de se ressourcer. Pour cela, elle avait décidé de finir sa dernière année de lycée dans le sud de la France et de consolider ses bases en natation. Il y avait eu une grosse dispute. Mais Talia avait eu le dernier mot. Hermione partirait. C'était ainsi. Arnold, lui, ne pouvait pas négocier. C'était le show ou rien.

– Je te rendrai visite à la fin de l'année, répondit-il.

Hermione se jeta pratiquement dans ses bras et se remit à pleurer. Elle avait l'impression de perdre le seul frère qu'il lui restait.

– Tu dois faire plus attention qu'avant, tu sais. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose.

– Il ne m'arrivera rien.

Ooo

Depuis leur dispute, il n'y avait eu aucune amélioration entre Cha et Nyx. Lorsqu'elles s'apercevaient dans la cour – chacune d'un côté du grillage – elles mettaient un soin tout particulier à s'ignorer. C'était quelque chose d'assez pénible et désorientant car ni l'une, ni l'autre, n'était habituée à fonctionner seule.

Depuis, Cha passait de plus en plus de temps en compagnie de Meleen, la présidente des élèves du lycée. Et Nyx se fondait dans la masse compacte des collégiennes écervelées de sa classe. Aussi, quelle ne fut pas la surprise de Cha, lorsqu'elle vit Kendall toquer à la porte de son appartement.

– Oh, Ken, souffla-t-elle en essayant de remettre de l'ordre dans ses cheveux. Je peux savoir ce que tu fais là ?

– J'aimerais discuter un peu. Enfin, si tu le permets.

– Bien sûr.

Elle le laissa entrer et Cha regretta de ne pas avoir fait le ménage. Parfois, elle se demandait comment cette baraque tenait encore debout. Andy, son petit frère encore en primaire, avait les joues pleines de terre des pots de géranium et semblait s'amuser à la guerre. Depuis quelques jours, Andy ne parlait plus que de ça. La guerre. Cha supposa que c'était à force de voir toutes ces atrocités au journal télévisé. Tous ces morts, toutes ces disparitions mystérieuses...

– Andy, dit-elle de la voix aussi douce qu'elle avait en magasin, est-ce que tu pourrais, euh, aller dans ta chambre ?

Le petit garçon lui lança un regard torve mais ne bougea pas d'un pouce. Cha n'avait plus de voix pour se mettre encore en colère. Elle attrapa Andy par le col de son pull et le flanqua droit dans sa chambre, puis claqua la porte malgré ses protestations. Kendall semblait choqué.

– On fonctionne comme ça, ici. Et depuis des lustres, expliqua-t-elle. Tu veux un truc à boire ?

– Je, euh, de l'eau ça serait parfait. Je sors de l'entraînement de Muggle Quidditch.

Cha fila dans la cuisine et revint un instant après.

– Je suppose que tu es venu jusqu'ici pour me parler de Nyx.

– En grande partie, ouais. Je... Je ne comprends juste pas pourquoi tu lui caches quelque chose. Parce que c'est forcément ça.

Cha soupira, se tenant la tête entre les mains.

– C'est extrêmement compliqué. Je sais que j'aurais pu... lui envoyer un petit message ou quoi. Mais je me suis sentie submergée. Je ne suis pas ce genre de personne qui peut gérer plein de trucs à la fois. Je suis juste... Cha. Cette fille totalement à côté de la plaque.

– Je ne t'en veux pas. Et je pense que Nyx non plus, au fond. J'essaie juste de te dire qu'être solidaire par les temps qui courent, c'est le mieux que vous puissiez vous offrir l'une à l'autre. Beaucoup de choses ont changé, en commençant par nous. Ce n'est pas en fuyant le problème qu'il va disparaître.

– Je sais, maugréa Cha, toujours dans la même position. Je sais tout ça. C'est juste que je pensais pouvoir gérer ce truc. Mais en réalité, j'en suis incapable. Je viens de me prendre une grosse tarte dans la gueule et... et si j'en parle à Nyx, ça ne m'aidera pas, au contraire.

– OK, finit par prononcer Kendall qui semblait réfléchir. Donc tu penses que si tu dis à Nyx ce que tu crois savoir, ça va changer quelque chose entre vous ?

– Honnêtement, je ne pense pas. Je suppose qu'elle va... qu'elle va tout faire pour aller dans le sens contraire de ma décision. Parce que tu vois, j'ai décidé de ne plus me mêler de ce problème jusqu'à nouvel ordre. J'ai vu que je ne pouvais rien faire de plus. Et Nyx non plus n'y pourra rien. C'est en grosse partie pour ça que je ne dois rien lui dire et aussi... (Cha se mordit les lèvres) laisse tomber.

Kendall n'ajouta pas un mot de plus. Il savait que le silence valait aussi bien le discours le plus éloquent du monde.

– J'ai les mains liées, Kendall, dit-elle tout bas, d'une voix légèrement brisée qui ne lui ressemblait pas. Je ne peux rien lui dire pour sa propre sécurité, et aussi pour la tienne. Vous êtes mes amis et je ne ferai jamais rien qui pourrait vous nuire.

Kendall avait deviné de quoi elle parlait : Harry Potter, forcément. Il se crispa sur le canapé. Lentement, il se redressa.

– Je ne sais pas ce que tu as découvert, mais je ne dois pas entendre un mot de plus. Je travaille encore pour eux. Ça serait dangereux de me confier quoique ce soit. Je dirai à Nyx que tu m'as tout révélé, mais que ça t'embarrassait tellement que... que tu étais incapable de le répéter pour l'instant. En attendant, prends soin de toi, d'accord ?

– Merci.

Ooo

On tambourina à la porte. Un chien aboya. Il était près de vingt-trois heures et Velma était dans le salon, à discuter avec ses amies depuis son ordinateur portable dernier cri. Elle se tassa dans son fauteuil, mortifiée. L'adolescente déposa son appareil sur la table basse puis se dirigea vers la porte d'entrée.

– Q-Qui est-ce ? dit-elle d'une voix tremblante.

– Police. La brigade des stupéfiants, rugit une voix caverneuse. Ouvrez ou on démolit la porte. Nous avons un mandat de perquisition.

Velma tremblait des pieds à la tête et défit le verrou. Une bonne dizaine d'hommes déboulèrent dans la maison, armes au poing.

– Contre le mur, rugit le premier. Les mains bien à plat. Davis, fouille-la.

– Qu'est-ce que vous faites ? sanglota-t-elle.

– Notre travail, ma petite, répliqua un agent. Où est ton frère, Seth ?

– Il n'y a personne qui s'appelle Seth, ici.

– NE ME MENS PAS ! Cela va faire près de deux mois que je suis son dossier, que je le traque. Il est impliqué dans le réseau. Si tu ne veux pas comparaître devant le juge des enfants pour complicité, t'as qu'à être bien docile.

Velma pleura pour de bon, la tête contre le mur.

– Fouillez la maison, ordonna le dénommé Davis.

