Posté le : 13 Août 2014. MILLE ET QUELQUES REVIEWS ! NO WAY, JOSÉ !
Réponses aux reviews anonyme :
Kyllerothius : Oh, ce n'est pas bien de lire au bureau ! Bon, tu me diras, moi aussi je lis en étant au boulot, donc c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité. Je peux comprendre que tu en ai marre du drame. Perso, j'aurai pas supporté lire cette histoire. J'aurai trop voulu avoir de l'amour un peu partout. Je dois être tarée pour écrire des trucs comme ça. Y'a pas d'autres solutions.
Mathou : Je n'ai pas pu m'en empêcher en faisant référence à Dumbledore. Pour la seconde partie du procès, qui sera assez concentrée sur Burst, on pourra voir de nouveaux aspects de sa personnalité, de son histoire. J'ai vraiment hâte que tu découvres ça.
Céline : Harry ne peut pas trop se permettre d'être impertinent sinon il va se faire recaler bien sèchement. « Il joue un peu sa vie », comme tu le dis si bien. Je pense que le personnage de Harry réserve bien des surprises car il est comme l'eau qui dort. Il faut toujours s'en méfier.
Marie-Antoinette : Je te rassure, tu n'es pas la seule à ne pas avoir laissé de commentaire depuis longtemps ou le faire de manière très aléatoire. Ce n'est pas bien grave ! L'essentiel c'est de continuer à suivre la fic avec intérêt et de partager son avis dès que cela est possible. On continuera bien évidemment de suivre Nyx et j'ai encore beaucoup de choses de prévu pour elle. Donc ne t'inquiète pas trop de ce côté là.
Cat240 : Je pense qu'on est tous d'accord sur le fait que Harry se défend plutôt bien. Et tant mieux ! Quant à Caspia, tu as tout à fait raison : elle n'a pas donné tous les éléments à Harry. Mais tu connais le proverbe... Il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier.
Volubilis : J'essaie de travailler chacun de mes personnages pour qu'ils aient une certaine profondeur. Ce n'est pas évident dans la mesure où j'aimerai bien pouvoir bâcler certaines choses pour m'intéresser au cœur de l'histoire, mais je ne le peux pas. Mon côté perfectionniste me retient, haha.
Samai Chan : Je suis désolée mais je ne vois pas le parallèle avec l'un des chapitres du Baba. Je suis d'une nature à oublier les choses que j'écris, loulz. Euh, sinon, Cha n'est pas la demi-soeur de Harry... Tu en sûre que tu as lu les mêmes chapitres que tout le monde, mdr ? Cha est sa cousine du côté maternelle. Il va falloir que tu m'expliques tout ça, haha.
Mow Penserini : Oui, je sais pour les perruques, mais je l'avais mentionné dans la partie deux du procès ) Pour le drarry, j'ai de nombreuses pistes en tête et ça ne devrait plus trop tarder à présent.
Leorette : Oooh, merci du compliment ! J'espère que ce chapitre-ci sera à la hauteur de tes attentes.
Poulpy : Je te remercie pour ta review et tes observations. Tu n'as pas été la seule personne à les souligner, du coup j'ai fait une réponse commune pour les lecteurs dans ce cas de figure. Je ne le fais pas souvent mais je manque de temps en ce moment et sinon je vous aurais tout répondu la même chose. Pour la présence des lettres, c'était un moyen de faire intervenir l'extérieur dans le procès, étant donné que l'audience se déroule à huis-clos. Je voulais que les téléspectateurs, et donc les lecteurs, aient leur mot à dire dans tout ça. Je peux quand même comprendre que tu trouves la manœuvre maladroite.
Fishina : Je crois que tu n'as pas été la seule à avoir été émue par la rencontre entre Harry et sa mère.
Marie : Avant toute chose, je tiens à te remercier pour tes adorables reviews et les compliments que tu as pu m'y faire. Cette réflexion sur les médias est pour moi une chose très importante car, qu'on le veuille ou non, ils nous influencent dans notre perception de la réalité. Sinon, je vois tout à fait de quelle expérience tu parles de ça : « J'ai déjà regardé une vidéo dans le style de ta fiction, en cours, à ceci près que c'était une expérience qui a réellement été réalisée. C'était une fausse téléréalité dans laquelle les gens devaient en électrocuter d'autres, pour gagner le jeu. Il n'y avait même pas de gains, et pourtant les gens le faisaient, seuls 5 sur 80 environ ont résisté. J'explique mal les paramètres parce que ça durerait trois heures, mais c'était vraiment horrible. » Je l'ai étudié il y a quatre ans, à l'université, en cours de sociologie. Boarf, sinon je suis aussi une grande fan du couple Nyx / Kendall (même si ce n'est pas l'opinion générale). Les séparer est une phase importante pour l'évolution de leur personnage. Kendall prendra peu à peu en importance et je réserve pour Nyx des choses intéressantes également.
Nerisys : En terme de temps, Harry est sorti du biome y'a près de cinq mois de cela. Donc ouais, ça fait quand même peu de temps qu'il connaît la vérité. Tu connaîtras dans peu de temps l'issue du jugement de ce gros procès. Je pense que ça va être assez intéressant et ajouter une dynamique neuve au récit.
La Prof, Sherlock, Anonyme, Little, Arty, Ulysse, Xxx : Merci de vos reviews.
Le mot du Bêta – Eymeric : Tractopelle.
Musiques : 01. Straight for the Knife – Sia. 02. Possible Death – Typhoon. 03. Billie West – Michael Jackson ft Lana Del Rey (mash up, seulement sur YouTube) 04. Ants – EdiT. 05. Führe Mich – Rammstein.
