Posté le : 17 Juin 2014. Cette fic est classée Rating H. Pour Heart-attack.


PETITE GROSSE INFO : Le samedi 28 juin c'est la Gay Pride pour la ville de Paris. J'y serai, comme d'habitude. J'ai proposé le thème « Drapeau LGBT » à mes amies du Baba (pour ma part je serai en indigo, trop de feels) et nous aurons chacun une couleur. Lors de cette Marche des Fiertés nous nous donnerons rendez-vous à la Tour Montparnasse pour le départ. Il y aura d'autres auteurs et lecteurs du site, comme x-Lilo, Samaire LaBiche, et tout plein d'autres (sorry, guys, je suis fatiguée de me souvenir des pseudos de tout le monde). Après quoi, nous ferons sûrement un petit after quelques part. Donc si vous voulez vous joindre à nous le temps d'une journée, ça serait avec grand plaisir. Manifestez-vous à temps pour que je puisse prévoir ça (oui, parce que une année, on allait se tirer en ayant oublié un gens, ça aurait été triste de ne pas faire une liste des personnes). Pour plus d'info, redigez-vous sur le groupe facebook « The Baba O'Riley » où il y a un petit topic spécialement pour l'occasion.


Réponses aux reviews anonyme :

Fishina : Oh, une nouvelle lectrice ! Le chapitre spécial Sinuesa est enfin arrivé et j'espère de tout cœur qu'il sera aussi bon à tes yeux que les précédents *allume un cierge pour porter chance*. Sinon, je n'ai pas vu La Piel Que Habito, donc je te crois sur parole pour le rapprochement.

Nyanna : Il est évident que la relation Andrew / Harry est pleine de paradoxe. Ils ne peuvent pas vivre l'un sans l'autre, pourtant ils se détruistent mutuellement. L'acteur qui interprète Lupin est ce qu'il est. Il a une vie en-dehors du biome et peut-être même qu'il n'est pas aussi sympa que dans la série... Sinon, oui, je continue d'évoluer et mes récits également. J'espère que ça continuera en ce sens. « P.S: il manque un verbe à une phrase, au moment où Harry abat une assiette sur le crâne de Harold, le verbe prendre j'imagine. (oui oui, je suis une chieuse pointilleuse). » Oui, je m'en suis rendue compte assez vite. Et je ne l'ai toujours pas corrigé. Mais quitte à être chieuse jusqu'au bout, c'est Arnold, et pas Harold. Just saying, loulz. Je t'embrasse !

Agathe : Ouais, je sais, pauvre Harry adoré. Mais bon, la vie est pavée de souffrance. Tout le monde le sait. À la prochaine !

Will-emo-Death : Oh, cool ! Pas taper ! Arrière, sale bête ! *agite du persil* Non mais, c'est ça aussi de se lancer dans une fic qui n'est pas encore complète. Il faut faire avec les arrêts cardiaques répétitifs. Pour te rassurer : dis-toi que ça ne durera pas éternellement. See ya.

Meleserpentard : Si on mets Andrew Burst et Chad dans la même pièce, je ne sais pas qui boufferait l'autre, mais c'est sûr qu'ils sont tous les deux détestables à leur manière. Quoique Chad a moins de scrupule. Une rencontre entre Harry et la fille de Burst ? Mmh, pour l'instant ce n'est pas dans mes projets, surtout qu'ils sont déjà éloignés géographiquement. Disons que l'intrigue ne parlera plus de Hermione pendant un moment. Il faut juste que se rappeler qu'elle fait ses études das le sud de la Frace et qu'elle existe toujours. Sinon, Arnold est naturellement bon. Je veux dire, ok, Harry n'est pas son meilleur ami. Mais Arnold n'a pas de méchanceté au fond de lui. Pour savoir ce qu'il s'est passé avec Nyx, tu auras une grande partie de tes réponses dans ce chapitre-ci. Pour la citation de GOT, je la trouve plus que approprié pour le dernier chapitre. Harry saisit lui-même l'échelle et créé le chaos, comme Littlefinger. Il n'attend pas qu'un tiers agisse à sa place, et en ça ils se ressemblent. Je te remercie pour tous tes encouragements.

Jopaz : Je suis très satisfaite que tu trouves ce chapitre « horrible sur le plan psychologique ». Je me suis vraiment cassée la tête pendant plusieurs semaines afin de trouver un recours pour que le lecteur se sente tout aussi cloisonné que Harry dans la maison de verre. Je croise les doigts pour que la suite réponde à plusieurs de tes attentes !

Samai-Chan : Je te remercie de ta review.

C-E456 : J'adore trouver de nouvelles idées pour NIWY. Ça me force à réfléchir, à tenter de construire une trame solide sur plusieurs personnages et la durée. Tu sauras dans ce chapitre-ci et le prochain quelles ont été les conséquences de la maison de verre. Je n'en dis pas plus. Ah, et Cha m'avait également manqué !

Nerisys : Je pense que tous les lecteurs ont eu un gros blocage dernièrement. Je pense que je vais mettre un nouveau rating. Le rating H, pour Heart-attack, haha. La relation entre Nyx et Kendall va grandement évoluer dans le temps à venir, mais pour ça il faudra lire la suite. Tu n'as pas été la seule à avoir encouragé Harry tout du long. Je migeotais cette scène depuis un moment donc je suis très heureuse d'avoir pu la mettre en place et surtout d'être parvenue à la rendre aussi vivante. Je ne veux pas d'un Harry faible dans NIWY. Il gardera son caractère et évoluera tout doucement, et je pense que son évolution psychologique sera sans doute une des choses les plus intéressantes pour la suite. Sinon, Andrew Burst ne sait pas que Chad compte le prostituer ! C'est ça le plot-twist. Chad fait des démarches en cavalier seul, haha.

Antiphatic : Oh, oui, j'aime être Pikachu. Je me sens glorieuse. Mmh, sinon il y aura évidemment de nouvelles infos. De nouveaux trucs complètement fucked up, mais pour ça, il faudra lire.

Bambinette-sama : ROLF. Tu devais vraiment être une larve en rédigeant cette review. Ma pauvre. Tiens, voici une chocogrenouille pour te remettre de tes émotions. Bon, euh, tu vas encore souffrir un moment, je te le garantis, muahahahaha.

Elora : Par rapport à Kendall, tu sauras très vite ce qu'il en est puisque je donne la réponse dans ce chapitre ! Donc tu seras fixée et pourra enfin jugée son attitude dans le chapitre 26. Pour Chad, je pense que tout le monde s'est mis d'accord qu'il était pire que Burst, haha, c'est drôle comme les tendances s'inversent depuis quelques temps. Je te remercie de continuer à me suivre avec autant de zèle, héhé. Bise !

Que-Mettre : Merci beaucoup ! Moi aussi je compte faire la Gay Pride cette année (comme les précédentes), mais à Paris. Mais je connais bien Lille pour m'y être rendue à plusieurs reprises. Croisons les doigts que pour la prochaine fois nous y croisons le char officiel du Baba.

Poulpy : Non mais Arnold se fait maltraiter de tous les côtés, on est bien d'accord (Pourquoi j'ai un sourire vicieux en disant ça ? Pourquoi?). J'ai bien aimé ton scénario mais nous savons toutes les deux que ça ne se passera jamais de la vie comme ça. Donc en attendant, on va se contenter de mon cerveau tordu à bien des niveaux.