Ils renversèrent tout dans la cuisine – y compris le contenu des tiroirs, rangèrent l'ordinateur portable dans une housse en plastique comme pièce à conviction, passèrent des lumières bleues contre les murs et sur les tables, passèrent leurs mains derrière chacun des tableaux, étudièrent chacune des lattes du parquet afin de s'assurer qu'aucune d'elle ne contenait un renflement, dévissèrent les toilettes et une partie de la tuyauterie, creusèrent un trou dans la vasque de la douche, passèrent le jardinet au détecteur de métaux, relevèrent la liste d'appels téléphoniques etc.

– Où est ton frère ? demanda l'agent Davis.

– Je ne sais pas. Sûrement à une fête.

– Oui, bien sûr. Un endroit où il pourra facilement écouler son stock, répondit-il avec mépris. Prends ton portable et appelle-le.

Au même moment, un bleu de la brigade revint du sous-sol, apparemment fou de joie. Il tenait dans ses mains au moins cinq briques de cannabis.

– Il y en a encore pas mal, là-dessous, se réjouit-il. Il les a cachées un peu partout. On a commencé à démonter le mur de la buanderie. Où est-ce qu'on les met, chef ?

– Sur la table. Alignez-les. Bon, alors, où est la balance... Jerry, tu notes chaque pesée. Après tu laisses Erica faire les tests pour connaître leurs composants. On tient sa sœur, à ce salopard. Vous appelez l'assistante sociale pour la môme ? Qu'il ne revienne pas nous faire chier en disant qu'on respecte pas leur droit à l'intervention...

On éloigna Velma vers le bureau de sa vieille tante décédée.

– C'était quoi ce bruit ? demanda tout haut le chef. Je crois que c'est dehors...

Ils allumèrent leur lampe torche et la moitié de l'équipe quitta la maison. Le chef de la brigade des stupéfiants trouva un sac à dos dans un fourré, tout près d'un arbre. Il releva lentement sa lampe torche et celle-ci illumina la silhouette d'un garçon, qui semblait vouloir s'enfuir.

– Eh bien dis donc, lança le chef. On a trouvé un autre oiseau de nuit ! (Sa brigade aboya de rire) Allez, descends de là mon garçon. On a juste deux ou trois questions à te poser. (L'adolescent semblait tétanisé de peur) Bon, ok, je viens te chercher. Jerry, passe-moi l'échelle juste ici.

Une fois l'échelle mise en place. Le chef commença à grimper.

– Tu n'as nulle part où aller, jeune homme. Pas de geste brusque ou sinon ça pourrait mal tourner, prévint l'agent de police tout en arrivant à sa hauteur. Je suis ici pour une affaire de... Par les sept enfers ! rugit-il. Putain de bordel de merde !

– Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Erica, encore en contrebas, qui s'apprêtait à dégainer son arme de service.

– Les gars... vous allez pas me croire, dit le chef de la brigade des stupéfiants d'un air atone. Je viens de retrouver ce putain de Harry Potter.

Ooo

Cela devait être une journée comme une autre. Nyx était encore en pyjama quand son père alluma d'un geste nonchalant la radio, les doigts pleins de marmelade.

Bonjour à toutes et à tous sur la BBC Radio. Ici, Aura Brook, votre chroniqueuse, accompagnée de Claudius Simon. Nous sommes le 26 Février et il fait 3 degrés à Londres. Voici le sommaire du jour : les automobilistes sont toujours immobilisés au nord du pays à cause des importantes chutes de neige. Notre reporter Eddard MacMorton a interviewé divers usagers de la route se rendant sur leur lieu de travail. À l'étranger maintenant, les pays de l'OTAN se réuniront ce jeudi pour une réunion de crise sur les lois du marché propre. Mais avant cela, nous avons une nouvelle cruciale à vous annoncer. Certains l'ont peut-être déjà entendu dans notre édition de sept heures ou dans certains numéros de la presse écrite. En effet, certaines rédactions n'ont pas hésité une seule seconde à tirer leurs employés de leur lit afin de couvrir cette bombe médiatique. Ce matin, le New Yorker publiait à sa une : « Harry Potter retrouvé ». Il aurait été débusqué dans la commune de Haverhill, dans le Suffolk d'une manière tout à fait insolite. Nous avons pu recueillir les propos de l'agent Davis Jr, travaillant parmi la brigade des stupéfiants, qui était sur le terrain : « Euh, nous enquêtions depuis environ six semaines sur un réseau de dealer de cannabis. Une mission de routine, presque. Nous avions repéré les lieux, construit un portrait détaillé de chaque membre de l'organisation et ce soir nous devions mettre la main sur un des distributeurs. La perquisition avait bien débuté. Puis, on a entendu du bruit dans le jardin. Le môme, le Harry Potter, il essayait de s'échapper en descendant un arbre qui jouxtait une des fenêtres du premier. On l'a attrapé et puis... bah, on ne savait pas trop quoi faire de lui, quoi. On était même embarrassés de lui avoir mis la main dessus, parce que ce n'est pas notre domaine et du coup, on a dû arrêter l'affaire du cannabis. J'ai toujours du mal à y croire. »

Nyx avait lâché son toast, sans même s'en apercevoir.

– « C'est tout de même drôle, ajouta Claudius Simon, que notre cher Harry Potter n'ait pas utilisé son balai magique pour mettre les voiles ! » (Aurora Brook éclata de rire) « Plutôt, oui. Mais qu'est-ce que faisait ce pauvre garçon avec un dealeur ? Vous pensez que notre adorable apprenti sorcier est devenu accro à la drogue ? Dans tous les cas, et selon des sources proches du show, il semblerait que Andrew Burst soit en route pour le rejoindre et aller à sa rencontre. L'endroit où il est gardé est hautement confidentiel et même la cour de justice des enfants ne sait pas encore où se trouve Harry. Nous savons simplement qu'il a été pris en charge par une équipe médicale afin de vérifier si son état de santé est normal. Et qu'un pédopsychiatre est à ses côtés. Il semblerait qu'il n'ait pas encore dit le moindre mot depuis sa capture. Toutefois, selon la brigade des stupéfiants, il avait l'air d'être un adolescent assez perturbé. Vous pouvez réagir sur ces informations sur notre site, rubrique...

Patti Sommerhearst éteignit la radio.

– Je crois que nous en avons suffisamment entendu, prononça-t-elle d'une voix tremblante. Nyx, va prendre ta douche, tu vas être en retard.

Incapable de dire quoique ce soit, Nyx laissa son petit-déjeuner qu'elle avait à peine touché. Cela semblait irréel que Harry puisse avoir été capturé. Dans sa tête, elle s'était persuadée que maintenant, il ne craignait plus rien. Il ne méritait pas ça.

Dans le bus scolaire, tout le monde ne parlait que de la capture de Harry. Les remarques de ses camarades étaient insultantes et des rumeurs plus folles les unes que les autres avaient été lancées. Tous les regards convergèrent vers Nyx lors de la journée. En tant qu'ancienne figurante pour le show, les collégiens de Sinuesa s'attendaient à ce qu'elle en sache plus que les autres. Ce qui était faux. Ce qui la taraudait plus que tout, c'était de savoir ce que Andrew Burst comptait maintenant faire de Harry...

ooo

– Nous ne l'avons pas quitté des yeux, monsieur, informa un agent de police qui semblait extrêmement fier de rencontrer le créateur du Harry Potter Show. Et il n'a pas tenté quoi que ce soit pour s'enfuir.