IMPORTANT
Il faut supposer que le procès est beaucoup plus long (en terme de jours) que les deux chapitres abordés, que de nombreuses autres personnes ont témoigné et que les pièces à convictions sont très étendues. Je pense que certains d'entre vous se sont étonnés de ne pas voir « plus » de choses. Sauf que si je me mettais à écrire le procès dans son intégralité, cela ferait carrément une fic à part entière ! Je ne peux pas TOUT écrire. Je ne trouvais pas ça utile pour faire avancer l'histoire, même si la démarche aurait été alors plus réaliste.
C'est à vous de combler les vides en imaginant à votre gré. D'ailleurs, cela serait de la redite puisque pendant toute la fic, vous avez vu vous-mêmes l'univers du Harry Potter Show ainsi que ses failles et injustices. Je me serai alors ennuyée en l'écrivant et vous en le lisant. Malheureusement, je suis humaine (même si certains en doute fortement). Si je m'amusais à réécrire tous les passages de mes fics comportant une erreur, je passerais plus de temps à corriger mes chapitres qu'à en poster de nouveaux. Après, si quelqu'un se sent chaud pour réécrire tout le procès à sa façon en ajoutant tous les trucs qui manquent selon lui/elle le temps d'un one-shot, franchement, je ne serai pas contre.
Je le répète encore une fois : chacun a ses limites. Je ne suis pas une spécialiste du droit, et encore moins celui britannique. Ne mettez pas la barre trop haut avec moi, je ne suis pas une auteur accomplie. J'écris des fics, comme tout le monde ici. Je tenais à mettre les points sur les « i » avant de reprendre l'histoire car je pense que cela était nécessaire. Merci d'apprécier cette histoire avec toujours autant d'enthousiasme ! Vous avez été nombreux à réagir très positivement à ce chapitre qui a été très compliqué à écrire pour moi. Donc ça me touche. Merci encore et bonne lecture, D.
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Chapitre 32 : « Le procès du siècle, vol. II »
« Ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes », Albus Dumbledore, in. Harry Potter et La Chambre des Secrets (J.K. Rowling)
« La justice, c'est quand on gagne le procès », Samuel Johnson.
« If you're looking for justice, you've come to the wrong place », Tyrion Lannister, in. Game of Thrones (G. R. R. Martin)
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– Reprenons l'audience, pria la haute-juge Carroway.
Elle fouilla dans ses papiers.
– Est-ce que quelqu'un voudrait nous faire part d'un quelconque changement survenu durant la pause déjeuner ?
L'avocat de Andrew Burst se pencha sur le côté, et chuchota quelque chose à l'oreille de son client qui était d'un calme imperturbable. Il fixait droit devant lui, sans ciller, comme s'il avait réussi le prodige de se détacher de son enveloppe corporelle pour rejoindre le monde spirituel. Il aurait très bien pu se produire une explosion juste sous son nez que Burst aurait à peine cillé.
– Dans ce cas, poursuivit Walda Carroway face au silence de plomb de la salle d'audience, nous allons poursuivre notre série de témoignages. J'appelle Talia Burst Nadgul à la barre.
Impeccable et digne, la femme de Burst se leva de sa place au second rang pour rejoindre le box des témoins. Elle ne regarda pas un seul instant son mari, comme s'il n'était pas là, ou si elle craignait de se trahir en ayant le moindre geste à son attention.
– Levez la main droite et jurez que toutes vos déclarations seront véridiques.
Talia leva sa main finement manucurée de vernis bordeaux.
– Je le jure.
– Dans ce cas, nous pouvons commencer. Maître Kürber, vous pouvez l'interroger, puis nous complèterons avec quelques questions plus tard.
Talia Burst ne cilla pas. Comme si elle se sentait au-dessus – voire indifférente – à tout ce manège.
– Mrs Burst, depuis combien de temps êtes vous mariée à mon client Andrew Burst ?
– Dix-huit ans au mois d'août.
– Dix-huit ans au mois d'août, répéta-t-il en se tournant vers les jurés. C'est quoi comme matière exactement ? La cretonne ? Le béryl ?
– La turquoise, rectifia Talia. Nous fêterons nos noces de turquoise.
– La turquoise est la pierre « lâcher prise ». C'est celle qui est censé élever l'esprit et solidifier notre psychique, n'est-ce pas ?
Talia acquiesça.
– Vous êtes érudit, accorda-t-elle. Mais je sais aussi faire le singe. Vous oubliez quelque chose d'important, Maître Kürber. La turquoise a pour réputation de changer de couleur lorsqu'on la passe au doigt de quelqu'un d'infidèle, passant alors du bleu au vert. Tout du moins, c'est ce que ma mère m'a raconté peu de temps après que Andrew m'ait demandé de l'épouser.
L'avocat échangea un fugace regard anxieux vers son client.
Oooo
Les murs étaient turquoise. Talia adorait cette couleur. Elle la trouvait à la fois pleine de vie et apaisante.
– Ce n'est pas moi qui ait décidé pour ça, prononça Andrew avec un sourire gêné tout en se frayant un passage dans la cage d'escalier. C'est cette foutue copropriété. Ils ont attendu que je parte en week-end à Parlm Streek voir mon cousin Damian. Quand je suis revenu, c'était bleu comme sur un nuage d'angelot.
– Tu n'aimes pas le bleu ?
Andrew afficha une pitoyable grimace.
– Les murs de mon école primaire étaient bleus. Alors pour moi, le bleu c'est... c'est l'école, c'est devoir étudier jusqu'à en crever la gueule ouverte, ce genre de choses. Tiens, mon appartement est celui juste au bout. Tu suis le rythme ?
– Cinq étages sans ascenseur, et je suis déjà exténuée, dit Talia, à bout de souffle. Moi qui pensais que mes cours d'aérobic m'avaient servi à quelque chose...
