Posté le : 24Septembre 2014. We are the champions ! Haha, petit début d'année bien tranquille.
Note : N'oubliez pas qu'il existe le tumblr humoristique de cette fanfiction. L'adresse est « nyxiswatchingyou8tumblr8com » (Remplacez les 8 par des points, vu que ce site ne laisse pas les liens tels quel).
NIWY PACKAGE : D'ici quelques mois, je mettrai en ligne une box Nyx sur mon groupe facebook contenant tout ce qu'il y à savoir sur cette histoire. On me l'a demandé à plusieurs reprises et j'ai décidé de le faire. La box contiendra des images qui m'ont inspiré les lieux de la fic, des fanarts, les articles de presse avec la mise en page, la playlist, des photos de personnages et tous les chapitres en PDF. Le fichier sera actualisé sur mon groupe facebook lorsque l'histoire sera terminée.
Réponses aux reviews anonymes :
KS : Impartial ? Dans cette fic ? Haha, tu as cru au Père Noël, ma foi. Depuis très longtemps (en fait, depuis la première fois où je mentionne le FHM) tout cela était prévu. La suite des évènements sera d'autant plus improbable, je pense, puisqu'on ne saura plus à qui se fier.
Cat240 : Beaucoup attendait le témoignage de Juno mais je compte faire carrément autre chose avec elle qui sera d'autant plus palpitant et intéressant. Donc patience. Ça en vaudra la peine, je pense. En ce qui concerne Samantha, j'ai prévu des choses pour elle, bien évidemment...
Mathou : Burst est en prison ! Faites péter la clarinette ! Oui, je sais que personne n'y croyait plus mais Burst va bien aller faire un petit stage au pénitancier. On ne le verra plus pendant un moment pour s'intéresser davantage au noyau central formé par Nyx, Cha et Harry.
Fishina : Ce qui est drôle, c'est que pas une seule fois quiconque a remis en cause l'intégrité de la juge. Alors du coup c'était d'autant plus jouissif que d'avoir les réactions après coup. Même si j'avais eu le temps de faire passer une floppée de personnes au tribunal, Nyx n'aurait pas été présente car elle n'est qu'un personnage très secondaire dans l'émission. On la reverra dans ce chapitre-ci ;)
Céline : Désolé de te l'apprendre mais Samantha est loin d'avoir des intentions pures à l'égard de Harry. Il faut toujours se méfier des gens que tu ne connais pas, qui prétendent vouloir ton bien sans rien en retour. Just saying.
Aliénor : Merci à toi de continuer à me suivre. Bisou, chaton.
Mrs Anne O'Nyme : Il va pourtant falloir se remettre de ce coup de bluff, allez, debout ! La suite est là. Il y a encore plusieurs intrigues qu'on va devoir résoudre avant de terminer cette histoire. Cependant, j'ai une idée assez précise de ce que je désire faire, alors ça ira. Merci pour tous tes compliments adorables. See ya !
Bambinette Sama : C'était le commentaire le plus pertinent que tu n'as jamais laissé, haha. Je t'ai coupé le sifflet on dirait bien.
Nerisys : Eh oui, ne jamais faire confiance aux gens trop gentils dans la vie. Leçon numéro 1. En ce qui concerne Talia et Andrew, j'ai prévu un petit truc grandiose pour eux. Maaais, pour l'instant ils vont s'effacer de l'intrigue pour laisser d'autres personnages prendre plus d'ampleur. De toute façon, Burst est en prison donc c'est normal de ne plus trop entendre parler de lui.
Amazonepotter : Je suis contente que tu apprécies le rythme de l'histoire entre Harry et « Draco », car après tout, vu le monde dans lequel ils évoluent, ça aurait été un peu trop simplet s'ils s'aimaient tout de suite et sans condition. Et je confirme, Cha est bien la cousine de Harry.
Tiramisu : Haha, eh oui, maintenant il va falloir patienter comme tout le monde pour découvrir la suite. Bonne chance ! Boarf, ça va quand même, les chapitres sont assez longs. Donc l'attente est rentable, on va dire (la fille qui se vend). Sinon, j'ai choisi le prénom de Sonny pour une raison particulière, mais je ne l'aborderai que plus tard dans la fic. Ça sera expliqué en tout cas.
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Le mot du Bêta – Eymeric : Je suis sûr que chapitre-là, vous l'avez attendu comme le messie. Un grand bisou à vous tous, les loulous, vous êtes super, et faites de cette aventure Nyx une expérience unique en son genre. Au fil des chapitres et de vos réactions, je prends de plus en plus de plaisir à découvrir le travail de notre déesse D Would et à travailler aussi bien qu'elle pour que votre lecture soit inoubliable. De la même façon qu'on pourrait s'ébahir de la grandeur et de la portée du Harry Potter Show, l'expérience de la fanfiction, et de la communauté internet est incroyable, et que nos générations seront marquées longtemps par ce phénomène, du moins je l'espère. Bonne lecture à tous !
Musique : 01. Impossible – Christina Aguilera. 02. Red Lotus – Jeremy Zuckerman. 03. Save Him – Justin Nozuka. 04. Hate – Cat Power. 05. I Won't Go For More – Selah Sue.
(1) La planète vagabonde est le surnom de Cha.