Le mot du bêta – Eymeric : À force de rajouter des chapitres, je ne saurai plus quoi écrire dans ces « mots du bêta ». Salut les loulous ! Vous êtes en forme ? Non, bien sûr. J'ai bien vu que le dernier chapitre vous avait traumatisés. Bon courage pour la suite, même moi je suis traumatisé, maintenant. Pas de panique, je n'abandonnerai pas mon rôle pour autant (genre je vais laisser cette chance à quelqu'un d'autre, non, je suis un rapace hinhinhin). Merci encore pour vos commentaires, ils sont toujours appréciés et utiles pour avancer, surtout dans cette histoire, qui se trouve être encore plus chargée que je ne l'imaginais. Bonne lecture les loulous, et plein de poutoux !


Musiques : 01. Through My Teeth – The Electric Hearts. 02. Fucked My Way Up To The Top – Lana Del Rey. 03. Loneliness #4 (Other people's letters) – Arcade Fire.04. 6 Underground – Sneaker Pimps. 05. Kill And Run – Sia. 06. Apologize – One Republic. 07. Human – Civil Twilight. 08. I'll Be Waiting – Lenny Kravitz. 09. Benjamin and Daisy – Alexandre Desplat. 10. Oceans – Coldplay.


Chapitre 28 : « CHA IS NOT WATCHING YOU »

« Le téléviseur est "réel". Il est là, il a de la dimension. Il vous dit quoi penser, vous le hurle à la figure. Il doit avoir raison, tant ilparaît avoir raison. Il vous précipite si vite vers ses propres conclusions que votre esprit n'a pas le temps de se récrier : "Quelle idiotie !" », Ray Bradbury.

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Cha fumait sa cigarette, le nez levé vers le ciel.

Il n'y avait personne aux alentours, la nuit étant tombée depuis longtemps. D'ici une poignée d'heures, le monde entier aurait le nez collé à leur télévision afin d'assister au final de la quinzième saison du Harry Potter Show. Cha savait pertinemment que des caméras de surveillance étaient plantées ici et là. Mais rien qui ne puisse être contourné. Combattre le feu par le feu, c'est ce qu'elle faisait sans doute de mieux.

Avec un léger sourire, elle observa encore un moment l'antenne relais du comté. Cette immense tourelle d'acier la narguait, luisant dans le noir. Plus pour longtemps, songea-t-elle. Cha jeta sa cigarette par terre et un liseré bleuté s'embrasa au sol, dans la pénombre. Le fil de flamme calcina les mauvaises herbes du terrain vague et se dirigea droit vers l'antenne.

D'un air indéchiffrable, Cha regarda la tour être cernée par le feu, fondre telle une bougie, puis exploser dans un capharnaüm tonitruant. Cha fit volte-face et quitta les lieux d'un pas tranquille, mesuré. Désormais, les habitants de Sinuesa Valley n'auraient plus accès à la télévision.

Ooo

Cha était recroquevillée dans un coin du living-room, serrant Andy dans ses bras. Ses longs cheveux noirs tombaient tout autour de son visage comme des rideaux de soie. Sur la table du salon trônait encore leur matériel d'art plastique.

Quelques minutes auparavant, Cha aidait Andy à réaliser un joli dessin pour sa maîtresse de l'école maternelle. Cette dernière partait à la retraite. Ça avait été aussi l'institutrice de Charlotte des années auparavant. C'était grâce à cette femme qu'elle avait aimé peindre. Son petit frère avait les mains plaquées sur ses oreilles, comme s'il espérait ne plus entendre ses parents se disputer.

Le volume de la télévision était à son maximum, afin de couvrir les rumeurs de leur querelle, mais les deux enfants pouvaient encore voir leurs parents s'entredéchirer. Cha pressa Andy encore plus fort contre elle. Elle savait que leur père, quand il en avait fini avec leur mère, se tournait vers eux, d'une humeur plus massacrante que jamais.

Du haut de ses huit ans, Cha se demandait ce qui ne tournait pas rond chez eux pour autant se crier dessus. Ils n'étaient pas bien riches, n'allaient pratiquement jamais en vacances et avaient coupé les ponts avec la plupart des membres de leur famille. Mais ils étaient là, en bonne santé, avec trois enfants raisonnablement doués. Pourquoi se plaignaient-ils ?

Je t'interdis de me parler comme ça ! protesta Betty Parker.

Ah ouais ? rétorqua son mari. J'aimerais bien voir ça.

Sa mère était dépourvue de courage ou de volonté. Cha aurait voulu qu'elle le repousse, qu'elle lui dise de partir et de les laisser tranquilles pour de bon. Pourtant, elle savait au plus profond d'elle-même que ce jour n'arriverait jamais. Leur père était incapable de les laisser tranquilles.

Ce n'est pas de ma faute si tu te fais virer à tous les coups ! Tu n'as qu'à te réveiller à l'heure, comme tout le monde dans cette baraque.

Andy commença à pleurer. Cha plaqua sa main sur sa bouche. Ce n'était pas le moment de se faire remarquer. Cependant il était déjà trop tard. Leur père avait bifurqué droit vers leur cachette.

Vous faites quoi planqués ici ? rugit-il en secouant Andy par le bras.

Non ! glapit Cha. Laisse-le tranquille. Maman, dis-lui de le laisser tranquille !

Sa mère baissa les yeux. Andy prenait souvent des coups depuis quelque temps. Pourtant, il n'était encore qu'un bébé. Il ne savait même pas parler correctement. Et sa mère ne disait rien. Elle devait être soulagée de ne pas prendre, pour une fois. Cha comprit à ce moment-là que toute sa vie, et celles de ses frères, étaient basées sur une profonde injustice. Rien n'aurait dû se passer comme ça. Cha ne pouvait pas rester là, et ne rien faire !

Non ! répéta-t-elle en tirant le bras de son père en arrière.

Sans même réfléchir, Cha le mordit. Andy retomba par terre dans un bruit sourd, les contours de son cou légèrement violacé. Tétanisé de peur, Cha resta un moment immobile, à quatre pattes au sol tandis que son père grognait de douleur en examinant la profondeur de la plaie. Cha se tourna vers sa mère qui pleurait silencieusement à plusieurs mètres d'eux. Elle était lâche. Complètement lâche.

Espèce de tarée ! cria son père.

Kenan, supplia Betty. Laisse tomber. On... On va arranger ça.

Kenan Parker attrapa Cha par les cheveux, la forçant à se relever.

Pourquoi t'as fait ça ?

Cha tentait maladroitement de défaire l'emprise des doigts de son père autour de ses cheveux. Des larmes coulaient sur ses joues, mais elle resta parfaitement silencieuse. Son père commença à la secouer dans tous les sens et son front heurta la table.

Pourquoi t'as fait ça ? répéta-t-il, plus en colère que tout à l'heure.

Cha attrapa le ciseau et coupa ses cheveux à quelques centimètres de l'endroit où son père les tenait. Le temps qu'il réalise qu'elle avait réussi à s'échapper, elle alla s'enfermer dans la salle de bain. Cha réalisa que son nez coulait. Elle l'essuya avec le revers de sa manche et attendit que son père se calme, qu'il cesse de l'insulter à travers la porte.

Cela semblait durer depuis une éternité quand la voix de Varro surgit. Il devait être revenu de son entraînement de football. Cha essaya de comprendre ce qu'il disait. Varro muait tout juste. Mais là, sa voix éraillée faisait légèrement peur. Il n'y avait plus rien de drôle là-dedans.

CASSE-TOI ! criait Varro. CASSE-TOI !

