Posté le : 11 Juillet 2014. « Il n'y a pas d'échec. Juste des succès modérés » - ROCKRITIC.
Aujourd'hui, j'ai passé ma soutenance de mon mémoire que je prépare depuis un an. Même si je partais confiante (« Tu n'as rien à perdre, mais tout à y gagner »), il se trouve que dans la vie les choses ne se passent jamais comme prévu. Une des membres du jury m'a pas mal enfoncée sans me laisser m'expliquer sur mes choix, mes théories. Du coup, après délibération du jury, j'ai obtenu la note de 13. Ce qui est plutôt honorable.
Sauf que dans cette filière, il me faut un 14 pour passer en Master 2, soit ma dernière année d'étude. J'ai mon Bac + 4 avec les honneurs, hein (mon bulletin de notes est dosé), mais je ne pourrai pas continuer dans cette voie. J'en choisirai probablement une autre. Je peux postuler ailleurs sans aucun problème. Tout ça pour dire que... Ouais, je suis un peu patraque. Mais je connaissais les enjeux : passage impossible sans le 14 et redoublement également impossible. Tu jartes. Point. Le Master c'est comme le jeu des trônes, soit on gagne, soit on meurt. Tout de même, j'ai appris plein de choses niveau audiovisuel. On a reconnu mes qualités d'analyse donc je pense que je vais juste... juste continuer à faire ce que je fais de mieux. Écrire.
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Erratum : Une erreur s'est glissée dans le texte du précédent chapitre. Le nom du Prince c'est Jawad et non Jarad ou Jaward. C'est une erreur de frappe de ma part (ou mon ordinateur qui corrige comme un voleur en se croyant plus intelligent que moi, chose qui arrive très fréquemment). Donc, Prince Jawad. En arabe, cela signifie « Protecteur ».
Bambinete-sama : Je ne comprends vraiment pas pourquoi le monde entier me considère comme une sadique. Je veux dire, je suis bien plus que ça. C'est une insulte à mon talent de psychopathe en herbe. Haha, ça me fait rire que tu lises des fics au CDI, c'est vraiment la solution du pauvre (Bon, tu me diras, moi aussi je checkais les updates là-bas, a long, long, long time ago, quand le seul ordinaire de la famille était à mon frère). Um, sinon je confirme que le père de Nyx est bel et bien mort. Inutile de conserver le moindre espoir à ce sujet (je ne suis pas une grande fanatique de retours de zombies). Le réveil de Dylan va entraîner pas mal de choses et de nouvelles données à prendre en compte vont apparaître. Le hardsex drarry ? Mmh, same answer : va falloir patienter, bébé.
Nyanna : « La dernière Stéphenie Meyer », oops, je me sens insultée comme un elfe n'ayant aucun linge sale à laver pour la semaine. Il va falloir remédier à ça. Ce sera de ta faute si je mets brutalement fin à mes jours d'ici le prochain chapitre pour une telle comparaison... À part ça, je te remercie bien entendu de tes compliments. La suite est prête (du moins rédigée pour le premier jet) et j'ai hâte de tout pouvoir vous faire découvrir !
Clara : Première review ? Eh bien, je me sens flattée ! Je pense que Dylan avait manqué à pas mal de monde et qu'on avait cessé d'espérer. Bon, moi je savais qu'il allait revenir, mais j'attendais juste le bon moment pour que ça ne fasse ni précipité, ni pas du tout crédible. Je trouvais que c'était plutôt une bonne coupure. Um, sinon pleurer pour une fic n'est pas quelque chose de bizarre. Personne ne l'avoue, mais tout le monde est amené à un moment donné à le faire. C'est plutôt un bon signe, en fin de compte. Ça veut dire que l'histoire t'a particulièrement touchée.
Elora : Le souvenir de Cha était assez horrible, mais dans un sens, j'avais sous-entendu à plusieurs reprises que son enfance avait été assez difficile. Là, c'est autrement plus choquant parce qu'on « voit » à quoi cela a bien pu ressembler. Sinon, le nom du Prince c'est Jawad et non pas Jarad (il y a eu une faute de frappe à un moment donné, mais c'est parce que je tape assez vite etc). Jawad veut d'ailleurs dire Protecteur en arabe (just in case). Quant à la storyline entre Nyx et Arnold, elle aura de multiples conséquences, mais pour l'instant je ne peux pas trop les aborder. Tu auras une réponse à toutes tes questions dans les prochains chapitres. Promis.
Samai Chan : Ah, ouais, pour t'être emportée, tu t'es emportée, loulz. Non, mais pour l'état de Nyx, tu auras ta réponse dans ce chapitre-ci. Si j'ai abordé ce sujet, ce n'est pas gratuitement, mais ça, tu le verras plus tard. Sinon, Dylan est hétéro, donc on va avoir un gros souci si tu espères le caser avec un mec. Mais tu soulignes quelque chose d'important pour la suite : Kendall aura sa propre importance, prochainement.
Lili D : Bon courage pour ton mémoire ! J'ai rendu le mien il y a peu. J'ai cru que ce truc allait me rendre complètement marteau au fil des semaines (marteau et pauvre (non parce que personne ne m'avait prévenu qu'il fallait hypothéquer mon arrière-train pour imprimer plusieurs exemplaires !)). En tout cas, merci de ta review et à bientôt j'espère.
Nerisys : Haha, je ne pense pas que le site sera d'accord à l'idée de créer un rating juste pour mes petits yeux de bibiches. Bon, par contre je vais arrêter de parier sur la santé de certains lecteurs parce que je suppose que certains ont clamsé en route, à force. Je pousse le bouchon trop loin. Um, sinon j'ai déjà fini d'écrire le procès et j'ai terriblement hâte de pouvoir publier tout ça parce que ça va être quelque chose d'assez épique. Il y aura un tournant dans l'histoire et ce n'est pas pour me déplaire, héhé (étouffe son rire de diablotin). Concernant Seth, je ne peux rien te dire si ce n'est « Vigilance constance ! ».
Cat240 : Je me doute bien qu'en lisant une fic aussi longue et d'une telle ampleur, on oublie quelques trucs. Le mémo est fait pour ça, sinon je pense que 80% des lecteurs auraient loupé toute une dimension de l'histoire assez importante. Um, sinon ce n'est pas Cha qui menace son père de le dénoncer à la prison, mais son grand frère Varro. C'est clairement dit (à moins que j'écrive avec le cerveau d'une chèvre de temps à autre). Pour la liste des témoins du procès, tu la découvriras au fur et à mesure, même si j'ai dû faire des choix, ne pas tout montrer sinon ça serait interminablement long.
Eurydice : Je pense que pour l'état de Nyx, tout le monde y est allé de sa petite déduction. Mais la réponse se trouve dans ce chapitre-ci ! Je vais faire de mon mieux en tout cas pour tenir le rythme jusqu'à la fin de cette histoire.
Fishina : Je pense que tu as parfaitement résumé la situation. Le lecteur sait des choses que les personnages ignorent à propos des autres, et je pense qu'à un moment donné, ça va être assez cool de les voir se balancer des dossiers à la figure (haha, moi et mon humour). Pour l'audience concernant le cas de Harry, j'ai déjà tout écrit et il faudra attendre pour découvrir cette nouvelle étape dans l'histoire. La storyline entre Arnold et Nyx sera bien entendu développée, même si pendant un moment on devra se concentrer sur autre chose. Bref, beaucoup d'événements de prévus et je croise les doigts pour que l'intrigue continue de te plaire !
Angellan : Je te rassure, tu n'es pas la seule à aimer ce tout nouveau couple qu'est le Nyx / Arnold. Je pense que tout le monde espère de voir un peu ce que ça peut donner (certains avec plus d'enthousiasment que les autres, haha). Pour les cliffhangers, je crois que je vais continuer sur ma lancée. Après tout, c'est ce que je fais de mieux en ce bas monde, haha.
