Posté le : 19 Octobre 2014. Je dédicace ce chapitre à Justine, aka x-Lilo, qui vient tout juste de rajeunir.


Réponses aux reviews anonymes :

You know who : Le chapitre précédent a un peu tardé, mais je reprendrai sans doute un meilleur rythme d'ici peu. Croisons les doigts, en tout cas !

Mathou : J'ai prévu de ne plus parler de Andrew Burst pendant plusieurs chapitres. Tout du moins, de ne pas faire de scène où il apparaît comme personnage. Je vais respecter le délai qu'il passe en prison, même si c'est dur. J'aime trop écrire sur lui.

Robin the 1st : Je comprends tout à fait ton ras-le-bol sur la story-line de Nyx. Moi-même, je ne la trouve pas super passionnante, mais je suis bien obligée de parler d'elle vu que c'est un des personnages principaux. Um, sinon une histoire peut-être passionnante sans parler de sexe. Crois-moi. Il y aura bien un drarry qui s'installera et c'est désormais ma préoccupation numéro 1 pour l'intrigue.

Tiramisu : Je peux comprendre ton enthousiasme en voyant un nouveau chapitre publié ! Je connais trop cette frustration liée à l'attente. J'ai été folle de joie de voir qu'autant de monde attendait la suite avec autant d'impatience. Kendall est le premier amour de Nyx, mais elle l'aimait plus pour ce qu'il représentait (cad, le garçon célèbre et athlétique des environs), plutôt que ce qu'il était au fond de lui. Si tu regardes bien, elle ne connaît rien de lui, de ses envies, de ses passe-temps, etc. Cha en sait bien plus sur Kendall que Nyx, donc oui, leur couple était voué à l'échec. Il est normal que Andrew Burst ne fasse pas une lourde peine de prison. Après tout, les gens riches ou célèbres ou les deux, n'y vont quasi jamais, même pour crime très grave. On reverra Andrew, mais pas avant quelques chapitres, histoire de créer une attente. (Sinon, oui, Cha et Woodrow se ressemblent :p)

Madi : Je te remercie de ta compréhension quant au rythme d'écriture. Ça va, je suis organisée donc je ne me sens pas débordée non plus.

Samai-Chan : Merci beaucoup.

Marie-Antoinette : Je suis d'accord que la mentalité de certains personnages ne correspond pas du tout à leur âge. Déjà, en commençant l'histoire, je voulais qu'ils aient tous 17 ans. Mais en fait, le T7 aurait été un peu ennuyant à réadapter en série télé, je veux dire... Ils ne font que de faire du camping, quoi. Donc j'ai dû les rajeunir. Après, malgré moi, je les fais plus matures. Après bon, c'est juste une fic. Y'a plus incohérent que ça, x).

Fishina : La nouvelle vie de Harry sera un des thèmes principaux des chapitres à venir. J'ai vraiment hâte de pouvoir partager toutes mes idées avec le lectorat. On verra davantage sa famille biologique pour la suite.

Marie : J'ai choisi le prénom Sonny car c'était un nom britannique assez fréquent et qui signifie beaucoup de choses (Je les expliquerai dans la fic). En tout cas, c'est normal qu'il te paraisse bizarre dans la mesure où il n'est familier à personne, pas même aux personnages de la fic !

Céline : Bon courage pour ton mémoire sur Sénèque (haha, quelle idée de faire sur un truc pareil) ! La morale de l'histoire n'est pas de se méfier de moi, mais plutôt des gens ayant soi-disant de bonnes intentions. Nuance ! Merci pour ton soutien indéfaillible.

Babou : Oui, la relation avec Dawn va bel et bien avancer et c'est désormais ma préoccupation number one. En ce qui concerne Harry, évidemment, les choses seront loin d'être simples pour lui. Mais ça sera une partie excellente à exploiter, je pense.

KimHee : Peu importe si tu penses n'avoir rien à dire d'intéressant, une review est toujours un véritable réconfort pour l'auteur. Généralement, on prend des jours pour créer un chapitre, le fignoler etc. Ce n'est que justice d'avoir du feedback. Enfin, je trouve. Mais, si ça ne te rend pas à l'aise, libre à toi ;). Um, sinon, NIWY ne part pas en vrille. Enfin, dans ma tête tout reste cohérent avec la trame principale et j'y fais bien attention.

Kissa-Chan : Je te remercie pour cette review !

Nerisys : Oui, le chapitre précédent est un peu « court » comparé aux autres (même s'il fait quand même plus de cinq mille mots, c'est pas rien non plus, hein). Mais c'est surtout parce qu'il fait le bilan. Progressivement, on va revenir à un peu plus d'épaisseur, comme avec ce chapitre-ci ! Sinon, je ne subissais pas une panne d'inspiration, bien au contraire. Disons que je devais choisir quelle orientation prendre avec cette histoire et c'était assez pénible de devoir se triturer les méninges. Mais ça, c'est fini !


Mot du Maître Bêta : Salut les loulous ! J'ai encore eu une promotion, je suis gâté ! Ça me fait très plaisir de vous retrouver avec ce nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira. On entre dans un tout nouveau pan de l'histoire, et je pense qu'il y aura encore beaucoup d'action et de retournements de cœur à venir ! Merci encore pour vos reviews. Bonne lecture, et plein de love sur vous.


Musiques : 01. Yellow Flicker Beat – Lorde. 02. Habits – Tove Lo ft Hippie Sabotage (remix) 03. Together – The xx. 04. You and Me – Disclosure ft Elsa Doolittle (Flume remix). 05. Toxic – Melanie Martinez (Cestladore remix).06. West Coast – Lana Del Rey. 07. Love in the Eyes – Ramin Djawadi. 08. Old Flame – Kimbra. 09. Count Me Out – Blood Red Shoes. 10. Old Haunts, New Cities – Typhoon.


(*) Devise de la maison Martell dans Game of Thrones (même si pour eux, tout est au pluriel)

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Chapitre 34 : « Insoumis, Invaincu, Intact » (*)

« Toutes les choses vraiment atroces démarrent dans l'innocence. », Ernest Hemingway

« Trust no one », tatouage de Lana Del Rey.

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La maison des Fuller avait de jolies briques repeintes en beige. Son style entièrement victorien laissait présager un certain confort à l'intérieur. Toutefois, un détail gêna Harry : cette demeure était mitoyenne à deux autres tout à fait semblables. Cela voulait donc dire que les voisins seraient forcément au courant de chacune de ses allées et venues, que – peut-être – ils l'observeraient. Cette perspective ne l'enchantait guère, et c'était un euphémisme. Même si parler de lui dans la presse était formellement interdit, la justice ne pouvait pas lutter contre le bouche-à-oreille ou les simples rumeurs. Pour l'avoir vécu dans le monde factice dans lequel il avait jusqu'ici évolué, Harry savait pertinemment que rien n'était plus dangereux que les rumeurs.

Des lilas en grelot grimpaient sur les murs de la façade et en encadraient les hautes fenêtres blanches. Certains carreaux étaient incrustés de sortes de vitraux violet, bleu et vert. Jamais de sa vie, même dans ses rêves les plus fous, il n'aurait pensé avoir un jour une maison aussi chaleureuse et des parents encore vivants. Harry sortit de la voiture tandis que derrière lui, sa mère claquait la portière. Le chauffeur les aida à extraire du coffre les bagages de Harry qui semblait toujours perdu dans la contemplation de son nouveau chez lui. Ici, tout semblait parfaitement travaillé, jusqu'au design ancien des boîtes aux lettres ou la hauteur des haies du jardin. C'était chez lui. Enfin.

– Je vais aller récupérer Nymeria, dit son beau-père en traversant la rue à pieds.

Il toqua chez des voisins et on lui ouvrit immédiatement. À cause du brouillard nocturne, Harry ne pouvait pas très bien voir ce qu'il se passait. Il n'était même pas certain de pouvoir s'adapter à tous ces changements, de pouvoir encaisser le fait d'avoir une famille, une petite sœur, une vie d'adolescent ordinaire, ce genre de choses. Toute sa vie, il avait été seul, ça faisait beaucoup de choses à cumuler. Le chauffeur déposa sa valise sur le perron de la maison.

– Vous pensez que ça ira à partir d'ici ? demanda-t-il à Mary Fuller.

Celle-ci acquiesça un peu trop vivement pour que cela paraisse naturel. Elle était clairement tendue à l'idée d'être seule avec son fils. C'était sans doute quelque chose qu'ils avaient chacun attendu depuis longtemps. Mais là, tout était encore si... bizarre. Est-ce que Harry finirait par s'y faire ? Aura-t-il une certaine complicité avec cette famille qu'il venait de trouver ?

– Si vous rencontrez le moindre problème, poursuivit le chauffeur réquisitionné par la haute juge Carroway, vous pouvez contacter les services sociaux à ce numéro (Il tendit une carte). Ils seront ravis de pouvoir vous aider. Je dirai à Mrs Carroway que le transfert s'est parfaitement déroulé.

– M-Merci.

Mary attendit que la voiture reparte pour ouvrir la porte d'entrée. Elle dût s'y prendre à deux reprises tant ses mains tremblaient. La maison sentait très bon. Harry était presque intimidé de rentrer ici, comme s'il se sentait étranger et qu'il faisait quelque chose de défendu. C'était comme entrer dans une cathédrale, ou une sorte d'endroit sacré qu'on nous avait toujours refusé.