Un bruit de meuble qu'on renverse fit sursauter Cha. Elle aurait voulu être courageuse, comme tout à l'heure. Elle aurait voulu aider son frère. Mais elle s'en sentait tout bonnement incapable. Peut-être même n'avait-elle jamais été courageuse. Elle avait endossé cette responsabilité, car il fallait bien que quelqu'un le fasse ici.

Tu vas faire quoi maintenant, hein ? nargua la voix de leur père. Tu n'es qu'un morveux. Reste à ta place.

Où était leur place dans tout ça ? Pourquoi était-ce à eux de subir tout ça ? Pourquoi leur père ne pouvait pas se défouler sur les personnes qui lui faisaient véritablement du mal ? Cha ouvrit le verrou de la salle de bain. Varro était agenouillé par terre, le nez ensanglanté, tandis que Andy semblait réveillé, les mains cachant ses contusions au cou. Varro se releva.

Je ne te laisserai plus faire. Si tu ne t'en vas pas ce soir, j'irai à la police.

Cette fois, leur père agit comme s'il venait d'être frappé à son tour. S'il était encore en liberté après tout ce qu'il leur avait déjà fait subir, c'est uniquement parce que leur mère les avait implorés de garder le secret. Mais à présent, ils ne pouvaient plus tenir.

Parfait, dit-il. Je m'en vais. Amusez-vous bien sans moi.

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o

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La semaine qui suivit, Cha se sentit incroyablement coupable du départ de son père. Elle ne savait pas bien pourquoi, mais elle avait l'impression qu'elle tenait une grande part de responsabilité là-dedans. Plus rien ne serait jamais pareil, dorénavant.

Est-ce que tu peux m'aider à me balancer ?

Cha leva le nez. C'était une petite fille de son école. Sa maman était même une des institutrices. Elle s'appelait, Mrs Sommerhearst. Cha n'aimait pas trop cette fille. Elle avait l'air trop heureuse pour son propre bien. Comment pouvait-on être aussi heureux et aimé ? Ce n'était pas normal. La petite fille tenta misérablement de prendre de l'élan sur sa balançoire, en vain. Elle ne savait pas comment s'y prendre.

Toi, tu t'appelles Charlotte, dit-elle.

Je sais comment je m'appelle.

La fillette eut un sourire gêné.

Pourquoi tu t'es fait coupé les cheveux ? (Cha passa maladroitement ses doigts dans sa tignasse coupée courte) Ils étaient très bien avant, tout long. (Cha haussa des épaules, comme si ça lui était parfaitement égal. Mais, en réalité, elle aimait beaucoup ses cheveux d'avant) Ce n'est pas très grave, tu sais. Tu ressembles un peu à Harry Potter. Tu connais Harry Potter ?

Oui, comme tout le monde.

Mes parents m'ont emmené visiter Little Whinging à Londres, le week-end dernier. Enfin, ce n'était pas la vraie maison. Mais ça y ressemblait beaucoup. À la maison, on a tout plein d'objets sur Harry Potter. Dans une vitrine grande comme ça.

La fille élargit grand ses bras et Cha trouva ça profondément ridicule.

À la maison, on n'a pas trop le droit de regarder la télé, expliqua Cha.

Si tu veux, tu peux venir chez moi. J'ai beaucoup de jouets aussi. Mais, c'est assez nul d'être toute seule.

Tu n'as pas de frère ou de sœur pour être avec toi ?

La fille fit non de la tête, légèrement triste.

Peut-être un jour. Alors, tu veux bien m'aider à me balancer ?

Cha acquiesça. Ça faisait tout drôle d'avoir quelqu'un avec qui parler à l'école. Cha grimpa sur la balançoire, se mettant debout derrière la petite fille. Elle riait beaucoup. Quand elles cessèrent d'avoir de l'élan, une autre petite fille se plaça juste devant :

Hey, Nyx ! Tu viens jouer avec nous ?

Non, je préfère rester ici, avec Charlotte.

Vexée, l'autre fillette s'en alla. Cha resta parfaitement muette : c'était la première fois de sa vie qu'on la préférait à quelqu'un d'autre.

Ooo

– C'est la police.

Cha sursauta en reconnaissant la voix du père de Nasir. Il était le chef de la brigade et ne se déplaçait que pour des affaires importantes, autrement, il envoyait ses bleus. Varro alla ouvrir, circonspect. Leur petit frère Andy se pressa tout contre Cha afin de chercher un peu de réconfort. Le cœur battant, la jeune fille resta parfaitement immobile dans son large fauteuil, les yeux rivés vers les rideaux usés de leur appartement. Contre toute attente, elle serra Andy dans ses bras. Ça serait sans doute la dernière fois.

Peut-être que la police était venue ici, car ils savaient que c'était elle qui avait fait exploser l'antenne télévision. Que risquait-elle ? D'être fichée comme terroriste. Et il n'y avait rien de pire. On pouvait finir derrière les barreaux pendant des dizaines d'années pour quelque chose dans ce goût-là. Andy leva vers elle ses grands yeux bleus effrayés.

– Qu'est-ce qu'il y a Charlotte ?

– Rien, murmura-t-elle, émue. Je... Promets-moi de ne plus regarder la télé, d'accord ?

Le petit garçon fronça des sourcils tandis qu'un groupe restreint d'agents de police pénétraient chez eux. Le père de Nasir avança jusqu'à Varro, embarrassé.

– Écoute, mon garçon, on s'aime bien tous les deux, mais je vais devoir être désagréable. Je te ramène ce type. Il dit qu'il te connaît très bien. (Cha se retourna. Il s'agissait de Seth) Le procureur a signé sa libération ce matin et il veut s'assurer que d'ici la semaine à venir, il sera dans les parages. Son dossier est encore en attente donc ça serait pas mal qu'on puisse avoir la main sur ce lascar de temps à autre. Et puis, c'est la pagaille pour la police en ce moment. On doit retrouver celui qui a fichu en l'air l'antenne. On n'a pas la moindre trace... Hey ! Salut les enfants !

Andy souriait largement. Il avait toujours adoré les policiers. Quoique crispée, Cha respira précipitamment, comme si elle venait tout juste de sortir la tête hors de l'eau. La police ne savait pas encore qui c'était. C'était donc une bonne chose.

– Bon, eh bien, si tu es d'accord Varro, je te le laisse. Prends bien soin de toi.

Le père de Nasir repartit avec les deux autres agents, laissant Seth sur le pas de la porte. Il avait l'air épuisé. Sa barbe avait également poussé lors de son court séjour en prison. Cha ne comprenait pas comment il avait fait pour s'en sortir aussi facilement. Après tout, il avait été arrêté pour trafic de drogue. Varro s'approcha de son ami et l'incita à s'installer quelque part.

– Je suis désolé pour les ennuis que je vous apporte, prononça-t-il. C'est temporaire. Bientôt, je pourrai m'en aller.

– Je croyais qu'ils avaient saisi la maison de ta tante pour pouvoir l'inspecter ? demanda Varro.

– Ils ont tout pris, articula Seth. Tout saisi. Ils disent que là-dedans peuvent encore se trouver de la drogue ou des indices sur les traitements que j'ai pu infliger à Harry.

– Les traitements ?

– Burst est venu me voir en prison. Il va faire croire à la presse que je le séquestrais, que je me servais de Harry et de ma petite sœur comme mules pour distribuer le cannabis. Un scénario dingue. Le pire dans tout ça, c'est que le juge aurait sûrement été prêt à croire à sa version. Mais...