(2) Extrait issu du premier chapitre de Harry Potter et L'Ordre du Phénix (« Dudley détraqué »)
Chapitre 33 : « La planète vagabonde » (1)
« When you have children, you always have family. They will always be your priority, your responsibility. And a man, a man provides. And he does it even when he's not appreciated or respected or even loved. He simply bears up and he does it. Because he's a man. » – Gustavo Fring, in. Breaking Bad.
« We accept the love we think we deserve », The Perks of Being a Wallflower, Stephen Chbosky.
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Nyx avait éteint sa radio, désespérée d'attendre les résultats du procès.
Toutes les demi-heures au moins, une rumeur était lancée, puis s'évanouissait les secondes d'après, rendant alors l'ambiance insoutenable à Sinuesa, comme partout à travers le monde. Mais il y avait aussi une autre raison pour laquelle Nyx avait fini par éteindre sa radio : Kendall devait bientôt arriver. Nyx avait donc laissé sa fenêtre ouverte car elle savait qu'il viendrait par les airs, grâce à son Nimbus 2001.
Elle soupira un instant, réfléchissant pour la mille et unième fois ce qu'elle s'apprêtait à lui dire. Nyx fit le tour de sa chambre, triturant ses doigts, puis entendit ses rideaux s'agiter. Kendall était là, son balai volant à la main qu'il déposa contre le mur rose pastel. Cela faisait des années que Nyx aurait voulu que ses parents repeignent sa chambre de bébé.
Pourtant, maintenant que son père était mort, Nyx ne se sentait pas la force de tout modifier. C'était comme dire adieu à une époque, un moment de sa vie où elle avait été si heureuse. Kendall lui offrit un sourire et s'approcha pour la serrer dans ses bras. Nyx ne réagit pas, les bras ballants. Elle aimait son odeur, le fait de se sentir en sécurité tout contre lui. Grâce à Kendall, elle avait pu se découvrir, se rendre compte de tout plein de choses qui échappaient – jusqu'à présent – à sa curiosité. Quand Kendall tenta de l'embrasser, Nyx eut un léger mouvement de recul qui ne passa pas du tout inaperçu.
– Il... Il se passe quelque chose ? demanda-t-il d'un ton mal assuré.
Elle l'entraîna jusqu'à son lit où ils s'assirent côte à côte.
– J'ai fait quelque chose de mal, c'est ça ? poursuivit Kendall, passablement inquiet. C'est à cause de mon attitude sur l'émission. Je sais que je n'aurais jamais dû t'ignorer, mais il y avait tellement de caméras là-bas que je redoutais qu'on me prenne sur le fait. Si j'avais tenté quoi que ce soit, ils auraient sûrement...
– Non, ce n'est pas par rapport à ça, éluda-t-elle. Enfin si, un peu. (Nyx prit une profonde inspiration) J'étais vraiment pas bien, là-bas. Tu le sais. Je pensais que tu avais réellement fini par me détester comme les autres. Je t'en voulais tellement.
– Je t'avais prévenu, Nyx. Je t'avais dit avant d'entrer là-dedans qu'on m'obligerait à rompre avec toi, que je te dirais des choses méchantes.
C'est vrai. Kendall lui avait dit toutes ces choses. Il l'avait mise en garde que ce qu'il se passerait prochainement dans le biome ne répondait pas de sa volonté. Pourtant, elle avait cru tout le contraire. Elle avait eu besoin de lui.
– Je me suis sentie trahie et abandonnée, dévoila-t-elle.
– Je m'en doute, oui. Mais pour moi aussi ça été très délicat à vivre. Je... Je devais être un salaud avec toi à l'écran, et dehors, à Sinuesa, je devais continuer de persuader les gens que ce n'était que du cinéma, que je t'aimais encore. (Silence) Je crois que c'était la partie la plus dure du boulot. Personne ne voulait me croire.
– Tu as été très convaincant, il faut dire, prononça Nyx d'un ton emplis de reproches.
Kendall l'encercla de ses bras. Crispée, Nyx était mal à l'aise. Ça ne serait sans doute pas évident de tout lui dire, là, maintenant, alors qu'être contre lui était la sensation la plus confortable de l'univers. Mais elle ne voulait pas être le genre de personne à constamment jouer sur deux tableaux. Elle ne pouvait pas garder Kendall dans l'ignorance tout en commençant à avoir de forts sentiments pour Arnold.
– Il faut que je te dise quelque chose. (Kendall arqua un sourcil interrogateur) Je... Je n'ai pas été honnête avec toi dernièrement. Quand j'étais dans le biome, je me suis rapprochée de quelqu'un d'autre. Il a été très gentil avec moi.
– Il ? tiqua Kendall. D-de quoi tu parles ?
Nyx baissa les yeux.
– Je pense être tombée amoureuse de lui. Je me sentais coupable de te cacher tout ça. Mais, pour moi, c'était... c'était fini entre nous, tu comprends ? Ce n'est qu'en revenant à la maison que j'ai compris que tu m'aimais encore et que j'avais merdé.
Kendall se tenait la tête entre les mains.
– Je suis désolée...
– Qui c'est ?
Nyx se retint de pleurer.
– C'est Arnold, prononça-t-elle en un murmure.
Kendall leva les yeux vers elle, avec la même expression que si elle venait de lui infliger la pire blessure imaginable. C'en était trop. Elle se leva brusquement, préférant regarder par la fenêtre. La rue était calme et ensoleillée. La journée la plus chaude de l'été, jusqu'à présent en tout cas, tirait à sa fin et un silence somnolent s'était installé sur la ville de Sinuesa Valley.