Andrew passa sa tête par la lucarne de la porte où se trouvait cloisonné Harry. Ils étaient dans un internat, non loin de Haverhill. Celui-ci était vide, car les élèves passaient une semaine aux sports d'hiver. Le directeur s'était fait une joie de prêter ses locaux – contre une modique somme – à Mr Burst. Ce dernier ne savait pas encore ce qu'il comptait dire à Harry, ni même ce qu'il attendait de lui. En vérité, ça serait leur première véritable rencontre depuis sa naissance.

– Je ne veux pas qu'on entre ici, ordonna-t-il. Vous devrez nous laisser seuls.

Le policier acquiesça et Andrew Burst entra dans le dortoir de l'infirmerie où était enfermé Harry. Les fenêtres avaient été condamnées afin qu'il soit impossible de s'échapper. Harry ne se retourna pas en entendant quelqu'un arriver. Il observait ses mains, comme s'il venait de faire quelque chose de terrible. Andrew s'arrêta à deux mètres de son lit.

– Je suis Andrew Burst, dit-il. Tu as sûrement déjà entendu parler de moi. (Harry ne répondit rien) Tu sais, te teindre en blond et te mettre des lentilles, tout ça... ce sont de vaines tentatives pour disparaître. (Andrew traîna une chaise et s'installa juste devant lui) Tu es mon fils.

– Non, je ne suis pas votre fils, rétorqua Harry. Si vous pensez que signer un bout de papier signifie que je vous appartiens, ce n'est pas le cas.

Burst sourit de manière sardonique.

– Harry... Je ne sais pas ce que tu as vu du monde lors de ta petite escapade. Mais cet univers-ci n'est pas fait pour toi. Il n'y a pas plus de vérité à l'extérieur qu'à l'intérieur du monde que j'ai créé spécialement pour toi. Tu n'as pas été fait pour ces choses... Toute ma vie je me suis évertué à te mettre dans un univers enrichissant. Tu aurais eu le droit à ton happy-end, toi aussi. Tu es destiné à faire de grandes choses. Je ne t'ai pas menti là-dessus. Tu sais combien de gens étaient devant leur télé lorsque tu as fêté tes un an ? Tu n'as pas idée du nombre de personnes qui t'adorent. Si j'ai agi ainsi, c'est pour le plus grand bien. Grâce à toi, des gens ont pu rêver. Et ça, ça n'a pas de prix.

– Où se trouve la satisfaction de voir un enfant malheureux ? Quand vous me voyiez... me faire maltraiter par les Dursley, quand vous me voyiez battu par Dudley ou Marge, quand je pleurais le soir... Tout ça, ça vous faisait de l'audience ? Ça ne vous faisait pas vomir ? Je ne sais pas comment vous faites pour encore vous supporter.

Andrew le toisa d'un air impérieux.

– Tu peux penser strictement ce que tu veux de moi. Tu as le droit de me détester. Mais le seul ici qui s'est réellement préoccupé de ce qu'il y avait de mieux pour toi, c'est bien moi. J'ai fait tous ces choix pour faire de toi une personne meilleure. Tu devais rester humble pour que ça marche...

– Et ça a marché quinze ans, rétorqua Harry. Maintenant que vous avez gagné tout cet argent, pourquoi vous ne pouvez tout simplement pas me laisser tranquille ? Je ne veux pas de votre fric. Je ne veux pas être célèbre comme vous l'aviez programmé. Je veux juste qu'on me foute la paix.

– J'ai perdu trop de choses dans cette émission pour pouvoir revenir en arrière, prévint Andrew Burst. Tu ne me voyais pas. Tu ne pouvais pas me sentir, mais j'ai été là à chaque moment de ta vie.

– Vous vous êtes pris pour Dieu. Rien de plus. (Silence) Maintenant que je sais toute la vérité, vous comptez faire quoi ? Me remettre à Poudlard comme s'il ne s'était rien passé ? Vous pensez que je vais rester assis bien sagement à assister aux cours de Sortilège et de Métamorphose ?

– Tu as bien des défauts Harry, mais tu n'es pas quelqu'un de bête. Nous sommes d'accord sur le fait qu'un retour à Poudlard pour toi, comme pour les téléspectateurs, ne pourrait qu'être néfaste. Tu les rendrais mal à l'aise à réclamer ta liberté à tout-va. Et on ne peut plus se permettre d'autres dérapages. Rassure-toi, il y a d'autres moyens de rentabiliser ta célébrité.

– Toute ma vie, murmura Harry, choqué, je m'étais dit qu'il n'existait pas de pire individu sur terre que Voldemort. Puis il y a eu vous.

– Tu continues de croire que je ne suis pas ton père, mais... je ne t'ai pas quitté des yeux, toute ta vie. J'ai été là, à ta naissance. Je t'ai veillé une nuit entière lorsque tu as eu de la fièvre. Je t'ai vu faire tes premiers pas. Je t'ai regardé partir la première fois à l'école, jouer avec tes soldats de plomb, et courir sous la pluie. Je sais ce que tu aimes et ce que tu détestes. En définitive, je te connais mieux que tu ne te connais. Et tu voudrais me faire croire que je ne suis pas ton père ?

– Un véritable père ne terrifie pas volontairement son enfant. C'est ce que vous avez fait pendant des années avec moi. Vous... Vous m'avez fait croire qu'on voulait me tuer, tout ça pour divertir le public.

Andrew conserva le silence.

– Tu as peur, et c'est pour cette raison que tu me suivras. Même si tu me détestes, au fond de toi, tu sais que je suis la personne qui te rattache à ce que tu as toujours connu.

– Vous aussi vous avez peur, affirma Harry. Et je sais pourquoi. Vous l'avez dit vous-même : vous êtes allé trop loin pour pouvoir reculer. Toute votre vie tourne autour de moi. Si vous ne m'avez plus, vous êtes littéralement foutu. Et pour vous, c'est inacceptable. Je n'ai pas besoin d'avoir une caméra braquée sur vous vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour savoir quel genre d'homme vous êtes. La victime dans tout ça, ce n'est pas moi. C'est vous. Et le pire, c'est que vous vous êtes construit votre propre prison. Maintenant, vous ne comprenez pas pourquoi on vous prend pour le méchant dans l'histoire alors que vous vous imaginez être le gentil. Eh bien grande nouvelle : on ne peut pas être les deux à la fois.

– Tu...

– Non, fermez votre grande gueule ! Pour une fois, vous allez m'écouter. Vous allez réellement entendre ce que j'ai à dire sur tout ça. Parce que je ne pense pas qu'une seule fois dans votre vie vous l'avez fait. Vous m'avez privé de mon identité. Vous m'avez rendu esclave de vos propres ambitions, tout ça pour pouvoir parader en berline de luxe aux bras de votre femme et vos enfants. Vous avez sans doute sacrifié beaucoup pour que la magie existe dans ce monde. Mais vous avez également perdu de vue l'essentiel. Résultat des courses : tout le monde vous déteste dehors. Tout le monde. Et c'est une des raisons pour lesquelles les gens veulent m'aider. Vous vous êtes octroyé le droit de jouer avec mon existence, de me séparer de ma véritable famille, d'embaucher des gens pour me faire croire que j'avais des amis loyaux. Quel genre de monstre ferait ça à son fils ? Votre vrai fils, vous l'avez perdu. Polux est mort par votre faute et votre argent ou vos relations ne le feront pas revenir. Tous ces sacrifices n'ont servi à rien. Et ça, ça vous fait vomir. Peut-être que vous êtes parvenu à vous convaincre que vous n'êtes pas cette personne. Mais moi, j'en ai rien à cirer de blesser votre égo. À quoi ça sert d'être l'homme le plus puissant au monde si vous n'avez personne avec qui le partager ?