– Je te promets que c'est temporaire. L'année prochaine, je déménagerai au premier étage spécialement pour toi. Ou si tu veux, je peux toujours te porter.
– Proposition alléchante, Andrew, je risque de m'en souvenir.
Il lui offrit un sourire désarmant et ouvrit la porte de son appartement.
– Je sais, dit-il immédiatement, c'est... médiocre.
– Tu rigoles ? C'est super cool. Tu es indépendant, je veux dire. Moi je vis encore chez mes parents, entourée de mes sœurs et de mon frère. Je n'ai jamais rien pu choisir toute seule.
Andrew se demanda si c'était la définition qu'elle se faisait de « la belle vie ». Il la regarda s'intéresser à tout, toucher à certains objets et – jalousement – conserva l'espoir de la garder à ses côtés. Il en était déjà raide dingue et ça ne faisait que deux petites semaines qu'il la connaissait.
– Je te sers quelque chose ?
– De l'eau, ça serait parfait.
– J'ai d'autres choses, tu sais. Je ne vis pas dans une caverne.
– À peine ! se moqua-t-elle.
Andrew sortit deux verres.
– Je suis très content que tu sois venue jusqu'ici. Tu... tu dois avoir tout plein de trucs plus intéressants à faire.
– Comme aller faire du shopping ? Me faire les ongles ? Écouter mon père déblatérer sur notre lignée au sang pur ?
– Sang pur ? répéta-t-il.
Talia soupira, et se laissa tomber sur un tabouret en bois brut.
– Il pense que ma famille a un sang pur, qu'on ne peut pas se mélanger avec les autres. Il dit qu'on vient d'une prestigieuse lignée indienne, que nous nous devons de perpétuer les traditions. Et moi et mes sœurs, nous n'avons rien à dire dans tout ça. Ma grande sœur, Kandara a épousé en grande pompe un fils de maharadja l'été dernier. Puis ça sera à mon frère Pietros, puis Hannah, et enfin moi... Quand ça sera mon tour, j'ai peur d'être liée pour toujours à un type quelconque, que je n'aurais sans doute jamais croisé. Tout ça pour répondre aux exigences d'un père vivant dans le passé.
– Je suis désolé, formula Andrew, sincère. Mais, on est en Grande-Bretagne, ici. Tu as le droit de sortir avec qui tu veux, d'épouser qui tu veux. C'est ta vie, ton corps.
– Tu as grandi dans une famille traditionnelle, toi ?
– Non... Non, pas vraiment, balbutia-t-il, pris au dépourvu. Pourtant, je sais que si j'ai une fille un jour, je la laisserai faire strictement ce qu'elle veut, fréquenter qui elle veut. Elle pourra s'en aller, aussi, si c'est ce qu'elle désire. Je n'ai pas envie que mes enfants se sentent, mmh, pris au piège, tu vois ?
– Ouais, je vois. (Talia but quelques gorgées d'eau) Jolie vue, plaisanta-t-elle.
Par la fenêtre, à même pas trois mètres de là, se trouvait son énorme voisin, face au miroir de sa salle de bain en train de s'épiler le torse et les épaules avec de la mousse à raser.
– Montre-toi plutôt reconnaissante que le cadre de la fenêtre t'empêche de voir ce qu'il y a en-dessous.
Talia éclata de rire. Elle se tourna vers Andrew et le regarda bizarrement.
– Q-Quoi ? J'ai quelque chose sur la figure ?
– Ouais, juste là.
Elle l'embrassa. Andrew resta parfaitement stoïque, mais lâcha son verre qui explosa sur le sol.
– Merde ! Quel crétin !
Talia rit de plus belle.
– Attention à toi, je vais tout ramasser.
– Laisse ça une seconde, tu veux ? On faisait quelque chose d'intéressant.
Elle passa ses bras autour de son cou et se remit à l'embrasser. Il passa sa main derrière son dos et réalisa, petit à petit, qu'il vivait sans doute le plus beau moment de toute sa vie.
ooo
– Revenez un peu sur ces évènements. De quelle façon vous êtes-vous mis ensemble ? Où ? Quel impact cela a eu ?
Pendant un instant, Talia regarda ses mains, à l'endroit où se trouvait son alliance.
– Andrew a fait le premier pas. C'était à un gala de jeunes talents qu'offrait l'entreprise de mon père, à Londres. Il devait remettre le prix du créateur de demain et Andrew avait été convié. J'étais entourée de tout un tas d'amies mais ça ne l'a pas empêché de venir me solliciter. Il avait juste l'air... très impressionné. Je suis immédiatement tombée amoureuse. Puis ensuite, on a continué à se voir, l'air de rien. Il venait me retrouver devant mon université, on discutait, se promenait. On a appris à se connaître. Les mois sont passés et Andrew m'a demandé en mariage. Mon père était contre, bien évidemment. Andrew n'avait pas d'argent, ni d'emploi stable. Alors pour mon père c'était... de la pure folie.
– Aviez-vous senti un potentiel chez Mr Burst ?
– Un potentiel... vous voulez dire de travail ?
Talia eut un sourire désolé.
– Ce n'est pas ce que j'ai vu en premier chez lui. Ça ne m'intéressait pas trop. Je... Je suis partie vivre avec lui parce qu'il était l'homme que j'avais toujours cherché. Andrew s'est intéressé à ce que j'étais à l'intérieur, et non pas au rôle de la petite princesse superficielle dans lequel je m'étais enfermée.
– Au fil des années, mon client ici présent vous a-t-il intégrée à son projet audiovisuel ?
– Il a tenté, avoua Talia du bout des lèvres. Enfin, il aurait aimé que je m'intéresse au Harry Potter Show, mais ça n'a jamais été le cas. Je voulais que le travail et notre vie de famille et de couple soit distinguée du reste.