Drarry-en-force : Quatre chapitres de retard ? Quelle hérésie ! Je suis aussi contente que tu sois allée au-delà de ta crainte pour affronter les nouveaux chapitres (Je me souviens du message privé de ta sœur, même si là, actuellement, son pseudo m'échappe). Bon, sinon, il ne faut pas trop se mettre dans des états pas croyable. J'aimerai pouvoir dire : « ce n'est qu'une fic », maaaais bon, ça m'arrive aussi de me sentir super concernée par le sort de personnages imaginaires. À bientôt !
Iilaydiiz : Je tiens à te remercier pour chacune de tes reviews. Haha, Vector et son fan club. Moi aussi le petit elfe me manque, mais bon, je ne pouvais pas le garder pour toujours lui et son cerveau déraillé. Même s'il a eu tout de même son importance. Pour l'attaque des Manford, je ne vais pas en rester là et approfondir ce qu'il s'est passé dans les chapitres à venir. Tu auras certainement des réponses à plusieurs de tes questions... Tu sauras très prochainement quel est le véritable prénom de Harry en tout cas ! C'est prévu !
Le mot du bêta – Eymeric : Salut les loulous ! Quelle année scolaire bien remplie ! Je ne sais pas pour vous, mais moi je m'en tire bien, alors j'envoie tout mon love aux gens qui ont passé des exams et à ceux qui sont rentrés dans les écoles de leurs rêves. Sinon, ce chapitre est MEGA badass, et j'adore de plus en plus le Harry dépeint dans cette fic. Il ressemble un peu au Harry sombre du cinquième tome. J'espère que vous apprécierez. Bonne lecture les loulous !
Musiques : 01. Money, Power, Glory – Lana Del Rey. 02. The More Than I – Selah Sue. 03. Timetakesthetimetimetakes – Peder. 04. Summer Home – Typhoon. 05. Revel – Bootstraps. 06. Fanny – Alexandre Desplat. 07. One – Ed Sheeran. 08. Only Skin – The Spring Standards. 09. Il Tramonto – Ennio Morricone. 10. The Cousins – Dave Porter.
Chapitre 29 :
« MONEY, POWER, GLORY»
Sous-titre : Les cordes sensibles de la mémoire, part. 7
« Je ne crains ni la douleur, ni la mort »
« Que craignez-vous [...] ? »
« Une cage. Rester derrière des barreaux jusqu'à ce que l'usure et l'âge les acceptent et que toute forme de courage ait disparu irrévocablement » – Eowyn, in. Le Seigneur des Anneaux, vol. II, Les Deux Tours.
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Dawn s'approcha de son frère, tremblant de joie. Ses parents lui firent signe d'approcher.
– Ne fais pas ton timide, maugréa Dylan en lui tendant la main. J'ai envie de voir si tu t'es enlaidi entretemps.
Dawn le serra dans ses bras et eut l'impression soudaine et puissante d'avoir retrouvé une parcelle de lui-même, comme si rien au monde ne pouvait être plus beau que d'être auprès de son jumeau. Dylan était encore relié à tout un tas de tubes et son état venait tout juste de se stabiliser. Mais ça suffisait largement à Dawn pour être heureux. Plus heureux qu'il ne l'avait été depuis des semaines.
– Je croyais que tu n'étais pas très branché contact physique ? se moqua Dylan.
Dawn rigola un peu.
– Nous allons parler avec le médecin, dit leur mère en entraînant son mari avec elle. Je suis certaine que vous avez tout un tas de choses à vous dire. Et Dawn, ne le fatigue pas trop.
– C'est ce qu'il fait de mieux, nargua Dylan. Je plaisante... Je lui ferai une prise de ninja s'il m'emmerde avec ses questions.
Dawn résista à l'envie de le frapper, puis tira une chaise jusqu'à son lit.
– Comment tu te sens ?
– Mmh, comme si un éléphant s'était assis sur mon crâne. Le médecin est plutôt confiant à part ça. Il pense que je pourrai rentrer à la maison d'ici quelques jours tout en continuant à être suivi.
– On ne rentrera pas à la maison, dévoila son frère en baissant les yeux. C'est dans ce coin là que tu as été agressé et... et on a aucun moyen de vérifier que tout continuera à bien se passer, qu'il n'y aura plus de fous dangereux. Papa et Maman veulent qu'on retourne à Londres. Ici, au moins, on sera protégé.
– Mais, ils adorent leur maison à la campagne ! Et les chevaux ? Qui va s'en occuper ?
– Tu sais, les chevaux, même s'ils les aiment, c'est le cadet de leurs soucis (Silence). Tu as failli mourir, crétin. Tu le sais ça ?
Dylan soupira, ferma les yeux.
– J'étais si mal en point ?
– Quelqu'un d'une association est venu nous voir il y a deux semaines. Pour nous parler des procédures pour te... te débrancher. Je n'avais jamais vu Papa aussi en colère de toute ma vie. Mais, tu ne réagissais pas aux stimuli. Rien. J'étais terrifié. Et puis... Et puis dehors il y avait toute cette sale ambiance autour du show. Ils ont retrouvé Harry et les choses sont allées en empirant. Bientôt, il y aura un procès et tu as reçu une convocation.
– Quoi ? Moi ? Pourquoi pas toi ? Qu'est-ce qu'ils veulent ?
Pourquoi pas lui ? Excellente question. Dawn n'avait cessé de la ressasser depuis.
– Je l'ignore. On a reçu le papier hier. Ils veulent que tu témoignes. Mais le médecin est contre. Il ne veut pas t'exposer au stress.
– Qui d'autre a été convoqué ?
– On ne sait rien pour l'instant. Le procès a pour but de déterminer dans un premier temps si l'émission a été nocive envers Harry et d'autres personnes. Ensuite, de voir si Burst n'est pas un bon tuteur pour lui.
Dylan eut un petit rire.
– Burst ne perdra jamais la garde, dit-il en déposant son bras au niveau de son front, les yeux fermés. Burst a déjà dû acheter toutes les personnes impliquées dans le procès. Et puisqu'il ne peut pas t'acheter toi – car tu as déjà vendu la mèche une fois –, il préfère m'appeler à la barre. C'est un peu comme s'en remettre à Dieu. Et Dieu n'est pas toujours juste et bon. (Silence) Bon sang, être dans le coma m'a rendu philosophe. T'y crois ça ?
– Je crois que Harry t'aime, prononça Dawn sans même réfléchir.
Dylan se redressa sur son lit d'hôpital, la bouche entrouverte.
– Je l'ai vu il y a quelque temps, avoua son frère. Il est venu jusqu'ici pendant son évasion et on a discuté. Il était très préoccupé par ton état de santé et... et il m'a posé des questions sur toi. On est resté en contact après quoi. Mais il me contactait rarement. Alors, je suppose que c'est toi qui l'intéresses. Je veux dire, pour de vrai.
– Notre propre mère a mis deux semaines entières pour faire la différence entre nous deux, répliqua Dylan. On était bien trop identiques à la naissance ! Si ça se trouve, Harry est juste perdu. Il ne sait pas à qui il a parlé à tel moment.
– Justement, c'est bien ça le problème. Il pensait que pendant tout ce temps, il parlait à la même personne et non pas à des acteurs différents. Et les moments qui l'ont marqué se sont déroulés avec toi, pendant que j'étais en grève. Donc, techniquement, il s'est attaché à toi.
– S'attacher est un bien grand mot puisque j'étais payé pour interagir avec lui. Le truc, c'est que j'ai agi avec lui comme s'il ne pouvait absolument rien ressentir. J'ai toujours mis une barrière entre Harry et moi pour ne pas être submergé de remords. Je n'ai jamais voulu être proche de lui. Je ne pourrai jamais faire une chose pareille. J'aurai l'impression de mentir au monde entier, en commençant par moi-même.
– Il t'apprécie et c'est quelque chose qu'on ne contrôle pas.