– Je suis pas venu ici pour me faire faire la leçon par un môme de quinze ans, gronda Andrew.

– Vous êtes venu ici pour m'impressionner avec vos grandes phrases et me convaincre que ce vous aviez à proposer sera toujours mieux que tout ce qu'on pourra bien me donner dans ma vie. Je le sais. Je ne suis pas bête, vous l'avez dit vous-même. (Ils se regardèrent longuement) Si vous aviez été si intelligent que ça, vous auriez dû me faire stupide. Ça vous aurait facilité pas mal de choses.

– Sans doute, répondit-il. Mais ce n'était pas le but du jeu.

– Je faisais partie du jeu mais je n'en suis pas un, rappela Harry. Vous pourrez me trimballer où vous voudrez, me faire subir ce que vous voudrez, je ne vous appartiendrai pas plus qu'hier.

– Très bien, s'écria Andrew. Prends tes affaires. On part immédiatement.

– Est-ce que j'ai le droit de savoir où ?

– Oui. Nous partons voir ton père biologique.

Ooo

Harry avait refusé de porter le large manteau que lui avait proposé Andrew Burst, par principe. Il ne voulait plus rien de cet homme-là. Ils descendirent de sa voiture conduite par son chauffeur personnel devant une gigantesque villa de trois étages. Le regard de Harry voyageait un peu partout, tandis qu'il claquait des dents. Le gigantesque portail électrique s'ouvrit et Harry et Andrew marchèrent côte à côte.

– Je te préviens, murmura Andrew, Chad n'est pas dupe. Il sait très bien que tu aurais préféré ne jamais venir ici. Mais il fera tout pour que les négociations prennent le tournant qu'il souhaite. Il ne va pas se laisser abuser par quelques formules de politesse... Hey ! Chad ! Mon vieux, wow, t'as changé ma parole !

Harry cessa de marcher. Pour la première fois de sa vie, il voyait son père. Andrew Burst et lui se donnaient l'accolade comme de vieux frères. Mais Harry avait la certitude que tout ceci n'était que faux semblants. Chad – son géniteur – avait un immense sourire. Un de ces sourires qui rendent mal à l'aise. Il fit signe à Harry d'approcher, et celui-ci se revit plus jeune, à l'âge de onze ans, le le regardant à travers le Miroir du Risèd.

– Je ne fais que de très beaux enfants, apparemment, lança Chad en l'étudiant comme du bétail. Il a des blessures ?

– Non, rien, rassura Burst. Il fait un peu froid. On peut entrer à l'intérieur ?

– Ouais, je t'en prie. Fais comme d'habitude.

Les yeux de son père biologique se baladèrent sur sa silhouette et Harry en profita pour rapidement ôter son bras de sa prise ferme. L'intérieur était d'un luxe éloquent. Le sol devait être de marbre et Harry entrevit des têtes d'enfants dépasser de la balustrade. Ils se cachèrent dès que leur regard se croisèrent.

– Il fait un froid de canard dans la région depuis hier, ajouta Chad en servant un verre de whisky à son vieil ami Andrew. Assieds-toi, mon garçon. (Mais Harry avait tout sauf envie de s'assoir.) Comme tu voudras. Bien, alors, tu as reçu mon mail ? Tu en penses quoi de ma proposition ?

– Intéressante. Mais le prix ne me convient pas. Tu sais très bien que les sponsors...

– Au diable les sponsors. Je trouve ça raisonnable.

– Quelqu'un pourrait me donner plus, rétorqua Andrew.

– Mais personne ne respectera mieux ton œuvre que moi. Et puis, je suis tout de même son... enfin, son père !

Même Chad ne semblait pas y croire lui-même.

– V-Vous allez me vendre, c'est ça ? prononça doucement Harry.

– Nous ne te vendons pas, expliqua Burst. Le trafic d'êtres humains est strictement interdit...

– Dites ça à ma mère.

Chad se leva si brusquement, que Harry prit peur. Mais celui-ci alla déambuler à travers son large living-room.

– Tu lui expliques, s'impatienta-t-il. Ou je le fais ?

– Harry..., commença Andrew. Nous ne pouvons pas te replacer à Poudlard. Nous ne le devons pas car cela risquerait la sécurité de beaucoup de monde. Mais nous avons des accords, des responsabilités, des échéances à respecter. Tu peux comprendre ça ? Nous avons imaginé une solution qui pourrait convenir à tout le monde, et tu seras tranquille, on te le garantit. Puis après, quand tu auras atteint ta majorité, on reverra le contrat, d'accord ?

Harry fit non de la tête.

– Je ne veux plus passer à la télé. Vous ne pouvez pas me forcer à faire quelque chose que je ne veux pas.

Chad l'observa avec un regard amusé, mêlé à du dédain.

– Pourrais-tu dire à ton fils, Andrew, de gentiment nous laisser discuter entre adultes ? prononça Chad.

Les mots firent très mal à Harry.

– Mmh, Harry, et si tu allais faire un tour en cuisine avaler quelque chose ? Je te récupèrerai avant de partir. Tu n'as qu'à y aller avec Noah.

Il se retourna. Harry n'avait même pas encore remarqué sa présence. Noah se tenait à l'écart, tout près de l'encadrement d'une porte. Pour la première fois de sa vie, Harry se fit la réflexion qu'ils se ressemblaient. Noah n'accorda pas la moindre attention à son père et entraîna Harry à sa suite vers les cuisines. Ces dernières étaient tout aussi somptueuses que le reste et trois employés s'affairaient déjà à cuisiner un immense petit déjeuner.

– Vous êtes combien ici ? demanda Harry.

– Sept, répondit Noah en attrapant une corbeille de toasts. Mais, en général, notre père ne mange pas avec nous. Tu veux du jus d'orange ?

– O-Oui, je veux bien.

Ils quittèrent la cuisine par une magnifique porte donnant sur le jardin. C'était très embarrassant comme situation. Noah et lui avaient partagé quelques moments ensemble, à Poudlard. Ils avaient même discuté une ou deux fois cette année, lors de l'atelier théâtre des B.U.S.E. Mais jamais de sa vie Harry n'avait senti une gêne ou quoique ce soit de son côté.

– Tu savais que nous étions frères ? demanda-t-il tandis qu'ils quittaient la cuisine par la porte de derrière afin de rejoindre le gigantesque jardin.

– C'est parce que nous sommes frères que j'ai été recruté par le show. (Noah soupira et s'assit sur un bosquet, dos à la maison) Quand tu étais tout bébé, que l'émission venait juste de commencer, notre père s'est rendu compte qu'il avait laissé passer une fabuleuse occasion de devenir célèbre, de se faire de l'argent.