Cha avait appris depuis longtemps qu'il n'y avait que les paroles se trouvant après un « Mais » qui importaient.

– … Mais il m'a proposé un marché.

Varro et Cha échangèrent un regard éloquent. Seth baissait les yeux, honteux.

– Burst m'a dit que... que si je retirais publiquement ce que j'avais confié à la gazette de ton lycée, il me laisserait le choix. Il a dit que si je déformais tous tes propos et que je te convainquais de revenir aussi là-dessus, il me laisserait une chance. Je suis désolée Cha, mais ma petite sœur... Il faut aussi que je pense à elle. Je n'ai plus de maison, plus d'entrées d'argent et la police me suit partout. Si je n'accepte pas, Velma finira sa vie dans un foyer pour adolescents à problèmes. Je dois prendre soin d'elle.

Cha était révoltée. Non pas contre Seth, parce qu'elle aurait sans doute agi de la même façon en étant à sa place. Il fallait voir la manière dont elle protégeait Andy. Jamais elle ne l'aurait abandonné, même si ça impliquait de renoncer à ses convictions personnelles. Velma était la victime de leur petite révolution. Toutes les répercussions s'étaient faites sur elle, alors qu'elle n'avait jamais été complice de tout ça. C'était injuste.

– Burst t'a proposé de récupérer Velma ? interrogea Varro.

– Oui, de la récupérer, d'effacer mon casier judiciaire, et de m'offrir un nouveau logement, et un emploi.

– Un emploi ? souligna Cha. Quel genre d'emploi ?

Seth prit une profonde inspiration.

– Depuis le décès de mes parents, j'ai décidé d'arrêter les cours pour vendre de la drogue. C'était une valeur sûre et qui rapportait. Je n'ai fait que ça pendant des années. Je n'ai aucun diplôme, ni aucune formation. Je ne dis pas que ça sera impossible de reprendre mes études. Mais ça me demanderait du temps que je n'ai pas pour l'instant, surtout si je dois aussi m'occuper de l'éducation de Velma. Être dealeur t'apporte des qualifications qui ne sont pas reconnues dans les circuits officiels. Je pouvais en vendre un tas, ou déplacer des quantités énormes d'un endroit à un autre sans me faire prendre par la brigade des stupéfiants. J'étais doué à ça. Très doué... Ce que je veux dire par là, c'est que si je n'accepte pas ce marché, peu de patrons prendront le risque d'employer un gars comme moi. Burst m'a proposé de devenir assistant coordinateur des ressources matérielles. Je serai chargé de, mmh, eh bien d'acheminer les stocks de marchandises des usines jusqu'à divers endroits. Je m'y connais assez en routes et transporteurs, alors...

Cha eut un rire pincé, légèrement hystérique.

– Burst est malin. Il va appuyer sur la corde sensible de chacun d'entre nous. Puis nous proposer un métier pour qu'on lui mange dans le creux de la main. Ingénieux ce type.

– Sois proche de tes amis, mais davantage encore de tes ennemis, maugréa Varro en acquiesçant.

– De quoi vous parlez ?

– Burst a employé Nyx le mois dernier. Il l'a fait revenir dans le studio en lui attribuant le rôle d'une fille détestable en qui on ne peut pas avoir confiance. Et maintenant, il te propose un job à toi.

– Tu penses que je devrais refuser ?

– Non. Accepter est la meilleure des choses que tu puisses faire. On ne parle pas simplement de nous, là, on parle de Velma, mais aussi de Harry.

Un silence inconfortable s'étira entre eux. Seth se frotta le visage, comme pour se réveiller d'un cauchemar tout à fait convainquant.

– Comment va-t-il ?

– Aux dernières nouvelles, mal, répondit Varro. Ils ont essayé de l'enfermer dans une maison en verre à Paris. Il a fait une sorte de crise et a menacé les organisateurs de la convention de s'immoler. Les images ont été reprises par le FHM et diffusées massivement. Des gens ont décidé de protester un peu partout. Ils ont lancé une pétition pour que la justice prenne au sérieux son cas et voient ce qu'il se passe du côté de Burst.

– Il est dans de sales draps, confirma Cha. La cour de justice internationale de protection de l'enfance l'a convoqué. Il va enfin devoir rendre des comptes. Il paraît que la haute juge n'est pas une tendre. J'imagine qu'il va avoir du mal à fournir des explications suffisantes. La juge a exigé que Harry retourne expressément sur le territoire britannique dans un délai de trois jours, et de mettre fin à sa tournée mondiale. Elle a dit aussi qu'un bilan sanitaire et psychologique approfondi serait fait, et qu'ils allaient réunir des dizaines de professionnels d'à travers le monde pour statuer sur son cas.

– Wow, ça a l'air d'être du sérieux, constata Seth.

– Ça devient très sérieux, oui. Les gens ont été dégoûtés de ce qu'il s'est passé dans cette boîte en verre. Choqués, surtout. Je pense que jusqu'ici, ils ne voulaient pas réellement voir ce qu'il se passait juste sous leur nez.

– Le FHM a fait une nouvelle allocution ? demanda Seth.

– Non, pas encore, répondit son ami. Mais il devient de plus en plus clair qu'ils préparent quelque chose...

ooo

Harry marchait auprès de son père biologique, le ventre noué. Ils étaient retournés à Londres sous les ordres express de Andrew Burst. Harry ne savait pas trop ce qu'il se passait en ce moment, mais les choses ne tournaient pas rond. Il s'était attendu à être reconduit chez le producteur de l'émission, mais Chad l'emmena jusque dans un hôtel cosy de la capitale. Des gardes du corps l'encadraient toujours pour sa propre sécurité.

Pourtant, selon Harry, le danger véritable ne provenait pas des personnes dehors, mais bien de l'homme qui était son père. Malgré toutes les déconvenues des jours précédents, Chad souriait. Harry savait pourquoi. Il allait rencontrer un des hommes qui payerait pour passer une nuit avec lui. Harry était très anxieux. Cependant, il savait que rien ne se passerait jusqu'à ce qu'il ait fêté ses seize ans et qu'il accepte d'avoir une relation avec lui. Si ces deux conditions n'étaient pas réunies, on ne pourrait le contraindre à consommer. Il fallait que ça vienne de lui-même.

Pendant un instant, Harry se dit qu'il regrettait de ne pas avoir cédé aux avances de Seth. S'ils avaient couché ensemble, peut-être que ça aurait été plus facile de franchir ce cap ? Il n'en savait rien. Ça resterait toujours aussi horrible, mais au moins, sa première fois ne serait pas avec un parfait inconnu. La question était : pourquoi n'avait-on pas proposé à des femmes de coucher avec lui ? Pourquoi uniquement des hommes ?

– Par ici, dit Chad. C'est un homme très riche. Un prince du Moyen-Orient, tu sais. Ce genre de conneries. Son père est un des partenaires financiers de Burst. Ils possèdent un tas d'émissions de télé en Afrique et dans le monde arabe (Harry acquiesça) Il connait les Nadghul aussi. Tu sais, la famille de la femme de Burst. Ils sont amis. C'est un gars cool, tu vas voir. Tout ce qu'il veut, c'est faire connaissance avec toi avant le grand jour.

Harry n'avait pas le choix. S'il voulait que sa mère et son enfant soient en sécurité, il devait se donner tôt ou tard. C'était dans l'ordre des choses. Chad passa sa main dans les cheveux noirs de Harry et fit mine de les arranger, un sourire prédateur sur les lèvres.

– Rends-le heureux, d'accord ?