Pourtant, c'était la juge qui avait choisi cette solution. Elle avait dit que ça serait le mieux pour son développement, pour reprendre le contrôle de son existence sans que quiconque n'ait à choisir à sa place. Au bout du hall, on apercevait une spacieuse salle à manger et, de l'autre côté, un jardin étroit en longueur. Il y avait des jouets de bébé un peu partout et, pendant une fraction de seconde, Harry imagina sa vie s'il avait été élevé là depuis le début.

– On aime bien prendre notre petit-déjeuner dehors quand il fait beau, précisa Mary, comme si elle cherchait vainement quelque chose d'intéressant à dire. Par-là, c'est la cuisine. Tu te sers quand tu en as envie, d'accord ? (Harry acquiesça) Tu as faim ? Tu veux que je te prépare quelque chose ?

Elle avait dû entendre son ventre gargouiller dans la voiture. Devoir attendre des heures interminables le verdict l'avait vidé aussi bien physiquement que psychologiquement. Lors des pauses du procès, Harry avait à peine mangé de quoi tenir. Maintenant, il se rendit compte qu'il mourait de faim.

– Assieds-toi, je vais te préparer quelque chose.

Mary ôta la veste de son tailleur et sortit des œufs du frigo ainsi que divers autres condiments. Harry se laissa glisser sur la chaise la plus proche et la regarda faire. C'était curieux d'être aussi proche de sa mère, de pouvoir la toucher, lui parler, et de n'avoir strictement rien à lui dire ou lui montrer à cause de cette immense boule dans le ventre qui le dévorait. La porte d'entrée s'ouvrit et se referma. Mais Harry ne se retourna pas, trop captivé par la vision de sa mère. Sa mère à lui, à personne d'autre.

– Sonny... ? Sonny ? Um...

Harry finit par se retourner. Il n'avait pas l'habitude d'être appelé ainsi. Sans doute ne s'y fera-t-il jamais. Il avait été Harry Potter toute sa vie. C'était ça, son identité. Comment s'en approprier une nouvelle après avoir passé quinze ans de son existence dans la peau d'un autre ? Paul, son beau-père, tenait dans ses bras un bébé.

– Je te présente ta petite sœur, dit-il en s'approchant de plusieurs pas.

– Euh, non ! protesta Harry en reculant vivement avec sa chaise. Elle est sûrement adorable, mais... je... je ne veux pas encore... Je ne peux pas, ok ? C'est beaucoup en peu de temps.

Paul et Mary échangèrent un regard. Nymeria se débattait dans la couverture couleur pêche qui lui servait sans doute de doudou. Sur son crâne se trouvaient des mèches blondes éparses. Elle agitait ses petits poings vers Harry comme si elle désirait s'emparer du col de sa chemise. Mary se dirigea vers Paul et prit son bébé dans ses bras.

Pétrifié par un sentiment d'injustice, Harry écouta sa mère choyer son poupon tandis qu'il restait les yeux rivés sur son assiette à moitié vide. Nymeria avait le droit à toutes les choses que la vie lui avait refusée. Pourquoi elle ? Pourquoi pas lui ? Pourquoi sa mère ne le prenait-elle pas dans ses bras ? Pourquoi avait-elle l'air d'être tellement bien avec sa fille et si mal à l'aise avec lui ? Qu'avait-il fait de mal à sa naissance pour être considéré si différemment ?

– Qu'est-ce qu'a dit la baby-sitter ? s'inquiéta Mary. Elle a bien mangé là-bas ? Elle n'a pas trop pleuré... ?

Harry tapa contre la table. Il observa ses mains : elles tremblaient.

– Je suis juste là, formula-t-il d'une voix presque brisée, à espérer avoir ton attention depuis quinze années de ma vie et tu n'es même pas capable de m'offrir ça pendant dix petites minutes ? Tu la préfères elle, c'est ça ?

Mary était pétrifiée.

– Non, non ce n'est pas ça..., tenta sa mère. Je...

– Une relation se construit sur des années, interrompit Paul. Au début, ça sera sans doute un peu difficile. Pour nous tous.

– Des années ? répéta Harry. C'est un bébé ! Elle ne doit avoir que quelques mois. Pourtant, vous semblez y être beaucoup plus attachés.

– Tu es en colère, et je comprends ça, admit sa mère. Mais notre histoire est unique. Il nous faudra un temps d'adaptation pour apprendre à vivre sereinement. La juge n'a jamais dit que ça serait facile. Tu ne peux pas en vouloir à Nymeria d'être née dans un contexte plus favorable que le tien. Tu l'as dit toi-même : c'est un bébé. Elle n'y est pour rien dans tout ça.

Harry n'avait plus faim. Un puissant sentiment de jalousie lui tordait les entrailles. Toute son existence il était passé après les autres. Toute sa vie on lui avait docilement fait apprendre qu'il devait se servir en dernier, ne rien réclamer de plus que ce qu'on voulait déjà bien lui donner. Mais là, c'était différent. Il voulait passer en premier. Il en avait bien le droit, non ? Pourquoi c'était si aberrant pour eux à comprendre qu'il ne veuille pas voir ce bébé pour l'instant ? Pourquoi sa mère ne saisissait pas que pour lui, elle avait été morte et enterrée ? Harry n'avait plus faim, désormais.

– Tu n'en veux plus ? s'étonna Mary.

Harry fit non de la tête.

– Ici, on finit son assiette, formula son beau-père. (Harry leva bien haut les sourcils en le regardant avec une franche stupeur) Je ne tolère pas le gaspillage ni les caprices, poursuivit-il.

– Paul, laisse-le. Il vient juste d'arriver.

Harry se leva.

– Où je vais dormir ?

– Attends, je vais t'accompagner, tenta Mary.

– Non, je veux être seul.

– Dans ce cas, c'est la seconde porte sur la droite au premier étage.

Harry quitta la cuisine et grimpa les escaliers. Les murs étaient couverts de photos de sa nouvelle famille. Il n'y en avait qu'une seule de lui, une photo promotionnelle de la série où il souriait à « Hermione » et « Ron ». Harry emporta le cadre dans sa chambre et le jeta négligemment dans la corbeille à papier. Sa chambre était couverte de peinture bleue et semblait figée dans le temps. Ça ressemblait à une sorte de chambre d'enfant ; d'un enfant mort qui n'aurait jamais eu le temps de toucher à ses jouets ; d'un enfant fantôme. Harry longea les murs et toucha à quelques figurines curieusement familières.

Par la fenêtre, la maison d'en face était illuminée. Il s'aperçut que le voisin lui adressait de larges signes de la main en haussant une pancarte « Bienvenue Harry Potter ! ». Ce n'était pas son nom. Ça n'avait jamais été son nom. Écœuré, Harry ferma les rideaux. Il s'allongea sur son petit lit et finit par s'endormir sans même s'en rendre compte.

Ooo

La matinée était ensoleillée. Harry avait toujours adoré l'été. Cela faisait déjà une semaine qu'il était à Bristol et il ne s'y faisait toujours pas. C'était la meilleure des solutions, il le savait très bien, car la juge avait tranché en sa faveur. Mais une curieuse impression de faux l'étreignait. Son beau-père était quelqu'un de bien, quoique sévère et intransigeant.

Sa mère était obnubilée par la propreté et la perfection comme Pétunia Dursley. Cependant, Harry avait rapidement saisi que c'était chez elle un problème. Dès qu'une tache survenait quelque part, sa mère en faisait presque une crise d'angoisse. Était-ce la façon qu'elle avait choisie pour extérioriser toutes les choses horribles qui lui étaient jusqu'ici arrivées ? Harry n'avait pas beaucoup parlé avec sa mère depuis son arrivée à Bristol.

En fait, il s'était imaginé qu'elle arrêterait tout pour se consacrer uniquement à lui. Pourtant, elle allait encore au travail, s'occupait de Nymeria et de la maison. Quand elle ne faisait rien, Harry était bien trop intimidé pour faire un pas vers elle. Alors, quand ses parents partaient pour le centre-ville, déposant leur fille chez la nourrice, Harry restait seul à la maison à attendre. À tous les attendre.

Devant chez eux, il y avait perpétuellement des sortes d'agents de sécurité déguisés qui faisaient semblant de balayer la rue, d'être policiers, ou de faire du porte-à-porte. Harry avait pris seulement trois jours pour deviner leur curieux manège. Un agent de sécurité de l'État – habillé en géomètre – prenait de fausses mesures des environs. Harry avait remarqué qu'il n'écrivait rien sur ses papiers. En plus de tout cela, ils tournaient en boucle, revenant sans cesse à la même heure, apparaissant toujours aux mêmes endroits.

Harry savait qu'ils n'avaient pas l'autorisation de lui parler, car il en avait interpellé un, au-dessus de la haie du jardin, en vain. Il avait détalé aussitôt. Harry venait tout juste d'arriver et il perturbait déjà la vie de l'ensemble du voisinage. C'était horrible parce que, dans un sens, il avait eu l'espoir de se faire quelques amis. Il avait entraperçu un groupe d'adolescents à vélo l'autre jour. Harry les avait regardé partir par la fenêtre du salon avec, au fond de lui, l'envie qu'ils s'arrêtent, qu'ils lui tiennent compagnie. Est-ce que ça serait toujours ça sa vie ? Seul, encore et toujours ? Il ne voulait pas de ça.

Harry referma le livre qu'il parcourrait depuis qu'il s'était réveillé aux alentours de midi. Dans le frigo, sa mère lui avait laissé son déjeuner dans une assiette recouverte d'un film plastique. Il la réchauffa au micro-ondes puis s'installa dans un fauteuil, assis en tailleur. Il appréciait le silence de la maison. Il y avait bien la télévision, mais Harry se refusait de l'allumer, par principe. C'était à cause de cet objet que toute sa vie il avait été asservi.