– Je devrais quoi ? Faire semblant de l'aimer pour éviter qu'il continue de souffrir du fait d'être seul au monde ? Je ne peux pas mentir sur mon orientation sexuelle uniquement pour faire plaisir à quelqu'un que je connais vaguement. Tu sais comment ça s'appelle ? De la pitié. Je n'ai jamais fonctionné à ça, Dawn. Tu le sais très bien.
Dawn se prit la tête entre les mains.
– Il se raccroche à toi – enfin à nous – parce qu'on est la seule chose à peu près stable dans sa vie. On lui doit bien quelques explications.
– Tu n'aurais pas dû t'en mêler. Pas alors que tout est encore confus dans la tête de tout le monde. C'est dangereux pour lui, comme pour toi. Imaginons que dans une vie parallèle je sortais avec Harry. Imaginons, ok ? Tu serais resté planté là, à nous regarder, à vivre par procuration un truc que tu n'auras jamais parce que je suis simplement ton jumeau ? C'est tordu. Et tu mérites mieux que ça.
– Repose-toi.
– Tu mérites mieux que ça, je t'assure, répéta Dylan en le regardant s'éloigner.
Tandis que son frère avait la main sur la poignée de porte, celle-ci s'ouvrit sur Arnold, rayonnant. Dylan explosa de joie alors que Dawn s'effaçait de la chambre d'hôpital.
– Oh mon vieux ! s'écria Arnold en le serrant dans ses bras.
– Ouais, je suis parfaitement en vie et tout va pour le mieux.
Arnold n'avait pas l'air de revenir de son propre bonheur.
– Allez, dis-moi ce que j'ai manqué dans les grandes lignes, encouragea Dylan avec un grand sourire. Je veux dire, de mon côté il ne s'est rien passé d'intéressant hormis dormir.
Son meilleur ami s'assit sur la chaise qu'avait occupée son frère quelques instants auparavant.
– Je viens de recevoir le scripte de la seizième saison, qui est en soi une vraie aberration.
– Vraiment ?
– Oh, que oui. Mmh, ma sœur est partie vivre dans le sud de la France. J'ai décidé de commencer sérieusement mes études après la dix-septième saison. Je veux dire, l'université ou quelque chose comme ça, histoire de ne pas mourir con sur toute la ligne. Et puis, j'ai rencontré cette fille...
– Une fille ?
– Ouais. (Le sourire de Arnold s'élargit) Je crois qu'elle m'aime bien. Elle est vraiment cool, même si c'est un peu tendu en ce moment. Je n'avais jamais ressenti un truc pareil. Quand on parle tous les deux, j'ai l'impression qu'elle s'intéresse vraiment à ce que je dis, à qui je suis au fond. Ça fait du bien.
Dylan semblait curieusement mal à l'aise.
– Tu... Tu ne serais pas amoureux ?
– Peut-être bien, rétorqua Arnold, sur la défensive. Pourquoi ?
– J'en sais rien. Je ne pensais pas que ça t'arriverait à toi.
– Tu veux dire quoi par là ?
– Écoute, soupira Dylan, je te connais bien. Tu n'aimes pas t'attacher aux gens. Je ne sais pas comment cette nana s'est débrouillée, mais elle est plutôt douée.
– Elle s'appelle Nyx.
– Ouais, peu importe... Attends, Nyx ?, réalisa l'autre. La Nyx de Kendall ? (Arnold fronça des sourcils) L'été dernier, j'étais parti chez lui à Sinuesa Valley, et il m'en parlait déjà avec des étoiles dans les yeux. Elle vous a ensorcelés ma parole, ou quoi ?
– Tu veux dire qu'elle sort vraiment avec lui ? balbutia Arnold, qui ne comprenait pas.
– Tu pensais que c'était du cinéma ? Qu'on les avait mis en couple dans le studio ?, devina Dylan. Je suis désolé, vieux. Aux dernières informations, ils étaient déjà ensemble avant d'entrer sur le plateau. Mais, peut-être qu'ils se sont séparés pendant que j'étais dans le coma, ajouta-t-il précipitamment en voyant l'air profondément blessé de son meilleur ami.
– Ouais, admit Arnold du bout des lèvres. Ça doit sans doute être ça... Je vais aller me chercher un truc à boire à la cafétéria. Tu veux que je te ramène quelque chose ?
– Non, ça ira comme ça. Ah, euh, au fait... En parlant de filles, tu as eu des nouvelles de Juno ?
– Désolé. Je n'ai pas eu de nouvelles depuis qu'on s'est quittés pour la fin de la saison. Mais, elle viendra sûrement.
– Oui, c'est sûr, renchérit Dylan. À tout à l'heure.
Arnold ferma la porte de la chambre derrière lui et se dirigea vers l'ascenseur, appuyant sur le niveau 1. Il sortit son téléphone portable de la poche latérale de son sweat, décidé à composer un message. Il se ravisa, préférant la véracité d'un appel. Arnold attrapa le café que lui tendait une employée et s'isola vers la terrasse du centre hospitalier. Au bout de la cinquième sonnerie, Nyx décrocha.
– Allô ?
– Hey, dit Arnold, rassuré de l'entendre. Tu vas bien ?
– Euh, oui, oui et toi ?
– Plutôt pas mal. Je suis allé voir Dylan. Il est sorti du coma.
– Oui, je sais. Ils en ont rapidement parlé au journal régional.
– Ah... Et toi, tu as de bonnes nouvelles de ton côté ?
– Non, rien de neuf.
La conversation sonnait horriblement creuse. Arnold s'éloigna de plusieurs pas de la baie vitrée et dit :
– Je t'appelle parce que je dois savoir quelque chose d'assez important. Est-ce que tu es sorti avec Kendall, par hasard ? Je veux dire, pour de vrai. (Silence) Écoute, bébé...
Nyx éclata brusquement en sanglots au bout du fil.
– … je ne t'en veux pas. Enfin, du moins que c'est réellement finit entre vous. Je ne comprends simplement pourquoi tu ne m'as rien dit avant de commencer quelque chose avec moi. Enfin, je pensais que ça voulait dire quelque chose ce qu'il y avait entre nous.
– J'étais effrayée de tout perdre d'un coup. Mais, je vais mettre les choses au clair avec Kendall. Il ne mérite pas ça. Je suis désolé, j'ai un peu les nerfs à vif en ce moment. Ça ira mieux bientôt.
– Tu en es sûr ? Tu veux que je passe chez toi ? Il me suffirait de prendre le train.
– Non, c'est... c'est catastrophique chez moi. Et puis, ce week-end ma mère, et quelques amis de notre famille et moi nous devons repeindre la maison.
– Un grand programme.
Arnold rit un peu afin de détendre l'atmosphère.
– Si je peux faire quoi que ce soit pour te venir en aide, je le ferai, d'accord ?
– C'est gentil, merci. Et moi, qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
– Je voudrais savoir pourquoi tu ne réponds plus à mes messages depuis quelque temps. C'était à cause de cette... culpabilité que tu ressentais pour Kendall ?
Nyx renifla.
– Non, je... C'est un peu plus compliqué. Disons que j'ai cru pendant un moment que j'étais enceinte. Mais ça va, ajouta-t-elle précipitamment. C'est réglé.
– C-Comment ça s'est réglé ? demanda-t-il après un long moment de silence, choqué.
– Je veux dire que c'était une fausse alerte. Je vais prendre rendez-vous au planning familial pour prendre une contraception. Je n'ai juste pas envie que ma mère le découvre. Pour l'instant, j'ai l'impression qu'un rien la ferait craquer.
– Ce n'est pas rien ! Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
– Je ne sais pas. J'ai paniqué.
Arnold prit une profonde inspiration.
– Nyx, mon père a abandonné ma mère alors qu'elle m'attendait. Elle était plus jeune que nous à l'époque. Tu crois que je t'aurais laissé vivre la même situation ? Tu penses que je me serais détourné comme un salaud alors que je suis plein de thunes, que je pourrais faire quelque chose de réellement utile pour une fois dans ma vie ?