– Comment il a su que l'enfant qu'il avait eu avec ma mère, c'était bien moi, je veux dire... qui l'a averti ?

– Ta mère est venu le retrouver après son accouchement, dit-il en mordant dans un toast. Elle lui a demandé de l'aider dans sa procédure judiciaire pour te récupérer. Mais il ne s'est pas rangé de son côté comme elle a pu l'espérer. Il a contacté Andrew Burst et lui a fait comprendre qu'il l'appuierait dans sa démarche s'il... s'il touchait un petit dividende. Je crois que ta mère, elle, a refusé le marché.

– M-Mais, on a environ le même âge, n'est-ce pas ?

Noah acquiesça sombrement.

– Quand notre père s'est rendu compte de l'argent que tu générais, il a voulu... avoir sa propre part du butin. Il s'est débrouillé pour être père à nouveau, très vite après ça. Et il a fait promettre à Burst de m'intégrer dans le show d'ici quelques années. À la seizième saison, mon personnage devait prendre en importance avec celui de Blaise Zabini.

– Désolé.

– Ne t'excuse pas. Je détestais ce job.

Noah avait l'air sincère.

– Et ta mère dans tout ça... elle le vit bien ?

– Pas très bien, non. Elle a essayé de faire comprendre que c'était une mauvaise chose qu'on te garde enfermé. Mais elle est du genre très timide et mal assurée. Elle n'ose pas confronter mon père. Elle... Elle se contente de lui faire des enfants quand il en demande. (Noah se prit la tête entre les mains) C'est encore plus affreux lorsqu'on le dit à voix haute. Je suis désolé de ce qui t'arrive. Sincèrement. J'essaie de tout faire pour... pour que ça soit moins pénible pour toi.

Harry lui adressa un piteux sourire.

– Je ne pensais pas avoir un frère, dans cette vie ou dans une autre. Alors... Alors même s'il m'arrive tout un tas d'emmerdes, dans un sens, il m'arrive aussi des choses bien.

– Tu ne me détestes pas ? (Harry fit non de la tête) J'ai toujours eu très peur que tu finisses un jour par me détester. C'est ce qui était prévu dans le script de la prochaine saison. Je ne sais pas si je l'aurais supporté. Je... J'ai fait beaucoup de choses pour toi, se sentit-il obligé d'ajouter.

Harry fronça des sourcils.

– Rien de dangereux, j'espère, chuchota-t-il.

– Eh bien, si mon père – enfin, le nôtre, ajouta Noah précipitamment, le savait, je pense qu'il me tuerait. Tu es mon frère, tu comprends... Je ne pouvais pas juste rester là, et rien faire !

– Tu as fait quoi ?

Noah prit une inspiration.

– Je suis agent pour le Free Harry Movement. Le FHM m'a approché il y a deux ans de cela et j'ai accepté de travailler pour eux depuis l'intérieur.

– Comment ils ont réussi à t'approcher ? dit-il en sachant pertinemment que Burst n'était pas du genre à laisser ses acteurs se balader dans la nature. Ils savaient que nous avions un lien de... ?

Mais Harry ne sut jamais la réponse. La voix de Andrew Burst l'interpellait. Harry aurait voulu poser des tas de questions : Qui était Caspia ? Y avait-il d'autres Harvey Rost infiltrés un peu partout dans le monde ? Est-ce que Noah avait réellement conscience de ce dans quoi il s'était lancé ? Se reverraient-ils ? Qui étaient ses autres frères et sœurs ? Devait-il avoir peur de leur père ?

– A bientôt, Harry, prononça Noah, qui semblait hésiter entre une franche poignée de main ou le serrer dans ses bras.

– A bientôt, murmura l'autre, tout en restant à une distance respectable de son demi-frère.

Harry repartait tête basse, évitant les gros flocons de neige, quand Noah l'interpella à nouveau.

– Hey, attends ! Tu veux mon manteau ? J'en ai plein d'autres.

Il le dézippa et le lui jeta. Harry l'attrapa au vol. il sourit tout en enfilant le blouson. Harry enfourna les mains dans les poches et effleura ce qu'il pensait être un bout de papier. Il resta de marbre devant Andrew Burst qui lui pressa le bras pour partir. Ils grimpèrent à nouveau dans la luxueuse berline du producteur.

– J'ai cru que Chad n'allait jamais me lâcher, finit par grommeler Andrew Burst en se massant les tempes. (Voyant qu'il n'obtenait aucune réponse de la part de sa poule aux œufs d'or, il poursuivit) Ça t'a fait quoi de rencontrer ton père biologique ? Tu l'imaginais comme ça, ou plus avec le caractère de James Potter ?

Harry ferma les yeux, ravalant sa rage et sa tristesse. Toute sa putain de vie il avait idéalisé son père. Maintenant, il se rendait compte que ce dernier n'était qu'un horrible individu attiré uniquement par l'argent et le pouvoir. Que son père avait volontairement disparu de sa vie pour mieux le manipuler à distance. Assimiler tout ça, c'était extrêmement difficile. Il ne le digérerait probablement jamais.

Une partie de lui voudrait toujours avoir un père comme James Potter. Alors Harry se demanda si dehors, dans le vrai monde, ce genre d'homme existait. Si tout ceci n'était pas simplement une version romancée de la réalité. Harry souhaita de toutes les fibres de son corps que sa mère biologique ne soit pas aussi détraquée que Chad.

– Vous êtes finalement tombés d'accord sur ce que je devais devenir ? demanda Harry, terrorisé à l'idée de se retrouver à nouveau prisonnier d'un monde factice.

– Oui, soupira Burst. Je pense que nous sommes d'accord sur le fait que te garder enfermé et au même endroit serait néfaste pour les affaires et ta sécurité. Nous allons donc entamer une tournée à travers le monde et les fans pourront te rencontrer. C'est Chad qui t'accompagnera. Moi, je resterai à Londres à m'occuper de la nouvelle formule du show. Si tu veux, avec un peu de maturité, tu pourras y intervenir en tant qu'acteur. Qu'est-ce que tu en dis ?

Harry était éberlué et à la fois dégoûté qu'il lui fasse une telle proposition. Il décida de ne pas relever, tellement cela lui semblait indélicat et stupide.

– Je vais voir le monde ?

– Eh bien, oui. On commencera sûrement par l'Asie. Je vais mettre ça au point avec quelques sponsors. Ça ne va pas être simple de trouver des salles suffisamment grandes pour t'exposer...

– M'exposer ?

– Eh bien oui. Il va bien falloir que tout le monde en ait pour leur argent, qu'ils puissent te voir, quoi. Ne fais pas cette tête, Chad voulait au départ que tu signes un contrat avec une maison de disque et que tu fasses des concerts. J'ai dû diplomatiquement lui expliquer que tu chantais faux. Même en utilisant autotune, ça aurait fait un flop.

– V-Vous voulez m'utiliser comme dans un zoo humain, résuma Harry, subitement paniqué.

– C'est pas réellement ça ! Tout ce que tu auras à faire, c'est de sourire, signer quelques autographes et dire que tout va pour le mieux. Chad a un excellent sens du relationnel. Il saura comment te mettre en valeur.