Immobiles dans les allées, les voitures habituellement étincelantes se couvraient de poussière et les pelouses autrefois vert émeraude n'offraient plus au regard que des étendues jaunâtres d'herbe brûlée. Une sécheresse persistante interdisait en effet l'usage des jets d'eau. Désormais privés du plaisir d'entretenir leur jardin, les habitants de la commune s'étaient réfugiés à l'ombre fraîche de leur maison, espérant ainsi attirer une brise inexistante. (2) Le jardin, que ses parents se faisaient autrefois une joie d'entretenir, n'était plus qu'un tapis de mauvaises herbes.
– Tu t'es mise avec un de mes meilleurs amis pour te venger ? demanda Kendall, ahuri.
– Non ! Je ne savais pas que...
– Que quoi ? Qu'on se connaissait depuis tout gamin, qu'avec Dylan on se raconte habituellement tout ?
– Je ne savais pas que ça irait aussi loin.
Kendall passa par une palette d'émotions contradictoires. Il avait parfaitement saisi de quoi elle voulait bien parler sans qu'un mot de plus soit prononcé.
– Tu aurais pu faire ça avec n'importe qui, dit-il enfin d'un ton extrêmement détaché. Vraiment n'importe qui. Ce genre de choses ne me regardent pas, après tout. Mais tu as fait une erreur très grave en allant chercher du réconfort chez un de mes amis. Ça je ne peux pas te le pardonner, ni à toi, ni à lui. Pendant tout ce temps, tu m'as laissé... me ridiculiser, continuer à lui parler l'air de rien, alors que tu savais que tu ne m'aimais plus ?
– J'étais terrifiée à l'idée de te faire du mal.
– Ce n'est pas de ça dont tu aurais dû avoir peur, finit-il par prononcer. (Kendall la regarda de haut en bas) Tu m'as appris une bonne leçon en tout cas : on a beau aimer quelqu'un de toutes ses forces, on finit toujours par apprendre que ce n'était jamais assez.
Il se dirigea vers son balai volant, près de la fenêtre encore ouverte.
– Kendall..., pria-t-elle.
– Je préfèrerais que tu me laisses partir sans que ni l'un, ni l'autre ne fasse de scène.
– O-On pourrait au moins rester amis.
– Oui, bien sûr. Je te regarderai embrasser tranquillement Arnold comme si de rien n'était. Tu vis dans la quatrième dimension ou quoi ? Essaie un peu d'imaginer ce que je ressens. C'est comme si... comme si je m'étais amusé à flirter avec Cha derrière ton dos. Comment tu te sentirais ?
Dévastée, très certainement. Elle perdrait confiance envers les autres et surtout elle-même. Dans un sens, Cha et elle ne partageaient pas la même orientation sexuelle donc cela ne pourrait jamais se produire. Mais rien que d'imaginer une telle possibilité la rendait mal à l'aise.
– Je suis désolée, répéta Nyx, sincère. Je n'ai pas fait ça pour te blesser. Je... Je ne l'aurais même pas fait si cela n'en valait pas la peine. Mais je me sens réellement proche d'Arnold. Je crois que ça peut marcher tous les deux.
Kendall, soupira, comme s'il tentait par tous les moyens de conserver son calme et un semblant de dignité.
– Tu sais quoi ? Faites exactement ce que vous voulez. Mais ne m'adressez plus la parole. Tous les deux.
Il attrapa son Nimbus et finit par s'envoler. Nyx resta là un long moment, partagée entre une immense culpabilité et du soulagement. Elle avait imaginé que Kendall aurait réagi bien plus violemment, raison pour laquelle elle avait demandé à sa mère de rester là, à l'étage d'en-dessous. Pourtant, il était resté calme, la tête froide. Il n'avait pas haussé la voix ou ne l'avait insultée.
Nyx aurait sans doute préféré qu'il laisse exploser sa colère, histoire d'avoir une véritable raison de le détester, de s'éloigner de lui plus facilement. Les jours suivants s'annonçaient plutôt délicats. Heureusement que c'était les vacances scolaires : elle n'aurait pas à le croiser près de son bahut où à la sortie des cours.
Mais à la rentrée, les choses deviendraient compliquées : Nyx rentrerait au lycée et Kendall, y ferait sa dernière année. Ils s'y croiseraient forcément. Puis il y avait le Muggle Quidditch, le dinner, Cha. Ils se croiseraient à nouveau. Forcément. Sinuesa Valley était une toute petite ville. Afin de combler le silence, Nyx ralluma sa radio.
