NdT : Et voilà le chapitre 2 ! J'en profite pour remercier celles qui m'ont laissé une review sur le chapitre précédent ^^

Comme toujours, rien n'est à moi et je ne fais que traduire la fic de MaiTai1327. J'espère que ce chapitre vous plaira :D


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Chapitre 2 : Commencement

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Will se réveilla avec un mal de tête lancinant. Le soleil s'était déjà levé, et les rayons de lumière vifs et éblouissants se glissaient dans la pièce à travers les fentes des volets. Au début, il ramena la couverture sur son visage pour protéger ses yeux de la lumière, puis la nausée due à sa gueule de bois le força à se lever.

Lorsqu'il leva ses pieds du canapé, tous ses muscles semblèrent se remplir immédiatement d'une douleur cinglante, suivie d'une insensibilité léthargique. Will essaya de se rappeler la façon dont il était arrivé dans cette position allongée si peu confortable, mais il ne put s'en souvenir.

Avant de se perdre trop profondément dans sa perte de mémoire qui créait un fossé sombre dans son esprit, il se tourna et boitilla jusqu'à la salle de bain pour vomir. Puis il maintint son visage sous l'eau froide jaillissante, la laissant le réveiller jusqu'à un degré de conscience plus sûr.

En retournant dans le salon, Will commença à chercher une gorgée de whisky mais, à sa désagréable surprise, il trouva la bouteille vide. D'une manière ou d'une autre, la veille, il avait réussi à boire toute la bouteille de scotch qu'il gardait au fond d'un placard de la cuisine et qu'il avait reçue, des années auparavant, comme cadeau de Noël de la part de ses élèves de l'Académie du FBI. Maintenant il n'avait plus rien mis à part quelques gorgées qui brillaient au fond de trois ou quatre bouteilles de vin poussiéreuses sur la table de sa cuisine. Mais c'était largement suffisant pour commencer la journée.

Will dut chanceler jusqu'à la salle de bain pour essayer d'être présentable, pour qu'il puisse quitter sa maison dans une condition appropriée et acheter quelque chose à boire, malgré le sentiment constant et douloureux de nausée dans son estomac dû à la seule idée de boire à nouveau de l'alcool.

Mais la dernière chose qu'il voulait, c'était redevenir sobre et laisser ses pensées s'éclaircir dans sa tête. Tout plutôt que ça… Même la vodka bon marché, boueuse et contrefaite vendue dans la petite boutique derrière la station d'essence, l'endroit le plus proche où il pouvait acheter de l'alcool.

Mais avant qu'il ne puisse réussir à écarter de son front une mèche de cheveux rebelle d'une main tremblante, la sonnette retentit bruyamment dans la maison. La bouche de Will se tordit. Non… Pas encore un visiteur. La visite soudaine de Jack Crawford, la veille, avait été assez embarrassante, si elle avait vraiment eu lieu. Avec un peu d'espoir, c'était juste un rêve d'ivrogne.

Will fit une dernière tentative pour arranger la condition misérable de ses cheveux poisseux et négligés, mais quand son geste se termina sans résultat visible, il haussa les épaules avec impatience, et se tourna vers une serviette pour essuyer les gouttes d'eau froides sur sa barbe de douze jours. Pendant ce temps, il espérait que la personne qui sonnait à sa porte finirait par se lasser et partir. Mais il comprit vite que ses espoirs avaient été trop grands. La sonnette continuait de retentir.

Encore. Et encore.

Will jura entre ses dents en se dirigeant vers la porte avec des pas incertains et lents. Lorsqu'il l'ouvrit enfin, il trouva Jack Crawford sous le porche.

L'homme portait un manteau long et noir, avec une écharpe grise. Il avait une valise et des documents dans les mains.

« Bonjour. » Les cordes vocales de Will ne lui obéirent pas complètement pour former un mot intelligible, et les salutations qu'il prononça sonnèrent plus dures et grinçantes qu'il ne l'aurait voulu.