– Comment se porte votre relation actuellement ? demanda la haute-juge Carroway.
– Mal, admit-t-elle.
– Est-ce que cela a un rapport avec le décès de votre fils ? devina la juge.
– Polux nous manque énormément. À tous les deux. Je me sens... plus fragile depuis sa disparition. Comme si rien dans ma vie ne pourrait jamais plus me rendre heureuse.
– Toutes mes condoléances... Um, nous savons que Harry a séjourné chez vous plusieurs jours avant de s'envoler pour la France. Comment avez-vous réagi en apercevant l'adolescent sur votre propriété ?
Talia Burst semblait tiraillée, comme si elle aurait souhaité mentir sur ce point, mais était liée à un serment inviolable.
– J'ai détesté ça, avoua-t-elle d'une voix tremblante de colère. J'ai détesté le fait que Andrew me mette devant le fait accompli sans même me consulter. Détenir Harry était devenu très dangereux. Il y avait bien trop de personnes qui voulaient qu'il rejoigne sa véritable famille. Je ne voulais pas encourir le risque d'attirer jusqu'à nous des fous dangereux qui s'en prendraient à mes enfants. Encore. Andrew ne comprenait pas ça... (Elle se tourna vers son mari, l'air coupable) Il disait qu'il gérait la situation. Mais il ne gère plus rien depuis que Harry a quitté ce biome. Et ça, il refuse de se l'admettre.
Le producteur de l'émission semblait furieux que sa femme dévoile tout ça à la cour. Talia forma silencieusement les mots « Je suis désolée », puis retourna son attention vers Carroway.
– J'aime mon mari. Je... Je serais prête à tout pour que ça s'arrange. Mais Andrew a besoin d'aide. Il est juste trop fier pour en demander. En créant ce show, il partait de bonnes intentions. Je le sais. J'étais là. Il n'a jamais voulu faire de mal à Harry, ou à qui que ce soit d'autre. Le pouvoir, puis l'argent, lui ont considérablement monté à la tête. Il n'a pas eu le temps de... d'apprécier chaque stade de richesse qu'il franchissait. Du jour au lendemain, il est devenu multimillionnaire. Puis l'année d'après milliardaire et... c'est une boucle sans fin. Andrew est devenu boulimique de pouvoir. C'est un control-freak. Il en veut toujours plus. Il ne sait pas où se trouvent les limites entre ce qui est bien et ce qui est juste. J'ai eu beau le supplier de trouver une solution pour ce garçon, de lui servir argument sur argument... Andrew s'est complètement enfermé dans une vision des choses où sa voix est celle de la raison. Il n'écoute plus personne, même plus moi. (Talia prit une profonde inspiration) Je crois qu'il est persuadé que s'il perd l'émission, s'il perd ce procès, je ne l'aimerai plus. (Elle se tourna vers Andrew) C'est faux, et je n'arrive pas à croire que tu puisses penser le contraire. Tu es à moi, je suis à toi, tu te souviens ?
Andrew Burst semblait curieusement ému. Pendant de fugaces secondes, Harry se demanda quel homme il avait bien pu être autrefois, quelle personne il était dans l'intimité, pour qu'une femme l'aime autant malgré toutes les horreurs qu'il pouvait bien faire. Cependant, c'était son épouse. Elle devait parfaitement bien le connaître, lui, ses forces et ses faiblesses.
– Avez-vous quelque chose à ajouter ?
A sa grande surprise, Talia se tourna vers Harry.
– Oui, je voulais m'excuser auprès de Harry. Quand j'étais petite on m'a inculqué qu'il y avait plus effroyable encore que les brutes dans le monde. Il y avait... ces gens qui regardaient des injustices sans même lever le petit doigt. J'ai trop longtemps laissé faire. Je n'ai plus été moi-même en profitant du système et de la violence subie à un enfant. Je refusais juste de voir le mal là où il était parce... parce que j'aime celui qui incarne ici le mal. Je ne te demande pas de me pardonner. Ça serait sûrement trop gros. Mais sache que je suis sincèrement pleine de remords.
Le juge Stunderst la pria de rejoindre sa place.
– Nous appelons désormais à la barre Dylan Manford.
Harry tourna si vite la tête qu'il ressentit une petit douleur au niveau de la nuque. Dylan progressait, à son rythme et à l'aide de béquilles, le long de l'allée principale. Sans doute que son long coma ne lui avait pas encore permis de rétablir toutes ses facultés motrices qui revenaient petit à petit. En tout cas, il était très beau. C'était curieux parce que l'attirance que Harry avait pour lui était uniquement basée sur le physique. Ils ne s'étaient jamais véritablement parlé, en-dehors du biome en tout cas. Le greffier l'aida à s'installer correctement, bien que Dylan eût l'air contrarié d'être secondé dans une tâche aussi simple que celle de s'assoir.
– Mr Manford, levez la main droite et jurez que toutes vos déclarations seront véridiques.
– Je le jure.
– La cour s'excuse de vous avoir fait déplacer depuis le centre hospitalier pour cette audience, formula Carroway.
Dylan fit un bref geste de la main, comme si peu lui importait. Mais en réalité, Harry voyait bien qu'il avait l'air anxieux, voire perturbé d'être ici, au cœur d'une affaire judiciaire aussi retentissante.
– Nous aimerions revenir sur cette quinzième saison avec vous, si vous le permettez.
– Euh, très bien, votre honneur.
– Vous faites partie du casting officiel depuis maintenant cinq ans et le personnage de Draco Malfoy tient de plus en plus une place importante dans le récit. Comment était-ce d'interpréter ce rôle ? La pression que vous ressentiez était-elle liée aux impératifs de la production ?