Tout à coup, on sonna à la porte. Harry se figea. Était-il autorisé à ouvrir ? Qui était-ce ? Il déposa son assiette quelque part et se pencha à la fenêtre. Sur le perron se tenait une femme qu'il connaissait bien tout en l'ayant rencontrée une seule fois : Samantha Runford, la présidente du FHM. Harry sourit largement. Il se précipita d'ouvrir.

– Vous êtes là !

– Oui, sourit Samantha. Comment tu te sens ? Pas trop étrange tout ça ?

– Si, terriblement. Entrez.

Samantha glissa un regard vers l'intérieur.

– Tu es seul ?

– Oui, mes parents sont partis travailler et ma... ma sœur est chez sa nourrice.

– Pourquoi est-ce qu'ils ne la laissent pas avec toi ? Ça serait plutôt pas mal que vous construisiez un lien tous les deux, tu ne crois pas ? (Harry haussa des épaules. Honnêtement, d'un côté, il était plutôt soulagé de ne pas avoir à s'occuper d'un bébé. Mais de l'autre, cela pouvait aussi dire que ses parents ne lui faisaient pas confiance) Je ne te dérange pas j'espère ?

– Non, je ne faisais rien de particulier. Vous voulez quelque chose ?

– Du thé, ça serait parfait.

Harry s'empressa de mettre de l'eau sur le feu. Il était si heureux que Samantha ne l'ait pas oublié ! Que quelqu'un se soit battu pour lui tout au long de ces années ! C'était grâce à elle qu'il pouvait envisager de vivre sa vie comme il l'entendait. Il admirait tellement cette femme. La présidente du FHM s'assit à la table de la cuisine.

– C'est la première fois que je viens ici, déclara-t-elle. Je le regrette dans un sens, mais c'était pour le plus grand bien. Si Andrew Burst avait appris que j'approchais ta mère, il aurait directement eu des soupçons quant à ma véritable allégeance.

– C'était dur de travailler pour lui ?

– Assez, oui. Il a un degré d'exigence que tu n'imagines même pas. Mais j'ai aussi appris beaucoup de choses à ses côtés. Je ne sors que plus forte de cette expérience, même si ce fut pénible de devoir mettre de côté mes idéaux.

– Pourquoi avoir choisi de m'aider ? Je n'étais qu'un bébé quand... quand vous vous êtes lancée dans ce projet.

– C'est une très longue histoire. Je vais te la résumer, car je te dois la vérité : au début, je croyais comme Andrew que le monde des médias était un champ ouvert aux multiples possibilités. Je l'ai connu à la fac et depuis nous ne nous sommes pas perdus de vue. C'était quelqu'un de génial, à l'époque. Il était vraiment bon, avec des attentions charitables. Il croyait que chacun méritait sa place dans le monde du moins qu'il faisait un semblant d'effort. Il ne voulait pas d'une primauté des plus riches sur les plus pauvres. Il vivait simplement. Tout ça a fait que je lui ai donné ma confiance. Malheureusement, Andrew est quelqu'un qui manque cruellement d'humilité. Il a commencé à attraper la grosse tête et ne savait pas apprécier le confort financier dans lequel il baignait. Tu sais, quand il était tout gamin, il n'avait rien du tout. Alors, j'imagine que d'avoir de l'argent à lui était une source de fierté inestimable. Je crois que tout a déconné quand sa mère est morte. Il a essuyé pas mal d'échecs avec des concepts télés tous plus novateurs les uns que les autres. Il disait ne pas vouloir d'un concept télé abrutissant, que les gens méritaient mieux que ça, qu'on faisait du service public, que c'était de notre devoir de transmettre de la connaissance à la population. Puis il a eu... (Samantha claqua des doigts) cet éclair de génie à la naissance de sa fille. Il voulait filmer un bébé en permanence et montrer de quelle manière s'en occuper, le rendre heureux. Personnellement, je n'y croyais pas. Je lui disais « Andrew, personne ne va soutenir ton projet ». Il a demandé à sa femme de l'argent. Tu sais, c'est une grande héritière. Elle lui a donné de quoi financer le début et tout s'est très vite emballé pour eux. Ça a été un succès monstrueux. On vivait une époque où on parlait contraception, grossesse précoce, ce genre de choses. Les droits télés ont été rachetés aux États-Unis, en Suède et un peu partout ailleurs. Sauf qu'au bout d'un an d'antenne, un des producteurs a lâché Andrew. Il lui a dit que son concept était bien trop simplet, que l'audience commençait à s'ennuyer. Andrew n'a pas cédé. Il ne voulait pas qu'on te garde là-bas, dans cette nurserie ou que tu deviennes une sorte de produit.

– C'est ce qu'il a dit ? s'étonna Harry.

– Absolument. Et mes collaborateurs et moi-même nous le soutenions. Andrew faisait passer tes intérêts avant les siens. Mais la pression extérieure était telle qu'il a fini par craquer. Il était déjà allé trop loin sur le chemin de la grandeur pour reculer. Les choses bonnes sont devenues peu à peu des sources de disputes et notre équipe n'était plus aussi solidaire qu'au début. Je suis restée auprès de Andrew car j'ai cru en son potentiel, peu importe l'émission qu'il menait. Mais j'ai fini par changer d'avis quand trois ans plus tard j'ai entendu parler de ta mère la toute première fois. Je n'avais aucune idée des conditions dans lesquelles tu avais été conçu puis sélectionné. Je me suis sentie trahie parce que j'avais moi-même dû confier mon enfant à un organisme. Je l'ai fait par choix, et non par contrainte comme ta mère. Je ne me suis jamais sentie de fibre maternelle. Je n'ai jamais vu ma vie avec un enfant, mais il était trop tard pour moi pour avorter. Alors j'ai préféré que mon enfant soit adopté par un couple fiable plutôt que de le délaisser au profit de ma carrière. En apprenant la nouvelle, j'ai senti que Andrew avait bafoué un droit fondamental. Et sa réponse m'a... stupéfiée. Il a en quelque sorte racheté ta tutelle auprès de ton père en l'engraissant comme un porc. À partir de là, j'ai commencé à fomenter une sorte de vengeance, pour toutes ces femmes lésées. Je crois profondément que les femmes méritent plus de considération que ce qu'on veut bien leur donner non pas parce que nous donnons la vie, mais tout simplement parce que nous sommes la base même de toute civilisation. Andrew a un profond mépris pour les femmes. Même son épouse et sa fille le savent. Il a créé le personnage de Hermione Granger par pure visée commerciale, pour séduire les petites filles à travers le monde, et non pas parce qu'il croyait au féminisme. Le féminisme ? Il en a rien à cogner... Le thé, Sonny.

Harry resta hébété un moment avant de reprendre ses esprits. Il attrapa la théière et versa de l'eau brûlante dans une tasse. Samantha déposa ses mains dessus, comme si elle recherchait de la chaleur malgré les températures caniculaires du dehors.

– Andrew est un fin manipulateur, prononça-t-elle. Mais il a toujours sous-estimé le pouvoir des femmes, et c'est ça qui l'a fait tomber.

– Où est-il maintenant ? Il est vraiment en prison ? Pour combien de temps ?

– Deux mois au pénitencier devraient faire l'affaire. Il sera de retour peu de temps après le lancement de la seizième saison.

– La série continuera toujours ? Sans moi ? s'étonna Harry. Quel est l'intérêt ?

– L'intérêt est financier, répondit simplement Samantha.

– Qui s'occupera des préparatifs pendant que Burst sera en prison ? Sa fille est encore mineure et sa femme n'a pas l'air de...

– Moi, coupa-t-elle. Je suis désormais la dirigeante du show. (Harry tomba de haut) Les acteurs auront tous un contrat de travail réévalué, les rôles seront mieux répartis et chacun disposera de davantage de libertés personnelles. En bref, ça sera mieux. Je suis la seule à savoir comment la mécanique fonctionne et Andrew place la plus grande des confiances en moi.

– … à tort, devina Harry en ayant un léger mouvement de recul.

– Certes, accorda Samantha. Mais quand il reviendra – si jamais il est autorisé à sortir de prison sitôt faits les deux mois symboliques –, j'aurais modifié la structure interne de l'entreprise de sorte qu'il n'y ait plus aucune injustice. C'est ce que tu voulais, non ? Une paie équitable, un despote évincé, un franc et solide partenariat. C'est ce que je propose dès à présent.

– Vous... Vous êtes battue pour obtenir sa place ?

– Je me suis battue pour ce qui était juste. (Samantha avala une gorgée de thé) Tu n'étais pas le seul à sauver dans cette mission. Il y a des dizaines d'enfants concernés par tout ça. Certains ne connaissent pas l'identité de leurs parents, d'autres viennent de découvrir qu'ils avaient un frère ou une sœur dans le biome pendant le procès parce que leur mère avait été séquestrée ! Tu n'as pas idée des séquelles que Andrew a pu générer tout autour de lui. En l'évinçant, j'agis pour le plus grand bien. Pour que tous tes anciens camarades puissent, eux aussi, retourner à une vie normale. Et tu sais, au fond de toi, que cela n'aurait pas été possible avec Andrew Burst. Il n'aurait jamais eu cette clémence.

– Les gens du FHM accepteront que vous soyez à la fois leur leader et à la fois la directrice de... de cette émission ?

– Peu de membres du FHM connaissent mon véritable visage, alors, non, ça ne leur pose aucun problème.