– Oui, j'ai été très stupide.
– Tu es rassurée ? Je ne suis pas du genre à laisser tomber les gens. Je dois te laisser. Dylan doit certainement m'attendre. Je te rappelle bientôt, d'accord ?
Quand Arnold raccrocha, il sentit la présence de quelqu'un à ses côtés. Il se retourna, reconnaissant Dylan. Pourtant, ça ne pouvait pas être lui. Dylan était cloué dans son lit d'hôpital. Son sourire s'effaça lorsqu'il réalisa qu'il s'agissait de son frère, Dawn. Lui aussi buvait son café. Arnold soupira, rangeant son portable dans sa poche.
– Tu as réfléchi à ce que je t'avais dit ?
– De quoi ?
– La dernière fois que tu étais venu ici, avec Juno, je vous ai dit qu'on pouvait changer les choses si on s'y mettait vraiment. Pour le show, je veux dire.
– Je ne crois pas que ce soit le bon moment...
– C'est même le très bon moment pour ça. Je veux dire, l'audience de Burst est pour bientôt.
– Au cas où tu l'aurais oublié, prononça Arnold en le regardant de haut, mon nom de famille aussi est Burst. Je ne peux pas faire de vague à un moment pareil. Tout ça pour quoi ? Harry ? Il me croit vendu. Je ne vais pas risquer tout ce que j'ai, tout ce que j'ai sacrifié pour... pour dormir mieux le soir. Pourquoi tu te lances pas ? Tu as peur d'être tout seul ? Tu ne veux pas être seul ?, tenta-t-il de deviner.
– Tu sais très bien que les médias écoutent rarement la voix d'un seul. En plus de ça, depuis mon licenciement, les médias ne m'accordent pas réellement de crédit.
– C'est ironique tout de même de vouloir faire passer un message contre les médias en utilisant les médias. Tu m'expliques ta logique ?
– Et toi, tu es rendu captif depuis ta naissance par l'homme qui t'a arraché à ta propre mère. Mais tu le défends, peu importe les saloperies qu'il peut faire. Tu m'expliques ta logique ?
– Va te faire foutre, Dawn. Tu ne sais rien de ma vie. Pas plus que tu n'en sais de ce qu'il se passera à cette satanée audience. Si ça se trouve... Harry n'est pas si mal traité que ça.
Dawn éclata de rire.
– Non, mais tu t'écoutes ? Tu étais aux premières loges ! Tu sais très bien que ça ne va pas pour lui, que ça n'ira pas tant que ton père le retient prisonnier tout ça pour se faire des couilles en or. Ce type est pourri ! Déglingué et pourri ! Qu'est-ce qu'il te faut de plus comme preuve pour que tu ouvres les yeux ?
– Je n'ai pas envie d'avoir cette conversation...
– Écoute-moi juste deux minutes. Deux minutes et ensuite tu pourras aller rejoindre mon frère et faire comme si tout allait pour le mieux. Mais le truc c'est que ça ne va pas. Tu le sais. Je le sais. Tout le monde le sait. Dans cette histoire, en définitive, tu fais partie des grands perdants. À côté de toi, Harry a un sort presque enviable. Toi, tu as été utilisé comme un pantin et ce dès ton enfance. Tu as dû accepter ça. Tu as dû regarder ta mère dépérir et faire comme si de rien n'était. Tu... Tu n'es qu'un outil de travail pour Andrew Burst. Tu as peut-être son nom, tu partages son toit, mais il ne te considèrera jamais comme son égal. C'est ça que je veux te faire réaliser...
– Tu crois que je ne le sais pas ? rugit Arnold en le repoussant contre le mur. Je me réveille le matin en me disant que si je crève dans mon sommeil, la seule perte que j'offrirai ce serait des chiffres en moins. Personne ne s'intéresse vraiment à ce que je suis. Et ma propre mère est bien incapable de me reconnaître. Je n'ai pas grand-chose dans ma vie, c'est clair. Mais le peu que je possède, comme l'amitié de ton frère, je tiens à le conserver le plus longtemps possible. Ce n'est pas en entamant une petite guérilla que les choses iront mieux pour moi. (Dawn s'apprêtait à rétorquer quelque chose) Je suis égoïste. Tout le monde l'est. C'est un fait ! Je peux t'aider, mais je ne veux pas prendre un risque aussi énorme pour quelqu'un qui me connaît vaguement. Je ne suis pas Ron Weasley. Je ne prends pas des balles pour mes potes avec le sourire. À d'autres.
– C'est ça, casse-toi, lança Dawn, hargneux. Continue d'apprécier le confort de ta cage. Ah, et puisque tu t'entends si bien avec mon frère, tu devrais penser à te mettre avec lui.
– On l'envisage très sérieusement, se moqua Arnold en retournant à l'intérieur de la cafétéria.
En se retrouvant une nouvelle fois seul, Dawn jura.
Ooo
La fenêtre était ouverte.
Harry ouvrit péniblement les yeux. Il était devenu de plus en plus difficile pour lui de réaliser le moindre effort. Même s'étirer relevait d'immenses efforts, comme si son corps tout entier ne répondait plus. Après s'être débattu un long moment contre le sommeil de plomb qui le maintenait au lit depuis plusieurs jours, Harry réussit à s'extraire de sa couverture.
Il était dans un endroit qu'il ne connaissait pas, ponctué de cris d'enfants. Comment était-il arrivé jusqu'ici ? Harry attrapa la cruche d'eau sur sa table de chevet, puis constata qu'au fond de son verre se trouvaient quelques résidus, comme de l'aspirine mal diluée. C'est le verre que lui avait tendu le médecin, la dernière fois qu'il était encore éveillé. Qu'est-ce que ça signifiait ? Était-ce des somnifères ?
– Ces salopards, articula Harry en lâchant son verre, qui se brisa sur le sol.
Il ne parvenait plus à réfléchir de manière cohérente. Sans doute était-ce ce que Burst voulait. Complètement lui ramollir le cerveau avant l'audience. Le réduire à l'état de légume devant la cour et montrer qu'il n'était qu'un docile petit animal. Les cris d'enfants devinrent de plus en plus nets au fil des secondes. Ils couraient, quelque part dans les escaliers. Ça avait un petit air de Poudlard, de la maison.
Harry serra le poing, constatant qu'il n'était lié à aucune sangle. De toute manière, il ne pourrait pas aller bien loin, affaibli comme il l'était. Luttant contre le sommeil, Harry avait la tête chancelante. Finalement, un bruit de moteur attira son attention. Il écouta les portières claquer, les ouvriers discuter entre eux, comme si ça lui permettrait – par ce moyen – de quitter cet endroit avec eux. Pourquoi personne ne lui disait rien ? Où se trouvait-il ? Combien de temps avait-il dormi depuis que Chad avait dû une nouvelle fois le confier à Andrew Burst ?
– Je veux que vous me déchargiez ces trois cartons en priorité !
À qui appartenait cette voix ? Où se trouvait-il ? Combien de jours encore lui ferait-on subir ça de gré ou de force ? Allait-il maigrir à force de sauter des repas ? Souhaitait-on qu'il s'évanouisse devant la Cour ? La juge le croirait-il ? Le laisserait-on seulement prendre la parole ?
– Tu t'occupes d'acheminer ça jusqu'au sous-sol.
Cette voix semblait familière. Harry écouta un moment.
– Je veux aussi deux hommes dans la cour pour réceptionner les colis de cette après-midi. Du matériel plutôt lourd.
Harry se redressa sur ses avants-bras.
– Seth, murmura-t-il, réalisant tout à coup.
Harry s'extirpa de ses draps. Qu'est-ce que Seth faisait ici ? Il n'en savait strictement rien. Harry, toujours en pyjama, s'approcha à pas lents de la fenêtre. Il se pencha. Oui, il s'agissait bien de Seth ! Il aurait voulu crier, lui dire qu'il était là, tout près. Mais il en était incapable. Harry essaya d'avancer le plus vite possible et quitta sa chambre.