– Mais, sa famille. Il va l'abandonner pour moi ? Pour se faire de l'argent ?

Andrew Burst ne lui prêta pas plus d'attention et décrocha son téléphone qui sonnait depuis quelques secondes. Harry voulait mourir. Il aurait dû s'enfuir encore plus loin si cela était possible. Mais il n'y avait nulle part où se cacher. Harry songea à Sirius, ou tout du moins à son personnage. Que ferait Sirius à sa place ? Où irait-il ?

– Tu disais ? reprit Burst en rangeant son portable dans la poche de son costume.

– Rien d'intéressant.

– Je suis sûr qu'il se trame tout un tas de trucs intéressants dans ta petite tête.

Harry lui envoya une oeillade dédaigneuse, mais consentit tout de même à répondre, plus pour s'évacuer l'esprit que par réelle envie de lui faire la conversation.

– Je repensais à Sirius.

Contre toute attente, Andrew Burst éclata de rire. Harry se mit à rougir. Il devait certainement faire pitié à toujours tout relier au monde magique alors que pour lui, et le restant du monde, ce n'était que quelque chose d'extrêmement lointain et irréel.

– Tu aimais beaucoup Sirius, hein ? lança Andrew. Eh bien, c'était moi Sirius. (Harry écarquilla les yeux) J'écrivais chacune de ses répliques et son courrier. J'ai créé le personnage de Sirius spécialement pour être en lien direct avec toi, d'une certaine façon.

Harry fut prit d'une envie de vomir. Sans doute plus violente que toutes les autres depuis son réveil. L'homme qu'il avait en face de lui était l'antithèse même de Sirius Black. Il n'était pas... Il ne pouvait pas être Sirius, d'une certaine manière. Il ne pouvait pas l'avoir apprécier un jour. Andrew Burst n'était pas quelqu'un d'aimable. Il ne pouvait pas avoir eu des élans d'affection pour son propre geôlier. Point.

Andrew Burst avait l'air de deviner par quel type de raisonnement il devait passer car il détourna pudiquement les yeux.

– Je me sens plus proche de toi qu'avec aucun de mes autres enfants, avoua douloureusement Burst.

Harry baissa les yeux. Il se sentait coupable d'une chose pour laquelle il n'y pouvait strictement rien. Ils approchaient de Londres. Finalement, la voiture arriva dans une allée majestueuse, encore plus clinquante de luxe que celle de Chad tout à l'heure.

La demeure Burst était à la hauteur de la démagogie de son propriétaire. Harry en resta longtemps le souffle coupé. En entrant dans le hall (qui devait bien faire la taille du rez-de-chaussée des Dursley), Harry repoussa un domestique qui voulait le débarrasser de son manteau.

– Tu occuperas une chambre là-haut, informa Burst, le temps que la situation s'arrange.

Du haut des escaliers, une femme apparut. Elle était très belle, mais ses yeux semblaient envoyer des éclairs.

– Il est hors de question qu'il reste ici ! rugit-elle en pointant un doigt menaçant vers Andrew. Nous avons encore deux enfants à protéger. Tu ne peux pas l'amener là. Si ça venait à se savoir, les extrémistes vont venir défoncer la porte de notre maison et...

– Ca suffit ! s'écria Andrew. Harry prend tes affaires. Installe-toi. On se reverra sans doute pour le dîner.

Il ne se le fit pas dire deux fois, se sentant mal à l'aise. Un maître d'hôtel l'accompagna jusqu'au couloir où se trouvait sa chambre. Tout à coup, Harry se figea lorsqu'il reconnut Ron (ou plutôt Arnold). Tous les deux se dévisagèrent. Puis la situation fit sens. Ils étaient tous deux les fils légaux de Andrew Burst. Arnold ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais Harry ne lui en laissa pas le temps et claqua la porte.

La chambre était outrageusement spacieuse et Harry n'y était pas habitué. Il éclata de rire lorsqu'il vit, au pied de son lit, sa malle de Poudlard contenant tous ses effets personnels. Il ne résista pas à l'envie d'y donner un coup pied puis s'approcha d'une des majestueuses fenêtres. Au moins, dans son sac à dos, il y avait toujours le morceau de miroir que lui avait donné Dawn...

En contrebas, dans le jardin, Andrew Burst fumait compulsivement une cigarette tout en retournant des mottes de gazon avec le bout de ses chaussures italiennes.

Là-bas, au loin, on apercevait les hautes tours de la City de Londres. Tout ici était splendide, mais cette maison n'en demeurait pas moins une prison. Harry espéra de toutes les fibres de son corps, même si cela n'avait que de maigres chances de se réaliser, que Burst et son père biologique abandonnent l'idée de faire une tournée mondiale avec lui. Il ne le supporterait pas.

Harry enfouit ses mains dans la poche de son manteau et s'apprêtait à retirer le petit papier que lui avait glisser Noah, quand il se ravisa. Et si sa chambre comportait des caméras ? Et si Andrew Burst avait augmenté la sécurité au maximum ? Piégé, Harry serra le poing sur le petit mot, le froissant à l'intérieur. Il ôta son manteau et le jeta d'un coup d'épaule par terre puis s'isola dans les toilettes. Harry déroula le petit papier et lut :

« Sois prêt à tout moment »

Harry jeta le message dans la cuvette des toilettes, tira la chasse et se demanda ce que cela pouvait bien vouloir dire.

Ooo

Varro grommela quelque chose puis alla ouvrir la porte de leur appartement. Seth, frigorifié, avait l'air incroyablement nerveux et regardait partout autour de lui.

– Mon vieux, tu ne sais pas ce qui m'arrive..., dit-il en entrant d'emblée. J'ai les flics au cul.

– Quoi ? s'étonna son ami. Pourquoi ?

– Je... Enfin, de vieilles histoires sans importance.

« De vieilles histoires... » Varro n'avait pas besoin d'en entendre davantage pour savoir de quoi il s'agissait. Lorsqu'ils s'étaient connus à leur école d'ingénieur, peu de temps avant que les parents de Seth ne meurent, celui-ci avait déjà un petit problème de drogue. Il s'était fait une vraie petite fortune en revendant quelques grammes par-ci, par-là à des étudiants rendus angoissés à l'approche des examens. Il s'était fait prendre par un responsable et s'était fait radier des listes.

Depuis, Seth avait l'interdiction formelle de s'instruire ou de travailler dans un établissement gouvernemental pour les cinq ans à venir. Varro avait trouvé qu'il s'en était plutôt tiré à bon compte, évitant la redoutable case prison. Seth disait à qui voulait l'entendre qu'il était clean, qu'il n'avait plus rien à se reprocher. Mais à voir ses yeux gonflés et son visage blême, Varro s'insulta mentalement pour l'avoir cru. Seth revendait sans doute du cannabis, mais il se shootait avec autre chose pour être dans un état aussi lamentable.

– Velma, comment va-t-elle ? s'enquit doucement Varro en traversant le living-room où sa mère s'était endormie, encore dans sa tenue de serveuse.