– …le verdict. Nous allons vous radiodiffuser l'allocution de la haute-juge Walda Carroway donnée il y a dix minutes à la tribune de la cour de justice du district de Camden. (Nyx augmenta le volume) : « La victime – connue sous le nom de Harry Potter – changera de tutelle d'ici la fin de la semaine. En effet, Andrew Burst a été nommé inapte à la conservation de sa garde exclusive en vue des éléments présentés lors de l'audience. Ses antécédents le conduiront à une peine de deux mois d'emprisonnement reconductibles ainsi que cent millions de livres d'amende. À l'issue de sa peine, le prévenu devra alors établir des contrats de travail pour chacun de ses employés et rétablir les situations nébuleuses des enfants élevés au sein de l'institut Burst. Les mères porteuses seront financièrement indemnisées et pourront, si un psychiatre les juge suffisamment stables, réclamer leur enfant. Chaque acteur, figurant ou silhouette du biome, devra alors signer une autorisation d'exploitation d'images. Nous croyons au progrès et à l'insertion de Harry et ses congénères dans notre société. Nous ne pouvons pas dire, pour des raisons de confidentialité évidentes, où Harry vivra, mais son transfert est déjà pris en charge. Il sera couvert par un programme de protection et disposera d'une garde rapprochée afin d'éviter toute agression. Harry sera autorisé à changer de prénom et de nom, et à s'enregistrer sous une toute autre identité auprès de l'état civil. La couronne britannique garde au sein de ses coffres forts sa fortune liée aux produits dérivés et à l'exploitation de son image. Bien que celle-ci ne soit pas précisément estimée, la victime pourra en extraire des quantités qui lui semblent suffisantes pour assurer son nouveau train de vie. Il ne pourra, en revanche, quitter le territoire britannique avant sa majorité, sauf sous la signature d'une dérogation attribuée par un procureur. Harry devra s'inscrire à un établissement scolaire de son choix et y suivre une éducation afin qu'il obtienne un diplôme ou une quelconque qualification. Aucun journaliste, aucun paparazzi ne pourra le photographier ou divulguer des informations personnelles à son insu au risque de perdre sa carte de presse et d'être poursuivi devant les tribunaux pour faute grave. À partir de maintenant, la vie privée de Harry lui appartient intégralement et nul ne pourra l'empêcher de s'épanouir comme il le désire. Je vous remercie pour votre attention »... Mrs Carroway !, rugissait un journaliste. Une question ! …
Nyx éteignit la radio puis éclata en sanglots. Bizarrement, elle souriait. Elle était si heureuse pour Harry que cela avait quasiment évaporé le sentiment de mal-être éprouvé un instant auparavant. Sa mère fit irruption dans sa chambre, légèrement inquiète.
– Harry a gagné le procès, glapit Nyx en essuyant ses larmes.
– Oh, c'est... c'est génial ! Et pour Kendall ?
– Il l'a très mal pris. C'est normal.
– Si tu veux... On peut se faire quelque chose rien que toutes les deux, ce soir. Dîner quelque part.
– Ca te dirait qu'on aille d'abord chez le coiffeur ?
– Pourquoi ? Qu'est-ce qui ne va pas avec tes cheveux ? interrogea Patti Sommerhearst en passant ses doigts dans ses mèches courtes turquoise.
– Je veux redevenir comme avant, naturelle. Qu'on arrête de me dévisager dans la rue comme une pestiférée si ce n'est pas trop demander.
– Entendu.
Elles quittèrent leur maison et rejoignirent le centre-ville. Cela fit du bien à Nyx de songer à autre chose, de se laisser aller tout en fermant les yeux. Elle se demanda juste si Cha allait la recontacter bientôt, et cesser d'agir aussi bizarrement.
Ooo
La rédaction du Guardian était en pleine ébullition. Cha n'avait jamais vu autant d'agitation de toute sa vie. Et pourtant, Varro l'avait bien fait entrer en douce à quelques festivals. Un peu plus loin, un type donnait des coups de pied à une photocopieuse, comme si cela allait la faire aller plus vite.
Sur une table lumineuse, plusieurs personnes disputaient la mise en page du numéro exceptionnel de ce soir. Des papiers froissés valsaient d'un bout à l'autre de la rédaction et Cha trouva cela diablement excitant. C'était à ça que ressemblait le paradis : être sur le fil du rasoir à chaque instant. Elle se mit à sourire largement, commençant à fantasmer sa vie.
– Miss Parker ? formula la secrétaire.
– Euh, oui, c'est moi. (Cha s'essuya disgracieusement le nez avec la manche de sa veste en jean) Pollen, dit-elle en guise d'excuse.
– Veuillez me suivre.
Dans le couloir bordé par une multitude de distributeurs à confiseries et encas, elles croisèrent deux gros bras en train de livrer du papier et des cartouches d'encre. L'ascenseur était rempli à craquer mais la secrétaire la poussa presque à l'intérieur. Une fois au troisième étage, Cha put enfin voir la lumière du jour. Le bureau devant lequel elles étaient semblait bien plus spacieux que la plupart des autres.
– Entrez, pria la secrétaire, elle vous attend.
Cha poussa la porte. Assise sur son bureau, les jambes croisées, Charlie Meadowes était suspendue à son téléphone tout en jouant avec les boucles dans ses cheveux. Elle tapotait à intervalle régulier son stylo contre sa jupe brune. Mrs Meadowes observa Cha avancer avec hésitation.
– Tu sais quoi, Jim ?, disait-elle au téléphone, tu vas me faire cet article sur ce maire. J'en suis sûre qu'il cache quelque chose de pas net vu toutes les subventions qu'il demande. Oui, je sais... Ça va être compliqué, mais si tu t'accroches, il y a de bonnes chances pour que tu obtiennes un résultat... Mmh ? Non, pas celui-là, l'autre. L'autre, Jim. Celui que je garde au fond du placard du second étage. Le mariage ne te réussit vraiment pas ! Comment va Caroline ? Dis-lui de réfléchir sérieusement avant de faire un enfant. Un bébé dans le four peut ruiner bien des carrières... Non, mais tu me prends pour qui ? Bien sûr que j'aime ma fille ! Judith est mon petit cadeau. Roger ? Roger ne travaille plus. Il vit sur ses rentes... et aussi la pension alimentaire que je lui verse. Écoute Jim, fais comme tu le sens et on en reparle demain à la première heure. Là j'ai rendez-vous avec une très jeune et prometteuse reporter. C'est ça, je t'embrasse.