– Et le prince Jawad, il...

– Il est avec Talia Burst, à la consoler, prononça suavement Samantha. C'est ce qu'il désirait par-dessus tout, et il l'a eu.

Des questions se bousculaient dans l'esprit de Harry et il ignorait s'il en voulait actuellement à cette Caspia, ou s'il devait continuer à se montrer reconnaissant.

– Pourquoi être venue jusqu'ici pour me dire tout ça ?

– Je te l'ai dit : je te dois la vérité.

Malgré lui, Andrew Burst avait appris à Harry une très belle leçon : ne jamais faire confiance à quiconque. Et Dawn lui avait manifesté quelques réserves à l'égard du FHM. Devait-il prendre en compte son avis ? Et si, Dawn non plus, n'était pas tout à fait honnête vis-à-vis de ses intentions ? Et si, dans l'histoire, tout le monde se servait de lui pour une visée qui le dépassait totalement ?

– Vous... Vous m'avez aidé moi, c'est vrai, accorda Harry. Mais cela vous a aussi aidé d'une certaine manière.

– C'est légitime d'être méfiant. Après tout ce que tu as vécu, il est normal que tu sois sur tes gardes. Néanmoins, la véritable question est : envers qui ? Je n'ai pas voulu de tout ça. Andrew m'y a contraint. Si je ne m'étais pas opposée à lui, personne d'autre ne l'aurait sans doute fait. Réfléchis un peu à ça. J'ai risqué ma vie pour aboutir à ce résultat.

Harry devait admettre qu'elle avait raison. Sans elle, il serait sans doute encore dans ce monde magique à devoir combattre Voldemort, à se croire sans arrêt en danger de mort. Elle lui avait ôté ce poids des épaules. Mais, d'un autre côté, c'était tellement plus confortable d'être l'Élu, de s'épanouir dans un monde si... si parfait pour lui, sur-mesure. Pourrait-il faire face à toutes ces nouvelles menaces ? À ce monde si décalé du sien ? À ces nouvelles technologies ?

– Quand Burst va revenir de prison, tous vos efforts n'auront servi à rien.

– Vraiment ? s'étonna faussement Samantha Runford après avoir terminé sa tasse de thé. Il peut se passer beaucoup de choses en un été.

Harry eut un sourire forcé. Il ne comprenait définitivement pas ce qu'elle avait derrière la tête. Il commençait tout juste à la trouver dangereuse, sans savoir pourquoi.

– Est-ce que vous êtes venue pour m'intimider ?

Samantha fit lentement non de la tête.

– Je voulais simplement m'assurer que tout allait bien pour toi, que tu étais traité dignement.

C'était le cas. Harry était traité avec égard dans sa nouvelle famille. Mais de nombreuses choses clochaient dans cette maison et il n'était pas encore certain de pouvoir gérer ça.

– Tu es heureux ? insista la présidente du FHM.

– Oui, mentit Harry. Tout va bien.

– Dans ce cas, je n'ai plus rien à faire ici. (Elle se leva et se dirigea vers la porte) Juste une chose Harry : n'oublie pas qui est le véritable ennemi.

Automatiquement, il pensa « Andrew Burst ». Mais après leur conversation, cette réponse – quoique spontanée – avait l'écho d'un mensonge.

Ooo

Ce dimanche matin, on l'avait forcé à se rendre à l'église du coin. Harry n'avait jamais mis les pieds dans un lieu de culte de sa vie. Et, maintenant qu'il y pensait, il trouvait cela curieux de n'avoir jamais été confronté à la religion. Pour sa mère et son beau-père, il était impensable que Harry passe du temps supplémentaire sans avoir reçu d'instruction théologique.

D'un naturel plutôt curieux, cela ne le dérangea pas plus que ça, car, grâce à ce biais, il rencontrait de nouvelles personnes. Le premier sermon auquel il avait assisté s'appelait « La télévision : l'objet de satan ». Et ce qu'avait dit le pasteur lui avait plutôt plu, malgré sa vision manichéenne. En fait, pour ses parents, la religion apportait les réponses à toutes les questions de l'univers. Harry, qui avait plus qu'envie de passer du temps avec eux, buvait leurs paroles.

– D'ici quelques mois, peut-être que tu pourras prétendre à te faire baptiser, glissa sa mère, avec un sourire réjouit. On fera une grande fête et on invitera la paroisse, d'accord ?

Harry aurait dit oui à tout, en fait. Du moins qu'il était avec elle. Mais avec les jours, l'enthousiasme qu'il avait ressenti à l'idée de faire partie d'une communauté commença à s'essouffler. Il ne comprenait pas l'intérêt de prier avant de manger, ou de le faire avant de dormir, ou de s'habiller pompeusement chaque dimanche. À quoi tout ceci rimait ? Pourquoi devait-il faire tout ça pour être accepté ? Que se passerait-il si, un dimanche, il refusait de les suivre à l'église ? La religion était-elle si importante pour sa mère ?

– Tu as toujours cru en Dieu ? lui demanda-t-il un après-midi pendant une sieste de Nymeria.

– Non, avoua-t-elle. J'ai été élevé dans une famille très... terre à terre. Mes parents n'ont jamais cru en rien. C'est quelques années après ta naissance que je me suis mise à prier. Et tu vois le résultat ? Dieu a répondu à mes prières.

Harry tiqua. Est-ce que Samantha Runford était Dieu ? Dieu était-il une femme ? À l'approche de son anniversaire, ses parents l'autorisèrent à inviter du monde pour immortaliser ce moment exceptionnel. Harry, qui n'avait jamais organisé de fête de sa vie, était plutôt anxieux. Sans dire qu'il n'avait pratiquement aucun ami ! En fait, il ne connaissait personne et la terre entière avait l'air de le connaître sur le bout des doigts. Il adressa d'abord une lettre à Seth et à sa sœur Velma. Il avait vécu plusieurs semaines à leurs côtés. Il fallait bien qu'il les revoie... surtout après ce qu'il s'était passé. Est-ce que pour Seth cela avait été important qu'ils franchissent ce pas tous les deux ?

Harry invita aussi Dawn, parce qu'il avait été si loyal envers lui. Il envoya aussi une lettre à ses cousins Varro et Cha qui n'avaient pas hésité à rouler pendant des heures pour l'apercevoir. Il écrivit aussi en mémo que Cha pouvait inviter Nyx Sommerhearst, la fille aux cheveux bleu et violet qu'il pensait être une métamorphomage. Il écrivit également à son demi-frère, Noah. Peut-être pourrait-il lui parler plus librement maintenant que leur père était en prison pour abus sur mineur ?

Il convia deux adolescents de la paroisse, plus pour faire plaisir à ses parents que par réelle envie. Cela faisait neuf personnes au total. Pas grand monde, mais assez pour revoir toutes les personnes qui l'avaient durablement marqué au cours de l'année écoulée. Sans doute que certains ne pourraient pas venir à cause de la distance. Mais, d'après ce qu'il savait, il ne fallait pas plus d'une heure et demie pour rejoindre Londres et Bristol en train. Sans doute feraient-ils l'effort.

En attendant le 31 juillet, Harry essayait maladroitement de passer du temps avec son beau-père, d'apprendre comment tondre la pelouse du jardin, ou réparer des appareils, n'importe quoi. Du moins qu'ils passaient du temps ensemble. Lui qui n'avait jamais eu de père s'y accrochait désespérément. Harry avait très peur qu'il le déteste, un jour. Paul Fuller n'avait aucune raison de le faire, mais tous les repères de Harry avaient été tellement malmenés qu'il n'était plus sûr de rien.

– Je suis allé chercher les papiers d'inscription au lycée ce matin, formula Paul en rangeant le tournevis. Pas trop anxieux ?

– Si, terriblement, admit Harry. J'espère que j'arriverai à m'intégrer là-bas.

– Ça se passera bien, j'en suis sûr. Et tu seras dans une classe adaptée à tes besoins.

– C-Comment ça ?

Son beau-père semblait mal à l'aise, comme s'il aurait préféré aborder le sujet le plus tard possible.

– Tu n'es jamais allé à l'école, Harry. Alors, personne ne s'attend à ce que tu fasses des miracles dès la première année. Tu auras besoin d'un encadrement particulier, avec des professeurs formés pour les adolescents un peu lents.

– Je ne suis pas lent ! protesta-t-il. Je peux comprendre comme tout le monde.

– Sois raisonnable. Admets que tu n'as pas les mêmes acquis que les autres. Il n'y a pas de honte à avoir. (Harry était profondément troublé par ces aveux) Ta mère et moi nous voulons uniquement ton bien. Tu apprendras avec cette classe des choses assez simples et vous irez au plus compliqué par la suite.

– Ce n'est pas définitif alors ? Je pourrai aller avec des gens de mon niveau ensuite ?

– Oui, pourquoi pas, si tu te débrouilles bien.

Malgré lui, Harry ne put s'empêcher de penser : « Andrew Burst, lui, n'aurait jamais vu au rabais mes capacités ».

– Impatient pour ton anniversaire ? demanda son beau-père en changeant brusquement de sujet. Je suis en train de me casser la tête pour savoir quoi t'offrir. Ce n'est pas évident d'avoir un fils, comme ça, tout à coup.

Harry lui accorda un sourire.

– J'espère que je ne te déçois pas trop, dit-il.

– Non, pas du tout.

La soirée se déroula dans le plus grand calme et Harry évita soigneusement Nymeria, comme à son habitude. Après le dîner, il se rendit dans sa chambre pour écouter de la musique. Seule la musique lui permettait d'évacuer la tension. Là seulement, tout était bien.