– Je ne sais pas, sanglota presque Seth dès qu'ils entrèrent dans sa chambre. J'en sais rien du tout. Ils l'ont prise avec eux. Si ça se trouve, elle est en foyer en ce moment. Ou pire encore, avec mon oncle Jeoffrey. Ils n'avaient pas le droit de me prendre ma petite sœur... Qu'est-ce que je vais faire, Varro ?

– Tu ne peux pas rester en cavale éternellement. Peut-être que si tu te livres à la police, ils accepteront d'être plus souples avec toi. Quant à Velma... je... je ne peux rien faire. On ne voudra jamais qu'elle s'installe ici. On est des inconnus pour elle, aux yeux de la loi.

– Adopte-la !

– Seth, t'as complètement craqué ! Je n'ai pas l'âge légal pour adopter, je te ferai dire ! Ni même la situation sociale ou financière. Je vis encore chez ma mère, dans la chambre que j'occupais tout gamin, tout ça parce que j'ai dû quitter Londres il y a deux ans.

Seth se mit à trembler d'effroi.

– Seth, prononça précautionneusement Varro, où est Harry ?

Son ami baissa la tête.

– J-Je pensais que tu l'aurais su par la radio ou la télé... Il... Il a été capturé. Je ne pouvais pas deviner qu'un jour les flics feraient une descente chez moi. J'étais persuadé d'être tout à fait discret sur mes affaires (Varro se mordit le poing, résistant à l'envie de le frapper). Je l'aimais bien. Je n'aurais jamais rien fait qui puisse lui nuire.

– C'est pourtant ce qu'il s'est passé, grogna Varro. Il faut que tu te livres à la police...

– Non ! s'écria Cha, qui avait écouté toute la conversation depuis le couloir. Avant ça, il faut qu'il parle.

– Qu'est-ce que tu veux que je raconte ? s'ébahit Seth.

– Il faut que tu dises exactement comment a vécu Harry avec toi ces dernières semaines. Il faut que tout le monde sache (Cha referma la porte de la chambre de son grand frère puis s'installa à sa chaise de bureau grinçante). On ne parle que de lui à travers le monde, mais personne ne lui a jamais accordé la parole. Personne ne se préoccupe réellement de ses aspirations, au fond. Si tu te confies aux médias, ta parole vaudra de l'or, Seth.

– Personne n'accordera du crédit à ce qu'il pourrait bien dire, rappela Varro. Tous les journaux mangent dans le creux de la main de Burst. Il faudrait un miracle qu'une rédaction publie un numéro là-dessus sans rien modifier. Ou qu'ils n'aient plus rien à perdre.

– … Ou il faudrait que ça soit un journal pas contrôlé par l'État, insinua Cha. (Une lueur de malice alluma le regard de son frère qui semblait avoir compris. Elle se tourna vers Seth) Je suis chroniqueuse dans le journal du lycée de Sinuesa Valley. C'est moi qui m'occupe de l'impression le jeudi après-midi parce que je n'étudie pas l'Allemand. Je fais moi-même la mise en page et je glisserai cet article à la place de celui sur les préparatifs de la Saint-Patrick.

– Mais, jeudi, c'est demain, fit remarquer Seth.

– Raison de plus pour se dépêcher, dit Cha, résolue. Tu es d'accord pour faire ça ?

Seth acquiesça.

– Si Burst tombe sur cet article, il sera obligé de rendre des comptes. Et puisque tu seras en prison à cause de tes affaires de deal, les gens croiront qu'on t'y a enfermé pour t'interdire de parler. Il ne lui restera plus d'autre choix que de te faire sortir pour calmer la pression médiatique ! s'extasia Varro. Il veillera à ce qu'il ne t'arrive absolument rien pour ne pas être incriminé.

– Comment Burst pourrait entendre parler de cet article ?

– Tu sous-estimes l'effet du bouche à oreille dans les lycées, rigola Cha en attrapant un crayon.

Ooo

Nyx sécha le cours d'Histoire de Mr Aaron afin de rejoindre Cha dans le lycée d'à côté. Elle savait que le jeudi après-midi, sa meilleure amie passait son temps dans le bureau de La Gazette afin de mettre en ligne, puis imprimer le numéro hebdomadaire. Nyx se faufila dans les couloirs vides puis grimpa les étages à toute vitesse.

Elle referma la porte de la rédaction et se retrouva curieusement avec plus de monde qu'elle ne l'aurait imaginé. Cha était derrière un ordinateur, l'air concentré, tandis que Kendall arpentait la pièce d'un air soucieux, comme s'il s'attendait à ce qu'une catastrophe les frappe de plein fouet dans les secondes à venir. Meleen sifflotait joyeusement l'hymne britannique tout en rechargeant l'imprimante de nouvelles cartouches noires. Nasir, quant à lui, était en train de consulter une large carte du district sur laquelle il plaçait des gommettes rouges.

En la voyant arriver, Cha eut un sourire resplendissant et lui sauta au cou, comme si elle avait déjà oublié leur animosité du début de la semaine.

– Il faut que tu voies ça !, s'écria-t-elle.

Elle la tira jusqu'à l'écran le plus proche et Nyx entrevit les premières lignes d'un article assez long et qui était rédigé par Cha. Il n'y avait aucun doute là-dessus. Elle reconnaissait son style.

– T-Tu comptes écrire un article contre la production du Harry Potter Show ? s'étonna sa meilleure amie. Mais, ce n'est pas dangereux ?

– Meleen a étudié le règlement de l'école.

Meleen était également la rédactrice en chef du journal.

– Ce n'est pas interdit pour nous, élèves, de faire valoir notre point de vue sur une question d'actualité sans inciter à la haine ou à la discrimination, reprit Cha qui sautillait d'excitation. On ne fait rien d'illégal aussi d'un point de vue juridique. Et, pour couronner le tout, nous avons réussi à convaincre des témoins de choix.

Nyx observa Kendall.

– Tu as accepté de témoigner ? formula-t-elle, incrédule. Mais, tu disais que ton contrat pour le show était encore valable pour deux ans et que...

– Je le fais parce que je crois que c'est juste, expliqua-t-il. Toute ma vie j'ai essayé d'être quelqu'un de bien, et je crois que cette émission me fait doucement perdre de vue l'essentiel. Cha m'a contacté ce matin, avant d'aller en cours, et je suis d'accord avec son idée. Si nous ne faisons rien, même à notre échelle, les choses ne changeront jamais. Et... Et je n'ai pas envie que la situation dure plus longtemps que ça, que d'autres de mes amis se fassent agresser injustement alors qu'ils n'y sont strictement pour rien là-dedans. J'ai contacté Dawn, et il a répondu à quelques unes des questions de Cha par téléphone.

– J'ai piqué la carte bleue de ma mère pour imprimer d'autres exemplaires. Mon père va me tuer, prononça Nasir en levant le nez de sa carte. Il va probablement même m'envoyer à l'école militaire. Mais cette émission craint un max. Leur méthode aussi. En tout cas, il me restera sans doute quelques heures pour distribuer des journaux un peu partout avant qu'il ne me rattrape.

– Pour ma part, j'ai contacté mon grand-père, qui jouait Dumbledore, articula Meleen. Il a été très heureux de nous divulguer tout ce qu'il savait sur la production. Je vais lui envoyer un PDF pour qu'il l'imprime chez lui et le distribue en Nouvelle-Zélande.