Elle raccrocha. Flattée d'être qualifiée de « prometteuse reporter », Cha abandonna sa timidité de courtoisie.
– Bonjour, lança-t-elle en lui serrant la main.
– C'est dingue. J'ai l'impression de me revoir à ton âge ! s'écria Mrs Meadowes, pleine d'enthousiasme. Tu as des tatouages ?
– Non, mon frère m'aurait tué si j'en avais fait un avant l'heure. Il dit que c'est pas cool, qu'il vaut mieux attendre et tout ce genre de choses.
– J'en ai un, juste au niveau de la poitrine. Ma mère disait toujours « Et ils pensent à quoi tous ces jeunes quand ils seront barbouillés de partout et voudront trouver du travail ? ». Donc je me suis dit que le sein droit était le dernier endroit où irait fouiller mon patron, rigola-t-elle. Tu as fait bonne route ?
– Mon frère m'a déposé. Il est parti faire un tour. Il n'aime pas trop les bureaux.
– Tu as de la chance d'avoir quelqu'un dans ta famille qui te soutient. (Cha acquiesça) Tu me montres ce que tu as apporté ?
L'adolescente sortit de son sac tous les numéros imprimés de la gazette de son lycée. Charlie Meadowes en balaya quelques-uns, puis se plongea dans une lecture silencieuse. De temps à autre, elle gloussait.
– Tu écris des trucs très drôles. C'est toi qui fait toutes ces caricatures ?
– Oui, je dessine aussi.
– Je vois. J'ai en face de moi quelqu'un plein de talent. Comment vais-je donc faire pour passer à côté de ça ? (Silence) Dis-moi, tu fais quoi cet été ?
– Pas grand chose, admit Cha. Aider ma mère au restaurant où elle travaille, je suppose.
– Et si tu travaillais pour moi ? Oh, ça ne sera pas très reluisant. Mais un stage de deux mois au Guardian, ça ne se refuse pas. Ça serait très bon à mettre sur ton dossier si l'an prochain tu postules pour une prestigieuse université. Je me suis permise de contacter ton proviseur. Tu as d'excellentes notes.
– Il vous a aussi dit que je ne viens plus en cours depuis un mois ?
Charlie Meadowes balaya ses propos d'un vague geste de la main.
– L'école ne fait pas tout, Cha. Mais elle aide réellement quelqu'un qui a de l'ambition. Je vois énormément de potentiel en toi. Malheureusement, ce n'est pas moi qui embauche. Si tu as envie de t'épanouir dans un domaine, ce ne sont pas tes yeux de biche qui te sauveront, ni ton caractère. (Meadowes soupira) Je vois des tas de gens ici venir avec le cœur en bandoulière et se faire liquider à la première occasion. Tu pourrais venir étudier ici, à Londres, après le lycée. Je sais que ça coûte un peu cher, mais avec le bon coup de pouce, la bonne bourse...
– Pourquoi moi ? interrompit Cha. Il y a des tas de jeunes qui demandent une occasion pareille. Je ne suis pas la seule dans ce pays à écrire des trucs drôles ou parfois véridiques dans le journal de son lycée. C'est par rapport à Harry, c'est ça ? Parce que si c'est pour lui, si c'est parce que vous espérez soutirer quelque chose de moi parce que je suis sa cousine, eh bien je ne sais rien. Je ne l'ai vu qu'une fois dans ma vie et je ne le trahirai pas pour... pour une gloire éphémère sur une tribune de papier.
Meadowes lui offrit un véritable sourire.
– Le talent a rarement la chance de toucher plusieurs personnes au sein de la même famille. Harry est sans doute célèbre, il n'en demeure pas moins que c'est contre son gré. Toi, Charlotte, tu es l'exception sur mille. Tu es celle qui peut tout changer. Tu as déjà tout changé.
Elle fronça des sourcils. Meadowes lui brandit juste sous le nez le numéro portant pour titre « NYX IS WATCHING YOU ».
– Cet article – bien que rédigé à ton niveau, avec les moyens du bord – a eu autant d'effet que l'affaire du Watergate en 1972 ! C'est du journalisme pur ! Si je t'ai fait venir jusqu'ici, ce n'est pas pour que tu me confies les secrets de Harry. Qu'est-ce que j'en ferais de toute manière ? Il est illégal depuis ce soir de parler de ce garçon dans la presse. Si tu es là, c'est parce que bientôt – plus tôt que tu ne le penses – des chasseurs de tête vont venir à ta poursuite.
Cha blêmit et toucha inconsciemment son cou. Meadowes éclata de rire.
– Non, pas de ce type là ! Les chasseurs de tête, tu sais, ceux qui sont chargés par les grandes écoles et institutions de trouver les prodiges de demain ? Eh bien, ils vont te faire des offres. Et même de très alléchantes. Ils voudront tous que tu viennes étudier chez eux. J'ai du flair pour ça. (Le téléphone sonna) Pas maintenant Catherine ! (Meadowes raccrocha) Je ne joue pas souvent aux jeux de hasard. Quand je le fais, c'est que je suis sûre de gagner.
