Posté le : 28 Novembre 2014. Chapitre non corrigé par le bêta chéri, mais par mes petits soins.


Mémo 1 : Pour celles et ceux qui l'ont oublié, Kendall Bradsprit a eu un grand-frère, Joshua, décédé d'une suite d'une maladie infantile grave à l'aube de ses onze ans. Kendall en avait alors huit. Joshua a été enterré à Londres, leur ville natale. Puis les Bradsprit ont décidé de déménager vers un lieu plus éloigné, ne supportant pas le souvenir de Joshua dans leur ancienne maison. C'est pour cette raison qu'ils sont venus vivre à Sinuesa Valley. Kendall en parle dans le chapitre 14 de cette fic (« Croire c'est voir »).

Mémo 2 : Nulle personne du casting officiel ne sait que Samantha Runford est Caspia, hormis ses trois espions (Théodore Nott, Marietta Edgecombe et un agent encore inconnu).

Mémo 3 : Les trois prochains chapitres de "Nyx is watching you" seront chacun écrit sous un seul point de vue (cf. Kendall, Cha, puis Nyx). J'ai choisi ces personnages car c'est avec eux que l'histoire a commencé. Je m'éclate comme une dingue et j'espère que vous apprécierez ce mode de narration ! Pour ceux attendant avec impatience l'avancée du drarry, je ne peux pas aller plus vite que la musique étant donné que Harry est faible psychologiquement. Patience !


Réponses aux reviews anonyme :

Fishina : Comme dirait Maugrey : « Vigilance constante ! ». C'est un peu le credo de cette histoire, il va falloir s'y faire ! J'espère que tu apprécieras la suite.

Madi : Je te remercie pour ta review ! J'attends ton commentaire plus « constructif », haha.

Céline : J'apprécie réellement le fait que tu trouves une certaine dimension réelle à cette fic car je fais tout mon possible. Tu n'es pas la seule à me faire remarquer que cette fic a fait progresser mon style d'écriture. Je ne l'ai pas senti personnellement, mais ça me réjouit d'entendre ça ! Je veux vraiment avoir un style de plus en plus abouti.

Mess : Si Harry a du mal avec sa petite sœur, c'est pour une raison précise et enfouie. C'est de l'ordre du psychique. Ce bébé représente tout ce qu'il ne sera jamais, donc ça l'effraie. Si Nyx est aussi agaçante en ce moment, c'est parce qu'elle vit aussi d'énormes bouleversements dans sa vie (comme à peu près tous les personnages). Mais bon, c'est volontaire de ma part de la rendre un peu désagréable. Sinon Burst me manque terriblement. Je dois me retenir pour ne pas écrire sur lui (vu qu'il est en prison donc je le mets de côté pour un moment-.

Emilie12 : Je te remercie de combattre ton téléphone pour me laisser un commentaire ;). Sinon tu soulèves un point TRES intéressant pour la suite de l'histoire : Arnold n'a pas arrêté la drogue et Nyx n'est absolument pas au courant.

Nerisys : Oui, on va revoir Samantha à d'autres occasions. J'y compte bien car c'est un personnage ultra important qui agit dans l'ombre. Elle est mentionnée dès le troisième chapitre, en plus ! Le chapitre précédent était volontairement plus léger (du moins, pendant un moment) car j'ai besoin de préparer de nombreuses choses avant de... um, faire ce dont j'ai envie *gros sourire psychopathe*.

Naira : J'ai répondu dans un mémo concernant le drarry. Je ne veux pas l'installer maintenant car ça ne serait pas du tout crédible. Je veux dire, tu vis un traumatisme, t'as juste pas envie de te foutre en couple avec quelqu'un. Enfin, ce n'est que mon humble avis. Je suis contente que tu aimes autant le suspens !

Nauline : Ooooh, merci mille fois ! Je croise les doigts pour que ce chapitre-ci t'emballe !

Poulpy : Je ne pense pas que je sois en train de bâcler ou de me relâcher, au contraire. J'ai l'impression d'être encore plus vigilante sur le contenu de l'histoire et la façon dont bien la mener. Je peux t'assurer que ce n'est pas évident que de gérer une storyline de cette ampleur. Si j'ajoutais des détails, des lecteurs me feraient le reproche de voir les choses avancer trop lentement (chose qu'on m'a déjà dites). Peut-être es-tu trop exigeante avec moi ? Donc maintenant je ne me préoccupe plus trop de ce que les lecteurs pensent du rythme (je sais c'est dur) parce que ce qui importe, c'est que je sois à l'aise avec le récit. Le chapitre précédent fait partie de ceux que j'ai le plus aimé écrire, donc c'est dommage que tu ne l'ai pas trouvé abouti. Après, le bêta et moi on peut comprendre pourquoi. Mais il s'agit d'un parti prix de ma part que je ne regrette aucunement. Le truc c'est que vu que je gère plusieurs points de vue, je ne peux pas re-répéter des choses ou aller loin dans l'analyse au risque de rendre les choses lassantes. Je suis une grande partisane du concept de la lecture intelligente. Je considère tous les lecteurs suffisamment autonomes pour combler les vides. Enfin, c'est ma vision des choses du moins. J'espère tout de même que tu aimes toujours cette histoire, si ce n'est plus vraiment le cas, je ne peux pas faire grand-chose, car j'aime l'évolution de cette fic et que je ne la vois pas autrement. À la prochaine !

Calile : Non, il n'est jamais trop tard pour écrire une review ! Ça fait toujours très plaisir. « Baba O'Riley » a marqué pas mal de monde, on dirait. Alors que cette fic ne devait pas réellement sortir de mon ordinateur à la base. C'est assez drôle de voir l'impact fou que ce truc a pu avoir. Je ne contrôle pas du tout le succès de cette fic et ça me fait plaisir de voir qu'elle puisse continuer à rassembler du monde. En tout cas, je continuerai d'écrire aussi longtemps que possible !


Musiques : 01. Mister K – AaRON. 02. Nirvana – Sam Smith. 03. Pink Matter – Frank Ocean ft Andre 3000. 04. Out of Mind – Tove Lo. 05. Prostitute – Depeche Mode. 06. Pennyroyal Tea – Nirvana. 07. War Sweater – Wakey! Wakey! 08. Flavor – Girls in Hawaï. 09. Hideaway – Kiesza. 10. Together – Selah Sue ft Childish Gambino.


Chapitre 35 : « Le sens du sacrifice »

KENDALL

« Kendall était très populaire à Sinuesa Valley. Il jouait le personnage de Blaise Zabini – un des amis de Draco Malefoy. On ne le voyait pas très souvent à l'écran, mais dans le coin, c'était une véritable petite célébrité. Kendall avait réussi là où Nyx avait pitoyablement échoué : devenir figurant dans la plus grande émission de télé-réalité jamais tournée. Kendall, en plus de ses facultés en Muggle Quidditch, se présentait cette année pour être président du comité des élèves de son établissement. Nyx adorait Kendall et ses blagues idiotes. Elle pouvait les ressasser plusieurs jours durant et se mettre à glousser à propos de rien toute seule dans sa chambre en y repensant. » – Chapitre 1, ''Joyeux Harry Day''.

.

.

.

« Instinct is a lie told by a fearful body hoping to be wrong », Guru Laghima, in. Legend of Korra.

« L'indifférence, la négligence, font bien plus de dégâts que l'hostilité déclarée », J.K. Rowling.

.

.

.