Il longea un interminable couloir, donnant sur des sortes de dortoirs. À vue d'oeil, il avait la chambre la plus grande de toutes. Harry descendit les escaliers et se retrouva dans un hall richement décoré où des cartons s'empilaient, tous frappés du logo du show. Harry fronça des sourcils. Pourquoi Seth livrait-il ces choses ? Était-ce une sorte de contrebande ?
– Vous m'apporterez les dossiers des comptes-rendus tout à l'heure, prononça la voix de Seth, dans son dos. Veuillez... Veuillez nous laisser. (Harry tourna la tête vers lui) Salut. Comment tu te sens ? Je ne fais que passer.
Harry eut un mouvement de recul, dégoûté. Il n'avait même pas l'air surpris de le voir ici. Était-il de mèche ?
– … Je suis désolé. C'est très long à expliquer, mais je n'ai pas eu le choix. Je dois travailler pour Burst quelque temps, histoire d'assainir les choses pour Velma. Je ne veux pas qu'elle ait d'ennuis elle aussi, tu comprends ? Je ne le fais pas pour moi.
Harry avait comme momentanément perdu sa voix à cause du choc, ajouté à la fatigue. Malgré tout, il tenta de rassembler les quelques informations qu'il venait d'entendre. Harry croyait Seth. S'il lui disait qu'il n'avait pas eu le choix, alors... cela devait sans doute être la stricte vérité.
– Je suis désolé, répéta-t-il en l'attirant dans un endroit plus discret. Est-ce que je peux t'aider ? Dis-moi. N'importe quoi.
– On doit le faire, dit Harry.
– S'évader ?
– Non. Baiser.
Harry lui embrassa le cou, mais Seth le repoussa instinctivement.
– Tu es malade. Si on apprend que je t'ai touché, je retourne à la case prison direct ! Et ça, s'ils ne me coupent pas l'engin avant.
– Tu as dit que tu m'aiderais ?
– Et quoi ça t'aiderait qu'on couche ensemble ?
– On veut me vendre à quelqu'un pour une nuit. Alors, si on le fait d'abord, ça sera mieux pour moi.
Seth eut un tel mouvement de recul qu'il se cogna l'arrière du crâne contre le mur.
– Te fous pas de moi.
– Je t'assure que si !, s'écria Harry à voix basse.
– Mais... pourquoi ? Ils n'ont pas assez d'argent ?
– Mon père biologique en est carrément boulimique.
– Avec le procès qui approche, c'est dingue de faire un truc pareil. Il n'a pas le droit ! C'est contre tout principe. Tu ne te laisseras pas faire, n'est-ce pas ?
– A ton avis, pourquoi est-ce que je me démène pour te convaincre de coucher avec moi ? C'est bien un signe qui montre que je ne veux pas me laisser faire. Et si un type m'approche, je lui arracherai la queue. Crois-moi.
Seth essaya un moment de lui arranger les cheveux, puis finit par abandonner.
– Je me porte volontaire alors. Comme Katniss Everdeen.
Harry rigola légèrement.
– Quand est-ce que tu veux qu'on fasse ça ?
– Le plus tôt possible sera le mieux, supposa Harry. Je vais faire semblant d'avaler mes médicaments tout à l'heure. Ils me croiront dans les vapes et me laisseront tranquille plusieurs heures avant de revenir pour une dose. Tu n'auras qu'à venir là-haut. J'ai la grande chambre au fond du couloir du premier.
– Mmh, c'est plutôt risqué. Et s'il y a des caméras dans ta piaule ?
– Ils n'ont qu'à mater, rétorqua Harry en l'embrassant furtivement. J'ai bien le droit de choisir avec qui je veux franchir ce cap, non ? À tout à l'heure.
Seth sourit à s'en décrocher la mâchoire. En grimpant les escaliers, Harry chancela légèrement tout en gardant le sourire.
– Tout va très bien ! cria-t-il à des employés de l'institut. Ne vous inquiétez pas pour moi. Je vais continuer à me rouler jusqu'à ma chambre comme un grand.
Harry avait du mal à se débarrasser de son sourire moqueur. Parce que oui, il se moquait éperdument du système. En retournant dans sa chambre, il constata que de nombreux enfants jouaient dans un immense parc boisé. Ils avaient l'air contents de s'amuser. Une dizaine d'entre eux étaient attroupés autour d'une fontaine où des carpes japonaises se battaient pour quelques miettes de pain. Harry referma la fenêtre, puis tira tous les rideaux, afin de s'assurer que le moins de personnes possible ne le verraient. Il s'assit sur son lit, attendant Seth. Ce dernier arriva d'un air mal assuré, comme s'il avait peur qu'une alarme retentisse au moindre mouvement brusque. Il referma la porte derrière lui, puis se précipita vers une commode.
– Aide-moi, souffla-t-il. On va coincer la porte avec ça.
Harry s'exécuta, ne laissant pas le meuble traîner par terre pour ne pas alerter tout l'étage.
– Où est-ce qu'on est ? demanda l'adolescent.
– L'institut Burst. C'est l'endroit où il garde tous les figurants de Poudlard étant orphelins durant l'été. C'est leur maison. (Seth sortit de la poche arrière de son jean un préservatif) Heureusement qu'il en restait dans ma voiture. Hum, tu veux... ?
– J'hallucine où t'es complètement nerveux.
– Une première fois ce n'est pas censé être romantique et tout ce genre de conneries ?
– Ta première fois était romantique ?
– Bien sûr que non ! C'était juste... bizarre.
– Bizarre ça me convient. C'est toujours mieux que contraint. (Harry s'approcha pour l'embrasser à nouveau) Tu me dois bien ça.
Seth releva légèrement son tee-shirt et le lui passa au-dessus de la tête tout en répondant à son baiser. Ses mains s'attardèrent un moment sur les épaules de Harry, comme s'il tentait maladroitement de se rapprocher de lui. N'ayant jamais eu le moindre contact approfondi avec une autre personne, Harry se laissa faire. Comparé à la maigre expérience qu'il avait vécue avec Cho cette année – qui, de surcroît, s'était avérée lamentable – Harry avait la sensation d'être parfaitement libre. C'était très curieux, car jamais de sa vie il n'aurait songé qu'un moment aussi angoissant et plein de challenge comme les rapports sexuels pourraient lui apporter un semblant de bonheur sans doute tout autre qu'une personne ordinaire. Harry déposa sa main sur la joue de Seth, pour l'encourager. Seth avait l'odeur des cigarettes. Harry déboutonna maladroitement son polo à l'effigie du show. Son index retraça les lettres « HP » frappées sur sa poitrine, à la place du cœur. Harry embrassa son torse tandis que Seth continuait à le regarder faire. Il réagit néanmoins, attrapant les poignets de Harry.
– On n'a pas beaucoup de temps, chuchota-t-il. Mes hommes déchargent la marchandise. D'ici vingt minutes, on devra tous être repartis.
– Vingt minutes c'est suffisant ?
– Largement, rit Seth en le poussant vers le lit.
Harry l'attira immédiatement vers lui alors que Seth lui enlevait ses lunettes. Tout devint flou autour de lui. Ce n'était pas plus mal. Ça donnait une impression légèrement surréaliste aux évènements. Harry n'arrivait pas à croire qu'il s'apprêtait vraiment à le faire, que c'était bien lui qui agissait de cette façon. Pressé, Harry décida de plonger sa main vers le jean de Seth et de commencer à le caresser. À travers son boxer, Harry pouvait presque tout deviner de lui. Pour sa part, il était certain de ne pas avoir besoin de ça pour être déjà prêt.
Seth continuait de l'embrasser avec bien plus de précipitation que tout à l'heure. Lui aussi commença à retourner la faveur que lui faisait Harry. Harry se crispa, se mordant les lèvres. Seth baissa le jogging de Harry tout en déposant de rapides baisers le long de son ventre, puis commença par le flatter avec sa langue, puis avec sa bouche. Les mains de Seth étaient plaquées sur son bassin afin de toujours contrôler le rythme. Harry aurait voulu le supplier. Cependant sa fierté l'en empêchait.