– Qu'est-ce que vous souhaitez obtenir, alors ?
La journaliste croisa les bras.
– Quand tu deviendras célèbre et reconnue dans ta discipline, je serai sûrement au bout de ma carrière et plus personne ne se souviendra de moi. Je serai aussi sûrement en dépression à essayer de revivre ma gloire passée. Si ce jour arrive, je veux que tu dises à tout le monde que c'est grâce à Charlie Meadowes que tu en es arrivée là.
Cha se permit de sourire à son tour.
– Je crois que je peux faire ça.
– Très bien, alors. Tu verras, l'été à Londres, c'est quelque chose de parfait. Je te laisse avec ce contrat de stage. Tu y réfléchis de ton côté et tu me l'envoies. Oh, et il faut que tu le fasses signer par un de tes parents, ainsi que le directeur de ton école. Je sais, c'est la partie la moins drôle de tout ça.
– Merci, madame.
– De rien, Charlotte. Contacte-moi au plus vite pour que je te prévoie mille et une tortures avant ton arrivée ici.
– D'accord ! Avec joie !
– Oh, et Charlotte !?
– Oui ?
– N'abandonne surtout pas l'école. Des enseignants prient pour avoir des élèves comme toi.
Ooo
Lorsque Varro et Cha finirent par se garer devant leur immeuble, l'heure du dîner était dépassée depuis longtemps déjà.
– Regarde qui est là, prononça son grand frère en désignant du menton une silhouette assise au bord du trottoir.
Kendall regardait dans leur direction. Cha défit sa ceinture et quitta le véhicule.
– Salut, formula-t-elle.
– Salut, répondit Kendall sans bouger. Je peux te parler un moment ?
Varro hésita un moment avant de les laisser seuls, puis rejoignit leur appartement après leur avoir lancé un dernier coup d'oeil. Cha soupira, s'installant auprès de Kendall. À la vue de sa mine décomposée, il savait. Peut-être l'avait-il attendue des heures entières avant de la voir arriver.
– Je suis allé là-haut. Il y avait ton petit frère et ta mère. Elle voulait absolument que je reste. Je crois qu'elle pense que tu m'intéresses.
– Tout est bon pour faire de sa fille une parfaite petite hétéro.
– On aurait formé un beau couple, admit Kendall. Toi la cervelle, moi les bras. Un programme de haute voltige. Malheureusement, il a fallu que les choses en soient autrement (Silence) Tu le savais depuis longtemps ? Pour Nyx, je veux dire.
Cha hocha de la tête.
– Peu de temps après son retour à Sinuesa Valley, elle était... bizarre, et puis elle m'a emmenée jusqu'à cette pharmacie puis elle m'a tout déballé.
– Une pharmacie ? releva Kendall.
Cha se rendit compte de sa bourde. Peut-être n'avait-il aucune idée que pendant quelques jours, Nyx avait pensé être enceinte. C'était inutile de le lui dire, de toute manière.
– Laisse tomber, c'est sans importance. J'aurais voulu que tu l'apprennes plus tôt. Mais je n'avais rien le droit de dire. C'était juste... embarrassant.
– Ouais, embarrassant c'est le mot.
Kendall passa une main sur sa figure. Il eut une sorte de rire nerveux.
– Ma rupture avec elle peut être résumée en une seule phrase. (Cha se tourna vers lui) Et ironiquement, elle provient du Harry Potter show : « L'indifférence, la négligence, font bien plus de dégâts que l'hostilité déclarée ». Je lis le script intégral des autres quand je m'ennuie, en pause. Elle m'avait tellement marquée que je la connaissais déjà par cœur, à peine après l'avoir lue.
– C'est plutôt honnête comme citation. Ça mériterait d'être gravé dans le marbre, ou sur la peau.
– Tu voudrais avoir les mots de Andrew Burst continuellement sur toi ? Je ne crois pas, non.
Cha aurait aimé avoir quelque chose avec elle, histoire de s'occuper les mains. Là, elle était obligée d'être concentrée sur leur conversation.
– Elle t'a dit quoi, exactement ?
– Qu'elle s'était rapprochée de Arnold, qu'elle était sûrement amoureuse à l'heure qu'il est et qu'on devrait rester amis... Le plus ironique dans tout ça, c'est que Dylan, Arnold et moi, on s'était promis de passer nos vacances ensemble, loin de tout. Mais on ne pourra pas le faire. Ni cette année, ni la suivante.
– On restera amis, tous les deux ?
– Oui, finit par prononcer Kendall. Ça, je crois que c'est possible. Mais on se verra sans elle. Tu crois que c'est faisable ?
– Ouais, largement. Mais cet été, je ne serai sans doute pas là. J'ai obtenu un stage sur Londres.
– Cool. Je pense que je vais passer du temps avec mes parents. C'était une année assez spéciale, tout de même.
– Tes parents savent pour Nyx et toi ?
– Pas encore, non. Mais ils finiront par le deviner. (Kendall se leva) Merci d'avoir passé un peu de temps avec moi. Ça m'a fait du bien.
– De rien, Ken. Euh, tu ne pars pas sur ton balai magique ?