Kendall Bradsprit avait toujours eu le sens du sacrifice. Depuis sa plus tendre jeunesse, il avait appris à ne jamais demander plus que ce qu'on voulait bien lui donner. La vie lui avait enseigné de quelle manière interioriser, comment sourire même lorsqu'on n'en avait plus envie. Pour ses parents, Kendall avait toujours voulu être ce fils idéal pour ne pas qu'ils aient à rougir de lui.

Il travaillait dur à l'école, faisait tout son possible pour participer à des activités, les aidait avec leur pharmacie, était le plus poli et attentif possible. Kendall n'avait jamais fait de vague ou contesté leur avis. Mais à présent, un sentiment de révolte le grignotait depuis plusieurs semaines. Kendall n'avait plus du tout envie de faire semblant que tout allait parfaitement bien. Parce que les putains de choses tournaient décidément très mal. C'était comme si toutes ces années d'effort, de contrôle de soi, d'empathie envers les autres, avaient fini par causer sa propre perte. Que disait Cha, déjà ? « Trop bon, trop con ».

Finalement, personne n'en avait rien à foutre de ce qu'il pouvait bien ressentir, au fond. Car tout le monde s'imaginait qu'il n'était qu'un gars incapable de saisir ce qu'il se passait tout autour de lui. Il avait toujours tout fait pour soutenir Arnold. Ils étaient partis en vacances ensemble, plusieurs fois. Ils avaient partagé de nombreux fous rires, avaient appris la vie côte à côte. Arnold était ce qu'il se rapprochait le plus d'un meilleur ami. C'était irréaliste de se dire, qu'à présent, il avancerait sans lui.

Tout ça à cause d'une fille... Nyx. Elle, Kendall prenait bien soin de ne jamais la croiser. Il évitait les endroits qu'elle adorait fréquenter, se faisait insignifiant lors des entraînements de Muggle Quidditch et préférait faire des détours de dix minutes à vélo plutôt que de passer juste devant sa maison. Il n'aimait pas les souvenirs que ressassait cet endroit.

Parfois, il repensait à l'époque où il aimait Nyx sans même oser la regarder. Il se souvenait des sueurs froides qu'il avait quand, pendant les entraînements, le père de Nyx les observait ; du jour où il avait vu Nyx revenir de chez sa meilleure amie avec sa teinture bleue et violette ; du jour où elle l'avait timidement embrassé. Tout ça c'était passé il n'y a pas si longtemps. Cette période heureuse de sa vie où Nyx n'avait été qu'à lui et lui rien qu'à elle.

Qu'est-ce qu'il avait pu être stupide sur toute la ligne ! Si Nyx l'avait aimé un jour, ce n'était sans doute pas pour ce qu'il avait au fond de lui. Elle ne le connaissait pas. Il en était venu à cette conclusion avec du recul, et à force de réflexion. Cha savait pour son frère Joshua. Nyx, elle, n'en avait pas la moindre idée. Comment pouvait-on avoir des sentiments pour quelqu'un qui nous offrait qu'une simple image idyllique ? Kendall n'était qu'une putain d'image, un panneau publicitaire sur pattes. Nyx était tombée amoureuse de la surface, juste de la surface. Désormais, Kendall était bien décidé à ne plus commettre la même erreur.

Le jour effleurait sa joue, son nez, puis vint percuter ses yeux. Kendall les garda clos, sentant sous ses paupières la lumière le réchauffer. Il faisait chaud dans la chambre à coucher. Si chaud, que Kendall sentit que son corps était légèrement moite sous la couverture. Il finit par se redresser et attrapa son boxer, son pantalon puis son tee-shirt, tous restés aux pieds du lit. Des piaillements d'oiseau retentissaient par la fenêtre ouverte et Kendall se demanda si, cette fois-ci, ça serait une bonne journée pour lui. Il déballa un chewing-gum et commença à le mâcher, tout en laçant ses tennis.

– Salut, prononça une voix ensommeillée à ses côtés, tu vas où comme ça ?

Kendall lui accorda un bref coup d'oeil, comme si la regarder le brûlerait.

– Je rentre chez moi. Je ne tiens pas vraiment à croiser tes parents.

– M-Mais, balbutia la fille.

Kendall ouvrit la fenêtre après avoir attrapé son Nimbus 2001 planqué dans sa penderie. Il s'envola au-dessus de Sinuesa Valley, la légère brise lui fouettant les joues. Kendall atterrit juste devant chez lui, en traînant les pieds. Il avait baisé toute la nuit avec cette fille de son école. Il ne l'avait jamais trouvé très intéressante, mais, comme la plupart des nanas des environs, elle lui lançait des regards pleins d'espoir sur son passage. Kendall n'avait que l'embarras du choix. S'il en avait réellement envie, il pourrait sans doute sortir avec plusieurs filles à la fois, les malmener, les humilier. Et parfois, cette possibilité était très tentante. Il voulait faire du mal autant que lui avait mal. Mais ça ne serait pas juste.

Quand bien même ces filles s'intéressaient à lui parce qu'il était célèbre et mignon à regarder, Kendall n'avait pas le droit de les mettre plus bas que terre, de profiter de sa popularité pour écraser les autres. Là résidait sa seule et unique barrière. Sans doute s'effriterait-elle d'année en année. Kendall était sur une pente glissante, et, tout au bout, il finirait par devenir un pur connard. Était-ce sincèrement ce qu'il voulait ? En atterrissant devant chez lui, il trouva son père – un thermos de café à la main – réajustant ses essuie-glaces. Son père le regarda franchement, l'oeil désabusé : il portait les mêmes vêtements que la veille. Kendall aurait dû être gêné. L'ancien Kendall aurait été tout simplement embarrassé. Mais le nouveau...

– Bonjour, maugréa-t-il.

– Bonjour, répondit son père. Ton petit-déjeuner est sur la table. On... On se voit ce soir ?

Kendall acquiesça puis lui tourna le dos. La maison était vide, comme la majorité du temps. Kendall alluma la radio pour prendre les nouvelles du matin. Un tigre domestique s'était échappé de la maison de ses maîtres, semant le chaos dans le Sussex. Le taux de la Bourse venait de grimper de cinq dixièmes. Un entrepreneur suédois s'implantait dans la région créant cinquante nouveaux emplois dans la construction de meubles.

« ... À présent, Martins, notre rubrique people. Vous vous souvenez sans aucun doute du final de la quinzième saison du Harry Potter Show ? » Kendall versa du lait dans un bol. « Absolument, Caroline. Ma baguette magique me dit que vous nous réservez une info crous-til-lan-te » Les céréales en forme de lettres s'éparpillèrent sur la surface crayeuse. « Un des protagonistes principaux de la série, Ron Weasley, interprété par Arnold Burst se serait trouvé une petite-amie ! Leur relation n'a pas encore été officialisée sur les réseaux sociaux, mais les paparazzis les auraient surpris en train de flirter dans la capitale. L'heureuse élue n'est nulle autre qu'une des actrices du casting, Nyx Sommerhearst. Selon le magazine Radar People, les deux tourtereaux ne se lâcheraient plus sous aucun prétexte, que cela soit sur le plateau ou en-dehors... » Kendall n'avait plus faim. Plus faim du tout.

« … Ce couple très bien assorti méritera donc notre plus grande attention ces prochains mois. L'été risque d'être sulfureux ! En tout cas, Miss Sommerhearst n'en est pas à son coup d'essai. Il semblerait que celle-ci entretient une véritable lubie pour les garçons riches et célèbres. Une rumeur se profile en ce moment sur le net. Elle aurait eu une relation avec un autre acteur du casting officiel. Nous n'avons pas encore de nom confirmé pour l'instant. »

Kendall fit le tour du comptoir de la cuisine. « On peut supposer que ce garçon a été très discret sur leur rela-... » Il éteignit la radio. Kendall était traversé par des élans de colère incroyables. Même s'il faisait tous les efforts du monde pour oublier Nyx, le monde, lui, s'évertuait à lui rappeler son souvenir par petites piques.