Ils cessèrent tout mouvement lorsque des pas retentirent dans le couloir. Il ne restait plus beaucoup de temps. Harry ne redoutait pas d'avoir mal. La vie en elle-même était déjà douloureuse. Mais là, c'était son choix, son expérience. Alors ça resterait supportable malgré les quelques protestations de son corps. Quand Seth commença à bouger en lui, pas une seule fois Harry ne se dit qu'il était allé trop loin...
ooo
Des pleurs s'échappaient de la chambre d'à côté.
Vanny pleurait. Tout le temps. C'était un bébé très demandeur d'affection et souvent, la nuit tombée, la petite Juno plaquait ses mains contre ses oreilles afin de ne plus l'entendre. En vain. Vanny était jolie comme tout. Juno était même excitée à l'idée d'avoir une seconde petite sœur. Sheron et elle s'amusaient bien.
Quand leurs parents leur avaient annoncé la nouvelle d'un nouveau bébé qui arriverait à la maison, les deux fillettes avaient sauté de joie. Juno avait passé une semaine entière à faire le tri entre ce qu'elle gardait, et ce qu'elle allait donner à Vanny. Sheron et elle l'avaient tant et tant fantasmée, que maintenant que le poupon était là, les deux sœurs semblaient légèrement déçues. Pourquoi pleurait-elle autant ?
Leur nourrice – Laurence – disait que c'était normal, que ça arrivait parfois. Juno et ses sœurs n'avaient pas leurs parents à disposition. Ils travaillent tous les deux dans l'univers de la télé et ne rentraient que très tard le soir. Mais ce soir-là, c'était différent. Laurence n'était pas là. Elle avait demandé un congé de plusieurs jours pour préparer la cérémonie de diplôme de son fils unique. Laurence manquait à tout le monde ici. Même à Juno. Pourtant, elle prenait bien soin de ne pas le montrer.
Maintenant qu'elle n'était pas là, Juno s'apercevait – bien trop tard – que c'était en sa présence que Vanny semblait bien plus calme. Vanny ne pleurait même plus du tout quand Laurence la prenait dans ses bras. C'était la troisième nuit – peut-être la quatrième – où Vanny s'époumonait. Juno retourna sur son petit matelas bordé de peluches. Elle en saisit une sous son bras, caressant distraitement les oreilles de son lapin. Juno aimait penser à son programme de la journée qui allait suivre dès qu'elle avait un moment de répit. Ça la rassurait de savoir point par point ce qui allait se produire.
Juno n'aimait pas les imprévus ou les choses qu'elle ne comprenait pas. Demain, elle devrait se rendre dans un studio, pour tourner un nouvel épisode de Bubblegum, la série pour enfants dans laquelle elle est l'héroïne. C'est Papa et Maman qui lui avaient dégoté le rôle. Juno, toujours allongée dans son lit, pensa très fort aux phrases de son script qu'elle avait apprises par cœur dans le bus scolaire la ramenant à la maison. Juno savait déjà que Bubblegum ne pourrait durer pour toujours. Un jour ou l'autre, la série s'arrêterait. Que ferait-elle ensuite ? Est-ce que Papa et Maman s'attendaient à ce qu'elle poursuive dans cette voie ? Qu'elle trouve une sorte de nouveau Bubblegum pour briller, encore quelques années ?
Sheron, elle, était chanceuse. Elle était malade, donc elle était chanceuse. C'est pour ça qu'elle ne travaillait pas. Papa disait que Sheron était attardée. Mais ce n'était pas vrai. Et, de toute manière, Laurence avait bien dit à Juno que le mot « attardé » était vulgaire, méchant, et incorrect. Sheron réfléchissait juste... différemment. Est-ce que c'était mal d'être différent ? Sheron aurait pu être une grande actrice, tout comme elle ! Sheron adorait jouer des rôles quand elles jouaient ensemble à la dinette. Alors pourquoi ne pourrait-elle pas ? Pourquoi ne voyait-on pas des gens comme sa sœur à la télé ? Pourquoi il n'y avait jamais de personnes handicapées ?
Juno soupira. Peut-être un jour. Elle aimerait beaucoup. Parce que ce n'était pas juste. Pas juste qu'elles soient séparées. Pas juste qu'elles doivent se rendre dans des écoles différentes. Pas juste que leur père traite Sheron comme si... comme si elle ne pouvait strictement rien ressentir. Juno fit comme son coach scénique lui avait appris à faire : elle prit une profonde inspiration, évacua ses idées sombres, puis se replongea dans son rôle.
La petite fille murmura quelques phrases de son script, tentant de s'en imprégner avant l'aube. Il faudra être, comme toujours, efficace, car les enfants de moins de huit ans ne peuvent travailler plus de deux heures par semaine. Ça ne laissait pas beaucoup de temps pour se tromper entre chaque prise. Il faudra être parfaite. Du premier coup.
Les pleurs de Vanny s'étaient arrêtés. Juno déposa sa peluche et se redressa sur son lit. Elle enfila ses chaussons puis quitta sa chambre.
– Sheron ? tenta-t-elle d'une toute petite voix.
Mais Sheron ne répondit pas. Elle devait sans doute dormir. En revanche, la porte de la chambre de Vanny était entrouverte. Juno s'approcha. Sa mère était là, tenant un oreiller.
– Regarde comme elle est belle quand elle dort, prononça sa mère.
Juno s'approcha du berceau. Elle sourit. Vanny était très jolie, c'est vrai.
– Bravo, Maman, souffla la petite fille. Tu as réussi à l'endormir toute seule.
– Il fallait qu'elle se taise..., répondit-elle. Il fallait qu'elle se taise, tu comprends ?
Non, Juno ne comprenait pas. Son regard dériva jusqu'à sa petite sœur inerte dans le berceau. Sa mère l'attrapa par les épaules tout en continuant de dire : « Il fallait qu'elle se taise ! ». Juno se débarrassa de son emprise.
– Vanny !, cria-t-elle en secouant l'épaule du bébé. Vanny !
Mais Vanny semblait dormir paisiblement. Des bruits de pas retentirent dans le couloir et son père pénétra dans la chambre, les paupières lourdes de sommeil.
– Qu'est-ce qu'il se passe ici ?
– Vanny ne bouge plus, articula Juno entre deux sanglots.
Son père l'écarta précipitamment, cherchant le pouls du nourrisson. Il dévisagea Juno, puis sa femme. Cette dernière rétorqua en giflant Juno.
– C'est elle ! hurla sa mère. C'est Juno qui a fait ça. Elle était penchée sur le berceau quand je... quand je...
Choquée, et ne comprenant visiblement rien à ce qu'il se passait, Juno eut le réflexe de reculer. Son père semblait dévasté...
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o
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Les mois passèrent sans Vanny.
Sheron demandait toujours pour elle. Personne n'avait réussi à lui expliquer ce qu'était la mort.
Juno – pour sa part – était suivi par un pédopsychiatre, convaincu qu'elle avait tué sa petite sœur par pure jalousie. L'affaire avait été étouffée, comme le bébé. Ses parents ne voulaient pas faire de vague ou jeter l'opprobre sur leur famille bourgeoise.
Ils disaient à tous que la pauvre Vanny avait subi la mort subite du nourrisson, qu'elle n'avait pas souffert. Mais sa mère savait. Et Juno aussi. Depuis, elle n'était plus la même. Elle ne souriait plus, ne dansait plus sous la pluie, ne faisait plus de bêtises avec Sheron dans le jardin. Juno n'aimait plus rien. Puis un jour, elle surprit cette conversation entre ses parents :
– C'est une petite fille perturbée, Phil, pleura sa mère. On dira que c'est un accident, mais il faut éloigner Juno de la maison. Elle peut faire du mal à Shoren. Trouve quelque chose, n'importe quoi.