« Bonjour, Will. Puis-je entrer ? »

« Si c'est vraiment nécessaire. » Will gardait ses yeux fixés sur un point dans le vide, au-dessus de l'épaule gauche de Crawford.

« Je voudrais que vous m'aidiez avec des tâches procédurales. »

Will ne s'écarta pas du passage pour laisser l'autre homme entrer, et demanda en un croassement rauque, « Comme quoi ? »

« Comme remplir ce formulaire, par exemple. » Jack lui montra les quelques papiers agrafés qu'il tenait dans sa main gauche. « Ce n'est pas urgent, mais je pensais actualiser les données personnelles dans la base de données du FBI. Faire quelques tâches professionnelles, pour la forme… »

« Je ne travaille plus avec le Bureau. »

« Toutes les biographies doivent être actualisées, même celles des anciens associés. »

Will ne s'écartait pas ; il continuait à garder une de ses mains sur la poignée de la porte. « Est-ce que ça a un rapport avec l'enquête me concernant ? »

« Non, c'est juste une procédure de routine à laquelle nous devons nous plier. » Jack fit tourner les papiers dans sa main. Le geste semblait secrètement nerveux.

« Écoutez, ça ne prendra pas plus de cinq minutes. Pourquoi vous ne remplieriez pas ce formulaire avec vos données personnelles, et puis je m'en irai ? »

La perspective que Jack parte aussi vite que possible allégea légèrement l'humeur de Will.

« D'accord, donnez-moi les papiers, » consentit-il, bien que de manière toujours léthargique.

Il y avait quelque chose d'étrangement chargé d'espoir dans la manière dont Crawford le suivit alors que Will s'asseyait sur le canapé et plaçait les papiers devant lui, sur la table basse.

Will prit le stylo qu'il avait utilisé pour signer sa commande de fast-food, le week-end dernier, quand le livreur n'avait pas pu trouver le sien, et qu'il avait oublié là et laissé sur la table. Il commença à écrire les réponses aux questions du formulaire. Cependant, après avoir rempli les premiers champs avec ses données personnelles classiques, il trouva que la nature des questions suivantes était étrange.

« Quelle est ma chanson préférée ? » releva Will avec un ricanement, une grimace sans vie s'attardant sur ses lèvres. « C'est quoi ce truc ? »

« Je ne comprends pas non plus la raison derrière de telles questions, mais j'ai dû donner des informations comme ça dans mon propre formulaire, » dit Jack en regardant fixement le stylo de Will et en évitant son regard d'une manière suspecte. « Peut-être que ça a un lien avec la nouvelle politique d'emploi qu'ils ont commencée le mois dernier. Un environnement de bureau plus agréable pour les employés, et un tas d'autres directives modernes et inutiles. »

« Je passe mon tour pour ces absurdités, » gronda Will, et il repoussa le stylo et les papiers.

« Non, non, » protesta Jack avec une véhémence abrupte. « Encore quelque minutes, c'est tout ce que je demande. Il faut que ce soit fait. Vous savez, j'ai eu beaucoup de pression depuis que je suis revenu, et on attend de moi que je suive le protocole à la lettre. »

Will passa quelques secondes à imaginer comment il pourrait se débarrasser au plus tôt de Crawford, et il décida finalement de faire comme Jack voulait – ça augmenterait grandement les chances que l'agent s'en aille vite. Alors, il se prépara à remplir les blancs avec une moue résignée aux coins des lèvres.

« D'accord, » dit-il en reprenant son stylo. Mais ne pensez pas que je vais réfléchir longuement à mes réponses.