Afin de définitivement penser à autre chose, il grimpa dans sa chambre. Cela faisait déjà plusieurs jours qu'il avait décroché les deux photos de Nyx qu'il emportait partout avec lui, même sur le studio. Kendall les avait jetés à la poubelle avec une désinvolture feinte, et regretta presque de s'en être débarrassé le lendemain.

Malgré l'affect, son instinct le guidait vers cette voie. Il faisait une bonne chose en s'éloignant de Nyx. Faire semblant qu'elle n'avait jamais existé lui permettrait sans doute d'aborder cette nouvelle année scolaire avec plus d'optimisme. Parfois, il se demandait comment il réagirait en la croisant dans les couloirs de son lycée, si elle tentait de lui glisser quelques mots. Kendall ressentait alors le désir sombre de la repousser, de lui répliquer quelque chose d'affreux à la figure. Mais la vérité était là : Kendall en était strictement incapable.

Il feuilleta le manuscrit laissé sur son lit depuis la veille, et commença à le lire. Il s'agissait du scénario de la seizième saison du Harry Potter Show. Samantha Runford le lui avait confié après une réunion. Elle avait plusieurs plans en tête et Kendall se demandait bien si Andrew Burst accepterait une avancée scénaristique pareille. Et puis, il faudra faire signer cette autorisation à ses parents. Il lui restait encore un bout de temps avant d'être majeur. Kendall devait peser le pour et le contre, déterminer si sa vie personnelle n'allait pas être chamboulée par tout ça...

Kendall aurait voulu parler avec Cha, face à face. Elle, forcément, aurait une réponse mesurée à lui offrir. Mais elle n'était plus à Sinuesa Valley. On l'avait embauché dans un journal pour un stage d'été. Tout à coup, son téléphone portable sonna. C'était Nasir, un de ses plus proches amis du lycée. Il l'invitait à le rejoindre sur la plage dans l'après-midi.

Nasir était en retard d'une bonne vingtaine de minutes quand Kendall l'aperçut enfin. Il se répandit aussitôt en excuse.

– Ça ne fait rien, prononça l'autre d'un ton égal. Ce n'est pas comme si j'avais un truc plus intéressant à faire.

– Tu ne dois pas mémoriser ton script pour la nouvelle saison ?

– Si... Mais je dois d'abord en parler à mes parents.

– Comment ça ?

– Disons que mon personnage va évoluer et que... ce rôle est un peu délicat à endosser. Donc j'ai besoin de leur autorisation. Une signature, quoi.

Nasir ne se risqua pas à poser davantage de questions. Il savait pertinemment que Kendall était lié à une clause confidentielle très stricte jusqu'à la dix-septième saison.

– Tu as envie de le faire ? (Nasir jeta une pierre dans l'eau) Parce que, c'est ça le véritable deal.

– J'en ai envie, ouais. Je veux prouver que je suis un bon acteur.

– T'as rien de plus à prouver, mec... C'est bizarre quand même, de ne plus entendre parler de Harry Potter.

– C'est vrai que c'est étrange. Mais ce n'est pas plus mal dans un sens, répondit Kendall. Il allait finir par perdre la boule là-dedans. Y'a de quoi devenir taré que d'apprendre que... que tes potes n'ont jamais pu te saquer en réalité, et que les filles qui flirtaient avec toi étaient payées pour le faire. Ça me donnerait envie de vomir. (Kendall jeta une nouvelle pierre dans l'eau)

– Alors pourquoi tu continues de faire ça ?

– Le contrat. (Un caillou ricocha à trois reprises) Quitte à être pieds et mains liés avc eux, autant tirer son épingle du jeu.

Ses parents avaient signé ce contrat à ses onze ans, quand la production leur promettait une vitrine de rêves. Kendall venait de perdre son frère Joshua quelques années plus tôt. Leur famille n'avait plus été la même, depuis. Et Kendall s'était jusqu'alors promis d'être l'enfant modèle, celui qui réussissait tout ce qu'il entreprenait. À défaut d'avoir deux fils, les Bradsprit en avaient un qui redoublait d'effort. Kendall s'était même persuadé qu'il aimait ce métier, qu'il s'y épanouissait. Mais, finalement, qu'est-ce que ça lui avait apporté hormis un paquet d'emmerdes et le cœur brisé ?

– Tu t'en fous du contrat, raisonna Nasir. Burst est derrière les barreaux. T'as plus rien à craindre, mec.

– Sa peine n'est que de deux mois. Bientôt, il reviendra. Il aura eu deux putains de mois pour réfléchir à comment s'y prendre pour être encore plus puissant qu'avant. La prison, ça ne fait pas du bien à tout le monde. Je connais Burst. Il est imprévisible comme cette mer, là, devant. Un jour ça sera parfaitement lisse et calme, et la minute d'après, les pieds à peine trempés dedans, tu seras pris dans une véritable tempête. (Une pierre plus lourde que les autres tomba du haut de la jetée) Je me méfie de lui. Et je me méfie aussi de cette Samantha Ruford.

– Tu rigoles ? Elle a fait plein de trucs bien pour l'émission !

– Elle est juste en train d'enculer tout le monde pendant qu'on regarde ailleurs, résuma Kendall. Rien de plus.

– Je la trouve sexy, admit Nasir, la mine contrite. Elle ne peut pas être méchante. Toutes ses décisions sont à l'opposée de celles de Burst.

Kendall haussa vaguement des épaules. Il savait mieux que Nasir, ou même que quiconque dans cette fichue ville, comment fonctionnait le showbiz. S'il y avait une comparaison à faire, ce serait avec l'Hydre de Lerne. Trancher une tête, et en voir une réapparaître aussitôt, sans savoir laquelle a réellement le contrôle du corps.

– J'ai appris à me méfier, formula calmement Kendall. De tout le monde. Un joli sourire par devant, et un bras d'honneur par-derrière (Un plouf! résonna dans la baie).

Nasir lui jeta un regard inquiet.

– Tu as des nouvelles de Nyx ?

– Pourquoi est-ce que j'aurais des nouvelles d'elle ?

Même son prénom, il se refusait de le prononcer.

– J'en sais rien... Peut-être parce qu'elle vit juste à côté. (GLONG!) Qu'est-ce que c'était ?!

La pierre que venait de lancer Nasir retentit avec fracas. Kendall se pencha au bout de la jetée. En contrebas flottait comme le corps d'un enfant, la tête dans l'eau. Horrifié, il longea la jetée en pierre, s'accrochant aux parois. Le cadavre oscillait au rythme de l'océan.

– Appelle les secours ! cria Kendall en plongeant.

Pour avoir fait de nombreux brevets de secourisme avec ses parents, il savait pertinemment de quelle manière s'y prendre pour réanimer quelqu'un. Néanmoins, depuis combien de temps cet enfant était-il dans l'eau ? Et si... Et si c'était trop tard ? Une fois à sa hauteur, Kendall attrapa le bras fin de l'enfant pour l'attirer vers lui. Il hoqueta aussitôt de stupeur.

Ce n'était pas un humain, mais un elfe. Un de ces putains d'elfe de maison robot. L'elfe portait des vêtements de gamins et avait la bouche grande ouverte et les paupières lourdes. C'était comme si cette chose était morte, sans l'être réellement. Un des habitants de Sinuesa Valley avait certainement dû vouloir s'en débarrasser sans passer par la casse. Kendall aurait bien tenté de laisser là le robot, mais il finirait par polluer la plage et ça, il en avait une sainte horreur. Il trimballa le tas de ferraille jusqu'à la rive où Nasir l'attendait.