– … Juno est encore jeune. On ne peut pas prendre une telle décision sans consulter son psychiatre.
– Elle pourrait faire du mal à Sheron ! Je suis certaine que tu as bien une idée, un projet pour que Juno puisse s'épanouir loin de la maison.
– J'ai bien entendu quelque chose, soupira son père. Tu sais, Andrew Burst veut créer une école de magie pour Harry Potter. C'est un peu dingue, mais ce sont les bruits de couloirs. Peut-être qu'on pourrait proposer les services de Juno. Elle est célèbre et plutôt douée.
– Oui, oui, fais ça. Je t'en prie. C'est pour le bien de tout le monde.
Ooo
– J'ai toujours aimé les bébés, avoua Juno après de longues minutes de silence tandis que Dawn et elle faisaient face à la baie vitrée ouvrant sur la nurserie de l'hôpital. Ils ont l'air si apaisés, tranquilles... Comme si rien ne pourrait jamais les troubler.
Dawn avala une nouvelle gorgée de chocolat chaud. Il avait passé toute sa journée à l'hôpital, et pourtant, son frère et lui n'avaient discuté qu'un petit quart d'heure. Il était devenu difficile de le cacher, mais Dawn était profondément déçu. Il s'était imaginé tout un tas de scenarii où son jumeau et lui ne seraient plus jamais séparés. Pourtant, Dylan semblait bien plus épanoui en compagnie de ses amis qu'avec lui, son propre sang. Comment pouvait-on avoir une relation aussi distancée avec la personne qui avait toujours tout vécu avec nous ? Les jumeaux n'étaient pas censés être inséparables ? Alors pourquoi Dylan avait l'air de toujours parfaitement s'en sortir sans lui ? Pourquoi lui ne pouvait-il pas vivre sans Dylan, avancer, s'épanouir ? Était-il juste... sensible ?
– Tu dois être soulagé, n'est-ce pas ? dit-elle.
– Oui, admit Dawn. Tout ce qui importe maintenant, c'est qu'il soit en bonne santé.
Juno était venue à l'hôpital afin de s'assurer que Dylan allait bien. Mais, curieusement, elle n'avait pas réussi à franchir la porte de sa chambre, comme si elle redoutait la confrontation. La jeune actrice était restée plantée là, face à la nurserie, pensive.
– J'ai demandé à Andrew Burst que Dylan revienne dans le show. Je veux dire, il n'a rien fait de travers. Il est même un très bon acteur. Si Dylan revient, la seizième saison pourrait être plus intéressante, et peut-être même que je pourrai finir avec lui et non Arnold.
– Arnold et toi vous devez vous mettre ensemble pour l'émission ?
Juno hocha de la tête. Elle semblait hors d'elle.
– Je ne l'aime pas. Je sais que ça ne se produira jamais. Je ne veux pas que les gens à travers le monde s'imaginent que je passerai ma vie avec lui. Ça doit rester de la télé.
Dawn trouvait très ironique qu'elle dise ça, étant donné qu'elle était la première à jouer de son statut d'actrice à l'extérieur du biome afin d'obtenir quelques avantages. Juno est ce genre de personne voulant à la fois l'argent, le pouvoir et la gloire.
– Je sais très bien que tu me détestes. (Dawn ne répondit pas), Mais il va falloir qu'un jour tu acceptes les sentiments que j'ai pour ton frère. Je ne suis pas juste cette... cette fille nocive, qui est prête à tout pour y arriver. J'ai déjà dépassé – et de loin – les espérances de milliers d'acteurs à travers le monde. Maintenant que je grandis, je m'aperçois que je suis passée à côté de pas mal de choses qui auraient pu me rendre meilleure. Dylan peut me rendre meilleure.
– Et tu veux ma bénédiction pour vous mettre ensemble ? Tu sais, mes parents sont juste à l'autre bout de ce couloir.
– Ce que je veux dire, c'est que Dylan est comme moi. Du moins, il l'était. Il ne comprend pas que jamais nous ne pourrons tenter la moindre petite idylle d'adolescents tant que l'émission se tient entre nous. Le public pensera que je trompe Ron avec Draco s'ils me photographient avec lui dans la rue. Sauf que Ron n'existe pas et des téléspectateurs ont du mal à percuter ça. Je ne veux plus être un simple rôle de cinéma.
Dawn avait du mal à penser que ce métier pesait autant sur les épaules de Juno.
– Pourquoi tu as accepté le rôle alors ?
Juno baissa les yeux, semblant un moment déstabilisée.
– Je devais partir de chez moi.
– Pourquoi ça ?
Juno eut un sourire superficiel, de ceux qu'elle servait habituellement aux paparazzis.
– Je suis née dans une famille aisée. Je n'ai jamais été maltraitée et j'ai toujours eu tout un tas d'amis à l'école. Mais ça ne veut pas dire pour autant que mon passé est aussi parfait que tu peux l'imaginer. Je ne suis pas parfaite.
– Tu te donnes beaucoup de mal pour en avoir l'air, en tout cas, fit-il remarquer.
Le regard de Juno se perdit à travers la nurserie.
– Regarde là-bas, finit-elle par prononcer.
Dawn se pencha pour voir une infirmière déposer un poupon près du berceau d'un autre.
– Ce bébé est né la même journée que l'autre juste à côté, continua Juno. Ils ont l'air identiques : les mêmes cheveux, la même taille... Pourtant, toute leur vie, on les traitera différemment. Tu sais pourquoi ? Le bébé de gauche, lui, il est handicapé. En grandissant, le bébé de droite aura sans doute fait plus de choses que le bébé de gauche ne pourrait en rêver. Pas parce qu'il en sera incapable, mais parce que le monde entier lui mettra des barrières. (Juno regarda un long moment dans le vide) Je suis le bébé de droite. Mais j'aurais pu être celui juste à côté. Ma petite sœur, Sheron, est handicapée. Elle est drôle, douce, et immensément altruiste. Tout ce que je ne serai jamais dans ma vie. Et ce qui est dingue dans tout ça, c'est que c'est moi... moi, la garce, qui est aimée de tous.
– Tu ne me l'avais jamais dit.
– Tu n'as jamais pris le temps de m'écouter. (Juno se tourna vers lui) Je ne t'en veux pas. Personne ne s'intéresse réellement à ma vie, à ce que je ressens.
Ils marchèrent en direction de la sortie de l'hôpital.
– Le mois dernier, Sheron a eu onze ans. Elle pensait recevoir une lettre, comme moi. J'ai eu beau lui expliquer que je n'étais pas réellement sorcière, Sheron est encore persuadée que j'ai des pouvoirs magiques. Alors, Sheron a écrit une lettre pour demander d'aller à Poudlard, qu'elle a enroulé à la patte d'un oiseau qui passait par-là, dans le jardin. Lorsqu'elle a expliqué à mes parents ce qu'elle faisait, ils ont ri. Et Sheron ne comprenait pas ce qu'il y avait de mal à ça... Je suis allée la voir, lui expliquer que c'était du cinéma. Mais Sheron continuait de pleurer. Elle me répétait toujours : « C'est parce que je ne suis pas normale ». Le truc dans tout ça, c'est qu'elle avait raison. (Juno appuya sur le bouton de l'ascenseur) On ne voit que des enfants entrant dans la norme à la télévision. Les autres, on les met de côté. On les mettra toujours de côté. Les enfants comme Sheron, ou encore le bébé de tout à l'heure, on ne les verra jamais sur un écran de cinéma. Et quand bien même ça se fait un beau jour, les gens ramèneront toujours ça à son handicap. L'être humain est tellement borné dans sa vision des choses qu'il ne saisira probablement jamais que d'autres personnes sont douées de qualités extraordinaires sans même qu'on ne s'en aperçoive. Désormais, je comprends ce que tu voulais nous dire à Arnold et à moi par « Nous sommes les mieux placés pour prendre la parole ». Je ne laisserai pas d'autres enfants se sentir exclus à cause de l'image que leur renvoie la télévision.