Chad ouvrit la porte et le poussa pratiquement à l'intérieur. Harry remarqua tout de suite qu'un homme était assis sur un large fauteuil rouge. Pendant un long moment, ils se dévisagèrent. Harry ne savait pas quoi faire. Il resta là, les bras ballants. Sans doute que cet homme s'attendait à ce qu'il se déshabille, au moins pour vérifier ce qu'il achetait. Harry commença à défaire les boutons de sa chemise.

– Je ne suis pas là pour ça, dit-il en se levant. Je m'appelle Jawad, enchanté.

Harry lui serra maladroitement la main. Pendant un instant, le regard de cet inconnu s'arrêta sur sa main blessée.

– Ton père est un drôle de phénomène.

– Comment savez-vous que...

– Que ton père t'a arraché l'ongle ? Eh bien, parce qu'il ne se cache pas. J'ai des yeux partout dans le monde qui me rapporte tout ce qui est utile à savoir. Tu peux parler, ici. Il n'y a ni micros, ni caméras.

Harry ouvrit la bouche pour poser une question, puis la referma aussitôt. Il ne pouvait faire confiance à personne. Peut-être s'agissait-il d'un test de son père ou de Burst ? Pouvait-il faire confiance à ce type ? Quelles étaient ses réelles intentions ? Harry reboutonna sa chemise.

– Je reprends. Je suis Jawad, un des princes héritiers des Émirats Unis. Mon père est à la tête d'un grand groupe audiovisuel et je suis là pour toi Harry, pour tes intérêts.

– Toutes les personnes qui pensent agir pour mes intérêts se servent d'abord au préalable.

– C'est vrai. Il y a de quoi devenir méfiant, à force.

– Pourquoi vous êtes venu alors ? Me sauver ?

– Je dois avouer que je ne suis pas tout à fait désintéressé. Mais pas par la chose que tu crois. Je fais partie de ceux pensant sincèrement que tu mérites la liberté, comme chaque individu sur cette bonne Terre. La vie aurait pu être terriblement différente si j'avais... si j'avais été moins obnubilé par ma carrière et les traditions.

– De quoi vous parlez ?

– C'est une longue histoire.

– J'ai du temps pour ça.

Jawad sourit.

– Quand j'ai eu vingt-et-un ans, mon père m'a demandé de choisir une épouse parmi celles de très bonnes familles, de préférence arabes, comme moi. Même s'il y avait des femmes fantastiques dans le lot, je n'en voulais qu'une, Talia. Tu la connais sûrement.

– L-La femme de Burst ?

Jawad acquiesça.

– Nous avions fait nos études ensemble à l'université, à Londres. J'étais vraiment raide dingue d'elle. Alors, j'ai demandé à mon père de faire une proposition au sien, pour que nos deux familles puissent tomber sur un accord. Les Nadghul ont toujours été des gens importants. Le problème, c'est qu'ils sont hindous, tu vois ? Talia et moi, nous ne sommes pas très croyants, mais pour notre entourage, c'était quelque chose d'important. Surtout pour mon père. Il m'a persuadé que Talia ne serait pas bien pour moi, et je l'ai écouté. Je ne voulais pas contrarier mon père. Je me suis donc marié avec quelqu'un d'autre. Et Talia... je crois qu'elle m'en a voulu. Après quoi, elle a rencontré Andrew à un gala. Il n'était pas riche, et je pense que c'est ce qui lui a plu en premier chez lui. Au moins, elle serait loin de tout ce qu'elle avait toujours connu. C'était un homme simple et bien sous tous rapports. Elle a donc accepté de partir avec lui, ce qui a créé une sorte d'apocalypse dans notre milieu. J'aurais aimé lui dire ce que j'éprouvais encore pour elle. Mais Talia méritait d'être heureuse donc, je me suis tu. Je l'ai regardée de loin comme je le fais depuis toujours. Ensuite, Talia et Andrew ont eu leur fille, Hermione. Et c'est avec sa naissance que le projet de l'émission a germé. Donc... si j'avais épousé Talia, jamais tout ça ne serait arrivé. Enfin, je suppose.

– Elle a l'air de beaucoup souffrir.

– Elle a perdu un fils. Et elle a aussi perdu son mari dans tout ça. Talia aimait profondément Andrew. Sauf qu'il a joué avec ses sentiments et ça... ça je ne pourrai jamais lui pardonner. Il n'avait pas le droit de lui faire du mal. (Jawad planta son regard dans le sien) Ça semble un peu puéril dit comme ça, mais c'est de cette façon que j'en suis venu à l'idée qu'il fallait aussi faire quelque chose pour toi. Je ne peux pas aider Talia, car elle s'est construit elle-même sa prison. Mais je peux encore venir à ton secours.

– Vous ne faites pas ça pour Talia, nuança Harry. Vous faites tout ça contre Andrew.

– Où est la différence ?

La différence ? Eh bien c'est qu'il n'agissait pas par amour, mais par esprit de revanche. Mais ce n'était pas le moment de jouer sur les mots. Si cet homme pouvait l'aider, tous les moyens étaient bons. Les doubles portes du fond, qui donnaient sur la suite nuptiale, s'ouvrirent sur une femme que Harry n'avait encore jamais rencontré.

– Je vous remercie de me l'avoir emmené Prince Jawad, dit-elle. Bonjour Harry. Je suis Samantha Runford. Je travaille pour le show, en tant que directrice du recrutement. Mais tu me connais sous le nom de Caspia.

Harry entrouvrit la bouche, stupéfait. Caspia s'installa sur le bras du fauteuil du Prince Jawad.

– Nous ne t'avons jamais abandonné, continua-t-elle. J'ai toujours eu un œil sur toi et c'est grâce au matériel très performant des chaînes télé de Jawad que nous parvenons à diffuser nos messages de propagande. Nous n'avons plus beaucoup de temps. Ton père reviendra bientôt te prendre. Je vais aller vite. En ce moment, les téléspectateurs boycottent l'émission. Ils ont vu ce qu'il s'était passé à la convention et demandent des explications. Une enquête a été ouverte pour savoir quels traitements tu as pu subir depuis ton évasion. Continue de te faire passer pour un déséquilibré auprès de Chad. Mais quand tu rencontreras la haute juge chargée de ton dossier, dis-lui la vérité. C'est une femme bien et juste, elle t'écoutera. Ne plie pas devant Burst, même s'il te fait du chantage ou des menaces. Jawad se charge de protéger ta famille. Il a envoyé une dizaine d'hommes surveiller leur maison...

– Comment ?

– J'ai acheté un terrain juste à côté. Ils font semblant de construire quelque chose, éluda Jawad. Mais en réalité, ils surveillent pour nous, ou cas où Burst ou Chad iraient encore menacer ta mère. Donc tu n'as rien à craindre de ce côté-là. S'ils tentent quoi que ce soit, je t'assure qu'il le regrettera.

– L'audience devant la juge devrait se dérouler la semaine prochaine. J'essaie de jouer de mes contacts pour la faire avancer. L'avocat que tu auras a été payé par Burst. Ne lui fais pas confiance, ne lui dis rien du tout. Tout ce que tu as à dire, c'est à la juge, c'est clair ?

– Et vous êtes sûre que cette femme m'écoutera ?

– La juge Carroway est une pointure en matière de droit des enfants, répliqua Caspia. Elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour que la vérité éclate enfin en plein jour. Et si tu sens que son jugement glisse favorablement vers Burst, sors ta dernière carte.

– Ma dernière carte ?