– J'ai dit que c'était une fausse alerte aux secours. J'espère que je n'aurais pas trop d'ennuis...

L'elfe de maison reposait sur le sable, inerte. Ce qui lui servait de boîte crânienne, en revanche, était vide.

– On dirait que quelqu'un lui a décapsulé la tête, fit remarquer Kendall en se penchant.

Nasir souleva le tee-shirt de l'elfe, appuya sur un bouton et son ventre s'ouvrit pour laisser place à un lave-vaisselle.

– Qui voudrait la matière grise d'un stupide elfe de maison ?

– Quelqu'un de suffisamment intelligent, je pense, devina Kendall. Regarde, ils ont fait attention à bien sectionner tous les fils qui relient au restant de la machine. J'ai entendu dire que les elfes possédaient non pas un, mais trois quadricoeurs pour fonctionner.

– C'est quoi un quadricoeur ?

– C'est un microprocesseur ultra-puissant. C'est... (Kendall égrena du sable entre ses poings) C'est comme si tu avais quatre cerveaux qui réfléchissaient en même temps pour parvenir plus vite à une conclusion. Au lieu de se compléter, ils peuvent aussi agir de façon autonome, se reléguer des informations ou des tâches. C'est grâce à ça que les elfes pouvaient à la fois lancer une machine, faire la conversation, tout en préparant à manger. Ils sont multitâches, quoi.

– Et... en comparaison, nous on a quoi comme microprocesseur ?

– De nos jours, seuls les ordinateurs les plus chers du marché ont un quadricoeur. Un seul. Peut-être que dans certains laboratoires ils en ont plusieurs, ou si tu trafiques ton ordi... Mais, ce n'est pas quelque chose de courant. C'est pour ça que des scientifiques étaient contre la commercialisation du produit. Les microprocesseurs valent très cher et peuvent contenir tout un tas d'informations.

– Dans ce cas, pourquoi s'en être débarrassé ? fit remarquer Nasir. Ces monstres coûtent une fortune ! Ça serait comme de balancer ta voiture au fond d'un lac. Ça n'a aucun intérêt.

– Oui... Oui, c'est vrai, concéda Kendall. On n'a qu'à relever son numéro de série. Tu le donneras à ton père pour voir si quelqu'un n'a pas égaré son elfe.

Le père de Nasir était le chef de la police de Sinuesa Valley. Cela faisait déjà de nombreux mois que des disparitions d'elfes de maison secouaient le pays sans que quiconque ne puisse fournir l'ombre d'un élément. L'enquête piétinait et des milliers de livres se retrouvaient engouffrées dans un bien plus que délicat à conserver.

Quoique d'une intelligence relativement pointue, ces robots étaient d'une insouciance folle. Ils se baladaient souvent pour faire les courses pour leur maître ou adressaient la parole à des inconnus. C'était comme ça que Vector avait disparu. Le truc, c'est qu'à son retour, l'elfe de maison des Sommerhearst était bien trop détraqué pour fournir le moindre indice.

– Que disait Vector le soir de Noël lorsque Cha et toi vous l'aviez retrouvé ?

Nasir réfléchit un bon moment.

– C'est assez confus. On a vraiment paniqué, tous les deux. Il a juste déliré quelques minutes.

– Il n'a rien dit de particulier ?

– Pas que je sache, non. Après, tu peux toujours demander à Cha si elle se souvient d'un détail qui m'aurait échappé.

– Oui, je le ferai ce soir sûrement.

– On fait quoi de lui ?

– La décharge, c'est tout ce qu'il l'attend.

Le soir même, Kendall eut du mal à se débarrasser de ce sentiment de malaise qui l'étreignait. Bien sûr, il était soulagé que le noyé n'était en réalité qu'une simple machine. Mais pourquoi avait-on dépourvu l'elfe de ses capacités motrices ? Qu'en avait-on fait ensuite ? Et surtout qui était le responsable ? Il finissait de mettre la table quand sa mère arriva de l'hôpital, dans sa blouse d'infirmière. Elle déposa un baiser sur sa joue.

– Quelque chose te tracasse ?

– Mmh, avec Nasir on a trouvé un elfe de maison sur la plage. On lui a piqué ses microprocesseurs.

– Oh, ses maîtres n'ont pas dû être très vigilants. Enfin... Tu as commencé à préparer quelque chose ?

Ils n'attendirent pas très longtemps avant que Mr Bradsprit n'arrive. Ils commencèrent à dîner autour de la table qui comportait quatre chaises. Kendall se râcla la gorge.

– Il faut que je vous dise un truc. (Son père cessa de couper sa viande) J'ai commencé à lire le scénario de la seizième saison et... mon personnage évolue. Il sera plus mis en avant.

– Évoluer dans quel sens ? s'enquit sa mère.

– Blaise Zabini est censé tomber amoureux...

– Ah.

Son père fut comme incapable d'ajouter quoi que ce soit. Kendall rassembla alors les quelques fragments de courage qui lui restait :

– … amoureux d'un garçon.

Ses parents restèrent parfaitement silencieux.

– Vous devez signer une autorisation parentale pour ça, continua Kendall. Ils veulent être sûrs que vous êtes d'accord avec l'orientation... mmh, scénaristique de mon personnage. Il va avoir une histoire d'amour avec un autre garçon et vu que ce type de rôle est délicat à la télé... Enfin, ça va être nouveau, quoi. Du jamais vu pour du grand public et des téléspectateurs parfois très jeunes donc je...

– Tu te sens à l'aise avec ça ? demanda sa mère.

– Pas vraiment, non, admit-il. Mais j'ai envie de le faire. Enfin, je ne suis pas gay ou quoi c'est juste que...

Irrémédiablement, il pensa à Cha, à la façon dont sa mère avait réagi lorsqu'elle avait appris son homosexualité. Peut-être que d'autres adolescents fans du show vivaient ce genre de rejet en ce moment même.

– J'ai envie de profiter de ma célébrité pour transmettre un bon message.

– C'est, euh, endosser une très grande responsabilité, dit prudemment son père. C'est un engagement à ne pas prendre à la légère. Et puis, ça aura forcément un impact dans ta vie. Dans ta vraie vie, je veux dire.

Ça, il y avait pensé. Forcément, des gens idiots le croiraient forcément gay après avoir dévoilé sa flamme à un garçon à l'écran. L'univers du Harry Potter Show était si immersif que peu de téléspectateurs réussissaient à faire la part des choses.

Pourtant, d'un autre côté, s'il pouvait aider des milliers de Cha à travers le monde à se sentir un peu mieux dans leur peau, ça en valait bien la chandelle, non ? Qu'avait-il de plus à perdre ? S'il avait toujours été le petit-ami de Nyx, Kendall aurait refusé sur le champ. Mais là... Il était libre comme l'air. C'était un pari risqué, c'est vrai. Cependant, Kendall voulait voir où tout ça le mènerait. Il voulait croire qu'on pouvait faire du bon, y compris avec du mauvais.

– Je sais déjà tous les risques. J'y ai longuement réfléchi, en fait. Je sais qu'après ça, j'aurais du mal à convaincre les gens que je suis réellement hétéro, qu'il y aura toujours des rumeurs douteuses sur mon compte, etc. Mais j'ai le sentiment que c'est la bonne chose à faire. Ça m'aiderait simplement si vous signiez l'autorisation. Au moins, je partirai là-bas plus serein.