– Pour être honnête, la production nous demandait beaucoup, à Dawn, à moi, à tous les autres... Même si ça n'allait pas, nous devions toujours être frais et disponibles. Je crois que c'était le truc le plus dur dans ce job, de constamment faire semblant. À la longue, ça use les nerfs. (Silence) Ne vous méprenez pas, j'ai aimé passé ces années au studio. Je me suis fait d'excellents amis. J'ai pu vivre des choses extraordinaires qui, sans doute, ne se reverront plus avant un bon bout de temps à la télévision...
Harry baissa la tête, blessé au plus profond de lui. Il s'était trompé sur Dylan. Dylan le considérait comme une parcelle de son travail. Un chiffre d'affaires, en somme. Son vocabulaire n'échappa pour autant pas à la juge qui regarda un moment Harry, puis Dylan. Ce dernier semblait être le genre de garçon à constamment diriger, à parler en premier – souvent à la légère – puis de se rendre compte plus tard du poids de ces mots. Son frère jumeau semblait être tout le contraire, bien plus sur la retenue. Harry se demanda où il était. Il ne le voyait nulle part.
– Vous aimiez votre profession d'acteur et tout le monde le savait, résuma Carroway. Pourquoi Mr Andrew Burst vous a-t-il licencié ? Votre personnage et votre présence parmi le casting officiel ajoutait une véritable plus-value.
– À vrai dire, j'avais montré quelques signes de faiblesse. Ça a entraîné des fautes professionnelles.
– Selon un rapport de la commission d'étude, vous aviez été licencié parce que votre frère jumeau – Dawn Manford – aurait dévoilé le grand secret sur la nature du monde dans lequel évoluait la victime ici présente, dit le juge Stunderst.
Dylan ouvrit puis referma la bouche, comme s'il s'était retenu d'extrême justesse de dire une bêtise ou quelque chose de compromettant.
– Dawn a... a fait une erreur de discernement, formula Dylan avec d'immenses précautions.
– Une erreur de discernement ? répéta Carroway en arquant un sourcil.
– Je pense que ce n'était pas de sa responsabilité d'avertir Harry de l'univers dans lequel il évoluait, éclaircit-il.
– Est-ce que vous lui en voulez d'avoir risqué votre rôle ?
Dylan avait l'air de plus en plus embarrassé par les questions.
– Je lui en veux de ne pas m'avoir averti avant de prendre une décision aussi importante. Je veux dire, mon destin aussi était en ligne de mire. Dans un sens, il m'a sacrifié pour ses idéaux.
– Vous avez déjà eu cette conversation ?
– Pas ouvertement, non, admit Dylan. Je n'ai pas envie qu'il comprenne tout ça à l'envers.
– Pourtant, vous êtes le grand lésé dans toute cette histoire. Vous auriez peut-être voulu continuer sur cette voie-là.
Il baissa la tête.
– Normalement, après le lycée, j'aurais dû aller dans une prestigieuse école de cinéma. Mais, ça ne s'est pas fait à cause de mon licenciement. Ma candidature est maintenant invalide. (Il se força à sourire) Je finirai sans doute par trouver autre chose.
Harry n'avait jamais vu les choses comme ça, jusqu'alors. Il n'avait pas une seule seconde pensé aux conséquences directes qu'avaient pu avoir son évasion sur des personnes. De l'extérieur, on pouvait imaginer que Dawn était un véritable héros pour avoir bravé le système de sécurité afin de lui dire la vérité. Mais, de l'autre côté, Dawn avait fait tout ça derrière le dos de son jumeau. Il aurait pu l'avertir, le consulter, réfléchir. Heureusement, des gens comme ça existaient, pourtant Harry se demandait comment il aurait réagit à la place de Dylan. Son propre frère venait de saccager sa vie et tous ses espoirs pour répondre à un élan de bravoure. Vue d'ici, la réalité semblait bien moins idyllique.
– Quel rapport entretenez-vous avec Mr Andrew Burst depuis votre départ du casting officiel ?
– Nous ne sommes pas restés en contact. Nous n'avons eu aucune nouvelle, que cela soit de la production ou de la plupart des acteurs. J'ai seulement vu deux de mes amis durant cette période : Arnold et Kendall. On devait partir en vacances ensemble.
– Devait ? nota la haute-juge.
Dylan opina.
– C'est compliqué, et personnel.
– Comment avance l'enquête sur votre agression ?
– Doucement. Très doucement. Apparemment, les hommes qui nous ont attaqués, mon frère et moi, n'ont pas de casier judiciaire, pas de fichier informatique pour pouvoir les reconnaître, donc je suppose qu'ils sont quelques part, dans la nature.
– Est-ce que cela suscite en vous des angoisses ? De ne pas savoir exactement où ils sont, ce qu'ils font, et pourquoi vous ont-ils attaqué alors que, tout le monde sait que votre frère s'est positionné contre l'émission. C'est plutôt paradoxal, non ?
– Je ne crois pas qu'ils nous aient attaqués pour cette raison. Je ne pense pas qu'ils étaient là pour Harry, véritablement. La véritable raison devait être toute autre. Ils ont dû maquiller cette affaire en se servant de l'atmosphère qui craignait.
Stunderst se pencha légèrement en avant, ses lunettes glissant légèrement sur son nez.
– Vous insinuez donc devant la cour que vous auriez été victime d'un coup monté ?
Une clameur monta par salve dans la salle d'audience.
– Ils n'ont rien dit, martela Dylan. Ils n'ont pas prononcé le moindre mot. Ils sont descendus de leur fourgon, tous ensemble. Ils nous ont foncé dessus. Ils ont essayé de nous percuter. Puis ils nous ont pourchassé à travers un champ et dans la forêt. Ils étaient organisés. (Silence) Si c'était l'oeuvre de personnes hystériques, de fans lésés, ils auraient été bien moins efficaces que ça. Ils avaient le matériel nécessaire. Le but de tout ça, c'était de nous faire peur. De nous donner un avertissement. Je crois que c'était le plan. (Le regard de Dylan glissa jusqu'à Andrew Burst) Malheureusement, pour celui qui l'a mis en œuvre, j'ai survécu.