– Non, je vais aider mon père à la garde de nuit de pharmacie. Son employée est devenue maman, alors...
– Ok. Kendall ? Je suis très contente qu'on soit encore amis. Ça compte beaucoup pour moi.
Il hocha de la tête et s'évanouit au cœur de la nuit.
Ooo
– J'ai cru que la mère de Harry allait s'évanouir en entendant le verdict, lança Dylan en enlevant ses chaussures. C'était un moment mémorable. Je ne sais pas si je devrais être heureux ou non, j'ai juste trouvé ça bizarre... et irréel.
Dawn, adossé contre leur armoire, avait l'air perdu dans ses pensées.
– Ca ne veut pas pour autant dire que tout est réglé. Il reste encore pas mal de questions.
Dylan soupira en enroulant ses chaussettes.
– Ce n'est pas ce que tu voulais ? Un Harry parfaitement libre de ses mouvements ?
– Ce n'est pas Harry, mais Sonny. Et le jugement ne dit pas qu'il sera libre. Il sera toujours surveillé, mais par le gouvernement.
Dylan se laissa tomber sur son matelas, les bras en croix. Il avait l'air fermé à toute conversation.
– Ferme la porte en sortant, grommela-t-il.
Dawn quitta la chambre de son jumeau sans un mot de plus. Leur tout nouvel appartement à Londres était situé dans une résidence hautement gardée. Depuis l'agression de Dylan, leurs parents les couvaient et veillaient à ce qu'aucun imprévu ne survienne dans leur quotidien. Le moindre petit bruit suspect devenait une source d'angoisse de se faire attaquer d'un moment à l'autre. Des caméras de surveillance avaient même été disposées ici et là. Même si Dawn se montrait plutôt hostile envers ce dispositif, il ne disait rien à ses parents qui avaient juste besoin de se rassurer, de se donner l'illusion qu'ils contrôlaient quelque chose et qu'ils pouvaient veiller à la sécurité de leurs deux enfants.
Dawn s'installa derrière son bureau et ouvrit son manuel de chimie. Pour les vacances scolaires, Dylan et lui devaient suivre un programme très strict de remise à niveau afin d'obtenir leur diplôme de fin d'études l'année prochaine. Pour l'instant, ses notes étaient à peu près correctes. Mais pendant longtemps, Dawn avait eu l'illusion d'être bien meilleur que ça à l'école. À force d'avoir été confiné dans le biome du Harry Potter Show, de ne répondre à aucune exigence du système éducatif et de travailler bien en-dessous de ses réelles capacités intellectuelles, son cerveau s'était comme qui dirait ramolli. Ce n'était pas un cadeau de la production de les avoir autorisés à obtenir une note maximale dans chaque matière sans avoir réalisé le moindre effort pour y parvenir. Toutes les deux semaines, Dylan et lui devaient envoyer leurs exercices par courrier à une base d'enseignants par correspondance. Le premier envoi était prévu dans cinq jours et Dawn était véritablement angoissé à l'idée d'avoir de mauvais retours et appréciations.
Si Dawn se donnait à fond dans son éducation, ce n'était pas le cas de son jumeau qui se contentait de regarder d'un œil morne la télévision en prétextant s'instruire par ce biais. En parlant de télévision, Dawn se demanda pendant un rapide instant ce qu'allait devenir la seizième saison du show avec Andrew Burst en prison pour les deux mois à venir. Cela risquait d'être très intéressant... Les cartes étaient entièrement redistribuées. Peut-être fera-t-il une entorse à la règle, peut-être qu'il irait jeter un rapide coup d'oeil le soir du lancement en septembre prochain.
La nuit tomba sur Londres. Dawn et ses parents dînèrent à table tandis que Dylan se goinfrait dans sa chambre, affalé dans son canapé. Puisqu'il sortait tout juste de l'hôpital, il en profitait pour jouer au malade et se faisait abusivement porter pâle. Dylan étant un excellent comédien, ses parents tombaient droit dans le panneau. Ils avaient tellement eu peur de le perdre que désormais, ils étaient aux petits soins pour lui. Dawn devait donc s'effacer. Ça n'était pas plus mal. D'ordinaire, il n'était pas du genre à se mettre en avant.
Lorsque Dawn eût finit sa double-page d'exercices d'équations atomiques, il s'engouffra sous sa couverture et attrapa le miroir jumeau qu'il avait depuis précieusement gardé. Il fixa un long moment son propre reflet. Sans doute que cette fois-ci, s'il appelait Harry – ou Sonny, peu importe – il obtiendrait une réponse ? Dawn prit son courage à deux mains et formula :
– Dylan.
Puisque l'autre miroir avait été enregistré au nom de son frère, c'était ainsi qu'ils pouvaient se contacter. Le miroir se couvrit d'un voile opaque, brumeux, et le visage de Harry finit par apparaître.
– Salut, dit-il avec un immense sourire. Ça fait plutôt longtemps.
– Ouais, c'est vrai.
Dawn se rendit compte qu'il n'avait absolument rien à lui dire. En tout cas, rien qu'il ne sache déjà.
– Félicitations pour le procès ! s'exclama Dawn.
– Oh, merci. C'est... C'est une nouvelle vie qui commence, maintenant. Je vois un peu la lumière au bout du tunnel. Je vais pouvoir profiter de tout un tas de choses sans être brimé. La belle vie, quoi.
– Tu sais où tu vas vivre ?