– Qui est... Qui est l'autre garçon ? risqua sa mère.

– Noah, celui qui joue Théodore Nott.

La production avait prévu une séance de répétition générale d'ici deux semaines. Là, leur coach scénique leur apprendrait comment donner de vrais baisers de cinéma. Le ventre de Kendall se noua d'anticipation. Il faudrait rester professionnel.

– On t'a toujours fait confiance, marmonna son père. Si tu penses que... que c'est la bonne chose à faire, alors c'est d'accord.

Kendall était légèrement surpris de la facilité avec laquelle son père acceptait cette nouvelle situation. Il aurait souhaité être un peu plus expressif, malheureusement, il n'avait pas du tout la tête à ça dernièrement.

Une fois dans sa chambre, Kendall composa le numéro de Cha. Il était sur le point de raccrocher quand une petite voix lui répondit :

– … Ah, euh, tu dormais ?

Mmh, dit Cha en bâillant. Je me suis endormie sur un tas de paperasse. Mais, je devais me lever de toute façon. Je n'ai jamais autant travaillé que maintenant.

Cha avait été recruté par Charlie Meadowes, une des journalistes vedettes du Guardian pour un stage d'été. Kendall, lui, faisait son stage à la pharmacie de son père, car c'était plus facile et plus pratique. Il pouvait avoir les horaires qu'il voulait, et donc profiter de l'été à sa guise.

– Tu te débrouilles bien ?

Plutôt pas mal, je dois dire. En tout cas, j'adore ce que je fais. J'aime aussi beaucoup Londres.

– Tu... Um, tu as des nouvelles de Nyx ?

Kendall n'avait pas résisté à poser la question. Elle tournait en boucle dans sa tête depuis des jours. Il fallait qu'il sache. C'était bien plus fort que lui. Cha ne répondit pas tout de suite, comme si elle se sentait tout à coup embarrassée. Kendall se mordilla les lèvres, s'insultant mentalement de crétin.

Elle ne veut pas trop me voir, je crois.

– Quoi ?

On s'est légèrement accroché dernièrement. Et puis, je pense qu'elle me considère comme une sorte de menace. Enfin, c'est compliqué. Dernièrement, Nyx et moi nous devions nous retrouver quelque part dans Londres. Sauf que, bizarrement, c'est aussi ce jour-là que des paparazzis l'ont pris en photos avec... enfin, tu vois. Alors elle s'imagine qu'on m'a suivi, ou – pire encore – que j'ai fait exprès d'emmener des collègues avec moi. J'ai eu beau lui répéter que ces photographes ne bossaient pas pour nous et que je n'étais qu'une stagiaire, elle ne veut rien entendre. Elle dit que je fais ça parce que je n'aime pas trop Arnold, que je suis jalouse de leur complicité. (Cha soupira) Elle vit dans son monde en ce moment, et je n'ai pas le temps pour ça.

Kendall avait du mal à croire que Nyx avait laissé sa mère seule à Sinuesa Valley. Ça ne lui ressemblait tellement pas... Mais en même temps, la connaissait-il vraiment ?

Ne lui dis pas que j'ai dit ça, poursuivit Cha, mais je suis très inquiète pour elle.

– Comment ça ?

Tu n'as pas vu ce qui est en train de se passer sur le net ? Les gens pensent que Nyx a eu son rôle car elle a séduit le fils adoptif de Burst ! Et elle est déjà suffisamment fragile pour affronter un truc pareil à nouveau... Enfin, je... Je sais que tu n'y es pour rien. Je sais aussi que c'est dur ce que je vais te demander, mais... S'il te plaît Kendall, va voir Arnold. Dis-lui que c'est risqué ce qu'ils font tous les deux.

– C'est au-dessus de mes forces, prononça-t-il. Et quand bien même je me retrouvais face à lui, il ne m'écouterait pas. Il dirait que je fais juste ça pour la récupérer et que... Non, laisse tomber. C'est une mauvaise idée. Je risque encore de passer pour l'égoïste de service. J'ai assez donné.

Nyx ne m'écoute plus. Depuis qu'elle a perdu son père elle ne se fie qu'à ce garçon.

– Si elle ne veut pas être aidée, tant pis pour elle. On ne peut pas non plus la forcer.

Oui, tu as raison, admit Cha.

– Si tu veux, je peux toujours essayer de glisser quelques mots à Dylan. Puis Dylan ira sermonner Arnold.

Merci.

À l'intonation de sa voix, Kendall sut qu'elle souriait.

– Au fait, il faut que je te raconte quelque chose. Il nous est arrivé un truc très bizarre cette après-midi à Nasir et à moi.

Il lui fit le récit détaillé de la découverte de la carcasse de robot sur la plage. Quand il eut enfin fini, Cha formula :

Ils n'ont pris rien d'autre ? Pas même le cuivre ou des choses comme ça, en pièces détachées ?

– Le corps, enfin, la structure était intacte, précisa Kendall. Ils ne se sont même pas donné la peine de cacher ce qu'ils avaient fait.

L'elfe a dû se débattre. Ils sont programmés pour défendre leur système informatique. Sauf qu'aucun d'entre eux n'est revenu pour nous dire ce qu'ils ont subi... sauf Vector.

L'elfe de maison des Sommehearst avait toujours présenté quelques onces de folie passagère. Mais rien de bien méchant. Il avait toujours servi ses maîtres avec beaucoup de respect. Il accomplissait ses tâches avec précision, sans jamais réclamer de l'aide. Pendant longtemps, Kendall s'était demandé comment Vector était parvenu à revenir jusqu'à eux.

– Nasir m'a dit ne pas trop se souvenir de la nuit où il vous a attaqué. Toi, tu as quelque chose en tête ?

En même temps, comment oublier Vector ? plaisanta Cha. Le soir de Noël, il a clairement disjoncté, c'est vrai. Mais il avait l'air suffisamment lucide pour vouloir retourner chez lui. Vector disait qu'il cherchait ses maîtres. J'imagine que Vector cherchait à nous dire un truc, mais quoi...

Kendall se sentait de plus en plus mal à l'aise. D'où lui venait cette curieuse appréhension ? Comment la police pouvait-elle encore ignorer qui volait tous ces elfes de maison robotisés ? Et puis, quel était le but que de dérober autant de microprocesseurs ?

– Bon, je vais te laisser, soupira-t-il. Demain, je dois me rendre aux HP Studio, à Londres. Je dois faire valider mon accord pour le scénario de la saison 16. J'aurai donc aussi mon lot de paperasses à remplir. Tu veux qu'on se voie une fois là-bas ?

Je suis désolé. Ma supérieure me garde constamment près d'elle du soir au matin. Ça va être dur de se libérer.

– D'accord. Dans ce cas, bonne nuit. On reste en contact.

Pas de souci, Ken. Bisou.

Kendall raccrocha et redouta presque le lendemain.

Ooo

Les bureaux du studio étaient soigneusement gardés de nuit comme de jour. Kendall passa sa carte magnétique, se fit fouiller à deux reprises, dû signer un laisser-passé, puis fut autorisé à entrer. Au douzième étage, des groupes d'acteurs recevaient leur chèque bonus ou leur nouveau badge métro.

Kendall se faufila parmi eux puis arriva dans une vaste salle où les dirigeants de l'émission étaient tous là, hormis Andrew Burst. Samantha Runford – qui s'occupait auparavant du recrutement – souriait à tout le monde et vérifiait scrupuleusement chaque dossier qu'on lui retournait. Avec le sien sous le bras, Kendall s'approcha.