« Je crois que je devrais lui envoyer une oreille, pour commencer, dans une boîte en bois sculpté. Qu'est-ce que vous en pensez ? » Hannibal s'enfonça dans le fauteuil couvert d'un velours violet profond, placé dans le coin de la chambre de l'hôtel cinq étoiles, considérée comme une suite de lune de miel. Ils s'y étaient installés en tant que couple fraîchement marié, deux jours plus tôt. Ses mains étaient posées sur un de ses genoux, ses yeux sombres et froids épinglés à la femme assise en face de lui.

Bedelia gardait son iPad sur ses genoux et tapait un message. Elle répondit, distraite, « Avant-hier, c'était un os de la mâchoire. Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ? »

Hannibal lui répondit en sortant une longue explication psychologique, ce qui permit au docteur Du Maurier de diriger son attention sur le message qu'elle écrivait. Elle savait que la théorie du docteur Lecter allait durer, au mieux, quatre ou cinq minutes, avant qu'il ne lui pose une nouvelle question.

Bedelia trouvait le site International Love plutôt divertissant, et Hannibal ne se préoccupait pas qu'elle discute en ligne pendant qu'il parlait de Graham. Le docteur Lecter aurait pu parler à une pièce vide, ça n'aurait pas fait une grande différence tant il était profondément perdu dans ses pensées.

Et leur séjour inerte dans des hôtels devenait enfin un peu plus intéressant pour le docteur Du Maurier. Même si le banquier gallois avec lequel elle avait échangé des messages avait commencé à perdre de son charme après qu'il ait annoncé qu'il allait jouer au squash une après-midi, et qu'il avait écrit le lendemain qu'il s'était amusé la veille avec ses amis au club de golf. Et son anglais était d'une vulgarité mal réprimée, alors après quelques secondes de délibération, Bedelia l'avait supprimé de sa liste de contacts.

Mais l'homme d'affaire chilien gardait encore son attrait après six ou sept messages détaillés. Alors, elle composa une réponse amicale et plus longue sur son séjour à Paris.


Crawford s'assit dans son bureau, et ouvrit son palmtop. Il avait quelques remords pour avoir trompé Will avec le mensonge qu'il lui avait servi, sur les bases de données du FBI à actualiser, mais il se réconfortait avec l'excuse qu'il n'avait pas le choix. Il devait demander ces détails à Will, autrement, s'il avait répondu aux questions avec sa seule intuition, le profil aurait été clairement faux. Et le docteur Lecter aurait été facilement capable de remarquer le piège. Non. Jack devait résoudre ça de la façon dont il l'avait fait. Il n'avait rien fait de mal.

Il prit le papier sur lequel Will avait écrit ses réponses, et les copia dans les champs apparaissant sur son écran. Il commença à créer un profil pour Will sur le site appelé International Love.

Après avoir passé quelques minutes à taper prudemment, Jack finit d'entrer les données générales. Maintenant, les seules questions restantes concernaient les préférences pour les rendez-vous et les relations amoureuses. Il ne pouvait les poser à Will, mais il n'avait pas besoin d'aide pour y répondre. Après avoir choisi 'Intéressé uniquement par les femmes' et 'Pour une relations sérieuse' dans une liste étrangement longue, il eut à décider quel type de femme Will recherchait. En essayant de ne pas être trop spécifique, il choisit seulement quelques attentes classiques, comme une limite d'âge raisonnable et une attitude positive envers les chiens.

Quand ce fut fait, sa dernière tâche fut d'écrire quelque chose dans le champ de description général du profil. Il commença à se demander ce qui serait la phrase la plus énervante pour Hannibal, si le docteur Lecteur tombait sur le profil de Will.

Finalement, il tapa 'Je veux commencer une nouvelle vie et une famille', en supposant que c'était assez pour épingler Hannibal comme avec une aiguille. Puisqu'il ne voulait pas sembler trop bavard, ce fut la seule chose qu'il ajouta dans le champ de description.

Et puis, Jack ouvrit une nouvelle fenêtre pour trouver la photo de Will la plus attirante dans la base de données du FBI.


À suivre…