– Oui, mais tant que je ne suis pas installé là-bas, je ne dois rien dire à personne. Mais ce n'est qu'une affaire de temps : d'ici quelques jours, je pourrai enfin tout te révéler. Enfin, on pourra sans doute se voir là-bas.
La perspective l'enchantait réellement. Cependant, il ne voulait pas trop montrer son bonheur à Harry, au risque de paraître légèrement bizarre.
– Euh, si tu n'as pas envie de me voir, je comprendrais, ajouta l'autre adolescent face à son manque de réaction.
– Si ! Bien sûr que si ! se rattrapa Dawn de justesse. Je n'arrive juste pas à y croire. Comme quoi, tout ça a réellement servi à quelque chose. Tu t'es bien défendu.
– J'ai été bien conseillé. Merci, Dawn. Merci de m'avoir donné l'occasion d'être libre et de faire des choix par moi-même. Je crois que c'est le truc le plus désintéressé qu'on puisse faire. Tu es vraiment... gentil.
Le sourire de Dawn s'évanouit aussitôt. Gentil. Ce n'était définitivement pas un compliment. Pas dans son vocabulaire, en tout cas. Car les gentils se faisaient toujours avoir sur toute la ligne, à tous les coups. Même ses parents l'avaient prévenu du risque.
– Aheum, merci, prononça Dawn.
Peut-être que Harry ne se rendait même pas compte de ce qu'il disait. Peut-être qu'il ne pensait pas à mal. Il était d'un naturel plutôt impulsif, contrairement à lui.
– Je ne peux pas trop rester avec toi. Je dois y aller, prévint Harry. Promis, je te recontacterai bientôt ! Au revoir.
– Ouais, au rev-...
Mais il avait déjà éteint son miroir.
Ooo
Harry rangea son miroir dans son sac. Dans le rétroviseur, le chauffeur lui lança un regard circonspect, comme s'il le croyait fou. Afin de l'emmener jusqu'à son nouveau chez lui en toute discrétion, Harry partageait son véhicule avec les personnes qui s'occuperaient de lui ces deux prochaines années : c'est-à-dire sa mère biologique et son beau-père. Sa mère le regardait comme s'il était une des merveilles du monde.
Quand le verdict avait été donné, elle n'avait cessé de pleurer, de le serrer dans ses bras et de lui demander si tout allait bien, s'il était d'accord pour partir s'installer chez elle. Harry avait répondu « Oui » à tout, bien évidemment. Il était prêt à la suivre au bout du monde s'il le fallait, pour l'éloigner de toute cette folie.
Par la fenêtre, les maisons se rapprochaient les unes des autres et il n'aurait su dire depuis combien de temps ils roulaient. La nuit était tombée sur l'Angleterre et Harry se mit à rêvasser. Tout sera tellement plus simple à partir de maintenant. Il allait pouvoir vivre sans retenue. À travers le reflet de la vitre, il aperçut le visage de son beau-père. Ce dernier le fixait. Harry baissa les yeux, son regard tombant sur les démarquages tracés sur l'autoroute.
Et finalement, si ça se passait mal ? Et si son beau-père cachait lui aussi quelque chose d'horrible ? Et s'il ne voulait pas de lui dans sa vie ? Et si tout ça n'était pas réel ? Et si on se jouait de lui une fois de plus ? Non... Non, les choses allaient définitivement mieux. Il fallait y croire. Rien ne pourrait être pire que ça. Peut-être que sa mère n'était pas aussi parfaite qu'il l'avait imaginé, mais elle le protégerait. Harry en était certain. Il se pencha légèrement et entrevit un panneau indiquant : « Bienvenue dans la ville de Bristol : Virtute et Industria »
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Note : Enfin un nouveau chapitre ! Je sais que le rythme a ralentis mais vous avez été pas mal gâtés pendant les vacances tout de même (grâce au NaNoWrimo)... Je ne peux pas vous garantir que le prochain chapitre arrivera plus tôt car pour l'instant je suis dans une impasse concernant cette fic (et une impasse de taille). Je ne peux pas trop en parler sinon je gâcherai la surprise. Mais il y a énormément de choses en préparation.
En ce moment, même si je continue d'écrire, je dois faire beaucoup de choses pour ma vie personnelle. Donc, je vous en prie, ne me mettez pas la pression en me demandant quand tel ou tel chapitre va sortir. Chaque chose arrivera en temps voulu. Je n'ai pas dix paires de bras pour tout gérer à la fois. Me réclamer un chapitre me rebute plus que cela me motive... Alors si vous tenez réellement à obtenir une suite et de qualité, ne soyez pas trop pressant dans vos attentes.
Cela vaut pour NIWY, évidemment, mais aussi pour Purple Haze, Screenshot ou plus dernièrement ma fic nommée A Dragon in the Wind. Mettez plutôt une gentille review encourageante. Bref, sinon, baaaah... voilà, j'essaie de toujours un peu avancer mais ça devient compliqué. J'espère que vous comprenez et si vous ne comprenez pas, bah tant pis, loulz !
Je vous embrasse partout (oui, partout, lecteur-sensei *regard de cochon*),
Tendrement,
Mother of Madness
p-s : Ce week-end, je vais ENFIN voir Eymeric-chan (je me sens d'humeur japonisante aujourd'hui, mes aïeux). Nos âmes enfin réunies.