– Bonjour, dit-il.

– Bonjour, tu vas bien ?

– Oui, parfaitement.

Elle attrapa aussitôt le dossier, comme si elle craignait qu'il finisse par s'échapper avec.

– Tes parents ont signé... bien, bien. Tu suivras un coach spécialisé pour, um, t'adapter à ce genre de scènes, tu comprends ?

Kendall acquiesça lentement.

– Tu as cinq jours de répétition intensive à la mi-août, avec une mise en condition. J'espère que tu n'as rien de prévu pour ces jours-là. Dans ce cas, on se revoit en septembre. Suivant !

Kendall fit demi-tour. Il savait que le voyage jusqu'ici n'avait pas été vain car, généralement, il y avait comme une petite soirée organisée par le staff. En tournant la tête, Kendall entraperçut Noah. Ce dernier discutait avec des amis avec lui. Il lui adressa un signe de la main avant de quitter la pièce. Cela ferait sans doute tout drôle de devoir faire semblant d'être amoureux de lui. Mais, de toute manière, ce n'était que du cinéma.

– Hey !

Kendall sursauta en apercevant Dylan, un immense sourire sur la figure.

– Q-Qu'est-ce que tu fais là ?

– Samantha Runford m'a rappelé pour faire partie du casting de la prochaine saison ! Elle dit que les fans ne voient pas le show sans Draco Malfoy alors, me revoilà !

– Burst ne...

– Burst est en prison, dit-il en balayant ses propos d'un vague geste de la main.

Oui, mais il allait revenir. Et très bientôt. Que se passera-t-il quand le patron et créateur de l'émission s'apercevra de toutes les décisions novatrices qu'avait prises Samantha derrière son dos ? Serait-elle aussitôt renvoyée ? Sans aucun doute. Connaissant le côté perfectionniste et possessif du producteur, jamais il n'acceptera que quelqu'un marche sur ses plates-bandes. Ils grimpèrent dans une voiture qui se dirigea vers un quartier huppé, mais hautement sécurisé.

Depuis l'agression de Dylan sur le chemin du lycée, son frère et lui étaient étroitement surveillés. Les parents de Kendall avaient aussi voulu employer quelqu'un pour le protéger, mais l'adolescent se sentait mal à l'aise avec ce concept. Il ne souhaitait en aucun cas avoir quelqu'un par-dessus son épaule, à lui dire ce qu'il pouvait faire ou non.

– Je suis content de revenir, avoua Dylan, un sourire aux lèvres. Ça sera comme avant.

Non, rien ne sera plus jamais comme avant. Dylan se voilait définitivement la face en pensant le contraire. Mais il avait eu une année extrêmement difficile, il était donc naturel de vouloir toujours voir le bon côté des choses.

– Dawn aussi va reprendre son rôle ?

– Dawn ? Laisse-moi rire. Il me fait limite la gueule depuis qu'il sait que je veux reprendre le boulot. Il dit que je ne devrais pas retourner là-bas, qu'il va encore m'arriver une emmerde. Enfin... Il ne l'a pas dit exactement comme ça. Mais c'est ce qu'il pense en tout cas.

Kendall avait toujours trouvé les jumeaux Manford incroyablement différents. Ils n'étaient d'accord sur rien et, le seul endroit au monde où ils se concordaient était un stupide plateau télé. Quand Dylan aimait être le centre de toutes les attentions, Dawn, lui, préférait rester à l'écart et profiter de sa tranquillité. Dylan était l'impulsivité née. Dawn, plus réfléchi, plus pragmatique, essayait vainement de le tempérer. Malgré leurs différences, Kendall les enviait. Il aurait donné tout ce qu'il possédait sans aucune hésitation si cela pouvait faire revenir Joshua. Son frère lui manquait et les années n'arrangeaient rien.

– Dawn... a choisi un chemin compliqué, avoua à demi-mot l'autre acteur.

Kendall haussa un sourcil.

– Il s'est vraiment entiché de Harry Potter, ou Sonny, peu importe son nom. Dawn ne jure que par lui et ça devient inquiétant. Et puis, apparemment, Harry a un comportement dangereux.

– Comment ça ?

– Il n'est pas stable du tout. Peut-être même qu'il est à moitié fou, qui sait ! Je ne me sens juste pas rassuré de l'avoir dans les parages.

La voiture ralentit devant un immeuble cossu de la capitale.

– Tu veux dire qu'il est ici, à Londres ? s'étonna Kendall.

– Chez nous, précisément. Ses parents l'ont déposé il y a deux jours. Ils ont... accepté la proposition des miens.

Kendall ne comprenait plus rien. Les choses allaient définitivement trop vite. Était-il possible que Dawn ait de réels sentiments pour Harry ? Et Harry, était-il réellement devenu fou en découvrant la vérité ? Pourquoi n'était-il pas avec ses parents ? Dylan se chargea de répondre de lui-même à ses questions.

– Il aurait fait une nouvelle crise dernièrement, éluda-t-il. Il réclamait Dawn, et apparemment, Harry est à peu près calme seulement avec lui. Donc ses parents ont prétexté que Harry avait besoin de se sociabiliser pour le laisser avec Dawn quelques jours. Mais je ne pense pas qu'ils nous aient tout dit. C'est juste trop bizarre. Ma mère se sent mal à l'aise de l'avoir chez nous. Je crois qu'elle s'en veut parce que, d'une certaine manière, on s'est fait énormément de fric sur son dos.

– Et Harry il...

– C'est juste une coquille vide, mec. Il ne parle jamais, ne sourit jamais. Il a l'air complètement stone. Je ne sais même pas ce que Dawn lui trouve !

Kendall demeura perplexe tandis que le garde du corps personnel de Dylan les laissait entrer dans l'ascenseur. Les Manford avaient acquis un vaste appartement au septième étage. Dylan entra et envoya valdinguer ses chaussures et sa veste dans l'entrée. À peine eurent-ils fait quelques pas, qu'ils virent Dawn et Harry, discutant à voix basse. Ou plutôt, Dawn murmurant des choses à Harry qui ne répondait pas, fixant le mur comme s'il était sur le point de vomir.

– Ne t'en fais pas pour ça, déclara Dylan d'un ton léger. Là encore, il va super bien.

Kendall fut aussitôt rongé par un profond embarras. Dylan n'avait pas entièrement tort : Harry Potter était devenu fou, ou en partie. En même temps, comment pouvait-on surmonter un choc aussi énorme en s'en sortant indemne ? On n'avait sans doute minimisé les blessures psychologiques dont il serait victime à la suite de tout ça.

En entendant la porte d'entrée se refermer, Dawn leva les yeux vers son jumeau.

– Tu as signé ? dit-il de but en blanc. (Dylan haussa des épaules) Tu n'aurais jamais dû signer à nouveau avec eux. C'est une grosse erreur.

– Papa et Maman sont d'accord. Ils pensent que c'est préférable pour mon avenir à la télé.

– Vous devriez sans doute parler de ça ailleurs, suggéra Kendall en jetant une oeillade à Harry, qui semblait ne rien avoir entendu de leur échange.

Dawn saisit Harry par le bras et l'emmena dans une autre pièce.

– Qu'est-ce qu'il s'est passé avec lui, à la fin ?

Dylan baissa les yeux, gêné. Il se dirigea dans la cuisine pour prendre quelque chose à grignoter.

– Je ne suis pas censé être au courant, murmura-t-il. J'ai surpris une conversation avec mes parents. Je crois que... que la mère de Harry l'a rejeté, en quelque sorte.

– Quoi ? M-Mais elle se battait pour le récupérer !