Ooo

La nuit du 30, Harry était à peine parvenu à fermer l'oeil tant il redoutait son anniversaire. Et si tout allait de travers ? Ses parents semblaient s'être surpassés pour lui offrir une belle fête. Il y avait tellement de nourriture que Harry doutait fortement qu'ils puissent ingurgiter tout ça en si peu de temps. Harry ne savait pas réellement ce que faisaient des adolescents normaux lors d'une fête, bien qu'il ait assisté à quelques-unes. Il triturait ses doigts, nerveux au possible quand la porte sonna pour la première fois. C'était Dawn. Il avait l'air d'avoir légèrement bronzé depuis la dernière fois. Il offrit à Harry un large sourire.

– Joyeux anniversaire.

– Merci, répondit Harry, embarrassé.

En vérité, il aurait préféré que Dawn arrive plus tard, quand tout le monde serait déjà là. C'était trop bizarre de l'avoir juste en face de lui, sans aucun prétexte pour se défiler.

– Tu... Tu sais où je peux déposer ça ? tenta Dawn en montrant son paquet.

– Oh, euh, bah, par ici.

Harry l'entraîna dans le living-room complètement vide. Ses parents devaient être quelque part à l'étage, à essayer d'endormir Nymeria pour sa sieste. Harry en profita pour plonger dans ses bras et le serrer contre lui. De sa vie, jamais il n'avait eu d'ami aussi dévoué que Dawn. Il ne pouvait pas l'exprimer avec de simples mots, mais il se sentait irrémédiablement proche de lui. Pris au dépourvu, l'ancien acteur prit un moment avant de réagir, puis l'enlaça à son tour.

– Je suis content que tout aille bien pour toi, prononça-t-il. Tu mérites ce qu'il y a de mieux.

– Merci.

Harry s'écarta. Il préféra regarder ailleurs plutôt que de faire face à son embarras. Dawn non plus ne savait pas trop où se mettre. Il resta là, les mains dans les poches, à attendre quelque chose. La sonnette retentit et Harry aurait pu hurler de joie tant il était soulagé de mettre un terme à ce moment. Cette fois-ci, il s'agissait de Noah et d'une fille qu'il ne connaissait pas.

– Regardez-moi ça, susurra Noah d'un air légèrement moqueur. Monsieur fête ses seize ans.

– Et toi t'as quel âge au juste ? se moqua Harry. Tu les as presque aussi.

– Il n'empêche que tu es plus vieux que nous. (Noah poussa légèrement la fille qui l'accompagnait en avant) Je te présente Alexie, notre petite sœur. Enfin, l'une de nos petites sœurs. Je n'ai pas pu emmener tout le monde avec moi. Enfin, tu vois, c'est... c'est juste un peu bizarre en ce moment.

– Bonjour, prononça Harry, pris au dépourvu. Je suis Harry, dit-il maladroitement.

Alexie le regardait avec d'énormes yeux médusés.

– A-Alexie. Tu es encore plus beau en vrai qu'à la télé.

Noah lui frappa le sommet du crâne.

– Tu es vraiment dégoûtante, ma pauvre fille. C'est de ton frère qu'il s'agit ! Oh, salut Dawn.

Tous deux n'avaient pas eu l'air d'avoir préparé cette rencontre. Peut-être même qu'ils ne s'étaient jamais vus depuis le licenciement de ce dernier.

– Ça va ? lança Dawn.

– Plutôt pas mal.

On sonna à nouveau. C'était les deux adolescents de la jeunesse chrétienne. Harry les présenta brièvement et ils leur proposèrent de boire quelque chose. Noah semblait fort dépité qu'il n'y ait rien d'autre que du soda. Harry savait parfaitement où il voulait en venir, mais avec ses parents, c'était impossible de faire quoique ce soit sortant de la norme. Même si sa mère lui avait promis de ne pas intervenir lors de sa fête, Harry aurait préféré qu'elle les laisse seuls, ce qu'elle avait strictement refusé pour sa soi-disant sécurité.

Harry discuta avec Noah, se découvrant de nombreux points communs avec lui. Il était tellement plus facile de lui parler à lui plutôt qu'à Dawn, qui semblait continuellement attendre un geste de sa part. On sonna à nouveau et Alexie alla ouvrir, comme s'il s'agissait de sa propre maison. De l'entrée émergea Cha, tenant une énorme bouteille à la main. Elle fonça vers Harry en gloussant de rire et le serra si fort et si longtemps contre elle qu'il en oublia même de respirer.

C'était le sentiment le plus merveilleux au monde que d'être enfin entouré d'une famille. Noah, Alexie, Cha, Varro, eux tous étaient là pour lui. Ils pourraient rattraper le temps perdu un jour. Qui sait ?

– Cousin, déclara solennellement Varro en s'inclinant.

– Cache ça ! s'exclama Noah en pointant la bouteille.

Ni une ni deux, Cha dissimula la bouteille dans une vieille armoire une poignée de seconde avant que le beau-père de Harry ne traverse la pièce.

– Je suis tellement, tellement contente d'être là, dit Cha. C'est incroyable tout ce qu'il se passe en ce moment.

– Oui, c'est vrai, concéda Harry.

Il remarqua enfin une fille, restée à l'écart. Si Harry ne l'avait pas observée attentivement, il ne l'aurait sans doute pas reconnue. Il s'agissait de Nyx Sommerhearst. Sauf qu'elle n'avait pas les cheveux bleu et violet. Ils étaient d'un châtain foncé presque noir et lui arrivaient désormais au niveau du cou.

– Salut, dit Harry en s'approchant précautionneusement d'elle.

– Salut. Merci de m'avoir invitée.

La situation en elle-même semblait surréaliste. Il proposa à tout le monde de s'installer dans le jardin. Harry était assis entre Alexie et Varro qui sortit de suite une cigarette.

– Mes parents ne veulent pas de ça ici, murmura Harry.

Varro fronça des sourcils.

– Tes parents doivent commencer à apprendre à vivre dans ce cas.

– T'inquiète pas pour ça, dit Cha en fumant elle aussi. On est dans le jardin. C'est cool.

Mais Harry redoutait plus que tout l'avis de ses parents. Il ne voulait pas tout gâcher maintenant, pas alors qu'il commençait tout juste à se faire aimer d'eux. À peine eut-il le temps de passer à autre chose que sa mère arriva dans le jardin, Seth et Velma sur les talons. Harry sauta de sa chaise et alla rejoindre Seth.

– Bon sang, t'es là !

– Et moi je compte pour que dalle ? s'impatienta Velma en lui tendant la joue. C'est quoi ces ambiances de goûter d'anniversaire ? Elle est où la vraie fête ?

Harry lui jeta un regard suppliant tandis que sa mère, vexée au possible, retourna à l'intérieur.

– Quoi, je dis la vérité !

Pendant que Velma trouvait une place autour de la table de jardin, Seth retint suffisamment le bras de Harry pour glisser quelque chose au creux de sa main. Harry baissa les yeux et fixa, incrédule, un préservatif. Il le rangea précipitamment dans la poche de son jean, espérant que personne d'autre n'avait remarqué. Seth lui lança un sourire moqueur et plein de promesses.

Harry détourna le regard et tomba sur celui de Dawn qui semblait ne pas avoir loupé une miette de leur interaction. Seth mâchait bruyamment son chewing-gum et tira vers lui le saladier plein de chips se trouvant juste en face de Dawn sans le lâcher des yeux.

– Merci d'être venu, finit par dire Harry afin de se débarrasser de cette ambiance légèrement pesante. Ça fait vraiment bizarre de... de faire quelque chose d'aussi normal qu'un anniversaire après tout ce qu'on a tous vécu cette année. Je ne sais pas si j'arriverai à me faire à une vie normale, en fait.

– Tu finiras par diablement y prendre goût, lança Cha. Il n'y a rien de mieux que la médiocre normalité, n'est-ce pas Nyx ?

Elle envoya un clin d'oeil à sa meilleure amie qui répondit par un sourire. Harry aimerait tant avoir une relation aussi complice au cours de sa vie... si seulement c'était possible un jour. Velma s'accrocha à son bras et ils commencèrent naturellement à discuter tous ensemble, comme si de rien n'était. C'était quelque chose de merveilleux, car, pour une fois, rien n'était dicté par un scénario.

Seth et Varro se faisaient des messes basses et ricanaient parfois ce qui avait le don de prodigieusement agacer Dawn. Celui-ci, d'une nature plutôt renfermée, écoutait bien plus les autres qu'il ne prenait la parole. Harry se demanda brièvement si son jumeau était vexé de ne pas avoir été convié. Toutefois, voir les deux en face de lui maintenant serait encore douloureux à digérer. Chaque chose en son temps.

– Quelqu'un a pensé à récupérer la bouteille ? murmura Noah. Parce qu'on ne peut pas vraiment la laisser là-bas, non ?

– Vous vous ressemblez beaucoup, nota Seth en désignant Harry du menton.

Harry n'était pas certain que c'était une bonne chose que Seth trouve des ressemblances entre son demi-frère et lui. C'était même légèrement glauque. C'est vrai que maintenant que Harry apprenait à connaître Noah, il lui était impossible d'ignorer leurs similitudes, pouvant être assez frappantes.

Hormis la couleur des yeux, ils avaient la même corpulence, les mêmes cheveux noirs en bataille, le même teint et presque le même timbre de voix. Harry avait la désagréable impression d'être face à un écho quand il avait une conversation avec son frère. Le téléphone de Nyx sonna. Elle hésita à répondre puis finit par le faire en s'éloignant vers le fond du jardin.