– Les choses se mettent en place, baby, rigola Cha. Varro accompagne un ami à la police, puis ensuite, il vient me prendre en voiture pour qu'on les livre un peu partout à Londres. Meleen va s'occuper de bombarder les réseaux sociaux. Si ça ne fait pas le buzz, je veux bien me couper l'oreille. Kendall, la presse est active ?

– Ouais.

– Il ne nous manque plus qu'un titre, rappela Meleen.

Cha observa sa meilleure amie et dit :

– Tu te souviens du lendemain du Harry Day, tes parents avaient fait un barbecue dans leur jardin. Tu nous as dit à Kendall et moi « Nyx vous regarde ! ». Je crois que ça serait plutôt accrocheur, non ?

– Plutôt, oui.

Les doigts de Cha se baladèrent sur le clavier et tapèrent le titre de leur article : « NYX IS WATCHING YOU ».

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Note, journal intime d'une sorbonaute : Haha, ouais, je sais : chapitre plein de rebondissements ! Pour celles et ceux qui préfèrent l'action plutôt que les descriptions, sachez (pour info, hein, juste comme ça) qu'une fic qui condense trop d'actions en un laps de temps court est une fic insuivable et dont on peine à se souvenir de tout. Il est donc normal – voire conseillé – d'espacer les phases lentes et les phases dynamiques pour ne pas créer un imbroglio. Je me doute que pas mal d'entre vous on envie de passer la cinquième pour obtenir des informations sur telle ou telle chose, mais où est l'intérêt de suivre un récit si ce dernier se retrouve bâclé à cause de la pression du lectorat ?

Laissez-moi aller à mon rythme, suivre mes idées et mon instinct, et (peut-être, hein), vous ne serez pas déçus. En attendant, évidemment il y aura des mécontents, des personnes super frustrées, pourtant j'écris d'abord pour moi, pour me faire plaisir, me détendre. Ensuite vient le plaisir de transmettre quelque chose et de le partager avec vous. Le but de cette histoire et de toutes les autres, doit être le plaisir avant tout ! Si un jour je n'ai plus de plaisir à écrire, j'arrêterai, of course. Mais ce jour-là n'est pas prêt d'arriver, ce sera l'heure des loups, des boucliers éclatés... Aragorn, sors de ce corps. Je tenais à remercier les personnes qui ont pris leur temps pour rattraper leur retard dans leur lecture, et aussi les nouveaux qui nous rejoignent en cours de route. Vous êtes merveilleux.

Bon, après j'ai été un peu deg sur un truc (autant utiliser ce bas de page comme un journal intime, tavu). J'ai décidé de faire des flash-back pour les chapitres à venir. Je les ai choisis et rédigés parce que je les trouve éclairants par rapport à la trame principale, voire même cruciaux. Si vous ne les lisez pas par choix ou par flemme, c'est dans votre droit absolu (le lecteur a le droit de sauter des passages qui l'ennuient, même si ça frustre parce qu'on met un soin tout particulier à les rédiger). Cependant, et là c'est un avertissement avec mes gros sourcils froncés, ne venez SURTOUT PAS vous plaindre de ne pas comprendre un truc qui pourrait se produire cinq à dix chapitres plus loin parce que vous ne les aurez pas lus. Je ne vais pas m'amuser dans chaque note d'auteur à faire un résumé de ce qui a été dit dans le souvenir. J'ai vraiment autre chose à faire dans ma vie que de prémâcher la nourriture pour que ça soit plus digeste (Genre j'ai une vie. Tu te mens à toi-même bichette).

Sincèrement, mettez-vous parfois à la place de l'auteur quand vous dites des trucs (même si ça vous passe au-dessus de la tête et que c'est tout à fait innocent). On ne sait pas comment la personne en face peut l'interpréter. I mean, si un jour on me dit « Ouais, bah j'ai pas lu la moitié parce que ça me faisait iech », je pourrais arrêter d'écrire ce genre de choses. À titre personnel, je ne le fais pas car, comme dit plus haut, j'écris avant tout pour moi, pour me faire plaisir et parce que je ne veux pas modifier ma trame pour plaire à Mlle Bidule et Lecteur Machin. En revanche, je sais que d'autres auteurs le font. J'ai déjà vu des auteurs – assez doués au passage – réécrire des chapitres entiers parce qu'une lectrice leur avait fait remarquer que ça ou ça ne leur plaisait pas. On est dans un système sur ce site où le lecteur a le pouvoir grâce au dialogue. Ça m'est infiniment précieux. Mais il est important de respecter le travail déjà fait. Les critiques constructives sont toujours les bienvenues et ça m'aide à mort. Vous ne vous rendez pas compte.

Cependant, je me passerai des trucs bateau du genre « j'attends du hardsex drarry. La suite » Bon, ok, j'ai jamais reçu de tels commentaires (que Merlin m'en préserve). Mais je seeeeeeens votre impatience. Ça va venir, mes bichons. Ça va sincèrement venir. En attendant, je dois dealer avec ma vie personnelle, mes amis, mon job qui me prend plus de vingt heures par semaines, mes cours tous les matins (et parfois le soir), les livres que je dois lire, mes recherches pour mon Master et le week-end où je suis en famille. Je n'écris que quand tout ce que je dois faire est terminé. Écrire un chapitre pour Nyx me prend du temps. Ce n'est pas comme mes autres histoires où je pouvais torcher ça rapidos parce que y'avait pas de trame de fond. Pour cette histoire, c'est différent parce que y'a tellement de storylines qui s'entrecroisent que c'est dur à gérer.

Imaginez un peu le temps qu'il me faut pour me fixer sur mes idées, rédiger un brouillon qui tient la route, inventer des choses, trouver des concordances avec le bouquin, relire les chapitres précédents pour ne pas me planter sur un détail, créer un caractère et un passif à tous les personnages, faire une sélection de scènes par chapitre, l'écrire en entier, sélectionner les musiques d'ambiance, les citations, trouver le titre parbleu ! l'envoyer en correction, le réceptionner, le relire et modifier les choses à modifier, clarifier les choses à clarifier. Faire la mise en page, puis le mettre en ligne, répondre aux reviews et se remettre au prochain chapitre. Sans rire, rien qu'avec Nyx, sur un chapitre, je pense qu'en moyenne je dois passer des dizaines d'heures dessus (et Eymeric fait un job tout aussi conséquent). On ne s'en rend pas bien compte en le lisant en même pas une demi-heure. Je sais que je n'ai pas grand chose à vous reprocher. Vous êtes des lecteurs badass, toujours. Mais j'avais envie de faire partager ce sentiment parce que, pour certains, j'ai l'impression qu'écrire la suite de Nyx est quelque chose de facile et rapide. Grande nouvelle : non, ça ne l'est pas. Je vous aime passionnément, D.

post-scriptum : Ah et ceux qui vont râler parce qu'on ne voit pas Dawn et Dylan, vous pouvez aller râler dans la case juste en bas, par commentaire (en même temps, le gugus a été sous les spotlights au chapitre précédent. Il doit laisser sa place aux autres. C'est pas Mariah Carey) (Dans le prochain chapitre, j'exploiterai un souvenir de Dawn ;))).