– Elle n'a sans doute pas dû réaliser ce qui allait se passer jusqu'au jour où tout s'est concrétisé. Je crois que ça l'a rendu malade de tristesse de l'avoir sous son toit. Elle n'a pas... bien géré cette intrusion dans sa vie, alors elle le fuyait. Et puis, il ressemble pas mal à son père biologique. Sa mère en faisait des cauchemars.

Voyant l'air profondément choqué de Kendall, Dylan s'empressa d'ajouter :

– Elle l'aime, ça c'est sûr. Mais elle ne le connaît pas, et lui non plus ne la connaît pas. Tout est allé trop vite pour eux. Sa mère a certainement eu besoin de prendre du recul. Harry, lui, l'a pris comme une sorte de nouvel abandon. En tout cas, c'est ce que Dawn m'a expliqué. Dawn est la seule personne que Harry connaisse et qui puisse comprendre ce qu'il traverse. Ça le rend très nerveux quand il n'est pas dans les parages.

– D'autres personnes savent qu'il est ici ?

– La juge, et sûrement tout un tas. Après, qu'est-ce que tu veux qu'ils fassent ? Les journaux ont l'interdiction formelle de parler de lui.

Kendall avait toujours vu Harry comme un garçon altruiste et généreux. La télé-réalité avait détruit bien des âmes nobles sur son passage...

– Est-ce que je peux lui parler ?

– Essaie, si tu en as envie. C'est pas dit qu'il te réponde, prononça Dylan.

Kendall se dirigea vers la porte où étaient disparus les deux autres adolescents. Il retrouva Dawn et Harry, assis sur un sofa dans une bibliothèque aux allures modernes.

– Salut.

– Bonjour, répondit Dawn avec méfiance. Qu'est-ce que tu veux ?

– Je voulais discuter un peu avec Harry, si tu permets.

– C'est Sonny son vrai prénom, rétorqua-t-il.

– Um, Sonny, ok. (Un silence inconfortable s'étira entre eux)

Kendall ne trouva aucun autre endroit où s'assoir et resta alors maladroitement debout. À sa grande surprise, ce fut Harry qui prit la parole en premier :

– Si tu es venu ici pour me régaler de ta pitié, ça ne sert à rien.

– Ce n'est pas ça, contredit-il. Je voulais te parler d'autre chose. Peut-être que ce n'est pas flagrant pour toi parce que... parce qu'on a travaillé pour le show, mais on était nombreux à se mobiliser pour ta libération. (Harry leva les yeux vers lui) Vraiment très nombreux. On ne pouvait pas le crier sur tous les toits parce que nous étions surveillés, mais si tu es à l'abri de toute pression médiatique, c'est grâce à cette énorme mobilisation.

– Dis pas de connerie, Kendall, rétorqua froidement Dawn. Tu ne peux pas dire que tu y es pour quelque chose là-dedans. Tu n'as strictement rien fait pour lui.

– Détrompe-toi. J'ai protégé Nyx, j'ai protégé Noah. (Kendall se tourna vers Harry) Quand tu t'es enfui du biome, la production nous a réveillés en pleine nuit pour fouiller le château et les alentours. Je suis tombé sur tes traces de pas. Noah les a effacés pour qu'on ne puisse pas remonter jusqu'à toi.

Harry semblait abasourdi.

– Il... Il a vraiment fait ça ?

Kendall hocha de la tête.

– Noah m'a fait promettre de ne rien dire. C'est ce que j'ai fait. J'ai tenu le secret parce que, au fond de moi, je ne voulais pas que tu sois rattrapé. Au cours de l'année précédente, j'ai vécu... beaucoup de chamboulement, confessa-t-il. J'ai dû remettre en question pas mal de certitudes que j'avais. Il y a un an, jour pour jour, je m'imaginais qu'être enfermé dans ce monde était la meilleure chose qui puisse t'arriver. Je... Je veux dire par là que tu vivais un truc complètement magique, que tu étais à l'abri. Je me disais que je gagnais cet argent honnêtement, en travaillant.

– Tu n'étais pas le seul à le penser, concéda Dawn, en baissant les yeux. On a tous fait cette erreur.

– Puis il y a eu Nyx.

– Nyx est une opportuniste ! s'exclama Harry, farouche. J'ai vu ce qu'ils ont écrit sur elle dans les journaux.

Kendall eut un léger sourire triste.

– Tu ne trouves pas ça juste con de croire ce qu'il y a dit dans les journaux, alors que la production t'a fait subir exactement la même chose avec cette histoire de Gazette du Sorcier, Ombrage et tout le reste ? fit-il remarquer. Il y a des constantes entre nos deux mondes : les médias mentent et vivent des conneries qu'ils débitent.

– … Tu vas me dire qu'elle ne sort pas avec Arnold ? Que tout est inventé ? demanda Harry, avec prudence.

– Non, ça c'est vrai. Ils sortent vraiment ensemble. Ce qu'il y a autour, en revanche, mérite qu'on prenne un peu de recul là-dessus. Malgré ce qu'il s'est passé entre nous, je continue de penser que Nyx est une fille bien et que... qu'elle n'a pas pensé une seule seconde à ses intérêts en te défendant. Ça serait trop long pour t'énumérer tous les sacrifices qu'elle a faits pour ses convictions personnelles, et elle t'expliquera sans doute tout ça mieux que moi... Ce que je veux vraiment te faire comprendre, c'est que tout n'est pas noir ou blanc. On a tous eu nos motivations pour s'inscrire à cette vaste supercherie, on a tous eu nos moments de faiblesse.

– Je comprends ça, oui, admit Harry. Dawn m'a bien expliqué ses raisons et je lui en suis reconnaissant. Je me sens juste... complètement perdu et seul. Je ne sais pas si j'arriverai encore à faire confiance à quelqu'un dans ma vie.

– C'est normal de ne plus avoir aucun repère, répondit Kendall. Le truc, c'est de ne pas se fermer totalement et d'accepter les mains tendues.

Harry sembla réfléchir un long moment.

– J'en veux terriblement à Noah de continuer l'émission. Je veux dire, il est mon frère. Il ne devrait pas aller dans cette direction. Sa place est avec moi.

– Noah est membre du FHM, dévoila Kendall. Il me l'a dit lui-même. S'il continue, ce n'est pas pour lui. Il le fait pour ses autres frères et sœurs. Maintenant que... enfin, ton père biologique est en prison, ils n'ont plus de revenues, plus de maison, plus rien. Leur argent a été saisi par la justice. Alors Noah doit travailler pour gagner de l'argent, et jouer la comédie c'est à peu près le seul truc qu'il sait faire pour l'instant.

Au regard que lui lança Harry, Kendall sut qu'il ne savait pas tout ça.

– Je suis tellement égoïste, marmonna Harry. Je... Je n'avais pas du tout pensé à tout ça. J'avais juste envie que... Enfin non, laisse tomber.

– Dis, insista Dawn.

– J'ai juste envie d'avoir une famille à mes côtés. (Kendall et Dawn se jetèrent un regard éloquent) Je pensais que ma mère... (Harry commença à pleurer) Enfin qu'elle serait contente de me revoir. Mais ma présence là-bas, à Bristol, lui fait plus de mal que de bien. Dès que j'essaie de l'approcher, elle se dérobe ou me repousse. Je ne comprends pas ce que j'ai fait de mal.

– Tu n'as rien fait de mal, rassura Dawn. C'est juste... très compliqué pour tout le monde.

– Tout aurait été définitivement plus simple si j'étais resté dans le biome, à faire ce que l'on attendait de moi. Personne n'aurait souffert.