– Selon le dossier, une enquête préliminaire a été ouverte, résuma Carroway. Voulez-vous ajouter une précision ?
– Je crois que Andrew Burst a essayé de me tuer.
– Objection ! hurla Maître Kürber.
– Objection rejetée, marmonna Stunderst.
– Ceci ne fait même pas partie de l'objet du procès.
– Mais tout est lié, Maître, objecta Upkring.
– Mon client n'a pas été préparé à subir un tel affront !
– Mr Burst ? Une déclaration ?
– Je n'ai jamais fait de mal à ce garçon, formula le producteur. Je n'ai jamais envoyé des hommes le passer à tabac. Ce ne sont pas mes méthodes. Et de toute manière, je ne ferai jamais quelque chose d'aussi stupide. Vous insultez mes facultés.
– Mettons ça de côté un moment, dans ce cas, accorda la haute-juge. Mr Manford, nous vous remercions pour votre témoignage. J'appelle à la barre Damian Burst.
L'homme de tout à l'heure, celui qui ressemblait atrocement à Andrew, se leva. Tous les deux devaient avoir environ le même âge. Ils auraient pu être frères.
– Damian Burst, levez la main droite et jurez devant cette cour que vos déclarations seront véridiques.
– Je le jure.
– Damian Burst vous êtes le cousin du prévenu du côté paternel.
– C'est exact.
– Vous faites également parti des sept fondateurs de l'émission.
– Andrew m'a contacté très rapidement après avoir eu l'idée du concept. Il voulait quelqu'un dans le marketing. Et j'avais eu un petit diplôme de rien du tout dans une école de commerce. Enfin, pas commerce, commerce... Mais disons, un laissez-passer pour faire du porte à porte sans se faire emmerder par les flics. Je suis un homme de terrain, pas un intellectuel. Ça c'est Andrew.
– Comment qualifieriez-vous votre relation avec votre cousin ?
– Plutôt bonne.
Harry remarqua qu'il mâchait un chewing-gum. Damian Burst l'avala aussitôt après avoir croisé le regard réprobateur de la juge. S'il n'avait pas eu le même nom de famille ou d'affiliation avec son tortionnaire, Harry aurait pu le trouver sympathique. Il répandait plutôt une bonne aura.
– Je dirais solide, ajouta Damian Burst. Ouais, notre relation est solide. Nous sommes les deux seuls membres rescapés du clan. La familia es tuto, hein ?
La haute-juge Carroway ôta lentement ses lunettes.
– Nous avons fait une perquisition chez votre cousin il y a deux jours de cela. Voici une pièce à conviction. J'aimerais que vous la lisiez devant la cour.
Le greffier lui tendit une pochette plastifiée contenant une photocopie recto-verso. Damian Burst pâlit.
– J-Je ne peux pas lire ça.
– Pourquoi ça ?
– C'est son journal intime ! protesta-t-il. On enfreint son intimité, ce n'est pas légal !
– Tous les éléments qui peuvent nous aider à reconstruire le profil psychologique du prévenu peuvent figurer dans le dossier, rétorqua le juge Stunderst. Maintenant, lisez.
Damian Burst accorda un regard désolé à son cousin, qui avait le visage caché par ses mains.
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Mon frère se droguait quand j'étais tout petit. Je ne savais pas ce que c'était, ni quel genre de conséquences cela pouvait avoir sur du long terme. Mais j'étais simplement conscient que ça lui procurait du bien et que ma mère n'y voyait que du mal. Il est mort d'une overdose quand j'avais tout juste douze ans. Je l'ai vu s'étouffer sur la moquette du salon, juste sous mes yeux. Ma mère tenait son visage et criait, criait jusqu'à en perdre la tête. Elle m'a demandé de retourner dans ma chambre, après avoir contacté les secours. C'était une journée horrible parce qu'on entendait des cris partout dans la maison. Les étouffements de Allen, les étranglements de mon père tétraplégique, et mes pleurs à moi. Puis tout est redevenu silencieux. Au début, j'ai cru devenir sourd. Mais ma mère n'arrivait plus à pleurer. Mon père tremblait dans son fauteuil roulant, les yeux fermés, comme si tout ceci n'était qu'un spectacle insupportable.
Au début, on n'avait pas très bien compris que nous avions perdu Allen. Il avait toujours été le préféré, leur garçon en or. Allen était la raison pour laquelle notre famille a tenu aussi longtemps sans s'entredéchirer. Moi, j'ai tout simplement refusé de laisser les choses telles quelles : je suis retourné dans le salon et j'ai demandé à Allen de se relever. Allen avait encore les yeux ouverts, comme s'il me narguait, souriant d'une blague connue de lui seule. Mais il était là sans être là, étouffé par toutes ces merdes qu'il prenait. Ma mère a essuyé ses larmes puis s'est tournée vers moi. Et, je me souviendrai toujours de ce qu'elle m'a dit ensuite :
"Andrew, tu es un grand garçon maintenant. Ce qu'il va se passer ensuite nous dépassera tous, mais toi... toi je sais que tu auras la force." Les pompiers sont arrivés et nous ont demandé de dire au revoir à Allen. Je suis resté là... à fixer ses yeux marrons qui ne voyaient plus. Je ne savais pas quoi lui dire. Je ne lui en voulais pas d'être ce qu'il était. Je n'étais pas en colère ni triste. Je ne comprenais pas. Quand on a un grand frère, on se dit que c'est l'être le plus fort du monde, qu'il ne peut rien lui arriver, qu'il ne peut pas être... méchant. Pourtant, je l'ai vu de nombreuses fois méchant. Méchant avec ma mère, avec mon père, avec moi surtout. Il n'était pas cruel. C'était ces conneries qu'il prenait qui le rendaient... comme ça. Toujours ces conneries. Malgré tout ça, je me souviendrai toujours de Allen comme de ce jeune homme qui nous faisait rire, nous racontait des histoires hallucinantes, comme cet homme qui... qui nous regarderait entre quatre yeux et nous dirait que la chance n'existait pas, qu'on la prenait en main et qu'on la baisait.