– Alors, tu veux bien m'aider ?
Juno eut un vrai sourire.
– Je pense que je pourrai survivre si j'annule mon rendez-vous chez le coiffeur. À bientôt.
Les portes de l'ascenseur se refermèrent, et Juno disparut. Pour Dawn, il était vraiment étrange de se dire qu'elle avait fini par accepter de lui venir en aide dans sa dénonciation interne du show. Et ce, pile au moment où l'audience de Harry allait débuter ! Grâce à l'appui de Juno, les choses tourneraient sans doute bien plus facilement en sa faveur. Dawn avait toujours pensé que ça serait Arnold qui cèderait en premier. Il n'aurait jamais misé une pièce sur la jeune actrice. La vie pouvait être pleine de surprises...
ooo
Surpris, Harry se crispa malgré lui lorsque son père biologique et son père légal entrèrent dans sa chambre. Andrew Burst ouvrait la marche et semblait incroyablement tendu. Il était évident qu'un rien pourrait le faire exploser. De son côté, Chad, progressait avec nonchalance dans la pièce, comme si rien d'important n'allait se produire.
– Nous devons discuter tous les trois, commença Burst d'une voix profonde et calme. Il faut que nous nous mettions d'accord sur une stratégie avant l'audience.
Chad eut un petit rire moqueur, comme s'il se fichait éperdument du système judiciaire.
– On leur pisse dessus, Andrew, grogna-t-il. Tu te prends trop la tête pour cette histoire. On va voir la juge, on lui glisse deux grosses tranches de lard dans la paperasse. Elle se refait les seins avec les biftons et ensuite on n'en reparle plus.
– Tu ne connais pas la juge Carroway. D'ailleurs, peu de juges en Grande-Bretagne sont réellement corrompus. Crois-moi, j'ai toqué à beaucoup de portes au fil des années. (Andrew reporta son attention vers Harry) Tu sais sur quoi on va t'interroger ?
– Mes conditions de vie, supposa-t-il.
– Entre autres. Ils te poseront aussi des questions très délicates sur ton enfance, ton ressenti de cette expérience, ta vie privée, ce genre de choses...
– Ma vie privée ? répéta Harry, avec un sourire à la fois goguenard et stupéfait. Depuis quand, au juste, j'ai une vie privée ? Expliquez-moi.
– Il marque un point, s'impatienta Chad en s'accoudant au manteau de la cheminée.
– Ta vie privée c'est... c'est ce qu'on ne peut pas toucher, tenta d'expliquer Burst. Ça peut être ta mémoire, tes émotions...
– Ma virginité ? supposa Harry. (Chad ravala immédiatement son petit sourire suffisant) Ma virginité fait partie des choses qu'on ne peut pas toucher, n'est-ce pas ?
– Bien sûr, affirma Andrew. Pourquoi tu poses cette question ?
Harry savait qu'il était particulièrement impoli de montrer quelqu'un du doigt. Mais, rien qu'une fois, il s'octroya ce plaisir.
– Il a essayé de me prostituer à un homme, avoua-t-il en désignant de son index accusateur son père biologique. Il a même organisé une petite entrevue.
– Tais-toi, p'tit merdeux !, s'écria Chad.
Andrew Burst n'avait pas l'air d'en revenir, en profond état de choc.
– Tu allais vendre Harry comme du bétail à je ne sais quel tordu du coin ? murmura-t-il. Et ça, derrière mon dos ? Alors que la justice nous pend au nez ? Tu te prends pour qui, enflure ? (Andrew le poussa contre le mur) Tu étais prêt à laisser un malade mental toucher à Harry pour du fric en plus ? Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? cria-t-il tout à coup. Qu'est-ce qui ne tourne putain de pas rond dans ta tête ? Tu essaies de le charcuter, et maintenant ça ? C'est toi qu'on devrait enfermer.
– Ce n'est qu'une entreprise sur patte, rétorqua Chad en lissant les plis de son costume. C'est toi qui t'es personnellement chargé d'en faire un esclave. Je n'ai fait que tirer un peu sur la corde. Pourquoi tu devrais avoir toute la part du gâteau, hein ? Pourquoi moi aussi je n'aurais pas le droit d'en profiter ? Je te ferai dire que c'est MOI qui ai couché avec sa mère. Pas toi. Donc arrête d'en tirer toutes les satanées félicitations. Si je n'avais pas engrossé cette fille, tu n'en serais pas là aujourd'hui.
– Non, je t'interdis de dire ça devant moi, prononça Andrew d'une voix diablement dangereuse. Tu peux m'insulter, et tout ce qui te passe par la tête. Ton seul succès dans ta misérable petite existence, c'est d'avoir été tiré au loto. Ça aurait pu être Harry, comme le gamin d'à côté ou celui d'encore après. Tu n'es rien d'autre qu'une pièce rapportée qui pense être le roi, sous prétexte que ça a trouvé une couronne en carton. Sans Harry, mon vieux, tu n'es rien. Alors tâche de rester à ta place.
– Sinon ?
– Sinon ma main risque d'atterrir comme par magie dans ta gueule, ok ?
– Tu n'oserais p-...
Andrew lui donna un coup de poing. Chad chancela, se pinçant le nez.
– Tu m'as pété le nez !
– Oh, ça ne fait rien. Je te donne bien assez d'argent pour t'en refaire faire un autre. Maintenant (Andrew l'empoigna par le col), dégage de ma vue. Ne t'approche plus de Harry. Ne m'appelle même plus. Fais-toi aussi discret que possible.
Chad essuya son filet de sang d'un revers de la main.
– Je suis son père ! hurla-t-il. Je ne bougerai pas de là. Viens ici Harry.
Harry ne bougea pas, se contentant de sourire d'un air légèrement vicieux.
– Dis-lui que tout ça est faux ! poursuivit Chad.
– Désolé, prononça Harry en levant son poing gauche, mais je ne dois pas dire de mensonges.
Les cicatrices de la plume de Ombrage semblaient être plus apparentes que jamais. Ou sans doute était-ce là juste une impression.
– PETIT ENFOIRÉ ! rugit Chad en bondissant vers lui pour lui saisir le cou.
Mais Andrew fut bien plus rapide. Il frappa à plusieurs reprises Chad, le mettant à terre, ne cessant de le battre qu'une fois à bout de souffle. Le producteur enjamba sa silhouette, puis héla plusieurs de ses gardes du corps.
– Ramassez-moi cette vermine, articula-t-il.
– Attendez ! s'écria Harry.
Il courut vers Chad et lui infligea un coup de pied dans l'entrejambe.
– Ça, c'était pour ma mère.
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Note d'auteur : MUAHAHA. Je sais, je sais, on savoure. Ne criez pas trop de joie. La suite est déjà prête. Mais il faudra patienter pour la correction, les réponses aux reviews etc. Bref, en tout cas vu que je fais le Nanowrimo, je pense pouvoir avancer assez rapidement dans l'intrigue sans aucun tracas ! Je vous ai prévu tout plein de choses assez cocasses et intéressantes. Le prochain chapitre, qui sera un article de journal d'environ 5-6 pages, sera mis en ligne sur mon groupe facebook « The Baba O'Riley » sous une forme de véritable une avec des colonnes. Mais le PDF sera disponible quelques heures après la publication ici sur le site. Donc en gros, si c'est votre kiff de lire un document sous une forme différente, venez réclamer votre dû !
Je vous remercie pour toutes vos reviews, vos encouragements, etc. Sachez que rien n'est laissé au hasard dans cette histoire, que je vous donne plein de fausses pistes, mais ça fait du jeu ma pauvre Lucette !
Love you,
D.
p-s : omg... vous faites péter le compteur de reviews ! Bientôt je vais devoir employer Vector pour répondre à ma place ! :) (oh et le titre de ce chapitre est une chanson du nouvel album de Lana, my spirit animal)