– C'est qui ? coassa Varro.

– Son petit-ami, marmonna Cha entre deux exhalaisons de cigarettes.

– Kendall ?

– Non, l'autre. Le nouveau.

Dawn grimaça.

– Elle perd pas de temps, gloussa Seth. C'est un mec de Sinuesa Valley ?

– Pas vraiment, non, dit Cha d'un air légèrement mystérieux. Et toi, quoi de neuf dans ta vie ? Tu travailles toujours comme livreur pour le show ?

– Tu parles ! s'exclama-t-il. Dès que Burst s'est retrouvé en taule, je me suis cassé dare-dare. Et je n'ai pas été le seul à le faire. Apparemment, il profitait de pas mal de gens et leur faisait du chantage. Là, j'ai plus vraiment de boulot, mais au moins je suis libre de faire ce que je veux.

– Bonne résolution, prononça Dawn.

Seth lui jeta un regard désabusé, comme s'il n'avait jamais attendu son approbation.

– En tout cas, reprit Seth, la juge m'a laissé la garde de Velma à l'essai. Donc je dois me tenir à carreau jusqu'à ses dix-huit ans, et ça ne va pas être simple (Sa petite sœur roula des yeux). Quoi ? J'dis la vérité !

Harry se leva pour se rendre dans la cuisine récupérer les plats que sa mère avait préparés. Ses parents s'étaient effacés dans une pièce adjacente et regardaient la télévision, Nymeria sur les genoux de son beau-père.

– Je peux t'aider ?

Harry fit volte-face en entendant la voix de Dawn.

– Euh, non, ça ira comme ça.

Dawn resta planté au milieu de la cuisine, si bien que Harry finit par comprendre que cela n'avait été qu'un prétexte pour faire la conversation.

– Tu voulais me dire quelque chose ?

– Eh bien, je me demandais si maintenant que tu avais une maison bien à toi, si tu avais envie qu'on... qu'on se voie plus souvent, enfin qu'on... (Dawn était d'un rouge brique et regardait ailleurs) Tu sais, internet, ce genre de choses.

– Je ne sais pas utiliser un ordinateur, avoua Harry, un peu gêné. Le seul ordinateur que j'ai vu de ma vie tournait à Windows 95, alors tu sais... (Il rit légèrement pour détendre l'atmosphère), Mais, je peux toujours demander à mes parents s'ils veulent me prêter le leur.

– Au pire, on a toujours le miroir jumeau.

– Tu veux le récupérer ?

– Non, dit précipitamment Dawn. Enfin, je préfère que tu le gardes. De toute manière, Dylan ne l'utilise plus depuis qu'on a huit ans, alors.

– Où est-ce que je peux charger mon portable ? Oh, désolée.

Nyx venait de débarquer. Dawn embarqua un plat au hasard et sortit aussi vite qu'il était arrivé.

– J'ai gâché quelque chose, non ? hasarda-t-elle en se mordant les lèvres.

– Non, non, ça va, cafouilla Harry. Rien de bien important.

Nyx jongla avec son téléphone entre les mains.

– Ah, oui, une prise. Tu n'as qu'à le mettre juste ici (Il débrancha un mixeur).

Ils échangèrent un regard et Harry ne sut dire s'il appréciait ou non la fille qui se tenait devant lui. Il n'aimait pas le fait qu'elle ait pris part à ce jeu d'acteur, ou encore qu'elle ait gagné de l'argent sur son dos. Mais il ne connaissait rien des circonstances qui l'avaient poussée là. Peut-être qu'en apprenant à la connaître il aurait une meilleure opinion d'elle. Tout ce qu'il savait c'est que toute sa famille avait l'air de l'adorer. C'est ça, mêlée à de la curiosité, un profond désir de réponses, qui l'avait poussé à l'inviter à son anniversaire.

Pourtant, un sentiment de sauvegarde l'empêchait de totalement faire confiance à Nyx Sommerhearst. Après tout, il fallait forcément être tordue pour accepter de tourner dans une telle émission, d'accepter de se faire maltraiter devant la planète entière avec un gros chèque à la clef. Combien avait-elle gagné cette année à jouer les apprenties sorcières ? Harry eut du mal à dissimuler son dédain.

– Ça va ? s'inquiéta Nyx.

– Oui, dit-il d'une voix étranglée.

Le portable sonna et vibra sur le plan de travail. Le prénom « Arnold » s'afficha sur l'écran. Harry dévisagea Nyx.

– Arnold ? Cet Arnold-là ? (Il eut un mouvement de recul) C'est de ça dont Cha parlait quand elle disait que tu avais un nouveau petit-ami ? Tu... Tu sors avec lui ? (Écœuré, Harry la regarda de haut en bas). Tu sais ce qu'il m'a fait et tu viens te pointer là, la bouche en cœur ?

– Arnold est aussi une victime dans tout ça, plaida-t-elle. Il n'a pas eu le choix. Il a été élevé pour servir l'émission, rien d'autre. Tu ne peux pas lui en vouloir pour ça.

– Oh que si, s'insurgea Harry. Je lui ai dit ne pas vouloir de lui dans ma vie, de près ou de loin. Je lui ai fais confiance, tu comprends ça ? Je lui aurais confié ma vie sans hésiter ! Je pensais qu'il était mon meilleur ami ! Et toi... toi tu le fais passer pour une victime. Il a eu le choix. Comme toi t'as eu le choix d'aller faire ta pute à la télévision ! Tu me donnes envie de gerber !

Harry l'avait attrapée, luttant contre l'envie irrépressible de la secouer.

– Hey ! s'écria Varro, l'empoignant en arrière.

Harry ne s'était même pas rendu compte qu'il avait crié sur Nyx. Qu'est-ce qui lui prenait ? Pourquoi devenait-il si changeant ? Comment son comportement avait-il pu autant dévier en un laps de temps si court ? Pourquoi tous ces mots étaient-ils sortis de sa bouche ? Il n'avait pas réellement voulu dire tout ça. Pourtant, il se sentait tellement, tellement, tellement en colère depuis son évasion du biome. Où était passé son tempérament calme ? Qu'était donc devenu Harry Potter ?

– Ça suffit, tonna Varro. Elle n'y est pour rien, ok ?

Harry s'effondra, se laissant glisser contre le mur, la tête entre les mains. Bordel, qu'est-ce qui n'allait plus avec lui ? Qu'est-ce qui n'allait pas ? Pourquoi il devenait comme ça ? Un mélange d'émotions contradictoires tourbillonnaient dans son esprit. Harry eut en tête une émission de télé qu'il avait vu des mois plus tôt, chez Seth. Ça parlait d'un type ayant quitté le pénitencier quinze ans après avoir été arrêté.

Il avait dit... Il avait dit quelque chose qui avait particulièrement touché Harry. « Au début, quand je suis revenu ici, dans mon quartier, je ne reconnaissais plus rien du tout. Et, il m'arrivait de m'enfermer dans le sous-sol pour retrouver l'ambiance de la prison. J'ai honte d'avoir fait ça. Mais j'ai été conditionné pour rester enfermé comme une bête. Je crois qu'on ne sort jamais de ce cercle vicieux. On aura beau dire à ses proches que tout va parfaitement bien, on sait – au plus profond de nous – que rien n'ira jamais bien. »

Et la voix... la voix de Andrew Burst, il l'entendait distinctement. Comment le pouvait-il alors que le créateur de l'émission était à des milles et des milles de là, en prison ? Était-ce la diode implantée dans son front ? L'avait-il mal enlevée ? Y en avait-il une autre ? Où tout cela n'était qu'un soubresaut de panique ? Oui, il paniquait, voilà tout. Il paniquait comme dans les cachots de Poudlard. Mais Poudlard n'existait pas, pas plus que cette voix dans sa tête : « Harry... Je ne sais pas ce que tu as vu du monde lors de ta petite escapade. Mais cet univers-ci n'est pas fait pour toi. Il n'y a pas plus de vérité à l'extérieur qu'à l'intérieur du monde que j'ai créé spécialement pour toi. Tu n'as pas été fait pour ces choses... Tu as peur, et c'est pour cette raison que tu me suivras. Même si tu me détestes, au fond de toi, tu sais que je suis la personne qui te rattache à ce que tu as toujours connu. »

Quand Harry parvint à se calmer, il s'aperçut que Seth le regardait étrangement. Harry était sur le point de vomir. Peut-être que tout ça s'était fait trop tôt... peut-être qu'il n'aurait pas dû chercher la compagnie d'autant de monde d'un coup.

– Laissez-le respirer, formula son beau-père en l'aidant à se relever. Viens, tu as besoin de repos.

– Non ! s'écria-t-il. Tout v-v-va bien, je t'assure.

Sa voix tremblait. Ses mains étaient secouées de spasmes incontrôlables. Et si d'autres personnes le voyaient dans cet état ? Et s'il y avait des caméras dans cette pièce, pour l'épier comme on l'avait toujours fait ? Et si Andrew Burst surgissait de nulle part et lui ordonnait de le suivre ? Tous ces gens étaient-ils véritablement ses amis ou jouaient-ils encore la comédie ? Arnold lui téléphonerait-il pour le traiter de gros con ? Est-ce qu'il se souvenait qu'aujourd'hui, c'était son anniversaire ?

– Tu ne vas pas bien, raisonna son beau-père. Allez, suis-moi.

Il le conduisit jusque dans sa chambre et l'enveloppa soigneusement dans une couverture.