Les pompiers l'ont pris. Comme ça. Comme si c'était une chose. Il y en avait un qui le soulevait sous les bras, et l'autre les jambes. Ils l'ont placé dans un énorme sac noir opaque, qui ressemblait de loin à s'y méprendre à un sac poubelle. Dans mon esprit de petit con âgé de douze ans, je m'attendais à quelque chose de beau, quelque chose qui représentait Allen et ce qu'il avait accompli au cours de son adolescence. Mais rien de tout cela n'a été accordé. La mort ne ment pas. Après la disparition de Allen, Maman n'a plus été la même. Elle n'était plus aussi affectueuse qu'avant. Elle était devenue un peu froide et sévère. Elle nous aimait à sa façon. Et, je crois qu'au fond, elle s'en est toujours voulu d'avoir fermé les yeux sur toutes ces dérives.
Mon frère était un mec ordinaire qui avait du mal à se défaire de ses addictions. Il n'était pas con ou intolérant. Il aimait beaucoup la musique. Il était particulier à sa manière sans être exceptionnel. Il me disait "Andrew, promets-moi de dire au moins une fois non à la drogue. C'est moche. Ne me regarde plus." Il n'a jamais voulu me dire pourquoi il avait commencé, et je doute que ma mère le sache.
Il reniflait sa coke sur la table basse en regardant le journal, comme d'autres parents prenaient un verre d'eau fraîche en rentrant du travail. À vrai dire, j'osais espérer qu'avec les années tout s'arrangerait. Mais il y a eu le shit, l'héro, la meth, l'ectasy. Tout. Ma mère gueulait pas mal parce qu'il trouvait toujours de l'oseille pour des substances mais que nous, à côté, on manquait de tout. Plusieurs fois elle lui a demandé de partir, de nous laisser tranquille. Et il pleurait.
Il disait que ce n'était pas de sa faute, qu'il faisait des efforts. Elle n'en croyait pas un mot mais le gardait auprès d'elle, parce qu'elle l'aimait trop fort. Il m'a appris à rouler des pétards. Lorsqu'il était trop déchiré pour bouger, c'était nous – Damian et moi – qui lui apportions sa drogue depuis son lit de mourant. Je le trouvais pathétique. Parfois, ça me faisait mal de le regarder. Je ne voulais pas lui ressembler. Absolument pas. Et à la fois, si. C'était mon putain d'idole.
Maintenant, avec le recul, je me dis qu'il y a trop de gens qui se droguent. Beaucoup trop. La drogue, pour moi, c'est... c'est une métamorphose. Tu deviens un monstre en quelques minutes à peine. Tu te tords de convulsion. Tu cries. Tu veux faire du mal, parfois. Un peu comme Michael Jackson dans Thriller. La drogue c'est un vrai film d'horreur que tu imposes à tes proches et toutes les personnes qui t'aiment. La drogue c'est... avoir une bête dans le ventre qui ne demande qu'à sortir. Une bête que tu essaies de domestiquer mais qui n'en fait qu'à sa tête. Tu ne sais jamais quand elle voudra sortir hors de toi et vouloir attaquer.
Petit, quand j'allais à l'église et que je croyais encore en ce genre de conneries, je demandais toujours à ma mère pourquoi Dieu avait créé la drogue, s'il savait que c'était mauvais pour les hommes. Elle me regardait et me disait "Il l'avait caché. Mais il y a eu quelques imbéciles qui ont réussi à la trouver". La drogue... ça a l'air drôle au début, vu de l'extérieur. Mais ça prend vite des proportions inimaginables.
Je sais que mon frère, à un moment donné, aurait été prêt à tout pour sa dose. Parfois, en sortant de l'école, on passait voir son dealer et mon frère mettait ses merdes dans mon cartable. Il ne voulait pas que Maman sache quelque chose. Parfois, elle le devinait d'elle-même. Il ne savait pas mentir - ou plutôt, la drogue ne pouvait pas mentir. C'est quelque chose qui se sent. Partout. Je sais que pour beaucoup de gens, Allen pourrait s'apparenter à la définition de salaud, que la drogue ne fournit aucune excuse, mais voilà : mon frère reste mon frère.
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Parmi les personnes présentes à l'audience, Arnold semblait, pour sa part, particulièrement mal à l'aise d'avoir entendu tout ça. Andrew Burst ne savait plus où se mettre.
– Votre honneur, pria Maître Kürber, en quoi la perte du frère de mon client a-t-il un lien avec notre discussion actuelle ?
– Votre client a lui-même reconnu avoir été profondément affecté par les expériences douloureuses de sa vie. Je cite : « On a tous un passé. Il y en a qui en sont fiers et l'exhibent, et d'autres qui préfèrent l'oublier. J'ai adopté la seconde philosophie de vie pendant un très long moment, avant de réaliser que c'était grâce à notre passé qu'on bâtissait notre présent pour voir l'avenir. » La mort de Allen a précipité de manière irrévocable Mr Andrew Burst dans un tout nouvel état d'esprit.
– Ce fantôme me hante depuis longtemps, admit le producteur. Mais le décès précoce de mon frère n'a strictement aucun impact sur mon business. J'ai laissé ça derrière moi.