– Oui, celle que tu es ici, avec moi, insista Jawad.

Harry n'était pas sûr de comprendre.

– Si tu lui dis que Chad allait te prostituer, je t'assure que Carroway en fera un scandale. Il n'a pas le droit de faire ça, ce n'est pas légal ou même clean. Ça enfreint une des lois fondamentales sur la dignité des enfants. Tu as tout un tas d'arguments qui pourraient faire pencher la balance en ta faveur. Mais il va falloir y penser.

– Je ne sais pas si j'arriverai à me défendre tout seul...

– Tu peux le faire. Et tu le dois, dit Caspia. Il faut faire durer le procès, et tu demandes à appeler des témoins. Tout le monde que tu veux. Un seul témoignage peut tout faire changer.

ooo

Lorsque Nyx revint à Sinuesa Valley à l'issue du tournage, elle trouva immédiatement sa ville changée. En général, à cette période de l'année, l'animation était à son comble. L'été était gage de bonnes choses, mais là... l'ambiance semblait électrique, presque malsaine.

À la gare, personne n'était venu la chercher. D'ailleurs, l'endroit était comme qui dirait déserté. Nyx ne sut si c'était à cause de l'heure avancée de la journée ou si la production avait balisé une zone de sécurité. Elle grimpa dans une voiture qui la conduisit jusque devant sa maison.

Nyx entrouvrit la bouche de stupéfaction : la façade rouge cerise était couverte de graffitis. La plupart étaient des insultes, d'autres des menaces de mort. Des déchets avaient été jetés sur la pelouse et des œufs contre les carreaux des fenêtres. Lentement, Nyx descendit de la voiture et attrapa sa valise dans le coffre. Elle avait l'impression d'être dans un autre monde. Nyx essaya de passer sa clef dans la serrure, mais elle remarqua de suite que la porte avait été changée. Celle-ci était blindée. Nyx toqua après quelques hésitations.

– Q-Qui est-ce ? demanda une voix paniquée.

– Nyx.

La porte s'ouvrit aussitôt et Nyx se retrouva en face de sa mère, ou du moins, d'une femme y ressemblant. Des cheveux blancs prématurés parsemaient sa tête, et ses paupières étaient lourdes. Son teint semblait grisâtre. Elle n'était plus la Patti Sommerhearst enjouée et constamment coquette. Sa mère la serra dans ses bras en sanglotant.

– Maman, qu'est-ce qu'il se passe ici ?

– O-On ne t'a rien dit ?

Patti referma la porte et Nyx remarqua qu'il y avait six verrous.

– Viens dans la c-c-cuisine. Nous a-allons prendre du thé.

Depuis quand sa mère bégayait-elle ?

– Où est Papa ?

Les yeux de sa mère se remplirent de larmes. Elle se laissa tomber sur une des chaises de la cuisine et soupira :

– Je suis désolée ma chérie. Je suis vraiment désolée...

Le cœur de Nyx vola en éclat. Elle se précipita vers la poubelle et vomit, prise d'affreuses nausées.

– Il était déjà m-mort quand les secours sont arrivés, poursuivit Patti Sommerhearst. Je n'ai pas arrêté de téléphoner à la production pour qu'ils t'autorisent à venir à son enterrement. Ils n'ont rien répondu. Je pensais qu'ils t'avaient mise au courant.

– Personne ne m'a rien dit, pleura Nyx. J'ai essayé de savoir, mais je me heurtais constamment à un mur. Kendall n'a pas lâché le moindre mot.

Patti baissa les yeux.

– Il ne pouvait rien faire d'autre que de garder le silence, ma chérie. Kendall aussi a une famille à protéger. Il t'aurait également mise en danger en t'avertissant. En te repoussant comme il l'a fait, devant les caméras, il te mettait en sécurité. Tu comprends ?

Nyx s'effondra dans les bras de sa mère, sans pouvoir s'arrêter de pleurer. Elle avait perdu son père et ça, c'était de sa faute. Elle aurait dû demander à ses parents de rester tranquillement chez eux ce jour-là, plutôt que de l'accompagner jusqu'à la gare.

Le plus horrible dans tout ça, c'est qu'elle avait été tenue dans l'ignorance durant des semaines. Burst lui avait dit de bien se tenir et que tout irait bien pour ses proches. C'était le marché. Mais, dès le début, son père n'était plus de ce monde. Tous ces efforts n'avaient servi à rien. Pendant ce temps, sa mère avait dû endurer cette situation seule, sans personne pour la soutenir.

– Et Cha ? s'inquiéta-t-elle.

– Elle a quitté le lycée. Elle est venue plusieurs fois me tenir compagnie. C'est grâce à elle que j'ai pu organiser les funérailles comme il se devait...

Cha ne pouvait pas quitter l'école. C'était une fille promise à un avenir brillant ! Nyx ravala douloureusement ses larmes et dit :

– Je veux voir Papa.

o

o

o

Nyx n'arrivait pas à croire qu'elle se tenait là, devant sa tombe, et qu'elle n'avait même pas été présente pour lui dire au revoir. Tout autour, des fleurs, des mots, des ballons. Tout Sinuesa Valley semblait lui avoir rendu une toute dernière visite. Le cimetière de la ville se trouvait face à la mer, là où les notions d'espace et de temps ne formaient qu'un voile. Il était mort pour elle, croyant la défendre. Nyx se baissa et déposa un bouquet de pissenlits tout près de l'encadré photo. Celle où elle se trouvait entre ses parents, à la sortie de leur première visite du HP Studio.

– Je n'aime pas cette photo, dit Nyx à sa mère.

– C'était la seule sur laquelle il souriait vraiment. (Silence) Pourquoi des pissenlits ? On se serait arrêté chez le fleuriste si tu l'avais demandé.

– Un ami m'a montré que c'étaient de très belles fleurs, mine de rien. Elles veulent dire beaucoup de choses, même si personne ne prend vraiment le temps de les écouter... Je suis désolée, Maman. C'est à cause de moi que...

Patti s'approcha de sa fille et la serra dans ses bras.

– Ne dis pas n'importe quoi, chérie. Tu ne dois pas t'en vouloir pour ça. Nous savons toutes les deux ce qui l'a tué.

Nyx se retourna. Au loin, des industriels avaient amené une grue pour réparer l'antenne relais du comté. Cela faisait déjà deux jours sans télévision et personne ne savait ce qu'il s'était réellement produit.

Ooo

Lorsque Nyx aperçut Cha, elle émit un cri de joie, les yeux débordant de larmes. Elles coururent l'une vers l'autre. Euphorique, Cha l'embrassa rapidement sur la bouche avant de se laisser aller dans ses bras. C'était comme retrouver une partie de soi.

– Tu ne m'avais encore jamais embrassée, nota Nyx, émue.

– J'attendais une occasion spéciale pour ça, rigola-t-elle. Tu m'as manqué.

– Tu m'as manqué aussi. Je n'arrêtais pas de penser à toi, à Sinuesa, tout le reste.

Elles s'installèrent toutes les deux sur la pelouse de Muggle Quidditch, désertée en ce début de soirée. Patti n'avait pas été très rassurée de voir sa fille s'éloigner, vu le climat actuel. Mais Nyx l'avait rassurée. Elle se sentait plus forte, maintenant. Plus rien ne pouvait l'atteindre. Encore moins quand Cha était dans les parages.

– Je n'arrive pas à croire que tu sois réelle, ajouta Cha. Pas après avoir dû te regarder pendant des semaines à la télé.