– Tu as de la fièvre, dit-il calmement tandis que Harry continuait d'être agité de soubresauts.

– J'ai tout gâché..., sanglota Harry. J'ai tout gâché.

– Tu n'as rien gâché, affirma-t-il. Tu as juste eu un moment de faiblesse. Ça arrive à tout le monde, d'accord ? Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça. Tu as traversé des épreuves que personne au monde n'a eu à surmonter. Et tu continueras de les surmonter bien des années après. Je serai là pour toi, toujours.

– J'aurais préféré ne jamais venir au monde.

Paul Fuller échangea un regard avec sa femme, sur le pas de la porte.

– Tout aurait été tellement plus facile pour vous si je n'avais jamais été là, continua Harry.

– C'est grâce à toi que nous nous sommes rencontrés, assura son beau-père. Sans toi, ta mère n'aurait jamais quitté Sinuesa Valley, elle ne serait jamais venue vivre ici, à Bristol. Sans toi, nous ne serions pas les personnes que nous sommes maintenant.

Au fond de lui, Harry était persuadé que sa naissance n'avait rien changé à la face du monde. Car si ce n'était pas lui, une bonne douzaine de bébés auraient pu le remplacer sur-le-champ. C'était ça, le plus cruel : n'être ni unique ni irremplaçable. Ça, et plein d'autres choses.

Sa mère se pencha vers lui, enfermant ses mains dans les siennes.

– Sonny, mon ange... Il fallait le dire si tu avais besoin de parler à quelqu'un de tout ça. Nous n'avions aucune idée que ça te faisait si mal.

Aurait-il le courage de lui dire qu'il ne se reconnaissait absolument pas dans ce nouveau prénom ? Qu'il n'était pas ce Sonny tant attendu, qu'il n'était pas non plus réellement Harry ? Qui était-il vraiment ? Lui laisserait-on un jour le temps de le découvrir ?

Ooo

– Nyx ! Nyx, attends !

Cha courrait après sa meilleure amie qui fonçait vers l'arrêt de bus le plus proche.

– C'était une mauvaise idée d'être venue ici, marmonna Nyx en ravalant un sanglot. Je le savais, de toute manière. Arnold aussi me l'avait dit.

– Har-... Sonny n'a pas fait exprès de réagir comme ça. Tu le sais bien.

– Il m'a traité de pute devant tout le monde et toi tu vas juste... passer l'éponge ? Je sais qu'il fait partie de ta famille et que tu l'apprécies. Mais tu ne le connais pas du tout. Lui non plus d'ailleurs. Peut-être qu'il... qu'il n'est pas celui qu'on s'imaginait.

– Qu'est-ce que tu insinues ? demanda Cha en fronçant des sourcils.

– Je veux dire par-là qu'il est imprévisible. La minute d'avant il avait l'air de me sourire et d'être heureux que je sois là, et puis l'instant d'après il me saute dessus en me criant des choses insensées.

– Tu ferais sans doute la même chose si tu apprenais un jour que toute ta vie était basée sur un ignoble mensonge, rétorqua sa meilleure amie. Il est de ma famille et il a besoin de nous tous pour s'ouvrir enfin. Ce qu'il s'est passé tout à l'heure n'était pas une attaque personnelle.

Nyx eut une espèce de rire offusqué.

– Il était à deux doigts de me frapper si Varro n'était pas intervenu !

– Mais il ne l'a pas fait. (Cha la dévisagea) Tu as lutté pour qu'il soit libre, et voilà qu'il l'est, tu ne vois plus l'intérêt de l'épauler ? Tu ne comprends pas que c'est maintenant plus que jamais qu'il a besoin de nous tous. Il se pose des questions. Il ne sait sûrement plus qui est de son côté ou non. C'est à nous de nous adapter à lui, et pas le contraire.

– Tu ne l'as pas vu comme moi je l'ai vu, assura Nyx. Il m'a regardé avec... avec tellement de haine, tellement de... Je ne saurais pas t'expliquer, au juste. Mais si tu l'avais vu, tu ne prendrais pas ça à la légère.

– Il a plutôt bien tenu le coup jusqu'ici. Il le tiendra encore, quoi que tu puisses en dire.

Cha tourna les talons. Nyx aurait voulu trouver quelque chose de pertinent à dire, pourtant, elle en était strictement incapable. Réagissait-elle démesurément ? Avait-elle tort dans tout ça ? Non, non... Elle avait raison de s'éloigner de cette maison.

Harry avait été formé – dressé, même – par Andrew Burst pour être un garçon poli, stable et humble. Mais désormais... Nyx tourna le dos à sa meilleure amie et progressa jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche. De toute façon, elle avait bien assez d'argent pour se débrouiller seule. Le bus arriva peu après et elle s'engouffra dedans. Après avoir payé son ticket, le conducteur la regarda bizarrement :

– Vous allez bien ?

– Oui, dit-elle en lui accordant un sourire, pourquoi vous me demandez ça ?

– Vous... Vous pleurez.

Nyx porta ses doigts sur sa joue et remarqua qu'il avait bel et bien raison. Elle alla trouver une place en vitesse, rouge de honte. Bordel, qu'est-ce qui lui prenait de sans arrêt verser des larmes ? Pourquoi les choses ne pouvaient pas être simples comme l'été dernier, quand elle attendait le Harry Day avec tous ses amis du collège et ses parents ? Ses parents. Son père, parti, parce qu'elle avait osé défendre Harry. Lui qui l'avait agressé tout à l'heure, savait-il à quel prix avait-elle payé son attachement à sa cause ?

Non, il n'avait aucune idée de rien et s'était permis de la juger à la hâte, sans avoir tous les éléments en main. Pourquoi Cha ne lui avait-elle pas raconté tout ça avant sa venue ? Pourquoi le maintenir dans le flou, ne rien lui dire, le tenir éloigné de tout en espérant que cela passe ? Il avait seize ans. Il méritait plus que quiconque d'être au cœur de l'action. Le bus l'amena au coeur de Bristol et Nyx se rendit dans une gare prendre un ticket de dernière minute pour un train vers Londres. Elle avait besoin de quelqu'un, là, tout de suite.

– Allô, Arnold ? Je... Est-ce que je peux passer chez toi ?

O-Oui, bien sûr. Qu'est-ce qui ne va pas ?

Tout. Absolument tout, pensa-t-elle. Elle venait de se prendre une gifle dans la figure. Elle avait l'impression d'avoir sacrifié tout ce qu'elle aimait pour quelqu'un qui, finalement, la méprisait. Comment avait-elle pu croire que Harry l'apprécierait ? Comment avait-elle pu être aussi idiote ?

– J'ai besoin de parler un peu, dit-elle en s'ébouriffant les cheveux. Je... Je peux avoir ton adresse ?

En vérité, Nyx n'avait jamais mis les pieds chez lui et elle se demanda si c'était une bonne idée. Elle envoya un message à sa mère où elle lui dit passer la nuit avec Cha et Varro dans un hôtel de Bristol pour profiter un peu de la ville. Nyx avait quelques scrupules à l'idée de lui mentir, mais il valait mieux ça que : « Tu te souviens du type qui a bousillé ma vie ? Eh bien, je sors avec son fils et je vais en ce moment chez lui derrière ton dos ». Sa mère n'avait pas besoin de savoir tout ça. Arnold Burst était vraiment la dernière chose dont elle avait besoin.

Nyx fit le plein de friandises dans un supermarché en patientant pour son train. Dans un kiosque à magazines, elle vit qu'aucun numéro ne mentionnait même le nom de Harry Potter. Pourtant, la manchette d'un journal attira son attention : « SAMANTHA RUNFORD : NOUVELLE PATRONNE MAGIQUE ». Nyx faillit l'acheter, mais renonça, ayant déjà la migraine. Elle n'aurait pas la force de lire durant le voyage.

Dans le train, personne ne la reconnut ou lui prêta la moindre attention. C'était une très bonne chose. Elle n'aurait pas supporté qu'on la pointe du doigt. Adieu sa coloration multicolore. Il fallait entrer dans l'anonymat maintenant. Cha avait raison : il n'y avait rien de mieux, de plus confortable que la médiocre normalité. Nyx se laissa tomber dans son siège portant le numéro 177. Elle fixa la fenêtre tandis que le train s'ébranla.

– Winifred, assieds-toi là.

– Non, maman. Je veux être à côté de toi, geignit une fillette.

– C'est inscrit sur nos billets. Toi tu es à la 178. Je suis juste derrière au 181, d'accord ? Sois sage, et n'embête pas la jeune fille à côté de toi.

Nyx tourna la tête et se retrouva face à une petite fille qui devait avoir six ou sept ans, des taches de rousseur étalées sur son visage. La fillette chantonna une chanson semblant curieusement familière tout en ouvrant son sac à dos. Elle en sortit un livre assez épais (« Le monde vu du ciel ») ainsi que des écouteurs. En l'ouvrant, Nyx se rendit compte qu'il n'était pas ordinaire : deux écrans tenaient lieu de pages, les écouteurs s'enfonçant dans la tranche.

L'enfant déposa son doigt sur la page de gauche et celle-ci s'illumina du logo du Harry Potter Show. Nyx ne pouvait pas entendre ce qui était dit, mais cela ne pouvait être que merveilleux vu l'expression de bonheur intense parcourant le visage de la dénommée Winifred. Celle-ci sortit une sorte de baguette magique, tapota sur la page de droite, et un hologramme de constellations et d'étoiles jaillit en trois dimensions.