– C'est faux, dit l'autre en lui pressant l'épaule. Peu importe le tournant qu'aurait pris toute cette histoire, il fallait passer par là. Ça ne veut pas dire pour autant que tu seras toujours malheureux.

Ces quelques mots ne suffirent apparemment pas à le réconforter.

– Bon, je... je vais vous laisser, prononça Kendall. J'espère que tu ne me détestes pas trop.

– Je n'ai jamais détesté personne, sauf Andrew Burst. Je suis conscient que vous n'aviez pas trop eu le choix dans tout ça. J'aurais sans doute fait de même à votre place.

Kendall n'en était pas si sûr, mais il se montra tout de même reconnaissant. En fermant la porte de la bibliothèque derrière lui, il vit Dylan affalé sur le canapé. Il avait l'air de vivre le plus beau moment de sa vie, le script de la seizième saison sur ses genoux.

– Tu sais, je suis très content que Samantha Runford mette l'accent sur les histoires d'amour cette année.

Kendall savait parfaitement pourquoi. Un tsunami hormonal devait déferler sur Poudlard. Il n'était pas le seul acteur à voir son personnage s'engager dans une relation sulfureuse. Pour avoir, lui aussi, eu le script entre les mains, Kendall attendait la prochaine romance principale. Draco Malfoy – qui ferait son grand retour sur les écrans – avouera sa flamme à Hermione Granger. Kendall n'était pas très fan de cette idée. Cependant, cela restait un choix habile de la part de Samantha Runford. En faisant plaisir à Juno, elle se taillait une alliée de choix. Juno était l'actrice la plus connue et la plus aimée à travers le monde.

Burst avait assez négligé son personnage, notamment dans la quatorzième saison où elle n'apparaissait que par intermittence. Juno en avait été furieuse ! De plus, son salaire mirobolant avait dû être abaissé afin de financer les nouvelles structures de l'émission. En promettant à Juno que Dawn allait revenir dans l'équipe et, que de surcroît ils seraient officiellement en couple, c'était lui faire oublier toutes ses précédentes préoccupations. D'autant plus que, maintenant Arnold avec Nyx, il devenait de plus en plus ardu de faire croire à un amour sincère entre Ron et Hermione... Comment Samantha Runford faisait-elle pour faire de chaque inconvénient un avantage de poids ? Kendall savait d'elle uniquement le peu de choses que voulait bien divulguer sa page Wikipédia. Ça ne le mettait pas particulièrement à l'aise de travailler pour quelqu'un qui sache tout de lui, et qu'en retour, il se retrouve face à une énigme.

– J'ai hâte de commencer, soupira rêveusement Dylan. Je veux dire... Juno est complètement canon.

« Canon » n'était pas le premier mot que Kendall aurait utilisé pour la qualifier. Mais, c'est vrai qu'elle était plutôt agréable à regarder.

– Tous les mecs vont mourir de jalousie quand ils nous verront à l'écran, poursuivit-il. Arnold n'a pas les yeux en face des trous pour préférer Nyx à... Merde, désolé.

Kendall haussa des épaules. Ça lui était complètement égal ce que Dylan pouvait bien penser. Il était de notoriété publique que Dylan disait absolument tout ce qui lui traversait par l'esprit, puis ensuite se mettait à faire fonctionner son cerveau.

– Elle ne te méritait pas de toute façon, ajouta Dylan. Enfin, pour t'avoir fait ce qu'elle a fait...

– Ca va merci, coupa Kendall. De toute manière, ses amis lui disent sans doute la même chose à propos de moi.

– Peut-être, ouais, concéda l'autre. J'ai beau être très proche d'Arnold, je lui ai dit ce que je pensais de tout ça. Ce n'est pas très clean de sortir avec elle. Si elle t'a plaqué pour un autre, elle peut lui refaire le coup à lui.

– Parlons d'autre chose, ok ?

– Comme tu voudras.

Ils passèrent le restant de la journée à jouer aux jeux vidéos. Cela permit à Kendall de complètement se vider la tête avant de rentrer chez lui. Dans le train pour Sinuesa Valley, le jeune acteur eut l'amère impression d'être inutile et transparent. Il s'endormit toutefois paisiblement et se réveilla quelques minutes avant son arrêt. Sa mère l'attendait sur le quai avec un sac de courses.

– Tout s'est bien passé à la prod ?

– Oui, dit-il.

– Quelqu'un t'attend dans la voiture, prononça-t-elle d'un ton légèrement malicieux.

Kendall lui lança un regard interrogateur. Sur le parking, Cha fumait tranquillement une cigarette, un appareil photo autour du cou.

– Qu'est-ce que tu fous ici ? s'étonna-t-il, heureux de la revoir. Tu n'es pas censé être à Londres ?

– Ma supérieure m'a offert quelques jours de congé. J'ai décidé de les employer en menant une petite enquête. Tu m'as intrigué avec ton histoire d'elfe de maison. Je veux que tu m'emmènes où tu l'as trouvé, exactement. Ça m'a l'air trop gros pour qu'on laisse ça passer.

– Juste... Juste toi et moi ?

– Je trouve qu'on est pas mal assorti, prononça Cha. Et puis, si ça se trouve, je remporterai le Pulizer grâce à cet article. Quoi, ne me regarde pas comme ça ? J'ai toujours voulu être une sorte de Chloé Sullivan.

Kendall lui ouvrit la portière et Cha s'engouffra à l'intérieur.

– Maman, ça ne te dérangerait pas de nous déposer d'abord sur la plage ?

.

.

.

Note d'auteur : … urg, j'espère que vous avez aimé ce chapitre et ce mode de narration un peu différent des précédents. J'avais envie de « donner la parole » à Kendall depuis un bon bout de temps sans en avoir l'occasion. Là, ça me permet d'exploiter ses sentiments, mais aussi de voir tout ce qu'il se passe autour de lui, de ce qui va changer pour le show etc. Je ne comprends pas pourquoi on déteste autant Kendall (pour certains je parle). Il a eu la meilleure réaction possible vis-à-vis de Nyx. Il aurait très bien pu ne jamais l'avertir qu'il devrait agir comme un connard dans le studio. Pourtant il l'a fait à ses propres périls.

Gardez en tête que Nyx n'est pas la seule à avoir une famille à protéger. Kendall a pris énormément de risque pour elle et ses idéaux tout au long des chapitres sans jamais ne rien demander en retour. Je trouve que c'est manqué de finesse que de le blâmer de ne pas avoir été là pour elle. Posons la question à l'envers : qu'a fait Nyx pour Kendall depuis le début de la fic ? Méditions tous là-dessus, haha. Bref, passons sur ce sujet (TEAM KENDALL ! J'aime ce garçon).

Je sais que certains regrettent l'absence de cliffhanger ou d'actions en chaîne, mais si la fic n'était composée que de ça, on se plaindrait que cela soit fouillis et rapide. J'ai des idées précises pour la suite sauf qu'il faut d'abord mettre en place des choses (version polie). Voici la version véritable : Il faut que tous les lecteurs comprennent ce qu'il se passe pour tout le monde sinon vous allez louper un tiers des évènements futurs (Je sais que certains oublient des éléments entre temps donc bon, je vous prends un peu par la main en ce moment). Je ne trouve pas pour autant les chapitres inintéressants à lire ou écrire. Perso, je m'éclate énormément, à tisser ma toile. À la fin, vous verrez, ça en vaudra la peine (ou pas, haha). Je vous souhaite un excellent week-end et à la prochaine.

Merci pour vos reviews, alerts et favoris,

D Would.