– D'ailleurs, tu sais ce qui est arrivé à l'antenne télé ? demanda Nyx. La police dit qu'ils n'ont aucune piste, mais les ingénieurs assurent qu'elle n'a pas pu griller elle-même. C'est juste dingue... Pile au moment où l'émission annonçait le final de la quinzième saison.

– Depuis quand est-ce que tu crois aux coïncidences ? (Nyx tourna la tête vers sa meilleure amie, circonspect) Enfin bref, l'essentiel c'est que tu sois là, non ? Raconte-moi tout ce qu'il s'est passé là-bas.

Alors Nyx se mit à lui faire le récit complet de ce mois dans le studio, en omettant volontairement quelques faits. Cha avait écouté, sans l'interrompre et semblant perplexe.

– Il faut que tu m'accompagnes quelque part, finit par prononcer Nyx quelques minutes plus tard.

– Comme tu veux.

Elles enfourchèrent leur vélo. Nyx et Cha pédalaient depuis près d'une vingtaine de minutes, maintenant. Elles avaient quitté les alentours de Sinuesa Valley pour s'enfoncer dans l'arrière-pays beaucoup plus rustique et isolé. Nyx portait un énorme bonnet gris malgré les températures légèrement en hausse de ce début d'été.

– Où est-ce qu'on va comme ça ? demanda finalement Cha en jetant un regard interrogateur à sa meilleure amie. Et pourquoi tu portes ce truc ?

– On va à la pharmacie.

– La quoi ? Mais, il y en a une à Sinuesa. Pourquoi on aurait besoin de faire une borne juste pour une pharmacie ?

Cha se tut. La pharmacie de Sinuesa était tenue par le père de Kendall. Ça voulait donc dire que Nyx ne voulait pas que quelque chose se sache.

– On peut s'arrêter un moment ? (Nyx freina), Mais qu'est-ce qu'il se passe à la fin ? Qu'est-ce que tu me caches ? C'est à propos de Kendall, c'est ça ?

Nyx fondit en larmes.

– Ne lui dis rien, surtout. J-Je vais devoir le lui dire moi-même...

– Tu es malade ?

Cha savait très bien, au fond d'elle, qu'il ne s'agissait pas de ça. Nyx avait l'air désespéré.

– Je ne pouvais pas le dire à ma mère, avoua-t-elle. Avec ce qu'elle traverse, je ne pouvais tout simplement pas lui ajouter cette charge. (Nyx désigna le petit village en contrebas) Il faut que tu entres pour moi là-dedans me prendre un test de grossesse.

Cha avait la bouche entrouverte. N'était-ce pas Nyx qui avait, quelques mois plus tôt, affirmée qu'elle n'était pas prête pour ce genre de chose ? Qu'elle préférait attendre de mûrir un peu ? Que s'était-il passé ? Pourquoi ne lui en avait-elle jamais parlé ? Et Kendall aussi n'avait rien laissé paraître. Cha ne comprenait pas. Elle aurait dû le deviner.

– Kendall sait que tu pourrais... enfin, hésita Cha, qu'il se pourrait que tu attendes son enfant.

– Ça ne peut pas être le sien, prononça sa meilleure amie en ravalant ses larmes. Je n'ai jamais rien fait avec lui.

– Oh mon dieu, murmura l'autre, réalisant péniblement la complexité de la situation. Ne me dis pas que c'est ce type-là, le fils de Burst !

– Arnold et moi nous nous sommes beaucoup rapprochés ces dernières semaines de tournage. Ça c'est passé... sans que j'aie le temps de penser aux conséquences.

– Kendall est ami avec lui ! Tu avais quoi dans la tête à ce moment précis ? Je... Je peux comprendre que parfois on est un peu désespérée, mais... là... Bon sang, je ne sais même plus quoi dire ! Quand est-ce que tu vas lui dire la vérité ? Parce que je suis certaine qu'il croit que tu te réserves pour un gars à la hauteur. Un gars qu'il essaie d'être.

– Ce n'est pas le moment pour me faire culpabiliser.

– Si, si c'est même le très bon moment, conspua Cha en se redressant. Je ne peux pas partager un secret aussi énorme et le cacher à toutes les personnes qui t'aiment.

– Je ne suis peut-être même pas enceinte !

– Oui, sans doute. Mais ça n'enlève en rien au fait que tu as couché avec un des amis de ton copain. Tout ça parce que quoi ? Tu te sentais triste ? Je n'arrive pas à y croire...

– Eh bien vas-y, appelle-le. Dis à Kendall tout ce que tu meurs d'envie de raconter.

Cha eut un petit rire méprisant.

– Oui, et comme ça je ferai le sale boulot. Une fois de plus. (Cha cessa de tourner en rond) Si tu as vraiment ce bébé, il va falloir prendre énormément de précautions si tu le gardes.

– Je ne le garderai pas.

Cha enfourcha sa bicyclette.

– Pourquoi ce type ? Pourquoi Arnold Burst ?

Nyx se remit à pédaler.

– Je le trouve très différent des autres.

Ooo

La nuit était tombée sur le biome depuis des heures. Les acteurs avaient été autorisés à déambuler comme bon leur semblait dans le château, car les caméras étaient toutes braquées sur Neville à l'infirmerie après avoir affronté Voldemort au Ministère. Ils pouvaient enfin agir et parler librement.

Des rires retentissaient un peu partout dans Poudlard. La plupart des élèves profitaient de cette atmosphère particulière pour s'amuser avant de quitter le plateau jusqu'à septembre prochain. Nyx avait réussi à s'éloigner des autres filles de son groupe de Serpentard. Elle s'était assise sur une des marches de la grande cour pavée, pensant avec hâte au moment où elle retournerait à Sinuesa. Ses proches lui manquaient incroyablement. Ici, les élèves s'étaient un peu calmés sur son sort. Elle n'était plus obligée de porter ces affreuses marques la traitant de « cafard ».

Je peux m'assoir ?

Bien sûr, dit Nyx en voyant Arnold s'installer auprès d'elle sur les marches.

C'est toujours assez bizarre de... d'être sur le plateau, coincé ici, alors que les caméras ne tournent même pas. Au fait, je m'excuse pour la dernière fois. Je n'aurais pas dû. Tout ce que ça a fait, c'est de créer de nouveaux ennuis. Heureusement que cet extrait n'a pas été diffusé sur les ondes.

Pourquoi ça ? Tes fans m'auraient poursuivie ?

Arnold rigola.

Quelque chose dans ce goût-là, ouais. Elles peuvent être pas mal folles quand elles s'y mettent. Tu devrais avoir peur.

J'ai peur, avoua-t-elle. J'ai peur de plein de choses en ce moment. Y compris de sortir de là.

Arnold la dévisagea.

Si je quitte le biome, je retrouverai ma ville, mes amis, ma famille. Sauf que je ne sais rien de ce qu'il s'est passé entretemps. J'ai été immergée dans un monde factice et, maintenant que je commence à m'y habituer, je redoute le jour où je vais devoir abandonner tout ça pour... pour affronter la réalité.

Ça me fait ça à moi aussi. Par moments, je parviens à me voiler la face, mais ça ne dure jamais très longtemps. Je me souviens que je ne suis pas simplement Ronald Weasley, que j'ai une véritable identité en dehors de ces murs. (Silence) J'aime beaucoup ton pyjama.

Nyx éclata de rire. Son pyjama était couvert d'affreux motifs de cognards. Cela faisait si longtemps qu'elle se demanda à quand remontait son dernier moment heureux. Sans doute quand Cha et elle s'étaient réconciliées.