– En êtes-vous bien sûr ? Et en ce qui concerne la mort de votre fils, Polux, qu'est-ce que cela a changé ?
Andrew Burst jeta à Carroway un regard de pure haine.
– L'affaire Polux est encore gardée sous clef puisqu'entourée de quelques mystères à éclaircir, précisa Kürber. Si mon client n'a pas envie d'en parler pour des raisons qui le concernent, il est en plein droit.
– La cour essaie simplement de dresser un portrait psychologique du prévenu, se justifia Carroway.
– Vous essayez de me faire dire que je suis perturbé ? formula Burst, avec un profond dédain et une antipathie visible. Je vais très bien. Je ne suis pas préposé aux dépressions nerveuses ou au burn-out. C'est si indécent que ça de voir un homme aussi brillant et investi dans sa carrière ? Les télé-réalités ordinaires apprennent à nos enfants et à notre société à être médiocre et à se contenter du strict minimum. Mais avec le Harry Potter Show, le goût de l'effort reprend, se défendit Andrew Burst. J'ai réussi cet exploit. J'ai changé le monde. Et rien que pour ça, chaque personne de cette assemblée devrait m'embrasser le cul.
– J'en ai assez entendu, blâma le juge Stunderst en rejetant son stylo sur une pile phénoménale de dossiers.
– En vue des éléments de l'enquête, des dépositions et des témoignages, les jurés vont se réunir pour donner leur verdict concernant le prévenu, prononça le greffier d'une voix solennelle. Les juges Carroway, Stunderst et Upking vont, pour leur part, décider du sort de la victime pour les deux prochaines années jusqu'à sa majorité légale. Bien que le procès se soit, pour sa part, déroulé à huis-clos, son issue sera dévoilée aux médias dès qu'une décision finale et unanime sera prise. L'audience est levée.
Mrs Carroway se leva et quitta la salle d'audience tandis qu'un bourdonnement montait par salve. La haute-juge rassembla ses affaires en ignorant les visages encore étonnés de la plupart des témoins, puis se rendit dans une des succursales du palais de justice. Elle enleva sa perruque blanche poudrée ainsi que ses lunettes après s'être assise derrière son bureau.
– Les paparazzis sont de plus en plus nombreux, dit une voix de femme, se trouvant dans un coin obscur de la pièce.
Sans la moindre surprise, Mrs Carroway se tourna dans sa direction.
– Oui, et il n'est pas prudent pour toi de rester là...
– Tata...
– Samantha, je t'accorde une immense faveur en faisant tout ce que je suis en train de faire, rétorqua la haute-juge. Je pense que tout le monde s'imagine un procès impartial et si je me fais prendre là-dedans, je m'en contrefiche. Je suis vieille et personne ne se préoccupe de moi. Mais toi, Sam, si tu es démasquée, les conséquences pourraient être désastreuses. Donc quitte ce bureau. Immédiatement.
– Je m'assurais juste que tu prendrais la bonne décision.
– La décision était déjà prise au moment même où tu as décidé d'interférer dans ce procès.
Au lieu de quitter le bureau, Samantha – ou plus communément connue sous le pseudonyme de Caspia – s'installa juste en face de sa tante adorée.
– Je crois ne pas te l'avoir dit mais, je couche avec Andrew.
– Ah. J'espère qu'il est meilleur au lit que pour se défendre devant une cour.
Elles rirent toutes les deux.
– Il l'est. (Silence) Quelle sentence tu lui prévois ?
– Quelque chose d'assez percutant, mais pas trop strict. Il ne faudrait pas qu'une contre-enquête soit ouverte. Tu n'as pas à t'inquiéter de tout ça, Samantha. Je m'en occupe. Ce soir, Andrew Burst sera certainement en prison et toi, tu deviendras la grande patronne du Harry Potter Show. Et personne ne viendra te soupçonner de quoi que ce soit.
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Note d'auteur : HAHA. ALLEZ DEGUSTE LECTEUR NAÏF. DEGUUUSTE ! Je viens de me souvenir que plein de monde trouvait l'avocat de Burst "nul" ou pas à la hauteur. Sauf que bon, si j'avais voulu le faire réellement à la hauteur, genre VRAIMENT prouver que Burst est un saint, Harry serait encore dans le studio à trimer comme un elfe de maison. A croire que c'est ce que les gens désirent au fond. Vous êtes fous *coeur*. Pour moi, le procès était joué avant même que Burst mette un pied dans cette cour, peu importe les circonstances ou les talents de son avocat. En même temps, le cas qu'il défend est largement complexe et les preuves à son encontre trop nombreuses et accablantes ! Le verdict du procès sera donné dans le prochain chapitre qui sera davantage concentré sur les personnages de Sinuesa Valley. See ya !
p-s : S'il vous plaît, évitez de m'envoyer vos reviews, commentaires ou réactions sur ma boîte privée facebook. Elle n'est pas faites pour ça et je suis toujours assez gênée de répondre par ce biais. Si vos commentaires contiennent des choses personnelles, utilisez la fonctionnalité MP de ce site ! C'est toujours plus pratique et moins... euh, fin ça fait moins stalker quoi, haha. C'est déjà très dur pour moi de m'y retrouver dans tous les messages que je reçois, alors si en plus ils sont éparpillés et que je dois les retrouver, c'est encore plus compliqué et plus long. J'essaie au possible d'entretenir une barrière entre ma passion pour les fics et ma vie personnelle, donc ça ne m'aide pas du tout. J'ai un groupe facebook où je réponds à tout le monde. J'espère que vous comprendrez.
Ma nouvelle histoire longue « A Dragon in the Wind » est désormais en ligne. Je retrace tous les tomes de Harry Potter mais en changeant une donnée importante : Draco est réparti à Gryffondor. Cheers, o/