Les planètes tournaient et parfois, l'une ou l'autre était mise en avant un bref laps de temps. Nyx n'avait jamais vu ce livre auparavant. Il devait faire partie de la toute nouvelle gamme de produits développés par le Harry Potter Show en cette fin de saison. Nyx, qui ne s'intéressait plus vraiment à ce qu'avait bien pu fabriquer Andrew Burst depuis des mois, dut reconnaître qu'il s'agissait là d'un génie technologique. La petite fille ôta un de ses écouteurs.

– Tu veux écouter la leçon du professeur Sinistra avec moi ?

– Non, merci.

– C'est très, très intéressant. Mon papa me l'a acheté pour mon anniversaire. Il travaille à l'aéroport de Londres ! Il connaît tout du ciel !

L'enthousiasme fulgurant de la petite fille prit Nyx au dépourvu. Elle se contenta de rire légèrement.

– Tu connais Harry Potter ?

– Un peu, finit-elle par admettre.

– Moi, j'adore. J'attends ma lettre pour Poudlard avec impatience.

La fillette remit ses écouteurs et la laissa tranquille. Se laissant aller à la contemplation des immeubles, des maisons, des prés défilant par sa fenêtre, Nyx dut admettre que Andrew Burst avait tout de même accompli de belles choses au cours de sa vie. Et ça, nul ne pouvait le lui enlever. Sur le reflet de la vitre, des étoiles scintillaient et quand la nuit tomba enfin, il n'y eut plus que cette carte du ciel pour l'éclairer tandis que le wagon tout entier s'endormait.

Ooo

Arnold aérait sa chambre.

– Je n'arrive pas à croire que tu vas faire venir une fille à la maison, prononça sa sœur aînée.

Hermione l'aidait à mettre un peu d'ordre. Elle était revenue deux semaines auparavant du sud de la France. Elle avait achevé le lycée avec les honneurs et espérait pouvoir s'inscrire dans une université prestigieuse – n'importe laquelle, du moins qu'elle se situe très loin d'ici.

L'ambiance chez les Burst s'était considérablement refroidie depuis le procès. Ils ne sortaient pratiquement plus de chez eux afin d'éviter les paparazzis qui les suivaient un peu partout à travers la capitale. Arnold avait passé ces dernières semaines à ruminer, les volets à moitié fermés. Mais depuis que Nyx avait appelé, il sentait un regain d'énergie le parcourir.

Bien sûr, les choses n'étaient pas évidentes depuis qu'il s'était mis en couple avec Nyx. Peu de gens le savaient, mais quand l'affaire remonterait aux oreilles des journalistes, Arnold appréhendait beaucoup la réaction de ses fans plutôt imprévisibles et possessifs concernant le personnage qu'il interprétait à l'écran. En effet, la plupart d'entre eux n'avaient pas digéré la trahison de Nyx à l'écran et la surnommaient encore « Cafard ».

D'autres téléspectateurs distinguaient avec énormément de mal le rôle joué à l'écran et la personne se cachant derrière. Si l'avis du monde, Arnold s'en contrefichait, ce n'était pas le cas de celui de son père. Même si celui-ci était désormais incarcéré, il finirait forcément par être au courant. Et lorsqu'il l'apprendrait, Arnold se féliciterait d'être suffisamment loin pour ne pas entendre l'un de ses sermons.

Arnold l'entendait déjà lui dire : « Bordel, mais qu'est-ce que t'as à l'esprit ? Combien de fois je t'ai répété qu'il ne fallait pas toucher aux filles du show ! Non, mais tu veux que leurs parents me collent un procès ? Arnold, on ne mange pas là où on chie, ok ? On ne couche pas sur son lieu de travail. C'est insensé ! Tu te les fous sous le bras tes leçons de morale ? » Alors Arnold ne pourrait que baisser la tête et sagement acquiescer. Parce que – tout au fond de lui – il savait que son père aurait alors raison.

En déclarant ses sentiments à Nyx, Arnold avait commis l'acte le plus inconscient et le plus dangereux qui lui était possible d'accomplir. Inconscient, car Nyx se remettait tout juste d'épreuves douloureuses et que les potterhead lui feraient payer au prix fort d'approcher « Leur Ronny chéri ». Dangereux, car cela remettait en cause pas mal de certitudes dans sa vie, comme son amitié avec Kendall.

Cela faisait plus d'un mois qu'il n'avait pas reçu de nouvelles de lui. Arnold avait bien tenté une approche en lui envoyant une carte postale depuis la station balnéaire de Bali, mais Kendall l'avait tout simplement ignoré. De même que, quatre jours plus tôt, ils s'étaient croisés à Londres en recevant le script de la seizième saison. Ils attendaient sagement en file indienne de recevoir leur exemplaire par Samantha Runford. Kendall était un peu plus loin, juste derrière, et regardait partout sauf dans sa direction.

Quand à la fin de la réunion d'information, Arnold était passé près de lui pour le saluer, Kendall s'était levé puis avait quitté la salle sans prononcer le moindre mot. Il n'était pas le seul à être gêné par la nouvelle attitude de Kendall. Lui qui, auparavant, était si dévoué et adorable avec tout le monde sur le plateau, devenait cette sorte de mur répandant une aura de rage et de froid intense. « Tu ne peux pas lui en vouloir », avait soupiré Dylan au téléphone, « Tu lui as volé sa copine, et il l'aimait ce crétin. Toi aussi tu réagirais pareil si ton meilleur pote s'amusait à faire un truc comme ça ». « Je ne m'amuse pas avec Nyx », avait rugi Arnold. « Ok, ok, comme tu veux. Il n'empêche que Kendall n'est pas fautif dans tout ça. » Dylan lui-même semblait lui en vouloir de tout ça. Car après tout, maintenant qu'il était avec Nyx, toutes leurs conversations pouvaient vite déraper... si seulement ils en avaient une tous les trois.

– Elle est comment cette Nyx ? demanda sa sœur adoptive.

Comment elle était ? Arnold avait bien du mal à trouver des mots autres que ceux, tous banals, qu'utilisaient les garçons. Bizarrement, il l'aimait beaucoup et ça s'était fait très vite, sans détour. C'était beau, car il y avait encore de la place dans le monde pour des choses aussi stupides et vitales que des histoires d'amour.

– Elle est géniale, dit-il simplement. Je suis certain que vous vous entendrez bien.

Arnold eut tout juste le temps de confier sa corbeille de linge sale à une domestique de leur demeure que l'on sonna au portail. Arnold dévala les escaliers bien avant que sa mère adoptive n'eut le temps de le faire. Talia avait l'air exténué.

En fait, elle avait beaucoup maigri lors du procès. Elle ne quittait presque jamais le confort de leur maison, se remettant difficilement des épreuves qu'elle avait dû surmonter depuis la perte de Polux. Arnold ouvrit la porte et tomba nez à nez avec Nyx qu'il embrassa immédiatement. Gênée, celle-ci regarda tantôt Talia Burst, tantôt Hermione Burst.

– Bonjour, prononça-t-elle.

Les deux femmes lui retournèrent ses salutations sans y ajouter la moindre once de chaleur. Extrêmement protectrices lorsqu'il s'agissait de Arnold, elles se montraient méfiantes envers chaque personne qui constituait son entourage.

– Je te présente ma sœur et ma mère.

Arnold essaya d'ignorer l'existence de sa véritable mère pendant un instant. Celle qui ignorait son existence et était incapable de prononcer le moindre mot depuis bien des années.

– Tu as faim ? Soif ?

– N-Non, ça ira comme ça.

Arnold l'entraîna à l'étage, où se trouvait sa chambre. Il était si heureux qu'elle soit venue jusqu'ici rien que pour lui ! Mais maintenant qu'ils étaient seul à seul, Arnold s'aperçut que quelque chose n'allait pas.

– Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il en fronçant des sourcils.

Nyx marqua un temps d'arrêt avant de dire :

– … Mon père me manque.

Pris au dépourvu, il la prit dans ses bras et lui jura mille et une choses impossibles à prévoir. Nyx ne pleurait pas. Elle restait là, à l'écouter. Il l'embrassa à nouveau et, petit à petit, la conduisit vers son lit. Il serait toujours là pour elle, quoiqu'en dise le monde tout autour.

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Note d'auteur : Um, j'ai le bêta le plus adorable de l'univers. Vraiment ! Oui, je tenais à le dire en priorité parce qu'il faut que le monde entier le sache. Je vous remercie pour tous vos mots adorables du chapitre précédent, de votre patience etc. Non, je n'étais pas à court d'inspiration ou quoi. J'avais juste un mal fou à décider de la suite des évènements puisque plusieurs chemins s'offraient à moi.

Maintenant que j'ai choisi, ça va sûrement être bien plus facile pour me lancer dans l'écriture des chapitres à venir. Je n'ai plus aucune avance dans l'histoire donc le délai ne sera pas pour autant raccourci, mais au moins, dites-vous que j'ai des tas d'idées donc ça va. J'ai adoré écrire pour Harry, c'était juste génial de se focaliser sur lui, d'imaginer sa nouvelle vie. Je prépare des choses, notamment pour le drarry que tout le monde semble attendre avec impatience. Je me fixe pour objectif numéro de faire avancer la vie sentimentale de Harry, donc ça va être palpitant je pense.

Bon, dans ce chapitre sinon, beaucoup, beaucoup de nouvelles choses qui se passent. J'espère que vous encaissez bien à chaque fois toutes les informations. En tout cas, je me suis régalée sur l'écriture de ce chapitre et je croise les doigts pour que ça vous ai plu ! N'hésitez pas à vous manifester lors d'un petit commentaire. Love you guys, D.