Merci, souffla-t-elle.

Oh, t'en fais pas pour ça. Je suis plutôt gâté niveau pyjama immonde, plaisanta Arnold. Les affres de faire partie de la famille Weasley.

Ce pyjama est à vomir, articula Nyx en refermant sa veste.

Arrête d'être dur avec toi-même, rigola-t-il. Cette couleur jaune banane va très bien avec tes pustules.

Nyx lui envoya un léger coup dans l'épaule, un sourire sur les lèvres.

Que veux-tu, murmura-t-elle, je suis la fashion police dans les parages.

Et tu te débrouilles à merveille. Je veux dire, qui aurait crû que les pantoufles en forme de scroutt à pétard étaient tendance à bien des niveaux.

C'est mal de se moquer des personnes en difficulté. Tu sais que j'ai dû me battre en duel avec une autre fille pour mettre la main sur ces chaussons ? C'était ça où les têtes d'elfes empaillées.

Il paraît que leurs narines sont des endroits très confortables pour les orteils.

Tu me répugnes.

Arnold rit légèrement.

Désolé, dit-il. Au fait, moi c'est Arnold. (Nyx fixa sa main d'un air méfiant) On vient de passer une année entière côte à côte à faire le même boulot et je viens tout juste de réaliser que ton prénom m'échappait complètement.

C'est Nyx.

Ton vrai prénom, je veux dire.

C'est Nyx, insista-t-elle. Quand Harry m'a demandé mon nom, je n'avais aucune idée qui me passait par la tête et... et je voulais être honnête avec lui pour une fois.

Arnold hocha de la tête comme s'il comprenait.

C'est bizarre, hein, de continuer de tourner sans lui. Je veux dire, ça ajoutait un certain sens à cette histoire. Le Harry Potter Show sans Harry Potter, c'est un peu comme... comme un plat mexicain sans guacamole. Où est l'intérêt ?

Mon père est allergique à cette connerie de guacamole.

Ton père est allergique à cette connerie de guacamole, répéta Arnold. Je vais le retenir dans un coin de ma tête. Il serait possible qu'il me demande des comptes pour avoir osé embrasser sa précieuse fille.

Je ne suis pas précieuse, rétorqua Nyx en levant haut ses sourcils.

Oh, excuse-moi.

La sonnerie de reprise du tournage retentit, signe que tout le monde devait retourner à sa place pour que les caméras puissent filmer le coucher des élèves.

Je dois retourner dans la tour Gryffondor, dit-il. À bientôt.

Oui, à bientôt.

Arnold déposa un baiser sur sa joue, tout près de ses lèvres.

Ooo

Sur la route du retour de Sinuesa Valley, Nyx et Cha n'échangèrent pas un mot. Nyx n'osait risquer le moindre coup d'oeil vers sa meilleure amie. Elle l'avait sans doute profondément déçue en ayant une liaison avec un type derrière le dos de tout le monde. Peut-être même la considérait-elle désormais comme une fille facile.

– Tu me téléphones quand tu auras la réponse, chuchota Cha d'une voix très basse et brisée.

Elle ne laissa pas à sa meilleure amie le temps de répondre qu'elle s'était déjà éloignée en pédalant à toute vitesse vers le centre-ville. Nyx se dirigea jusqu'à chez elle et rangea son vélo dans le garage, ignorant délibérant de s'y attarder. C'était l'endroit préféré de son père, autrefois. En entrant, elle trouva sa mère dans la cuisine, un bouquet de fleurs posé sur la table. Elle semblait nettement de meilleure humeur que ce matin.

– Devine qui est passé...

Nyx était incapable de répondre quoique ce soit quand ses yeux tombèrent enfin sur Kendall. Il avait l'air incroyablement soucieux. Il se précipita vers elle pour la serrer dans ses bras. Discrètement, Patti Sommerhearst s'éclipsa.

– Je suis désolé, murmura-t-il. J'aurais voulu tout te raconter, mais... j'étais surveillé moi aussi. Ils ont menacé mes parents, alors, je...

Nyx se dégagea de ses bras.

– Je comprends tout à fait.

– Tu m'en veux, n'est-ce pas ? (Silence) Tu as le droit de m'en vouloir. C'est naturel.

– Si tu tentais quoi que ce soit pour m'avertir, il y aurait eu des répercussions. Et... Et je pense que je n'aurais pas supporté d'apprendre la mort de mon père à l'intérieur du biome.

– J'espère que tu pourras un jour me pardonner, insista Kendall en continuant de lui tenir la main. Il s'est passé beaucoup de choses affreuses pour toi, et je n'ai pas été là pour te soutenir.

– Arrête de culpabiliser comme ça, rétorqua-t-elle. Tu ne peux pas te tenir responsable pour chaque chose qui ne tourne pas rond. Ce n'est pas de ta faute.

Ils s'assirent sur le sofa du living-room. Nyx était également rongée par la culpabilité. Il y avait de faibles chances pour qu'elle attende vraiment l'enfant d'Arnold. Mais ils avaient tout de même franchi ce cap. Si elle le disait à Kendall, elle le briserait. Alors, pour endormir ses soupçons, Nyx l'embrassa.

Ooo

Beep.

C'était comme se réveiller d'une vie entière de sommeil.

Beep.

Tous ses muscles étaient raides.

Beep.

Le monde entier semblait flou sous ses paupières entrouvertes.

Beep.

Quel jour était-on ?

Beep.

D'où provenait ce bruit ?

Beep. Beep. Beep.

Sa gorge était sèche.

Beep.

Pourquoi n'y avait-il plus l'odeur de la forêt tout autour ?

Beep.

Comment l'avait-on emmené jusqu'ici ?

Beep.

Ses yeux s'accommodaient peu à peu à la lumière.

Beep.

Il y avait une fenêtre, et derrière cette fenêtre il y avait un building.

Beep.

Pourquoi était-ce la nuit ?

Beep.

Combien de temps avait-il dormi ?

Beep.

– Vous m'entendez ?

Beep. Beep. Beep.

S'il entendait ? Oui. Mais était-ce seulement réel ?

Beep.

– Vous êtes à l'hôpital. Est-ce que vous sentez que je vous presse la main ?

Beep.

Le contact était à la fois familier et lointain.

Beep.

– Docteur, Monsieur Dylan Manford s'est réveillé !

.

.

.

Note d'auteur : Haha, vous vous attendiez à une note d'auteur en bonne et dû forme ? Hum, je ne parlerais pas du chapitre en soi car je sais que des petits malins les lisent avant même d'attaquer les chapitre afin de se préparer psychologiquement. So, brace yourself ! Je vais plutôt parler des plantes à pipaillons que j'ai planté dans mon jardin enchanté. J'ai reçu mon vinyle de Led Zeppelin. Le monde est farpait. Et bientôt, celui de Ultraviolence de Lana Del Rey. D'ailleurs, le prochain chapitre aura le titre d'une de ses nouvelles chanson : « Money, Power, Glory » (on est fan ou on ne l'est pas). Le souvenir exploité sera celui de Juno ! Je mettrai prochainement sur mon groupe facebook (« The Baba O'Riley ») un extrait inédit de la suite. Bon courage pour celles et ceux en plein examens ! Love,

D.

Important : Pour celles et ceux l'ayant oublié depuis le temps, Andrew Burst trompe sa femme avec Samantha Runford, directrice du recrutement pour le show (cf. Chapitre 23, « Haute tension »). IF YOU SEE WHAT I MEAN.